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jeudi 24 avril 2025

[Track of The Day] Sacred Paws - Fall For You

Découvert à la fin du mois dernier, Sacred Paws est un groupe qui prend son temps : il aura fallu près de six ans pour voir le duo écossais composé de Eilidh Rodgers et Ray Aggs publier son troisième album. Celui-ci se nomme 'Jump Into Life' et fait dans l'indie-jangle-twee-pop. Mais pas à la cool. Plutôt euphorique, sur-vitaminée voire presque épileptique, où la guitare ne semble jamais vouloir jouer autrement que vite, encore plus vite, toujours plus vite. Le genre d'album qui sur la longueur m'épuise personnellement, mais qui pris par petites touches n'est pas exempt de qualité, de chouettes mélodies et donc de bonnes chansons. Du genre Save Somehting en ouverture ou Fall For You (en écoute aujourd'hui), un des singles de 'Jump Into Life', de la twee-pop sous speed qui sonne comme si les Allo Darlin' d'Elizabeth Morris (qui, soit dit au passage, viennent de se reformer) avaient fricoté avec le Vampire Weekend des débuts.

Album : Jump Into Life
Année : 2025
Label : Rock Action Records / Merge Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Fall For You de Sacred Paws est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Fall For You, un des singles extraits de 'Jump Into Life' de Sacred Paws :

dimanche 3 janvier 2021

Bilan 2020 : « Albums » (40-21)


Alors que la rentrée est à portée de main et qu'il va bien falloir remettre la machine en marche après quelques jours de congés, finissons en définitivement avec 2020 avec la sélection des 40 disques qui auront fait mon année. Ceux qui auont rendu plus supportable ce premier confinement, ces couvre-feux, ces interdictions de se rassembler, d'embrasser ou d'aimer.

Avant d'en dérouler la première partie, allons voir les choix du voisinage :
- Le bilan musical 2020 en bédé par Christophe Schenk
- 2020 par des artistes (A Girl Called Eddy, Stephin Merritt de The Magnetic Fields, etc)
- Les 10 albums de l'année par Mind Riot Music
- Les 50 meilleurs albums selon The Revue
- Les 10 albums de l'année du toujours sûr Jean-Marie Pottier

Mais revenons à nos moutons. Première partie avec les disques classés de la 40è à la 21è place donc. Au programme, de la twee-pop, de l'emo-punk toujours aussi jouissif, le retour de flamme d'un grand groupe, la découverte d'un futur grand compositeur et même un artiste auquel j'ai enfin succombé. Ca et bien d'autres choses. Avec, au bas du billet, des lecteurs streaming pour écouter une chanson de chacun des disques évoqués. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

 

