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jeudi 5 mars 2015

[Track of The Day] The Twilight Sad - The Airport

Il y a quelque chose de frustrant avec la dématérialisation à outrance et la chute sans fin de l'industrie musicale, c'est que petit à petit, les labels - et les artistes avec eux - abandonnent les sorties physiques d'Ep et de singles au profit de sortie uniquement digitale, plus rentables et moins risquées. Stuart Murdoch, chanteur et leader de Belle and Sebastian, l'explique bien dans son interview dans le Magic de janvier 2015. Un discours assez triste, qui plus est quand on connait la fan base sur laquelle peut s'appuyer le groupe :

« Dans les nineties, nous ne sortions jamais, nous passions notre temps entre quatre murs à enregistrer des chanson. Nous allions finir par devenir les ABBA de l'indie pop ! De plus, à l'époque, les gens achetaient encore des disques. Nous sommes devenus plus populaires et le label ne s'en plaignait pas. Nous avons publié deux albums très rapidement et avions toujours des chansons en rab', c'est pourquoi nous publiions des EP. C'était génial, nous aimerions évidemment recommencer, mais nous n'en avons pas le loisir. Car les disques ne se vendent plus et nous devons aussi nous produire sur scène pour gagner notre vie ». 

Mieux, désormais, pour beaucoup, la norme est de produire des 45-tours « collector », tirés à des quantités ridicules et à des prix exorbitant, alors même que la demande des fans est là.

Dernier exemple en date, No Shade in the Shadow of the Cross, premier single du prochain Sufjan Stevens 'Carrie & Lowell', sorti non pas chez Asthmatic Kitty mais (pour une raison que j'ignore) chez Joyful Noise Records. Un 45-tours tiré à 100 exemplaires uniquement, vendu au prix délirant de 25$ (et je vous fais grâce des frais de port !) et que les fans (dont je fais partie) ont tenté de s'arracher en quelques minutes, en faisant planter le site internet du label. Bref 100 clampins fanfaronnent, des milliers sont frustrés. Pendant ce temps là, l'industrie musicale continue de se casser la gueule. On marche sur la tête.

Autre exemple : Fat Cat Records et les Twilight Sad. Après Last January à la fin de l'année dernière, c'est au tour de I Could Give You All That You Don't Want de passer par la case single de leur dernier album en date, très réussi, 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave'. Un disque qui sera produit en 45-tours picture disque (à l'artwork très classe une nouvelle fois), mais qui ne sera disponible que... sur leur tournée américaine. Ni sur le site de Fat Cat, ni en magasin. Non, uniquement au merch de leurs concerts américains. Pour ceux qui ne vivent pas aux Etats-Unis ou ne pourront se rendre sur la tournée, il faudra se contenter de la froide version digitale.

Bref, une stratégie un brin stupide, d'autant plus que ces deux titres méritent plus d'une écoute. Premièrement parce que I Could Give You All That You Don't Want est une des meilleures chansons de leur dernier album en date. Et parce que The Airport, face-b inédite, est dans son genre une belle balade électrique et mélancolique. Une chanson qui aurait presque méritée de finir sur l'album dont elle a été exclue. Et que j'aurais bien écouté autre part que sur mon ordinateur. Mais que voulez-vous ma bonne dame, quand on fait n'importe quoi, autant y aller à fond.

Album : I Could Give You All That You Don't Want
Année : 2015
Label : Fat Cat

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The Airport, face-b de ce single des Twilight Sad, est également en écoute ci-dessous :



I Could Give You All That You Don't Want, face-A et single officiel, est quant à lui en écoute ci-dessous via son clip :


mardi 8 février 2011

Ensemble - Excerpts [Fat Cat]

Stupéfiant. Le premier album d'Ensemble avait été une surprise sortie de nulle part, d'une beauté stupéfiante donc, lovant ses compositions dans un univers de folktronica ouaté. Même Chan Marshall/Cat Power, présente en featuring, m'avait emballé, elle qui m'hérisse d'ordinaire le poil; c'est dire.

Surprenant. C'est l'annonce de la suite. Non pas qu'elle soit injustifiée mais dans une industrie musicale où le succès commercial est la seule à avoir voix au chapitre, l'échec du premier album aurait du sonner le glas des aspirations fat-catesque d'Olivier Alary le toulousain, l'homme derrière Ensemble.

Mais il n'en est rien. Car 1) le soit disant échec commercial du premier Ensemble n'en est peut-être pas un (ce n'est qu'une opinion personnelle basée sur de très très faibles retours sur cet opus là). Et 2) Fat Cat n'étant pas un label comme les autres, il lui a évidemment laissé sa chance.

'Excerpts' est donc le second album d'Ensemble. Une suite qui aura mis quatre années à venir… soit le temps de gestation du premier album (on ne se refait pas). Et un disque qui s'éloigne - un peu - de l'ambiance electronica-planante et du minimalisme pour plus se rapprocher d'une pop toujours teintée d'électro, parfois atmosphérique mais surtout virevoltante.

