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mercredi 25 janvier 2012

[Track of The Day] The Men - Open Your Heart

Ce qui est bien quand on découvre des groupes sur le tard, c'est qu'on n'a pas à trop attendre pour avoir la suite.
Tombé entre mes oreilles au tout début de 2012, The Men est un groupe qui mérite le détour. Et pas qu'un peu.

Loin des Human League dont il partage le nom (les auteurs de 'Travelogue' et Don't You Want Me ont en effet pendant un court laps de temps porté ce nom sous la pression de Virgin. Toute l'histoire est à lire ici), The Men, arty mais pas trop, aime le bruit, le noise, les riffs qui passent tout seul sur lesquels ils viennent parfois, hurler.
Et leur 'Leave Home' de 2011 avait un sacré cachet! Les voir considéré comme une des valeurs plus que montantes de la scène rock n'a rien d'étonnant.

Bref, à peine écouté 'Leave Home' que se profile à l'horizon 'Open Your Heart'. C'est pour mars prochain, toujours chez Sacred Bones. Et le premier extrait, qui reprend le titre de l'album, est d'une efficacité folle.

Mieux, ce qui ne gâche rien, c'est que The Men sera en concert au Sonic de Lyon le 5 février prochain. Ça va rucher dans les oreilles!

Album: Open Your Heart 
Année: 2012
Label: Sacred Bones



Open Your Heart avait été jouée il y a quelques mois sur une radio américaine, WFMU, live. Et c'est en écoute ci-dessous sur le soundcloud de Sacred Bones.  (malheureusement plus en écoute)

jeudi 14 mars 2013

The Men - New Moon [Sacred Bones]

Voilà un groupe étonnant que The Men. Leurs deux premiers albums (dont le très bon 'Open Your Heart') étaient très bruitistes, noisy, rock, et envoyaient du noise tout du long.
Les premières notes de 'New Moon' (toujours chez Sacred Bones) surprennent : forcément, ces notes de piano, cette mélodie toute belle, ce calme apparent. Qu'avez vous donc fait de nos The Men ?

Rien. Ils restent les mêmes. Ils évoluent, c'est tout. En décidant de laisser plus de place aux mélodies dans leurs compositions, ou plutôt en les mettant bien plus en avant, les new-yorkais se « radoucissent ».
Mais l'envie, l'énergie, le son cradingue, la production lo-fi, l'ambition rock que The Men ont toujours eu est bien présente.

Sauf que cette ambition sur 'New Moon' est plus bluesy, plus psychédélique (à l'image de la pochette) et va lorgner du côté de Neil Young (Bird Song qu'on dirait écrite à l'époque d''Harvest'). Tout du moins essentiellement sur la face-A du disque.

Car la face-B change de braquet et retrouve l'univers plus classique de ce The Men. Moins noisy que sur les disques précédents, mais tout aussi nerveuse et dantesque, cette seconde partie ressort les guitares et les chansons enlevées et impitoyables, au premier rang desquelles The Brass et Electric.

A l'instar de Black Keys qui ont petit à petit étendu leur auditoire sans fondamentalement se renier, The Men, avec 'New Moon', j'en mettrais ma main au feu, viennent de s'ouvrir comme des grands une autoroute vers une reconnaissance large de leur talent. Leur disque va faire parler de lui. Et il est tellement formidable que ça sera amplement mérité. (Sortie : 5 mars 2013)

Son :
'New Moon' de The Men est en écoute complète chez Pitchfork ici-même.
 Site officiel de The Men

Acheter 'New Moon' de The Men


Quatre chansons en écoute de ce 'New Moon' de The Men, dont trois dans le lecteur grooveshark ci-dessous. La pop nerveuse et pleine de distorsion de Half Angel Half Light, l'épique I See No One et le rockabilly Bird Song aux faux-airs de Neil Young. (malheureusement plus en écoute)

Dernière chanson en écoute de 'New Moon', I Saw Her Face, blues fiévreux comme savent en écrire The Men. (malheureusement plus en écoute)

 

jeudi 7 octobre 2021

[Track of The Day] Constant Smiles - Run To Stay

« C'est comme quand vous êtes en soirée ou en train de parler à quelqu'un et qu'au final, vous prêter assez peu attention à ce que les autres peuvent vous dire parce que vous n'arrêtez pas de penser aux autres choses que vous avez à faire. Ou quand vous évitez de sortir avec des amis parce que vous avez envie de travailler sur vos chansons ou autre chose, et au final, vous n'arrivez à rien et vous passez la journée dans votre canapé ». Voilà comment Ben Jones présente Run to Stay, le nouvel single de Constant Smiles. Ben Jones est la tête pensante de ce groupe vieux de dix ans, et dont 'Paragons' sera le quinzième album (le deuxième seulement sur un label digne de ce nom. Et quel nom pour celui-ci : Sacred Bones, excusez du peu).

