Au bas de ce papier, comme à chaque fois, vous trouverez un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.
10. The Tallest Man On Earth - Shallow Grave [Gravitation]Entre cette voix nasillarde, des textes un brin surréalistes et ces chansons folk, livrées brutes, enregistrées en une prise, dénudées de productions,
The Tallest Man On Earth fait plus que rappeler l'esprit du
Dylan du début des années 60: il l'incarne.
Son
'Shallow Grave' est même un hommage à cette période là: quand les sillons craquaient, quand les disques ne dépassaient pas 30/35 minutes (celui ci en fait trente) et que de jeunes hippies, une guitare en bandoulière, voulaient dominer le monde.
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09. Fuck Buttons – Street Horrrsing [ATP]Deux anglais de Bristol sortent un disque de noise, drapé dans des nappes de drone, de psychédélisme, de cris tribaux, avec à chaque morceau une subtilité mélodique stupéfiante. Grand cru du genre. Thank Buttons!
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08. The Duke Spirit – Neptune [You Are Here]Un peu garage, très rock, bluesy mais soul aussi, rappelant les Pixies et tout le rock indé des années 90,
‘Neptune’, dernier né des
Duke Spirit, est un coup de pied bien senti dans les noix de la fourmilière rock qui a tendance depuis quelques années à se regarder jouer plutôt qu’à être inspirée. Énergique, énergisant, euphorisant, cohérent et vivifiant, c’est même un vrai petit régal.
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07. Alain Bashung - Bleu Pétrole [Barclay]Nouvel album du grand
Alain Bashung. Après les détours de l'ovni
'L'Imprudence', le voilà revenu à une chanson française des plus accessibles et des plus belles, avec
Gaëtan Roussel,
Joseph d’Anvers,
Armand Méliès et
Gérard Manset comme compagnons de route. Ce
'Bleu Pétrole' est peut-être son plus grand disque. Il n'a peut-être jamais aussi bien chanté alors qu'il est sur le point de passer de l'autre côté, la faute à un fichu crabe qui ne veut pas lâcher l'affaire. Écouter
Comme Un Lego ou
Tant de Nuits et mourir...
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06. MGMT – Oracular Spectacular [Columbia]Alors oui, ils ont été l’année musicale à eux deux. Et dès le début de l’année les salopiauds. Deuxième chronique de l’année sur ce blog, en janvier dernier, avec la mauvaise pochette. Depuis, la hype a pris ce
‘Oracular Spectacular’ et a fait du groupe ce qui se fait de mieux dans le monde de la musique en 2008. Les classements de fin d’année de nombreux magazines ou webzines le prouvent. Et donc ? Ben rien. Ils ont bien raison.
Un disque pop j'm'enfoutiste, qui aligne les tubes et les références, entre groove, funk et electro, sur fond de kitsch absolu. Et puis surtout, ils pondent
Time To Pretend, qui, quinze ans plus tôt, serait devenu un tube ultime pour toute une génération, à la manière de
Smells Like Teen Spirit. Rien de moins.
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05. The Sleeping Years - We're Becoming Islands One By One [Talitres]L'ancien leader de
The Catchers a décidé de faire pleurer votre cœur et votre âme. Et c'est Talitres qui s'y atèle. Disque splendide, en tous points, avec pourtant une formation des plus banale: guitare + batterie + piano + violoncelle. Un album de folk-pop lumineux, acoustique, qui sonne merveilleusement et qui fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre être, souvent enfouies au plus profond de nous. Bordel, c'est beau.
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04. Madvillain - Madvillainy 2: The Madlib Remix [Stones Throw]Madlib et
MF Doom sont dans un studio.
Madlib et
MF Doom fument trop de beuh. Qu'est ce qu'il reste? Un album de remix de
'Madvillainy', pour patienter jusqu'au vrai
'Madvillainy 2'. Et vous savez quoi? C'est excellent. Plus qu’un album de remix, voilà une nouvelle version de
‘Madvillain’, presque aussi parfaite que l’originale.
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03. Arnaud Cathrine et Florent Marchet – Frère Animal [Editions Verticales]Florent Marchet ou les concept-albums. Avec son compère
Arnaud Cathrine, ils remettent le couvert. Cette fois, bienvenue chez SINOC, Société Industrielle Nautique d’Objets Culbuto. Une mère pour toute la ville, qui pourvoie emploi, salaire et raison de vivre. Le roman-musical (puisque c'est de cela qu'il s'agit) égrène en 19 titres, une vision d'un cynisme absolu en racontant l'histoire Thibaut, de son frère Renaud, de sa petite-amie Julie, de son père ou de son pote du lycée Benjamin. Un grand moment de chanson française, piquante, noire, étalant à la face du lecteur ou aux oreilles de l'auditeur la violence et l'aliénation dont est responsable l'économie industrielle aujourd'hui. Chef d'œuvre? Oui. Chef d'œuvre.
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02. Wolf Parade – At Mount Zoomer [Sub Pop]Sub Pop parle de
«this generation’s ‘Marquee Moon’» quand il parle de
'At Mount Zoomer'. Je n'irais peut-être pas jusqu'à mettre cet album au niveau du chef d’œuvre de
Tom Verlaine (en tout cas pas maintenant). Mais quand même. Ce disque est une des merveilles de 2008. Un disque essentiel, assez court, incisif, frappant fort, gommant les imperfections du premier album, et balançant, à coups de claviers, un rock qui ne se regarde pas le nombril. Toujours en constante évolution, les morceaux de
Spencer Krug (
Frog Eyes,
Swan Lake) et
Dan Boeckner d’
Handsome Furs se fraient un chemin mais ne se perdent jamais. Grand disque. Et numéro 1 bis de mon année 2008.
+01. The Magnetic Fields – Distortion [Nonesuch]
The Magnetic Fields, toujours mené par ce
Stephin Merritt de génie, changent de registre pour ce nouvel album, rappelle à notre bon souvenir les
Jesus & Mary Chain (référence indéniable tout au long du disque), font sortir
Phil Spector de taule, et pondent un
'Distortion'… distordu. Une production étouffante, un son saturé, des larsens à droite mais aussi à gauche; tout ça mêlée à une structure et des mélodies affolantes. Bref mariage habile de noisy-pop, de grandes mélodies et de textes inspirés. Et forcément l'album de l'année de la part d'un groupe qui tout au long de sa carrière n'aura jamais déçu.
+Et voilà une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées là aussi de 10 à 01. Bonne(s) écoute(s)!