mardi 21 novembre 2023

[Track of The Day] Jerry David DeCicca - New Shadows

Quelqu'un a dit un jour que le saxophone était la pire chose qui soit arrivée au rock'n'roll. Quand bien même, Jerry David DeCicca n'en a cure et en a mis sur son nouvel album, l'intriguant 'New Shadows'. Intriguant parce qu'il prend le contre pied de son disque de 2018, le très beau et apaisant 'Time The Teacher'. Et parce qu'il a un côté « mauvais goût » (totalement assumé) avec des moments cheap au possible et des sonorités datées que Jerry David DeCicca chante d'une voix trainante et pâteuse qui hésite entre le chant et le parlé.

Et pourtant ? Hé bien ça marche. Sans doute trop calme dans l'ensemble pour véritablement emballer totalement (alors que New Shadows, en écoute aujourd'hui, est une sacrée chanson d'ouverture), tout se tient tout de même ici, dans une sorte de mélange entre les moments soft de Dire Straits et les Bob Dylan et Leonard Cohen des années 80, où se côtoient saxophone, trompette - pas des plus vilaines d'ailleurs, trombone, clarinette, synthé et la toute la panoplie liée aux eighties.

Quelqu'un a dit un jour que le saxophone était la pire chose qui soit arrivée au rock'n'roll. Jerry David DeCicca n'est pas de cet avis. Et très franchement, il a plutôt raison.  

Album : New Shadows
Année : 2023
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, New Shadows de Jerry David DeCicca est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'New Shadows' de Jerry David DeCicca, voilà Sing et ses riffs so années 80 : 

Le clip de New Shadows, single de l'album du même nom de Jerry David DeCicca :

vendredi 17 novembre 2023

[Track of The Day] Modern Cosmology - Le Train Ne Passera Pas

Mes amis vous le diront : je vois des sosies partout. Mais attention, c'est moins un talent qu'un toc car dans la majorité des cas il y a plus souvent du « à peu près » que du sosie certifié conforme. Par contre, oui, j'en vois partout.
Mais voyez-vous, cette « maladie » ne s'arrête pas au physique. Elle marche aussi bien au niveau musical (je vous laisse parcourir les innombrables pages de ce blog qui en accumulent un paquet) qu'au niveau de la voix et du phrasé.

Prenez par exemple cet album de Modern Cosmology, groupe que Laetitia Sadier forme avec Mombojó, quintet brésilien avec qui l'ex Stereolab a déjà enregistré en 2017. On y trouve Le Train Ne Passera Pas, seule chanson en français du disque. Hé bien figurez-vous que j'ai beau faire, sur ce titre,  Laetitia Sadier me fait penser à une version féminine de Michel Berger. Cette façon d'articuler, de prononcer les mots, de dérouler ses vers, de faire tomber ses fins de strophe : tout me rappelle l'ancien compositeur français. 
 
Que faire de cette information me direz-vous ? Pas grand chose à dire vrai, c'est tout à fait anecdotique mais cela donne un cachet supplémentaire à ce très beau morceau et ce joli album qui navigue entre pop un peu arty, ambiances psyché et groovy, bossa ronde comme une balle, et sur lequel ronronnent quelques guitares qui aimer prendre leur temps. A l'image de ce disque qui a la tête dans les nuages.
 
Album : What Will You Grow Now?
Année : 2023
Label : Duophonic

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Le Train Ne Passera Pas de Modern Cosmology est également en écoute ci-dessous :
 
 
 
Autre chanson réussie de 'What Will You Grow Now?' de Modern Cosmology, voilà sa chanson titre :


Le clip de What Will You Grow Now? de Modern Cosmology :

mercredi 15 novembre 2023

[Track of The Day] Le collage de France - Autoporté

Il avait promis que la suite arriverait vite. Et il a tenu parole. Après un 'Rue des Boulets Ep' aguicheur et qui donnait envie d'en savoir plus, Rémi Nation (plus connu pour être l'homme derrière Orouni) donne un peu plus de corps à sa nouvelle aventure Le collage de France avec un nouveau single, Autoporté - qu'on peut imaginer sans trop de mal être la première pierre d'un album à venir.

Autoporté qui poursuit - très bien - les premiers travaux de 'Rue des Boulets', avec sa mélodie joliment pop aux faux-airs synth-pop et que chante Cyriane Girouard d'une voix aux atours presque diaphane. Un nouveau single enthousiasmant et plutôt entêtant.

 
Album : -
Année : 2023
Label : Les Disques du Pavillon

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mardi 14 novembre 2023

[Track of The Day] Animal Collective - Stride Rite

Cela fait vingt ans que je crie dans ces pages mon amour pour Animal Collective. De l'importance qu'ils ont eu sur les productions de leur époque et les suivantes. De leurs albums qui sans cesse se renouvelaient. Des idées foisonnantes que Panda Bear, Avey Tare,  Geologist et Deakin apportaient sur chaque disque. Et si les années ont passé, si leur importance et leur aura ont baissé, le constat ne change pas.

Plutôt que de recommencer et de me répéter à nouveau, faisons vite, faisons bien : leur nouvel album 'Isn't It Now?', s'il ne révolutionnera pas de prime abord leur discographie est en réalité une drogue à l’accoutumance. Un disque brillant, extrêmement bien produit, à la première partie très Animal Collective, presque classique (tout de même Soul Capturer, quel morceau d'entrée) mais qui dès Defeat (chanson pivot merveilleuse de 22 minutes) renvoie beaucoup de monde à ses chères études en faisant des pas de côtés, en explorant à nouveaux d'autres territoires et en ravivant plus que jamais leur flamme (Gem & I, All The Clubs Are Broken).

En point d'orgue, on trouve Stride Rite, sublime chanson, sorte de rencontre entre les Beach Boys et les Fleet Foxes, qui démarre sur un simple piano conduit par Deakin, tandis que des cymbales s’époumonent à l'arrière et que les voix se doublent et se complètent tout du long sur une ambiance de plus en plus psychédélique. Sans aucun doute une de leurs meilleures compositions des dix dernières années.

Album : Isn't It Now?
Année : 2023
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Stride Rite d'Animal Collective est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Isn't It Now?' d'Animal Collective, voilà All The Clubs Are Broken

lundi 13 novembre 2023

[Track of The Day] Lewsberg - Communion

Vendredi soir dernier. La fatigue m'étreint sur les coups de 19h. Comme souvent, une petite sieste de pré-soirée s'impose. Parfois, cette sieste se transforme en nuit complète sans que je m'en rende compte, ouvrant alors les yeux vers 5h du matin, requinqué, frais et dispo. Mais pas ce vendredi non. Car ce vendredi, il y a Protomartyr en ville. Et je n'ai pas envie de rater les américains, auteurs avec 'Formal Growth in the Desert' d'un des meilleurs albums de l'année. J'ai encore moins envie de les rater que la soirée s'ouvre par les néerlandais de Lewsberg, groupe vu à de nombreuses reprises déjà sur Lyon (ils doivent avoir un truc avec la ville). Alors je décolle mes paupières une trentaine de minutes après les avoir fermées, et mon cerveau, conscient de l'opportunité qui m'est donné ce soir, rentre dans un âpre combat avec mon corps qui m'ordonne lui de continuer ce que j'ai si bien commencé.

Un coup d'eau sur le visage et un voyage en tram plus tard, nous voilà au Marché Gare, salle dont la reconstruction récente m'épate à chaque fois. Sur les visages de l'assistance et notamment de toutes les connaissances que je croise, les visages sont fatigués, presque fermés, les cernes réelles. L'envie d'être là semble mitigée mais que voulez-vous, le concert est complet et nous avons tous payé notre place. Et puis... et puis miracle.

Tout d'abord, Lewsberg s'avance sur scène. Il est 20h30. L'ambiance est feutrée. Les néerlandais démarrent leur set dans un silence poli, avec leurs chansons qui naviguent entre le Velvet Underground, Lou Reed solo et un rien de Belle & Sebastian des débuts - notamment dès qu'une des filles prend le chant, une des nouveautés de leur dernier album 'Out And About'. Les titres s'enchainent et très vite, on sent le public réceptif aux mélodies de ce quatuor stoïque et presque timide, et encore plus dès qu'il aligne les chansons les plus énergiques de son répertoire, avec en point d'orgue Six Hills, l'excellent single sorti il y a deux ans chez Speedy Wunderground. Une heure plus tard, Lewsberg tire sa révérence en ayant conquis une bonne partie du public avec leurs chansons moins post-punk décharné que par le passé et plus pop/jangle-pop sèche comme une trique mais tout à fait séduisante.

Autre ambiance avec Protomartyr qui en 1h15 va  renverser la table le temps d'un  set mené tambour battant, en alignant les meilleures chansons de 'Formal Growth in the Desert' (notamment en ouverture) et en faisant monter gentiment la pression sous le chant et les cris d'un Joe Casey en grande forme, avant de retourner totalement la salle au milieu du concert, pour ne plus la lâcher.

Après un rappel dantesque, les lumières se rallument, l'ambiance retombe, et les visages ont une toute autre apparence que quelques heures avant. Le plaisir et la puissance que Lewsberg et Protomartyr ont envoyé chacun à leur façon ont remis les pendules à l'heure. Il n'est plus question de bâillement, de grosse fatigue. L'énergie est revenue.

Reste à reprendre une bière, passer au merch acheter le dernier album de Lewsberg, en profiter pour échanger quelques mots avec Arie van Vliet et Michiel Klein (souriant et affable, très loin de l'image sérieuse et fermée qu'il affiche sur scène, ce qui fera dire notamment à mon ami Mathieu « lui, à mon avis, il rit quand il se brûle »), qui confirment donc qu'ils joueront bien (encore décidément !) sur Lyon le 18 décembre prochain à Grrrnd Zero à Vaulx-en-Velin, et que si leur dernier album 'Out And About' sort à nouveau sans label, c'est un vrai choix de leur part, pour être totalement libre. Des dernières paroles qui confirment, au delà de leurs chansons et de leurs mélodies, à quel point ce groupe est à part et qu'il mériterait un succès bien plus grand que celui qui est le sien jusque là.

Sur le trajet du retour, sous un léger crachin, et alors qu'on continue de deviser sur les prestations du soir, qu'on évoque les concerts à venir avant de dévier pour mieux parler des désespérantes saisons footballistiques de nos clubs de cœur respectifs, je me dis qu'à l'heure qu'il est je pourrais être dans mon lit depuis cinq longues heures. Mais qu'au final, la vie n'est pas si mal faite. Et que des vendredis revigorants comme ça valent toutes les siestes du monde.

Album : Out and About
Année : 2023
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Communion de Lewsberg est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'Out and About' de Lewsberg, voilà Out For Milk :