Direction les Pays-Bas et Amsterdam aujourd'hui avec Personal Trainer et son nouvel album, 'Human Assholes' (la pochette est à l'avenant) - le troisième pour être précis, prouvant par la même que s'il est une découverte, Willem Smit, l'homme derrière ce projet, n'est en rien un nouveau venu. Un disque qui alterne indie-pop (surtout) et indie-rock, qu'ils soient des années 90 comme des années 2000/2010 et rappelle autant Eels, Grandaddy, moins Pavement que Stephen Malkmus, ainsi que toute une tripotée de groupes qui aiment la pop soignée et joliment ouvragée.
Assez banal de prime abord, 'Human Assholes' se révèle finalement - et assez vite - tout à fait charmant, peu exempt qu'il est de belles mélodies bien travaillées, souvent traversées par une jolie mélancolie (superbe Barely Guillaume). Et si l'on regrettera qu'il se traîne un peu en longueur, on saluera avant tout la qualité de cet album de Personal Trainer et de bon nombre de compositions, à commencer par Bone (en écoute aujourd'hui), très belle chanson qui, dans sa deuxième partie, n'est pas sans rappeler une esthétique propre à dEUS.
Album : Human Assholes Année : 2026 Label : Bella Union
On avait quitté 'Silence Is Loud' avec une Nia Archives photographiée en gros plan, pleine face, avec comme un début de grimace sur le visage, la bouche ouverte sur une dent en or, une autre aux motifs de l'Union Jack et un piercing au nez au premier plan. Et on la retrouve dix-huit mois plus tard sur la pochette de son deuxième album 'Emotional Junglist', couchée à l'intérieur d'un canapé, comme tentant de se protéger dont ne sait quoi avec les coussins du sofa, les yeux dans le vague, les cheveux noirs de jais et lissés, avec pour seuls bijoux des bagues moins clinquantes que fantaisies.
Que s'est-il passé entre ces deux pochettes ? L'amour, évidemment, le thème le plus central de l'histoire de la musique (et de la vie en général d’ailleurs). Sur 'Emotional Junglist', Nia Archives y raconte un coup de coeur, l'euphorie des débuts, la construction d'une histoire, puis, forcément, la rupture, les tourments et la tristesse qui vont avec, avant de parvenir à faire le deuil de cette relation, de vouloir de rebondir et de s'extraire de cette situation.
Est-ce tout ceci qui explique que la jeune anglaise, si elle se nourrit toujours autant de jungle, s'ouvre plus à d'autres styles et leur donne une place de choix ? Sans doute. Car ce deuxième album a beaucoup de pop et d'indie-rock en son sein et sans doute moins de beats furieux que par le passé. A nouveau produit en grande partie par Ethan P. Flynn, 'Emotional Junglist' est un disque qui, s'il ne manque pas de morceaux nerveux, enflammés et dansant (surtout dans une première partie, remarquable par ailleurs), est plus apaisé que par le passé sans pour autant tomber dans un sentimentalisme ou une mélancolie facile qu'auraient pu lui dicter son thème général. Et si l'on regrettera que l'album se perde un peu en longueur, voire se répète parfois, il a assez de bonnes chansons pour ne pas faire la fine bouche. Comme This Could Be... (en écoute aujourd'hui), morceau pop que Nia Archives chante merveilleusement bien et dont les nappes du refrains me font invariablement penser aux Cure.
Album : Emotional Junglist Année : 2026 Label : Island Records
A chaque début de septembre son concert de rentrée. Pour 2026, le titre revient aux new-yorkais de TVOD (pour Television Overdose) venus présenter sur la scène du Sonic leur deuxième album 'The Farm', prévu pour début octobre. Un sextet tout foufou, souriant, enthousiaste et à l'énergie communicative, au punk et post-punk efficaces, joués dans une cale surchauffée autant par l'ambiance que par l'ultime soirée de la sixième canicule lyonnaise de l'été (ce qui fera dire au leader du groupe Tyler Wright « you don't know AC in France ? » alors que le groupe transpirait sur scène et que la climatisation suait à grosses gouttes au milieu de la salle).
