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mercredi 17 décembre 2025

Robert Finley - Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya [Easy Eye Sound]

Au contraire de la doxa qui veut qu'une année musicale ne dure, au plus, que onze mois (donnant d'ailleurs lieu à quelques aberrations du genre l'album de Cameron Winter 'Heavy Metal' qui finit dans le top de pitchfork (et à la 3è place qui plus est) alors qu'il est sorti en décembre 2024... où, à l'époque, le site avait publié depuis belle lurette déjà son bilan de l'année), c'est sans doute ma découverte tardive, un soir de décembre 2004, de 'The Blue Notebooks' de Max Richter qui fait j'attends le dernier moment pour tirer mon bilan musical annuel. Car nous ne sommes jamais à l'abri d'une découverte de dernière minute.

Celle de 2025 s'appelle 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya', le quatrième album d'un certain Robert Finley. En d'autres temps, la carrière de cet américain de 71 ans aurait été plus que singulière. Mais les exemples de Sharon Jones et de Charles Bradley avant lui font qu'on est presque peu surpris désormais de tomber sur une histoire comme la sienne. Pour autant, elle a le mérite de rester improbable et d'être - rapidement - racontée.

Né en 1954 en Louisiane, Robert Finley a toute sa vie eu la musique chevillée au corps. Du genre à s'engager dans l'armée américaine pour servir comme technicien hélicoptère en Allemagne pour au final devenir guitariste du groupe de l'armée et voyager à travers toute l'Europe avec lui. Ou de devenir charpentier tout en étant le leader d'un groupe de gospel Brother Finley and the Gospel Sisters. Et même si au milieu des années 2000 il perd quasiment la vue, l'obligeant à arrêter son métier de charpentier, il continue à chanter, aussi bien dans la rue que dans quelques petits clubs, loin d'un circuit professionnel.

Arrive enfin 2015. Il est repéré par la Music Maker Relief Foundation, une organisation qui aide des musiciens de blues et de roots oubliés et/ou en difficulté. De là, quelques performances live épatent leur monde et Finley sort finalement son premier album en 2016 chez Big Legal Mess Records. Un disque au nom taquin, 'Age Don't Mean a Thing', lui qui vient alors de fêter ses 62 ans. De là, tout bascule : Dan Auerbach des Black Keys - et pas le dernier pour pousser des projets soul - le signe sur son tout juste créé Easy Eye Sound. Robert Finley commence alors la carrière qui lui a toujours échappé et publie pas moins de trois autres albums entre 2017 et 2023 - pour l'anecdote, il participe même en 2019 à l'émission de America's Got Talent.

Aujourd'hui âgé de 71 ans, Robert Finley n'en a évidemment pas fini avec la musique. Dans l'ombre pendant toute sa vie, il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin vers la lumière. D'où la sortie en octobre dernier de 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya', son cinquième album. Un disque enregistré sur le tas (en arrivant en studio, Robert Finley n'avait ni musique, ni paroles) et en une journée (!), où se mélange soul et blues-rock, aux accents psyché et funk, le tout teinté de gospel. Très justement produit avec cette sorte de grésillement qui entoure chaque chanson et qui donne l'impression d'écouter un vinyle de l'époque où il est allé puiser ses racines (merci Dan Auerbach à nouveau), 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' est un album plein de guitares généreuses et à la liberté assez folle, de chœurs délicieux, où les musiciens qui l’entourent (tous impressionnants de justesse) semblent s'encanailler dans une longue session jam cadrée, pendant que Robert Finley déclame ses paroles (empreintes de beaucoup de spiritualité), comme habité, de sa voix grave et rocailleuse qui semble avoir vécue mille vies, bien aidé par sa propre fille, Christy Johnson, venu se mettre dans les pas de son père et le supporter de sa jolie voix.