A l'image d'Arandel, Olivier Alary a enregistré cet album sans faire appel au sampling ou aux ordinateurs, préférant tabler sur des instruments plus traditionnels. En y mettant beaucoup de cordes, et en alternant chant anglais et chant français (où sa voix évoque très souvent celle d'un certain Dominique A), Olivier Alary fait prendre à son Ensemble un premier tournant et amène sa musique dans des lieux plus ancrés dans la réalité.

Peut-être moins cohérent que son prédécesseur, sûrement moins bon (faut dire que l'autre était d'une très grande classe), 'Excerpts' reste cependant un album à découvrir et qu'on prendra le soin d'écouter souvent pour en découvrir tous les petits secrets.
Plein d'ambiance, théâtral par moments, enivrants par d'autres, presque shoegazien aussi, susurré le reste du temps, ce disque est aussi enchanté par Darcy Conroy, la voix féminine qui se balade tout au long des sillons de l'album, et qui rappelle étrangement par moment celle de la très regrettée Trish Keenan. (Sortie: 17 janvier 2011)


Son:
Myspace (Deux chansons de 'Excerpts' en écoute)
Site officiel d'Ensemble

Deux chansons en écoute: le classieux Things I Forget et le très ambiant Before Night. (malheureusement plus en ligne)

jeudi 25 novembre 2010

Nina Nastasia - Outlaster [Fat Cat]

Ce matin, j'ouvre ma boite mail et le premier message sur lequel je tombe est sans appel: « Nina Nastasia UK Tour Dates CANCELLED ». Raison invoquée? Des problèmes de santé. Sûrement donc.

Mais malgré ça, on sent poindre derrière tout ça (et le maintien de dates en Allemagne ou en Autriche n'est pas étranger à cette sensation) une sorte de fatalité bien plus grande: celle que Nina Nastasia n'a pas réussi à remplir les salles anglaises. Et qu'il valait mieux pour elle (et son tourneur) annuler plutot que jouer devant 25 personnes accoudées au bar.

Cette sensation est frustrante. Car Nina Nastasia est une des songwriters les (la?) plus talentueuses de la scène actuelle (et ça commence à faire un moment) et qui construit, album après album, une discographie de très haute tenue (voir ici et là). Son dernier opus 'Outlaster' est d'ailleurs là pour le prouver.

S'inscrivant dans la lignée de ses prédécesseurs, celui-ci est un beau et sombre album d'où se dégage une dimension théâtrale qu'on ne connaissait pas tellement chez l'ancienne protégée de feu John Peel.

L'impression est notamment due à cette orchestration très fine, pleine de cordes, de cuivres et de batterie caressée avant d'être violentée. On croirait entendre des chansons tirées d'un opéra (You're a Holy Man), presque baroque par moments (What's Out There), tout en flirtant presque avec les orchestrations de genre (This Familiar et son violon qui pleure toutes les larmes de ses cordes) où tous les instruments virevoltent ou dépriment sous la plume empreinte de mélancolie de Nina Nastasia, le tout avec un joli lyrisme.

Toujours accompagné de sa guitare, toujours entouré du fidèle Steve Albini à la production, et accompagnée cette fois de (notamment) Jeff Parker de Tortoise, Nina Nastasia continue son petit bonhomme de chemin, bon an mal an, bon gré mal gré, en recevant quelques discrets lauriers de la part des médias.

Quant au public, il lui réserve toujours la même indifférence, souvent totale, au mieux polie. Un public qui, à mes yeux, ne se rend pas compte de tout le talent qui réside dans les doigts et dans les mains de Nina Nastasia, songwriter émérite. Incomprise. Et qui vient avec 'Outlaster' de peut-être sortir son plus bel album. Et sûrement son plus ambitieux. (sortie: 7 juin 2010)

Quelques autres chroniques, plutôt dithyrambiques, chez Pop News, Mmarsu, Fab.

Son:
Myspace (Deux chansons de
'Outlaster' en écoute)


Toutes les paroles d'
'Outlaster' sont disponibles (et dans un élégant format) sur la page officielle de Nina Nastasia sur le site de Fat Cat. Cliquez ici!


Deux chansons en écoute:
This Familiar et ses cordes à tomber; puis Outlaser qui clot l'album du même d'une façon merveilleuse. (malheureusement plus en écoute)

Pour finir, la première vidéo officielle de Nina Nastasia: celle Cry, Cry, Baby, en une prise et superbe :

mercredi 17 septembre 2014

[Track of The Day] The Twilight Sad - Last January

Arab Strap ayant pris sa retraite depuis quelques années déjà, le meilleur groupe écossais actuel est sans nul doute The Twilight Sad. Originaire de Kilsyth, formé autour de James Graham, les Twilight Sad ne savent faire que des choses de bon goût.

Musicalement déjà : sombre et nerveuse, leur musique se décline en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et une basse métronome.

Visuellement ensuite, car les Twilight Sad n'ont toujours eu qu'un très bon goût en ce qui concerne les artworks de leurs albums passés. Et celui de 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave', leur nouvel album prévu pour le 27 octobre prochain ne déroge pas à la règle (voir ci-contre).

Un disque très attendu pour ma part tant je ne trouve aucun défaut à leur discographie jusque là. Et si j'avais été décontenancé par 'No One Can Ever Know' et la production d'Andrew Wetherall de prime abord, j'avais rapidement succombé car le style restait quand même impeccable.