L'histoire de Run to Stay, c'est un peu l'histoire de la vie de beaucoup ces dernières années. Celle de vouloir réaliser beaucoup de choses pour au final ne rien faire, ou pas grand chose. De la procrastination qui ne dit pas son nom. Par facilité parfois, souvent par lassitude, ennui et fatalisme. Une situation encore plus accentuée par la crise du Covid évidemment (ces longues semaines passées seul à partager avec les autres uniquement par, au mieux, écrans interposés) mais à laquelle on s'habitue et dans laquelle on finit par se complaire et prendre ses aises.

Mais au-delà de son thème et de son jugement très juste, Run To Stay reste avant tout un morceau de premier ordre qui donne sacrément envie d'en savoir plus sur 'Paragons' à venir. Une très belle chanson d'indie-pop de 2'30", joliment troussée et bien achalandée, à la mélodie et la mélancolie implacable. Et c'est tout de même bien là le principal.

Album : Paragons
Année : 2021
Label : Sacred Bones Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Run To Stay de Constant Smiles est également en écoute ci-dessous :

 

Le clip de Run To Stay de Constant Smiles :

vendredi 12 juin 2020

Caleb Landry Jones - The Mother Stone [Sacred Bones]

Pour ceux qui ne seraient pas, comme moi, des cinéphiles assidus, sachez que Caleb Landry Jones n’est pas un inconnu et ne sort pas de nulle part. Il n’est peut-être pas (encore ?) l’acteur le plus connu des plateaux de cinéma, mais sa filmographie compte quelques films, si ce n'est majeurs, au moins remarqués : des apparitions dans 'No Country For Old Men' des frères Coen ou 'The Social Network' de David Fincher, et des rôles plus importants dans 'Three Billboards', 'Get Out', 'The Florida Project', la troisième saison de 'Twin Peaks' ou encore 'X-Men : Le Commencement'. En 2019, il tourne dans 'The Dead Don’t Lie' de Jim Jarmusch. Et cette rencontre va s’avérer décisive dans la production du disque dont il est question aujourd’hui, 'The Mother Stone'.

C’est lui qui va mettre en relation le jeune texan de 30 ans et le label new-yorkais Sacred Bones. Une maison de disque défricheuse, à la discographie de haute volée et qui ne fait pas dans la compromission. Et où 'The Mother Stone' de Caleb Landry Jones trouve toute sa place.

Car le résultat est déroutant. Une œuvre gargantuesque, dérangée, déjantée, mais qui ne lâche jamais son fil d’Ariane mélodique. Si tout est ici extravaguant, rien n’est expérimental. 'The Mother Stone' est un disque pop et de folk, de rock, de psychédélisme et de glam, fait de rupture, d’orchestrations travaillées, de refrains alambiqués, de chants extatiques et de cris perturbés. Caleb Landry Jones y conte (et en bon acteur, y joue) des histoires cryptiques, difficiles à suivre, sans doute celles d’un homme seul, faites de souvenirs, de choix regrettés, de digressions impromptues et de désespoirs éternels.

Ici, on entend tour à tour les Beatles (référence mélodique évidente et revendiquée), Syd Barrett, les Foxygen de 'Hang' ou Joanna Newsom dans cette façon d’agréger ses chansons, de faire vivre ses longues mélopées, et de raconter des histoires, fussent-elles torturées et difficilement compréhensibles. Et plus que Jim Jarmusch, 'The Mother Stone' est une sorte de version musicale de 'Mulholland Drive' de David Lynch, un disque où rien n’est totalement vrai, où tout est partiellement faux et où Caleb Landry Jones emmène l’auditeur dans des recoins pas aussi reluisants que veut le faire croire sa musique.

