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vendredi 23 août 2019

The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]

Si 'Debt Begins at 30' était leur premier album, sans nul doute qu'on aurait fait de The Gotobeds (malgré son absence sur la pochette, c'est bien un groupe en « The ») de « next big thing » de la scène rock actuelle. Sauf que ce n'est - donc - pas leur premier disque, mais leur quatrième (et puis on va laisser cette place à The Murder Capital).
Pour autant, le quatuor originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie a tout ce qu'il faut pour éclater enfin à la face du monde - ou tout au moins à la face des gens qui aiment l’indie-rock (ce qui réduit le panel et ce chaque année un peu plus). Car 'Debt Begins at 30' a une gueule et de sacrées chansons à revendre.

Sans en être un, ce disque des Gotobeds est presque un concept album. Pas forcément dans les thématiques abordées ou pour la cohérence de l’ensemble, mais plus parce qu’il invite pléthore d’artistes à venir chanter et jouer avec eux, et ce sur chaque chanson - ce qui n'est quand même pas commun dans cette sphère musicale. Et la liste a plutôt un joli relief : il y a bien des membres de groupes inconnus à mon bataillon personnel (Silkworm, Positive No ou Downtown Boys), mais on compte également Joe Casey et Greg Ahee de Protomartyr (et pas sur les mêmes titres), Bob Weston de Shellac et Bob Nastanovich de Pavement (qui, pour toute participation, gueule « Dross » sur la chanson du même nom et a rédigé le texte de promotion de l'album).

D’où un 'Debt Begins at 30' particulièrement divers, qui garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, mais qui s’échappe un peu de partout, allant piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting), Pavement et avec tout du long un côté Sonic Youth et Wire du meilleur effet. 

Pour autant, cet album de The Gotobeds n'a rien d'une « compilation ». Très bien produit, sans titre faible (même la version alternative, en espagnol, de la chanson Debt Begins at 30 n'est en rien une redite), n'oubliant jamais les mélodies, doublant souvent les voix pour donner encore plus de corps aux chansons, 'Debt Begins at 30' est avant tout un putain de disque rock, dans toutes ses acceptions, plein de guitares acérées et de morceaux qui ne demandent qu'à être des tubes. Il ne reste plus qu'à souhaiter à ces presque trentenaires d'avoir, plutôt que des dettes, la reconnaissance qu'ils méritent. (Sortie : 31 mai 2019)

Plus : 
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est également à l'achat sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
A noter que The Gotobeds viendront présenter 'Debt Begins at 30' en novembre prochain en France, à La Boule Noire le 18 et au Sonic de Lyon le 19.

Trois chansons de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds en écoute aujourd'hui. Calquer The Hound (qui ouvre l'album) pour commencer (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer, ainsi que dans la colonne de gauche de ce blog). Puis On Loan. Et enfin Bleached Midnight :






Pour finir, voilà deux clips des deux singles extraits de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds : Twin Cities et le très Pixies 2:15




mercredi 21 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (50-31)



Si tout avait été normal, ce top albums de l'année 2014 aurait du voir le week-end du 10 janvier. J'avais pris un peu de retard après les top «formats courts » et « chansons ». Et puis il est arrivé ce qui est arrivé et j'avoue que j'ai eu du mal à encaisser le choc, comprendre et parler d'autres choses.

Mais bon, il faut bien repartir de l'avant. Quand bien même Cabu, Wolinski, Charb et les autres. Ainsi donc, passons maintenant à la partie consacrée aux meilleurs albums (selon votre serviteur évidemment) de 2014, le tout en trois parties comme le veut la tradition : du numéro 50 au 31, du numéro 30 au numéro 11. Et enfin les 10 premiers.

Avant cela, quelques liens de sites amis (ou non) sur lesquels je vais souvent poser mes yeux et mes oreilles :

Ainsi donc, après le top « 7", 12", Ep & Compilation » et le top « Chansons » (toujours en écoute), passons au top albums avec ces cinquante disques qui auront rythmés mon année de diverses façons.

Première partie aujourd'hui avec les 20 « derniers » (je n'aime pas ce terme tant ces 50 disques comptent tous pour moi), avec des groupes pop au futur succès public, un barbu en pleine renaissance, des japonais bruyants, un français eighties, des canadiens furieux, des écossais toujours brillant, un gallois excentrique et un lyonnais de Roubaix.

