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lundi 21 juillet 2025

[Track of The Day] Kae Tempest - I Stand On The Line

'Self Titled' est le sixième album de l'anglais Kae Tempest (le second depuis son changement d'identité) et pour ainsi dire, je ne saurais trop vous dire de quoi il retourne. La faute à I Stand On The Line (en écoute aujourd'hui), le morceau d'ouverture si incroyable qu'il est difficile de ne pas écouter, réécouter et réécouter jusqu'à plus soif.

Une chanson portée par une production ample et généreuse où Kae Tempest rappe un texte fort sur sa (et la) transidentité, sa difficulté à la comprendre, à l'assumer (« It was a belt 'round my neck / It was too big to look at square on it kept growing / I'd known it forever, but I tried to stop knowing »), à affronter ses peurs (« Terrified if I told the truth and stopped hiding / (...) I would sacrifice everything I'd made for myself / My family, my friends, the people who felt my music, would all leave »), le regard des autres et sa violence intrinsèque (« I know it hurts you when they look at you strange / Misgender you intentionally, use your deadname / (...) / Assault you in the street until you're hardly moving ») et tout ce qu'il a du subir pour être celui qu'il est aujourd'hui (« Thirty-seven, going through a second puberty »).

Sorte de rencontre entre Little Simz et Sage Francis, I Stand On The Line est une chanson engagée, dure, qui n'élude rien des difficultés à être trans en 2025 (« Why are trans bodies always on the agenda? »), qui ne fait pas de faux-semblant, nous renvoie à nos préjugés idiots, et dans le même temps transpire de courage, de force, de résilience, de bonheur à être devenu celui qu'il voulait être (« When I pause and reflect on the years spent exhausted and wrecked / I just want to go back, put it all on the deck / And say, "Child, just keep going, keep drawing your breath" ») et donne des raison d'espérer à tous ceux qui, comme Kae Tempest, ont connu, connaissent ou connaitront ces bouleversements intimes. Comme il le dit lui même en deux vers magnifiques sur la fin du premier couplet : « If you turn your back on the light for too long / The light doesn't die, it just stops trying to find you ».

Album : Self Titled
Année : 2025
Label : Island Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, I Stand On The Line de Kae Tempest est également en écoute ci-dessous :
 

vendredi 14 mars 2025

[Track of The Day] Marinero - The Mystery of Miss Mari Jane

Troisième album de Marinero, le moniker de l'américain Jess Sylvester, 'La La La' est un album curieux. D'un côté, tout est joliment produit et orchestré, les chansons ont tendance à rester en tête, la pochette avec ses atours seventies, affiche de films et visuel d'une quête annexe du prochain GTA, attire l’œil. De l'autre la sensation d'avoir affaire à un petit malin qui est allé discrètement récupérer quelques bouts de mélodies (car ce ne sont à chaque fois que quelques notes) pour en faire le canevas de ses douze nouvelles chansons. Et à choisir, plutôt des mélodies peu connues du public américain (donc européennes notamment), bien que les inspiration revendiquées - et bien réelles - pour cet album soient aussi mexicaines (beaucoup) que californiennes (moins déjà).

On a beau régulièrement lever l'oreille, on a beau savoir que ces quelques notes ci ou cette progression là nous disent quelque-chose, difficile de mettre le doigt précisément sur chacune d'entre elles. Mais ce sentiment reste tenace à l'écoute. Deux exemples parmi d'autres : l'interlude Cha Cha Cha qui est un décalque du thème principal du film 'Love Story' d'Arthur Hiller en 1970, composé par Francis Lai (mélodie qui revient d'ailleurs sur Hollywood Ten en fin d'album). Et The Mystery of Miss Mari Jane, où j'entends beaucoup beaucoup du Diego libre dans sa tête de Michel Berger

Peut-être que Marinero le précise dans les notes de 'La La La', peut-être qu'il assume ces inspirations, peut-être même qu'il se réclame de ces emprunts (s'ils en sont une nouvelle fois). Mais j'ai du mal à croire que ce sentiment d'usurpation qui (m') habite à l'écoute de cet album ne soit pas basé sur quelque-chose de réel. Une fois qu'on a dit ça cependant, soyons fair-play et reconnaissons que des morceaux comme Sea Change (avec Chris Cohen) ou Die Again, Yesterday sont réussis et que The Mystery of Miss Mari Jane (en écoute aujourd'hui) est une très belle chanson, ample, bien orchestrée et à la mélancolie douce.

Album : La La La
Année : 2025
Label : Hardly Art

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, The Mystery of Miss Mari Jane de Marinero est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 1 janvier 2025

Bilan 2024 : Top 50 « Chansons »


2024 est donc terminé. Sans doute pas la meilleure des années mais vraiment pas la pire quand on pense à certaines de ses devancières. En tout cas, musicalement parlant, il y a une nouvelle fois eu de quoi faire. J'en veux pour preuve le bilan des formats courts, les quarante albums qui ont habillé mon année (partie 1 et partie 2). Et niveau chansons, 2024 n'est pas en reste, tant il y en a eu beaucoup qui m'ont marqué, pour plein de raisons et dans tous les styles. Car oui, c'est leur du traditionnel top 50 de mes chansons de l'année, à découvrir le 1er janvier, avec une petite balle qui passe doucement mais sûrement de gauche à droite dans votre crâne (en tout cas, je vous le souhaite).