Et le résultat n'est pas loin d'être magistral, de l'ouverture sublime I Wanna Thank You et son rhythm 'n' blues qui ne cesse de s'amuser et divaguer (en écoute aujourd'hui) à I Am Witness et sa soul 70s en passant par le merveilleux Helping Hand ou le langoureux His Love. Un grand album qui confirme ce que Robert Finley énonçait au fronton de son premier album : l'âge n'a aucune importance. (Sortie : 10 octobre 2025)

Plus :
'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley est à l'écoute sur bandcamp
'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley est à l'achat sur bandcamp
'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley est également à l'écoute et à l'achat un peu de partout


Trois chansons de 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley en écoute aujourd'hui. La superbe ouverture I Wanna Thank You (
en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Helping Hand. Et enfin I Am Witness :

Deux clips des singles extraits de 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' de Robert Finley : I Wanna Thank You et Helping Hand

 

jeudi 25 juin 2020

[Track of The Day] Dmitry Evgrafov - Sparkle

130701 est un label formidable, son roster est un vivier de découverte inépuisable. Après Max Richter, Johann Johannsson, Sylvain Chauveau, Set Fire to Flames ou encore Hauschka, après Shida Shahabi l'an passé, voilà donc le moscovite Dmitry Evgrafov, dont 'Surrender' sera la quatrième livraison pour le sous-label de Fat Cat.

Inconnu à mes oreilles jusque-là, il aura fallu moins d'une minute d'écoute de Sparkle, premier single de ce nouvel album, pour que j'ai envie d'en savoir plus, beaucoup plus sur le compositeur russe. Scintillant, ce morceau ne l'est peut-être pas. Mais son rythme saccadé, sa mélodie très cinématographique et pleine de tension et ses envolées de cordes sur la fin rendent l'ensemble très prenant.

Si le reste de 'Surrender' est du même acabit (Dmitry Evgrafov promet du piano autant que du marimba, du xylophone, du glockenspiel, de la basse, de la guitare et des synthés, ainsi qu'un orchestre de cordes - qu'on peut entendre sur Sparkle), on devrait reparler bien vite de cet album. Le vendredi 31 juillet promet d'être beau.

Album : Surrender
Année : 2020
Label : 130701


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Sparkle de Dmitry Evgrafov est également en écoute ci-dessous :


jeudi 24 octobre 2019

[Track of The Day] Shida Shahabi - Futō

Toute jeune trentenaire, Shida Shahabi est une pianiste suédoise d'origine iranienne mais que le premier extrait de son deuxième album ferait passer pour une allemande tant cette composition rappelle aussi bien Max Richter que Hauschka.

Car la pianiste fait dans le modern classical, avec quelques touches d'ambiant et de minimalisme. Bref, dans le beau. En tout cas, c'est ce qui ressort de Futō, premier extrait de son Ep à venir dans les semaines qui viennent, 'Shifts' ; et bien plus convaincant que son premier effort 'Homes' de 2018, joli mais qui n'atteignait pas la classe de ce titre.

Il faut entendre Shida Shahabi dérouler les presque 7 mns de Futō, avec un piano qui égrène ses notes et sa mélodie, avant que de façon délicate viennent s'y adjoindre des cordes qui rentrent et sortent, comme pour mieux insister sur leur incroyable force évocatrice. Somptueux morceau.

Album : Shifts
Année : 2019
Label : 130701 Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Futō de Shida Shabadi est également en écoute ci-dessous :



vendredi 22 mars 2019

[Track of The Day] Yann Tiersen - Heol

Souvent oublié lorsque l'on dresse la liste des artistes français ayant une notoriété certaine à l'internationale, Yann Tiersen est pourtant un des exemples les plus frappants, alignant les albums aussi variés que réussis, majoritairement instrumentaux (cela aide), le tout en étant signé chez Mute Records

'All' est son cinquième album studio pour le label anglais, et pas le moins beau. Calme, cinématographique, post-rock dans bien des aspects, ambiant aussi, il rappelle par moments le 'The Blue Notebooks' ou 'Songs From Before' de Max Richter. Plein de riches d'instrumentations (évidemment Tiersen joue de tout sur ce disque), de belles mélodies mélancoliques (à moins que ce ne soit l'inverse), des morceaux qui ne cessent de progresser et de se mouvoir, 'All', malgré sa longueur, est une douce réussite d'où ressort notamment Heol (en écoute aujourd'hui), superbe morceau en trois temps où le talent de mélodiste et de musicien de Yann Tiersen, qui n'est pourtant plus à démontrer, éclate une nouvelle fois au grand jour.

