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jeudi 29 mai 2025

[Track of The Day] Will Johnson - Cairo

Dans un long papier de Paste consacré à 'Diamond City' où s'entremêlent critique et interview, Will Johnson le dit clairement : « There’s no diamonds. There’s not even a city! » dans cet album, l'énième d'une très longue liste, le texan étant du genre sur-actif entre ses propres sorties et celles de tous les groupes avec qui il tourne et/ou enregistre.

Découvert il y a une quinzaine d'années lors de la publication de 'Molina & Johnson', disque méconnu, si ce n'est mésestimé, qu'il avait enregistré au débotté avec Jason Molina, Will Johnson fait avec 'Diamond City' un retour fracassant dans mes oreilles. Un album pas loin d'être merveilleux, de country/folk parfois contemplative, de blues électrique ténébreux, et de mélodies enchantantes, fussent-elles déprimées, qui ne cessent se développer et de prendre de l'ampleur. Habité en partie par l'aura de l'homme derrière Songs:Ohia/Magnolia Electric Co., 'Diamond City' est un très beau disque, souvent touchant et dont on ressortira avant toutes autres Rabbit Run, Unfamiliar Ghost et surtout Cairo (en écoute aujourd'hui), balade simple et superbe que vient relever un petit gimmick mélodique à souhait sur le refrain.

NB : L'article de Paste consacré à 'Diamond City' de Will Johnson est à lire ici : "Will Johnson: Through the Clutter and the Chaos"

Album : Diamond City
Année : 2025
Label : Keeled Scales

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Cairo de Will Johnson est également en écoute ci-dessous :

Autre très belle chanson de 'Diamond City' de Will Johnson, voilà le très électrique Rabbit Run :

lundi 28 octobre 2024

The Blue Herons - Go On [Subjangle]

Avant-propos : la chronique qui suit est consacrée à 'Go On' le premier album de The Blue Herons. Et non Blue Heron, groupe presque homonyme venu d’Albuquerque au Nouveau-Mexique qui fait lui dans le stoner. La précision peut sembler futile mais elle est d’importance tant The Blue Herons n’a, mais alors, rien à voir.

The Blue Herons est à la base le side-project de Andy Jossi, suisse de son état, qui faisait jusque-là dans le shoegaze avec son groupe The Churchhill Garden et qui voulait s’offrir une petite respiration indie-pop. Lancé en 2017, le projet va vivoter pendant trois ans au gré de quelques singles publiés de temps à autres, avec l’aide d’autres musiciens et de chanteurs et chanteuses, avant qu’Andy Jossi ne tombe enfin sur la perle rare, Gretchen DeVault, californienne et vétérane de la scène indépendante américaine (The Icicles, Voluptuous Panic).

Ce qui n’était jusque là qu’un projet qui se cherchait (six singles en trois ans) va alors suivre une toute autre trajectoire. Certes, le duo va prendre son temps (deux à trois singles par an seulement) mais l’alchimie entre Jossi et DeVault se fait de plus en plus évidente à chaque nouvelle chanson, qui semblent d'ailleurs gagner à chaque fois en qualité.

Après près de quatre ans de travail, c’est donc tout naturellement que The Blue Herons a publié son premier album, 'Go On'. Un disque qui compile tous les singles déjà sortis (des onze publiés par le duo Jossi/DeVault, seule la reprise de Christmas (Baby Please Don't Go) de Phil Spector a été laissée de côté) et ne compte « que » deux inédits : la merveilleuse Clouds et une version ample et très belle du plutôt déjà charmant Echos in the Dust. Pour l’occasion, et sans doute aussi pour rendre le tout plus harmonieux, The Blue Herons a réenregistré la plupart des morceaux et en a modifié le mix.

Et le résultat est tout à fait épatant. Extrêmement cohérent, superbement composé, aux guitares belles à en frissonner, porté par la voix superbe de Gretchen DeVault (qui a un je ne sais quoi de Beth Arzy), 'Go On' est un disque remarquable d'indie et de jangle-pop circa 80s, qui rappelle les univers C86 et de Sarah Records autant qu'il évoque (et plus souvent qu'à son tour) les merveilleux The Luxembourg Signal.