Mais avant tout, et comme le veut la tradition, un petit tour dans le voisinage pour voir ce qui a fait l'année de sites amis, ou non :
- Les 100 chansons de l’année de Small Albums
- Les 100 chansons 2024 de Stars Are Underground
- Les 100 chansons de l’année de l’indispensable (et à soutenir) The Quietus
- La playlist 2024 d’Addict Culture
- Les 100 meilleures chansons de 2024 de Sean de Said The Gramophone
- Les deux mixes traditionnels de fin d’année de Starsky : ruelles ici, avenues
- Le mix 2024 de Matthieu Gandin de Random Songs
- Les 30 albums "Pop, Rock, Folk" de l'indispensable Hop Blog

Cinquante chansons. Et deux en bonus. Il faut dire que Céline Dion qui reprend L'Hymne à L'Amour en haut de la Tour Eiffel et le Parade de Victor Le Masne ne sont pas des morceaux qui m'auront laissé insensibles, l'un m'ayant totalement bouleversé un soir pluvieux de fin juillet en était l'apothéose d'une cérémonie d'ouverture incomparable, l'autre ayant habité mon imaginaire pendant les quinze jours suivants. Comme elles ont définitivement marqué mon année à leur manière, difficile de ne pas les inclure.
Quand au reste, ce fut une sélection bien difficile tant il y avait beaucoup de candidats à cette liste dans une année prolifique en très beaux morceaux. Et il y en a beaucoup qui sont restés sur le carreau. Ici, vous trouverez tout ce qui m'a fait vibrer : de l'électro à danser et à chanter à tue-tête, des chansons langoureuses et pleines de riffs, du rock nerveux mais souvent ciselé, de la balade à tomber, quelques vieux de la vieille, de l'arrangement chiadé, de la belle ouvrage et un duo de tête très difficile à départager, qui se tient dans un mouchoir de poche. Évidemment, lire le nom de cinquante chansons aurait peu d'intérêt, donc au bas du billet se trouvent trois lecteurs Spotify, Deezer et YouTube pour écouter chacune d'entre elles. Bonne(s) écoute(s) et bonne année !


Bilan 2024 :
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)
Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »



50 +2. Victor Le Masne - Parade
50 + 1. Céline Dion - Hymne à l'Amour (Edith Piaf cover - Live aux Jeux Olympiques de Paris 2024)

50. Cola - Pulling Quotes
49. Savage Mansion - Total Colombia
48. Kishi Bashi - Make Believe (feat. Linqua Franqa)
47. The Libertines - Night Of The Hunter
46. OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine, Alxndrbrwn - Master Cleanse

45. Antenna - Antenna State
44. Monobloc - Where Is My Garden
43. The Decemberists - Oh No!
42. Ella Thompson - Let There Be Nothing
41. Oneida - Reason to Hide

40. Edna Million - Barking Dogs (feat. Ernst Molden)
39. Lily Seabird - Waste
38. Nap Eyes - Feline Wave Race
37. Bashy - How Black Men Lose Their Smile
36. Beak> - Hungry Are We

35. Phosphorescent - Impossible House
34. Kid Loco - The Crown (feat. Louise Quinn)
33. Adrianne Lenker - Ruined
32. Mercury Rev - There's Always Been A Bird In Me
31. Middle Kids - Highlands

30. Laura Marling - Patterns
29. Sam Lee - Bushes and Briars
28. Metz - Entwined (Street Light Buzz)
27. The Lemon Twigs - My Golden Years
26. Green Day - Bobby Sox

25. Snowy Band - Weeks & Months
24. Moreish Idols - Pale Blue Dot
23. Flower Face - Biblical Love
22. The Vaccines - Another Nightmare
21. The Miserable Rich - Crows

20. Jess Ribeiro - The Trees and Me
19. Chappell Roan - Good Luck, Babe!
18. MGMT - Loss of Life
17. Bill Ryder-Jones - This Can't Go On
16. Joe Goddard - Ghosts (feat. Tom McFarland)

15. King Hannah - Somewhere Near El Paso
14. Omega Violet - Island N°2
13. Mannequin Pussy - I Got Heaven
12. Jamie xx - All You Children (feat. The Avalanches)
11. Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce - Meilleur (feat. Jeanne Added)

10. Mammoth Penguins - Here
09. Geordie Greep - Holy, Holy
08. Maxwell Farrington & Le SuperHomard - Begging’s Not My Business
07. The Rhythm Method - I Love My Television
06. Corridor - Mourir Demain

05. Junior Varsity - Cross The Street
04. EggS - At The End Of The Road
03. MJ Lenderman - She's Leaving You
02. Lady Blackbird - Like a Woman
01. Father John Misty - I Guess Time Just Makes Fools of Us All



Bilan 2024 :
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)
Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »



Et comme promis, ci dessous, trois players (Spotify, Deezer et YouTube) avec chacune des cinquante chansons listées ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !

mercredi 7 février 2024

[Track of The Day] OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine, Alxndrbrwn - Master Cleanse

« The Flag Shop is Out of Stock, I hang myself. Don't waive your rights with your flags »
. Voilà comment se terminait Makeshift Patriot, chanson coup de poing de Sage Francis après les attentats du 11 septembre 2001 sur l'attitude de son pays et de ses concitoyens, à contre-courant de l'ambiance de l'époque. Depuis ce titre, sur tous ses albums, Sage Francis s'est imposé comme un des (si ce n'est le) rappeurs les plus engagés de sa génération - et des suivantes d'ailleurs. Et si les années ont passé, l'américain n'a rien perdu de sa verve. Et l'actualité funeste au Proche-Orient ces derniers mois vient nous le rappeler.

Depuis les attentats abjects perpétrés le 7 octobre dernier où plus de 1200 israéliens de tous âges ont péri sous les balles du Hamas, Gaza vit sous un déluge de bombes de représailles et fait face à un massacre sans nom. Quatre mois où la haine du gouvernement Netanyahou semble n'avoir aucune limite et frappe de façon irrésolue et indifférenciée dans une violence tout à fait indicible, où les morts s'accumulent (près de 30 000 officiellement, beaucoup plus pour certains observateurs) et où les mutilés sont encore plus nombreux (peut-être le double ou le triple). Pas un jour sans des images ou des récits tous plus ignobles les uns que les autres, touchant toutes les strates de la population gazaouie, massée et nassée dans le sud de la bande de Gaza et qui doit faire face à l'horreur des bombes, de la famine, des maladies.

Devant ce génocide qui ne veut pas dire son nom, Sage Francis a répondu à l'invitation de OldBoy Rhymes (rappeur américain qu'il allait signer sur son label Strange Famous avec l'intention de sortir son premier album) venu lui présenter une démo d'une de ses compositions intitulée Master Cleanse (« grand nettoyage ») et qui traitait de ces évènements. Sage Francis y a mis sa patte le temps d'un long couplet très engagé, très vite rejoint par la rappeuse Rituals of Mine, OldBoy Rhymes ouvrant et fermant le bal avec deux couplets particulièrement brillants, tandis qu'Alxndrbrwn prenait en charge la production.

