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mercredi 17 décembre 2025

Robert Finley - Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya [Easy Eye Sound]

Au contraire de la doxa qui veut qu'une année musicale ne dure, au plus, que onze mois (donnant d'ailleurs lieu à quelques aberrations du genre l'album de Cameron Winter 'Heavy Metal' qui finit dans le top de pitchfork (et à la 3è place qui plus est) alors qu'il est sorti en décembre 2024... où, à l'époque, le site avait publié depuis belle lurette déjà son bilan de l'année), c'est sans doute ma découverte tardive, un soir de décembre 2004, de 'The Blue Notebooks' de Max Richter qui fait j'attends le dernier moment pour tirer mon bilan musical annuel. Car nous ne sommes jamais à l'abri d'une découverte de dernière minute.

Celle de 2025 s'appelle 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya', le quatrième album d'un certain Robert Finley. En d'autres temps, la carrière de cet américain de 71 ans aurait été plus que singulière. Mais les exemples de Sharon Jones et de Charles Bradley avant lui font qu'on est presque peu surpris désormais de tomber sur une histoire comme la sienne. Pour autant, elle a le mérite de rester improbable et d'être - rapidement - racontée.

Né en 1954 en Louisiane, Robert Finley a toute sa vie eu la musique chevillée au corps. Du genre à s'engager dans l'armée américaine pour servir comme technicien hélicoptère en Allemagne pour au final devenir guitariste du groupe de l'armée et voyager à travers toute l'Europe avec lui. Ou de devenir charpentier tout en étant le leader d'un groupe de gospel Brother Finley and the Gospel Sisters. Et même si au milieu des années 2000 il perd quasiment la vue, l'obligeant à arrêter son métier de charpentier, il continue à chanter, aussi bien dans la rue que dans quelques petits clubs, loin d'un circuit professionnel.

Arrive enfin 2015. Il est repéré par la Music Maker Relief Foundation, une organisation qui aide des musiciens de blues et de roots oubliés et/ou en difficulté. De là, quelques performances live épatent leur monde et Finley sort finalement son premier album en 2016 chez Big Legal Mess Records. Un disque au nom taquin, 'Age Don't Mean a Thing', lui qui vient alors de fêter ses 62 ans. De là, tout bascule : Dan Auerbach des Black Keys - et pas le dernier pour pousser des projets soul - le signe sur son tout juste créé Easy Eye Sound. Robert Finley commence alors la carrière qui lui a toujours échappé et publie pas moins de trois autres albums entre 2017 et 2023 - pour l'anecdote, il participe même en 2019 à l'émission de America's Got Talent.

Aujourd'hui âgé de 71 ans, Robert Finley n'en a évidemment pas fini avec la musique. Dans l'ombre pendant toute sa vie, il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin vers la lumière. D'où la sortie en octobre dernier de 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya', son cinquième album. Un disque enregistré sur le tas (en arrivant en studio, Robert Finley n'avait ni musique, ni paroles) et en une journée (!), où se mélange soul et blues-rock, aux accents psyché et funk, le tout teinté de gospel. Très justement produit avec cette sorte de grésillement qui entoure chaque chanson et qui donne l'impression d'écouter un vinyle de l'époque où il est allé puiser ses racines (merci Dan Auerbach à nouveau), 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' est un album plein de guitares généreuses et à la liberté assez folle, de chœurs délicieux, où les musiciens qui l’entourent (tous impressionnants de justesse) semblent s'encanailler dans une longue session jam cadrée, pendant que Robert Finley déclame ses paroles (empreintes de beaucoup de spiritualité), comme habité, de sa voix grave et rocailleuse qui semble avoir vécue mille vies, bien aidé par sa propre fille, Christy Johnson, venu se mettre dans les pas de son père et le supporter de sa jolie voix.

