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mardi 2 août 2022

[Track of The Day] San Fermin - Tired of Loving You

En décembre 2013, alors que je tirais le bilan de l'année musicale, j'avais écrit que le premier album de San Fermin m'avait sacrément enthousiasmé. J'avais fini par « Ces jeunes gens iront loin ». 
Neuf ans plus tard, voilà un énième pronostic absolument foireux à mettre à mon crédit. Car de façon incompréhensible, la bande new-yorkaise de Ellis Ludwig-Leone est passé de sensation à... un groupe lambda, qui ne fait pas lever les foules - certes, indés. 
 
Pourtant, San Fermin a encore des choses à dire et à chanter. Prenez leur dernier album en date 'The Cormorant I & II', sorti en 2020 : il y a ici tout ce qu'il faut de pop et de folk lumineuses, d'orchestrations chiadées et de beaux arrangements pour plaire aux plus poppeux d'entre nous.

Les deux premiers extraits d'un nouvel Ep, 'Your Ghost', à venir en septembre ne viennent pas démentir cet état de fait. Que ce soit sur Someone You Call Baby et surtout Tired of Loving You (en écoute aujourd'hui) où la mélancolie affleure autant dans les paroles, dans le chant d'Allen Tate que dans les trompettes qui viennent soutenir un petit gimmick pop pianoté délicieux.

Album : Your Ghost Ep
Année : 2022
Label : Better Company Records

En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Tired of Loving You de San Fermin est en écoute ci-dessous :

 
Autre extrait de 'Your Ghost Ep' de San Fermin, voilà Someone You Call Baby :
 

Le clip/paroles de Tired of Loving You de San Fermin :
 

jeudi 4 avril 2024

[Track of The Day] San Fermin - Wasting on Me

Toujours dans un anonymat dans lequel ils n'auraient jamais du tomber (on ne compose pas un disque comme 'San Fermin' sur un coup de chance), les américains de San Fermin continuent leur petit bonhomme de chemin, à publier un nouvel album tous les trois ou quatre ans. Après 'The Cormorant I & II' en 2020 qui les voyait reprendre (et leur folk-pop lumineuse avec) du poil de la bête, revoilà le combo (ils sont huit) avec 'Arms'.

Sans vouloir spoiler qui que ce soit, l'album est plutôt décevant, la faute à une unité qui manque de corps et où les chansons chantées par Allen Tate tranchent trop avec le reste, beaucoup plus quelconque. A tel point qu'on a l'impression d'avoir deux groupes en un, où les voix s'échangent les chansons pour mieux imposer chacune leur style. Comme si elles faisaient chambre à part, micro à part.

Pour autant, si 'Arms' est un album mineur, il recèle tout de même de quelques beaux moments (ces gens là savent faire). Comme le délicat Useful Lies, l'ouverture Weird Environment, la chanson titre ou le triste et mélancolique Wasting on Me (en écoute aujourd'hui), symbole de ce disque écrit par Ellis Ludwig-Leone (le leader de San Fermin) dans la foulée de deux ruptures douloureuses.

Album : Arms
Année : 2024
Label : Better Company

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Wasting on Me de San Fermin est également en écoute ci-dessous :

Autre belle chanson de 'Arms' de San Fermin, voilà Weird Environment, qui ouvre l'album :

mercredi 6 janvier 2021

Bilan 2020 : « Albums » (20-01)


Chaque année à la fin de la rédaction de mon bilan de l'année, je me demande comment sera l'année qui s'ouvre. Si j'aurais autant de coups de cœur. Si je ne vais pas commencer, comme le voudrait mon âge, à me retourner vers ce qui m'a enthousiasmé par le passé pour moins me projeter vers la scène actuelle. Et jusque-là, je continue à être emballé par ce que de jeunes ou moins jeunes groupes/artistes arrivent à produire. Je continue d'être ému par une mélodie. D'être revigoré par une chanson. De vouloir bouffer le monde par la grâce de quelques accords qui me font fondre. Et si l'année 2020 a été affreuse et éprouvante à bien des égards, tous les artistes de ce bilan annuel (et bien plus encore) mais aussi les labels et leur travail incroyable et formidable (déjà pas facile en temps normal) auront été de véritabels bouées de sauvetage psychologique. Puisse 2021 être du même acabit et continuer à (m') offrir autant de bons disques et de belles chansons à me mettre sous l'oreille.