Au bas de chaque disque, vous trouverez un lien vers une chronique de l'album en question (d'ici mais souvent d'ailleurs) ainsi qu'un lien renvoyant vers un magasin en ligne au prix très compétitif pour acheter le disque. Car oui, écouter de la musique, c'est bien, acheter des disques c'est bien aussi.

Également, au bas de ce long papier, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne(s) écoute(s). Et n'hésitez pas à rajouter vos tops en commentaires !

Pour rappel :



50. Black English - No [Arts & Crafts]
Jusqu'à peu, le groupe s'appelait 'No'. L'album 'El Prado'. Et puis une confusion avec un jeune groupe punk de Los Angeles a forcé le groupe à changer et à devenir les Black English. Découvert en première partie de Yann Tiersen il y a quelques mois de cela, Black English est un sextet, sorte de mélange entre The National (pour la voix profonde qui a quelques airs de Matt Berninger) et Coldplay (avant que ceux-ci aillent se prostituer auprès de tout ce qui existe de plus dégueulasse dans l'industrie musicale actuelle). Un premier essai consistant, déroulant régulièrement quelques chansons très efficaces. Le charisme du chanteur Bradley Hanan Carter aidant, on devrait entendre parler de ce groupe assez rapidement.



49. Arthur Beatrice - Working Out [Polydor]
Premier album pour ce groupe découvert il y a 2 ans en première partie de Beach House, Arthur Beatrice n'en finit pas de me séduire. On ne criera pas au génie, mais ce premier album des londoniens est dans la lignée de leur Ep de l'an passé. Pop, belles mélodies, ambiance ouatée, et quelques sonorités électroniques pour donner du corps à l'ensemble. Séduisant disais-je.



48. The War on Drugs - Lost in the Dream [Secretly Canadian]
Dans la foulée de Mark Kozelek, The War on Drugs est devenu le nouveau groupe qu'il est de bon ton de détester en 2014. Affublés de surnoms débiles comme « Dire Straits des années 2010 », les américains auront pourtant sorti un disque sûr de lui cette année. Évidemment les guitares trainent parfois en longueur, évidemment, il y a ici un côté rock héroïque. Mais les compositions et les chansons sont là. Et c'est quelqu'un qui chérit le live de Dire Straits 'On The Night' plus que de raisons qui vous le dit : il n'y a rien de Dire Straits dans cet album.



47. Twin Peaks - Wild Onion [Grand Jury]
Aveu terrible : je n'ai jamais jeté le début d'un œil sur Twin Peaks. Internet étant mon ami, j'aurais sans doute l'occasion prochainement de me rattraper, David Lynch ayant annoncé la reprise de sa série mythique pour 2016.
Le seul Twin Peaks que je connais vient de Chicago et est un quatuor d'indie rock aux allures de groupe punk. 'Wild Onion' est leur deuxième album (en 2 ans) ; avec seize chansons au programme. Rien de bien révolutionnaire mais une belle réjouissance à écouter les chansons courtes et concises (quatre seulement de plus de 3mns) de ce qui ressemble bien à de jeunes branleurs, mais talentueux.



46. Jessica93 - Rise [Teenage Menopause]
Avec son nom qu'on dirait tout droit sorti d'un chat caramail, Jessica93 n'a pourtant rien d'une gamine qui vous aurait accosté par un « ASV ? ». Geoffroy Laporte, l'homme qui se cache derrière Jessica93 (il fait tout), est plutôt du genre à balancer des pralines dans les oreilles de ses auditeurs. Entre shoegaze, cold-wave, boite à rythme et guitares bouclées. Avec le saint patronage des Cure.



45. Allah Las - Worship The Sun [Innovative Leisure]
Quatuor californien, Allah-Las aura confirmé en 2014 les jolis espoirs que l'on plaçait en eux il y a 2 ans à la sortie de leur premier album. Gardant la même ligne de conduite, les Allah-Las continue de plonger leur musique au sein des années 60, mélangeant habilement garage-rock et pop ensoleillée. Rétro sans l'être, les Allah-Las deviennent une valeur sûre.



44. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra - Fuck Off Get Free We pour Light on Everything [Constellation]
Quatre ans après leur dernier album, deux ans après leur dernier Ep en date, la bande d'Efrim a enfin eu envie de donner de plus amples nouvelles. En résulte un 'Fuck Off Get Free We pour Light on Everything' puissant et porté par une chanson délicieuse et pleine de frissons dans la plus pure tradition Silverienne (What We Loved Was Not Enough). La reformation de Godspeed You Black Emperor semble les avoir remis dans le bon sens après un 'Kollaps Tradixionales' plutôt faiblard. Tant mieux.



43. I Love You But I've Chosen Darkness - Dust [Monopsone]
Deux albums et un Ep en 13 ans d'existence, on ne peut pas dire que les texans de I Love You But I've Chosen Darkness soient prolifiques. Ainsi, 8 ans après premier album 'Fear is On Our Side', voilà le retour du quatuor. Dans la droite lignée de son premier album. Post-punk toujours élégant, aux compositions entre gris clair et sombre obscur. Et avec toujours la même grâce.






42. Current 93 - I Am the Last of All the Field That Fell (A Channel) [The Spheres]
A l'instar de Michael Gira, David Tibet continue sa carrière avec grandeur et sans décadence. Auteur ces dernières années d'albums somptueux l'ayant remis en selle (voir ici ou ), David Tibet, ses Current 93 et sa pelletée d'invités (de Nick Cave à John Zorn en passant par James Blacksaw et Antony Hegarty d'Anthony and The Johnsons), remetten le couvert pour une nouvelle descente poétique dans les noirceurs de l'âme, avec de longues chansons (une moyenne de 6 minutes) avec le piano toujours et évidemment en pièce centrale. Sombrement beau.



41. Arandel - Solarispellis [InFiné]
Petit prodige français de l'électro mais très discret, on ne sait pas qui est Arandel. Mais ceci importe peu. Car 4 ans après un 'In D' envoutant, le voilà de retour, toujours chez InFiné, pour un hommage aux années 70.
Comme pour le précédent album, Arandel se donne une grande ambition : n'utiliser que des instruments classiques et autres synthés analogiques. Contrainte qui n'en est pas une tant ce nouvel album semble habité. Bien que différent, 'Solarispellis' n'est peut-être pas du niveau d''In D' mais on n'en est toutefois pas très loin.



40. Fear of Men - Loom [Kanine]
Indie-pop qui aime les guitares, Fear of Men est un groupe à côté duquel j'étais passé l'an passé. Rattrapage en 2014 avec 'Loom', deuxième album du quatuor de Brighton, très réussi, sorte de synthèse entre The Magnetic Fields et Broadcast sur beaucoup de titres. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.



39. Ought - More Than Any Other Day [Constellation]
Premier album pour les canadiens de Ought, et sortie directe chez Constellation, excusez du peu. Pétri d'influence (Talking Heads par ci, The Fall par là), 'More Than Any Other Day' est avant toutes choses un premier album décapant de post-punk aux morceaux longs et travaillés. Et quitte à faire une analogie bêtasse, je dirais que Ought est l'alter-ego post-punk de Clap Your Hands Say Yeah (évidemment, la voix y est pour beaucoup, mais quand même).



38. Avi Buffalo - At Best Cuckold [Sub Pop]
En 10 chansons (et 36 mns), Avi Buffalo fait sur son deuxième album 'At Best Cuckold' une belle revue de la pop actuelle ou tout au moins récente : du Death Cab for Cutie par-ci, du Elenaor Friedberger par là, et du Sufjan Stevens au milieu de tout cela (évident Overwhelmed with Pride). Le tout avec quelques élans hero-rock (Oxygen Tank, Memories of You) pas désagréables, mais surtout piano, cordes et cette belle voix, très haute et qui caresse les compositions. Joli classique de 2014.



37. Champs - Down Like Gold [PIAS]
Originaire de l'île de Wight où Dylan is Dylan et che Viva Donovan, les frères Champion (d'où le Champs) font dans la pop joliment ouvragée sans pour autant négliger quelques passages plus fok. Leur premier album 'Down Like Gold' est un beau premier jet qui devrait plaire à tous les amoureux de belle pop. Mieux, les deux frangins semblent être des rapides : leur prochain album est prévu pour dans quelques semaines.