40. The Stroppies - Look Alive! [Tough Love]
Trio australien qui avait été bien plus qu'un simple flirt printanier l'an passé dans ces pages, The Stroppies auront donné à 'Whoosh' un bien charmant petit frère, 'Look Alive!'. Un disque qui ressemble à son aîné avec cette pop-lo-fi et diy très mélodique, avec toujours comme une lassitude dans la voix qui donne un soupçon supplémentaire de charme à l'ensemble. Comme s'il était besoin.
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39. Annabel Lee - Let The Kid Go [Luik Records]
Avec ses guitares tantôt lourdes, tantôt acérées (et qui n'auraient sans doute pas dépareillées dans la scène rock d'il y a 25 ans), la voix d’Audrey Marot et la qualité de ses mélodies accrocheuses, jamais bien loin du tube, les bruxellois d’Annabel Lee font dans le court (9 chansons, 32 mns tout juste), l’énergique et l’efficace.
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38. Holy Fuck - Deleter [Last Gang Records]
Cinquième album pour les canadiens, totalement perdus de vue depuis leur 'LP' de 2007. Entre indietronica et dance-pop, rythmique au cordeau, synthés puissants et quelques invités pas piqués des vers (Alexis Taylor d’Hot Chip, Angus Andrew de Liars et Nick Allbrook de Pond).
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37. Extraa - Baked [Requiem Pour Un Twister]
Les deux pieds enfoncés dans une pop 60s/70s où l’on sent toute l’influence des Beatles que des Kinks (mais pas que), voilà les parisiens d'Extraa et leur premier très joli album. Très anodin de prime abord, il s'avère être une petite parenthèse des plus délicieuses, faites de mélodies accrocheuses et portées par une jolie production.
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36. Son Little - Aloha [ANTI-]
Dans une année qui aura rivalisé de très belles pochettes, celle du 'Aloha' de Son Little est sans doute dans le très haut du panier. Mais comme cela ne suffit pas à en faire un bon disque et encore moins un des disques de l’année, rajoutons que ce mélange de pop, de folk et de blues avec cette vibe soul et r'n'b qui parcourt tout le disque est on ne peut plus conseillé. Amy Winehouse aurait sans doute adoré travailler avec ce mec.
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35. The Apartments - In And Out of the Light [Talitres]
Les années passent et Peter Milton Walsh n’est toujours pas heureux. En tout cas, c’est ce qui ressort de 'In And Out of the Light', le successeur du miraculeux 'No Song No Spell No Madrigal' en 2015. Des chansons d’une douceur belle à frémir, de la mélancolie à tous les étages et des larmes qui ne sont jamais bien loin de couler à chaque nouvelle écoute.
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34. Lunchbox - After School Special [Slumberland Records]
Avec ses chansons courtes et ramassées, enregistrées dans un sous-sol et sans s'embarrasser de circonvolutions, le nouvel album de Lunchbox va à l’essentiel avec son indie-pop pleine de twee (à moins que ce ne soit l'inverse), de soleil, de trompettes euphoriques, de mélodies efficaces. Pas propret pour un sou mais diablement efficace.
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33. Cable Ties - Far Enough [Merge Records]
Disque rageur à bien des égards, ‘Far Enough’ est un énorme coup de savate de la part du trio de Melbourne. Un album puissant de rock, de punk et de garage, politique et féministe, qui tient sa ligne tout du long et contient quelques chansons qui en d'autres temps auraient été des tubes.
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32. Touché Amoré - Lament [Epitath]
Dans leur style, Touché Amoré ne va pas réinventer l’eau chaude. Et ce n’est pas ce qu’on leur demande. Un disque jouissif au possible, post-hardcore et emo au programme, avec toujours le chant rageur et criard de Jérémy Bolm qui surplombe un disque qui ne manque pas de mélodies. Peut-être leur plus immédiat et réussi.
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31. The Little Hands of Asphalt - Half Empty [Fika Recordings]
The Little Hands of Asphalt ou l'alias de Sjur Lyseid, norvégien de son état qui fait dans la pop mélancolique (entre guitares et piano), lisse de prime abord et finalement très entêtante. De superbes balades, quelques moments plus enlevés (comme sur le titre avec Elizabeth Morris de feu Allo Darlin'), et au final un disque beau comme tout que je me surprend à plus que souvent ressortir depuis sa parution.
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30. The Flaming Lips - American Head [Bella Union / Warner]