Ce papier est donc le dernier de ce bilan annuel. Les derniers pelletées de terre sur l'année 2020. Il manquait 20 albums pour arriver à 40, les voilà. Les meilleurs, ou tout au moins ceux qui m'auront le plus chamboulé.

Mais avant, comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins et autres cousins d'Amérique si le top est bon (je peux vous l'assurer, il l'est) :
- La belle sélection des albums de l'année de Marc à lire sur Esprits Critiques
- Le toujours précieux Top 100 de The Quietus
- Le top 10 de la rédaction de Sound of Violence
- Les sorties essentielles de l'année des non moins essentiels Bandcamp
- Le top 10 de l'indispensable Lyle de Dans le Mur du Son
 

Vingt disques disions-nous. Au programme, de la pop orchestrale, baroque et barrée, du shoegaze, du post-punk bricolé, du noise éclatant, des collages par-ci, de la folk-pop par là, des découvertes tardives mais impressionnantes, un live monumental, le disque que Jeff Buckley aurait sans doute pu écrire, des guitaristes sans guitare, de la pop française lettrée et synthétique, du cool pas surjoué, de la jangle-pop étouffée. Et deux premiers de cordée très difficile à départager.  Bref, La crème de ma crème sous mon chapeau, à découvrir ci-dessous (avec, au bas du billet, des lecteurs streaming avec une chanson de chacun des disques évoqués). Bonne lecture et bonne écoute !


Bilan 2020 :
Top 50 « Chansons
»
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


20. Tugboat Captain - Rut [Double-A Side Records]
Quatuor londonien auteurs de nombreux singles, les Tugboat Captain passent la seconde avec leur premier album 'Rut'. Et avec talent. De la belle pop orchestrale et baroque, pleine de soleil, où il n’est pas rare de croiser ce je ne sais quoi de The Polyphonic Spree et de Death Cab For Cutie.
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19. Peel Dream Magazine - Agitprop Alterna [Tough Love Records / Slumberland Records]
Guitares fuzz de sortie, noisy pop en chef de rang et shoegaze en maitre de cérémonie, les new-yorkais de Peel Dream Magazine (quel formidable nom, bis !) auront eu tout juste avec ce deuxième album. Et ce n’est pas la sublime pochette (mise en page élégante, couleur pastel et effet négatif) ou le fait qu’ils auront sorti ce disque sur deux des meilleurs labels actuels qui y changeront quelque-chose. Bien au contraire.
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18. Spirit Fest - Mirage Mirage [Morr Music]
Groupe composé de Markus Acher (The Notwist) et du duo japonais Tenniscoats, Spirit Fest aura enregistré ce 'Mirage Mirage' entre Tokyo et Munich. Un album long mais jamais ennuyeux, d’une belle homogénéité, et une belle invitation à un voyage onirique entre douceur pop, collages, electronica, avant-folk et arrangements délicieux. Un disque qui se laisse vivre et à la douce rêverie.
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17. Dogleg - Melee [Triple Crown Records]
'Melee' ou un des deux albums les plus furieux rencontrés cette année. Celui-ci est l’œuvre de Dogleg, un groupe de Detroit qui fait de le pop-punk-emo-post-hardore. Un disque qui ne se repose jamais, fonce la tête la première, avec autant de brutalité que de mélodie à offrir. Grosse révélation.
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16. San Fermin - The Cormorant I & II [Better Company]
Auteur d’un premier album remarqué en 2014, les San Fermin ont fait moins parler d’eux depuis. Pourtant, 'The Cormorant I & II' a de quoi plaire à tous les fans de Sufjan Stevens déçus par 'The Ascension'. Il y a ici de beaux arrangements, de la folk-pop lumineuse très bien orchestrées et des élans pop magnifiques qui ne se démentent pas tout au long des 16 chansons de cette aventure.
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15. The Twilight Sad -  IT WON/T BE LIKE THIS ALL THE TIME LIVE [-]
Un des disques qui aura sauvé/agrémenté mon confinement aura donc été un live. Dix-huit titres enregistrés lors de leur tournée de 2019, ce 'IT WON/T BE LIKE THIS ALL THE TIME LIVE' voit les Twilight Sad enchainer leurs meilleurs morceaux, pondre des versions incroyables dans un déluge sonore des plus appréciables.
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14. Nothing - The Great Dismal [Relapse Records]
Le disque le plus abouti de Nothing. Rien que les deux morceaux d’ouverture vous en convaincront. Entre shoegaze et goth-pop puissants, 'The Great Dismal' est un album très bien construit, très mélodieux, qui sait ménager la douceur et la fureur, s’octroyant des périodes de calme pour mieux rebondir, relancer la machine et mieux faire vibrer ses guitares et ses compositions. Un disque aussi sombre que brillant.
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13. Young Jesus - Welcome to Conceptual Beach [Saddle Creek]

