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jeudi 9 avril 2026

[Track of The Day] Cut Worms - Shut In

Il y a de jolies choses dans 'Transmitter', le nouvel album de Cut Worms, nom derrière lequel se cache l'américain Max Clarke. De l'indie-rock léger qui tend vers le folk-rock et quelques bribes de country disséminées ici et là. Et surtout de belles inspirations distillées tout du long : un peu du My Sweet Lord de George Harrison sur la chanson d'ouverture Worlds Unknown, pas mal de Elliott Smith dans tout le cœur de l'album - et donc, forcément, un peu de Beatles aussi, quelques essences de Wilco (Jeff Tweedy est à la production). Rien de fondamentalement renversant certes, mais des mélodies qui restent dans la tête, des compositions qui n'ont pas à rougir et un ensemble joliment troussé.

Étonnamment, en fin de 'Transmitter', Cut Worms change son fusil d'épaule, décale la guitare, pièce centrale jusque là, au deuxième rang et installe le piano en majesté sur les trois dernières chansons. Et fait passer son quatrième album dans une dimension supérieure. On ne criera pas au génie, mais tout de même, le triptyque Shut In (en écoute aujourd'hui), Out of Touch et Dream, est d'une grande beauté mélancolique, mélodique à souhait et qui rappelle par bien des aspects We Are Catchers (projet disparu trop tôt). Le genre de chansons qui vous font reconsidérer un album dans son ensemble et vous donnent envie d'en découvrir plus en profondeur d'autres facettes auprès desquelles vous seriez passés. 

Album : Transmitter
Année : 2026
Label : Jagjaguwar

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Shut In de Cut Worms est également en écoute ci-dessous :

Autre extrait de 'Transmitter' de Cut Worms, voilà la chanson d'ouverture Worlds Unknown et son côté My Sweet Lord de George Harrison :

Pour finir, voilà le clip de Dream, la chanson de clôture de 'Transmitter' de Cut Worms :

lundi 8 novembre 2021

[Track of The Day] Catchers - Something's Taking Over Me

Il y a de cela presque cinq ans jour pour jour, lors d'un banal tweet de Dale Grundle sur une chanson du deuxième (et dernier) album des Catchers, je lui avais demandé s'il pensait nous donner des nouvelles de The Sleeping Years, son dernier projet dont l'unique album 'We're Becoming Islands One By One' avait bouleversé à l'époque le fan de pop mélancolique que je suis. Il m'avait répondu qu'il y aurait un second album dans les mois qui arrivaient. Si la nouvelle m'avait empli d'émoi, j'avais vu mes espoirs douchés au cours d'une année 2017 où rien de nouveau n'avait pointé le bout de son nez.

Il aura donc fallu attendre quatre ans de plus pour avoir enfin de nouvelles compositions de la part de Dale Grundle. Alors ce ne sera pas sous l'entité The Sleeping Years mais sous celle de Catchers, groupe discret et auteur en 1995 de 'Mute', un de ces albums qui comptent et qu'on oublie un peu trop souvent de citer lorsque l'on évoque les années 90.

Deux ans donc après la réédition de 'Mute' par Les Disques du 7è Ciel, Catchers s'est mis en tête de revenir avec de nouvelles chansons. Un nouvel album est même envisagé pour 2022. Vu l'échange cité plus haut, on restera donc prudent. Mais pour autant, on ne cachera pas notre plaisir d'écouter Something's Taking Over Me, premier single du groupe depuis 23 ans. Un titre moins Catchers que The Sleeping Years, mais d'une beauté qui manquait. Et puis qu'importe, l'essentiel est ailleurs : les nord-irlandais se sont remis à composer. C'est bien là le principal.

Album : -
Année : 2021
Label : The Sleeping Years Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Something's Taking Over Me des Catchers est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Something's Taking Over Me des Catchers :

samedi 5 janvier 2019

Bilan 2018 : « Albums » (20-01)



Après le Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition », après le Top 50 « Chansons » (en écoute ici) et après la partie partie du top albums avec les disques classés de la 40ème à la 21ème place, finissons ce récapitulatif/bilan de l'année 2018 avec les 20 disques qui auront marqué mon année musicale.