36. Shellac - Dude Incredible [Touch & Go]
Sixième album pour le groupe de Steve Albini, Bob Weston et Todd Trainer. Et il aura fallu attendre 7 ans. Il faut dire que les Shellac prennent leur temps et surtout n'ont pas vraiment de plan de carrière arrêté et décident d'enregistrer quand l'envie est là. Tant mieux, car à chaque fois, le choc est aussi frontal que délicieux. Shellac ne change pas son fusil d'épaule. Et pond là un disque plus math rock que jamais, évidemment produit au cordeau.



35. MONO - The Last Dawn / Rays Of Darkness [Pelagic]
Difficile de dissocier ces deux albums - parus simultanément - de MONO, les 8è et 9è des japonais. Difficile car ils ne font véritablement qu'un. Que ce soit sur 'The Last Dawn' ou 'Rays of Darkness', pourtant présentés comme le yin et le yang, tout n'est que noirceur et mélancolie, comme toujours avec MONO, avec guitares aux riffs rageurs, fûts martelés avec précision et force, et même voix caverneuse. Mais les japonais savent s'adonner aussi au calme, certes sans volupté, avec des passages très Godspeed You ! Black Emperor (magnifique Surrender). Grands crus.



34. Amen Dunes - Love [Sacred Bones]
Damon McMahon (aka Amen Dunes) aura été une de mes découvertes de 2014. Sur son quatrième album 'Love', aidé de quelques Ice Age, Colin Stetson et d'Efrim de Thee Silver Mt. Zion, l'américain égrène ses chansons longues, folk et psychédéliques, lorgnant parfois même sur des titres plus rock. Ajoutez à cela une production pleine d'écho, et vous obtenez un disque obsédant.



33. Gruff Rhys - American Interior [Turnstile]
Existe t-il aujourd'hui un artiste comme Gruff Rhys ? Que ce soit sur cet album (ou l'histoire fantasmée de John Evans parti à la recherche du Prince Madoc, gallois qui aurait découvert l'Amérique 300 ans avant Christophe Collomb) ou sur scène (dans un show drôle, parfois même hilarant, où le gallois est capable de tenir un auditoire avec une simple gratte acoustique et quelques 45-tours), la question se pose clairement. Chapeau Mister Rhys.



32. The Twilight Sad - Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave [Fat Cat]
Le meilleur groupe écossais depuis quelques années confirme qu'il est bien le meilleur groupe écossais depuis quelques années (je ne peux faire plus clair).  Sombre et nerveuse, leur musique l'est toujours autant, se déclinant en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et basse métronome. Et non content d'avoir signé un des disques de l'année, ils peuvent se targuer d'avoir le plus bel artwork de 2014. Easy, comme souvent avec eux.



31. Eels - The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett [E Works]
En 1996, comme tout mon lycée, j'étais tombé en pâmoison devant le premier album de Eels, 'Beautiful Freaks', l'album au bébé avec des yeux énormes. J'avais suivi la suite de ses aventures d'un peu plus loin, avant de lâcher progressivement, lassé. Et puis est arrivé cet album, 'The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett'. Un disque d'une douceur et d'une noirceur à ne pas écouter quand le moral est dans les chaussettes. Mais un disque beau. Mais triste, on n'a pas idée.

Comme promis, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !


mardi 5 octobre 2010

[Track of The Day] Shellac - The End of Radio

Hier soir, L'Épicerie Moderne. La meilleure salle de Lyon accueille un groupe mythique, Shellac. Shellac, c'est le trio formé par Todd Trainer, Bob Weston et Steve Albini (le producteur le plus important des 20 dernières, faut il le rappeler). Dont le principal but est de se faire plaisir et de s'évader de leurs vies professionnelles respectives. Une sorte de soupape de décompression en gros - qui explique le peu d'albums sortis à ce jour (cinq en 16 ans, dont au moins deux essentiels).

Hier donc, pas moins de 700 personnes (!!) en ont donc pris pour leurs oreilles en 1h30 de noise, de math, de punk, de post ce-que-vous-voulez. Mais ils en ont pris, et moi le premier. Simple, carré, brutal, allant à l'essentiel, baigné dans un enthousiasme de chaque instant.