'The Mother Stone' est un disque impressionnant dans sa capacité autant à émouvoir qu’à intriguer. Une sorte de balade dans le Desolation Row de Bob Dylan : un monde (de) freak, des histoires banales mais tristes, des peines qu’on arrive pas à dépasser. Et au-dessus de tout cela, une musique baroque, chaotique, qui exagère parfois autant qu’elle prend son temps pour distiller ses mélodies. De la grandeur et beaucoup de décadence en somme. (Sortie : 1er mai 2020)

Plus :
'The Mother Stone' de Caleb Landry Jones est en écoute sur son bandcamp
'The Mother Stone' de Caleb Landry Jones est à l'achat sur son bandcamp
'The Mother Stone' de Caleb Landry Jones est également en écoute chez, notamment, Spotify et Deezer

Trois chansons de 'The Mother Stone' de Caleb Landry Jones en écoute aujourd'hui : I Did Your Dog (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Youtube et Qobuz). Puis I Want to Love You et You're So Wonderfull, deux chansons baroques à souhait :






Le clip de Flag Day / The Mother Stone, premier « single » tiré de 'The Mother Stone' de Caleb Landry Jones :


Pour finir, le court-métrage de Jacqueline Castel, autour de 'The Mother Stone' de Caleb Landry Jones :



jeudi 22 janvier 2026

[Track of The Day] Mandy, Indiana - Cursive

Mandy, Indiana. Voilà un groupe qui fait tout pour tromper son monde. Son nom déjà, donc la stylistique fait clairement penser à un groupe américain vu qu'il est un détournement de Gary, Indiana, une ville du nord de cet état de l'Est des États-Unis. Pourtant, il n'en est rien, Mandy, Indiana étant aujourd'hui basé à Manchester en Angleterre. Mais vraiment anglais ? Pas tellement en fait, le quatuor comptant dans ses rangs - et au chant - Valentine Caulfield, française de son état. Et niveau musique, difficile de ne pas entendre ici plus de sonorités allemandes que britanniques. En tout cas dans Cursive (en écoute aujourd'hui) le deuxième de leur second à venir le 6 février prochain, 'URGH' - chez Sacred Bones s'il vous plaît.

Une chanson pleine de beats, aux couleurs à la fois indus, electro et noisy, à la rythmique frénétique et obsédante, aux nappes vrombissantes, et sur laquelle Valentine Caulfield vient déclamer des paroles répétitives qui s’ouvrent par la célèbre comptine Am stram gram. Un morceau furieux, bruyant autant que dansant : quoi de mieux pour ouvrir l'année musicale 2026 dans ces pages ?

Album : URGH
Année : 2026
Label : Sacred Bones

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Cursive de Mandy, Indiana est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Cursive, deuxième single extrait de 'URGH' de Mandy, Indiana :

mercredi 30 décembre 2020

Bilan 2020 : Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Alors oui, cette année fut a bien des égards détestable. Fatiguante aussi. Et carrément éreintante. Ces deux confinements, ces couvre-feux, cette peur qui s'insinue de toute part, ces gens qu'on ne peut plus prendre dans ses bras, ces apéros qu'il vaut mieux faire virtuellement qu'autour d'une table baignée de bière renversée, ces soirées sans dj, sans musique, sans transpiration et sans danse, ces salles de concerts irrémidablement closes et sans doute pour encore longtemps, ces rassemblements interdits.
Mais parce qu'il faut toujours essayer de tirer quelque-chose de postif d'une situation déprimante, célébrons ce qui m'aura fait tenir tout au long de cette année 2020 et m'aura empêché de sombrer dans la folie ou la dépression. Et tirons donc le bilan de cette année musicale, en quatre étapes comme le veut la tradition.
 
Avant de détailler cette première partie du bilan annuel consacrée aux formats courts (Ep, 7", 12") et autres compilations et rééditions, et comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins ce qui se trame pour voir ce qu'ils tirent eux de cette si particulière année 2020 :
Les 10 albums de l'année chez Benzine
Les 10 albums de l'année chez La Musique à Papa
Les 20 Ep de l'année chez les précieux For The Rabbits
Les choix de la rédaction de Section 26
Les 50 albums de l'année selon la rédaction de Stereogum 
 
Quinze disques au programme donc pour cette première partie du bilan annuel. Quinze disques parmi les meilleurs écoutés cette année, avec quelques futurs grands, un retour et un départ attendus, des classiques qui retrouvent ces pages à chaque fois (on ne se refait pas), un album de 2019 qui à quelques mois près aurait fini sans doute très près du haut de mon top albums et quelques sexagénaires qui accèdent à une reconnaissance méritée mais quarante années trop tard. Tout est détaillé ci-dessous et, pour bien faire les choses, en bas de page, se trouve des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter un morceau de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


