vendredi 30 novembre 2018

[Track of The Day] Maps of Jupiter - Architects

Pendant longtemps, Greed Recordings fut un de mes labels préférés. Et je ne me suis pas fait prier pour le faire savoir. Entre le choc que fut l'écoute de 'Necessary Alibis' de Moonman, les découvertes de Cornflakes Heroes (voir ici et ), de Delphine Dora, des belges de Guernica, des italiens d'Action Dead Mouse (voir et ici)  ou encore des français de General Bye Bye, Greed Recordings fut un de mes labels préférés, celui dont je guettais impatients les futures sorties.

Sauf que depuis 2012 et la parution de 'ä', troisième dernier album des fameux italiens d'Action Dead Mouse, Michel Malégeant, aux manettes de l'aventure, s'était fait très discret. Il y avait bien son projet personnel CABALE, mais rien jusque là de consistant à se mettre sous la dent.

C'est donc tout à ma joie que je fus il y a quelques semaines de cela quand Michel Malégeant (et Greed Recordings par la même occasion) rompit le silence en présentant son nouveau projet, Maps of Jupiter, avec un 'Firewalker Ep' de cinq titres, aux belles guitares où les ombres et influences de Blonde Redhead et The Notwist planent sur l'ensemble. Un bien joli retour (Architects, en écoute ce jour, en est la meilleure preuve). Et qui, à en croire l'intéressé, n'est que le début de nouvelles aventures.

Album : Firewalker Ep
Année : 2018
Label : Greed Recordings


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Architects de Maps of Jupiter, qui ouvre ce 'Firewalker Ep', est en écoute ci-dessous :  



Autre chanson de ce 'Firewalker Ep' de Maps of Jupiter, voilà Noone will ever know what it was all about :


Pour finir, le clip de Architects de Maps of Jupiter :



mercredi 28 novembre 2018

Malcolm Middleton - Bananas [Triassic Tusk Records]

Malcolm Middleton n’est pas un homme têtu. Et c’est tant mieux. Sinon 'Bananas' serait sorti sans avoir jamais existé ; la faute à notre façon d’écouter de la musique. Mais rembobinons.

Il y a quelques mois de cela, Malcolm Middleton annonce qu’il va sortir son septième album. Celui-là s’appelle 'Bananas' donc, et fait suite à 'Summer of '13', un disque de 2016, sans doute le moins bon de sa discographie, sauvé tout de même par le bien joli Like John Lennon Said.

Les annonces se multiplient, mais rien de précis à se mettre sous la dent. Quand la date de sortie arrive, on ne trouve rien et nulle part : ni sur les plateformes de streaming traditionnelles, ni sur bandcamp ou soundcloud. Youtube ? Rien, non plus. Quelques rares critiques s’enthousiasment pour ce 'Bananas'. Mais impossible de confirmer la chose en écoutant le disque. Quid donc ?

Quelques temps après m’être étonné sur twitter de l’absence du disque, Malcolm Middleton m’écrit et m’explique que oui, ne pas mettre son disque en écoute sur internet est un vrai choix. Comme il le dit lui-même : « the album was made with vinyl in mind. It’s like making a vase, rather than a photo of a vase » (l'analogie est jolie).

Un choix artistique aussi rare qu’intransigeant (tous les groupes ne sont pas sur Spotify et compagnie, mais mettent au moins leurs disques en écoute sur bandcamp ou soundcloud) et qui renvoie à une époque révolue où on achetait souvent un album les yeux fermés, conseillés par la presse ou notre disquaire.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, cette époque est totalement révolue. Et que commercialement parlant, cette stratégie est du suicide. Et pour un artiste comme Malcolm Middleton, certes pas tout en haut de la vague de la hype mais pas le premier venu non plus, j'ai rarement vu aussi peu de retours.

Depuis, et même s’il l’avait précisé (« I’ll do cd and digital later to keep everyone happy though »), le disque est disponible de partout ! Et vous savez quoi ? C’est une bonne chose tant il est réussi. Après s'être essayé à plusieurs choses, avec plus ou moins de réussites (le réussi projet 'Human Don't Be Angry' et le disque du même acabit avec David Shrigley 'Music and Words', le plus dispensable 'Summer of '13' donc), Malcolm Middleton retrouve ses premières amours, ses mélodies pop pleines de rock et accouche avec 'Bananas' du petit frère de 'Waxing Gibbous', disque adoré dans ces pages s'il en est.