De la superbe balade Endless Rain au presque poppy Electric, en passant par le mini-tube Go On, la très belle ouverture In The Skies qui pose les bases de l'album, ou la reprise du Disorder de Joy Division lumineuse comme jamais, tout est ici éblouissant, racé et élégant et enthousiasmant, mélancolique et enivrant, avec un duo qui n'hésite pas à faire durer le plaisir (pas une chanson en dessous de 3'30 et seulement quatre de moins de quatre minutes) et marie avec délices des couches de guitares qui se complètent à merveille et la voix de Gretchen DeVault, toujours d'une grande justesse.

De prime abord disque de genre mais qui très vite le transcende, 'Go On' de The Blue Herons est un album impeccable de bout en bout. Un disque solaire, romantique, aux mélodies superbes, inspiré qui, je ne saurais trop l'expliquer, fait du bien. Et un des tous meilleurs, si ce n'est le meilleur, album de l'année. (Sortie : 4 juin 2024)

Plus :
La chronique de 'Go On' de The Blue Herons chez Dans Le Mur du Son (à qui je dois la découverte de ce superbe album. Une de plus)
'Go On' de The Blue Herons est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est à l'achat sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'Go On' de The Blue Herons en écoute aujourd'hui. La superbe reprise de Disorder de Joy Division, qui n'a jamais été aussi lumineuse (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la magnifique balade lancinante Endless Rain. Et enfin Clouds, le très bel inédit de ce 'Go On' de The Blue Herons :

dimanche 1 janvier 2023

Bilan 2022 : Top 50 « Chansons »


Parce qu'il faut bien finir. Parce que tous ces tops, ça commence à bien faire. Parce que, ça y est, 2022 est très officiellement dans le rétro (et on ne la regrettera pas). Pour tout ça, mettons un point final à cette année avec le traditionnel Top 50 "chansons" (ou morceaux, ou singles, c'est vous qui voyez), ou plus simplement les cinquante titres qui auront fait de ces douze derniers mois 

Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, un petit tour chez les copines et copains (ou pas) :
- Les 100 chansons de l’année selon Said The Gramaphone
- « La maison et le monde : le Top 2022 de Jean-Marie Pottier »
- Les 50 chansons de l’année selon The Quietus
- Les 20 albums de 2022 par l'essentiel For The Rabbits
- Le bilan de Ben Laredo en une playlist de 30 chansons pour 30 albums

Il est donc question de cinquante chansons aujourd'hui pour conclure ce top 2022 et ouvrir l'année 2023 (que je vous souhaite par ailleurs la plus belle). Cinquante titres qui m'auront autant enthousiasmé que touché. Avec des balades belles à pleurer, des morceaux qui ne demandent qu'à être que des hymnes rock, des chansons françaises sans frontière, de la soul mâtinée de hip-hop, du post-punk d'excellent aloi, du suédois, du grec, de l'algérien avec un zeste gallois, des choeurs fameux, de la power-pop à tomber. Et un numéro un totalement instrumental, à la mélodie et aux cordes merveilleuses. Bonne(s) écoute(s) !

 

50. Whitney K - Song For a Friend
49. Animal Collective - Strung With Everything
48. Swami John Reis - Ride The Wild Night
47. Lewsberg - Six Hills
46. !!! - Storm Around The World (feat. Maria Uzor)

45. Sports Team - Unstuck
44. Imarhan - Adar Newlan (feat. Gruff Rhys)
43. Lightning In A Twilight Hour - Leaf Fall Is Over
42. Oneida - I Wanna Hold Your Electric Hand
41. Disq - Prize Contest Life

40. Sea Power - Two Fingers
39. Teletype - Everything Everything
38. The Lounge Society - No Driver
37. Body Type - Buoyancy
36.  Cloud Cult - One Way Out of a Hole

35. Pete Astor - English Weather
34. MGMT - Tell It to Me Like It Is
33. Black Country, New Road - Bread Song
32. Jockstrap - Greatest Hits
31. Courting - Famous