Les Shellac ont développé une puissance sonore couplée à une justesse invraisemblable (ça aide d'avoir deux ingénieurs du son dans le groupe), donnant un coup de fouet à tous leurs morceaux, qui pourtant n'en avaient pas franchement besoin. Et au dessus, toujours la même ligne de conduite: l'anti-conformisme qui les caractérise, démarrant un morceau à droite pour mieux s'arrêter à gauche avant de finir au milieu.

Albini est totalement déjanté sur sa guitare, Weston a une sacrée gouaille et Trainer est un batteur fou furieux au jeu absolument parfait (le dernier batteur qui m'avait marqué à ce point en live était le batteur de Oneida à l'époque de leur 'Secret Wars' en 2004).

Quant aux nouveaux titres au nombre de cinq, ils sonnent très bien sur scène, avec des mélodies plus présentes. Mais comme disait Bob Weston pendant le concert «Le nouvel album sortira peut-être dans 10 ans, peut-être dans 1 mois, on n'en sait rien. Mais on vous tiendra au courant». Y a intérêt.

En tout cas, si Shellac était déjà fortement conseillé sur album, il l'est encore plus sur scène. Vraie baffe et grand moment live de 2010 pour ma part. 

Album: Excellent Italian Greyhound 
Année: 2007 
Label: Touch & Go

dimanche 27 décembre 2009

Top 50 'Albums 2009': 30-11



Cela a beau être totalement futile (voyez l'avis d'Heebooh à ce propos ici), les tops continuent d'affluer (Playlist Society, le top 50 de Mr Meuble. No Music propose pendant ce temps là son top singles ET son top des oubliés de 2009; Toto débute le sien tandis que Rock It to the Moon présente sa sélection d'albums et d'Eps de l'année).
Et la suite ici de mon top albums 2009 donc, après la première partie (31 à 50). Avec à chaque fois (c'est le petit "+" bleu) un renvoi vers une chronique (la mienne ou d'un autre blog) et le lecteur grooveshark qui va bien en fin de papier.