'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave' ne voit pas le groupe changer ni de voie (les deux premiers extraits sont là pour le prouver) ni de voix (celle de James Graham et ses « r » qui roulent). Mieux, avec Last January, en écoute aujourd'hui, The Twilight Sad s'offrirait presque un single radiophonique potentiel. Et ce qui ne signifie aucunement que le groupe a mis de l'eau dans son vin. Et c'est bien là la meilleure des nouvelles.


Album : Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave
Année : 2014
Label : Fat Cat

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Last January de The Twilight Sad est également en écoute sur le soundcloud de Fat Cat :



Premier extrait de 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave', There's a Girl in the Corner est également en écoute :


lundi 6 octobre 2008

Track of The Day (30 septembre-6 octobre 2008)

Éclectique la semaine, éclectique. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 6 octobre 2008:
* The Twilight Sad - Cold Days From The Birdhouse [Fat Cat]
Écossais de leur état et signé chez Fat Cat depuis quelques disques déjà, voilà les Twilight Sad, un groupe qui aime le shoegaze, le post-rock mais surtout les mélodies. Grand groupe, totalement méconnu. Quand on écoute un titre comme Cold Days From The BirdHouse (en téléchargement ici, click droit et enregistres-sous ami lecteur), avec son côté drone prononcé, sa montée, ses cordes et cette voix, on se demande encore comment une telle chose est possible.
(disponible sur Here It Never Snowed Afterwards It Did Ep, 2008)

Dimanche 5 otobre 2008:
* Shearwater - On The Death Of The Waters [Matador]
"Libéré" de la contrainte Okkervil River, Jonathan Meiburg continue de tracer sa route avec ce cinquième album de SON groupe. Shearwater ou l'émotion à fleur de peau. Un piano et des mélodies célestes pour Un bien bel album donc, même si quelques élans un peu trop grandiloquents et des mélodies qui tombent à plat viennent gâcher le tout. Extrait avec ce On The Death Of The Waters, qui ouvre 'Rook'.
(disponible sur Rook, 2008)

Samedi 4 octobre 2008:
* Human Highway - Moody Motorcycle [Secret City]
Enième projet parallèle de Nick Thorburn, déjà à la base des Unicorns puis d'Islands. Un album qui tranche avec le trop plein de chantilly du dernier opus de ces derniers et qui revient à l'essentiel: de petites balades, la plupart du temps folk et acoustiques. Jim Guthrie (de la première fournée d'Islands) est aussi de la partie. Et les deux composent même un morceau, Moody Motorcycle, qui pourrait devenir un tube.
(disponible sur Moody Motorcycle, 2008)

Vendredi 3 octobre 2008:
* Ra Ra Riot - Dying Is Fine [Barsuk]
Quelques premières écoutes positives, réminiscences de la pop d'Anathallo en 2006, et des suivantes très décevantes: ce 'The Rhumb Lime' ne tient pas la route finalement. Des idées de mélodies mais rien qui ne survit pas à plus d'une minute. Une production étouffante, un manque d'inspiration assez criant quand même. Rien de bien bandant en somme sous le cellophane. Rien, hormis ce Dying If Fine qui trotte longtemps dans la tête.
(disponible sur The Rhumb Line, 2008)

Jeudi 2 octobre 2008:
* B.o.B - Lonely People [Grand Hustle]
Nouvelle tête - il n'a que 19 ans - (et futur héraut?) de la scène hip-hop mondiale, B.o.B commence à faire parler de lui via une mixtape qui a du coffre. Écoutez ce Lonely People ou la réécriture façon 2008 d'Eleanor Ribgy des Beatles pour vous en convaincre. Un futur grand.
(disponible sur Hi! My Name Is BoB Mixtape , 2008)

Mercredi 1er octobre 2008:
* DatA - Rapture [Ekleroshock]
Annonciateur d'un album à venir, ce nouvel Ep de trois titres (dont deux remixes) de DatA fracasse. Enfin, surtout Rapture, son titre. Un morceau, entre eighties et années 2000. Efficace, à fond les manettes et qui devrait cartonner sur les dance-floor.
(disponible sur Rapture Ep, 2008)

Mardi 30 septembre 2008:
* Jim O'Rourke - Despite The Water Supply part. 2 [Touch]
Première sortie de Jim O'Rourke depuis 2006 avec ce "7" limited edition" 'Despite The Water Supply', dans la série pour Touch. Deux titres de drone, de musique expérimentale, presque atmosphérique, qui vole au-dessus de cordes qui font furieusement penser au début de Moya de Godspeed You ! Black Emperor. Huit minutes dans les hauteurs, divisées en deux parties. Voilà la seconde. Vivement la suite.
(disponible sur Despite The Water Supply 7", 2008)

dimanche 27 décembre 2009

Top 50 'Albums 2009': 30-11



Cela a beau être totalement futile (voyez l'avis d'Heebooh à ce propos ici), les tops continuent d'affluer (Playlist Society, le top 50 de Mr Meuble. No Music propose pendant ce temps là son top singles ET son top des oubliés de 2009; Toto débute le sien tandis que Rock It to the Moon présente sa sélection d'albums et d'Eps de l'année).
Et la suite ici de mon top albums 2009 donc, après la première partie (31 à 50). Avec à chaque fois (c'est le petit "+" bleu) un renvoi vers une chronique (la mienne ou d'un autre blog) et le lecteur grooveshark qui va bien en fin de papier.