Et le résultat n'est pas loin d'être magistral, de l'ouverture sublime I Wanna Thank You et son rhythm 'n' blues qui ne cesse de s'amuser et divaguer (en écoute aujourd'hui) à I Am Witness et sa soul 70s en passant par le merveilleux Helping Hand ou le langoureux His Love. Un grand album qui confirme ce que Robert Finley énonçait au fronton de son premier album : l'âge n'a aucune importance. (Sortie : 10 octobre 2025)

Plus :
'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley est à l'écoute sur bandcamp
'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley est à l'achat sur bandcamp
'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley est également à l'écoute et à l'achat un peu de partout


Trois chansons de 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley en écoute aujourd'hui. La superbe ouverture I Wanna Thank You (
en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Helping Hand. Et enfin I Am Witness :

Deux clips des singles extraits de 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley : I Wanna Thank You et Helping Hand

 

mercredi 3 juillet 2024

[Track of The Day] Hermanos Gutiérrez - Abuelita

Hermanos Gutiérrez est un duo de frangins (Alejandro et Estevan) originaire de Zurich, qui aime par dessus tout la guitare et dont le tout dernier album en date (le sixième et le premier pour moi) est un petit ravissement aussi instrumental qu'inattendu.

Intitulé 'Sonido Cósmico', produit et publié par Dan Auerbach des Black Keys, est un voyage onirique dans un monde fait de grandes étendues, qu'on imagine désertiques, et de soleil couchant sur des plaines arides à perte de vue. Et si l'on entend bien un peu de Mark Knopfler (ou de Dire Straits, c'est selon) sur les deux premiers morceaux, cet album est surtout latin jusqu'au bout des ongles, et sait trouver tout du long un bel équilibre entre une guitare qui donne le la, gère le tempo et les affaires courantes, et une seconde beaucoup plus libre, avec en sus quelques arrangements discrets ici et là. Un vrai beau disque de début de soirées estivales, fussent-elles pluvieuses.

Album : Sonido Cósmico
Année : 2024
Label : Easy Eye Sound

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Abuelita de Hermanos Gutiérrez est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Sonido Cósmico' de Hermanos Gutiérrez, voilà Low Sun :

jeudi 11 août 2022

[Track of The Day] Danger Mouse & Black Thought - Aquamarine (feat. Michael Kiwanuka)

A$AP Rocky, MF Doom, Raekwon, Run the Jewels, Michael Kiwanuka, Joey Bada$$ et je passe tous ceux que je ne connais pas : il y a du beau monde au générique de 'Cheat Codes', premier album de Danger Mouse & Black Thought à sortir. D'un côté, Black Thought, l'homme, avec ?uestlove, derrière The Roots, et dont le talent n'est plus à prouver. De l'autre, Danger Mouse, l'artiste et surtout producteur touche à tout, raillé par quelques puristes, admiré par beaucoup d'autres (dont votre serviteur), dont 'Cheat Codes' est le premier disque de hip-hop au fronton duquel il s'affiche depuis un certain 'The Mouse and the Mask' de DangerDoom en 2005. Un type capable d'aller frayer avec Sparklehorse, sortir un des singles des années 2000 avec Cee-Lo (Crazy), publier un disque mythique et interdit d'exister ('The Grey Album' en 2003, ou le mash-up des instrus du 'White Album' des Beatles et la voix du 'Black Album' de Jay-Z), produire U2, The Shins, The Black Keys, Martina Topley Bird, Sage Francis, Gorillaz, entre beaucoup d'autres. Autant dire que sur le papier, l'association fait plutôt rêver. 
 
Dans les faits encore plus ; et notamment avec Aquamarine, un des quatre morceaux publiés jusque-là. Un titre qui commence comme un prélude à un concert classique avec ces instruments qu'on accorde, avant que le beat démarre et que la voix de Michael Kiwanuka (dont Danger Mouse a produit le très beau 'Love & Hate') déboule pour laisser la place au flow toujours si sûr et précis de Black Thought. Un titre qui ne manque pas de mélancolie et qui promet beaucoup, à l'instar des trois autres morceaux dévoilés jusque là. Heureusement, l'attente pour découvrir 'Cheat Codes' sera courte : il sort ce vendredi. Autant vous dire que la hâte est immense.

Album : Cheat Codes
Année : 2022
Label : BMG

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube, Bandcamp et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Aquamarine de Danger Mouse & Black Thought, avec la participation de Michael Kiwanuka, est également en écoute ci-dessous :

 
Le clip de Aquamarine de Danger Mouse & Black Thought, avec la participation là aussi de Michael Kiwanuka :
 

mercredi 31 mars 2021

[Track of The Day] Aaron Frazer - Over You

Voix haut perchée, histoires d'amour qui se finissent mal ou bien, habillage classieux et ambiance ouatée : pour son premier album, Aaron Frazer aura tout fait pour suivre à la lettre le petit guide du disque soul-pop rétro. Et ce même jusqu'à la pochette, aux couleurs, à la typo et à la mise en page à la mode de.

Trop cliché ? Sans doute un peu, mais au final, si les fans du genre trouveront sans doute cela trop facile, ce 'Introducing...' mérite l'écoute. Bien aidé par une sacrée production de Dan Auerbach des Black Keys (jamais bien loin quand il s'agit d'albums puisant dans les racines de la musique américaine), il est difficile de ne pas tomber, ne serait-ce qu’occasionnellement, sous le charme du disque. Avec en tête d'affiche Over You, petit tube de moins de 3 mns, à l'énergie contagieuse.

Album : Introducing...
Année : 2021
Label : Easy Eye Sound / Dead Oceans

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Over You d'Aaron Frazer est également en écoute ci-dessous :

Le clip d'Over You d'Aaron Frazer : 

vendredi 15 janvier 2021

[Track of The Day] Black Honey - Beaches

Le début d'année dans ces pages est décidément bien anglais. Après The Clockworks, après Lumer, place à Black Honey, groupe qui m'était inconnu jusque-là, originaire de Brighton qui s'apprête à sortir le 29 janvier prochain son second album.

Les premiers extraits dévoilés jusqu'ici font montre d'une production plutôt maousse. Des 4 chansons disponibles à ce jour, c'est Beaches qui attire toute la lumière, son je ne sais quoi de Lonely Boy des Black Keys, sa voix pop mainstream et cette façon d'agrémenter sa pop nerveuse de cuivres et de clappings qui en font un hymne à chanter à tue-tête, en dodelinant de la tête.

Album : Written & Directed
Année : 2021
Label : Foxfive Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Beaches de Black Honey est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson extraite de 'Written & Directed' de Black Honey, voilà Believer, leur dernier single en date :

Le clip de Beaches de Black Honey : 

lundi 23 mars 2020

[Track of The Day] Courtney Marie Andrews - If I Told

Il y a quand même quelque-chose de surprenant à voir Courtney Marie Andrews sortir un album (et le second qui plus est) sur Fat Possum, structure plus connue pour avoir sorti The Black Keys, Bob Log III ou Crocodiles que pour ses chanteuses à belle voix. Mais la phoenicianne a du talent et le label du Mississippi aurait eu bien tort de passer à côté.

'Old Flowers' est le titre de son nouvel album et ne fera pas dans la joie et la félicité, vu qu'il sera centré sur sa récente rupture. Et If I Told, premier single du disque, donne le ton. Une chanson où la voix de Courtney Marie Andrews est au centre de tout, presque religieuse, y délivre l'histoire de ce moment où elle sut (« Feels like I've known you since before this life / I hope I always see you this way / Here’s to wondering if you feel the same / But I can tell when your eyes meet mine / That the truth isn't your reply ») et qu'une guitare vient habiller d'une mélodie grattée plus que jouée, avant que de discrets arrangements viennent embellir le tout. Comme s'il était besoin.

Album : Old Flowers
Année : 2020
Label : Fat Possum


En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc), If I Told de Courtney Marie Andrews est également en écoute ci-dessous :




jeudi 28 mars 2019

[Track of The Day] Yola - Lonely The Night

Rendons à César ce qui lui appartient : cette jolie découverte, je la dois à Charles super ninja qui gère Another Whisky For Mister Bukowski, « le blog musical qui ne prend pas les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ».

Yolanda Quartey, aka Yola, donc, chanteuse anglaise de Bristol - ancienne choriste pour Massive Attack et membre de Phantom Limb - dont 'Walk Through Fire' est le premier album ; soulful-soulpop-soulcountry au possible. Il y a bien ici quelques facilités, un poil de cliché par ci par là, mais de jolies compositions (comme ce Lonely The Night, en écoute aujourd'hui), un ensemble vintage seyant, une production ronde comme il faut (Dan Auerbach des Black Keys est à la manette. Il est toujours dans le coup dès qu'un projet un peu rétro pointe le bout de son nez) et une belle voix font de ce 'Walk Through Fire' un joli disque. 