Album : All
Année : 2019
Label : Mute



En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Heol de Yann Tiersen est également en écoute ci-dessous:


Et histoire de bien faire les choses, voilà Gwennilied, la chanson qui suit Heol dans 'All', avec sa voix déclamant du breton (en tout cas, je l'imagine) :




mercredi 10 janvier 2018

Bilan 2017 : « Albums » (20-01)



Avant de mettre un point final à mon année musicale 2017, finissons notre petit tour d'horizon (partiel, j'en ai bien conscience) des « bilans de l'année » des blogs amis et voisins :

Voilà donc les 20 albums qui m'auront le plus marqué en 2017. De superbes révélations françaises (et lyonnaises), des disques beaux, souvent à en pleurer, une découverte essentielle pour mes oreilles, du melting-pot absolument brillant et un album aussi court que fabuleux, produit par un duo d'américains que rien ne semble arrêter. 
Et comme d'habitude, une chanson de chaque disque présenté ci-dessous est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer plus bas. Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21



20. H-Burns - Kid We Own The Summer [Vietnam]
Rock lumineux et ambiances mélancoliques (la chanson titre qui ouvre l’album en est la meilleure preuve) au programme de ce nouvel album du romanais. Montant encore d’un cran dans la qualité, H-Burns s’impose (s’il était besoin) comme un des mètres étalon du genre américain, en vo certes, mais à la française.


19. Julien Baker - Turn Out The Lighs [Matador]
Acheté sans écoute préalable sur les bons conseils de Walleum, ce premier album de Julien Baker (rien à voir avec « Les Frères Scott ») est en tout cas d’une beauté sidérante, où l’urgence perce derrière son chant et ses mélodies. Une douceur punk très personnelle et aux accents émo.


18. Raoul Vignal - The Silver Veil [Talitres]
Premier album folk élégant et lumineux de la part du lyonnais Raoul Vignal, et c'est Talitres, toujours à l'affût, qui sort le tout. Entre Kings of Convenience, Stranded Horse, sous le haut patronage de Nick Drake, voilà un bien beau disque, à l'ambiance impeccable.


17. Beach Fossils - Somersault [Bayonet]
Rarement emballé par le trio de Brooklyn, 'Somersault' est une révélation. Leur ambition, leur son plus pop, plus rond et leurs belles orchestrations m’auront beaucoup séduit. Dépourvu de fautes de goûts, ce quatrième album des Beach Fossils a même de faux-airs de réponse new-yorkaise au 'Hang' des californiens de Foxygen.
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16. ENTRANCE - Book of Changes [Thrill Jockey]
Hors du temps, anachronique, 'Book of Changes' est le premier album en 13 ans de Guy Blakeskee qui officie sous le nom d’ENTRANCE. Folk, pop, subtilement arrangé, avec de beaux chœurs, des violons aussi efficaces que discrets, portés par une belle guitare, voilà un des disques les plus beaux écoutés cette année.


15. Percolator - Sestra [Penske]
Kraut-rock, shoegaze, noise-pop, noise-rock, drones, guitares fuzz, reverb', rythmiques martiales, mélodies lumineuses : voilà tout ce qui est au programme de ce premier album de Percolator, trio irlandais auteur d’un disque tonitruant.

14. State Broadcasters - A Different Past [Olive Grove Records]
Sur leur troisième album en 8 ans, les State Broadcasters alternent entre chansons lentes et mélancoliques, pop-songs à la I'm From Barcelona, rappellent tantôt leurs cousins de Dancing Mice, le Spinto Band ou le grand ordonnateur qu'est Sufjan Stevens. Mieux, ils convient à leur festin pop, en plus des traditionnels piano, guitares et basses, de la harpe, de l'accordéon, du trombone et du violoncelle. Parfait.


