mardi 8 juillet 2008

The Dodos – Visiter [French Kiss]

En 2003, quand The Rapture avait explosé avec 'Echoes', je m’étais épris d’un disque, ‘Songs For The Withering’ des Rapture, groupe de métal (avec tous les préfixes que vous voulez devant) assez trippant, pas renversant mais vraiment efficace.

Cinq ans plus tard, rebelote. Alors que la France du rock commence (certes timidement) à parler des Dodoz, groupe toulousain – dont j’avais un stupide a priori négatif, ayant une peur bleue de retomber face à un énième clone des Naasts – plutôt pas mal du tout, je me retrouve à me plonger dans le nouvel album de The Dodos, duo californien formé de Meric Long et Logan Kroeber et adepte d’une folk-pop assez psychédélique.

Un album en forme de coup de foudre. Il y a des jours où vous enchaînez les écoutes de disques et où tout vous parait fade, plat et sans intérêt. Et puis, paf, un groupe au nom pas forcément vendeur et à la pochette qui fait penser à celle du ‘Velvet Underground and Nico’… mais écrasée, vous tombe dans les esgourdes. Et vous retrouvez le sourire et la foi dans une année 2008 en dent de scie.

The Dodos et leur 'Visiter' m’ont fait du bien. Leur folk barré, leurs mélodies aux faux airs de Sufjan Stevens, ces rythmiques – un brin tribale – à la Animal Collective et ce (je ne saurais l’expliquer) côté Beirut, tout cela m’a beaucoup plu, touché. L’album est très cohérent. Tout s’enchaîne d’une façon assez édifiante. Tout coule naturellement (un vrai travail a été fait sur le tracklisting). Notamment le début du disque, avec un enchaînement Walking, Red & Purple (voir plus bas), Eyelids et Fools parfait.

On pourra arguer que le disque est un peu long (une heure pour 14 titres). On n’aura même pas tort lors des premières écoutes avant de vite se rendre compte que le tout est indispensable et qu’il n’y a ici aucun remplissage et que tout à sa place et son importance, des morceaux les plus longs (superbe Joe’s Walz et ses presque 8 mns) aux «interludes» de moins de deux minutes.

Bref, The Dodos, ce disque, sa pochette (dessinée par un des enfants d’une classe pour qui le groupe a joué quelques mois avant la sortie de ‘Visiter’), son ambiance folk/psyché-folk/indie-rock-pop, est un des trucs dont on reparlera dans six mois. 'Happy Hardcore' qu’ils disent sur leur myspace. Tu m’étonnes John. (sortie : 18 mars 2008)

Son :
Myspace (trois titres du nouvel album en écoute)
Site Officiel
Jodie, en mp3, téléchargeable gratuitement sur le site de French Kiss leur label
Fools, téléchargeable chez Pitchfork

Histoire de vous donner une idée encore plus grande de ce que font ces deux gus derrière
The Dodos, deux titres en écoute, l’énergique Red and Purple et le tranquille Park Song (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, le clip de
Fools, un des meilleurs titres de l’album (malheureusement plus disponible).

lundi 7 juillet 2008

Track of The Day (01-07 juillet 2008)

Mais où est passé le hip-hop bondieu? Ben je sais pas trop. Faut juste que je mette la main dessus. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 7 juillet 2008:
* Tom McRae - Bright Lights [V2]
Tom McRae était triste. Déprimé. Au fond du trou. Pour sauver sa peau, il avait composé 'Tom McRae', un premier disque somptueux de noirceur. Plus tard, Tom McRae est devenu un peu plus - puis totalement - heureux. Et il m'a ennuyé. Profondément. Une des grosses déceptions de ces dernières années. Entre albums sans intérêt et chansons ineptes, il avait perdu "le truc". Reste quelques titres à sauver, comme ce Bright Lights sur son 'King of Cards' de l'an passé, entêtant par son piano, même si super formaté et limite vulgos.
(disponible sur King of Cards, 2007)