Au programme de ce set court (quarante minutes, rappel compris) de TVOD, beaucoup de générosité, de super moments (Party Time de leur premier album) et, évidemment, quelques singles de ce 'The Farm' à venir dont Bottomless Pit (en écoute aujourd'hui), punk brut et bruyant, et Meetings, plus post-punk dans l'âme. Deux chansons qui ne réinventent ni le rock, ni le punk, ni le post-punk, mais qui le font bien, de la part d'un groupe à suivre et qui était sans doute le parfait candidat pour lancer comme il se doit cette saison musicale 2026-2027 entre Rhône et Saône. Album : The Farm Année : 2026 Label : Mothland / Get Better Records
Sans aucun lien avec des londoniens de Pynch, pyncher est également un quatuor, lui aussi anglais mais originaire de Manchester. Un groupe à la discographie famélique jusque là (un seul album au compteur, publié l'an passé) mais dont la dernière sortie en date, 'I Really Mean It This Time Ep', mérite qu'on leur accorde un intérêt plus que certain. La faute notamment à One Day (en écoute aujourd'hui), chanson d'ouverture de l'EP et qui fait montre d'un vrai talent chez pyncher pour composer des titres accrocheurs, endiablés et auxquels il est difficile de résister. Car One Day, sa nervosité, ses riffs tendus, son énergie et sa mélodie efficace en bandoulière, est de cet acabit. Pour tout dire, je suis à deux doigts de qualifier cette chanson de tube. Allez, oublions les deux doigts : One Day EST un tube.
Album : I Really Mean It This Time Ep Année : 2026 Label : Heist or Hit
De Ned Collette, je me souviens de la première écoute de 'Old Chestnut', son album de 2018. Un long voyage folk, bouleversant, renversant et hypnotisant. Un choc beau et puissant et la révélation de cette année là (deuxième de mon bilan 2018, ce qui est tout à fait anecdotique j'en conviens mais qui à mes oreilles veut dire quelque chose).
Huit ans et un album en 2024 (le bien joli 'Our Other History') plus tard, l'australien est de retour avec 'Mixed Light', un disque qui porte bien son nom tant il brille de différents feux. Et qui saute d'état en état avec une facilité confondante, aidé parfois par quelques interludes de passages. D'un socle contemporary et progressive folk (Bonnie Prince Billy est même de la partie le temps du court In the Kitchen) proposant quelques petites merveilles du genre (Sleep Song à la basse à tomber, Curious Thing), qui s'égare même le temps d'un magnifique Mammon dans l'acid-folk, Ned Collette ajoute à son œuvre quelques essences de jazz subtiles et parfois étourdissantes (le superbe Paper Night et sa seconde partie délicieusement psyché) un peu d'indie-pop aux contours eighties (sublime Commandeered Parade) voire ivres (The Light Is Growing Old), et termine son aventure par un beau et contemplatif Miami Shadows.
Mais l'acmé de ce très bel album est à trouver sur Nothing Rare (en écoute aujourd'hui), longue chanson de plus de cinq minutes de pop comme de guingois qui se pare peu à peu de shoegaze nerveux et bruyant. De la belle ouvrage pour le berlinois d'adoption. Une nouvelle fois. Une énième fois.
Quand on ne le confond pas avec le Kansas voisin, lorsque l'on évoque à l'état de l'Oklahoma et à sa capitale Oklahoma City, on pense inévitablement aux tornades (152 en 2024 !), à l'attentat de 1995 de Timothy McVeigh, ou, pour peu que l'on s'intéresse au basket en général et à la NBA en particulier, Shai Gilgeous-Alexander, Sam Presti ou Mark Daigneault, héros du premier titre de la jeune franchise du Thunder contre de bien malchanceux Pacers en 2025. Et c'est à peu près tout. Je ne sais pas si Chat Pile arrivera à être une référence de leur ville ou de leur état, mais autant vous dire qu'ils sont sans conteste la meilleure chose qui soit arrivée à l'Oklahoma depuis bien longtemps.
Découvert tout début 2025 par la grâce de bilans de fin d'année qui n'avaient d'oreilles que pour leur second album 'Cool World', j'avais pris une claque énorme, semblable à celle de 'Ordinary Corrupt Human' de Deafheaven et de son sensationnel Canary Yellow. Deux ans plus tard, Chat Pile est de retour avec 'Who Loves The Sun' - titre tout aussi ironique que son prédécesseur. Et la baffe est encore bien plus violente.