Perdus à mes oreilles depuis longtemps, les Flaming Lips mettent de côtés leurs élans psyché, retrouvent leurs envies du début des années 2000 (et notamment de 'Yoshimi Battles The Pink Robots') et composent un disque mélodique à souhait, très bien arrangé et à la douceur indéniable
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29. Bad Moves - Untenable [Don Giovanni Records]
S’il ne révolutionnera rien, ce second album du quatuor de Washington Bad Moves aura fait du bien à cette année 2020. Un condensé addictif de power-rock et d’indie-rock pied au plancher qui ne se pose pas de questions et qui est porté par un tube en or massif, Party With The Kids Who Wanna Party With You.
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28. Porridge Radio - Every Bad [Secretly Canadian]
Entre rock, pop et post-punk, calme et brutalité, douceur et acidité, le deuxième album des anglais de Brighton aura marqué son monde en 2020. Un disque souvent habité et porté par la voix et les textes de Dana Margolin, il atteint son apogée sur un Long des plus nerveux et délicieux et qui n’est pas sans rappeler le Not de Big Thief sorti l’année dernière.
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27. The Proper Ornaments - Mission Bells [Tapete Records]
Le quatuor continue discrètement sa carrière avec 'Mission Bells, peut-être son album le plus abouti. Un disque dans la même veine pop à guitares, mais peut-être plus las ou fatigué. Et plus les écoutes ont passé, plus il semble que ces jeunes gens sont les Radio Bros de leur temps. On a vu bien pire compliment.
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26. The Luxembourg Signal - The Long Now [Shelflife Records/Spinout Nuggets]
Un troisième album pour les américains, révélation de 2018, sans doute supérieur au précédent 'Blue Field', pourtant déjà très réussi, mais cette fois sans single aussi puissant que Laura Palmer. Court (34 mns), rempli de superbes mélodies, dream-pop/indie-rock/shoegaze en veux tu en voilà, avec de très belles guitares et toujours les voix de Beth Arzy et Betsy Moyer,  'The Long Now' est un disque lumineux de la part de The Luxembourg Signal.
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25. Pictish Trail - Thumb World [Fire Records]
Et encore des écossais. Enfin un pour le coup : Johnny Lynch, à la barre de ce quatrième album. Un disque qui sent bon la pop trafiquée, synthétique et qui n’est pas sans rappeler Grandaddy voire Sparklehorse.
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24. Cold Beat - Mother [DFA]
Parcouru de fulgurances tout en restant cohérent tout du long, s’inscrivant totalement dans l’ADN de DFA Records, 'Mother' est un remarquable album aux influences digérées et pas bêtement recrachées, plein de synth-pop mélodieuse, de wave à foison, de lap-pop et d’électronique, et d’indie-pop 80s délicieuse.
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23. Taulard - Dans La Plaine [Broderie Records]
Synth-punk froid et bricolé, inspiré, wave aussi à l’affiche de 'Dans La Plaine' des grenoblois de Taulard. Un disque bizarre autant qu’addictif, aux atours cheap, plein d’histoires banales et désabusées mais pour lesquelles le groupe arrive à nous passionner.
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22. Sondre Lerche - Patience [PLZ]
Avec l'amour et ses aléas comme thème principal, 'Patience' est un très bel album de pop sophistiquée, de mélodies lumineuses, d'arrangements léchés et travaillés, où les mélodies font mouche. Il m'aura fallu 19 ans pour apprécier comme il se doit un disque de Sondre Lerche. Ce fut long mais l’attente valait vraiment le coup.
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21. Ethan P. Flynn - B-Sides & Rarities: Volume 1 [Young Turks]
Loin de ce que pourrait laisser croire son titre en forme de blague, 'B-Sides & Rarities: Volume 1' est le véritable premier album d’un jeune anglais de 21 ans, Ethan P. Flynn, qui en 32 mns se révèle être un sacré compositeur/arrangeur/producteur. Un album épatant, superbement produit et arrangé, sorte de melting-pop aux sonorités électroniques et r'n'b, pleines de clappings et de chœurs.
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Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Comme promis, vous trouverez ci joint un lecteur Spotify et Deezer comptant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus (et dans l'ordre du classement, soit de 21 à 40). Bonnes écoutes !