Quant au morceau ? Pesé et soupesé (Sage Francis l'avoue lui-même dans un long thread sur Twitter), Master Cleanse reste un morceau qui ne mâche pas ses mots contre la violence aveugle et sans limite du gouvernement israélien mais aussi contre les États-Unis (leur alignement derrière un de leurs alliés historiques sans que jamais soit remis en question une seconde le comportement innommable de celui-ci) et sa sphère médiatique (qu'on peut sans doute étendre à l'Occident) qui garde le doigt sur la couture, ne moufte pas, préférant relayer un seul et unique récit, par peur de représailles ou par simple lâcheté.

Master Cleanse est sans doute le titre le plus féroce (on n'écoutera pas de chanson plus politique cette année) auquel Sage Francis a participé depuis l'incroyable Slow Down Ghandi en 2005 (auquel on peut d'ailleurs le rapprocher). Un morceau puissant, à la production qui monte en intensité au fur et à mesure et peut-être un des premiers depuis quatre mois à voir des artistes se lever et dénoncer l'infamie de la situation actuelle qui se déroule sous nos yeux sans qu'on, et nos gouvernants avec, y fassent grand chose. Alors certes, il y a peu de chance que Master Cleanse fasse bouger les choses. Mais comme le chante Rituals of Mine : « Give me something to believe in ».

NB : Master Cleanse de OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine et Alxndrbrwn est en téléchargement en « pay what you want » sur la page Bandcamp de Sage Francis. Page sur laquelle on retrouve l'intégralité des paroles de la chanson.

Album : -
Année : 2024
Label : Strange Famous Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Master Cleanse de Sage Francis OldBoy Rhymes, Rituals of Mine et Alxndrbrwn est en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de Master Cleanse de Sage Francis OldBoy Rhymes, Rituals of Mine et Alxndrbrwn (soumis à une limite d'âge et à avoir un compte en bonne et due forme) :
 

lundi 9 octobre 2023

Danger Mouse & Jemini - Born Again [Lex Records]

C'était il y a 20 ans. Lex Records était encore une entité de Warp Records - sa version hip-hop en quelques sortes, n'avait que deux ans d'existence et commençait à publier des albums après quelques 12" et autres Ep. Sûr de ses choix et de son ambition artistique, les londoniens avaient tout juste dans tout ce qu'ils sortaient et comment il le sortaient (ah, ces belles pochettes cartonnées, stylisées voire en relief pour certaines).

Ma découverte du label date de cette époque. Et de la publication de 'Ghetto Pop Life' de Danger Mouse & Jemini, disque parmi mes préférés dès qu'on parle de hip-hop, aux prod sûres, entre pop et beat, au flow excité et aux grandes chansons (la chanson titre et son intro, Born-A-Mc, The Only One, j'en passe et pas des moindres).

Vingt ans plus tard, et alors qu'on fête son anniversaire, Danger Mouse & Jemini viennent d'enfin donner une suite à 'Ghetto Pop Life'. Il était temps. Le disque s'appelle 'Born Again'. Et à son écoute, on dirait qu'il est d'époque : les prods sont dans la même lignée, le flow de Jemini n'a pas bougé d'un iota... Tout ici fait office de capsule temporelle qui nous ramène au mitan des années 2000. Comme si Danger Mouse et Jemini avait repris le travail sur l'ouvrage là où il l'avait laissé il y a deux décennies.

Après recherches, rien de surprenant à tout cela : il s'avère en fait que 'Born Again' a été enregistré dans la foulée de 'Ghetto Pop Life' à l'époque mais a fini dans un tiroir pour ne jamais sortir. Pourquoi ? Comment ? Pour d'obscures raisons lis-je ici et là. Mais aussi sans doute à cause du succès et de la controverse gigantesque qui a entouré la publication de 'The Grey Album' de Danger Mouse.

Vingt ans plus tard, c'est chose faite. Et cela valait le coup d'attendre et de l'entendre. Dans la droite lignée de son prédécesseur, 'Born Again' enfonce le clou et voit Danger Mouse ciseler quelques productions pas piqués des verts (Brooklyn Bazquiat, World Music, la simplicité d'All I) et où on sent parfois l'influence de MF Doom ou Madlib, prod sur lesquelles Jemini vient poser ses mots et son flow, tantôt calme tantôt frénétique, mais toujours juste.

Et Lex Records, dans tout ça ? Vingt-deux ans après sa création, ils sont toujours là. Je les ai perdus de vue, les retrouve à l'occasion. Mais ils restent responsables de certains de mes plus grands émois hip-hop (ah, cette soirée à Mains d’Oeuvres avec une partie du roster au printemps 2004...).
D'un point de vue plus global, ils auront longtemps eu une discographie impeccable, pleine d'albums (le 'Hope' des Non-Prophets de Sage Francis, les uniques albums d'Hymie's Basement et de Shape of Broad Minds, le premier Subtle), de singles (Thou Shalt Always Kill de Dan Le Sac vs Scroobius Pip, un des meilleurs des années 2000, le New New York de Tes) et/ou d'artistes (Fog, Prince Po, Boom Bip, Dj Signify, DangerDoom) remarquables. Une liste dans laquelle n'aurait eu aucun mal à s'insérer 'Born Again' à l'époque. Disque brillant, inconnu jusque-là, mais qui n'a pas pris une ride. (Sortie : 25 août 2023)

Plus :
'Born Again' de Danger Mouse & Jemini est à l'achat sur leur bandcamp
'Born Again' de Danger Mouse & Jemini est à l'achat sur leur bandcamp
'Born Again' de Danger Mouse & Jemini est également en streaming et à l'achat un peu partout


Trois morceaux extraits de 'Born Again' de Danger Mouse & Jemini. A tout seigneur tout honneur, All I, le morceau qui ouvre l'album
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Brooklyn Bazquiat, sans doute le tube du disque. Et enfin World Music

jeudi 11 août 2022

[Track of The Day] Danger Mouse & Black Thought - Aquamarine (feat. Michael Kiwanuka)