Je ne suis sans doute pas le plus à même pour parler de ce type d'album tant le métal (dans son acception la plus large) n'est pas mon cœur d'écoutes, mais 'Who Loves The Sun' est un disque absolument extraordinaire, d'où s'échappent une rage, une puissance, une noirceur, une profondeur, un désespoir voire un dégoût absolument fous. Extrêmement bien produit, menant grand train entre sludge metal, post-hardcore, noise rock et grunge, prenant son temps dans un slowcore hurlant (sensationnel Same Rules qui rappelle leur album collaboratif de l'an passé avec Hayden Pedigo), terminant même par une sorte de folk sous tension et faussement apaisé (October All the Time), qui gutture autant qu'il chante, le tout construit sur des mélodies et des petits hooks tuants (Intruder), des attaques de guitares imparables et une basse profonde incroyable, ce disque de Chat Pile est renversant du début à la fin.
Je ne sais pas ce qu'en pensent les puristes du genre mais arriver à publier un album aussi ambitieux, retors tant il vous emmène dans un sens pour mieux pour faire repartir dans l'autre et bien loin de l'étiquette métal qu'il serait facile de leur accoler, n'est pas donné à tout le monde. Surtout lorsque l'on sort d'un disque comme 'Cool World'. La marche était haute et Chat Pile a pourtant réussi à la passer. Nul doute qu'en fin d'année, 'Who Loves The Sun' récoltera des lauriers bien mérités. (Sortie : 4 septembre 2026)
Trois chansons de 'Who Loves The Sun' de Chat Pile en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, débutons par le meilleur morceau de l'album, Intruder(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Enchainons par l'incroyable Same Rules. Avant de clôturer notre affaire par le faussement apaisé October All the Time :
Deux clips tirés de 'Who Loves The Sun' de Chat Pile, ceux de Shrine et de Same Rules :
Si mes souvenirs d'adolescents me remontent une critique dithyrambique de leur 'Hollywood Town Hall' dans Rock&Folk - disque que je n'avais pourtant pas acheté (10 francs d'argent de poche hebdomadaire obligeaient à faire des choix), ma vraie rencontre avec The Jayhawks date de leur 'Rainy Day Music', disque majeur de mon année 2003, et pas uniquement pour Save It For A Rainy Day. A l'époque, le groupe de Minneapolis avait déjà vingt ans de carrière dans les pattes. En 2026, il en a vingt-trois de plus - et des changements de line-up nombreux dont je vous fais grâce.
Pourtant, à l'écoute de 'Sanctuary Park' leur tout nouveau et tout frais nouvel album, cela ne s'entend pas. Loin d'être mémorable, ce disque reste tout à fait charmant. Les harmonies vocales sont belles, les mélodies joliment troussées, et Bob Erzin, derrière la console, met tout cela en boite sans flonflon, avec doigté. Du pur easy-listening pop, qui tend certes parfois vers un rock à la grand-papa (mais plutôt bien fait), entre éclats lumineux de pop (superbe Keeping Our Heads Above Water en ouverture et en écoute aujourd'hui), americana chiadée (pas avares de bons riffs longs en bouche) et country-folk de bon aloi. Rien de bouleversant mais ce 'Sanctuary Park' est un disque élégant de The Jayhawks et qui sied bien aux matinées compliquées pleines et de cerveaux embrumés.
Album : Sanctuary Park Année : 2026 Label : Sham / Thirty Tigers
S'il y a quelque chose que je n'avais pas dans mon bingo 2026, c'est bien le retour de The Olivia Tremor Control. Groupe mythique, à la discographie courte mais immense, matrice de Neutral Milk Hotel et tête de proue avec Apples In Stereo du génial et si indé label Elephant 6 (que je croyais lui aussi mort et enterré), il avait cessé, à quelques rares singles près, toute activité depuis belle lurette (plus de vingt ans). Il faut dire que les décès de deux des piliers et accessoirement voix principales du groupe (Bill Doss brutalement en 2012, Will Cullen Hart en 2024) n'avait pas aidé.
Pour autant, les membres restants avaient envie de donner une vraie fin à l'aventure de The Olivia Tremor Control. Pour dire au revoir aux fans et adieu à leurs potes décédés. Et eux donc de finaliser le troisième album du groupe, disque dont la genèse remonte au tournant des années 2010, quand la bande d'Athens (en Georgie) s'était remise de ses disputes intestines et avait commencé à retravailler et à enregistrer ensemble. A l'époque, beaucoup de choses avaient été mises sur bandes (Will Cullen Hart parlait même de trois faces enregistrées mais à retravailler) mais la mort soudaine de Bill Doss avait mis un clou quasi définitif dans le cercueil du projet comme du groupe.