7"

Arab Strap - The Turning of Our Bones 7" [Rock Action Records]
Après 15 ans passés loin de l’autre, Malcolm Middleton et Aidan Moffat ont décidé de réveiller la bête Arab Strap et de s’offrir un nouveau tour de chant. Avant un nouvel album prévu pour le printemps 2021, les deux compères ont relancé l’affaire avec un 45-tours qui aura confirmé que malgré les années, le duo n’a rien perdu de son talent mélodique et de son humour. Un disque tout Arab Strapien, porté par sa face-A, The Turning of Our Bones, son ambiance sombre, sa mélodie implacable, la guitare de Malcolm, la voix si écossaise d'Aidan, ses arrangements délicats, ce pont parfait et ses paroles noires, brillantes, pleine d'allusions sexuelles, d'alcool et de retour à la vie. « Back from the dead » comme ils disent !
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Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always 7" [Double Double Whammy / Heavenly Recordings]
Ultime chant du cygne pour The Pains of Being Pure at Heart, un des groupes qui aura le plus marqué mes années 2000. Et il leur est offert par Hatchie. L’australienne a invité la bande à Kip Berman sur la face-A de son dernier single qui la voit reprendre Sometimes Always de The Jesus and Mary Chain. Une belle relecture, sans doute plus nerveuse et fuzzy que l'originale, mais tout aussi délectable. Un point final savoureux. Merci pour tout.
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King Creosote - Susie Mullen 7" [Domino Records]
Retour de King Creosote pour un 45-tours épatant. Si la face-B est une très belle balade mélancolique et totalement dans une veine qu’on connait à l’écossais, Susie Mullen est une chanson sidérante de sa part. Une sorte d'orgie de synthé, de rythmiques et de pop, presque électro, de près de 5 mns, pied au plancher, à la très grande efficacité, où les cris répétés en fond resteront longtemps dans votre tête. Tube, point.
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Caleb Landry Jones - I’m On Top of The World 7" [Sacred Bones]
Absentes de 'The Mother Stone', les deux chansons de ce 45-tours n’y auraient pourtant pas fait tâche. On retrouve toute cette pop-psyché et baroque que Caleb Landry Jones adore. Deux morceaux qui partent dans un sens, sont sur le point de trébucher avant de répartir vers l'avant, plus généreux que jamais. De la pop grandiloquente, aux accents de cabaret, et une nouvelle fois renversante.
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12"

Sufjan Stevens - America 12" [Asthmatic Kitty]
'The Ascension' de Sufjan Stevens aura cette année totalement divisé les fans de l’américain. Une grande partie sera passé à côté. L’autre aura succombé. Mais il y a une chose sur laquelle tous s’accordent : ce 45-tours/12-inch maousse (24 mns). Peut-être pas pour la chanson titre America, qui termine 'The Ascension', mais pour My Rajneesh, sa face-B, chanson issue des sessions de 'Carrie & Lowell' de Sufjan Stevens, et sans conteste un des plus grands morceaux qu’il a écrit jusque là.
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EP