Il y a ici tout ce qui m'a toujours plu dans la carrière solo de l'ex-Arab Strap : des mélodies marquantes, des balades tuantes (il reste un des maîtres en la matière dès qu'il s'agit de composer des chansons belles mais à pleurer, la preuve avec Salamander Gray), du piano, une double-basse, des chansons qui finissent rarement là où elles ont démarré, des chemins de traverses, des tiroirs, des relances de ritournelles lorsqu'on sent qu'elles sont prêtes de s'éteindre, cette façon si délicieuse de dire « fuck-off », des textes aussi drôles que mélancoliques et emplis de peine, ces voix (notamment celle de Kenny Anderson, aka King Creosote) qui viennent sublimer l'ensemble, la production de Paul Savage (ex-Delgados), toujours à la production. Il y a un peu tout cela dans cet album de Malcolm Middleton. Un artiste on ne peut plus attachant à tous les niveaux. Et un putain de songwriter.

Hasard (?) du calendrier, un papier sur un ex-Arab Strap succède donc à un papier sur un ex-Arab Strap dans ces pages. C'est toujours bon à prendre. Encore plus quand, au détour d'une excellente interview (voir plus bas), j'apprends que Aidan Moffat et Malcolm Middleton, sont en train de travailler à un possible nouvel album d'Arab Strap : « so we’re writing at the minute, with a view to recording next year and releasing in 2020. We’ve no idea if it’s going to work, or if it’ll fit with the band or just be myself and Aidan ». Si c'est pas de la news ça. (Sortie : 28 septembre 2018)

Plus :
'Bananas' de Malcolm Middleton est à l'achat sur sa page bandcamp
'Bananas' de Malcolm Middleton est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Bananas' de Malcolm Middleton est également en écoute chez, notamment, Spotify et Deezer
Longue et très intéressante interview de Malcolm Middleton parue sur For The Rabbits. A propos de 'Bananas' mais de beaucoup d'autres choses. Et on y apprend donc qu'un nouvel album serait, possiblement, dans les tuyaux.

Trois chansons de ce 'Bananas' de Malcolm Middleton en écoute. Tout d'abord, Salamander Gray (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer), le père Middleton se pose là. Puis, Love Is A Momentary Lapse In Self-Loathing, sans doute le tube de l'album. Et pour finir Buzz Lightyear Helmet, longue de plus de 8mns :






mardi 27 novembre 2018

[Track of The Day] Aidan Moffat & RM Hubbert - Only You (Yazoo cover)

Dans quelques semaines (mais vous me direz, ça déjà commencé depuis fin octobre, va comprendre Charles), quand on tirera le bilan de l'année musicale 2018, il ne faudra pas oublier de mentionner 'Here Lies The Bodies', le très bel album d'Aidan Moffat et de RM Hubbert, dont je m'étais fait l'écho il y a quelques mois de cela.

Quelques mois plus tard, les deux compères écossais remettent le couvert pour un album de noël. Mais vu qu'on est en présence d'Aidan Moffat, c'est une certaine idée de ces célébrations. Le disque s'appelle 'Ghost Stories for Christmas' et il est défini comme ceci : « These are the ghosts of love, haunting happy homes and fairy-lit bars; these are the ghosts of memory, of haunted mirrors, pagan festivities, and unforgettable friends ».  

Deux morceaux ont jusque là vu le jour, A Ghost Story for Christmas (et ses grelots de noël) et une très belle reprise d'Only You de Yazoo. Un joli programme donc. Et puis de mieux qu'une voix écossaise pour bercer ses soirées hivernales ?