A$AP Rocky, MF Doom, Raekwon, Run the Jewels, Michael Kiwanuka, Joey Bada$$ et je passe tous ceux que je ne connais pas : il y a du beau monde au générique de 'Cheat Codes', premier album de Danger Mouse & Black Thought à sortir. D'un côté, Black Thought, l'homme, avec ?uestlove, derrière The Roots, et dont le talent n'est plus à prouver. De l'autre, Danger Mouse, l'artiste et surtout producteur touche à tout, raillé par quelques puristes, admiré par beaucoup d'autres (dont votre serviteur), dont 'Cheat Codes' est le premier disque de hip-hop au fronton duquel il s'affiche depuis un certain 'The Mouse and the Mask' de DangerDoom en 2005. Un type capable d'aller frayer avec Sparklehorse, sortir un des singles des années 2000 avec Cee-Lo (Crazy), publier un disque mythique et interdit d'exister ('The Grey Album' en 2003, ou le mash-up des instrus du 'White Album' des Beatles et la voix du 'Black Album' de Jay-Z), produire U2, The Shins, The Black Keys, Martina Topley Bird, Sage Francis, Gorillaz, entre beaucoup d'autres. Autant dire que sur le papier, l'association fait plutôt rêver. 
 
Dans les faits encore plus ; et notamment avec Aquamarine, un des quatre morceaux publiés jusque-là. Un titre qui commence comme un prélude à un concert classique avec ces instruments qu'on accorde, avant que le beat démarre et que la voix de Michael Kiwanuka (dont Danger Mouse a produit le très beau 'Love & Hate') déboule pour laisser la place au flow toujours si sûr et précis de Black Thought. Un titre qui ne manque pas de mélancolie et qui promet beaucoup, à l'instar des trois autres morceaux dévoilés jusque là. Heureusement, l'attente pour découvrir 'Cheat Codes' sera courte : il sort ce vendredi. Autant vous dire que la hâte est immense.

Album : Cheat Codes
Année : 2022
Label : BMG

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube, Bandcamp et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Aquamarine de Danger Mouse & Black Thought, avec la participation de Michael Kiwanuka, est également en écoute ci-dessous :

 
Le clip de Aquamarine de Danger Mouse & Black Thought, avec la participation là aussi de Michael Kiwanuka :
 

vendredi 29 juillet 2022

[Track of The Day] Francis Lung - 2p Machine

Après un 'Miracle' remarqué (et pas que dans ces pages) l'an passé, l'ex-WU LYF Francis Lung est déjà de retour avec un nouvel Ep prévu pour le début de l'automne prochain. Un disque pensé lors de ses nombreux réveils nocturnes suite à la naissance de sa fille et qui l'ont fait réfléchir, rêver, divaguer.

Sobrement intitulé 'Short Stories', ce disque devrait faire la part belle au spoken word. Et il suffit d'écouter 2p Machine, le premier extrait disponible, pour s'en assurer. Long de plus de six minutes, loin de l'univers ouaté et rond des mélodies de 'Miracle', Francis Lung y parle sur des mélodies vacillantes, qui semblent sur le point de trébucher, avant de se mettre à chanter et hurler « Friends for everyone ! », comme si sa vie en dépendait.

Album : Short Stories Ep
Année : 2022
Label : Memphis Industries

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, 2p Machine de Francis Lung est également en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de 2p Machine de Francis Lung :
 

samedi 1 janvier 2022

Bilan 2021 : Top 50 « Chansons »


Ayé, nous sommes en 2022. Pas dit que l'année prochaine soit formidable, loin de là. Elle a même tout pour être de même nature que sa devancière. Pour autant, on ne pleurera pas la disparition dans les limbes de 2021, année affreuse s'il en est et qui aura réussi à faire pire que 2020, ce qui n'est pas rien.
Musicalement en revanche, quelle année ! Comme déclinée sur les trois premières parties de ce bilan annuel, 2021 fut un grand cru à mes oreilles. Des disques absolument merveilleux. Des claques prises plus souvent qu'à mon tour. Et des chansons, mes aïeux, je ne vous en parle même pas.

Mais avant d'aller plus loin et de détailler ce Top 50 des meilleurs morceaux de l'année, regardons une nouvelle fois ce que les copines, copains et autres voisins ont tiré de cette année 2021 :
- Le bilan de 2021 de Mathieu chez Random Songs, avec le petit mix qui va bien 
- Le traditionnel "Best of Songs" de l'année par l'indispensable Said The Gramophone
- Autre traditionnel, celui de Starsky, avec un mix en deux parties (ici et )
- Les 80 titres essentiels de 2021 selon Stars Are Underground
- La playlist 2021 de la rédaction d'Addict Culture
 
Nous disions donc 50 chansons. Cinquante morceaux qui auront passé leur temps dans mes oreilles, certains en partant pour mieux y revenir encore plus puissant. Le numéro 1 a été évident du moment où j'ai posé mes oreilles dessus (je vous conseille d'ailleurs de regarder le clip, d'une classe et d'une beauté folle). Le numéro 2 est un titre fou, du post-punk qui finit comme en électro. Quant à la troisième marche du podium, c'est la plus belle chanson française de l'année, sans conteste possible (et qui ouvre un album qui a raté le cut d'un rien de mon top album). Le reste ? Des chansons presque du même acabit, avec beaucoup de guitares, de la pop dans tous les sens, des vieux sur le retour qui font dans le cliché mais qui le font bien, quelques petites douceurs dont je n'arrive pas à me lasser et quelques tubes sur lesquels on dansera encore dans vingt ans. Bref, cinquante titres. Cinquante chansons. A découvrir ci-dessous.
Et évidemment, au bas de ce classement, des lecteurs Spotify, Deezer et Youtube pour écouter - et voir - ces 50 chansons. Bonne lecture et surtout, bonne écoute !
 