30. Cheekface - You Wanna Bomb The Middle East
29. Porridge Radio - Birthday Party
28. Pusha T - Dreaming of The Past (feat. Kanye West)
27. Moddi - Tranøy fyr
26. Jane Weaver - Oblique Fantasy

25. Beyonce - Alien Superstar
24. San Fermin - Tired of Loving You
23. Danger Mouse & Black Thought - Belize (feat. MF DOOM)
22. Weird Nightmare - Lusitania
21. Kevin Morby - A Random Act of Kindness

20. CMAT - No More Virgos
19. Surf Curse - Lost Honor
18. La Maison Tellier - Atlas
17. BAMBARA - Little Wars
16. Bill Callahan - Naked Souls

15. The Beths - Knees Deep
14. Crack Cloud - Please Yourself
13. Panda Bear & Sonic Boom - Livin’ In The After
12. Bazooka - Δικιά Μου Αλήθεια (Dikia Mou Alithia)
11. Little Simz - Heart on Fire

10. Hudson Mohawke - Is It Supposed
09. Florent Marchet - Freddie Mercury
08. Anna Tivel - Black Umbrella
07. Team Me - Every Little Dream
06. Sprints - Literary Mind

05. Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce - Oiseau (feat. Bertrand Belin)
04. Pascal Comelade - Cimetière de la photographie
03. U.S. Girls - So Typically Now
02. Get Well Soon - I Love Humans
01. Nyx Nótt - Docudrama


 

Vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait qu'un intérêt très limité, ci-dessous, vous trouverez non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube. Bonnes écoutes !

lundi 21 novembre 2022

MGMT - 11•11•11 [MGMT Records]

Petite curiosité que ce live de MGMT que vient de publier le groupe sur son propre label (après avoir quitté Columbia). De un parce que MGMT en concert n'a pas une grand réputation sur scène (vu une seule fois en 2008. Je n'avais pas tenu vingt minutes avant de prendre mes cliques et mes claques). De deux parce que le live date du 11 novembre 2011. Onze ans pour sortir un concert des cartons ? Vraiment ? Oui vraiment. Car celui-ci est particulier.
 
En 2011, le Guggenheim Museum demande à MGMT s'ils veulent bien venir jouer lors d'une rétrospective consacrée à Maurizio Cattelan, plasticien italien alors célébré par le musée new-yorkais. Le groupe accepte mais plutôt que de venir jouer quelques uns de leurs nombreux tubes, il décide de composer un set spécial de 45 minutes avec uniquement des chansons inédites
 
Et puis plus rien. Jusqu'au 11 novembre dernier où, onze ans pile après la seconde des deux dates prévues, MGMT a décidé de publier '11•11•11', l'enregistrement officiel de cette soirée, mixé par le groupe et Dave Fridmann. Le résultat ? Brillant. Et ce n'est pas franchement une surprise, MGMT sortant de 'Congratulations' et étant alors à l'apogée de sa créativité (assertion qui n'est en rien une critique sur la suite de leur carrière). Psyché, souvent hallucinatoire, '11•11•11' est un voyage aérien - parfois sous psychotropes que l'on prendrait par plaques de douze - que l'on ferait affalés dans des nuages douillets.
Évoquant plus souvent qu'à son tour Air (Forest Elf époque 'Moon Safari', Unfriend époque '10000hz Legend'), MGMT livre ici un live très cohérent à tel point qu'il est difficile de ressortir une chanson plutôt qu'une autre (mais tout de même, on notera Tell It To Me Like It Is, longue et lente montée hypnotique et psychée qu'un gimmick pop des plus délicieux vient parachever)

Le public présent au Guggenheim Museum les 10 et 11 novembre 2011 était-il au courant que MGMT n'allait pas jouer Time To Pretend, Kids, Flash Delirium, Siberian Breaks et autres Electric Feel mais dix chansons inédites et, les fans confirmeront ou pas, jamais rejouées depuis ? Sans doute pas, mais à en croire les applaudissements qui éclatent quand Under The Porch et sa country psychédélique prennent fin, ils n'ont pas été déçus de la surprise. Onze ans plus tard, moi non plus. (Enregistrement : 11 novembre 2011 - Sortie : 11 novembre 2022)