Ce fameux troisième album va donc voir le jour le 23 octobre prochain. Il sortira sous le nom de 'The Same Place', sera habillé d'une pochette qui rappelle par bien des aspects leur grand œuvre 'Music from the Unrealized Film Script: Dusk at Cubist Castle' et s'annonce par Advice from the Oceans (en écoute aujourd'hui), un premier single de toute beauté et touchant au possible (Will Cullent Hart est au chant, Bill Doss en support et pas loin derrière), qui transpire de pureté et de tendresse. Ce disque final et testament donc promet beaucoup. On ne mesure pas la chance, en 2026, de pouvoir enfin mettre l'oreille sur de nouvelles compositions de The Olivia Tremor Control, au complet. Merci aux survivants et à Elephant 6 d'avoir su faire ce travail de mémoire jusqu'au bout. Il est essentiel.
Album : The Same Place Année : 2026 Label : The Elephant 6 Recording Co.
Découvert grâce à Ben (dont les playlists mensuelles sont toujours indispensables) qui venait de la croiser en première partie du concert que les anglais de Brown Horse donnaient à l'Union Pool de New-York, faisons place aujourd'hui à l'américaine Jackie West, à son deuxième album 'Silent Century' sorti en février dernier, et surtout à Offer (en écoute aujourd'hui), le premier single extrait de celui-ci en août 2025. Et autant vous dire que cela relève de la gageure car il dure 9'31" - plutôt osé à une époque où le public ne rêve que de formats toujours plus courts.
Offer fait donc près de dix minutes. Une longue balade folk aux éclats rock où Jackie West tantôt parle, tantôt chante, pendant que ses doigts
divaguent sur des cordes de guitare, et que basse et batterie,
toutes deux métronomes, tiennent le cap et le tempo avec pas mal de groove. Chanson superbe, enregistrée en une prise, hypnotique, presque épique et pleine de langueur, qui ferme de la plus belle des manières 'Silent Century', joli album qui prend de l'épaisseur à chaque nouvelle écoute et dont les aspérités sont vraiment à découvrir.
Album : Silent Century Année : 2026 Label : Ruination Record Co.
Nous sommes le 1er septembre 2026 et la chanson du jour sortira sur un album de... 2027. Je sais, c'est très tôt, même assez ridicule dans l'idée, surtout quand on sait toutes les chansons et disques dont j'ai envie de parler et aux chroniques desquels je dois m'atteler depuis des semaines. Oui mais voilà, ce Falling des écossais de The Spook School est tellement emballant que je ne pouvais pas attendre plus longtemps pour en parler.
Il s'agit là du premier extrait du quatrième album de The Spook School à venir officiellement le 29 janvier prochain (date de la sortie physique du disque, la version digitale est prévue pour novembre), soit quasiment neuf ans jour pour jour après le précédent - ce qui est dans l'industrie musicale actuelle équivaut à environ deux siècles et demi. Pourquoi tant de temps ? Parce que (je l'apprends) le quatuor s'était séparé en 2019 et vient de décider de se reformer. Et autant vous dire qu'il n'est pas là pour faire de la figuration. En tout cas à en croire, donc, Falling (en écoute aujourd'hui), chanson qui en 2'39" fonce tête baissée, droit au but, plein d'une énergie pop-punk folle aussi implacable qu'imparable.
Album : Like A Heartbeat Année : 2027 Label : Alcopop! Records / Slumberland Records
En 2006, Hot Chip chantait « Hot Chip will break your legs, snap off your head » sur la chanson titre de 'The Warning', leur deuxième album. Des mots en forme de menace, pourtant bien peu utiles vu la qualité de leurs compositions, leur capacité à faire danser les foules, leur lap-top pop mélodique, symbolisée par Over and Over, clé de voute du disque et tube immense parmi les tubes immenses - et qui n'a pas pris une ride.
Vingt ans plus tard, Hot Chip existe toujours mais c'est Alexis Taylor, un de ses leaders, dont on parle actuellement le plus. La faute à 'Paris in the Spring', son nouvel album solo publié à l'orée du printemps dernier, sans doute pas mémorable pour un sou mais qui a ses moments. Et comme notre homme a de la suite dans les idées, il s’apprête à sortir un 12" de remixes d'un tout nouveau single, Time (en écoute aujourd'hui), chanson enregistrée avec la DJ américaine The Blessed Madonna et le producteur argentin Pat Alvarez. Un morceau superbe entre synth-pop et indietronica, mélancolique et dansant, mélodieux et lascif, au refrain répétitif entêtant, qui a beaucoup de Hot Chip en lui, et pas uniquement à cause de la voix d'Alexis Taylor - qui fait ici merveille, elle qui ne semble pas avoir bougé d'un iota en deux décennies.