13. Valparaiso - Broken Homeland [Zamora Label] 
Mené par d’anciens Jack The Ripper, ce premier album de Valparaiso aura invité sur son album sans doute le plus beau casting de 2017 : Howe Gelb, Shannon Wright, Marc Huyghens (Venus), Josh Haden (Spain), Dominique A et autres John Parish (par ailleurs producteur du disque). Très beau voyage musical qui dévoile peu à peu son americana tantôt langoureuse, tantôt électrique.


12. Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris - Noplace [Gizeh Records] 
Composé avec Thor Harris (batteur de Swans) et Simon Goff (violoniste anglais), ce nouvel album d’Aidan Baker (le cinquième de l’année !) est un disque langoureux, uniquement instrumental, rempli de longues mélopées lancinantes, extatiques. Un ticket pour un voyage ambient en apesanteur, avec pour seules armes guitare, violon et batterie.

 

11. St. Vincent - MASSEDUCTION [Loma Vista]
L'ex de Polyphonic Spree et du groupe de Sufjan Stevens ne m'a jamais vraiment touché avec ses albums solo. Pourtant, son dernier en date 'MASSEDUCTION' m'aura happé avec sa pop-électronique aux accents mainstream, où les tubes sont nombreux (Los Ageless, New York) et derrière lesquels se cachent des textes personnels et sombres.


10. The Luxembourg Signal - Blue Field [Shelflife]
J'ai beau tourner ça dans tous les sens, The Luxembourg Signal est sans conteste MA révélation de 2017. Renversé par leur superbe 'Laura Palmer' (un de mes 7" de l'année, mais surtout mon single 2017), 'Blue Field', leur second album, ne saurait pas être résumé à cette chanson imparable. Septet, le groupe sait produire une pop aussi rêveuse que nerveuse et endiablée, pleine de guitares. Brillant.
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09. AVIONS - Loner [Bad Health Records / Les Briques du Néant / Ligature / Napalm Trees / Teenage Hate Records]
Dans une année lyonnaise plus que réjouissante, AVIONS est sans doute le disque le plus rentre dedans de l’année (avec celui des Decibelles évidemment). Punk à roulettes mâtiné de grunge et lorgnant vers une power-pop racée (à moins que ce ne soit l’inverse), chanté dans un anglais très convaincant, et puisant leur inspirations dans les années 90, ce 'Loner' a un sacré chien (oui, elle est facile).


08. The Magnetic Fields - 50 Song Memoir [Nonesuch]
Pour ses 50 ans, Stephin Merritt, pas avare de compositions, s'est dit qu'il allait sortir un album retraçant les 50 années de sa vie. Ce qui nous donne donc un coffret de 5 disques de 10 chansons et 2h30 de musique. On passe ici par tous les états. Et le résultat est magnifique, comme souvent. Textes profonds ou anecdotiques, sérieux ou plein de dérisions, chansons travaillées ou presque ivres, le meneur des Magnetic Fields accompagne l'ensemble de belles mélodies et de sa voix reconnaissable entre mille. Un disque qui, à l'instar de '69 Love Songs' devrait être une source de découverte intarissable. Happy Birthday Stephin.


07. Phoebe Bridgers - Stranger in the Alps [Dead Oceans]
S'il fallait élire le disque le plus touchant de l'année, sans nul doute que ce serait le 1er album de Phoebe Bridgers. Un disque mélancolique à souhait, où elle dévoile des compositions simples mais toujours belles, sur fond de guitares et piano grave. Et quand elle prend ses aises, elle n'en est que plus convaincante.


06. Max Richter - Three Worlds: Music From Woolf Works [Deutsche Grammophon] 
Disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf, il est à la base la bande-originale d'une création théâtrale. Album magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami), 'Three Worlds: Music From Woolf Works' se termine par une chanson de plus de 20 mns absolument superbe et qui sait prendre son temps.