Plus :
'11•11•11' de MGMT est à l'écoute sur leur page bandcamp
'11•11•11' de MGMT est à l'achat sur leur page bandcamp
'11•11•11' de MGMT est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
Pour commander la version vinyle de '11•11•11' de MGMT, cliquez ici
 
Trois chansons de '11•11•11' de MGMT en écoute aujourd'hui. Tell It To Me Like It Is, le meilleur morceau de l'album (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Forest Elf, tout de Air vêtu. Et enfin, Under The Porch, country sous cachetons :
 

 

mardi 30 août 2022

[Track of The Day] Oneida - I Wanna Hold Your Electric Hand

Quand je suis monté à Paris pour mes études et un stage qui vous change une vie, mon premier concert parisien a été celui d'Oneida au Nouveau Casino. Nous étions en mars 2004, je ne connaissais pas du tout le groupe qui venait présenter devant une foule plutôt clairsemée son dernier album d'alors, 'Secret Wars', et j'avais pris une claque à laquelle je ne m'attendais pas. Des fous furieux sur scène, avec un batteur impressionnant aussi bien derrière ses fûts que devant un micro. L'écoute du disque le lendemain avait confirmé cette prestation et je n'avais pas lâché 'Secret Wars' de l'année. 
 
Dix-huit ans plus tard, Oneida est toujours en activité ; et célèbre en cette année 2022 ses vingt-cinq ans d'activité. Résultat ? 'Success', son dix-huitième album et sans aucun doute le plus accessible depuis belle lurette. Car cette fois, les new-yorkais ont décidé de remettre les guitares et le rock au centre de tout, en allant droit au but et en mettant de côté leurs compositions expérimentales ou leur psychédélisme poussé à l'extrême, la marque de fabrique d'Oneida depuis des années.
 
Grand raout rock'n'roll aux guitares qui ne semblent jamais vouloir s'arrêter de jouer, 'Success' se révèle même être un disque efficace comme rarement chez eux. Un album qui empile même les morceaux de bravoure, au premier rang desquels I Wanna Hold Your Electric Hand, chanson pivot, à hurler à tue-tête, qu'on croirait durait éternellement et qu'Oneida assaisonne sur la fin d'un riff parfait derrière lequel mon esprit retors voit une version accélérée du gimmick de Love Vigilantes de New Order. Tube ? Tube.
 
Album : Success
Année : 2022
Label : Joyful Noise Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, I Wanna Hold Your Electric Hand d'Oneida est également en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de I Wanna Hold Your Electric Hand d'Oneida :
 

mercredi 6 janvier 2021

Bilan 2020 : « Albums » (20-01)


Chaque année à la fin de la rédaction de mon bilan de l'année, je me demande comment sera l'année qui s'ouvre. Si j'aurais autant de coups de cœur. Si je ne vais pas commencer, comme le voudrait mon âge, à me retourner vers ce qui m'a enthousiasmé par le passé pour moins me projeter vers la scène actuelle. Et jusque-là, je continue à être emballé par ce que de jeunes ou moins jeunes groupes/artistes arrivent à produire. Je continue d'être ému par une mélodie. D'être revigoré par une chanson. De vouloir bouffer le monde par la grâce de quelques accords qui me font fondre. Et si l'année 2020 a été affreuse et éprouvante à bien des égards, tous les artistes de ce bilan annuel (et bien plus encore) mais aussi les labels et leur travail incroyable et formidable (déjà pas facile en temps normal) auront été de véritabels bouées de sauvetage psychologique. Puisse 2021 être du même acabit et continuer à (m') offrir autant de bons disques et de belles chansons à me mettre sous l'oreille.

Ce papier est donc le dernier de ce bilan annuel. Les derniers pelletées de terre sur l'année 2020. Il manquait 20 albums pour arriver à 40, les voilà. Les meilleurs, ou tout au moins ceux qui m'auront le plus chamboulé.