Do Nothing - Zero Dollar Bill Ep [Exact Truth]
Premier Ep pour ce quatuor de Nottingham. Du post-punk-pop-punk aux faux airs de Maximo Park, et au chanteur incroyable, grande force de ce 'Zero Dollar Bill Ep', capable de passe du chant au spoken-word en un vers, d'hurler comme d'être touchant en quelques notes. Un Ep prometteur et preuve d’un très gros potentiel.
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Floating Room - Tired and True Ep [-]
Sur ce 'Tired and True Ep', Floating Room fait parler l'indie-rock tout en ayant quelques airs de slow-core. De belles mélodies, de belles guitares, de beaux cuivres pour mieux relever le tout et une production aux petits oignons qui met autant en valeur les guitares que la voix de Maya Stoner, la femme derrière ce projet.
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Hobby - Hobby Ep [Hidden Bay Records / RDS REC HH]
Anciennement Deaf Parade, Hobby est un quintet venu de partout et installé à Paris. Leur Ep est un quatre titres en anglais d'une très grande qualité, entre rock à la Pavement et jangle pop, aux mélodies qui font mouche à chaque fois et où les guitares se disputent fureur et accords lumineux.
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Hotel Lux - Barstool Preaching Ep [Nice Swan Records]
Originaire de Southampton, voilà un quintet qui ne se prend pas au sérieux : entre rock et post-punk blasé, voix qui oscille entre le chant et un parlé lad plein de charme, cet Ep d’Hotel Lux est une sacrée révélation de 2020, qui se termine par Ballad of You & I, une des meilleures chansons de l’année, pop cette fois, entre orgue, guitares et trompettes.
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Jeanines - Things Change Ep [Where It’s A Is Where You Are]
Auteur d'un joli premier album court et charmant en 2019, le duo new-yorkais Jeanines n’aura pas mis beaucoup de temps à donner de ses nouvelles avec cet Ep sorti à la fin de l’hiver. Un disque moins jangle que son prédécesseur, plus brut mais délicieux à bien des égards, notamment sur Less and Less, chanson où plane l'ombre du Velvet Underground des débuts, quand la bande à Lou Reed s'était entichée de Nico.
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Nightshop - The Fountain Ep [Salinas Records]
Je ne sais pas ce que j'ai, mais plus mon intérêt pour Kevin Morby diminue (il est quasiment inexistant désormais), plus celui pour les membres de son groupe augmente. L'an passé il y eut Hand Habits, le beau projet de Meg Duffy. Et cette année il y a la découverte de Nightshop, ou le projet de Justin Sullivan, qui a officié comme batteur chez l'américain. Difficile d'ailleurs de ne pas croiser dans ce fort bel Ep l'influence certaine de Kevin Morby que ce soit dans le chant ou dans les mélodies. Mais le Kevin Morby, emballant et inspiré de l'époque de 'Singing Saw'.
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Peel Dream Magazine - Moral Panics Ep [Tough Love]
Non content d’avoir sorti un des meilleurs albums de l’année (on y reviendra), les Peel Dream Magazine (quel formidable nom) auront publié dans la foulée ce 'Moral Panics Ep', aux chansons tirées de sessions de 'Agitprop Alterna'. Un disque à la personnalité sensiblement différente, moins rageuse et plus calme mais pas moins mélodique.
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REEDITION

Kiwi Jr. - Football Money [Mint Records / Persona Non Grata]
Si j’avais découvert cet album de Kiwi Jr. plus tôt, nul doute qu’il aurait fini très haut de mon Top Albums 2019. Mais soyons précis : bien qu’arrivé dans nos contrées européenes en janvier 2020, 'Football Money' est en réalité sorti en 2019 chez Mint Records. Et se retrouve donc dans la partie « réédition » de ce bilan annuel.
Il y a sur ce premier album des canadiens de Kiwi Jr. tout ce que l'indie-rock et l'indie-pop, qu'elle soit power ou jangle, ont de meilleur : des hymnes à fredonner, des mélodies qui accrochent l'oreille, de l'énergie à revendre, des couplets épatants, des refrains qui le sont doublement, des arrivées impromptues de gimmick qui font repartir chaque chanson encore plus haut. Et puis il y a ces paroles ubuesques, délirantes et brillantes, cyniques et sarcastiques, avec ses références à la pop culture (sans que cela soit forcé), avec un vers d'ouverture drôle, qui donne le ton de l'album (« When the SS crashed the party, my favorite band was setting up onstage») et qui n'est pas sans rappeler les premiers mots de We Dance sur 'Wowee Zowee'. La suite arrive dans quelques semaines, chez Sub Pop cette fois.
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Jason Molina - Eight Gates [Secretly Canadian]
Sans doute que ce disque aurait mérité d’être dans le top album. Mais il est toujours délicat de savoir si l’oeuvre présentée ici est bien celle qu’aurait souhaité voir publiée Jason Molina s’il avait été encore parmi nous. Donc, insérons la dans cette partie réédition, même si 'Eight Gates' n’en est pas véritablement une non plus.  Ce qui est toutefois sûr, c’est que cet album est le premier posthume. Un disque de neuf chansons, les dernières que Jason Molina a enregistrées, et qui prend ses racines dans un long séjour effectué à Londres dans la deuxième moitié des années 2000. Une période assez hallucinée qui verra l'américain prétendre s'être fait piquer par une araignée très venimeuse et, en plein repos forcé, faire la connaissance de perruches vertes (on les entend sur le disque) qui, dit-on, seraient ni plus ni moins que les descendantes de celles que Jimi Hendrix, un jour d'ennui, relâcha dans le ciel de Londres. Un disque proprement habité.
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COMPILATION