30. Mélanie Pain – My Name [Cinq7]
Son premier album solo ‘My Name’ est une grande confirmation du talent de Mélanie Pain, découverte sur le 'First Date' de Villeneuve. Grain voix charmant, musicalement impeccable, Mélanie Pain compose des chansons pop classieuses (l’aide de Villeneuve ou 1973 y est pour beaucoup aussi), flirtant de ci de là avec la soul ou le cabaret. Et histoire de faire les choses bien, elle convie ici Thomas Dybdahl et surtout Julien Doré pour une chanson magnifique, Helsinki.
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29. Julie Doiron - I Can Wonder What You Did With Your Day [Jagjaguwar]
Avec Julie Doiron, c’est un coup sur deux. Après un ‘Woke Myself Up’ sympathique à défaut d’être renversant, la canadienne reprend les choses en main et sort un album dans la lignée qualitative de son indispensable ‘Goodnight Nobody’ avec ce ‘I Can Wonder What You Did With Your Day’. Tout en n’oubliant pas d’aller se lover le temps de quelques ritournelles dans le sable autour d’un beau feu de camp, Julie Doiron sort les griffes et les guitares. Un album joliment corsé.
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28. The Twilight Sad - Forget The Night Ahead [Fat Cat]
Ils ont l’accent qui va bien (ces ‘rrrr’). Ils jouent fort permettant ainsi à leurs compositions de prendre une ampleur incroyable. Ils aiment raconter des histoires où ne semble jamais percer le soleil. C’est un peu tout ça à la fois The Twilight Sad. Un combo écossais rock où basse classieuse (et vraie métronome), effets de pédales et productions aux oignons se disputent la plus grosse part du gâteau. Play It Loud !
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27. Sophia – There Are No Goodbyes [The Flower Shop]
Ami(e)s de la déprime bonsoir ! Robin Proper-Sheppard est de retour avec son groupe Sophia pour un nouvel album déprimant et mélancolique à souhait. Après un ‘Technology Won’t Save Us’, Sophia reprend de la bête avec ce ‘There Are No Goodbyes’ de haute tenue, fait de mélodies à déchirer les cœurs et de paroles à faire couler les larmes.
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26. Why ? – Eskimo Snow [Anticon]
Bien que mises en boite durant l’enregistrement de ‘Alopecia’, les chansons d’‘Eskimo Snow’ sont tout sauf des face-b ou des chutes de studios. Tout le contraire. Un changement de direction même, cet album étant clairement le plus «pop» de la discographie de Why?. Surtout, ‘Eskimo Snow’ semble être le côté clair d’‘Alopecia’, et la preuve (une fois de plus) que l’on tient là un des plus grands plus grands compositeurs de cette décennie (cette faculté – et facilité – à animer ses chansons de petits riens pour en faire de grandes mélodies). Ce type est fantastique.
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25. We Were Promised Jetpacks – These Four Walls [Fat Cat]
Attention : on tient peut-être le groupe de rock qui animera les charts de la décennie qui vient. We Were Promised Jetpacks : écossais d’origine, pratiquants dans l’église réformée du rock-post-punk-pop, rappelant aussi bien The Apparitions que The Wedding Present avec un soupçon de The Twilight Sad (et pas que pour l’accent). Et surtout capables sur ce premier album ‘These Four Walls’ de pondre des compositions d’une efficacité folle sans jamais tomber dans une facilité dans laquelle tombent beaucoup trop de groupes. Ces We Were Promised Jetpacks ont vraiment tout pour être énorme. On vous aura prévenu.
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24. Grand Duchy – Petits Fours [Cooking Vinyl]
Frank Black prend se femme Violet Clark par la main et l’emmène manger des ‘Petits Fours’. Un énième album passable et ennuyeux ? Non, un album 3 étoiles ! Mieux que ça même, une résurrection ! ‘Petits Fours’ m’a vraiment réconcilié avec le gros Francis et son indie-rock de la fin des années 80. Une ambiance terrible, une production qui met toutes les parties de guitares vraiment en valeur. Un retour passé assez inaperçu mais très réussi !
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23. Malcolm Middleton – Waxing Gibbous [Full Time Hobby]
Ce gars là est une vraie marotte. Pour l’instant je n’avais jamais été déçu par Malcolm Middleton depuis le lancement de sa carrière solo. Ce ‘Waxing Gibbous’ ne déroge pas à la règle. Alignant bluettes pop et tubes rock (Red Travellin’ Socks et Kiss at The Station notamment), l’ancien compère d’Aidan Moffat continue sur la lancée d’une discographie pour l’instant sans faille, toujours menée par cet accent si délicieux
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22. Japandroids – Post-Nothing [Unfamiliar]
Prenez un peu de rock. Saupoudrez de punk. Et faites cuire à noise doux pendant 35 mns. Voilà la recette du ‘Post-Nothing’, premier album de Japandroids, groupe de Vancouver, qui cache son jeu derrière une pochette d’un classicisme désuet. Un album qui frappe fort et juste. Ah tiens, un tympan…
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21. A Place To Bury Strangers - Exploding Head [Mute]
Passé chez Mute et une major après un premier essai détonnant, A Place to Bury Strangers convainc une nouvelle fois avec leur nouvel album 'Exploding Head’. A nouveau lové dans les bras d'une décennie plus que jamais à la mode, les américains tapent plus fort, joue plus juste. Rock-noise-pop lorgnant vers un mélange post-punk/shoegaze, avec guitares pleines d'effets et bruyantes, 'Exploding Head' porte vraiment bien son nom.
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20. Crocodiles – Summer of Hate [In The Red]