30. Mélanie Pain – My Name [Cinq7]
Son premier album solo ‘My Name’ est une grande confirmation du talent de Mélanie Pain, découverte sur le 'First Date' de Villeneuve. Grain voix charmant, musicalement impeccable, Mélanie Pain compose des chansons pop classieuses (l’aide de Villeneuve ou 1973 y est pour beaucoup aussi), flirtant de ci de là avec la soul ou le cabaret. Et histoire de faire les choses bien, elle convie ici Thomas Dybdahl et surtout Julien Doré pour une chanson magnifique, Helsinki.
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29. Julie Doiron - I Can Wonder What You Did With Your Day [Jagjaguwar]
Avec Julie Doiron, c’est un coup sur deux. Après un ‘Woke Myself Up’ sympathique à défaut d’être renversant, la canadienne reprend les choses en main et sort un album dans la lignée qualitative de son indispensable ‘Goodnight Nobody’ avec ce ‘I Can Wonder What You Did With Your Day’. Tout en n’oubliant pas d’aller se lover le temps de quelques ritournelles dans le sable autour d’un beau feu de camp, Julie Doiron sort les griffes et les guitares. Un album joliment corsé.
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28. The Twilight Sad - Forget The Night Ahead [Fat Cat]
Ils ont l’accent qui va bien (ces ‘rrrr’). Ils jouent fort permettant ainsi à leurs compositions de prendre une ampleur incroyable. Ils aiment raconter des histoires où ne semble jamais percer le soleil. C’est un peu tout ça à la fois The Twilight Sad. Un combo écossais rock où basse classieuse (et vraie métronome), effets de pédales et productions aux oignons se disputent la plus grosse part du gâteau. Play It Loud !
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27. Sophia – There Are No Goodbyes [The Flower Shop]
Ami(e)s de la déprime bonsoir ! Robin Proper-Sheppard est de retour avec son groupe Sophia pour un nouvel album déprimant et mélancolique à souhait. Après un ‘Technology Won’t Save Us’, Sophia reprend de la bête avec ce ‘There Are No Goodbyes’ de haute tenue, fait de mélodies à déchirer les cœurs et de paroles à faire couler les larmes.
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26. Why ? – Eskimo Snow [Anticon]
Bien que mises en boite durant l’enregistrement de ‘Alopecia’, les chansons d’‘Eskimo Snow’ sont tout sauf des face-b ou des chutes de studios. Tout le contraire. Un changement de direction même, cet album étant clairement le plus «pop» de la discographie de Why?. Surtout, ‘Eskimo Snow’ semble être le côté clair d’‘Alopecia’, et la preuve (une fois de plus) que l’on tient là un des plus grands plus grands compositeurs de cette décennie (cette faculté – et facilité – à animer ses chansons de petits riens pour en faire de grandes mélodies). Ce type est fantastique.
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25. We Were Promised Jetpacks – These Four Walls [Fat Cat]
Attention : on tient peut-être le groupe de rock qui animera les charts de la décennie qui vient. We Were Promised Jetpacks : écossais d’origine, pratiquants dans l’église réformée du rock-post-punk-pop, rappelant aussi bien The Apparitions que The Wedding Present avec un soupçon de The Twilight Sad (et pas que pour l’accent). Et surtout capables sur ce premier album ‘These Four Walls’ de pondre des compositions d’une efficacité folle sans jamais tomber dans une facilité dans laquelle tombent beaucoup trop de groupes. Ces We Were Promised Jetpacks ont vraiment tout pour être énorme. On vous aura prévenu.
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24. Grand Duchy – Petits Fours [Cooking Vinyl]
Frank Black prend se femme Violet Clark par la main et l’emmène manger des ‘Petits Fours’. Un énième album passable et ennuyeux ? Non, un album 3 étoiles ! Mieux que ça même, une résurrection ! ‘Petits Fours’ m’a vraiment réconcilié avec le gros Francis et son indie-rock de la fin des années 80. Une ambiance terrible, une production qui met toutes les parties de guitares vraiment en valeur. Un retour passé assez inaperçu mais très réussi !
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23. Malcolm Middleton – Waxing Gibbous [Full Time Hobby]
Ce gars là est une vraie marotte. Pour l’instant je n’avais jamais été déçu par Malcolm Middleton depuis le lancement de sa carrière solo. Ce ‘Waxing Gibbous’ ne déroge pas à la règle. Alignant bluettes pop et tubes rock (Red Travellin’ Socks et Kiss at The Station notamment), l’ancien compère d’Aidan Moffat continue sur la lancée d’une discographie pour l’instant sans faille, toujours menée par cet accent si délicieux
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22. Japandroids – Post-Nothing [Unfamiliar]
Prenez un peu de rock. Saupoudrez de punk. Et faites cuire à noise doux pendant 35 mns. Voilà la recette du ‘Post-Nothing’, premier album de Japandroids, groupe de Vancouver, qui cache son jeu derrière une pochette d’un classicisme désuet. Un album qui frappe fort et juste. Ah tiens, un tympan…
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21. A Place To Bury Strangers - Exploding Head [Mute]
Passé chez Mute et une major après un premier essai détonnant, A Place to Bury Strangers convainc une nouvelle fois avec leur nouvel album 'Exploding Head’. A nouveau lové dans les bras d'une décennie plus que jamais à la mode, les américains tapent plus fort, joue plus juste. Rock-noise-pop lorgnant vers un mélange post-punk/shoegaze, avec guitares pleines d'effets et bruyantes, 'Exploding Head' porte vraiment bien son nom.
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20. Crocodiles – Summer of Hate [In The Red]