Album : Ghost Stories for Christmas
Année : 2018
Label : Rock Action


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Only You de Aidan Moffat & RM Hubbert est également en écoute ci-dessous :



A Ghost Story for Christmas d'Aidan Moffat & RM Hubbert est également à découvrir :



lundi 26 novembre 2018

[Track of The Day] The Innocence Mission - Star of Land and Sea

Mis en lumière par Sufjan Stevens en 2007 à l’occasion d’un « Concert à Emporter » de la Blogothèque où il reprenait leur Lakes of Canada perché sur un toit (voir plus bas), The Innocence Mission ne semble pas usé, fatigué et à court de mélodies.

Fondé en 1989, le trio (le couple Peris, Karen et Don, et Mike Bitts) malgré ses 30 années d'activité continue de sortir des albums. Et contrairement à pas mal de leurs contemporains, on dirait que leurs nouveaux disques sont encore plus beaux que les précédents.

Dernier exemple en date, 'Sun on the Square', album sorti chez Bella Union et en tous points splendide. Bien sûr, il y a la voix de Karen Peris, presque enfantine, qui fait toujours le charme de leurs compositions. Bien sûr, il y a les textes de la même Karen Peris, aussi tristes que plein d'espoirs. Bien sûr, il y a ces arrangements soignés et soyeux, rendant leur folk pleine d'ampleur. 

Mais surtout il y a une chanson : Star of Land and Sea (en écoute ce jour). A la première écoute, j'ai cru que Jonathan Donahue de Mercury Rev avait été invité au micro par The Innocence Mission. Et puis non. En fait, cette voix, c'est celle de Don Peris. Et cette chanson, assourdissante de beauté, c'est le plus bel hommage qui soit au 'Deserter's Songs' de Mercury Rev ; vingt ans après.

Album : Sun on the Square
Année : 2018
Label : Bella Union


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Star of Land and Sea de The Innocence Mission est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson de ce 'Sun on the Square' de The Innocence Mission, voilà le très beau Shadow of the Pines, dont les quelques notes de piano d'introduction ne sont pas sans rappeler le prélude de Bach :



La reprise de Lakes of Canada de The Innocence Mission par Sufjan Stevens en 2007, lors d'un Concert à Emporter :




vendredi 23 novembre 2018

[Track of The Day] Agoria - Embrace (feat. Phoebe Killdeer)

Ma première rencontre (musicale s'entend) avec Agoria date de 2004, où, en fin de master, j'étais parti faire un stage de six mois chez PIAS. Là-bas, au service « promotion », j'avais en charge, entre autres choses, la promo (« province » évidemment, les dates parisiennes étant gérées par les attachés de presse) des tournées de Julie Delpy (pour son album éponyme), Sylvain Chauveau (pour 'Un Autre Décembre') et Agoria (il avait sorti l'année précédente 'Blossom'). Nos relations se sont limitées à quelques rares coups de téléphone pour caler quelques interviews ici et là avec les quotidiens régionaux, fanzines et autres radios locales.

Vous me direz, on a rarement fait pire niveau anecdote de pacotille. Mais que voulez-vous, il faut bien ouvrir un papier. Surtout quand on s'est éloigné, chaque année un peu plus de la scène électro actuelle.
Tout ça pour dire donc, que depuis, je n'ai pas arrêté de recroiser Sébastien Devaud, essentiellement en soirée ou en festival. Surtout qu'en tant que lyonnais, on a pu le voir à chacune des éditions de Nuits Sonores (forcément), et que ce furent à chaque fois de grands moments (son ping-pong avec Laurent Garnier en 2008 fut dantesque, le mix final des 10 ans impeccable).

Retomber sur lui au détour d'une news m'a donc poussé à écouter ce nouveau single, Embrace, annonciateur d'un album à venir en mars 2019. Un titre moins électro que pop voire digital-soul, très bien mené et sur lequel la voix de Phoebe Killdeer est délicieuse. Une chanson qui me rappelle bizarrement le Black Water d'Apparat ; et dont la beauté et la puissance prennent encore plus de force à la vision du clip, très fort, réalisé par la réalisatrice libanaise Jessy Moussallem (voir plus bas).

Album : Drift
Année : 2019
Label : Sapiens Recordings


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche, Embrace d'Agoria, avec Phoebe Killdeer au chant, est en écoute ci-dessous, via soundcloud ou son clip :