jeudi 19 novembre 2020

[Track of The Day] The Little Hands of Asphalt - No Reception (feat. Elizabeth Morris)

Après le retour des Team Me hier, osons donc le doublé norvégien avec The Little Hands of Asphalt, projet au long cours de Sjur Lyseid (4è album depuis 2009, le premier depuis 8 ans) qui malgré son nom - à rallonge - ne fait pas dans la musique obscure bardée de guitares.

Non, The Little Hands of Asphalt fait dans la pop, entre guitare et piano, produite sans folie mais proprement. Son dernier album en date, 'Half Empty', est sorti en avril dernier chez les toujours sûrs anglais de Fika Recordings, et il est rempli d'histoires pleines de mélancolie qui transpirent de beaux arrangements et de textes soignés (bien que Sjur Lyseid s'en défende sur Writing About Music :  « I'm not the Fred Astaire of words. I just dance about architecture »).

Pour autant, 'Half Empty' n'est pas rempli que de balades à pleurer et s'autorise quelques passages plus énergiques comme No Reception (en écoute ce jour) qu'il partage avec la trop rare Elizabeth Morris de feu Allo Darlin' (qui n'est d'ailleurs pas la seule invitée de ce disque, au générique duquel on retrouve également Moddi). Une chanson qui se révèle très vite à l'image de l'album : entêtante.

Car cet album de The Little Hands of Asphalt (qui aurait mérité quelques mots de plus tant il aura rythmé mon année 2020) est une réussite complète. Le genre d'album anodin de prime abord, assez lisse, mais qui en se dévoilant peu à peu prouve qu'il est bien plus que ça ; un disque dont on comprend assez vite qu'il va devenir un compagnon de route sûr des joies et des malheurs prochains. Un peu comme le 'Say I Am You' de The Weepies (auquel on pourrait quelque part le comparer du reste) dont les chansons, 14 ans après, n'ont toujours pas fini de nous charmer. 
 

Album : Half Empty
Année : 2020
Label : Fika Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, No Reception de The Little Hands of Asphalt (avec la voix d'Elizabeth Morris) est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson de 'Half Empty' de The Little Hands of Asphalt, voilà Dystopian Sci-fi :

 


dimanche 5 janvier 2020

Bilan 2019 : « Albums » (20-01)


Alors que l'année 2020 démarre sur les chapeaux de roue avec certains qui se la jouent Masters of War, il est décidément plus que temps d'en finir avec 2019. Et donc, après le bilan des formats courts et des rééditions, après le Top 50 des chansons de l'année, après 20 premiers albums qui auront marqué mon année 2019, terminons donc tout ceci avec les 20 meilleurs albums de 2019.

Les meilleurs albums de l'année, vous en trouverez beaucoup ici également :
Le bilan de 2019 de beaucoup de "VIP" chez Popnews
Le top album chez The Quietus
Le bilan en 3 tops et un podcast chez Rock It To The Moon
Le bilan de l'année rap 2019 chez l'abcdr du son
Le bilan d'IndieRockMag par Elnorton

Un classement évidemment subjectif de 20 albums, dont les deux premières places sont occupées par des disques bouleversants. Mais aussi quelques habitués de ces bilans de fin d'année (on ne se refait pas), des vieux pas croisés depuis 15 ans, du rock furieux (ou non), de l'ambiant toujours épatant, du folk lumineux et à deux. Et derrière tout ça, et sans forcément le vouloir - mais c'est ainsi - beaucoup de mélancolie. Que voulez-vous, on ne se refait pas là non plus.
Et pour rappel, au bas de ce papier, vous trouverez un lien vers des « players » pour écouter une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessous. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)
20. Bazooka - Zero Hits [Inner Ear Records]
Dans la lignée de 'Useless Generation', 'Zero Hits' voit les Bazooka rendre leur musique plus touffue voire complexe, mais tout aussi énergique ; et y intégrer cor, saxophone, trombone et trompette en se faisant tantôt proto-punk, ska, garage, pop que psyché, et parfois tout ceci à la fois. Produit avec soin, doté d'un mix délectable, il est gorgé de tubes potentiels (quoiqu'en dise son titre), qui ne demandent qu'à faire bouger les foules.
19. Pan American - A Son [Kranky]
De Pan American, je me souviens de 'Quiet City', sublime album contemplatif et ô combien rêveur. Les retrouver 15 ans après sur 'A Son' est une surprise autant qu’un bonheur élégiaque. Un disque d’une délicatesse folle, merveilleusement produit, où les voix se mêlent à ces ambiances folk/slowcore qui n’hésitent pas à flirter avec le post-rock.
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18. Surf Curse - Heaven Surrounds You [Danger Collective]
Groupe de Reno aux États-Unis, le duo Surf Curse fait dans l'indie-pop, parfois jangle, et compose des morceaux mélancoliques et mélodieux qui, s'ils ne révolutionnent rien, tapent très juste (les chansons Hour of The Wolf et Opera me retournent complètement), avec toujours une tension qui ne cesse de s'immiscer. Superbe découverte.