Maelstrom de haute volée de rock, pop et jazz, 'Welcome to Conceptual Beach' aura été ma découverte des californiens de Young Jesus. Ce disque est leur quatrième et est plein de longues mélopées mélodiques, mélancoliques et qui ne finissent jamais là où elles ont commencé. Nul doute que si Jeff Buckley était encore parmi nous, il aurait écrit un disque comme celui-ci.
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12. Will Butler - Generations [Merge]
« Frère de », Will Butler embarque sur son deuxième disque solo ses racines Arcade Fire-ienne, balance de la bluette pop à chanter à tue-tête, du synthé en pagaille, de l’indie-rock, des nappes profondes,  des morceaux qu’on dirait tout droit sortis des années 70 et même des chansons aux faux-airs de cabaret. Un grand disque pop, efficace comme jamais, et qui respire le plaisir et la sincérité.
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11. Bambara - Stray [Wharf Cat Records]
Cet album de Bambara est un formidable concept-album aux histoires qu'on dirait sorties d'un roman - très - noir, où la mort est la violence est à chaque coin de rue. Du post-punk habité, aux accents gothique et westerns, 'Stray' est la rencontre impromptue entre Nick Cave, Iceage et Swans, qu'Ennio Morricone couverait d'un œil. Tremblez pauvres fous.
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10. Sufjan Stevens - The Ascension [Asthmatic Kitty Records]
Forcément, après 'Carrie & Lowell', pour beaucoup le choc fut rude : Sufjan Stevens avait repris la route vers la musique qui semble le faire vibrer depuis 10 ans maintenant et qui s'éloigne toujours un peu plus de la folk-pop de ses débuts. Pour autant, ce gargantuesque album qui déçut et divisa, n'en reste pas moins incroyable par bien des aspects. Car à l'image de ses prédécesseurs comme 'The Age of Adz', il récèle de bien beaux morceaux derrière la surface électronique et dense de 'The Ascension', sans doute parmi les plus beaux qu'il a écrit. Un disque absolument magistral et qui ne compte même pas une de ses plus belles dernières compositions, qu'il a relégué au rang de - sublime - face-B.
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09. Lee Ranaldo & Raül Refree - Names of North End Women [Mute]
Après la belle découverte du bonhomme sur l’Ep avec Richard Youngs ('All Hands Around the Moment Ep'), retour de Raül Refree dans ces bilans annuels pour un album avec Lee Ranaldo. La suite de leurs premiers échanges après l’album 'Electric Trim' du jeune sonique en 2017. 'Names of North End Women' est un disque pas du tout centré sur la guitare, mais plutôt un disque qui expérimente sans être expérimental (ou en tout cas l’idée que l’on se fait) à coups de marimba, vibraphones et autres mélodies.
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08. Car Seat Headrest -  Making a Door Less Open [Matador]
Forcément, après 'Teens of Denial' et surtout le chef d’œuvre 'Twin Fantasy', je m’attendais à être déçu par ce nouvel de Will Toledo. Résultat ? Pas une seule seconde. Moins monumental que ses prédécesseurs, ce disque de Car Seat Headrest (ou plutôt une collaboration entre CSH et 1 Trait Danger, un projet parallèle de Andrew Katz, le batteur du groupe, et de l'alias masqué et bizarre de Will Toledo, Trait), est pourtant fascinant dans tout ce qu’il propose, d’un rock concassé, électroïdé mais d’où ressortent toujours des mélodies impeccables et des chansons que Toledo arrive à faire muter comme lui seul sait le faire.
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07. Lewsberg - In This House [-]
Il serait réducteur (voire paresseux) de réduire les Lewsberg à des ersatz de The Velvet Underground. Car les néerlandais sont bien plus que ça. Après un premier album éponyme très recommandé, Lewsberg enchaine avec un 'In This House' supérieur, plus cohérent où le fantôme de Lou Reed croise celui de Tom Verlaine et de ses Television, où celui d’un Belle & Sebastian disparu côtoie la morgue des Parquets Courts. Un disque finalement hors du temps. Et déjà indémodable.
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06. The Reds, Pinks and Purples - You Might Be Happy Someday [Tough Love]
Malgré ses allures de mini-album (8 titres, 24 mns), cet album de The Reds, Pinks and Purples de Glenn Donaldson est sans conteste un des plus beaux disques sortis en 2020. Porté par une très belle pochette (qu'on croirait être un dessin tant elle est colorée et calibrée), il déroule derrière des textes qui ne respirent pas le bonheur une jangle-pop mélancolique et torturée qui rend tout chose.
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05. Sports Team - Deep Down Happy [Big Desert / Island Records]
Aussi anglais qu’américain, ce premier album - attendu - des six Sports Team est rempli d’une légion de tubes potentiels (au premier rang desquels Here’s The Thing) de la part d’un groupe qui parle de tout, de rien et qui n’en a surtout pas grand chose à foutre. Sans conteste l’album le plus cool de l’année.
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04. Sweeping Promises - Hunger For a Way Out [Feel It Records]
Court (10 titres, 27 mns), mélange de post-punk bricolé, d'art-rock, de lo-fi, entouré d'une production brute et sans chichi (« written and recorded with a patented "single mic technique" » disent-ils), 'Hunger for a Way Out' est un disque cabossé, qui ne manque pas de groove, de titres forts (le tube en or Cross Me Out) et de chansons catchy à souhait. Un album brillant de la part d’un duo qui s’impose comme une des plus grandes révélations de l’année.
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03. Thousand - Au Paradis [Talitres]
L’homme qui se cache derrière l'alias Thousand fait mieux que 'Le Tunnel Végétal' (découverte formidable de 2018), avec 'Au Paradis', nouvel album somptueux de pop française aux contours synthétiques et eighties, aux textes à nouveau riches, lettrés, poétiques, pleins de subtilités et qui font merveille. Un disque d’où ressort notamment l'évident single Jeune Femme à l'Ibis.
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02. Chronophage - Th'pig'kiss'd Album [Soft Office / Cleta Patra]
Jangle-pop, post-punk débraillé, balades tuantes, doityourself non-feint, jam réjouissantes, balades tuantes, bluesy et torturées et guitares sautillantes au programme du nouvel album des texans de Chronophage. Moins brut que son prédécesseur, d'une efficacité folle, aux chansons regorgeant de détails, plein de petites imperfections savoureuses et porté par un duo vocal tout en un déséquilibre charmant, 'Th'pig'kiss'd Album' un disque aussi épatant qu'addictif, très bien écrit et à l'élégance folle.
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01. Caleb Landry Jones - The Mother Stone [Sacred Bones]