Album : Time (Remixes) 12" Année : 2026 Label : Night Time Stories
Derrière le nom à consonance néerlandaise de Lande Hekt (en réalité, sa famille a des origines allemandes) se cache une jeune anglaise d'Exeter, ancienne chanteuse de Muncie Girls, qui a publié en tout début d'année 'Lucky Now'. Son troisième album solo - le premier pour Tapete Records, très réussi d'ailleurs, plein qu'il est de jangle/indie/twee-pop lorgnant vers l'indie-rock sacrément bien menée, troussée et enlevé, qui ne manque pas de belles chansons. Un disque que Lande Hekt va prochainement compléter avec 'Threadbare Ep', un quatre titres dans la même lignée, en tout cas à en croire le premier single Circles (en écoute aujourd'hui), remarquable chanson qui, bien que plus nerveuse, aurait mérité une place de choix sur 'Lucky Now'.
Et à quelle date est prévue la sortie de 'Threadbare Ep' ? Le vendredi 25 septembre prochain. Soit le lendemain du concert de Lande Hekt au Hasard Ludique, où elle ouvrira d'ailleurs le Paris PopFest 2026. La huitième édition pour le festival de pop parisien, toujours à taille humaine, toujours à prix mini (20€ la soirée, 50€ le pass 3 jours), toujours aussi généreux, toujours avec une programmation sûre et de belle tenue (Freshberry, Tchotchke, les revenants Dorian Pimpernel, The School, The Popguns pour ne citer qu'eux) dans laquelle les chansons de Lande Hekt ne dépareilleront pas, bien au contraire.
Jeudi 24/09 : Lande Hekt / Freshberry / Tchotchke Vendredi 25/09 : Language of Flowers / Laundromat Chicks /Brezel Göring & Pyschoanalyse / Dorian Pimpernel / Jan Dark Piano Karaoke Samedi 26/09 : Bona Rays / Coup Dur / The School / The Popguns / Luis Elefant (DJ)
Album : Threadbare Ep Année : 2026 Label : Tapete Records
Sorti un peu à l'improviste jeudi 20 août dernier, 'Gentlewoman' est le cinquième album de Cleo Sol, tête de proue du collectif SAULT dont elle est la chanteuse. Et évidemment, derrière la neo-soul très smooth de l'anglaise, on retrouve Info, producteur émérite et doué dont le talent n'est plus à prouver - des albums comme 'Love & Hate'de Michael Kiwanuka ou, évidemment, 'Sometimes I Might Be Introvert'de Little Simz où ses productions tutoient les étoiles, s'en chargeant très bien pour lui.
Car s'il est fâché depuis avec la rappeuse de Islington pour une sombre histoire de prêt non
remboursés et de frais de management impayés, Info n'a jamais lâché Cleo Sol - logique me direz-vous puisque, en plus d'être talentueuse, elle est son épouse et la mère de ses deux enfants (on peut d'ailleurs
supposer que celui qu'elle tient dans ses bras sur la pochette de
'Gentlewoman' est le dernier, né il y a seulement quelques semaines).
Et Inflo de proposer ici, à nouveau, des productions qui siéent très bien à la voix belle et douce de Cleo Sol, soignées et jamais tape à l’œil, ouatées et smooth au possible. Sans doute trop d'ailleurs. Car si les fans de la première heure seront évidemment conquis et charmés, les autres, comme moi, trouveront l'ensemble, à l'instar des précédents albums,
trop redondant et très vite ennuyeux (qui plus est sur soixante-deux
minutes) pour vraiment emballer son monde ; ce, quand bien même les quelques petits
miracles qui le parsèment, comme la somptueuse Their Smiles Are Not The Same (en écoute aujourd'hui), chanson à l'orchestration renversante de beauté et de douceur où la voix de Cleo Sol fait merveille.
Album : Gentlewoman Année : 2026 Label : Forever Living Originals
Mois après mois, single après single, Brooke Combe devient une habituée de ces pages. Il faut dire que, si elle ne réinvente pas la soul tant elle sonne comme échappée d'un studio Motown des années 60, les chansons de l'écossaise font mouche à chaque fois. Il y avait eu la découverte du très catchyHow Can I Tell You? (To Love Me More) l'an passé, le Tears Won’t Lie à la vibe Marvin Gaye/ Tamm au printemps dernier ; il y a maintenant Love Was Made of Stone (en écoute aujourd'hui), dernier single en date paru début août, toujours produit par James Skelly de The Coral, et qui fait montre à nouveau ou plutôt qui confirme, s'il était besoin d'ailleurs, que Brooke Combe a un truc en plus. Et si d'aucuns argueront que ses compositions restent jusque là très
scolaires et/ou trop sous influence, on leur répondra qu'il y a ici une élégance dans le chant, une idée sûre de composition, des orchestrations soignées et une voix délicieuse. Ce n'est pas donné à tous.
Quatre heures du matin ce dimanche. La cousinade annuelle touche à sa fin dans un parc arboré et plutôt vert de la campagne ardéchoise. Le gin fizz coule à flots et nous sommes encore une quinzaine vaillants à bavasser et danser sur une playlist concoctée par une cousine de 22 piges, douée, dj autant dans l'âme et dans les faits (elle mixe régulièrement et commence à composer) qui, pendant son enfance, passait les mêmes soirées sur les genoux de votre serviteur à faire danser la famille. Soudain, voilà que se lance une chanson étonnante, très électro mais pop à la fois, mené par un chant spoken word en contrepoint d'une voix féminine lascive. Étonnante mais surtout aussi belle qu'efficace, à la production mouvante et cotonneuse.
Elle s'appelle Schadenfreude (en écoute aujourd'hui), porte très bien son nom et est l'œuvre de Baxter Dury, fils de Ian et artiste anglais que je ne fréquente plus depuis son 'Floor Show' de 2005 (et pourtant Cocaine Man, quelle chanson) sans trop savoir pourquoi (à dire vrai, j'ai même l'impression de systématiquement et volontairement zapper ses disques dès qu'ils me tombent sous l'oreille). Le morceau se trouve sur 'Allbarone', son dernier album en date publié il y a un an. Un disque magnifique et immédiat, très électro, plein de beats soignés et accompagnées de mélodies marquantes qui, si j'avais pris le temps de m'y intéresser, aurait fini sans doute dans le haut de mon panier 2025. Tout comme Schadenfreude, tube absolument irrésistible qui, sous ses airs torturés, ne veut vous aucun mal, bien au contraire.
Album : Allbarone Année : 2026 Label : Heavenly Records / PIAS
Savez-vous ce que l'on obtient lorsque l'on mélange le groupe Modest Mouse et la série Seinfeld ? La chanson en écoute du jour, I Will Do The Opposite ! L'œuvre d'un certain Peter Martin,
créateur de contenu américain qui, au moment de la crise de COVID, a vu
ses saynètes quotidiennes et humoristiques lui ouvrir la voie du succès
et de la médiatisation. Puis celle de la musique, où il se produit
depuis 2021 sous le nom de Petey, choix artistique tout sauf anecdotique puisque Petey USA (il vient récemment
d'accoler l'acronyme de sa patrie à son alias, comme ça, sans vraie raison) vient de publier 'oooo', son cinquième album en six ans, rien que ça. Mais cette fois, sans l'aide d'un label (il était tout de même signé chez Capitol Records), deal beaucoup trop contraignant pour quelqu'un qui fait tout cela avant tout pour le fun.
Et donc, dans ce 'oooo' tout frais (le disque est sorti le 14 août), on trouve en sixième position I Will Do The Opposite. Une chanson qui sonne bon Modest Mouse (l'exubérance du chant, la puissance de sa production, sa mélodie, sa rythmique) et qui a été profondément inspiré par l'épisode "The Opposite" de la série Seinfeld, où Georges Constanza, bougon et déprimé comme à son habitude décide de faire exactement l'inverse de ce qu'il a toujours fait pour enfin s'en sortir. Une sorte de mise en abîme de la célèbre maxime attribuée à Albert Einstein « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent », évidemment hilarante à l'écran. Bien plus en tout cas de la chanson de Petey USA, qui est, elle, bien moins drôle, plus déprimée (« And I hate everything about my own life / Probably why I never get to sleep at night / Take me to the well / If memories are heaven then I wanna go to hell ») mais pourtant sacrément addictive. Merci George Constanza. Merci Isaac Brock et consorts.