Dimanche 6 juillet 2008:
* Max Richter - On the Nature of Daylight [130701]
En 2004, j'avais fait du 'The Blue Notebooks' de Max Richter mon album de l'année. Pour la simple raison qu'il m'avait fait pleurer lors des premières écoutes. Et qu'il m'avait totalement bouleversé. Je me souviens très bien de la première écoute, couché et me relever d'un coup, les yeux tous mouillés, me demandant ce que c'était que ce disque de musique de chambre. J'avais commencé à craquer sur ce titre là, On the Nature of Daylight. A votre tour...
(disponible sur The Blue Notebooks, 2004)

Samedi 5 juillet 2008:
* Monty Python - Always On The Bright Side of Life [Handmade Films]
En 1979, à la fin de 'Life of Brian' (clairement le film le plus drôle de l'histoire du cinéma), les Monthy Python sortent une bluette hilarante et se mettent tous à siffler, perché sur des croix (une scène à revoir en cliquant là). Trente ans plus tard, ce titre est toujours à se tordre. Et est plus que jamais une philosophie de vie.
(disponible sur Life of Brian, 1979)



Vendredi 4 juillet 2008:
* Mogwaï - The Sun Smells Too Loud [PIAS]
Après une réédition somptueuse (à tous les niveaux. Et le mot est faible) de leur chef d'œuvre 'Young Team' il y a quelques semaines, les écossais de Mogwaï viennent d'annoncer la sortie d'un nouvel album 'The Hawk Is Howling' le 22 septembre prochain. En attendant la livraison, voilà un premier extrait, qui donne l'eau à la bouche, The Sun Smells Too Loud, en téléchargement libre ici, dans l'oeil de l'aigle.
(disponible sur The Hawk Is Howling, 2008)

Jeudi 3 juillet 2008:
* Pellumair - Postcards [Tugboat]
Responsable d'un seul et unique album (le duo splittera la veille de la sortie de ce dernier, 'Summer Storm'), Pellumair a été un groupe complètement évincé de la moindre visibilité promotionnelle en 2005. Et pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur cet album en tous points beau et bon dans lequel j'aime me replonger régulièrement. Postcards restera peut-être leur plus beaux morceaux: deux voix à la douceur incroyable, posées sur un riff discret et répétitif. Ces deux là auraient mérité d'aller plus haut. Dommage. Et snif.
(disponible sur Summer Storm, 2005)

Mercredi 2 juillet 2008:
* Death Cab For Cutie - Bixby Canyon Bridge [Atlantic]
Nouvel album de la bande à Gibbard et première vraie déception de leur discographie. Poussif, sans génie, ce 'Narrow Stairs' n'est pas une franche réussite. Et pourtant, tout démarre bien avec ce titre d'ouverture, Bixby Canyon Bridge, dans l'esprit de leur précédent 'Plans'. Après, l'ennui s'approprie l'écoute. Dommage.
(disponible sur Narrow Stairs, 2008)

Mardi 1er juillet 2008:
* Electric President - It's Like a Heartbeat, Only It Isn't [Morr Music]
Deuxième album d'Electric President (groupe derrière lequel on retrouve Ben Cooper aka Radical Face), grande réussite une fois de plus. Ce It's Like a Heartbeat, Only It Isn't en est la meilleure preuve. Pop-rock, mais dans le bon sens du terme.
(disponible sur Sleep Well, 2008)

samedi 5 juillet 2008

Le retour du 'Oldies'

Après plus de cinq mois d'inactivité, et même si on est en été, la rubrique 'Oldies' devrait reprendre du service dès la semaine prochaine avec une réédition d'un album de... mais chut!, je ne vous en dis pas plus.

Ayant toujours tenu en estime cette partie 'Oldies' et après la fermeture d'un de mes comptes free sur lequel je conservais les sons mis en ligne pour ces albums, la plupart du temps, oubliés, j'ai décidé de laisser constamment trois titres en ligne, le tout grâce à un lecteur deezer.

