Disque en concurrence avec le nouveau Justice et la collaboration calamiteuse entre Metallica et Lou Reed pour être le pire album de la rentrée (si l'on en croit les critiques tombant ici et là), 'Mylo Xyloto' est, au-delà de son aspect esthétique, un disque qui me fait me poser plusieurs questions.A la base, je l'ai déjà dit, je suis plutôt un fan de Coldplay (même si fan est un terme exagéré). De 'Parachutes' à 'Viva la Vida or Death and All His Friends'. Mais j'ai beau écouter 'Mylo Xyloto', j'ai du mal à m'y faire.
D'ailleurs, la question est là: comment un groupe comme Coldplay, qui truste les top ventes dans une industrie qui se casse plus que jamais la gueule, qui peut remplir des Stade de France en moins de temps qu'il ne faut pour mettre les places en ventes, et qui peut presque tout se permettre tant son catalogue de tubes et à faire chanter les foules est énorme, comment donc Coldplay peut-il se vendre et se fourvoyer autant?
Car mince, à la base, ces gens là, Chris Martin en tête, ont un sens aigu de la mélodie. On aime ou on n'aime pas certes, mais ils savent trousser des mélodies marquantes et emballantes.
Je ne nie pas que sur 'Mylo Xyloto' on peut en déceler ici et là mais elles sont tellement massacrées par une production réalisée à coup de pelleteuses qu'il est difficile de les faire ressortir.
Et quelle idée de s'associer avec Rihanna pour une chanson dégueulasse et à peine audible (mais tellement représentative de cet album) alors que leurs univers n'ont rien à voir? Quelle mouche les a donc piqués?
Ils ont le monde dans les mains, peuvent faire ce qu'ils veulent, même dicter leur loi à Parlophone… et tombent dans la vulgarité la plus insupportable, comme n'importe quel groupe en manque de ventes allant se prostituer pour connaître enfin ou à nouveau le succès.
Beaucoup de détracteurs de longue date de Coldplay diront que le changement de cap est sensible et réel depuis 'X&Y' et que le groupe de Chris Martin fait dans la mièvrerie et le sentimentalisme à deux balles depuis des lustres. Oui, mais cette mièvrerie et ce sentimentalisme, ils avaient un côté charmant, accolés à des mélodies accrocheuses et quelques hymnes de stades pas vulgaires. Surtout, Coldplay prouvait par quelques élans - cachés - qu'il était encore capable du tout meilleur (splendide Till Kingdom Come à la toute fin de 'X&Y', une de leurs toutes meilleures compositions).
'Mylo Xyloto' est la première vautre de Coldplay. Un disque construit pour les stades (tous ces "Ohohohohohoh" qui parcourent chacune des chansons), à la production affreuse mais aussi au son désagréable et qui rend le tout quasi-inécoutable sur la longueur.
Un album qui massacre chaque début d'un commencement de mélodie sous un océan de putasserie que même le U2 des 10 dernières années n'aurait pas accepté. Ce disque est une erreur de la nature.
Dans dix ans, Chris Martin parlera de 'Mylo Xyloto' et expliquera les raisons qui ont poussé son groupe à sortir une telle horreur.
Il nous dira peut-être qu'à cette époque, Gwyneth Paltrow était à nouveau enceinte et qu'il lui fallait beaucoup, beaucoup, mais alors beaucoup de sucre. Oui Chris, sauf que là, c'est trop. Et la mère Gwyneth, comme nous, elle a passé le stade du plaisir, elle a même passé celui de l'indigestion. Elle est juste dans les toilettes en train de vomir cette bouse. (Sortie: 24 octobre 2011)
Son:
Myspace (Deux chansons de 'Mylo Xyloto' en écoute)
Site officiel
Deux chansons en écoute seulement. Les deux plus écoutables de l'album. La première, Us Against the World, est du Coldplay simple et efficace, où Chris Martin n'en fait pas des caisses et où le groupe pond une charmante mélodie.
La seconde, Up With the Birds, clôt l'album est un bonheur à écouter une fois qu'on vient de se taper les huit chansons succédant à Us Against The World. Grandiloquent mais pas trop. Sympa mais pas top. (malheureusement plus en écoute)
Histoire de se convaincre (à ces deux chansons près) de la nullité crasse de 'Mylo Xyloto' (et que Coldplay ne manque pas de moyens), le clip de Paradise :