17. Froth - Duress [Wichita]
Ensemble moins clinquant que claquant, 'Duress' aligne guitares de haute volée, riffs qui ne recherchent jamais la facilité, boucles instrumentales et mélodies implacables. Noisy, shoegaze, post-punk, électronique brinquebalant également, faisant penser parfois à Wilco, Froth apporte au disque une production des plus soignée, qui laisse avant tout à la musique être maîtresse d’œuvre de l'ensemble.
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16. Swans - Leaving Meaning. [Young Gods Records]
Retour de la (nouvelle) bande de cygnes de Michael Gira, pour un album somptueux, entre lumière et langueur, aux quelques atours pop, qui rappelle plus que tout Angels of Light (mais aussi 'The Glowin Man') et est porté par deux chansons incroyables, It’s Coming, It’s Real et What is This?.
15. The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]
Sous ses faux-airs de concept album (un invité différent sur chaque titre), ce disque des Gotobeds garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, tout en s’échappant un peu de partout, pour aller piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting) et Pavement, sous le saint patronage de Sonic Youth et Wire.
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14. Nick Cave & The Bad Seeds - Ghosteen [Bad Seed]
Conclusion d’une trilogie peut-être pas pensée comme ça au départ, voilà le disque le plus douloureux de l’année. Écrit après la disparition de son fils Arthur, 'Ghosteen' est un album où il est plus que jamais question de mort, d’absence, de douleur, le tout sur nappes de synthés, de mélodies évanescentes et de la voix de Nick Cave qu’on n'a sans doute jamais entendue si sincère et bouleversée.
13. Mannequin Pussy - Patience [Epitath]
Et Mannequin Pussy décida d'étirer ses chansons, de s'éloigner du punk et du garage de ses premières amours pour mieux se lover dans un grunge mélodique du plus bel effet, en rappelant aussi bien les Dinosaur Jr. que les Screaming Females. Et vous savez quoi ? Cela leur va très bien au teint.


12. Tim Hecker - Anoyo [Kranky]
Complément acoustique de 'Konoyo' de l’an passé plus que son opposé, ce nouvel album de Tim Hecker est, comme souvent avec le canadien, onirique à souhait et fait la part belle aux mélodies. Et s’il s’échappe parfois vers des contrées plus expérimentales, il le fait sans jamais perdre son auditeur. Artiste chouchou de ces pages depuis quasiment ces débuts. Mais surtout artiste majeur.
11. Guided By Voices - Warp and Woof [Guided By Voices Inc.]
Suite échevelée de chansons très courtes, comme un medley ou un mix haletant et efficace, cet album des Guided By Voices est sans doute le meilleur des trois sortis cette année par la bande à Pollard. Power-rock quand il n'est pas psychédélique, garage quand il n'est pas simplement pop, il regorge de mélodies soignées que le groupe ne fait jamais tourner en rond.
10. Josienne Clarke - In All Weather [Rough Trade Records]
Deuxième album de Josienne Clarke, 'In All Weather' est le diamant caché de l’écurie Rough Trade Records qui aura eu un très beau retour de flamme cette année. Un disque où l’écossaise est très bien entourée (harpiste, batteur, pianiste de jazz notamment) et où chaque mélodie, chaque arrangement semble avoir été délicatement pensé pour mieux mettre en valeur sa voix (elle chante merveilleusement bien) et ses paroles, pleines de remises en questions et de traits à tirer sur le passé. Un disque à écouter souvent. Par tous les temps.
09. The Stroppies - Whoosh [Tough Love]
Sous ses atours anodin, le premier album des australiens de The Stroppies est un disque qui se dévoile lentement. Et rapidement, le mélange slacker/lo-fi couplé à une version pop de Sonic Youth fait son effet. Sans conteste le grower de 2019.
08. Elva - Winter Sun [Tapete Records]
Nouveau projet d'Elizabeth Morris, chanteuse de feu Allo Darlin', Elva est un duo qu’elle partage avec son mari. Balades folk, moments pop, 'Winter Sun' ne révolutionne rien. Mais tout ici est d'une telle justesse, sensibilité et sincérité que cela en devient une des choses indispensables de cette année 2019.
 07. Kishi Bashi - Omoiyari [Joyful Noise]
Avec pour toile de fond ces camps d'internement japonais suite à l’attaque de Pearl Harbor en 1941, 'Omoiyari' est un très beau disque de pop, parfois flamboyant, souvent touchant et surtout empreint d'une douce mélancolie qui ne tombe jamais dans une tristesse surjouée et fabriquée.
06. The Murder Capital - When I Have Fears [Human Season Records]
Nouveau phénomène de la scène rock irlandaise, The Murder Capital aura fait très fort avec ce premier album, en tous points parfait, mariant balades crépusculaires, post-punk furieux et élans post-rock. Le tout avec une musicalité intense et une très grande maturité. Impressionnant premier album, finalement assez loin de l'étiquette post-punk qu'on veut uniquement leur attribuer.