'The Mother Stone' est une œuvre gargantuesque, dérangée, déjantée, mais qui ne lâche jamais son fil d’Ariane mélodique. Si tout est ici extravaguant, rien n’est expérimental. Un disque pop et de folk, de rock, de psychédélisme et de glam, fait de rupture, d’orchestrations travaillées, de refrains alambiqués, de chants extatiques et de cris perturbés. Caleb Landry Jones y conte (et en bon acteur, y joue) des histoires cryptiques, difficiles à suivre, sans doute celles d’un homme seul, faites de souvenirs, de choix regrettés, de digressions impromptues et de désespoirs éternels. Ce disque est une sorte de balade dans le Desolation Row de Bob Dylan : un monde (de) freaks, des histoires banales mais tristes, des peines qu’on arrive pas à dépasser. Et au-dessus de tout cela, une musique baroque, chaotique, qui exagère parfois autant qu’elle prend son temps pour distiller ses mélodies. De la grandeur et beaucoup de décadence en somme.
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Bilan 2020 :
Top 50 « Chansons
»
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

Comme expliqué plus haut, vous trouverez ci joint un lecteur Spotify et Deezer comptant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus (et dans l'ordre du classement, soit de 1 à 20). Bonnes écoutes !

 

  

 

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 30-11


Deuxième et avant dernière partie de ce bilan de l'année 2013. Après les « Compilations, 45 tours et autres Ep » (à découvrir et écouter là), après le Top 50 « Chansons » (à découvrir et écouter là) et les albums classés de 50 à 31 (à découvrir et écouter là), voilà donc la suite : les albums classés de la 30è à la 1ère place.