Mais avant, comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins et autres cousins d'Amérique si le top est bon (je peux vous l'assurer, il l'est) :
- La belle sélection des albums de l'année de Marc à lire sur Esprits Critiques
- Le toujours précieux Top 100 de The Quietus
- Le top 10 de la rédaction de Sound of Violence
- Les sorties essentielles de l'année des non moins essentiels Bandcamp
- Le top 10 de l'indispensable Lyle de Dans le Mur du Son
 

Vingt disques disions-nous. Au programme, de la pop orchestrale, baroque et barrée, du shoegaze, du post-punk bricolé, du noise éclatant, des collages par-ci, de la folk-pop par là, des découvertes tardives mais impressionnantes, un live monumental, le disque que Jeff Buckley aurait sans doute pu écrire, des guitaristes sans guitare, de la pop française lettrée et synthétique, du cool pas surjoué, de la jangle-pop étouffée. Et deux premiers de cordée très difficile à départager.  Bref, La crème de ma crème sous mon chapeau, à découvrir ci-dessous (avec, au bas du billet, des lecteurs streaming avec une chanson de chacun des disques évoqués). Bonne lecture et bonne écoute !


Bilan 2020 :
Top 50 « Chansons
»
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


20. Tugboat Captain - Rut [Double-A Side Records]
Quatuor londonien auteurs de nombreux singles, les Tugboat Captain passent la seconde avec leur premier album 'Rut'. Et avec talent. De la belle pop orchestrale et baroque, pleine de soleil, où il n’est pas rare de croiser ce je ne sais quoi de The Polyphonic Spree et de Death Cab For Cutie.
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19. Peel Dream Magazine - Agitprop Alterna [Tough Love Records / Slumberland Records]
Guitares fuzz de sortie, noisy pop en chef de rang et shoegaze en maitre de cérémonie, les new-yorkais de Peel Dream Magazine (quel formidable nom, bis !) auront eu tout juste avec ce deuxième album. Et ce n’est pas la sublime pochette (mise en page élégante, couleur pastel et effet négatif) ou le fait qu’ils auront sorti ce disque sur deux des meilleurs labels actuels qui y changeront quelque-chose. Bien au contraire.
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18. Spirit Fest - Mirage Mirage [Morr Music]
Groupe composé de Markus Acher (The Notwist) et du duo japonais Tenniscoats, Spirit Fest aura enregistré ce 'Mirage Mirage' entre Tokyo et Munich. Un album long mais jamais ennuyeux, d’une belle homogénéité, et une belle invitation à un voyage onirique entre douceur pop, collages, electronica, avant-folk et arrangements délicieux. Un disque qui se laisse vivre et à la douce rêverie.
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17. Dogleg - Melee [Triple Crown Records]
'Melee' ou un des deux albums les plus furieux rencontrés cette année. Celui-ci est l’œuvre de Dogleg, un groupe de Detroit qui fait de le pop-punk-emo-post-hardore. Un disque qui ne se repose jamais, fonce la tête la première, avec autant de brutalité que de mélodie à offrir. Grosse révélation.
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16. San Fermin - The Cormorant I & II [Better Company]
Auteur d’un premier album remarqué en 2014, les San Fermin ont fait moins parler d’eux depuis. Pourtant, 'The Cormorant I & II' a de quoi plaire à tous les fans de Sufjan Stevens déçus par 'The Ascension'. Il y a ici de beaux arrangements, de la folk-pop lumineuse très bien orchestrées et des élans pop magnifiques qui ne se démentent pas tout au long des 16 chansons de cette aventure.
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15. The Twilight Sad -  IT WON/T BE LIKE THIS ALL THE TIME LIVE [-]
Un des disques qui aura sauvé/agrémenté mon confinement aura donc été un live. Dix-huit titres enregistrés lors de leur tournée de 2019, ce 'IT WON/T BE LIKE THIS ALL THE TIME LIVE' voit les Twilight Sad enchainer leurs meilleurs morceaux, pondre des versions incroyables dans un déluge sonore des plus appréciables.
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14. Nothing - The Great Dismal [Relapse Records]
Le disque le plus abouti de Nothing. Rien que les deux morceaux d’ouverture vous en convaincront. Entre shoegaze et goth-pop puissants, 'The Great Dismal' est un album très bien construit, très mélodieux, qui sait ménager la douceur et la fureur, s’octroyant des périodes de calme pour mieux rebondir, relancer la machine et mieux faire vibrer ses guitares et ses compositions. Un disque aussi sombre que brillant.
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13. Young Jesus - Welcome to Conceptual Beach [Saddle Creek]