The Jesus and Mary Chain a du être le groupe le plus cité cette année sur le net tant de nombreux albums sont allés puiser chez les écossais une partie de l'inspiration. 'Summer of Hate' des Crocodiles ne déroge pas à la règle. Incisif, court, il mélange habilement du shoegaze et de la noisy-pop, en ajoutant des synthés bien vintage.
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19. The Mountain Goats - The Life Of The World To Come [4AD]
‘The Life Of The World To Come’, nouvel album de The Mountain Goats, est une surprise folk/folk-rock totalement inattendue. Entendons-nous bien : j’avais vraiment beaucoup aimé ‘Heretic Pride’, son dernier en date, mais celui-là est plus fort. Il n’a pas semblé aussi en forme que depuis ‘The Sunset Tree’. Un peu plus et il nous ferait retourner à la messe le père Darnielle.
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18. Fever Ray – st [Rabid Records]
Membre de The Knife, Karin Dreijer Andersson prend son envol et sort son premier album sous le nom de Fever Ray. Dark-pop pleine de synthé, finalement proche sans l’être de son groupe d’origine, elle compose là un disque de toute beauté, hypnotique, à l’ambiance lourde et lugubre. Une fièvre étouffante, dont même les clips sont en tous points formidables (l’achat de la version avec le dvd compilant les dits clips est une nécessité).
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17. Action Dead Mouse – Revenge of Doormats and Coasters [Greed Recordings]
Deuxième album de ces italiens de Bologne, et première franche réussite. Un grand coup de pied dans les noix et un ambitieux album de math-rock teinté de post-rock. Ici, il y a du Shellac, du Silver Mount Zion, le tout sous le patronage de Do Make Say Think. Presque essentiellement instrumental, ce ‘Revenge of Doormats and Coasters’ est un disque de haute-voltige, qui ne laisse jamais une seconde de répit à l’auditeur, mais qui n’oublie pas de se reposer sur des mélodies recherchées et exigeantes.
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16. Sufjan Stevens – The BQE [Asthmatic Kitty]
Depuis la sortie de ‘Come On Feel The Illinoise’, Sufjan Stevens nous mène en bateau : une participation à une compilation par-ci, un album de chutes de studio par là. Mais rien de bien concret en nouveauté. Dernière sortie discographique pour le petit génie, ‘The BQE’. Ou la concrétisation sur support physique de son hommage musical et visuel à la Brooklyn-Queens Expressway, une autoroute de New-York. Agrémenté d’un dvd présentant le film, cet album est somptueux. Uniquement instrumental, Sufjan Stevens compose là une musique de film passant de la comédie musicale à l’electro ou l’acid-jazz avec une finesse incroyable. Et que l’on peut appréhender comme la 3è pierre de son projet (qu’il rejette aujourd’hui) des ‘50 States’.
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15. Loney Dear – Dear John [Polyvinyl]
Si l’on en croit Emil Svanängen, ce ‘Dear John’ est son dernier album sous le nom de Loney Dear (il en a même perdu sa virgule). Et quel album ! Un disque qui s’échappe du folk pour aller vers des sonorités plus organiques et électroniques (80s powa !). Perclu de mélodies travaillées et de quelques titres endiablés, ce ‘Dear John’ est en tout cas un bien formidable point final d’un premier début de carrière.
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14. The Pains of Being Pure at Heart – st [Slumberland]
Le meilleur groupe anglais de l’année est… américain ! Shoegaze de Jesus and Mary Chain, noisy pop de My Bloody Valentine, pop de The Smiths, The Pains of Being Pure at Heart vient fouiller avec bonheur dans les années 80 pour en ressortir la quintessence. Ce premier album est une bien belle surprise, qui «sonne beaucoup comme» certes, mais dont la qualité des compositions ne se dément pas.
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13. Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle [Domino]
Penser qu’en 2009 un des albums de l’année serait composé par celui qu’on appelait Smog relevait de la gageure. Ce ‘Sometimes I Wish We Were An Eagle’ est étourdissant de beauté, de finesse et de douceur. Si dans 40 ans, un de vos petits-enfants vous pose la question «dis papy, c’est quoi qui était beau dans le monde en 2009», vous pourrez répondre «‘Sometimes I Wish We Were An Eagle’ de Tonton Bill Callahan».
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12. Crystal Antlers – Tentacles [Touch & Go]
‘Tentacles’ est un album où tout va très vite, où tout tape très fort. Mais jamais trop. Un disque d’artillerie lourde mais pas dans le sens pataud. Non. Les Crystals Antlers pour leur premier album conjugue le noise avec le grunge, le tout au passé composé de psychédélisme. Dernier album sorti par Touch & Go (même dans la mort, ce label au combien précieux aura su avoir bon gout), ‘Tentacles’ est un monument, d’une homogénéité rare dans ce genre musical.
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11. Barzin – Notes to an Absent Lover [Monotreme]
Plus proche d’un Tanakh ou d’un Lambchop, le nouveau Barzin est une bénédiction. ‘Notes to an Absent Lover’ est LE disque folk lumineux de l’année. Ajoutant quelques soupçons de pop dans ses compositions, enrobant le tout de jolies cordes et d’une production tout en retenue, Barzin séduit encore. Le pendant 2009 de l’album de The Sleeping Years.
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Et donc comme à chaque fois, un lecteur grooveshark compilant une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus, en commençant par le 30è pour finir au 11è:



lundi 18 mai 2009

[Track of The Day] The Twilight Sad - Reflection Of The Television

Voilà une nouvelle qui devrait faire vibrer le petit cœur de Pitseleh: The Twilight Sad sont de retour. Enfin, pas tout de suite. Car le prochain album des Écossais, 'Forget the Night Ahead' toujours chez Fat Cat, ne verra le jour qu'en septembre prochain.
Cependant, et bien que nous ne soyons que mi-mai, un titre a déjà filtré. Il s'agit de Reflection Of The Television, chanson de 5 mns à la noirceur folle, menée par une batterie qui ne faiblit jamais. Et une fois de plus chez le groupe, la production est juste un petit régal et d'une grande vérité. Il règne une ambiance incroyable dans cette nouvelle composition, qui rappelle par moments la collaboration Black Heart Procession/Soldbaken il y a quelques années pour le onzième volume de la collection 'In The Fishtank'. Vivement septembre! 

Album: Forget the Night Ahead 
Année: 2009 
Label: Fat Cat

mardi 23 décembre 2008

Top 75 'Chansons 2008'


Après les Eps, 7" et autres compilations, il est temps de passer au top "chansons" de l'année. Comme l'an passé, et vu que j'ai écumé beaucoup de sillons cette année, j'ai choisi de présenter un top 75. Car si je n'ai pas été touché (loin de là) par tous les disques que j'ai écouté, beaucoup contenaient de petites merveilles.
Le meilleur exemple est l'album de Dancing Mice, groupe écossais de son état, qui aura sorti un 'Eroded' d'un ennui sans nom... mais qui débute par une merveille de revival songs et qui rend un hommage aux 80s assez magistral, comme rarement entendu ces derniers temps d'ailleurs, It's Abnormal.

Le top 20 (hormis les trois premiers) est presque totalement interchangeable, suivant l'humeur. Et au final donc, un classement des 75 chansons qui m'auront fait vibrer, danser, pleurer, frissonner, voire bien plus, en 2008
Un top 75, en écoute comme à chaque fois au bas de ce papier, cette fois en un seul et même lecteur en un lecteur et quelques vidéos youtube.

Demain, Top Albums-1ère partie.


75. James – Bubbles [Mercury]
74. Lightspeed Champion – Dry Lips [Domino]
73. Late of The Pier – Focker [Parlophone]
72. Feeder – Miss You [Echo]
71. The Automatic – Steve McQueen [B-Unique]
70. Metronomy – The End Of You Too [Because Music]
69. Melpo Mene – Hit The Boys [Imperial]
68. Human Highway – Moody Motorcycle [Secret City]
67. Earlimart – Town Where You Belong
66. The Black Keys – Psychotic Girl [Nonesuch]

65. Sebastien Tellier – Divine [Discograph]
64. The Young Republic – Girl From The Northern States [End Of The Road]
63. Destroyer – Foam Hands [Merge]
62. The Gutter Twins – God's Children [Sub Pop]
61. Estelle (feat. Kanye West) – American Boy
60. The Decemberists – Valerie Plame [Rough Trade]
59. Gregory And The Hawk – Stone Wall Stone Fence [Fat Cat]
58. A Weather – Spiders, Snakes [Team Love]
57. The Twillight Sad – Cold days from the birdhouse [Fat Cat]
56. Air France – Collapsing outside your doorstep [Sincerely Yours]

55. The Tallest Man on Earth – Honey Won't You Let Me In
54. Piano Magic – Vacancies [Make Music Mine]
53. The Helio Sequence – Broken Afternoon [Sub Pop]
52. The Futureheads – The Beginning of The Twist [Null]
51. The Last Shadow Puppets – Separate And Ever Deadly [Domino]
50. British Sea Power – Lights out for darker skies [Rough Trade]
49. Envelopes – Party [Brille]
48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix) [ABKCO]
47. Bon Iver – For Emma [Jagjaguwar]
46. The Black Kids – I Wanna Be Your Limousine [Almost Gold]

45. The Wedding Present – I lost the monkey [Talitres]
44. BoB – Lonely People [Grand Hustle]
43. Eugene Mcguinness – Moscow State Circus [Domino]
42. Jenny Lewis – Sing a Song For Them [Rough Trade]
41. Born Ruffians – I Need a Life (Four Tet Remix) [Warp]
40. datA – Rapture [Ekleroshock]
39. Guernica – Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini [Vlas Vegas]
38. Santogold – L.E.S Artistes [Downtown]
37. Broken Records – Lies [Distiller]
36. Port O'Brien – Fisherman's son [City Slang]