Mais comme le veut la tradition, quelques autres liens pour aller fureter ici et là quelques belles découvertes :
Le Rewind 2013 chez Starsky

Et maintenant, plongeons nous donc dans cette 2è partie des « Albums qui ont fait mon année 2013, 2è partie ». Avec du joli monde à mes yeux, de ces anglais fans de vieux films à cette française qui devrait faire la une des magazines en passant par de vieux routiers qui font toujours le même album mais avec quelle classe, un échappé des CunninLynguists, un groupe mythique et des français psychédélique. Tout est donc ci-dessous et tout en bas du papier, comme à chaque fois, un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés.

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



30. Public Service Broadcasting - Inform - Educate - Entertain [Public Service Broadcasting] 
Album fourre-tout (la pop y cotoie le math-rock, le krautrock le post punk, le bango ou les synthés les guitares les plus précises) mais d'une très grande unité, plein de samples aux charmes aussi immédiats que désuets (tirés des archives du British Film Institute) et bourrés de mélodies, 'Inform - Educate - Entertain' de Public Service Broadcasting est sans conteste la très belle découverte de 2013.

29. Deafheaven - Sunbather [Deathwish Inc.]
Entre post-rock, guitares shoegaze et black metal, 'Sunbather' de Deafheaven (tout un programme !) aura été le groupe le plus bruyant de mon année 2013. Solide et très bien pensé, n'oubliant jamais les mélodies dans ses morceaux (The Pecan Tree), 'Sunbather' est un disque à l'énergie implacable.

28. Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat]
Forcément, il fallait que celui-ci y soit. Parce que c'est le premier LP de la jeune histoire de Without My Hat Records. Parce l'objet est splendide (4 faces imprimées, avec un volet). Mais surtout parce que Mondrian pond là une collection de chansons pop intemporelles, dont il est difficile de faire sortir un titre en particulier (They Don't Dance Much in Idaho quand même). 

27. Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]
A quoi bon changer une formule quand celle-ci est efficace ? Les italiens d'Action Dead Mouse, déjà encensés en fin d'année dans ces pages, continuent leur math-rock de chemin avec un 'ä' avec plein de guitares, de ruptures de rythmes et de changements de directions impromptus. Brillant.



26. Natti - Still Motion [APOS Music]
Dernier des trois CunninLynguists à se lancer en solo, Natti en impose avec ce premier album, 'Still Motion'. Alternant morceaux lascifs et titres percutants aux punchlines bien senties, aussi bien influencé par la black music que le jazz ou la pop, Natti n'oublie jamais de mettre au centre de tout les mélodies. 


25. Grant Hart - The Argument [Domino]
Copieux album (20 chansons pour 1h15 de musique), 'The Argument' est le 4è album de Grant Hart en 25 ans ! Découvert pour ma part cette année, cet ancien Hüsker Dü (je n'en savais rien) a composé là un disque de rock et de pop totalement habité. Un disque qui s'écoute d'une traite avec un plaisir non-feint. Et cette voix qui rappelle le David Bowie des 70s n'y est pas étrangère.

24. The Men - New Moon [Sacred Bones]
S'éloignant du rock bruitiste et noisy de ses premiers essais, The Men sur 'New Moon' partent dans un mode entre blues et psychédélique, même s'ils retrouvent l'urgence et la nervosité des chansons qui ont fait leur reconnaissance sur la deuxième partie de l'album. Prêt à mettre quelques billets sur une trajectoire à la Black Keys qui leur irait bien au teint. 


23. Boards of Canada - Tomorrow's Harvest [Warp]
Un des évènements musicaux de l'année a sans conteste été le retour des patrons de la musique électronique, Boards of Canada. 'Tomorrow's Harvest' (leur premier album depuis 2006) est d'une beauté incroyable, plein de couches, de textures et de lumières dont les écoutes successives s'avèrent plus riches à chaque fois.


22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
Disque court mais coquin en forme de rédemption pour Adam Green qui s'auto-parodiait depuis de trop nombreux albums. Le duo entre le new-yorkais et l'anglaise Binki Shapiro marche totalement, dans une sorte de version revisitée des célèbres Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Version qui a de l'avenir.