Concrètement donc, chacune des 17 (jusque là) chronique 'Oldies' possède son propre lecteur deezer et trois titres mis en ligne et écoutables, jusqu'à plus soif. Histoire de.

Ainsi, les chroniques suivantes ont de nouveau du son disponible à écouter:

Minnie RipertonPerfect Angel (1974)

AmnestyFree Your Mind: The 700 West Sessions (1973)

Ike and Tina Turner - River Deep Mountain High (1966)

The HomosexualsThe Homosexuals' Record (1984)

Tim HardinBird on a Wire (1971)

Van MorrisonSaint Dominic's Preview (1972)

The HolliesFor Certain Because... (1966)

David Ackles - American Gothic (1972)

The Left Banke - Walk Away Renee/Pretty Ballerina (1967)

Bob DylanBlood On The Tracks : New-York Sessions (1974)

The Four Seasons - Genuine Imitation Life Gazette (1969)

Erma FranklinSoul Sister (1969)

Evie Sands - Any Way That You Want Me (1969)

Jackson C. FrankBlues Run The Game (1965)

Millie Jackson - Caught Up (1974)

John Phillips - John, The Wolf King Of L.A. (1969)

The Bee Gees - First (1967)

Bonne(s) écout(e)s et (re)découvertes!

jeudi 3 juillet 2008

Borko – Celebrating Life [Morr Music]

Vous allez encore penser que je ne suis pas forcément objectif: me voilà de nouveau, à 8h25 du matin, prêt à m’extasier sur la beauté d’un disque de chez Morr Music, ce label allemand absolument fascinant qui m’emballe à chaque nouvelle sortie. Oui. Mais que voulez-vous : je suis tellement fan de leurs productions qu’ils pourraient sortir un disque de mouches péteuses que ça ne me choquerait pas et que je serais prêt à m’enthousiasmer.

L’objet du désir de ce jeudi 3 juillet est donc signé sur Morr Music. Et vient du même pays des volcans et glaciers que Björk, l’Islande. Il s’appelle Björn Kristiansson mais utilise Borko comme nom de scène. Un ami des Mùm (avec qui il tourne depuis le début de l’année) qui avait sorti un premier et unique Ep en 2001, ‘Trees & Limbo’, déjà chez Morr Music.
Un personnage dont le myspace nous apprend qu’il est le co-auteur de chansons célèbres comme Last Christmas, Knowing Me Knowing You ou Suicide Is Painless, la chanson phare du film Ghostbusters , qu’il aime la mayonnaise, violer les droits des minorités et qu’il est pour la torture des terroristes. Bref, Borko ne se prend pas au sérieux (toujours via son myspace, on apprend qu’il considère sa musique comme similaire à «Lionel Richie and Mark Knopfler trapped in the set for a sci-fi movie» : tout un programme !) et c’est tant mieux.

Pour son premier album, ‘Celebrating Life’, Borko présente une musique assez loin des deux hérauts des années 80, que l’on qualifiera d’electro mélodique, à laquelle on rajoutera tous les adjectifs possibles et imaginables : pop (Spoonstabber), folk (Summer Logic, voir plus bas) ou rock sur Sushi Stakeout (et ses riffs sérieusement similaires à ceux de la fin très Morriconienne de Interstate 5 des Wedding Present) ou Doo Doo Doo. Et à chaque fois, quelle que soit la veine dans laquelle Borko s’engouffre, il fait toujours en sorte que cela soit les cuivres qui remportent la bataille, présents qu’ils sont tout au long du disque. Certes, il en fait parfois un peu trop, se laisse aller à quelques facilités (sur Hondo & Borko notamment) mais, au final, rien de bien scandaleux, au contraire.