Maelstrom de haute volée de rock, pop et jazz, 'Welcome to Conceptual Beach' aura été ma découverte des californiens de Young Jesus. Ce disque est leur quatrième et est plein de longues mélopées mélodiques, mélancoliques et qui ne finissent jamais là où elles ont commencé. Nul doute que si Jeff Buckley était encore parmi nous, il aurait écrit un disque comme celui-ci.
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12. Will Butler - Generations [Merge]
« Frère de », Will Butler embarque sur son deuxième disque solo ses racines Arcade Fire-ienne, balance de la bluette pop à chanter à tue-tête, du synthé en pagaille, de l’indie-rock, des nappes profondes,  des morceaux qu’on dirait tout droit sortis des années 70 et même des chansons aux faux-airs de cabaret. Un grand disque pop, efficace comme jamais, et qui respire le plaisir et la sincérité.
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11. Bambara - Stray [Wharf Cat Records]
Cet album de Bambara est un formidable concept-album aux histoires qu'on dirait sorties d'un roman - très - noir, où la mort est la violence est à chaque coin de rue. Du post-punk habité, aux accents gothique et westerns, 'Stray' est la rencontre impromptue entre Nick Cave, Iceage et Swans, qu'Ennio Morricone couverait d'un œil. Tremblez pauvres fous.
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10. Sufjan Stevens - The Ascension [Asthmatic Kitty Records]
Forcément, après 'Carrie & Lowell', pour beaucoup le choc fut rude : Sufjan Stevens avait repris la route vers la musique qui semble le faire vibrer depuis 10 ans maintenant et qui s'éloigne toujours un peu plus de la folk-pop de ses débuts. Pour autant, ce gargantuesque album qui déçut et divisa, n'en reste pas moins incroyable par bien des aspects. Car à l'image de ses prédécesseurs comme 'The Age of Adz', il récèle de bien beaux morceaux derrière la surface électronique et dense de 'The Ascension', sans doute parmi les plus beaux qu'il a écrit. Un disque absolument magistral et qui ne compte même pas une de ses plus belles dernières compositions, qu'il a relégué au rang de - sublime - face-B.
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09. Lee Ranaldo & Raül Refree - Names of North End Women [Mute]
Après la belle découverte du bonhomme sur l’Ep avec Richard Youngs ('All Hands Around the Moment Ep'), retour de Raül Refree dans ces bilans annuels pour un album avec Lee Ranaldo. La suite de leurs premiers échanges après l’album 'Electric Trim' du jeune sonique en 2017. 'Names of North End Women' est un disque pas du tout centré sur la guitare, mais plutôt un disque qui expérimente sans être expérimental (ou en tout cas l’idée que l’on se fait) à coups de marimba, vibraphones et autres mélodies.
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08. Car Seat Headrest -  Making a Door Less Open [Matador]
Forcément, après 'Teens of Denial' et surtout le chef d’œuvre 'Twin Fantasy', je m’attendais à être déçu par ce nouvel de Will Toledo. Résultat ? Pas une seule seconde. Moins monumental que ses prédécesseurs, ce disque de Car Seat Headrest (ou plutôt une collaboration entre CSH et 1 Trait Danger, un projet parallèle de Andrew Katz, le batteur du groupe, et de l'alias masqué et bizarre de Will Toledo, Trait), est pourtant fascinant dans tout ce qu’il propose, d’un rock concassé, électroïdé mais d’où ressortent toujours des mélodies impeccables et des chansons que Toledo arrive à faire muter comme lui seul sait le faire.