 
50. Randolph's Leap - Moment Passed
49. Thee More Shallows - Ancient Baby
48. Wallice - 23
47. Flyying Colours - Big Mess
46. Fightmilk - Overbite
 
45. Public Service Broadcasting - Blue Heaven (feat. Andreya Casablanca)
44. Aaron Frazer - Over You
43. Agave Tongue - Yellow Moon
42. The Staves - Best Friend
41. Torres - Thirstier
 
40. Danny George Wilson - Lost Future
39. Rat Columns - I Can't Live On Love
38. Massage - In Gray & Blue
37. Pale Blue Eyes - Motionless
36. Bestfriend - Hannah In The City
 
35. Johanna Samuels - All Is Fine
34. The Felice Brothers - We Shall Live Again
33. Francis Lung - Bad Hair Day
32. Chevalrex - Tant De Fois
31. Pearl Charles - Only For Tonight
 
30. Julien Ribot - Hey You Know Wonderland!
29. Mush - B2BCDA
28. Wet Leg - Chaise Longue
27. Islands - (We Like To) Do It with the Lights On
26. Black Country, New Road - Instrumental
 
25. Afrique Victime - Mdou Moctar
24. The Liminanas & Laurent Garnier - Que Calor!
23. Parquet Courts - Walking at a Downtown Pace
22. Mannequin Pussy - To Lose You
21. Sam Fender - Get You Down
 
20. A Place To Bury Strangers - Playing The Part
19. Maximo Park - Versions of You
18. Elton John and Stevie Wonder - Finish Line
17. Kìzis - Kiss For The Valley
16. Team Me - Song for a Drummer
 
15. David Gray - Dún Laoghaire
14. Sam Forrest - The Best Is Yet to Come
13. Sports Team - Happy (God's Own Country)
12. Amyl and The Sniffers - Hertz
11. The Notwist - Exit Strategy to Myself
 
10. Cub Scout Bowling Pins - Heaven Beats Iowa
09. Cheekface - We Need a Bigger Dumpster
08. Middle Kids - Questions
07. Gang of Youths - The Angel of 8th Ave.
06. Clap Your Hands Say Yeah - Thousand Oaks
 
05. Lucy Dacus - Hot & Heavy
04. Cassandra Jenkins - Hard Drive
03. Pharaon de Winter - L'Habitacle
02. Squid - Narrator (feat. Skye Murphy)
01. Little Simz - Introvert
 

 
Et vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait pas d'intérêt, ci-dessous, non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube (qui permettra notamment de voir le clip aussi formidable que la chanson d'Introvert de Little Simz). Bonnes écoutes !

 

 

jeudi 9 septembre 2021

[Track of The Day] Francis Lung - Bad Hair Day

Sensation, ne fut-elle qu'indie, du début des années 2010, l'aventure WU LYF (pour « World Unite! Lucifer Youth Foundation ») n'aura été que de courte durée (un 12" qui avait excité son monde et un album qui n'a rien perdu de sa beauté en dix ans) tant les quatre jeunes anglais avaient eu du mal à se remettre de leur succès plutôt fulgurant.

Retombés depuis dans l'anonymat, tous les membres du groupes ont pour autant continué à monter des groupes. Et notamment Tom McLung, le bassiste, qui s'est lancé en solo en 2019 sous le nom de Francis Lung, et dont le second album 'Miracle' est sorti au début de l'été. Un disque qui s'ancre loin de WU LYF et qui préfère épouse les contours d'une pop toute Elliott Smith-ienne - et donc Beatles-ienne - et aux quelques élans Beach Boys.

Tout en rondeur, 'Miracle', s'il se perd un peu dans sa seconde partie, ravira tous les amoureux de la belle pop lettrée, aux chansons bien arrangées, orchestrées et qui aiment les guitares qui en font beaucoup mais qui savent s'arrêter à temps avant d'en faire trop. Un album où les mélodies brillantes, qui cachent des paroles pas toujours réjouissantes, apparaissent comme un gros cocon dans lequel il est incroyablement douillet d'aller se lover. Et qui débute par un Bad Hair Day (en écoute aujourd'hui) à la guitare qui jangle parfaitement.

NB : A lire, la chouette interview que Francis Lung a donné à SoundofViolence
 
Album : Miracle
Année : 2021
Label : Memphis Industries

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bad Hair Day (et son intro sur Spotify et Deezer, tant les deux parties sont indissociables) de Francis Lung est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'Miracle' de Francis Lung, voilà Blondes Have More Fun :

Le clip de Bad Hair Day de Francis Lung :

mardi 19 janvier 2021

[Track of The Day] CARM - Song of Trouble (feat. Sufjan Stevens)

CJ Camerieri est un nom qui ne vous dira sans doute rien, mais la trompette de ce new-yorkais a sans doute déjà atteint vos oreilles vu qu'il a officié sur quelques albums remarqués des têtes d'affiche de la pop music de ces 15 dernières années. On a donc pu le croiser sur le dernier album de The Tallest Man On Earth, sur le coffret de Noël 'Silver & Gold' de Sufjan Stevens (la trompette sur The Child With The Star On His Head c'est lui), sur le second album ('Bon Iver, Bon Iver') et le dernier ('i,i') de Bon Iver, sur Conversation 16 du 'High Violet' de The National, mais aussi chez Martha Wainwright, John Legend, Poliça, Chris Garneau ou encore Serengeti. To name a few comme disent nos voisins.

Rien d'étonnant donc que pour son premier effort solo sous le pseudonyme CARM, il se soit entouré d'une ribambelle d'artistes et pas les moins fameux, jugez plutôt du casting (je vous le mets au complet, histoire de) : Sufjan Stevens, Shara Nova (My Brightest Diamond), Justin Vernon, Georgia Hubley et Ira Kaplan de Yo La Tengo, Lupin, Cliff Rhymes et Benson Ramsey (The Pines), pour ce qui est du chant. Et Mouse on Mars, Francis Starlite, Jake Hanson, Mike Boschen, Chris Bierden (Poliça), Mark McGee, Amati, Joe Westerlund, Dustin Zahn, Alex Nutter, Trever Hagen, Nick Camerieri, Hideaki Aomori, Mick Rossi, Bryan Nichols, Rob Moose (Antony And The Johnsons) et Gabe Cabezas. Cela est un name-dropping de compétition mais si tous les noms ne me sont pas familiers, avouez tout de même que le casting a une sacrée gueule.