35. Sufjan Stevens – Joy to The World [-]
34. The Kills – Black Balloon [Domino]
33. Iron & Wine – Arms of a thief [Transgressive]
32. Ladytron – Runaway [Nettwerk]
31. Adem – Oh My Lover [Domino]
30. Morley – Call On Me [Polydor]
29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix) [City Slang]
28. Justice – Phantom II (live) [Ed Banger]
27. Noah and The Whale – Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
26. Fleet Foxes – Your Protector [Sub Pop]

25. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
24. Sons & Daughters – Killer (Adamski cover) [Domino]
23. The Magnetic Fields – California Girls [Nonesuch]
22. Cornflakes Heroes – Is Mother Right? [Greed Recordings]
21. Oasis – The Shock of The Lightning [Big Brother]
20. Nada Surf – See These Bones [Barsuk]
19. The Sleeping Years – Dressed For Rain [Talitres]
18. Styrofoam – My Next Mistake (feat. Jim Adkins) [Nettwerk]
17. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Letter From God To Man [Sunday Best]
16. Ladyhawke – Magic [Modular]

15. Alain Bashung – Tant de Nuits [Barclay]
14. Hot Chip – Ready For The Floor [DFA]
13. Coldplay – Viva La Vida [Parlophone]
12. Duke Spirit – Send a Little Love Token [You Are Here]
11. Parenthetical Girls – Windmills Of Your Mind (Michel Legrand cover) [Tomlab]
10. Kiko – Slave of My Mind [Different]
09. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – BlindBlindBlind [Constellation]
08. Tv On The Radio – Lover's Day [4AD]
07. Wolf Parade – Kissing The Beehive [Sub Pop]

06. MGMT – Kids (Soulwax Remix) [Columbia]
05. Okkervil River – Lost Coastlines [Jagjauwar]
04. Malcolm Middleton – Love Comes In Waves [Full-Time Hobby]
03. Dancing Mice – It's Abnormal [Squeak Audio]
02. Cloud Cult – No One Said It Would Be Easy [Rebel Group]
01. MGMT – Time to Pretend [Columbia]





















Sept titres sont introuvables sur Spotify. Mais ils sont en écoute ci-dessous :

12. Duke Spirit – Send a Little Love Token



29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix)
 




36. Port O'Brien – Fisherman's son
 


37. Broken Records – Lies
 



44. BoB – Lonely People




48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix)
 


64. The Young Republic – Girl From The Northern States
 
 

mardi 4 mars 2008

Nina Nastasia – On Leaving [Fat Cat]

Elle a le charme de ces femmes qui ont vu la vie ne pas leur faire de cadeaux. Elle a une discographie sans faille. John Peel la trouvait extraordinaire. Steve Albini est son producteur attitré. Elle a sorti des albums sur Touch&Go et Fat Cat - ce qui vous classe quand même un artiste. Elle est en tournée en France dans les jours qui viennent.

Et comme Nina Nastasia, malgré tout son talent, n’a jamais connu un début de commencement de notoriété, je me suis dis qu’il serait bien (et en quelques mots ; on m’a répété que mes chroniques étaient bien trop longues) de mettre en avant une telle artiste. Histoire de motiver – sait-on jamais – quelques uns à sortir ces jours prochains leurs oreilles pour une bien belle balade.

Car Nina Nastasia est une artiste à côté de laquelle il serait indécent de passer. Le genre de songwriter dont on se rendra compte de l’immense talent dans une quinzaine d’années, quand l’eau aura coulé sous les ponts et que toutes ses contemporaines auront disparues aussi vite qu’elles auront lassées.

Auteur de cinq albums (dont un très beau ‘You Follow Me’ l’an passé avec Jim White de Dirty Three), 'On Leaving' est son quatrième. Un disque à l’ambiance très particulière, qui tranche avec la noirceur de 'Run to Ruin', son troisième album. Ici, le schéma est plus classique : guitare-piano et une batterie effleurée de temps à autres.

Au-dessus, cette voix, mélange de fragilité et d’assurance, avec pleins de sentiments dans chaque intonation, qui fait une grande partie du charme de Nina Nastasia. Et puis cette production, au cordeau, d’une délicatesse folle, où le piano semble loin tout en étant proche, où l’arrivée des cordes est juste évidente, où la voix est placée au bon endroit au bon moment, où les quelques notes de guitare acoustique ont un effet immense sur l’auditeur. Bref, Steve Albini dans toute sa splendeur, au service de la miss.

'On Leaving' est un disque qui, aux premières écoutes je m’en souviens, m’avait pris à la gorge. J’en avais presque même eu les larmes aux yeux en écoutant le titre 11, Bird of Cuzco (voir plus bas), hommage à John Peel et à cette ville qui l’a vu mourir. Bref, j’en ai été retourné. Ce qui est fou, c’est que je pourrais dire la même chose de ses quatre disques précédents. D’ailleurs, pourquoi parler de cet album là et pas de ‘The Blackened Air’ ou son somptueux ‘Dogs’ (dont j’avais mis un titre en écoute ici). Et pourquoi pas d’ailleurs ?