21. Califone - Stitches [Dead Ocean]
Depuis leur magnifique 'Quicksand/Cradlesnakes' en 2003, j'ai bizarrement suivi de très loin les aventures discographiques des américains de Califone. Retomber nez à nez avec eux m'aura fait comprendre : 1) mon erreur 2) que les mélodies tuantes, ils connaissent toujours 3) que l'americana (mais pas que) qui traverse tout 'Stitches' est à tomber. 


20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
Moins sous le feu des projecteurs de leurs compatriotes Aline, Granville et autres La Femme, The Limiñanas est pourtant un groupe plus qu'à suivre. Originaire de Perpignan, chantant en français, The Limiñanas est signé chez Trouble In Mind, rien que ça ! Leur nouvel album 'Costa Blanc' est la rencontre du psychédélisme et une inspiration toute gainsbourienne. Petit bijou.

19. Moonface - Julia With Blue Jeans On [Jagjaguwar]
Spencer Krug doit être l'artiste le plus prolifique sur les 10 dernières années. Dernier album en date, 'Julia With Blue Jeans On', deuxième sortie sous le nom Moonface. Piano/voix tout du long, chant sublime, piano très en avant et mélodie à tomber.



18. Nick Cave and the Bad Seeds - Push The Sky Away [Bad Seed]
Les années passent et elles ne semblent pas avoir d'emprise ni sur Nick Cave, ni sur ses Bad Seeds. 'Push The Sky Away', dernier album (studio) en date va titiller les meilleurs disques de sa discographie. La faute à des chansons sublimes, une cohérence tout du long et deux titres majestueux : Mermaids et Jubilee Street.


17. Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]
Au contraire de groupes dans la même veine (The Decemberists, Iron & Wine), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. Fort d'un début d'album parfait, 'The Silver Gymnasium'  déroule un folk-rock aussi épique que délicat, comme à leurs plus grandes heures.


16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]
Sortie du giron de son frangin plus enclin aux expérimentations en tout genre, Eleanor Friedberger aura donné en 2013 au petit frère du déjà très réussi 'Last Summer' en 2011. Un disque qui prouve une fois de plus qu'elle a la pop dans le sens, des mélodies incroyables dans tous les doigts, et qu'elle est capable des tubes qu'il serait bon de fredonner à tue tête plus souvent qu'à notre tour. 

15. Poni Hoax - A State of War [Pan European Recording]
En continuant de puiser ses principales influences dans les années 80, les Poni Hoax auront sorti en 2013 leur troisième album, celui où les guitares sont les plus dansantes, les claviers les plus mélodiques, assez loin finalement des sonorités froides (mais pas désagréables pour autant) de leur précédents livraison. Jouissif.


14. Shannon Wright - In Film Sound [Vicious Circle]
Shannon Wright continue sa belle discographie avec 'In Film Sound', très bel album nerveux où les guitares sont plus que présentes et la furia sombre de l'américaine font merveille. Un jour, on se rendra compte de son talent incroyable. Un jour...



13. San Fermin - st [Downtown]
Groupe new-yorkais dont le leader est un grand fan du 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, San Fermin fait dans la pop à la ... Sufjan Stevens. Cet album n'a évidemment pas la consistance du chef d’œuvre des années 2000, mais est d'une grande beauté, avec arrangements aux petits oignons, plages de respirations et voix profonde, mix entre celle de Matt Berninger (The National) et Dan Michaelson (Absentee). Ces jeunes gens iront loin.

12. Mélanie Pain - Bye Bye Manchester [Yotanka]
De façon très surprenante, Mélanie Pain ne connait pas les unes des magazines. Et pourtant, le talent de cet ex-Nouvelle Vague. Son premier album était 'My Name' en 2009 était déjà une très belle réussite. Et son 'Bye Bye Manchester' est du même acabit, pop aux atours rétro, alternant français et anglais, avec sa voix coquine et conviant pour l'occasion des artistes aimés de ces pages (Florent Marchet, Ed Harcourt). Belle confirmation. 

11. Radar Brothers - Eight [Merge]
Guitares langoureuses, pop, slowcore, alternative rock : ce n'est pas avec leur 7è album (quoiqu'en dise son titre) que les Radar Brothers vont changer leur fusil d'épaule. La seule différence est peut-être un piano plus présent et une ampleur plus grande de l'ensemble. Sinon ? Leur meilleur album depuis 'And The Surrounding Mountains', autre chef d'oeuvre.


Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'


Comme promis, voilà donc un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus. Du numéro 30 au numéro 11. Bonne(s) écoute(s) !