 
05. Mount Eerie with Julie Doiron - Lost Wisdom pt. 2 [P.W. Elverum & Sun]
Suite d’un album de 2008, ces retrouvailles entre Mount Eerie et Julie Doiron est un ravissement folk de chaque instant. D’une élégance simple, le mélange des deux fait merveille, rendant le moindre accord dénudé d’une grâce folle. Sans conteste le plus bel album folk de l’année.
04. Lankum - The Livelong Day [Rough Trade]
Quatuor irlandais, Lankum fait dans le folklore traditionnel. Mais pas du genre plan-plan, à réciter ses gammes et à tomber dans les clichés. Des reprises de traditionnels, quelques chansons originales et surtout un son, une ambiance noisy-parfaite. Comme si un drone menait la barque tout du long, et sur lequel venaient se greffer des instruments plus classiques, pour former un tout très mélodique, très langoureux, très sombre aussi, et assez lancinant.
03. Entracte Twist - Entracte Twist [Requiem Pour Un Twister]
Disque court, entièrement chanté en français et d'une classe à en faire pâlir plus d’un. Du rock et du punk d’obédience new-yorkaise, de la wave aussi dans un coin, du synthé par-ci, des lignes de basses profondes et classieuses par là, beaucoup de riffs diaboliques, des répétitions mélodiques et textuelles pour appuyer le propos et, pour mieux enfoncer le clou, une production chiadée sur laquelle viennent se poser des paroles aussi cryptiques qu’hypnotiques. Avec un côté dandy certain et un certain côté branleur, les Entracte Twist réussissent là un démarrage des plus éclatant, symbiose ambitieuse de visions rock finalement plus que jamais actuelles. Depuis combien de temps n'avions-nous pas eu entre les oreilles un disque de rock « à la française » d'une aussi grande qualité ?
02. Purple Mountains - Purple Mountains [Drag City]
Passé à côté de chacun des disques de Silver Jews, il aura fallu que je rate aussi celui de Purple Mountains, avant que David Berman ne passe de vie à trépas et que je m'y plonge enfin, interloqué par la tristesse infinie qui semblait tomber sur toutes les personnes ayant eu l'occasion d'écouter sa musique. Et j'ai compris pourquoi. Disque indie-pop aux accents country d'une beauté transcendante, 'Purple Mountains' est plein d'histoires de désespoir et de fatalisme. Un disque qui préfigure en quelque sorte les évènements futurs, sans que nous ne nous en rendions vraiment compte sur l'instant. Le genre de révérence sublime, à la 'You Want It Darker' de Leonard Cohen.  Et qui fait de David Berman un artiste pour lequel on ressent rapidement un amour immodéré. Album somptueux et majeur.


01. Joseph Fisher - Chemin Vert [-]
Trente-cinq minutes, neuf chansons, un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles compositions, montées sur des structures qui de temps à autre s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense de l'amour et des relations qui lui ont trait, plein de doutes, d'espoirs, de renonciations, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. On n'a jamais aussi bien décrit et chanté les affres de l'amour. Sans conteste le disque le plus marquant de cette année 2019, et celui auquel je me suis le plus identifié.

Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue de chacun des vingt disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 





Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)