05. Richard Dawson - Peasant [Domino]
Se posant en véritable conteur, l'anglais Richard Dawson plonge sa folk (avant, progressive ou orchestrale, c'est selon) dans le moyen-âge et une contrée du nord de l'Angleterre actuelle, désormais disparue. Chaotique, pleine de clappings, de chœurs, de guitares sur le fil de la justesse, parfois effleurées, souvent maltraitées, la musique de Richard Dawson et de ses compagnons est ensorcelante à souhait. Sans aucun doute, le plus beau disque de l'écurie Domino sorti en 2017


04. Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]
Là où le côté calculé du retour des LCD Soundsystem m'a empêché d'apprécier le 'American Dream' de la bande à Murphy, le retour des Wolf Parade respire la sincérité ; et est particulièrement imparable. S'ouvrant sur une chanson divine et synthétisant à merveille les appétences musicales de Spencer Krug et de Dan Boeckner, 'Cry Cry Cry' réussit à marier avec une grande subtilité des textes désabusés à des mélodies dansantes et enivrantes.


03. Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]
Joliment produit, très bien mis en musique, ce nouvel album des Satellite Jockey est l'album pop de mon année 2017. Disséminant clin d’œils sixties ici et là, chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey auront sorti un disque de pop classieuse, de grande qualité, et qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée à sa bio.


02. James Holden & The Animal Spirits - st [Border Community]
Véritable découverte, cet album de James Holden & The Animal Spirits est un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points. Melting-pot de sonorités et d'influences (musique orientale, (free) jazz, expérimental, électro, folk sous-acide, des saxophones ivres, etc), enregistré en une prise live pour chaque morceau, il est surtout d'une consistance et à la fois d'une facilité d'écoute autant sidérante que déconcertante.


01. Foxygen - Hang [Jagjaguwar]


Sans hésitation, le disque le plus brillant de 2017 est le nouvel album des Foxygen, duo américain habitué de ces pages. 'Hang' est un album prodigieux, qui contraste totalement avec leur gargantuesque '... And Star Power', leur précédent disque. Ici, 8 chansons en 32 mns. Mais quelles chansons !
Parlant aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, les Foxygen auront su soigner l'habillage de leurs chansons : un orchestre complet les entoure, auquel viennent se joindre les Lemon Twigs, Matthew E. White et autres Steven Gregory Drozd des Flaming Lips.
Surtout, en plongeant la tête la première dans une pop racée, qui tient autant de l'americana, du glam que des comédies musicales à l'ancienne, le duo aura sorti en 2017 un disque aussi ambitieux que réussi, aux mélodies impeccables et à la mise en musique parfaite.


Comme de coutume, une chanson de chaque disque présenté ci-dessus est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer. Sauf pour AVIONS, indisponible sur ces deux plateformes. Bonne(s) écoute(s) ! 






Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21

lundi 1 janvier 2018

Bilan 2017 : Top 50 « Morceaux »




Après les rééditions, compilations et autres formats courts, passons à la deuxième partie de ce bilan 2017 avec les morceaux de l'année. Oui, « morceaux ». Le terme est un peu bâtard et générique j'en conviens mais « chansons » ne collait pas tant il y a dans cette sélection des titres qui ne peuvent pas être qualifiés ainsi. Bref, des morceaux. Cinquante même.

Mais avant d'en dresser la liste, continuons à faire un tour d'Internet en ces temps où les tops de fin d'année pullulent un peu de partout. Et ceux ci-dessous méritent qu'on s'y attarde :

Cinquante morceaux donc qui reflètent mon année musicale. Des chansons qui m'auront fait reconsidérer certain(e)s artistes de façon inattendue, des confirmations, des morceaux qui demandent de prendre du temps, un poil d'électro, quasiment rien de hip-hop (il va falloir vraiment que je m'y remette) et trois titres qui écrasent toute la concurrence tout en haut.

Tout en bas de ce classement se trouvent deux playslits : une Spotify, une Deezer. Parce qu'encore plus que pour le classement des « Albums », s'il y a bien un papier qui nécessite un player streaming, c'est bien celui-ci.
Bonne(s) écoute(s) et bonne année 2018 !

Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 40 Albums : 40-21 
Top 40 Albums : 20-01


50. The New Pornographers - Whiteout Conditions
49. Thomas Dybdahl - Like Bonnie & Clyde
48. Spoon - WhisperI’lllistentohearit
47. Pale Lights - Sweetheart
46. Don Babylon - People Having Fun (Not Really)

45. The Seabirds - Independent Horses
44. JetStream Pony - Like You Less
43. Slowdive - Falling Ashes
42. Piano Magic - I Left You Twice, Not Once
41. Arbouretum - Woke Up on the Move

40. The Black Angels - I’d Kill For Her
39. Conor Oberst - Empty Hotel by the Sea
38. La Féline - Séparés (Si Nous Etions Jamais)
37. Bertrand Burgalat - E L’Ora Dell’ Azione
36. Menace Beach - Dartaloid

35. Japandroids - Near to the Wild Heart of Life
34. Orelsan - San
33. Entrance - Revolution Eyes
32. Makeness - Day Old Death
31. Satellite Jockey - Modern Life

30. Clap Your Hands Say Yeah - Better Off
29. Arcade Fire - Everything Now
28. The National - The System Only Dreams in Total Darkness
27. Valparaiso - Rising Tides (feat. Phoebe Killdeer, Howe Gelb)
26. The Magnetic Fields - Be True To Your Bar

25. Mari Samuelsen - Timelapse
24. LCD Soundsystem - Call The Police
23. AVIONS - Days of Thunder
22. The Pains of Being Pure at Heart - Anymore
21. Chad VanGaalen - Old Heads

20. Poni Hoax - The Wild
19. Algiers - The Underside of Power
18. Albin de la Simone - Le Grand Amour
17. H-Burns - We Could Be Strangers
16. Animal Collective - Man of Oil

15. Grandaddy - This is the Part
14. Cloud Nothings - Sight Unseen
13. Chloé - The Dawn
12. Barbarie Boxon - Ciel Bleu
11. Phoebe Bridgers - Scott Street

10. St. Vincent - New York
09. Max Richter - The Waves: Tuesday
08. Calogero - Je Joue de la Musique
07. The Creases - Answer To

06. British Sea Power - Bad Bohemian (+ Intro)
05. Wolf Parade - Lazarus Online
04. Foxygen - Trauma
03. Charlotte Gainsbourg - Kate
02. Kamasi Washington - Truth
01. The Luxembourg Signal - Laura Palmer


 


Comme promis, voilà les deux playlists Spotify et Deezer. Un seul titre est indisponible sur les deux plateformes, celui d'AVIONS, à trouver également ci-dessous :







Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 40 Albums : 40-21 
Top 40 Albums : 20-01 


jeudi 30 novembre 2017

[Track of The Day] Kaitlyn Aurelia Smith - I Will Make Room For You (Four Tet Remix)

Les remix et Four Tet, c'est comme Max Richter et les bande-originales de films ou de séries : c'est une seconde peau.

Alors que le dernier album en date de l'anglais est sorti il y a quelques semaines et que, je m'en rends compte, je n'ai toujours pas posé la moindre oreille dessus (hormis Two Thousand and Seventeen dont il était question dans ces pages), Four Tet continue donc de remixer à tout va.

Un des derniers exemples en date est celui de I Will Make Room For You, une chanson de Kaitlyn Aurelia Smith. Et comme à chaque fois, il excelle dès qu'il s'agit de la gente féminine.

Et si la pochette représente tout ce que je déteste, ce remix a plus de consistance que ces affreux cocktail-bars qu'on nous installe à tous les coins de rue. Bien plus.