Various Artists - Strum & Thrum: The American Jangle Underground 1983-1987 [Captured Tracks]
Toujours à la pointe, Captured Tracks aura lancé une nouvelle série de compilation cette année, 'Excavations'. La première est consacrée à la scène indie américaine du milieu des années 80. Le label a sélectionné parmi les meilleurs de ces groupes qui n’auront pas passé le cut et seront restés toute leur carrière de simples outsiders. Vingt-huit groupes, vingt-huit morceaux, de la guitare dans tous les sens et quelques groupes qui auraient mérité un autre futur que celui d’attendre 40 ans pour faire vraiment parler d’eux.
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Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


Pour mieux découvrir les 15 disques dont il est question ci-dessus, un morceau de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous :

vendredi 23 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (30-11)



Deuxième partie de ce bilan 2014, partie Albums s'entend. Après les disques classés de la 50è à la 31è place, voilà donc les 20 disques suivant, avant que dimanche, je ne vienne mettre un terme définitif à mon année 2014 avec le top dix.

Mais avant ça, comme toujours, voici quelques liens pour aller découvrir la sélection d'autres blogs ou site :


Quant à moi, ces 20 nouveaux disques présentés ci-dessous présentent des artistes perdus de vue depuis longtemps, des américains qui ne sont jamais aussi bons que quand ils ne sont pas sérieux, l'incarnation de la beauté musicale, des vieux toujours bruyants, des rescapés, des australiens sans raisin ni colère et deux bandes originales épatantes. Notamment.
Bref, c'est à découvrir et surtout à écouter (une chanson de chaque album présenté est en écoute en bas de l'article) ici.

Pour rappel :



30. God Help The Girl - Original Motion Picture Soundtrack [Milan]
Bande originale d'un film à la diffusion quasi-inexistante en France (9 salles à sa sortie, dont l'immense majorité à Paris), 'God Help The Girl' est le reboot de l'album de Stuart Murdoch de 2009, avec des passages du film entre chaque titre. Bien que l'original est très réussi, celui-ci, plus punchy et simplement plus pop, l'est tout autant. Et Emily Browning est impeccable dans un rôle de chanteuse.



29. James Yorkston - The Cellardyke Recording and Wassailing Society [Domino]
Dans un silence assourdissant, James Yorkston aura sorti un nouvel album. Et il est une nouvelle fois très beau. Folk délicat produit par Alexis Taylor d'Hot Chip, il se dégage de cet album une ambiance que James Yorkston sait rendre lumineuse que ce soit en quelques notes ou avec sa douce voix. Tout le monde ou presque s'en fout, comme à chaque fois, mais il faudra quand même un jour qu'on prenne le temps de s'arrêter sur les nouvelles sorties de James Yorkston, artiste dont le temps n'a - et n'aura sans doute jamais - de prise.



28. Alvvays - st [Polyvinl]
Alvvays ou sûrement ma révélation de l'année. Si comparaison n'est pas raison, celui qui m'a présenté le groupe comme la rencontre entre The Pains of Being Pure at Heart et Camera Obscura avait vu juste. Shoegaze et pop (presque twee) à la fois, ce premier album des canadiens (sorti l'an passé sur cassette, réédité à plus grande échelle cette année) a tout ce qu'il faut de mélodies, de guitares coquines et de mélodies impeccables.



27. Cheveu - Bum [Born Bad Records]
Découvert via '1000', il aura fallu 3 ans pour voir les français de Cheveu rajouter un troisième album à leur discographie. Et si l'ensemble est toujours aussi noisy, rock, il y a ce côté branleur (et qui leur va bien) qui a un peu disparu. Ici, on sent un 'Bum' carré, percutant, composé et produit à la perfection. Une histoire de maturité ? A dire vrai, on s'en fout un peu. Les chansons (et même les tubes !) sont là. Le reste...



26. Barzin - To Live Alone In That Long Summer [Monotreme]
Discrètement mais sûrement, le canadien Barzin continue son petit bonhomme de chemin dans l'indifférence la plus complète. Cinq ans après 'Notes to an Absent Lover' et toujours chez Monotreme, Barzin revient distiller son folk lumineux rempli de pop en composant des chansons belles à pleurer, le tout avec une production toujours très délicate.