Nina Nastasia donc. Une bien grande songwriter (il faut se pencher sur ses textes, qui ne respire certes pas toujours la joie de vivre, mais quand même), à la grâce infinie, de passage chez nous et qui vient de sortir un nouveau single, What She Doesn't Know issu lui aussi des sessions de ce 'On Leaving', plus que jamais recommandable. (sortie : 11 septembre 2006)

Nina Nastasia en tournée française :
06 mars: Epicerie Moderne, Feyzin (69)
07 mars: Emmetrop, Bourges
08 mars: Le Vauban, Brest
09 mars: Nouveau Casino, Paris
10 mars: YAMOY, Nantes
12 mars: Cave Aux Poetes, Roubaix

Son :
Myspace (5 titres en écoutes)

Deux morceaux, assez courts, mais qui veulent dire beaucoup. Cinq minutes en cumulé. Et pourtant, les frissons sont bien là. Si vous n’en chopez pas à l’écoute de Treehouse Song et Bird of Cuzco, vous n’êtes pas humains (malheureusement, plus en écoute).

vendredi 6 septembre 2019

[Track of The Day] Minor Pieces - Rothko

Voyage onirique au pays de l'ambiant-folk, Rothko est une longue chanson de près de 7mns venue ouvrir la voie à 'The Heavy Steps Of Dreaming', premier album de Minor Pieces, duo composé des canadiens Missy Donaldson et Ian William Craig, et qui verra le jour début octobre prochain chez - les discrets depuis quelques temps - Fat Cat.

Un petite beauté qui prend donc son temps, qui sait muter, et mêle habilement voix (presque de ténor au milieu de la chanson pour celle d'Ian William Craig), ambiance flottante et belle mélodie folk. Laissez-vous porter...


Album : The Heavy Steps Of Dreaming
Année : 2019
Label : Fat Cat


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Rothko de Minor Pieces est également en écoute ci-dessous :


Second extrait de 'The Heavy Steps Of Dreaming' de Minor Pieces, voilà The Way We Are In Song :



lundi 22 octobre 2007

Track of The Day (16-22 octobre 2007)

Un soupçon d'électro dans un monde de pop cette semaine. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).

Lundi 22 octobre 2007 :
* The Cinematic Orchestra - To Build a Home (feat. Patrick Watson) [Ninja Tune]
To Build a Home a Patrick Watson en featuring, à la voix. Et c'est assez déroutant. Car c'est tout sauf du Cinematic Orchestra. Ça se rapproche même beaucoup plus d'Anthony et de ses Johnsons. Mais ça n'en reste pas moins totalement magnifique.
(disponible sur Ma Fleur # 2007)

Dimanche 21 octobre 2007 :
* Shannon Wright - Defy This Love [Vicious Circle]
Alors que PJ Harvey vient de sortir un album d'une douceur à tomber, la grande Shannon Wright a fait la même chose... mais huit mois plus tôt. Defy This Love n'est peut-être pas totalement représentative de l'album, mais dans le genre à tomber à la renverse, elle se pose là quand même.
(disponible sur Let In The Light # 2007)

Samedi 20 octobre 2007 :
* The Little Ones - Lovers Who Uncover [Branches]
Leurs artworks ressemblent à ceux des Shins. Leur musique ressemble à celle des Shins. Mais ce ne sont pas les Shins. Juste les Little Ones. Et c'est bien sympa aussi.
(disponible sur Sing Song Ep # 2007)


Vendredi 19 octobre 2007 :
* Tom Brosseau - Dark Garage [Fat Cat]
L'an passé, Tom Brosseau a sorti un bien joli disque, passé totalement inaperçu avec pourtant un petit délice de Dark Garage, en plein milieu, complètement Dylanien, et pas uniquement à cause de l'harmonica. Largement recommandé.
(disponible sur Empty Houses Are Lonely # 2006)


Jeudi 18 octobre 2007 :
* Mùm - They Made Frogs Smoke 'Til They Exploded [Fat Cat]
Nouvel album pour Mùm, sans les sœurs Vlatýsdóttir pour la première fois (je sais, c'est dur pour tout le monde : il en restait une et elle a préféré partir elle aussi). Un disque plus optimiste, plus enjoué et moins dramatique que les précédents, symbolisé par ce They Made Frogs Smoke 'Til They Exploded très réussi.
(disponible sur Go Go Smear The Poison Ivy, Let Your Crooked Hands Be Holy # 2007)

Mercredi 17 octobre 2007 :
* Tobias Fröberg - Love & Misery (feat. Ane Brun) [Poptones]
Ce disque, de 2006, on en reparlera dans ces pages (un jour). Mais c'est une merveille. Et ce morceau, en duo avec Ane Brun est... pfiou. Même plus que ça encore. Le mélange des deux voix, le texte. A faire pleurer même les plus endurcis.
(disponible sur Somewhere In The City # 2006)

Mardi 16 octobre 2007 :
* Clark - Ted [Warp]
Petite pépite de son 'Body Riddle' de l'an passé, Ted est un petit bijou d'électro efficace et nappé dans tous les sens.
(disponible sur Body Riddle # 2006)