Et après dévoilé les chansons avec Justin Vernon, Shara Nova, Georgia Hubley et Ira Kaplan, CARM a mis en ligne Song of TroubleSufjan Stevens oeuvre (notamment) derrière le micro. Une chanson au texte sublime, à l'ambiance toute Sufjaniene (on dirait qu'elle sort droit des sessions de 'Carrie & Lowell'), à la production cotonneuse et étouffée et à la beauté implacable où Sufjan Stevens chante merveilleusement bien - comme il est de coutume chez lui dès qu'il s'agit de chansons à la mélancolie douce. Un Song of Trouble qui ouvrira cet album de CARM (quand Land avec Justin Vernon le fermera), qui promet beaucoup et qui sera à découvrir dans son entièreté dès ce vendredi. Hâte.

Album : CARM
Année : 2021
Label : 37d03d

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Song of Trouble de CARM, avec au chant Sufjan Stevens, est également en écoute ci-dessous :

Les paroles de Song of Trouble de CARM et Sufjan Stevens sont à découvrir ici : 

Autre chanson extraite de cet album éponyme de CARM, voilà Land, avec Justin Vernon au chant : 

mardi 23 avril 2019

Wych Elm - Rat Blanket Ep [Post Mortem Records]

Il y a quelques jours de ça, nous fêtions les 30 ans de 'Doolitle', chef d’œuvre absolu des Pixies qui ouvrait avant l'heure les années 90 et en posait les bases.

Trois décennies plus tard, difficile de ne pas voir l'ombre de la bande à Black Francis et Kim Deal flotter au-dessus de 'Rat Blanket', premier Ep de Wych Elm, groupe de Bristol. Un quatuor (3 garçons et une fille, au chant) assez peu disert à son sujet et qui renvoie à chaque fois vers les mêmes informations :  « Wych Elm, after the folktale namesake, birth a macabre string of stories with their ear shredding fragile guitar parts and rattling drums ». Tout un programme.

Ceci dit, cette courte présentation ne ment pas sur le produit. Le nom du groupe vient de l'histoire de cette femme retrouvée morte en 1943 dans le comté de Worcestershire en Angleterre, la main coupée et le corps enfoncé dans le tronc d'un orme blanc (« wych elm » en anglais donc) ; mort que certains attribuent à un rituel de sorcières. Les paroles ne font pas dans le détails elles non plus, tant il est souvent question de douleur - quand il n'est pas question de mort. Enfin, l'adresse du bandcamp du groupe comporte le nombre 666. Bref, autant le dire tout de suite, les Wych Elm ne sont pas venus pour nous conter fleurette.

Et d'un point de vue purement musical ce 'Rat Blanket Ep' ? Indie/alt rock fin 80s/début 90s au programme mais surtout Pixies donc - et Breeders, forcément - pour l'essentiel. Et dès la chanson d'ouverture, Monkey Jaw (tiens, un  « monkey » là aussi), les références sont évidentes ; que ce soit sur le rythme, la façon de construire leurs morceaux, de faire sonner leurs guitares, de faire durer leurs chansons (7 titres en 14 mns, you do the maths) ou ses nombreuses allusions à la religion, tel Black Francis sur 'Doolittle'.

Composé de sept chansons (quatre singles déjà publiés, tous ré-enregistrés, et trois nouveautés, laissant juste de côté un Bag of Worms qui aurait peut-être mérité d'y être), 'Rat Blanket Ep' est une longue montée vers de beaux - et macabres - sommets où l'on retrouve les deux meilleurs titres aux toutes dernières positions : School Shooter, leur excellent premier single sorti en 2017 et qui avait eu son petit succès (c'est triste à dire mais on en est là : plus de 100 000 écoutes sur Spotify) et Susan Smith, ses paroles terrifiantes, sa mélodie et son chant désespéré (« Why'd you do this to me, as your baby, you made me, you made me »), climax et clôture d'un Ep de très haute volée.

Car puissant, cohérent, homogène, inspiré, court, incisif et à la belle mélancolie sauvage, 'Rat Blanket Ep' frappe fort. Et place les Wych Elm en très bonne position de la course à la prochaine révélation - si tant est que cela ait un quelconque intérêt. (Sortie : 22 mars 2019)

Plus :
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'écoute sur leur bandcamp
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'achat sur leur bandcamp
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'écoute, notamment, chez Spotify et Deezer


Trois chansons de 'Rat Blanket Ep' de Wych Elm en écoute ce jour. Susan Smith pour commencer (également en écoute dans les playlists Spotify / Deezer et dans la colonne de gauche de ce blog), Puis School Shooter, autre single évident (je vous laisse imaginer de quoi il est question). Et enfin Woman :





Pour finir, deux chansons en un clip avec le diptyque qui ouvre 'Rat Blanket Ep' de Wych Elm, Monkey Jaw et Help Me :




lundi 12 décembre 2016

[Track of The Day] L.A. Witch - Drive Your Car

Trio féminin californien, L.A. Witch est la jolie découverte de ce week-end. Un groupe composé de Sade Sanchez (au chant et à la guitare), Ellie English (batterie) et Irita Pai (basse), formé en 2012 et dont 'Drive Your Car 7"' est la première sortie physique après un Ep ('L.A. Witch' en 2013) et deux singles. Et on ne peut pas dire qu'il manque d'énergie.

Plus garage que punk en face-A (Drive Your Car), blues-rock en face-B (Ain't Coming Home, la face-B), ce 45-tours des L.A. Witch promet en tout cas beaucoup. Les guitares fuzz sont de sorties, la production est bien pensée (de la reverb, la voix cachée derrière, et plus globalement lo-fi au sens strict du terme), les mélodies sont là. Et ce qui ne gâche rien, elles ont un très bon gout esthétique (je trouve pour ma part la pochette magnifique).

La suite logique de ce 45-tours est donc la sortie d'un premier album. On devrait en savoir un peu plus lors de leur passage en France (notamment) au printemps 2017 (pour les lyonnais, le 1er mars au Sonic). Curieux de connaitre la suite de leurs aventure.

Album : Drive Your Car 7"
Année : 2016
Label : Black Mass Recordings

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En plus des lecteurs Spotify et Deezer, Drive Your Car est en écoute sur le lecteur bandcamp de L.A. Witch :


Ain't Coming Home, la face-B de ce premier 45-tours des L.A. Witch, est également en écoute ci-dessous :

 
Pour finir, une version live de Drive Your Car, enregistrée en 2014 lors de leur passage au Sir Francis Festival :



vendredi 23 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (30-11)



Deuxième partie de ce bilan 2014, partie Albums s'entend. Après les disques classés de la 50è à la 31è place, voilà donc les 20 disques suivant, avant que dimanche, je ne vienne mettre un terme définitif à mon année 2014 avec le top dix.

Mais avant ça, comme toujours, voici quelques liens pour aller découvrir la sélection d'autres blogs ou site :


Quant à moi, ces 20 nouveaux disques présentés ci-dessous présentent des artistes perdus de vue depuis longtemps, des américains qui ne sont jamais aussi bons que quand ils ne sont pas sérieux, l'incarnation de la beauté musicale, des vieux toujours bruyants, des rescapés, des australiens sans raisin ni colère et deux bandes originales épatantes. Notamment.
Bref, c'est à découvrir et surtout à écouter (une chanson de chaque album présenté est en écoute en bas de l'article) ici.

Pour rappel :



30. God Help The Girl - Original Motion Picture Soundtrack [Milan]
Bande originale d'un film à la diffusion quasi-inexistante en France (9 salles à sa sortie, dont l'immense majorité à Paris), 'God Help The Girl' est le reboot de l'album de Stuart Murdoch de 2009, avec des passages du film entre chaque titre. Bien que l'original est très réussi, celui-ci, plus punchy et simplement plus pop, l'est tout autant. Et Emily Browning est impeccable dans un rôle de chanteuse.



29. James Yorkston - The Cellardyke Recording and Wassailing Society [Domino]
Dans un silence assourdissant, James Yorkston aura sorti un nouvel album. Et il est une nouvelle fois très beau. Folk délicat produit par Alexis Taylor d'Hot Chip, il se dégage de cet album une ambiance que James Yorkston sait rendre lumineuse que ce soit en quelques notes ou avec sa douce voix. Tout le monde ou presque s'en fout, comme à chaque fois, mais il faudra quand même un jour qu'on prenne le temps de s'arrêter sur les nouvelles sorties de James Yorkston, artiste dont le temps n'a - et n'aura sans doute jamais - de prise.



28. Alvvays - st [Polyvinl]
Alvvays ou sûrement ma révélation de l'année. Si comparaison n'est pas raison, celui qui m'a présenté le groupe comme la rencontre entre The Pains of Being Pure at Heart et Camera Obscura avait vu juste. Shoegaze et pop (presque twee) à la fois, ce premier album des canadiens (sorti l'an passé sur cassette, réédité à plus grande échelle cette année) a tout ce qu'il faut de mélodies, de guitares coquines et de mélodies impeccables.



27. Cheveu - Bum [Born Bad Records]
Découvert via '1000', il aura fallu 3 ans pour voir les français de Cheveu rajouter un troisième album à leur discographie. Et si l'ensemble est toujours aussi noisy, rock, il y a ce côté branleur (et qui leur va bien) qui a un peu disparu. Ici, on sent un 'Bum' carré, percutant, composé et produit à la perfection. Une histoire de maturité ? A dire vrai, on s'en fout un peu. Les chansons (et même les tubes !) sont là. Le reste...



26. Barzin - To Live Alone In That Long Summer [Monotreme]
Discrètement mais sûrement, le canadien Barzin continue son petit bonhomme de chemin dans l'indifférence la plus complète. Cinq ans après 'Notes to an Absent Lover' et toujours chez Monotreme, Barzin revient distiller son folk lumineux rempli de pop en composant des chansons belles à pleurer, le tout avec une production toujours très délicate.



25. Linda Perhacs - The Soul of All Natural Things [Asthmatic Kitty]
Il aura fallu donc 44 ans pour que Linda Perhacs sorte son 2è album, après son fabuleux 'Parallelograms', dont l'arrivée d'Internet lui aura permis de sauter aux oreilles du plus grand nombre, dont votre serviteur. 'The Soul of All Natural Things' reprend globalement les choses là où elle les avait laissées, continuant à chanter de cette si belle voix des chansons folk totalement habitées de fantômes du passé. Retour magnifique autant qu'inattendu.



24. Sun Kil Moon - Benji [Caldo Verde Records]
Dernièrement, je parlais avec un fan de Mark Kozelek et donc de Sun Kil Moon. Et il me disait que « Pour moi ce n'est pas le meilleur Sun Kil Moon et encore moins le meilleur Kozelek. Mais le gars est très inspiré en ce moment ». Pas assez fan de l'américain pour débattre à ce sujet, mais plutôt confiant quant à l'avis de mon ami, il n'en reste pas moins que 'Benji' est un album qui m'aura fait frissonner cette année. Longues mélopées folk, très introspectives, le disque est un bijou sombre. A écouter d'urgence.



23. Hauschka - Abandoned City [City Slang]
'Abandoned City' a des airs de disque d'un autre temps. Composé autour - évidemment - d'un piano que l'allemand Hauschka maitrise par dessus tout, ce disque fait l'étalage de sonorités répétitives, aux cordes de piano souvent heurtées mais jamais salies. Mélancolique autant que mélodieux, ce disque raconte musicalement les histoires de ces villes abandonnées. Quelle beauté.



22. Allo Darlin' - We Come From The Same Place [Fortuna Pop]
Le groupe d'Elizabeth Morris change de braquet. Et passe du twee-pop de ses débuts à une tonalité plus indie-pop. Alternant les chansons « à la Belle and Sebastian » et les titres plus enlevés (l'évident Bright Eyes), 'We Come From The Same Place' est une nouvelle belle réussite de la part des anglais d'Allo Darlin'. A priori, c'est sympa d'être amoureux.



21. The Notwist - Close to the Glass [City Slang]
Disons le tout de go : 'Close to the Glass' est peut-être le meilleur album à ce jour de The Notwist. Oui, même devant 'Neon Golden'. Rien de bien neuf sous le soleil, The Notwist continue à faire du Notwist. Mais le fait très bien : mélodies synthétiques, electro-pop joliment emballée, portée par la voix toujours éthérée de Markus Acher. Cerise sur le gâteau, ils en profitent pour composer un tube indie en puissance, le formidable Kong. Du tout bon.