Mais avant de se plonger dedans, prenons du temps pour avoir voir ce qu'il se dit du côté des blogs et autres sites amis (ou non) :
Vingt albums donc pour finir l'année. Une excellente année d'ailleurs, rock au possible (qui a dit qu'il était mort ? Parce qu'il avait tort, disons le clairement), particulière car ça doit faire bien longtemps qu'un de mes tops albums ne comporte pas un album de chez Domino.

Une année marquée surtout donc par un album dingue (qui aurait mérité de faire les unes de magazine et qui il y a quelques années auraient enfanté une génération de futurs musiciens), le disque d'un australien qui vit à Berlin auteur d'un album sidérant de beauté, de retrouvailles avec un groupe perdu de vue depuis 15 ans, de l'épitaphe d'un groupe français, brillant comme bruyant, d'un groupe mythique qui se réinvente sans cesse  et autres folk éthérée canadienne. Entre autres, et beaucoup de choses.


Évidemment, lire c'est bien, écouter c'est mieux. Donc au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (un Spotify, un Deezer) proposant - dans l'ordre croissant - une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne(s) écoute(s) et à très vite dans ces pages !

Bilan 2018 : 
Top « Albums » (40-21)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »

20. Dakota Suite, Dag Rosenqvist and Emanuele Errante - What Matters Most [Karaoke Kalk]
De mémoire, la dernière fois que j’ai écouté Dakota Suite ce devait être pour leur 'This River Only Brings Poison' de 2002. Sachez donc que 16 ans plus, au-delà de la surprise de les savoir toujours actifs, leur musique, entre ambiant-pop et drone, est toujours aussi belle et évocatrice. Et rappelle énormément Jesse Poe, l'homme derrière ce fabuleux groupe qu'était Tanakh.


19. Adrian T. Bell - The Navigator [-]
Découvert par le biais de « J’écoute une K7 de la vedette » (dont j’avais parlé ici), ce disque d’un musicien anglais parti vivre à Prague - et accessoirement leader du groupe The Prostitutes - m’aura saisi immédiatement, quand bien même sa production m’a plutôt dérouté. Mais il a pour lui une voix, des mélodies captivantes et de vraies bonnes chansons. Et quand il marie son timbre à une voix féminine (voir ici), ce sont les images de certains des plus beaux duos de l’histoire qui ressurgissent. Pas mal pour un disque aussi confidentiel.


18. The Limiñanas - Shadow People [Because Music]
Après un 'Malamore' décevant, les Limiñanas retrouvent hargne, fougue et une production tout sauf lisse et qui leur va bien - mieux - au teint. Sur ce disque, on trouve plein de superbes chansons, d’invités de marque apportant tous leurs pierres à l’édifice et un tube vénéneux et presque drogué (écouter ici). Plus que jamais, leur psychédélisme sixties (d'aucuns diront yé-yé) est imparable.


17. Soft Kill - Savior [Profound Lore]
Album marqué par le décès prématuré du fils du leader du groupe, il s’en dégage une atmosphère assez mélancolique. Pour autant si l’on est en plein post-punk, shoegaze et tout ce qui peut s’y accrocher, il ressort de ce disque un côté lumineux. Mélancolique certes mais lumineux.


16. Dominique A - La Fragilité [Cinq7]
Grosse année pour Dominique A qui aura sorti deux albums, un « électrique », l’autre plus « acoustique ». Et c’est le second qui nous intéresse, le premier étant un peu décevant. Mais ce 'La Fragilité' rattrape le tout, avec une simplicité et une beauté fascinante. Monsieur Ané à son meilleur.


15. Marissa Nadler - For My Crimes [Bella Union / Sacred Bones]
Huitième album pour la formidable Marissa Nadler. Un disque à la très belle pochette et à la beauté renversante, comme à chaque fois. Mélancolique, blues-folk (ce Blue Vapor !), il confirme que l’américaine est l'incarnation musicale de la beauté.


14. The Innocence Mission - Sun on the Square [Bella Union]
Malgré ses trente années d'activité, et contrairement à pas mal de leurs contemporains, on dirait que les nouveaux disques de The Innocence Mission sont encore plus beaux que les précédents. La preuve avec ce 'Sun on the Square' qui reprend les mêmes recettes, mais en mieux. Toujours la voix de Karen Peris, toujours ces compositions au charme incroyable, toujours ces arrangements soyeux et soignés, toujours ces textes aussi tristes que plein d’espoirs.