‘Celebrating Life’ est un disque qui fait beaucoup penser au Mùm des débuts, les voix des deux sœurs Valtýsdóttir et le côté tristoune en moins. ‘Celebrating Life’ est un premier album réussi, pas foncièrement indispensable mais diablement charmeur, pour peu qu’on aime les ambiances allemandes de Morr Music, tout en touché electro. Bref, 'Celebrating Life' est un disque à écouter. Vite. En plus, il pleut. (Sortie: 29 Février 2008)

Son:
Myspace (Deux titres disponible à l'écoute)

Deux titres ci-dessous, celui d’ouverture, Continental Love et un Summer Logic, très Mùm (malheureusement plus en écoute).

mardi 1 juillet 2008

Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]

En 2002, Dntel sort son premier album, 'Life is Full of Possibilities'. Au neuvième morceau, (This Is) The Dream of Evan and Chan, il invite Ben Gibbard, de Death Cab for Cutie, à venir chanter sur une de ses compositions. Les deux ne le savent pas encore mais The Postal Service est né.
Un an plus tard, leur premier album voit le jour. Grand disque de 2003 (dont on ne dira jamais assez à quel point il est essentiel dans cette première décennie de siècle), 'Give Up' aligne les titres electro-pop cheap aux contours de tubes.

Depuis cette date, et mis à part un Ep censé nous faire patienter ('We Will Become Silhouettes Ep' en 2005), rien. Les deux gus ont repris chacun leurs propres chemins. Et la suite se fait attendre.

Vu qu'il semble désormais acquis qu'un second album ne verra jamais le jour, il faut bien se résoudre à trouver un remplaçant. Au moins un palliatif, histoire de se remettre doucement de cette attente qui semble éternelle. Et, sans crier gare, au détour d'un blog, Styrofoam m'a sauté aux yeux. Aux oreilles. Au cou. Au cerveau.

Styrofoam est en fait le projet solo de Arne Van Petegem, Belge de son état, qui a une discographie longue comme le bras et des amis qui parlent à mes esgourdes: entre autres, et rien que cela, Valerie Trebeljahr (Lali Puna), Andrew Kenny (The American Analog Set), Bent Van Looy (Das Pop), Markus Acher (The Notwist, Lali Puna) ou Alias. Remixeur à ses heures (Giardini di Mirò, Tristeza ou Mùm, entre autres), Styrofoam a tout pour remplir le rôle de remplaçant de Postal Service dans mon petit cœur.
Dès les premières notes de After Sunset, tout est dit : cette voix, cette ambiance électro-cheap aux relents très pop (de la guitare, de la basse); tout sonne comme le duo de Sub Pop. Et à l'écoute de Microscope (voir plus bas), plus de doute possible : la filiation est évidente.

En creusant le sujet, je me suis aperçu qu'en fait, j'avais déjà entendu un morceau de lui : sur 'We Will Become Silhouettes Ep' des Postal Service où il remixait leur Nothing Better. Et que la parenté avec le duo Gibbard/Dntel était plus importante que prévu, les deux «groupes» s'étant souvent retrouvé discographiquement parlant depuis six ans (Styrofoam a sorti un Split Ep avec Dntel en 2002 et a convié Ben Gibbard sur un de ses disques).

Il serait évidemment réducteur de ne présenter Styrofoam que comme une pâle copie du duo américain. Car lui aussi à son univers. Histoire d'enfoncer le clou, Styrofoam se plait même à inviter quelques voix pour embellir ses morceaux. Un Josh Rouse sur Lil' White Boy, Erica Driscoll sur No Happy Endings (où sa voix lancinante fait des merveilles) ou Lili de la Mora sur No Deliveries List (le titre le plus electro de l'album).

Bref, en quelques écoutes, je suis tombé sous le charme de cette musique un brin cheap mais bigrement efficace. Je n'ai rien écouté de ses essais passés et de ses premiers albums. Mais ce 'A Thousand Words' m'a vraiment emballé et il me tarde d'aller poser quelques oreilles sur ses oeuvres passées. D'ici là, je sens que je vais me délecter encore longtemps de ce délice d'electro-pop. Miam miam. (Sortie: 21 avril 2008)

Son :
Myspace
Site Officiel (enfin, kinda)

Et en écoute, deux titres, A Thousand Words et Microscope (un des tous meilleurs titres de l'album), malheureusement plus en écoute.