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07. Lewsberg - In This House [-]
Il serait réducteur (voire paresseux) de réduire les Lewsberg à des ersatz de The Velvet Underground. Car les néerlandais sont bien plus que ça. Après un premier album éponyme très recommandé, Lewsberg enchaine avec un 'In This House' supérieur, plus cohérent où le fantôme de Lou Reed croise celui de Tom Verlaine et de ses Television, où celui d’un Belle & Sebastian disparu côtoie la morgue des Parquets Courts. Un disque finalement hors du temps. Et déjà indémodable.
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06. The Reds, Pinks and Purples - You Might Be Happy Someday [Tough Love]
Malgré ses allures de mini-album (8 titres, 24 mns), cet album de The Reds, Pinks and Purples de Glenn Donaldson est sans conteste un des plus beaux disques sortis en 2020. Porté par une très belle pochette (qu'on croirait être un dessin tant elle est colorée et calibrée), il déroule derrière des textes qui ne respirent pas le bonheur une jangle-pop mélancolique et torturée qui rend tout chose.
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05. Sports Team - Deep Down Happy [Big Desert / Island Records]
Aussi anglais qu’américain, ce premier album - attendu - des six Sports Team est rempli d’une légion de tubes potentiels (au premier rang desquels Here’s The Thing) de la part d’un groupe qui parle de tout, de rien et qui n’en a surtout pas grand chose à foutre. Sans conteste l’album le plus cool de l’année.
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04. Sweeping Promises - Hunger For a Way Out [Feel It Records]
Court (10 titres, 27 mns), mélange de post-punk bricolé, d'art-rock, de lo-fi, entouré d'une production brute et sans chichi (« written and recorded with a patented "single mic technique" » disent-ils), 'Hunger for a Way Out' est un disque cabossé, qui ne manque pas de groove, de titres forts (le tube en or Cross Me Out) et de chansons catchy à souhait. Un album brillant de la part d’un duo qui s’impose comme une des plus grandes révélations de l’année.
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03. Thousand - Au Paradis [Talitres]
L’homme qui se cache derrière l'alias Thousand fait mieux que 'Le Tunnel Végétal' (découverte formidable de 2018), avec 'Au Paradis', nouvel album somptueux de pop française aux contours synthétiques et eighties, aux textes à nouveau riches, lettrés, poétiques, pleins de subtilités et qui font merveille. Un disque d’où ressort notamment l'évident single Jeune Femme à l'Ibis.
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02. Chronophage - Th'pig'kiss'd Album [Soft Office / Cleta Patra]
Jangle-pop, post-punk débraillé, balades tuantes, doityourself non-feint, jam réjouissantes, balades tuantes, bluesy et torturées et guitares sautillantes au programme du nouvel album des texans de Chronophage. Moins brut que son prédécesseur, d'une efficacité folle, aux chansons regorgeant de détails, plein de petites imperfections savoureuses et porté par un duo vocal tout en un déséquilibre charmant, 'Th'pig'kiss'd Album' un disque aussi épatant qu'addictif, très bien écrit et à l'élégance folle.
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01. Caleb Landry Jones - The Mother Stone [Sacred Bones]