Album : Walk Through Fire
Année : 2019
Label : Easy Eye Sound


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Lonely The Night de Yola est également en écoute ci-dessous : 


Autre extrait de 'Walk Through Fire' de Yola, voilà Ride Out In The Country et son clip :



lundi 12 mars 2018

[Track of The Day] Shannon & The Clams - The Boy

Avec sa pochette divinement désuette (d'aucuns qualifieront de dégueulasse, et on ne pourra pas dire grand chose), Shannon & The Clams (groupe dont je découvre l'existence) n'est pas là pour changer la face de la musique.

Tout au plus elle veut renverser son cours, et la faire revenir à une époque depuis longtemps révolue. Car le quatuor d'Okland en Californie, sur 'Onion' (son cinquième album) retourne au début des années 60, entre rock'n'roll, doo-wop, surf pop voire soul.

Marqué par la tragédie du Ghost Ship Warehouse en décembre 2016 à Okland (qui fit 36 victimes), 'Onion' est un disque qui retourne aux sources de la pop musique actuelle, qui sonne très juste, bien aidé en cela par Dan Auerbach, un des deux Black Keys - dont le travail sur le Lasan de Michael Kiwanuka avait été remarqué dans ces pages.

Rappelant aussi bien les Beatles (évident sur The Boy) et assimilés que les girls group de l'époque, ce nouvel album de Shannon & The Clams, s'il se perd en route, n'en est pas moins une franche réussite, nostalgique mais pas rétrograde tant les titres qui s'y trouvent sont de qualité. Et nul doute que si elles avaient vu le jour il y a 55 ans, certaines des chansons présentes ici auraient terminé, en français, dans la bouche d'un Richard Anthony ou d'un Johnny Hallyday.

Album : Onion
Année : 2018
Label : Easy Eye 

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Boy de Shannon & The Clams est également en écoute via leur clip ci-dessous :



Autre chanson tirée de 'Onion' de Shannon & The Clams, voilà Backstreets, la chanson qui ouvre 'Onion' :

 

Enfin, voilà Did You Love Me, chanson presque soul de Shannon & The Clams :



lundi 2 mars 2015

[Track of The Day] Death Cab For Cutie - No Room in Frame

Après deux albums plutôt ratés ('Codes and Keys' mais surtout 'Narrow Stairs'), les Death Cab For Cutie vont ils enfin remettre la belle machine à mélodies en route ? Dix ans pile après leur meilleur album à ce jour ('Plans'), il serait en effet temps.

Les deux premiers extraits de 'Kintsugi' laisse présager ou au moins entrevoir de belles ambitions. Notamment No Room in Frame, dernier single dévoilé il y a quelques jours. Rien de révolutionnaire ici mais du Death Cab For Cutie pur jus, avec une mélodie principale accrocheuse derrière laquelle viennent s'agréger d'autres mélodies tout aussi bien pensées.

Et puis il y a le chant de Ben Gibbard, que j'aime toujours autant, que ce soit sa voix ou sa façon de chanter.

Certes, deux titres c'est peu, et il faudra voir sur la longueur d'un album. Mais on a vu pire teaser. Réponse le 30 mars prochain.

Album : Kintsugi
Année : 2015
Label : Atlantic Records

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No Room in Frame, second extrait de 'Kintsugi' de Death Cab For Cutie, est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous.




Premier single extrait de 'Kintsugi', Black Sun, derrière une passivité de façade, est plutôt réussie dans son genre également :



Black Sun a également droit à son clip :

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 30-11


Deuxième et avant dernière partie de ce bilan de l'année 2013. Après les « Compilations, 45 tours et autres Ep » (à découvrir et écouter là), après le Top 50 « Chansons » (à découvrir et écouter là) et les albums classés de 50 à 31 (à découvrir et écouter là), voilà donc la suite : les albums classés de la 30è à la 1ère place.

Mais comme le veut la tradition, quelques autres liens pour aller fureter ici et là quelques belles découvertes :
Le Rewind 2013 chez Starsky

Et maintenant, plongeons nous donc dans cette 2è partie des « Albums qui ont fait mon année 2013, 2è partie ». Avec du joli monde à mes yeux, de ces anglais fans de vieux films à cette française qui devrait faire la une des magazines en passant par de vieux routiers qui font toujours le même album mais avec quelle classe, un échappé des CunninLynguists, un groupe mythique et des français psychédélique. Tout est donc ci-dessous et tout en bas du papier, comme à chaque fois, un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés.

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



30. Public Service Broadcasting - Inform - Educate - Entertain [Public Service Broadcasting] 
Album fourre-tout (la pop y cotoie le math-rock, le krautrock le post punk, le bango ou les synthés les guitares les plus précises) mais d'une très grande unité, plein de samples aux charmes aussi immédiats que désuets (tirés des archives du British Film Institute) et bourrés de mélodies, 'Inform - Educate - Entertain' de Public Service Broadcasting est sans conteste la très belle découverte de 2013.

29. Deafheaven - Sunbather [Deathwish Inc.]
Entre post-rock, guitares shoegaze et black metal, 'Sunbather' de Deafheaven (tout un programme !) aura été le groupe le plus bruyant de mon année 2013. Solide et très bien pensé, n'oubliant jamais les mélodies dans ses morceaux (The Pecan Tree), 'Sunbather' est un disque à l'énergie implacable.

28. Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat]
Forcément, il fallait que celui-ci y soit. Parce que c'est le premier LP de la jeune histoire de Without My Hat Records. Parce l'objet est splendide (4 faces imprimées, avec un volet). Mais surtout parce que Mondrian pond là une collection de chansons pop intemporelles, dont il est difficile de faire sortir un titre en particulier (They Don't Dance Much in Idaho quand même). 

27. Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]
A quoi bon changer une formule quand celle-ci est efficace ? Les italiens d'Action Dead Mouse, déjà encensés en fin d'année dans ces pages, continuent leur math-rock de chemin avec un 'ä' avec plein de guitares, de ruptures de rythmes et de changements de directions impromptus. Brillant.



26. Natti - Still Motion [APOS Music]
Dernier des trois CunninLynguists à se lancer en solo, Natti en impose avec ce premier album, 'Still Motion'. Alternant morceaux lascifs et titres percutants aux punchlines bien senties, aussi bien influencé par la black music que le jazz ou la pop, Natti n'oublie jamais de mettre au centre de tout les mélodies. 


25. Grant Hart - The Argument [Domino]
Copieux album (20 chansons pour 1h15 de musique), 'The Argument' est le 4è album de Grant Hart en 25 ans ! Découvert pour ma part cette année, cet ancien Hüsker Dü (je n'en savais rien) a composé là un disque de rock et de pop totalement habité. Un disque qui s'écoute d'une traite avec un plaisir non-feint. Et cette voix qui rappelle le David Bowie des 70s n'y est pas étrangère.

24. The Men - New Moon [Sacred Bones]
S'éloignant du rock bruitiste et noisy de ses premiers essais, The Men sur 'New Moon' partent dans un mode entre blues et psychédélique, même s'ils retrouvent l'urgence et la nervosité des chansons qui ont fait leur reconnaissance sur la deuxième partie de l'album. Prêt à mettre quelques billets sur une trajectoire à la Black Keys qui leur irait bien au teint. 


23. Boards of Canada - Tomorrow's Harvest [Warp]
Un des évènements musicaux de l'année a sans conteste été le retour des patrons de la musique électronique, Boards of Canada. 'Tomorrow's Harvest' (leur premier album depuis 2006) est d'une beauté incroyable, plein de couches, de textures et de lumières dont les écoutes successives s'avèrent plus riches à chaque fois.


22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
Disque court mais coquin en forme de rédemption pour Adam Green qui s'auto-parodiait depuis de trop nombreux albums. Le duo entre le new-yorkais et l'anglaise Binki Shapiro marche totalement, dans une sorte de version revisitée des célèbres Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Version qui a de l'avenir.


21. Califone - Stitches [Dead Ocean]
Depuis leur magnifique 'Quicksand/Cradlesnakes' en 2003, j'ai bizarrement suivi de très loin les aventures discographiques des américains de Califone. Retomber nez à nez avec eux m'aura fait comprendre : 1) mon erreur 2) que les mélodies tuantes, ils connaissent toujours 3) que l'americana (mais pas que) qui traverse tout 'Stitches' est à tomber. 


20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
Moins sous le feu des projecteurs de leurs compatriotes Aline, Granville et autres La Femme, The Limiñanas est pourtant un groupe plus qu'à suivre. Originaire de Perpignan, chantant en français, The Limiñanas est signé chez Trouble In Mind, rien que ça ! Leur nouvel album 'Costa Blanc' est la rencontre du psychédélisme et une inspiration toute gainsbourienne. Petit bijou.

19. Moonface - Julia With Blue Jeans On [Jagjaguwar]
Spencer Krug doit être l'artiste le plus prolifique sur les 10 dernières années. Dernier album en date, 'Julia With Blue Jeans On', deuxième sortie sous le nom Moonface. Piano/voix tout du long, chant sublime, piano très en avant et mélodie à tomber.



18. Nick Cave and the Bad Seeds - Push The Sky Away [Bad Seed]
Les années passent et elles ne semblent pas avoir d'emprise ni sur Nick Cave, ni sur ses Bad Seeds. 'Push The Sky Away', dernier album (studio) en date va titiller les meilleurs disques de sa discographie. La faute à des chansons sublimes, une cohérence tout du long et deux titres majestueux : Mermaids et Jubilee Street.


17. Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]
Au contraire de groupes dans la même veine (The Decemberists, Iron & Wine), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. Fort d'un début d'album parfait, 'The Silver Gymnasium'  déroule un folk-rock aussi épique que délicat, comme à leurs plus grandes heures.


16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]
Sortie du giron de son frangin plus enclin aux expérimentations en tout genre, Eleanor Friedberger aura donné en 2013 au petit frère du déjà très réussi 'Last Summer' en 2011. Un disque qui prouve une fois de plus qu'elle a la pop dans le sens, des mélodies incroyables dans tous les doigts, et qu'elle est capable des tubes qu'il serait bon de fredonner à tue tête plus souvent qu'à notre tour. 

15. Poni Hoax - A State of War [Pan European Recording]
En continuant de puiser ses principales influences dans les années 80, les Poni Hoax auront sorti en 2013 leur troisième album, celui où les guitares sont les plus dansantes, les claviers les plus mélodiques, assez loin finalement des sonorités froides (mais pas désagréables pour autant) de leur précédents livraison. Jouissif.


14. Shannon Wright - In Film Sound [Vicious Circle]
Shannon Wright continue sa belle discographie avec 'In Film Sound', très bel album nerveux où les guitares sont plus que présentes et la furia sombre de l'américaine font merveille. Un jour, on se rendra compte de son talent incroyable. Un jour...



13. San Fermin - st [Downtown]
Groupe new-yorkais dont le leader est un grand fan du 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, San Fermin fait dans la pop à la ... Sufjan Stevens. Cet album n'a évidemment pas la consistance du chef d’œuvre des années 2000, mais est d'une grande beauté, avec arrangements aux petits oignons, plages de respirations et voix profonde, mix entre celle de Matt Berninger (The National) et Dan Michaelson (Absentee). Ces jeunes gens iront loin.

12. Mélanie Pain - Bye Bye Manchester [Yotanka]
De façon très surprenante, Mélanie Pain ne connait pas les unes des magazines. Et pourtant, le talent de cet ex-Nouvelle Vague. Son premier album était 'My Name' en 2009 était déjà une très belle réussite. Et son 'Bye Bye Manchester' est du même acabit, pop aux atours rétro, alternant français et anglais, avec sa voix coquine et conviant pour l'occasion des artistes aimés de ces pages (Florent Marchet, Ed Harcourt). Belle confirmation. 

11. Radar Brothers - Eight [Merge]
Guitares langoureuses, pop, slowcore, alternative rock : ce n'est pas avec leur 7è album (quoiqu'en dise son titre) que les Radar Brothers vont changer leur fusil d'épaule. La seule différence est peut-être un piano plus présent et une ampleur plus grande de l'ensemble. Sinon ? Leur meilleur album depuis 'And The Surrounding Mountains', autre chef d'oeuvre.


Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'


Comme promis, voilà donc un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus. Du numéro 30 au numéro 11. Bonne(s) écoute(s) !



mercredi 2 octobre 2013

[Track of The Day] Aloe Blacc - Love is the Answer (feat. Pharrell Williams)

Je devrais parfois écouter les radios musicales à quelques émissions près (Ah, Label Pop...). Car je passe à côté d'informations importantes.
Prenez Aloe Blacc, auteur d'un second album brillant il y a déjà 3 ans, 'Good Things', chez Stones Throw, rempli de tubes (ce I Need a Dollar quand même). 
Il est la voix de Wake Me Up, chanson que je viens de découvrir et un des tubes de l'été qui vient de s'achever. En tout cas, si l'on en croit les 85 millions de vues de son clip sur youtube (on a les références que l'on peut en 2013).

Ce Wake Me Up est sur le nouvel Ep d'Aloe Blacc, mais cette fois sans le bourrinage technoïde du suédois Avicii. Et cela met encore plus en valeur cette chanson, très efficace, qui dans cette version est un tube évidemment.

En plus de Wake Me Up, trois autres inédits, qui annonce un nouvel album à venir  en 2014  Love is the Answer avec en featuring Pharrell « Je suis de partout cette année » Williams, Can You Do This (Aloe Blacc Meets The Black Keys new generation) et Ticking Bomb, black-blues sombre, parfaitement rythmé et aux chœurs profonds.

En résumé ? Un Ep de 4 titres, qui contient 3 tubes et une chanson parfaite. Grande classe.

Album : Wake Me Up
Année : 2013
Label : XIX Recordings

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Love is the Answer est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

La version « pop » de Wake Me Up :



La version acoustique de Wake Me Up (différente de celle sur 'Wake Me Up Ep' donc ) :


En bonus, le clip du morceau d'Avicii, où vous pourrez apprendre que les gens de la campagne sont des ploucs, que le tatouage débile c'est génial, qu'on peut être fraîche après avoir fait la teuf toute la nuit, que le téléphone à acheter de toute urgence c'est celui là et pas celui des concurrents (c'est bien les placements produits, ils ne font même plus semblants de les cacher). Rien que ça ouais.


lundi 5 août 2013

[Track of The Day] Portugal. The Man - Waves

Dans la série des noms de groupe à la con, je voudrais Portugal. The Man. Car ce quintette n'a rien de portugais mais vient de Portland, ville américaine qui aura vu en son temps voler Clyde Drexler. Et Zoe Manville, une fille donc, chante plus souvent qu'à son tour sur les chansons du groupe. Mais les noms idiots, c'est comme les pochettes moches : c'est pas le plus important. Et surtout ca ne veut rien dire.

Portugal. The Man vient de sortir un nouvel album, 'Evil Friends'. Son huitième en autant d'années. Autant dire qu'ils ont de la régularité.

Découvert via ce disque (merci PandaPanda), on m'avait présenter le groupe comme un guilty pleasure peu avouable. Il n'en est rien. Parce que la pop de Portugal. The Man (qui passe par tous les états) est plutôt bien fichue.

Certes, on ergotera qu'ils vont beaucoup piocher à droite et à gauche plutôt que de se créer une vraie identité sonore. Il est vrai que tout au long de ce 'Evil Friends', on pense beaucoup à Dear Reader, à Sufjan Stevens, à Cloud Cult à MGMT ou même aux Black Keys (nouvelle génération, la production de Danger Mouse derrière l'album n'y étant surement pas étrangère).

Mais il n'empêche, ce nouvel album de Portugal. The Man contient assez de chansons efficaces pour en faire un parfait allié d'après-midi estivale, chaude et à larver autour d'une piscine où quelques rainettes viennent faire trempette de temps à autres. Et c'est déjà bien.

Album : Evil Friends
Année : 2013
Label : Atlantic


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De toutes les chansons de 'Evil Friends', c'est Waves qui ressort du lot. En écoute dans le lecteur à droite. Et également ci-dessous :



'Evil Friends' a déjà trois clips à son actif. Le premier est celui de Atomic Man, une des meilleurs chansons de ce nouvel album de Portugal. The Man :



Le second est celui de Purple Yellow Red & Blue, avant-dernière chanson de 'Evil Friends', et une de mes favorites, sucrerie rythmée comme il faut :



Enfin, pour finir, le clip de Evil Friends, premier single aux deux visages de cet album :