13. The Beths - Future Me Hates Me [Carpark Records]
Sans conteste la découverte power-pop de l’année. Un disque pied au plancher de la part de ces néo-zélandais qui tombent l’album le plus efficace de 2018, où derrière l’énergie et les mélodies se cachent parfois des histoires pas si ensoleillées.


12. Iceage - Beyondless [Matador]
Album de rock absolument terrible, 'Beyondless' est d’une justesse et d'une efficacité quasi sans égal cette année : proto-punk, punk-soul, rempli de mélodies marquantes (écouter ici), fortes et évidentes et portées par un chant toujours aussi impressionnant. Le tout sans jamais aucune compromission. On l'oublie souvent, mais Iceage est décidément un des groupes majeurs de la décennie en cours.


11. IDLES - Joy as an Act of Resistance. [Partisan Records]
LA confirmation de l’année, après le très prometteur 'Brutalism'. Que ce soit sur disque ou sur scène, le quintet de Bristol aura plus qu’animé cette année musicale - que ce soit sur disque ou sur scène. Et aura prouvé (avec d’autres) que le rock, dans son assertion la plus large évidemment, est décidément une bien vilaine bête qui ne veut vraiment pas mourir.


10. Thousand - Le Tunnel Végétal [Talitres]
Alors que j'étais totalement passé à côté du premier album de Stéphane Milochevitch, aka Thousand, rattrapage complet avec 'Le Tunnel Végétal', disque de chanson française comme on en fait plus (ou peu). Pop pleine de spleen, parlé plus que chanté, aux textes riches et foisonnants, ce disque s’il évoque aussi Bashung, Murat que La Blanche, est avant tout un disque vraiment unique.


09. The Dead Mantra - Saudade Forever [Cranes Records]
Fin de partie pour les manceaux de Dead Mantra. Mais quelle épitaphe. Un album aussi brillant que bruyant, avec des sonorités maltraités, un shoegaze concassé, une noirceur à tous les étages, pour un résultat puissant, puissant et encore puissant. Incroyable de bout en bout. C'est quand même rageant de tomber fou d'un groupe qui met la clé sous la porte.


08. Fog Lake - Captain [Stack Your Roster]
Découvert grâce à Ninie, derrière Fog Lake, il y a Aaron Powell, canadien de talent (parfois entouré) qui aime la folk éthérée, placer sa voix comme en deuxième rideau et dérouler des chansons poignantes qui rappellent We Are Catchers. Un des plus « beaux » disques de l’année.


07. Tim Hecker - Konoyo [Kranky]
Retour chez Kranky pour Tim Hecker, avec pour une fois une pochette particulièrement laide. Tout le contraire de l’album et ses sonorités cristallines au possible. Un commentaire sur sa page bandcamp résume bien l’affaire : « heartbreaking, mesmerizing, terrifying and beautiful all at once ». Et pour en savoir plus sur ce nouveau très brillant nouvel album, lisez l’excellente chronique ci-dessous.


06. Tony Molina - Kill The Lights [Slumberland]
Quatorze minutes et 30 secondes de musique, 10 chansons. On a vu des Ep plus remplis. Et pour autant, difficile de ne pas tomber sous le charme de ce disque si l’on aime la belle pop, celle des Beatles et d’Elliott Smith, les guitares de Teenage Fanclub et celles de David Gilmour, ou plus simplement si l’on aime les Byrds et Nick Drake. Un medley-album presque frustrant mais passionnant.


05. Smokescreens - Used to Yesterday [Slumberland]
Énième disque de pop à guitares ? Aucunement tant 'Used to Yesterday' s'échappe de la masse du genre par la qualité de son écriture, de ses guitares, de sa basse et de ses mélodies sur lesquelles il serait insultant de ne pas se déhancher.


04. Low - Double Negative [Sub Pop]
Il y a des groupes qui continuent leur carrière dans une indifférence générale, à force de redite et de manque d’inspirations. Et puis il y a Low. Le trio de Duluth au Minnesota n’en finit plus de surprendre. Sur 'Double Negative', ils malmènent leur traditionnel slowcore avec une production lourde et pleine d’aspérités. Un disque étouffant, parfois expérimental. Et absolument brillant.


03. Deafheaven - Ordinary Corrupt Human Love [ANTI-]
Porté par une chanson phénoménale (Canary Yellow, écouter ici), le quatrième album du quatuor de San Francisco est disque remarquable mariant post-rock, black-metal, hard-rock, prog, pop, avec toujours ce « chant » guttural et hurlé. Un album clair-obscur incroyablement mélodieux, à la puissance époustouflante. Jamais guitares et hurlements n’auront été aussi lumineux et mélancoliques.


02. Ned Collette - Old Chestnut [It Records]
Australien vivant à Berlin, Ned Collette est la révélation de cette année. Une révélation qui n'a failli jamais avoir lieu, tant le premier morceau de l'album est déroutant... avant d'enchainer avec un sublime deuxième titre, bouleversant, renversant. De la folk qui démarre de façon basique mais qui prend au fur et à mesure une ampleur insoupçonnée. Soixante-dix minutes pour 14 chansons, notre homme ne fait pas dans la demi-mesure. Mais le voyage musical (et bien plus) qu'il propose est tellement hypnotisant, charmant et vibrant, qu'il est impensable de passer à côté. Et si en plus vous rajoutez qu'il a ce je-ne-sais-quoi de Leonard Cohen, alors là...


01. Car Seat Headrest - Twin Fantasy (Face-to-Face) [Matador]


L’album évident de l’année, c’est lui. Alors oui, on me rétorquera que ce n’est qu’un simple ré-enregistrement de l’album de 2011. Sauf que ces premières versions lo-fi deviennent de simples démos tant les compositions prennent ici une ampleur folle, accompagné qu’est Will Toledo (ils sont six autour de lui). Long (10 chansons, 71 minutes) mais toujours passionnant, 'Twin Fantasy (Face-to-Face)' est un album d’une grande unité, cohérence et homogénéité, qui balaye tout le spectre de l'histoire de la musique rock, pour mieux l’assimiler voire la synthétiser. Alternant balades et purs moments de rock'n'roll, ce disque est absolument brillant et essentiel. Et bien plus qu’un simple album de l’année, il pourrait être l’album d’une vie.  A une autre époque, nul doute qu’il aurait été l’album d’une génération.
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Bilan 2018 : 
Top « Albums » (40-21)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »

Comme promis, voilà donc un player Spotify et un player Deezer proposant - dans l'ordre croissant - une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. La chanson de The Dead Mantra n'étant disponible sur aucune des plateformes, elle est en écoute via leur player bandcamp. Bonne(s) écoute(s) !







jeudi 7 décembre 2017

[Track of The Day] Bill Baird - Never Go Home Again

En réponse à Aidan Baker et ses innombrables sorties (celui qui connaît toute sa discographie a mon respect le plus immense), voilà Bill Baird, artiste découvert grâce à Benthom de Benzine.

On n’est pas forcément sur le même nombre de sorties, mais quand même : trois albums rien qu’en 2017 pour ce musicien texan assez prolixe, que ce soit en groupe ou son son propre nom.

Pour être tout à fait honnête, ses deux premiers disques ne sont pas véritablement renversant. 'Baby Blue Abyss' n'ayant pas un intérêt dingue, concentrons-nous sur 'Easy Machines', le premier sorti en 2017. Un disque finalement anecdotique, manquant de cohérence et d’unité, pas toujours inspiré, mais où Bill Baird garde le meilleur pour la fin.

Car pour clore 'Easy Machines', le texan pond deux chansons particulièrement réussies. So Says Me, indie-pop aux guitares qui ne semblent jamais vouloir s'arrêter de riffer. Et un Never Go Home Again (en écoute aujourd'hui) qu'on dirait tout droit sortie de l'esprit des We Are Catchers

C'est peu mais elles ont le pouvoir assez fou de donner envie de réévaluer 'Easy Machines'. Sauf qu'à la réécoute, le constat reste le même sur les 8 premières pistes. Jusqu'à ces deux chansons donc, qui donne envie, etc. Un cercle sans fin. De l'intérêt de toujours soigner la fin d'un album en somme.

Album : Easy Machines
Année : 2017
Label : Talk Show

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Never Go Home Again de Bill Baird est également en écoute ci-dessous : 


Et voilà donc la deuxième chanson très réussie de ce 'Easy Machines' de Bill Baird, So Says Me :


dimanche 25 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (10-01)

 

Dimanche 25 janvier. Je crois qu'il est définitivement temps d'en finir avec cette belle année 2014. Après la sélection des meilleurs formats courts, après le « Top 50 Chansons », après le top albums avec les disques classés de la 50è à la 31è puis ceux classés de la 30è à la 11è place, voilà donc les 10 albums les plus marquants de l'année pour votre serviteur.

Mais avant ça, comme toujours, voici quelques liens pour aller découvrir la sélection d'autres blogs ou site :


Une nouvelle fois, 2014 fut une belle année, faite de découverte, de confirmation et de très beaux albums. Certains la critiquent, certains préfèrent l'année précédente. Mais c'est à chaque fois la même chose, la même rengaine. Pour ma part, je m'en contente allégrement, y ayant trouvé ce qu'il fallait pour bercer mon année 2014, faite de joies, de pertes, de soleil levant sur le Salar d'Uyuni et de fin des illusions. 
Bref, le top 10. Avec pas moins de trois groupes/artistes français, de la pop américaine née à Liverpool, le groupe hip-hop au meilleur nom qui soit et le meilleur groupe du monde tout court. Entre autres. 

A découvrir/approuver/désapprouver ci-dessous. Avec tout en bas de cet article un lecteur pour écouter une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Pour rappel :



10. Gulcher - Cocktails [Without My Hat Records]
Sorti à une période de l'année difficile, je pense que beaucoup d'observateurs seront passés à côté de ce second album des parisiens de Gulcher. Je ne suis évidemment pas totalement objectif, mais il n'empêche : il y a là 12 chansons que beaucoup de groupes français voudraient pouvoir se targuer d'avoir écrites.
Pas immédiat mais rapidement entêtant, le rock presque arty du quatuor s'étale sur 40 mns, accueillant aussi bien les Strokes, Oasis que Pavement sur ses épaules. Mené par des singles évidents (Up Against The Wall, Johnny's Square ou Julia), fort d'un tracklisting intelligent et orné d'une pochette magnifique, ce disque est un album somptueux qu'il faut écouter. On dit souvent qu'on a tendance à passer à côté de grands albums. Puisse 'Cocktails' être l'exception qui confirme la règle.



09. Rivulets - I Remember Everything [Jellyfant Records]
Nouvel album de Rivulets, 'I Remember Everything' peut se targuer d'avoir reçu les éloges d'Alan Sparhawk de Low. Ce qui vous pose un disque. Des éloges totalement méritées tant tout ici est d'une sombre et fatale beauté (et jusqu'à la très belle pochette). Slowcore ténébreux, dépressif, lancinant et avant tout mélodique, qui rend également un vibrant hommage à Jason Molina, cet album prend aux tripes. Sublime.



08.  Foxygen - ... And Star Power [Jagjaguwar]
'... And Star Power'  est un concept album, genre fourre-tout nawakesque entre folk brinquebalant, rock 60s lo-fi, chansons acoustiques sublimes, glam-rock séduisant, psychédélisme à tous les étages, le tout emballé dans une production dégueulasse mais qui va bien à l'ensemble. '... And Star Power' est un disque sans doute trop long. '... And Star Power' a sans doute pleins de défauts. Mais il n'empêche : '... And Star Power' possède un charme indéniable. On encensera ce disque dans quelques années à n'en pas douter.



07. The Pains of Being Pure at Heart - Days of Abandon [Fierce Panda]
Troisième album pour la bande à Kip Berman qui ralentit régulièrement le tempo, mais ne range pas pour autant ses guitares à la cave. Capable de mélodies tuantes et d'arrangements divins (The Asp In My Chest), 'Days of Abandon' étale une nouvelle facette, très mélancolique, de The Pains of Being Pure at Heart, ni plus ni moins que le meilleur groupe du monde.



06. King Creosote - From Scotland With Love [Domino]
Bande originale d'un documentaire sur l’Écosse, 'From Scotland With Love' est avant tout un album à part entière de King Creosote. On retrouve ici peut-être le meilleur de ce qu'a composé Kenny Anderson depuis le début de sa carrière. On reste dans un univers bien connu, mais tout ici resplendit. Onze chansons de folk-pop mélancolique, très bien habillées (cordes, touches de piano caressées). Et au milieu d’entre elles, une plus sublime que les autres, Miserable Strangers.



05. Spoon - They Want My Soul [-ANTI]
En accueillant un nouveau membre au clavier et aux guitares et en confiant la production à ce diable de Dave Fridmann, Spoon a réussi son virage, et avec quelle classe. Il y a sur 'They Want My Soul' beaucoup de tubes implacables portées par des mélodies efficaces. Jamais Spoon n'avait réussi à composer ou à sortir autant de chansons aussi efficaces sur un même disque. En fait, une seule question reste après tant d'écoutes : et si 'They Want My Soul' était tout simplement le meilleur album de Spoon ?