20. Ty Segall - Manipulator [Drag City]
Si l'on ne prend en compte que sa discographie personnelle, Ty Segall a sorti (à l'âge de 27 ans) sept albums « officiels », auxquels il faut ajouter une pelletée de cassettes et d'autres projets parallèles. 2014 aura pourtant été assez calme vu que 'Manipulator' est le seul album de Ty Segall de l'année. Plus concis que ses prédécesseurs, ne laissant rien au hasard sur chacune des 17 plages, mélangeant aussi bien moments nerveux que plus pop, avec toujours comme comme métronome un psychédélisme que Ty Segall maitrise à merveille, 'Manipulator' est sans doute le meilleur album de l'américain. 



19. The Steinbecks - Kick to Kick [Matinée Recordings]
Grand fan de John Steinbeck devant l'éternel, je ne pouvais qu'aimer un groupe qui s'appelle The Steinbecks. Originaire d'Australie, le groupe sort avec 'Kick to Kick' son 4è album... en 20 ans, le premier qui atteint mes oreilles. Rock brinquebalant et pleins de ruptures, pop aux accents anglais, 'Kick to Kick' est le genre d'album qui semble avoir été écrit en 1992. Délicieux en tous points.



18. Will Stratton - Gray Lodge Wisdom [Talitres]
Découvert via le beau 'Post-Empire', Will Stratton confirme sur 'Gray Lodge Wisdom' tout le bien que je pouvais penser de lui. Cet album de folk travaillé, qui rappelle aussi bien The Tallest Man on Earth que David Ackles, s'ouvre d'ailleurs par une de mes chansons de l'année, sublime mise en bouche avant que notre homme déroule ses chansons avec doigté et d'une voix touchante. Peut-être le fait que Will Stratton a vaincu l'an passé un cancer confère encore plus de beauté à cet album. Et encore, ces 8 chansons n'ont pas besoin de cela pour toucher au plus profond.



17. Swans - To Be Kind [Young Gods]
Passé à côté de 'The Seer', album monstrueux que je n'ai jamais réellement su apprivoiser, 'To Be Kind' est une belle occasion de renouer avec les Swans de ce furieux de Michael Gira. Un album une nouvelle fois très long (plus de 2h) et qui lorgne plus du côté d'Angels of Light (un des projets parallèles de Michael Gira, qui n'a pas été réanimé depuis le superbe 'We Are Him') que précédemment. Plus « pop » (on est chez Swans), mais pas forcément moins sombre ou bruyant, l'ensemble est totalement enivrant.



16. Sage Francis - Copper Gone [Stange Famous]
Après quelques albums moyens portés par des singles ravageurs, Sage Francis retrouve de la consistance avec 'Copper Gone', cinquième album du barbu américain. Un disque percutant et lettré, porté par le flow le plus incisif du rap actuel, des mélodies piochant beaucoup dans la pop - tout en rendant tout de même hommage au hip-hop des années 90 (Thank You) - et un discours politique fort, comme souvent (le formidable Vonnegut Busy). 'Copper Gone' retourne aux bases de ce que Sage Francis a fait de mieux jusque là ('A Healthy Distrust'). Tant mieux.



15. Marissa Nadler - July [Sacred Bones]
Sorti chez Sacred Bones, orné d'une pochette magnifique, 'July' est un album qui voit l'américaine Marissa Nadler continuer à chanter et déployer ses chansons tristes. Folk aux contours psychédéliques, intelligemment produit (pas mal de reverb) qui confère à l'ensemble une atmosphère cotonneuse, 'July' est peut-être son meilleur album. Qui confirme une chose : Marissa Nadler est l'incarnation musicale de la beauté.



14. Jóhann Jóhannsson - McCanick OST [Milan Records]
Grosse année pour l'islandais avec la sortie de trois bandes originales : 'I Am Here', 'The Theory of Everything' (encensée aux derniers Golden Globes, ) et 'McCanick'. C'est cette dernière qui m'aura le plus séduit, même si les autres sont réussies également. Entre musique de chambre, partie plus ambiante, et montées échevelées, ce disque a même des airs d'album à part entière, tant il est cohérent. Mieux, Jóhann Jóhannsson rappelle sur cette BO de 'McCanick' qu'il est un compositeur formidable, le pendant islandais de Max Richter. On ne l'avait pas oublié certes mais une piqûre de rappel ne fait jamais de mal.



13. Parkay Quarts - Content Nausea [What’s Your Rupture?]
Non content de s'être révélé il y a un an avec 'Light Up Gold', les new-yorkais et leur rock lo-fi ont sorti un nouvel album, 'Sunbathing Animal' à la toute fin du printemps. Un disque de qualité, dans la lignée de 'Light Up Gold', mais presque trop sérieux pour eux. Mieux, sous le nom de Parkay Quarts, le groupe (réduit à 2 membres pour l'occasion) a sorti début décembre 'Content Nausea', un disque beaucoup plus barré que son prédécesseur, punk animé d'une douce folie. Et plus séduisant à mes oreilles. Ces gens là semblent insatiables. Profitons en, la jeunesse n'est pas éternelle.



12. Jeremy Messersmith - Heart Murmurs [Glassnote]
Entre tubes pop évident (It's Only Dancing, Tourniquet), chansons qui parlent d'amour, de déceptions et de ruptures (You'll Only Break His Heart), avec les fantômes des Beatles, d'Elliott Smith et d'Adam Green qui volent autour, Jeremy Messersmith aura composé 2014 son meilleur album. Sorti enfin sur une structure digne de ce nom, le meilleur semble à venir pour l'américain. Ce n'est que justice.



11. Damien Rice - My Favourite Faded Fantasy [Wea]
Damien Rice ou le retour que l'on n'espérait plus. Malgré un succès qui ne se démentait pas vraiment, il aura fallu huit ans à l'irlandais pour sortir son troisième album. Et l'attente valait le coup. Sublime de bout en bout, paré de soyeux arrangements, 'My Favourite Faded Fantasy' est une réussite totale. Beau à en pleurer, très touchant (It Takes a Lot to Know a Man), cet album est aussi et surtout rassurant : non, Damien Rice n'a pas perdu son mojo.


Pour rappel :
Bilan 2014 : « Albums » (10-01)


Comme promis, un lecteur streaming avec une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !