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dimanche 17 mars 2013

[Track of The Day] Radar Brothers - Disappearer

Les années passent, les albums aussi et la musique et l'univers des Radar Brothers (ou Radar Bros, on ne sait plus très bien) restent invariablement les mêmes. Pop, slowcore, alternative rock, plein de guitares langoureuses, leur univers ne change pas.

Et cela leur va bien. 'Eight', comme son nom ne l'indique pas, est leur 7è album. Et avec 'And The Surrounding Mountains', c'est peut-être leur plus réussi. La mélancolie est toujours aussi présente, mais le fait de mettre un peu plus le piano en avant et d'accueillir 3 nouveaux membres (qui tournent habituellement avec le groupe) donne plus d'ampleur à leur musique.

En tout cas, c'est du tout bon, du début à la fin. Bizarrement, j'ai l'impression qu'on va passer à côté de ce 'Eight' comme on passe depuis bien trop longtemps à côté des Radar Brothers. On aura une nouvelle fois bien tort.

Album : Eight
Année : 2013
Label : Merge

Achat



En plus de Disappearer, voilà If We Were Banished, autre chanson de ce délicieux 'Eight', disponible à l'écoute et en téléchargement gratuit, sur le soundcloud des Radar Brothers. (malheureusement plus en écoute)

Pour finir, le clip de House of Mirrors, autre très grande chanson de 'Eight' :




mercredi 1 décembre 2010

[Track of The Day] Radar Brothers - And The Birds

Ils ont beau faire peu ou prou les mêmes albums à chaque fois, les Radar Brothers sont, dans leurs périodes les moins prolifiques en mélodies, au pire charmants. Du genre incapables de sortir un mauvais disque.

Le sixième album du groupe californien, confirme cette thèse. Solide, 'The Illustrated Garden' compte assez de chansons pop et slowcore pour satisfaire n'importe quel mélomane exigeant.

'The Illustrated Garden' aligne de belles compositions, rapidement mémorisables et évidemment reconnaissables entre mille, qui touchent parfois au sublime sur quelques passages (Dear Headlights, And The Birds, Radio) et surtout confirme tout le bien que l'on pensait déjà des Radar Brothers, un des groupes les plus sous-estimés qui soit. 

Album: The Illustrated Garden 
Année: 2010 
Label: Merge

lundi 17 février 2025

[Track of The Day] Jim Putnam - Beautiful Things

Sans jamais avoir annoncé une quelconque séparation, les Radar Bros. (ou Radar Brothers, c'est selon) sont portés disparus depuis 2013 et la sortie de 'Eight', leur septième album, bizarrement mésestimé mais ô combien brillant, comme à chaque fois avec le combo américain.

Quelle ne fut donc pas ma surprise d'apprendre, au détour de la playlist mensuelle toujours aussi indispensable de Ben Laredo, que Jim Putnam, chanteur et leader des Radar Bros. (il est le seul du trio historique de départ à en être encore membre) se lançait enfin en solo, onze ans après un beau disque en duo avec Mickaël Mottet (plus connu sous le nom d'Angil, d'Angil and the Hiddentracks), déjà chez We Are Unique Records.

« Déjà » car c'est sur le label toulousain que ce premier album de Jim Putnam verra le jour. Un disque prévu pour le 28 mars prochain, qui ne devrait voir le jour qu'en digital (malheureusement), qui n'a pas encore de nom à l'heure qu'il est mais qui s'annonce par un somptueux Beautiful Things (en écoute aujourd'hui), slowcore empreint de nostalgie et de mélancolie, à la production ample, à l'orchestration foisonnante, où la voix de Jim Putnam est invariablement superbe, et qui n'est pas sans rappeler, évidemment, son groupe de toujours. Sans doute l'album le plus attendu de ce premier semestre chez moi.

Album : tba
Année : 2025
Label : We Are Unique Records

Acheter


En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Beautiful Things de Jim Putnam est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 30-11


Deuxième et avant dernière partie de ce bilan de l'année 2013. Après les « Compilations, 45 tours et autres Ep » (à découvrir et écouter là), après le Top 50 « Chansons » (à découvrir et écouter là) et les albums classés de 50 à 31 (à découvrir et écouter là), voilà donc la suite : les albums classés de la 30è à la 1ère place.

Mais comme le veut la tradition, quelques autres liens pour aller fureter ici et là quelques belles découvertes :
Le Rewind 2013 chez Starsky

Et maintenant, plongeons nous donc dans cette 2è partie des « Albums qui ont fait mon année 2013, 2è partie ». Avec du joli monde à mes yeux, de ces anglais fans de vieux films à cette française qui devrait faire la une des magazines en passant par de vieux routiers qui font toujours le même album mais avec quelle classe, un échappé des CunninLynguists, un groupe mythique et des français psychédélique. Tout est donc ci-dessous et tout en bas du papier, comme à chaque fois, un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés.

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



30. Public Service Broadcasting - Inform - Educate - Entertain [Public Service Broadcasting] 
Album fourre-tout (la pop y cotoie le math-rock, le krautrock le post punk, le bango ou les synthés les guitares les plus précises) mais d'une très grande unité, plein de samples aux charmes aussi immédiats que désuets (tirés des archives du British Film Institute) et bourrés de mélodies, 'Inform - Educate - Entertain' de Public Service Broadcasting est sans conteste la très belle découverte de 2013.

29. Deafheaven - Sunbather [Deathwish Inc.]
Entre post-rock, guitares shoegaze et black metal, 'Sunbather' de Deafheaven (tout un programme !) aura été le groupe le plus bruyant de mon année 2013. Solide et très bien pensé, n'oubliant jamais les mélodies dans ses morceaux (The Pecan Tree), 'Sunbather' est un disque à l'énergie implacable.

28. Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat]
Forcément, il fallait que celui-ci y soit. Parce que c'est le premier LP de la jeune histoire de Without My Hat Records. Parce l'objet est splendide (4 faces imprimées, avec un volet). Mais surtout parce que Mondrian pond là une collection de chansons pop intemporelles, dont il est difficile de faire sortir un titre en particulier (They Don't Dance Much in Idaho quand même). 

27. Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]
A quoi bon changer une formule quand celle-ci est efficace ? Les italiens d'Action Dead Mouse, déjà encensés en fin d'année dans ces pages, continuent leur math-rock de chemin avec un 'ä' avec plein de guitares, de ruptures de rythmes et de changements de directions impromptus. Brillant.



26. Natti - Still Motion [APOS Music]
Dernier des trois CunninLynguists à se lancer en solo, Natti en impose avec ce premier album, 'Still Motion'. Alternant morceaux lascifs et titres percutants aux punchlines bien senties, aussi bien influencé par la black music que le jazz ou la pop, Natti n'oublie jamais de mettre au centre de tout les mélodies. 


25. Grant Hart - The Argument [Domino]
Copieux album (20 chansons pour 1h15 de musique), 'The Argument' est le 4è album de Grant Hart en 25 ans ! Découvert pour ma part cette année, cet ancien Hüsker Dü (je n'en savais rien) a composé là un disque de rock et de pop totalement habité. Un disque qui s'écoute d'une traite avec un plaisir non-feint. Et cette voix qui rappelle le David Bowie des 70s n'y est pas étrangère.

24. The Men - New Moon [Sacred Bones]
S'éloignant du rock bruitiste et noisy de ses premiers essais, The Men sur 'New Moon' partent dans un mode entre blues et psychédélique, même s'ils retrouvent l'urgence et la nervosité des chansons qui ont fait leur reconnaissance sur la deuxième partie de l'album. Prêt à mettre quelques billets sur une trajectoire à la Black Keys qui leur irait bien au teint. 


23. Boards of Canada - Tomorrow's Harvest [Warp]
Un des évènements musicaux de l'année a sans conteste été le retour des patrons de la musique électronique, Boards of Canada. 'Tomorrow's Harvest' (leur premier album depuis 2006) est d'une beauté incroyable, plein de couches, de textures et de lumières dont les écoutes successives s'avèrent plus riches à chaque fois.


22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
Disque court mais coquin en forme de rédemption pour Adam Green qui s'auto-parodiait depuis de trop nombreux albums. Le duo entre le new-yorkais et l'anglaise Binki Shapiro marche totalement, dans une sorte de version revisitée des célèbres Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Version qui a de l'avenir.


21. Califone - Stitches [Dead Ocean]
Depuis leur magnifique 'Quicksand/Cradlesnakes' en 2003, j'ai bizarrement suivi de très loin les aventures discographiques des américains de Califone. Retomber nez à nez avec eux m'aura fait comprendre : 1) mon erreur 2) que les mélodies tuantes, ils connaissent toujours 3) que l'americana (mais pas que) qui traverse tout 'Stitches' est à tomber. 


20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
Moins sous le feu des projecteurs de leurs compatriotes Aline, Granville et autres La Femme, The Limiñanas est pourtant un groupe plus qu'à suivre. Originaire de Perpignan, chantant en français, The Limiñanas est signé chez Trouble In Mind, rien que ça ! Leur nouvel album 'Costa Blanc' est la rencontre du psychédélisme et une inspiration toute gainsbourienne. Petit bijou.

19. Moonface - Julia With Blue Jeans On [Jagjaguwar]
Spencer Krug doit être l'artiste le plus prolifique sur les 10 dernières années. Dernier album en date, 'Julia With Blue Jeans On', deuxième sortie sous le nom Moonface. Piano/voix tout du long, chant sublime, piano très en avant et mélodie à tomber.



18. Nick Cave and the Bad Seeds - Push The Sky Away [Bad Seed]
Les années passent et elles ne semblent pas avoir d'emprise ni sur Nick Cave, ni sur ses Bad Seeds. 'Push The Sky Away', dernier album (studio) en date va titiller les meilleurs disques de sa discographie. La faute à des chansons sublimes, une cohérence tout du long et deux titres majestueux : Mermaids et Jubilee Street.


17. Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]
Au contraire de groupes dans la même veine (The Decemberists, Iron & Wine), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. Fort d'un début d'album parfait, 'The Silver Gymnasium'  déroule un folk-rock aussi épique que délicat, comme à leurs plus grandes heures.


16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]
Sortie du giron de son frangin plus enclin aux expérimentations en tout genre, Eleanor Friedberger aura donné en 2013 au petit frère du déjà très réussi 'Last Summer' en 2011. Un disque qui prouve une fois de plus qu'elle a la pop dans le sens, des mélodies incroyables dans tous les doigts, et qu'elle est capable des tubes qu'il serait bon de fredonner à tue tête plus souvent qu'à notre tour. 

15. Poni Hoax - A State of War [Pan European Recording]
En continuant de puiser ses principales influences dans les années 80, les Poni Hoax auront sorti en 2013 leur troisième album, celui où les guitares sont les plus dansantes, les claviers les plus mélodiques, assez loin finalement des sonorités froides (mais pas désagréables pour autant) de leur précédents livraison. Jouissif.


14. Shannon Wright - In Film Sound [Vicious Circle]
Shannon Wright continue sa belle discographie avec 'In Film Sound', très bel album nerveux où les guitares sont plus que présentes et la furia sombre de l'américaine font merveille. Un jour, on se rendra compte de son talent incroyable. Un jour...



13. San Fermin - st [Downtown]
Groupe new-yorkais dont le leader est un grand fan du 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, San Fermin fait dans la pop à la ... Sufjan Stevens. Cet album n'a évidemment pas la consistance du chef d’œuvre des années 2000, mais est d'une grande beauté, avec arrangements aux petits oignons, plages de respirations et voix profonde, mix entre celle de Matt Berninger (The National) et Dan Michaelson (Absentee). Ces jeunes gens iront loin.

12. Mélanie Pain - Bye Bye Manchester [Yotanka]
De façon très surprenante, Mélanie Pain ne connait pas les unes des magazines. Et pourtant, le talent de cet ex-Nouvelle Vague. Son premier album était 'My Name' en 2009 était déjà une très belle réussite. Et son 'Bye Bye Manchester' est du même acabit, pop aux atours rétro, alternant français et anglais, avec sa voix coquine et conviant pour l'occasion des artistes aimés de ces pages (Florent Marchet, Ed Harcourt). Belle confirmation. 

11. Radar Brothers - Eight [Merge]
Guitares langoureuses, pop, slowcore, alternative rock : ce n'est pas avec leur 7è album (quoiqu'en dise son titre) que les Radar Brothers vont changer leur fusil d'épaule. La seule différence est peut-être un piano plus présent et une ampleur plus grande de l'ensemble. Sinon ? Leur meilleur album depuis 'And The Surrounding Mountains', autre chef d'oeuvre.


Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'


Comme promis, voilà donc un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus. Du numéro 30 au numéro 11. Bonne(s) écoute(s) !



jeudi 14 décembre 2017

[Track of The Day] Beach Youth - Diary

Il y a eu l’époque des groupes en « The ». Et il y a désormais les groupes en « Beach » : Beach House, Beach Fossils, Menace Beach, Beach Baby, Beach Beach, j’en passe et des meilleurs. Et désormais… Beach Youth.

Eux, ils sont caennais, sont quatre et ont la pop à guitare dans la peau. Dans une veine à la Aline voire à la Granville, les Beach Youth chantent pour le coup eux en anglais. Un chant plutôt assuré d’ailleurs, pas trop « français » (la voix pas tant mis en avant que cela jouant aussi).

‘Singles’ est leur premier Ep qui regroupe, ô hasard, leurs premières chansons. Elles sont au nombre de 5 (une sixième, Waves, se trouve sur la version vinyle) et si tout ne me convainc pas totalement, tout ceci est prometteur.

A retenir Days, chanson à faire gigoter les pieds plus que de raisons, mais surtout Diary, titre qui ferme ce ‘Singles Ep’. Une chanson, de loin la plus longue des cinq, rappelant les Radar Brothers sur son introduction, prouvant que cette jeunesse plagiste pourrait faire son trou.

Album : Singles Ep
Année : 2017
Label : Beau Travail


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Diary de Beach Youth est en écoute ci-dessous :



Autre titre de ce ‘Singles Ep’ de Beach Youth, Days :



Le clip de Diary de Beach Youth :



jeudi 2 décembre 2010

[Track of The Day] 1973 - Queens

Cette semaine est définitivement ancrée dans le monde de la pop et du folk (comme souvent me direz vous). Après Iron & Wine et les Radar Brothers, faites place à Queens, nouvelle chanson des 1973, trio parisien qui a confirmé cette année tout le bien qu'on pensait d'eux avec leur premier disque 'Bye Bye Cellphone'.

Queens est à l'image de leur album: une belle composition avec une chouette mélodie pour jolis chœurs. Plus qu'une face-b, cette chanson est aussi une bonne occasion de reparler des 1973, groupe charmant, aussi bien sur disque que sur scène. 

Album: - 
Année: 2010 
Label: Blonde Music

Vous pouvez télécharger Queens gratuitement et légalement en devenant fan de la page officielle des 1973. Cliquez ici!

samedi 19 juillet 2008

[Oldies] Nick Lowe – Jesus of Cool (1978)

Après quelques semaines infernales qui m’ont laissé dans l’incapacité totale d’écrire une chronique (en plus) tous les sept jours pour (re)présenter dans ces pages un album oublié (ou non), je réactive la partie ‘Oldies’ de ce blog, qui justement commençait à se faire un peu vieille.

Histoire de repartir du bon pied, mettons en avant un disque qui 1) fête ses trente ans 2) vient d’être superbement réédité et 3) est une sacré découverte de ce premier semestre 2008 : ‘Jesus of Cool’ de Nick Lowe. Un artiste qui ne connaîtra la «gloire» que très tardivement, au début des années 90, grâce au succès d’un film sirupeux à souhait, Bodyguard, dont le morceau (What’s So Funny ‘bout) Peace, Love and Understanding, composé dans les années 60, fut repris par Curtis Stigers et inséré dans la bande-originale (soit dit en passant la plus vendue de l’histoire).

Mais avant d’être l’ami indirect de Whitney Houston et de Kevin Costner, Nick Lowe est avant tout un artiste pop par excellence, un homme qui se cache derrière certains des grands disques de ces 35 dernières années (dont celui-ci).

Né en 1949 à Walton-on-Thames, fils d’un officier de la British Royal Air Force, l’Anglais développe très vite une passion et un intérêt grandissant pour la musique avec son ami de toujours, le guitariste Brinsley Schwarz. Ces deux là monteront bon nombre de groupes, dont le plus «célèbre» reste Kippington Lodge, un band très pop à guitare, qui dégotera un joli contrat avec Parlophone en 1966, donnant naissance à cinq singles depuis longtemps passés aux oubliettes de l’histoire de la musique.

Trois ans plus tard, en 1969, les Kippington Lodge changent de nom et deviennent les Brinsley Schwarz, pondent une musique mêlant Crosby, Stills & Nash et The Grateful Dead et signent un contrat chez United Artists. Ratant le succès d’un rien, et au lieu de s’appesantir sur cet échec, les Brinsley Schwarz relativisent, retournent aux racines et se mettent à jouer, énormément, dans les pubs, avec une envie et besoin, et sans aucune pression aucune. En initiant ce mouvement, les Brinsley Schwarz ne le savent pas encore mais ils viennent de créer une caisse de résonance incroyable à un mouvement qui frétille en Grande Bretagne : le punk.

En 1976, toujours sous contrat avec United Artists, et alors que l’on vient de prononcer la mort des Brinsley Schwarz, Nick Lowe décide de quitter la massive structure pour rejoindre Stiff Records, un tout nouveau label indépendant. Las, UA lui met rapidement des bâtons dans les roues, ne le libère pas de son contrat et l’oblige à sortir de nouveaux singles. Vu que notre homme n’est pas le dernier des plaisantins, il s’amuse alors à sortir des disques improbables, espérant se faire virer sans ménagement. Mais quand il enregistre, sous le nom de Tartan Horde un single débile, niais et infantilisant au possible (il faut écouter les paroles pour le croire !) Bay City Rollers We Love You, le titre devient un tube au … Japon ! Et ce n’est qu’en sortant Let’s Go To The Disco sous le nom The Disco Brothers, que Nick Lowe se fait jeter d’UA et part signer dans la foulée chez Stiff Records et y enregistrer, pour une poignée de pounds, ce que certains considèrent être le premier single punk de l’histoire anglaise : So It Goes couplé avec Heart of the City.

Et c’est paradoxal. Car, bien que très porté vers la pop, Lowe se tourne donc franchement vers ce mouvement naissant. Et en devient un des pères. Il produit ainsi le premier album des Damned, ‘Damned Damned Damned’ (et premier album punk anglais de l’histoire), puis les quatre premiers disques d’Elvis Costello (dont le brillantissime ‘This Year’s Model’). Rien que ça.

Il retourne ensuite vers la pop via ‘The Bowi Ep’, blague potache «en réponse» au ‘Low’ de David Bowie, sorti quelques moins plus tôt. En 1978, alors qu’il vient de signer chez Radar Records, il sort enfin son premier album solo, ‘Jesus of Cool’. Dès la réception du disque, toutes les critiques sont unanimes : c’est un chef d’œuvre. Qui ne trouvera pourtant jamais vraiment son public, aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis (où le disque sortira sous le nom de ‘Pure Pop For Now People’, avec un tracklisting et une pochette différent). Et pourtant, il a tout plaire.

Car dans ce ‘Jesus of Cool’, il y en a pour tous les goûts : du punk (Heart of The City, voir plus bas), du glam (Tonight, où plane l’ombre de David Bowie, voir plus bas-bis), beaucoup de pop (I Love The Sound of Breaking Glass, son premier top 10 hit single, voir plus bas-ter, ou Marie Provost, aux sonorités Beach Boys-ienne), du rock à la manière des pionniers (Shake and Pop), un brin de ska/reggae (No Reason), et même presque du disco sur Nutted by Reality. Bref, un album hétéroclite mais à l’homogénéité surprenante. Car tout se tient et tout s’enchaîne sans choquer. Tout coule. Nick Lowe est un mélodiste de talent, un producteur hors-pair et cela se ressent à l’écoute de ce ‘Jesus of Cool’.

Que deviendra t-il après ce disque là ? Il en sortira d’autres bien sûr, mais ils frapperont beaucoup moins les esprits et auront encore moins de succès. Parallèlement, il en profitera pour produire le premier single des Pretenders, Stop Your Sobbing, épouser Carlene Carter (la belle-fille de Johnny Cash), tomber dans l’alcool, s’en sortir, produire à nouveau Costello, et voir les millions s’accumuler sur son compte en banque grâce à Kevin Costner.

Depuis cette période, il vit tranquillement, sortant des disques quand bon lui semble et dans le style qui lui plaît. De toutes façons, tout ce qu’il pourra enregistrer n’arrivera jamais à la cheville de ce bijou de pop, de rock et de glam qu’est ‘Jesus of Cool’. Un album brillant, trop peu connu pour être honnête, qui fête aujourd’hui ses 30 ans, de la part d’un pop-man génial, à la trajectoire musicale fluctuante et à l’importance indéniable.

Première sortie: Mars 1978 [Radar]
Réédition: Février 2008 [Yep Roc] (à noter que la réédition est accompagnée de 10 titres bonus de grande qualité et qui prolongent bien l'écoute de l'album original)


Son :
Myspace
Myspace bis
Site officiel

Et comme, même après des semaines d’absence, je ne perds pas mes bonnes vieilles habitudes, voilà trois titres en écoutes : le très pop I Love The Sound of Breaking Glass, le glam Tonight et le punk Heart of the City (dans sa version live). Histoire d’apprécier toute la palette (immense) du talent de Nick Lowe :