04. Cunninlynguists -  Strange Journey : Volume Three [APOS Music]
Les années passent, et les Cunninlynguists continuent de ne pas me décevoir. J'aime tout chez eux : leur façon de poser leur flow, ces productions faisant la part belle aux mélodies pop, leurs invités de talent en pagaille. Le 3è opus de leur série de mixtapes voit le groupe partir pour un voyage interstellaire sur Terre. Très bien pensé et conçu, parfois même drôle, 'Strange Journey : Volume Three' est l'album hip-hop que j'aurais le plus écouté en 2014. Et de loin.



03. Pain Noir - st [MicroCultures]
Bien sûr, il y avait eu les trois chansons postées sur son bandcamp l'an passé, dont une m'avait renversé plus que tout (voir ici). Bien sûr, il y avait les albums sortis sous le nom St Augustine. Bien sûr. Mais pouvait-on imaginer que Pain Noir allait sortir un si bel album ? Qu'il allait tenir la longueur de 9 chansons ? Nous sommes beaucoup à l'avoir espéré secrètement, à avoir financé ce premier album sous le nom de Pain Noir, et resté interdit devant le résultat final. 
Ces 9 chansons folk (dans sa plus pure acception à savoir une musique solitaire, qui plonge dans l'intime au travers de beaux voyages) où François-Régis Croisier, avec une grande sensibilité et une voix posée qui sait se faire presque murmure quand le texte ou la musique le requiert, raconte des histoires du passé faites de mains calleuses, de travail aux champs et de villages engloutis. Musicalement épatant, très mélancolique, ce premier album de Pain Noir est assurément le disque le plus touchant de 2014.



02. We Are Catchers - st [Domino]
Incroyablement ignoré par la critique, ce premier album de Peter Jackson (aka We Are Catchers) est pourtant le plus beau disque sorti chez Domino en 2014, pourtant pas avare à ce niveau là.
Dans l'esprit du déjà très beau 'A Bad Wind Blows In My Heart' de Bill Ryder Jones (présent à la guitare et à la production), 'We Are Catchers' est essentiellement centré autour du piano. Souvent rythmé par un tambourin très présent, avec pleins de vocalises et autres chœurs rappelant la bande à Brian Wilson, et une production entre reverbs et échos, 'We Are Catchers' illumine depuis de nombreuses semaines mes journées de pop aux mélodies soignées et travaillées. Et a priori, ce n'est pas près de s'arrêter.



01. Dominique Dalcan - Hirundo [PIAS]
Découvert grâce à Ninie, 'Hirundo' est devenu chez moi, et en quelques écoutes, un classique, et pas seulement de cette année 2014. A première vue un bel album de chanson française, 'Hirundo' est surtout un disque qui croise le fer avec la pop, où les mêmes mélodies sorties par un groupe étrangers auraient eu les faveurs des médias. Entre tubes imparables (Transhumance, Sometimes) et moments délicats (La Clope au Bec) cet album de Dominique Dalcan est d'une beauté qui ne se dément pas. Il parait que le reste de sa discographie est du même acabit. J'aimerais bien pouvoir plonger dedans. Mais j'ai beau essayer, je n'arrive pas à détacher mes oreilles de cet 'Hirundo'. Évident album de l'année de votre serviteur.


Pour rappel :


Et comme le veut l'habitude, voilà un un lecteur streaming pour écouter une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Parce que c'est tout de même plus pratique de mettre de la musique sur des mots. Bonne(s) écoute(s) !




samedi 3 janvier 2015

Bilan 2014 : Top 50 « Chansons »



Après un Top 15 « 7", 12", Ep & Compilation », place à la seconde partie de ce bilan de l'année musicale, avec cette fois la partie « Chansons ». Top « Chansons » et pas « Singles », vu que s'attarder uniquement sur les morceaux sortis en singles, c'est un peu restreindre le faisceau. Et surtout, cela ne correspond pas forcément à ce qui m'aura marqué tout au long des 12 derniers mois.

Mais avant de présenter ce classement, continuons notre plongée dans les tops de blogs (ou non) voisins :


Cinquante chansons donc, comme le veut la tradition dans ces pages. Un numéro 1 qui a 30 ans, un numéro 2 qui est sans aucun doute le meilleur titre français de l'année, un numéro 3 lettré et féroce. Ajoutez à cela une reprise formidable par ci, des confirmations par là, du hip-hop parfait, des chansons belles à pleurer, deux très longs morceaux formidables, d'autres venant sauver des albums très moyens (pour être poli), il y a ici tous les titres qui auront rythmés mon année 2014, et sans conteste les années à venir.

Évidemment, présenter un tel classement sans permettre d'écouter les dites chansons n'aurait aucun sens. Vous trouverez donc en bas un lecteur streaming avec les 50 morceaux en question, présentés forcément du numéro 1 au numéro 50. Bonne(s) écoute(s) !





50. SNGPR - Paris SA [-]
49. Fear of Men - Descent [Kanine]
48. Papercuts - Still Knocking At The Door [Easy Sound Recording Co.]
47. Sharon Van Etten - Afraid of Nothing  [Jagjaguwar]
46. Erland and The Carnival - Quiet Love [Full Time Hobby]

45. Sophia - It's Easy To Be Lonely [-]
44. Amen Dunes - Rocket Flares [Sacred Bones]
43. Parquet Courts - Instant Disassembly [What's Your Rupture?]
42. The Callstore - The Letting Go [Talitres]
41. Action Dead Mouse - I Nomi Delle Ossa [-]

40. MONO - Recoil, Ignite [Pelagic]
39. Stephen Malkmus and The Jicks - Lariat [Domino]
38. Ariel Pink - Put Your Numer In My Phone [4AD]
37. Jim Putnam & Mickaël Mottet - Let Be [We Are Unique Records]
36. Avi Buffalo - Overwhelmed with Pride [Sub Pop]

35. Alvvays - Archie, Marry Me [Polyvinyl]
34. Black English - Another Life [Arts & Crafts]
33. Clap Your Hands Say Yeah - Coming Down (feat. Matt Berninger) [Xtra Mile Recordings]
32. Foxygen - How Can You Really [Jagjaguwar]
31. Bisoph Allen - Start Again [Dead Oceans]

30. We Are Catchers - Richer Man [Domino]
29. Will Stratton - Gray Lodge Wisdom (feat. the Weather Station) [Talitres]
28. Allo Darlin' - Bright Eyes [Fortuna Pop]
27. Florent Marchet - Ma Particule Élementaire [PIAS]
26. Ed Harcourt - The Saddest Orchestra (It Only Plays For You) [CCCLX]

25. NehruvianDoom - Great Things [Lex Records]
24. Future Islands - Seasons [4AD]
23. Caribou - Can't Do Without You [City Slang]
22. The Creases - Static Lines [Liberation Music]
21. Dominique Dalcan - Sometimes [PIAS]

20. Mogwai - Teenage Exorcists [Action Rock]
19. Israel Regardie - Eternal Light [-]
18. Cheveu - Madame Pompidou [Born Bad Records]
17. Rivulets - Ride On, Molina [Jellyfant Records]
16. Cunninlynguists - Drunk dial (feat. Murs and Grieves) [APOS Music]

15. Gulcher - The Wittiest Games [Without My Hat Records]
14. The Pains of Being Pure at Heart - The Asp In My Chest [Fierce Panda]
13. Jeremy Messersmith - It's Only Dancing [Glassnote]
12. Spoon - New-York Kiss [-ANTI]
11. Damien Rice - It Takes a Lot to Know a Man [WEA]

10. The Notwist - Kong [City Slang]
09. Sufjan Stevens - A Little Lost (Arthur Russell Cover) [Yep Roc.]
08. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra - What We Loved Was Not Enough [Constellation]
07. King Creosote - Miserable Strangers [Domino]
06. Pain Noir - Requin Baleine [Microcultures]

05. Public Access T.V. - In The Mirror [Gudrun Records]
04. Emily Browning - God Help The Girl [Milan]
03. Sage Francis - Vonnegut Busy [Strange Famous Records]
02. Paradis - Garde Le Pour Toi [Barclay]
01. Michael Jackson - Love Never Felt So Good [Epic]


  






Et comme promis, vous trouverez ci-joint un lecteur compilant ces 50 chansons, de la numéro 1 à la numéro 50. Parce que écouter de la musique avec les yeux, ça va un moment :