'The Mother Stone' est une œuvre gargantuesque, dérangée, déjantée, mais qui ne lâche jamais son fil d’Ariane mélodique. Si tout est ici extravaguant, rien n’est expérimental. Un disque pop et de folk, de rock, de psychédélisme et de glam, fait de rupture, d’orchestrations travaillées, de refrains alambiqués, de chants extatiques et de cris perturbés. Caleb Landry Jones y conte (et en bon acteur, y joue) des histoires cryptiques, difficiles à suivre, sans doute celles d’un homme seul, faites de souvenirs, de choix regrettés, de digressions impromptues et de désespoirs éternels. Ce disque est une sorte de balade dans le Desolation Row de Bob Dylan : un monde (de) freaks, des histoires banales mais tristes, des peines qu’on arrive pas à dépasser. Et au-dessus de tout cela, une musique baroque, chaotique, qui exagère parfois autant qu’elle prend son temps pour distiller ses mélodies. De la grandeur et beaucoup de décadence en somme.
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Bilan 2020 :
Top 50 « Chansons
»
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

Comme expliqué plus haut, vous trouverez ci joint un lecteur Spotify et Deezer comptant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus (et dans l'ordre du classement, soit de 1 à 20). Bonnes écoutes !

 

  

 

vendredi 18 octobre 2019

Human Don't Be Angry - Guitar Variations [Around7Corners Records]

Projet parallèle né au sortir de 5 albums de très haute tenue (dont certains magistraux), Human Don't Be Angry est une sorte de récréation pour Malcolm Middleton. A tel point même qu'on pouvait penser que ce serait son nouveau projet à temps plein avant que l'ancien taulier d'Arab Strap remette le couvert sous son propre nom et oublie sa nouvelle passion.

Quatre ans après 'Electric Blue', Human Don't Be Angry revient donc aux affaires avec un album au titre explicite : 'Guitar Variations'. Un disque que Malcolm Middleton présente comme ceci : « A mostly instrumental musical fiasco exploring the deadlier side of guitar playing ». Mais de fiasco, il n'est rien - vous vous doutez bien.

Presque totalement instrumental, n'oubliant pas le synthé dans ses compositions, le disque chaloupe entre balades folk un brin habillées (A Little Cheery Upper), quelques parties plus rythmées rappelant tantôt ses années 2000 (Bum a Ride) tantôt ses années 2010 ((Why Can't I?) Dream In Cartoon) et des chansons qui semblent se chercher (You'll Find The Right Note (Eventually)) quand elles ne lorgnent pas vers une sorte d'expérimental en apesanteur (A Piece For Two Guitars).

Avec - forcément - le précieux Paul Savage aux manettes de la production et du mix, ce 'Guitar Variations', sans être le disque de l'année, a un charme évident. Et si on comprend bien la démarche et le concept, le seul regret qu'on peut avoir à l'écoute de l'album, c'est de ne pas avoir plus souvent l'occasion d'entendre la voix de Malcolm Middleton habiller ces compositions (comme sur la très belle et un peu désespérée Come On Over To My Place), tant certaines l'auraient mérité. (Sortie : 1er novembre 2019)

Plus :
'Guitar Variations' de Human Don't Be Angry est en écoute sur la page bandcamp de Malcolm Middleton
'Guitar Variations' de Human Don't Be Angry est à l'achat sur la page bandcamp de Malcolm Middleton
'Guitar Variations' de Human Don't Be Angry est également en écoute sur Spotify et Deezer
 
Enfin, notons que Human Don't Be Angry a sorti durant l'été '(A Prelude) Ep', un disque plus bucolique avec trois compositions qui auraient eu largement leur place sur 'Guitar Variations' (notamment Loved By A Planet). '(A Prelude) Ep' est à prix libre sur le bandcamp de Malcolm Middleton.


Trois titres en écoute aujourd'hui : (Why Can't I?) Dream In Cartoon (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer, et dans la colonne de gauche de ce blog) pour commencer. Puis Come On Over To My Place, très belle chanson où la voix résonne sur la seconde partie. Et enfin, Cynical :





Pour finir, trois clips. Ceux de (Why Can't I?) Dream In Cartoon, Come On Over To My Place et You'll Find The Right Note (Eventually) :






jeudi 28 février 2019

[Track of The Day] Frustration - The Drawback

Annonçant sans doute un prochain album à venir, les parisiens de Frustration viennent de sortir un 45-tours assez fameux, qui cumule vieillerie en face-A (The Drawback a été enregistré en 2015) et reprise en face-B (Electric Heat de The Visitors).

Fameux parce qu'il est punk/post-punk jusqu'au bout des ongles. Parce qu'il aurait été dommage de laisser une chanson comme The Drawback dans un tiroir, tant son urgence est épatante. Et parce que la reprise des Visitors, bien que collant beaucoup à l'originale, est réussie. N'en demandons pas plus à un jeudi.

Album : The Drawback / Electric Heat 7"
Année : 2019
Label : Blind Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Drawback de Frustration est également en écoute ci-dessous :


La reprise de Electric Heat des Visitors par Frustration :