The Jesus and Mary Chain a du être le groupe le plus cité cette année sur le net tant de nombreux albums sont allés puiser chez les écossais une partie de l'inspiration. 'Summer of Hate' des Crocodiles ne déroge pas à la règle. Incisif, court, il mélange habilement du shoegaze et de la noisy-pop, en ajoutant des synthés bien vintage.
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19. The Mountain Goats - The Life Of The World To Come [4AD]
‘The Life Of The World To Come’, nouvel album de The Mountain Goats, est une surprise folk/folk-rock totalement inattendue. Entendons-nous bien : j’avais vraiment beaucoup aimé ‘Heretic Pride’, son dernier en date, mais celui-là est plus fort. Il n’a pas semblé aussi en forme que depuis ‘The Sunset Tree’. Un peu plus et il nous ferait retourner à la messe le père Darnielle.
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18. Fever Ray – st [Rabid Records]
Membre de The Knife, Karin Dreijer Andersson prend son envol et sort son premier album sous le nom de Fever Ray. Dark-pop pleine de synthé, finalement proche sans l’être de son groupe d’origine, elle compose là un disque de toute beauté, hypnotique, à l’ambiance lourde et lugubre. Une fièvre étouffante, dont même les clips sont en tous points formidables (l’achat de la version avec le dvd compilant les dits clips est une nécessité).
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17. Action Dead Mouse – Revenge of Doormats and Coasters [Greed Recordings]
Deuxième album de ces italiens de Bologne, et première franche réussite. Un grand coup de pied dans les noix et un ambitieux album de math-rock teinté de post-rock. Ici, il y a du Shellac, du Silver Mount Zion, le tout sous le patronage de Do Make Say Think. Presque essentiellement instrumental, ce ‘Revenge of Doormats and Coasters’ est un disque de haute-voltige, qui ne laisse jamais une seconde de répit à l’auditeur, mais qui n’oublie pas de se reposer sur des mélodies recherchées et exigeantes.
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16. Sufjan Stevens – The BQE [Asthmatic Kitty]
Depuis la sortie de ‘Come On Feel The Illinoise’, Sufjan Stevens nous mène en bateau : une participation à une compilation par-ci, un album de chutes de studio par là. Mais rien de bien concret en nouveauté. Dernière sortie discographique pour le petit génie, ‘The BQE’. Ou la concrétisation sur support physique de son hommage musical et visuel à la Brooklyn-Queens Expressway, une autoroute de New-York. Agrémenté d’un dvd présentant le film, cet album est somptueux. Uniquement instrumental, Sufjan Stevens compose là une musique de film passant de la comédie musicale à l’electro ou l’acid-jazz avec une finesse incroyable. Et que l’on peut appréhender comme la 3è pierre de son projet (qu’il rejette aujourd’hui) des 50 States’.
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15. Loney Dear – Dear John [Polyvinyl]
Si l’on en croit Emil Svanängen, ce ‘Dear John’ est son dernier album sous le nom de Loney Dear (il en a même perdu sa virgule). Et quel album ! Un disque qui s’échappe du folk pour aller vers des sonorités plus organiques et électroniques (80s powa !). Perclu de mélodies travaillées et de quelques titres endiablés, ce ‘Dear John’ est en tout cas un bien formidable point final d’un premier début de carrière.
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14. The Pains of Being Pure at Heart – st [Slumberland]
Le meilleur groupe anglais de l’année est… américain ! Shoegaze de Jesus and Mary Chain, noisy pop de My Bloody Valentine, pop de The Smiths, The Pains of Being Pure at Heart vient fouiller avec bonheur dans les années 80 pour en ressortir la quintessence. Ce premier album est une bien belle surprise, qui «sonne beaucoup comme» certes, mais dont la qualité des compositions ne se dément pas.
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13. Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle [Domino]
Penser qu’en 2009 un des albums de l’année serait composé par celui qu’on appelait Smog relevait de la gageure. Ce ‘Sometimes I Wish We Were An Eagle’ est étourdissant de beauté, de finesse et de douceur. Si dans 40 ans, un de vos petits-enfants vous pose la question «dis papy, c’est quoi qui était beau dans le monde en 2009», vous pourrez répondre «Sometimes I Wish We Were An Eagle de Tonton Bill Callahan».
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12. Crystal Antlers – Tentacles [Touch & Go]
‘Tentacles’ est un album où tout va très vite, où tout tape très fort. Mais jamais trop. Un disque d’artillerie lourde mais pas dans le sens pataud. Non. Les Crystals Antlers pour leur premier album conjugue le noise avec le grunge, le tout au passé composé de psychédélisme. Dernier album sorti par Touch & Go (même dans la mort, ce label au combien précieux aura su avoir bon gout), ‘Tentacles’ est un monument, d’une homogénéité rare dans ce genre musical.
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11. Barzin – Notes to an Absent Lover [Monotreme]
Plus proche d’un Tanakh ou d’un Lambchop, le nouveau Barzin est une bénédiction. ‘Notes to an Absent Lover’ est LE disque folk lumineux de l’année. Ajoutant quelques soupçons de pop dans ses compositions, enrobant le tout de jolies cordes et d’une production tout en retenue, Barzin séduit encore. Le pendant 2009 de l’album de The Sleeping Years.
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Et donc comme à chaque fois, un lecteur grooveshark compilant une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus, en commençant par le 30è pour finir au 11è:



jeudi 8 octobre 2009

Action Dead Mouse - Revenge of Doormats and Coasters [Greed Recordings]

Il est de ces labels pour lesquels je nourris une grande affection. Du genre Rough Trade pour son histoire, Stones Throw pour son intransigeance (et Egon aussi) ou Domino pour sa capacité à se construire années après années un catalogue habile et exemplaire.

Et puis il y a Greed Recordings, label rencontré à l'époque de l'album 'Necessary Alibis' de Moonman. Un disque envoyé. Une écoute. Emballé. Deux écoutes. Subjugué. Trois écoutes. L'impression d'être face à un de ces disques importants qui marquent tous ceux qui ont la chance de l'écouter.

Depuis cet album, je crois que j'ai aimé (euphémisme) tous les albums que le label a sorti. Un seul m'avait peu enthousiasmé: 'Pets and Nerds attack Planet Earth'. Le premier album des Action Dead Mouse.

Or, le second album de ces derniers, c'est la dernière livraison en date de Greed Recordings. J'étais craintif, méfiant. J'ai même remis mes écoutes à plus tard. Histoire de. Comme si je savais par avance que ce disque n'allait pas me plaire.

Il y a une dizaine de jours, j'ai franchi le pas et j'ai écouté l'album. Et depuis, il ne quitte que très rarement mes oreilles. Que ce soit au réveil, au coucher, avant de déjeuner, rien n'y fait: ce 'Revenge of Doormats and Coasters' ne cesse de revenir sur le devant de ma chaîne. Une vraie bonne surprise.

Il faut dire que les Action Dead Mouse, groupe italien originaire de Bologne, n'ont pas fait les choses à moitié, en mêlant plus qu'habilement post-rock et math-rock, en ajoutant des cordes qui donnent un sens subtil à l'ensemble et des cuivres qui rendent le tout encore plus fou (incroyables dernières minutes de Doormats and Coasters). A tel point que l'on croirait entendre Shellac enregistrer avec Thee Silver Mount Zion et tout le tralala.
'Revenge of Doormats and Coasters' est un disque quasiment instrumental (seuls quelques éclats de voix à la ¡Forward Russia! viennent troubler ce déluge sonore), fiévreux, emballant, jamais grandiloquent et toujours acéré, sur le qui-vive, qui ne laisse pas de répit ni à l'auditeur ni aux mélodies pour se reposer sur ses lauriers de riffs, avec changement de rythmes et ruptures inattendues.

Sûrement cérébral - on ne rentre pas dans leur univers comme on rentre dans une chanson pop - mais jamais prétentieux (il faut lire les titres des morceaux pour se rendre compte que le groupe ne se prend pas au sérieux: Tom Cruise Told Me Dan Savio Is Not Dead ou encore Timbaland Vattkoppor (Fuck Oranges, Choose Apples)), les Action Dead Mouse viennent de frapper un grand coup. Un post-math-rock incroyablement addictif dont on reparlera assurément dans quelques semaines. (sortie: 14 septembre 2009)

Son:
Myspace (Deux morceaux de 'Revenge of Doormats and Coasters' en écoute)
Site officiel

Action Dead Mouse ne fait pas les choses à moitié puisqu'ils proposent leur 'Revenge of Doormats and Coasters' en vente pour 10€ tout pile sur leur site officiel ou pour le même prix sur le site de Greed Recordings.

Notons enfin que le toujours indispensable webzine A Découvrir Absolument propose un focus complet sur Greed Recording, avec notamment une excellente interview de Michel Malegeant, le boss du label (à lire ici) ainsi qu'une interview des Action Dead Mouse (c'est là que ça se passe).

Doormats and Coasters, dont la deuxième partie est belle à en pleurer, et un 25 Hours in a Day plein de contrepieds. Voilà les deux titres du jour. A écouter. Fort. (malheureusement plus en écoute)