25. Linda Perhacs - The Soul of All Natural Things [Asthmatic Kitty]
Il aura fallu donc 44 ans pour que Linda Perhacs sorte son 2è album, après son fabuleux 'Parallelograms', dont l'arrivée d'Internet lui aura permis de sauter aux oreilles du plus grand nombre, dont votre serviteur. 'The Soul of All Natural Things' reprend globalement les choses là où elle les avait laissées, continuant à chanter de cette si belle voix des chansons folk totalement habitées de fantômes du passé. Retour magnifique autant qu'inattendu.



24. Sun Kil Moon - Benji [Caldo Verde Records]
Dernièrement, je parlais avec un fan de Mark Kozelek et donc de Sun Kil Moon. Et il me disait que « Pour moi ce n'est pas le meilleur Sun Kil Moon et encore moins le meilleur Kozelek. Mais le gars est très inspiré en ce moment ». Pas assez fan de l'américain pour débattre à ce sujet, mais plutôt confiant quant à l'avis de mon ami, il n'en reste pas moins que 'Benji' est un album qui m'aura fait frissonner cette année. Longues mélopées folk, très introspectives, le disque est un bijou sombre. A écouter d'urgence.



23. Hauschka - Abandoned City [City Slang]
'Abandoned City' a des airs de disque d'un autre temps. Composé autour - évidemment - d'un piano que l'allemand Hauschka maitrise par dessus tout, ce disque fait l'étalage de sonorités répétitives, aux cordes de piano souvent heurtées mais jamais salies. Mélancolique autant que mélodieux, ce disque raconte musicalement les histoires de ces villes abandonnées. Quelle beauté.



22. Allo Darlin' - We Come From The Same Place [Fortuna Pop]
Le groupe d'Elizabeth Morris change de braquet. Et passe du twee-pop de ses débuts à une tonalité plus indie-pop. Alternant les chansons « à la Belle and Sebastian » et les titres plus enlevés (l'évident Bright Eyes), 'We Come From The Same Place' est une nouvelle belle réussite de la part des anglais d'Allo Darlin'. A priori, c'est sympa d'être amoureux.



21. The Notwist - Close to the Glass [City Slang]
Disons le tout de go : 'Close to the Glass' est peut-être le meilleur album à ce jour de The Notwist. Oui, même devant 'Neon Golden'. Rien de bien neuf sous le soleil, The Notwist continue à faire du Notwist. Mais le fait très bien : mélodies synthétiques, electro-pop joliment emballée, portée par la voix toujours éthérée de Markus Acher. Cerise sur le gâteau, ils en profitent pour composer un tube indie en puissance, le formidable Kong. Du tout bon.



20. Ty Segall - Manipulator [Drag City]
Si l'on ne prend en compte que sa discographie personnelle, Ty Segall a sorti (à l'âge de 27 ans) sept albums « officiels », auxquels il faut ajouter une pelletée de cassettes et d'autres projets parallèles. 2014 aura pourtant été assez calme vu que 'Manipulator' est le seul album de Ty Segall de l'année. Plus concis que ses prédécesseurs, ne laissant rien au hasard sur chacune des 17 plages, mélangeant aussi bien moments nerveux que plus pop, avec toujours comme comme métronome un psychédélisme que Ty Segall maitrise à merveille, 'Manipulator' est sans doute le meilleur album de l'américain. 



19. The Steinbecks - Kick to Kick [Matinée Recordings]
Grand fan de John Steinbeck devant l'éternel, je ne pouvais qu'aimer un groupe qui s'appelle The Steinbecks. Originaire d'Australie, le groupe sort avec 'Kick to Kick' son 4è album... en 20 ans, le premier qui atteint mes oreilles. Rock brinquebalant et pleins de ruptures, pop aux accents anglais, 'Kick to Kick' est le genre d'album qui semble avoir été écrit en 1992. Délicieux en tous points.



18. Will Stratton - Gray Lodge Wisdom [Talitres]
Découvert via le beau 'Post-Empire', Will Stratton confirme sur 'Gray Lodge Wisdom' tout le bien que je pouvais penser de lui. Cet album de folk travaillé, qui rappelle aussi bien The Tallest Man on Earth que David Ackles, s'ouvre d'ailleurs par une de mes chansons de l'année, sublime mise en bouche avant que notre homme déroule ses chansons avec doigté et d'une voix touchante. Peut-être le fait que Will Stratton a vaincu l'an passé un cancer confère encore plus de beauté à cet album. Et encore, ces 8 chansons n'ont pas besoin de cela pour toucher au plus profond.