Album : -
Année : 2017
Label : Western Vinyl

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), le remix de Four Tet de I Will Make Room For You par Kaitlyn Aurelia Smith est également à écouter ci-dessous :


I Will Make Room For You par Kaitlyn Aurelia Smith, mais cette fois l’original, est quant à lui en écoute là :


lundi 27 novembre 2017

[Track of The Day] Mari Samuelsen - Timelapse

La seule fois où j’ai croisé Mari Samuelsen, c’était en 2015 lors de la sortie de ‘The Chopin Project’, le disque de Ólafur Arnalds et Alice Sara Ott. Elle participait à un des morceaux. Avant, après, je ne crois pas être tombé sur cette violoniste norvégienne (peut-être a t-elle déjà joué avec Max Richter ceci dit), et la découverte de son dernier album en date donne vraiment envie d’en savoir plus sur ses collaborations ou ses enregistrements précédents.

Or, c’est difficile, car les infos à son sujet sont parcellaires. Rien qu’un exemple : sa page wikipédia n’existe qu’en trois langues (le norvégien, forcément, le tchèque et l’espagnol) et tient en cinq lignes. RateYourMusic n’a rien à son propos. Discogs à peine plus.

Alors plutôt que perdre notre temps, parlons plutôt de ‘Nordic Noir’, le dernier album en date de Mari Samuelsen. Composé en partie par certains de ceux qui écrivent les bandes originales des séries policières scandinaves, reprenant de l'autre des œuvres d’Arvo Pärt ou d’Ólafur Arnalds, cet album de Mari Samuelsen est d’une beauté folle. Du genre à pouvoir mettre vos sens en émoi alors que vous n'aviez rien demandé.
Accompagnée de piano, de violoncelle et plus généralement d'une orchestration de qualité, Mari Samuelsen rend le tout plus beau avec son violon qu'elle mène d'un doigté délicat.

Entre musique de chambre et néo-classique, aussi cinématographique (la première partie) qu’évanescent, chuchotant et quasi ambient (tout le milieu de l’album), ce ‘Nordic Noir’, est d'une mélancolie à se damner et d’une grande beauté. Et Timelapse, le morceau qui ouvre l'album (en écoute ce jour), une merveilleuse porte d'entrée.

Album : Nordic Noir
Année : 2017
Label : Decca Classics

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Timelapse, le morceau qui ouvre 'Nordic Noir' de Mari Samuelsen, est également en écoute ici :



mardi 14 novembre 2017

[Track of The Day] James Holden & The Animal Spirits - Thunder Moon Gathering

On ne peut pas dire que je fais dans le court en ce moment. Après les 13'30" de Kamasi Washington, les 20 minutes de Max Richter hier, place aux près de 8 minutes de James Holden & The Animal Spirits.

Repéré par Nathan F de Playlist Society, voilà un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points.
James Holden m'étant inconnu, je suis rentré dans ce 'The Animal Spirits' à l'aveugle.

Et j'ai été happé dès les premières secondes par cette ambiance si particulière et ce melting-pot de sonorités et d'influences. Il y a ici de la musique orientale, du (free) jazz, de l'expérimental, de l'électro, des beats, du folk sous-acide, des saxophones ivres...

Enregistré en une prise live pour chaque morceau, laissant place à l'improvisation sans pour autant que cela parte dans tous les sens et n'ait ni queue ni-tête, 'The Animal Spirits' rappelle aussi bien le premier album de Pivot quand ils ne s'appelaient pas encore PVT ('O Soundtrack My Heart') que le 'Live at the South Bank' de Kieran Hebden, Steve Reid et Mats Gustafsson (accessoirement mon album de l'année en 2011).
Mais surtout, en construisant brillamment leur propos (tout ici découle très simplement), James Holden & The Animal Spirits rendent cet album d'une consistance et d'une facilité d'écoute sidérante. Avec en point d'orgue ce Thunder Moon Gathering.

NB : Si vous voulez en savoir plus sur ‘The Animal Spirits’ de James Holden & The Animal Spirits, la chronique de The Quietus est faite pour vous.


Album : The Animal Spirits
Année : 2017
Label : Border Community

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Une fois n'est pas coutume, Thunder Moon Gathering de James Holden & The Animal Spirits est uniquement disponible dans les playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog). Mais d'autres extraits de 'The Animal Spirits' sont en écoute. Deux pour être exact : Each Moment Like The First et Pass Through The Fire.