17. Swans - To Be Kind [Young Gods]
Passé à côté de 'The Seer', album monstrueux que je n'ai jamais réellement su apprivoiser, 'To Be Kind' est une belle occasion de renouer avec les Swans de ce furieux de Michael Gira. Un album une nouvelle fois très long (plus de 2h) et qui lorgne plus du côté d'Angels of Light (un des projets parallèles de Michael Gira, qui n'a pas été réanimé depuis le superbe 'We Are Him') que précédemment. Plus « pop » (on est chez Swans), mais pas forcément moins sombre ou bruyant, l'ensemble est totalement enivrant.



16. Sage Francis - Copper Gone [Stange Famous]
Après quelques albums moyens portés par des singles ravageurs, Sage Francis retrouve de la consistance avec 'Copper Gone', cinquième album du barbu américain. Un disque percutant et lettré, porté par le flow le plus incisif du rap actuel, des mélodies piochant beaucoup dans la pop - tout en rendant tout de même hommage au hip-hop des années 90 (Thank You) - et un discours politique fort, comme souvent (le formidable Vonnegut Busy). 'Copper Gone' retourne aux bases de ce que Sage Francis a fait de mieux jusque là ('A Healthy Distrust'). Tant mieux.



15. Marissa Nadler - July [Sacred Bones]
Sorti chez Sacred Bones, orné d'une pochette magnifique, 'July' est un album qui voit l'américaine Marissa Nadler continuer à chanter et déployer ses chansons tristes. Folk aux contours psychédéliques, intelligemment produit (pas mal de reverb) qui confère à l'ensemble une atmosphère cotonneuse, 'July' est peut-être son meilleur album. Qui confirme une chose : Marissa Nadler est l'incarnation musicale de la beauté.



14. Jóhann Jóhannsson - McCanick OST [Milan Records]
Grosse année pour l'islandais avec la sortie de trois bandes originales : 'I Am Here', 'The Theory of Everything' (encensée aux derniers Golden Globes, ) et 'McCanick'. C'est cette dernière qui m'aura le plus séduit, même si les autres sont réussies également. Entre musique de chambre, partie plus ambiante, et montées échevelées, ce disque a même des airs d'album à part entière, tant il est cohérent. Mieux, Jóhann Jóhannsson rappelle sur cette BO de 'McCanick' qu'il est un compositeur formidable, le pendant islandais de Max Richter. On ne l'avait pas oublié certes mais une piqûre de rappel ne fait jamais de mal.



13. Parkay Quarts - Content Nausea [What’s Your Rupture?]
Non content de s'être révélé il y a un an avec 'Light Up Gold', les new-yorkais et leur rock lo-fi ont sorti un nouvel album, 'Sunbathing Animal' à la toute fin du printemps. Un disque de qualité, dans la lignée de 'Light Up Gold', mais presque trop sérieux pour eux. Mieux, sous le nom de Parkay Quarts, le groupe (réduit à 2 membres pour l'occasion) a sorti début décembre 'Content Nausea', un disque beaucoup plus barré que son prédécesseur, punk animé d'une douce folie. Et plus séduisant à mes oreilles. Ces gens là semblent insatiables. Profitons en, la jeunesse n'est pas éternelle.



12. Jeremy Messersmith - Heart Murmurs [Glassnote]
Entre tubes pop évident (It's Only Dancing, Tourniquet), chansons qui parlent d'amour, de déceptions et de ruptures (You'll Only Break His Heart), avec les fantômes des Beatles, d'Elliott Smith et d'Adam Green qui volent autour, Jeremy Messersmith aura composé 2014 son meilleur album. Sorti enfin sur une structure digne de ce nom, le meilleur semble à venir pour l'américain. Ce n'est que justice.



11. Damien Rice - My Favourite Faded Fantasy [Wea]
Damien Rice ou le retour que l'on n'espérait plus. Malgré un succès qui ne se démentait pas vraiment, il aura fallu huit ans à l'irlandais pour sortir son troisième album. Et l'attente valait le coup. Sublime de bout en bout, paré de soyeux arrangements, 'My Favourite Faded Fantasy' est une réussite totale. Beau à en pleurer, très touchant (It Takes a Lot to Know a Man), cet album est aussi et surtout rassurant : non, Damien Rice n'a pas perdu son mojo.


Pour rappel :
Bilan 2014 : « Albums » (10-01)


Comme promis, un lecteur streaming avec une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !