jeudi 31 octobre 2019

[Track of The Day] Soccer Mommy - Lucy

Passé à côté l'an passé, rattrapons-nous sur le cas de Sophie Allison, aka Soccer Mommy, jeune femme née en Suisse il y a bientôt 23 ans, qui vit désormais aux États-Unis et dont le troisième album, sorti en mars dernier, aura eu son petit effet sur le Landerneau musical, tout au moins indépendant.

Rattrapage disais-je donc, et avec son dernier single en date, Lucy, sorti en septembre dernier. Une balade aux guitares ivres, pleine de démons et de questionnements. Belle découverte, avec un an de retard.

Album : Lucy 7"
Année : 2019
Label : Loma Vista


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Lucy de Soccer Mommy est également en écoute ci-dessous :



mardi 29 octobre 2019

Kishi Bashi - Omoiyari [Joyful Noise]

Dans la foulée de l'attaque par les japonais de la base-navale de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le gouvernement américain, bien aidé par le sentiment anti-japonais qui explosa alors aux Etats-Unis, décida de créer des camps d'internement pour les ressortissants nippons ou les américains d'origine japonaise.

Ce fait assez peu connu de la deuxième guerre mondiale, et pour lequel les États-Unis mirent 46 ans à s'excuser, est la toile de fond de 'Omoiyari', quatrième album de Kaoru Ishibashi, artiste sino-américain qui officie depuis 2012 sous le nom de Kishi Bashi.

Un des disques les plus bien mis en musique de l'année et sans doute l'album « pop » de 2019. Car la plupart des chansons d''Omoiyari' sont emballées avec brillance, touché et délicatesse. Penny Rabbit and Summer Bear, qui ouvre l'ensemble, pose le décor avec brio : une magnifique mélodie, enrobée délicatement de cordes et d'une voix belle, douce, jamais dans l'excès. Tout 'Omoiyari' sera de la même veine. 

Rappelant aussi bien Sufjan Stevens qu'Amandine (formidable groupe suédois dont les deux premiers disques continuent de subjuguer les oreilles de votre serviteur), lorgnant souvent vers une pop de chambre, presque néo-classique, et finissant même par une chanson entre country et traditionnel américain, Kishi Bashi navigue tout au long des 10 titres de 'Omoiyari' dans les eaux d'une pop-folk comme lettrée, où chaque instrument est à une place juste et apporte son écot à la réalisation de mélodies qui ne s’essoufflent jamais.

Avec pour toile de fond ces camps d'internement japonais (les oiseaux en bois peint de la pochette viennent de là-bas), Kishi Bashi déroule ses histoires, souvent d'amour, évoque Franklin Delano Roosevelt ou le Convict Leasing (système pénal du sud des États-Unis, sorte d'esclavage déguisé, qui voulait que chaque condamné soit mis à la disposition d'exploitations ou de plantations privées) ; et met cela en musique à grand renfort de banjo, violoncelle, piano (classique ou électrique), orgue, flute, batterie (plus caressée que frappée), guitare et autre basse, piquant parfois les cordes de son violon comme pour mieux illuminer ses compositions.

Complété début 2020 par un documentaire (réalisé par Kishi Bashi lui-même) racontant le processus créatif qui a amené cet album, 'Omoiyari' (qu'on pourrait traduire par « empathie ») est un très beau disque, parfois flamboyant, souvent touchant et surtout empreint d'une douce mélancolie qui ne tombe jamais dans une tristesse surjouée et fabriquée. (Sortie : 31 mai 2019)

Plus :
'Omoiyari' de Kishi Bashi est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Omoiyari' de Kishi Bashi est à l'achat sur leur page bandcamp
'Omoiyari' de Kishi Bashi est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois titres de ce magnifique 'Omoiyari' de Kishi Bashi en écoute. A Song For You pour commencer (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer, et dans la colonne de gauche de ce blog), single évident. Puis Summer of '42 et ses cordes qui vous prennent par le col dès les premières secondes. Enfin, Penny Rabbit and Summer Bear, la chanson qui ouvre l'album de manière merveilleuse :





Voilà les deux très beaux clips tirés de 'Omoiyari' de Kishi Bashi. D'abord celui Marigolds. Puis celui de Violin Tsunami :




Pour finir, un teaser pour le film de Kishi Bashi, qui raconte le processus créatif ayant mené à 'Omoiyari' :


lundi 28 octobre 2019

[Track of The Day] Single - Un Roce Al Paso (Feat. Javier Aramburu)

C'est dans des moments comme celui-ci que j'en veux à ma mère de m'avoir forcé à prendre allemand deuxième langue et pas espagnol. Parce que cette chanson de Single (c'est original), duo composé de Teresa Iturrioz et Ibon Errazkin, mériterait sans doute qu'on s'attarde sur ses paroles (en tout cas si l'on en croit la très bancale traduction de Google).

Alors à défaut, on écoutera avec un plaisir non feint cette belle et simple mélopée, où le duo invite sur la face-B Javier Aramburu (du groupe Family) à venir faire le contre-point parlé de la belle voix traînante de Teresa Iturrioz.

Album : El Roce 7"
Année : 2019
Label : Elefant Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Un Roce Al Paso de Single (avec la participation de Javier Aramburu) est également en écoute ci-dessous :



La version sans Javier Aramburu (et intitulée simple El Roce) est également en écoute via son clip : 



vendredi 25 octobre 2019

[Track of The Day] Mount Eerie with Julie Doiron - Love Without Possession

Dans la longue liste des artistes que « j'aurais du écouter depuis des années tant cela semble fait pour moi mais que je ne connais pas - ou à peine », je voudrais Mount Eerie, aka Phil Elverum. Un artiste dont on me dit le plus grand de bien depuis longtemps, mais sur lequel je ne me suis jamais attardé ; et qui pourtant m'avait beaucoup plu à une époque, vu qu'il se trouve être l'homme derrière The Microphones, auteur en 2001 d'un des meilleurs disques de la décennie qui s'ouvrait alors, 'The Glow Pt. 2' (ou « l'album à l'éléphant »).

En 2008, Mount Eerie avait publié un premier album avec Julie Doiron (femme aimée dans ces pages) 'Lost Wisdom'. Onze ans plus tard, des malheurs expliquant a priori cela (le décès prématuré de son épouse, un mariage qui se termine mal), voilà la suite, sobrement intitulée 'Lost Wisdom Pt. 2'. Love Without Possession en est le premier extrait et est une belle balade folk sur l'amour et ce qu'il est vraiment (« "Love", a small word unable to hold while we stretch at its meaning ») dans laquelle arrive sans crier gare un accordéon, vite complété par la guitare électrique de Julie Doiron. Ceci promet d'être très beau.

Album : Lost Wisdom pt. 2
Année : 2019
Label : P.W. Elverum & Sun

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Love Without Possession de Mount Eerie et Julie Doiron est également en écoute ci-dessous :


Le duo Mount Eerie / Julie Doiron a dévoilé il y a quelques jours un second extrait de 'Lost Wisdom pt. 2' : Belief pt. 2. Et ca parle autant d'amour que c'est beau :




jeudi 24 octobre 2019

[Track of The Day] Shida Shahabi - Futō

Toute jeune trentenaire, Shida Shahabi est une pianiste suédoise d'origine iranienne mais que le premier extrait de son deuxième album ferait passer pour une allemande tant cette composition rappelle aussi bien Max Richter que Hauschka.

Car la pianiste fait dans le modern classical, avec quelques touches d'ambiant et de minimalisme. Bref, dans le beau. En tout cas, c'est ce qui ressort de Futō, premier extrait de son Ep à venir dans les semaines qui viennent, 'Shifts' ; et bien plus convaincant que son premier effort 'Homes' de 2018, joli mais qui n'atteignait pas la classe de ce titre.

Il faut entendre Shida Shahabi dérouler les presque 7 mns de Futō, avec un piano qui égrène ses notes et sa mélodie, avant que de façon délicate viennent s'y adjoindre des cordes qui rentrent et sortent, comme pour mieux insister sur leur incroyable force évocatrice. Somptueux morceau.

Album : Shifts
Année : 2019
Label : 130701 Records


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mercredi 23 octobre 2019

[Track of The Day] Fog Lake - New York

Une chanson de Fog Lake en chasse une autre. Après le très court Oh My God (dans la playlist jusqu'à ce lundi), voilà donc New York, chanson plus consistante (avec ses 2.56 mns) d'Aaron Powell, l'homme derrière tout cela.

Un piano monté sur des nuages et plein d'écho, et cette voix qui se cacherait presque pour sussurer son texte. Des paroles d'ailleurs qui, sur bien des aspects, ont un je ne sais quoi de Bob Dylan, notamment sur les vers de la fin : « everybody's always laughing and you never wanna know what about, cause new york city's just another town ». Forcément magnifique.

NB : Dog Knights Productions, le dernier label en date de Fog Lake, vient de baisser drastiquement le prix (7€ le disque, 7€ le port, c'est cadeau) de la version vinyle de 'Captain', son sublime album sorti l'an passé. A choper ici.

Album : -
Année : 2019
Label : -


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Histoire d'être très complet, Fog Lake a aussi activement participé à la réalisation d'une compilation hommage à David Berman, disparu il y a quelques semaines. Sorti par le label Dear Life Records, elle compte 27 titres et artistes (écoute et achat ici). Dont, donc, Fog Lake, qui reprend pour sa part Slow Education des Silver Jews. Et c'est à tomber :


lundi 21 octobre 2019

[Track of The Day] Johnnie Carwash - Lazy

Composé de « Jo, Bill et Max », déjà croisé en mars dernier en première partie de Screaming Females, Johnnie Carwash (après tout, pourquoi pas) est un trio qui a deux Ep et six chansons à son actif.

Les trois dernières viennent de 'Mom is a Punk !', sorti en juin dernier. Lazy est celle qui clôt le disque avec ses près de 7 minutes. Un titre qui prend son temps et qui est une longue et lente montée, à l'explosion finale titillée, avortée, retardée puis délivrée dans un déluge sonore totalement jouissif, qui vous fera chanter - plus crier - à tue-tête « Baby, I'm Lazy, I'm Lazy... » pendant un long moment.

A découvrir sur scène en première partie des Gotobeds le 19 novembre prochain, au Sonic de Lyon. Excusez du peu.

Album : Mom is a Punk ! Ep
Année : 2019
Label : -


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Lazy de Johnnie Carwash est également en écoute ci-dessous :


vendredi 18 octobre 2019

Human Don't Be Angry - Guitar Variations [Around7Corners Records]

Projet parallèle né au sortir de 5 albums de très haute tenue (dont certains magistraux), Human Don't Be Angry est une sorte de récréation pour Malcolm Middleton. A tel point même qu'on pouvait penser que ce serait son nouveau projet à temps plein avant que l'ancien taulier d'Arab Strap remette le couvert sous son propre nom et oublie sa nouvelle passion.

Quatre ans après 'Electric Blue', Human Don't Be Angry revient donc aux affaires avec un album au titre explicite : 'Guitar Variations'. Un disque que Malcolm Middleton présente comme ceci : « A mostly instrumental musical fiasco exploring the deadlier side of guitar playing ». Mais de fiasco, il n'est rien - vous vous doutez bien.

Presque totalement instrumental, n'oubliant pas le synthé dans ses compositions, le disque chaloupe entre balades folk un brin habillées (A Little Cheery Upper), quelques parties plus rythmées rappelant tantôt ses années 2000 (Bum a Ride) tantôt ses années 2010 ((Why Can't I?) Dream In Cartoon) et des chansons qui semblent se chercher (You'll Find The Right Note (Eventually)) quand elles ne lorgnent pas vers une sorte d'expérimental en apesanteur (A Piece For Two Guitars).

Avec - forcément - le précieux Paul Savage aux manettes de la production et du mix, ce 'Guitar Variations', sans être le disque de l'année, a un charme évident. Et si on comprend bien la démarche et le concept, le seul regret qu'on peut avoir à l'écoute de l'album, c'est de ne pas avoir plus souvent l'occasion d'entendre la voix de Malcolm Middleton habiller ces compositions (comme sur la très belle et un peu désespérée Come On Over To My Place), tant certaines l'auraient mérité. (Sortie : 1er novembre 2019)

Plus :
'Guitar Variations' de Human Don't Be Angry est en écoute sur la page bandcamp de Malcolm Middleton
'Guitar Variations' de Human Don't Be Angry est à l'achat sur la page bandcamp de Malcolm Middleton
'Guitar Variations' de Human Don't Be Angry est également en écoute sur Spotify et Deezer
 
Enfin, notons que Human Don't Be Angry a sorti durant l'été '(A Prelude) Ep', un disque plus bucolique avec trois compositions qui auraient eu largement leur place sur 'Guitar Variations' (notamment Loved By A Planet). '(A Prelude) Ep' est à prix libre sur le bandcamp de Malcolm Middleton.


Trois titres en écoute aujourd'hui : (Why Can't I?) Dream In Cartoon (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer, et dans la colonne de gauche de ce blog) pour commencer. Puis Come On Over To My Place, très belle chanson où la voix résonne sur la seconde partie. Et enfin, Cynical :





Pour finir, trois clips. Ceux de (Why Can't I?) Dream In Cartoon, Come On Over To My Place et You'll Find The Right Note (Eventually) :






jeudi 17 octobre 2019

[Track of The Day] Papercuts - Blues Run The Game (Jackson C. Frank cover)

Extension de leur album de l'an passé ('Parallel Universe Blues'), Papercuts et leur tête pensante Jason Quever ont sorti à la toute fin de l'hiver un Ep, au fronton duquel on retrouve une des chansons de leur production 2018, Kathleen Says.

Un bel Ep pour trois raisons. Parce que Kathleen Says était une des chansons les plus réussies de 'Parallel Universe Blues'. Parce Comb In Your Hair est une nouvelle composition à la classe folle. Enfin parce que la reprise de Blues Run The Game de Jackson C. Frank est un joli tour de force. Loin de la pureté acoustique de la chanson originale (ou de la belle reprise de Laura Marling), Papercuts donne la version qu'aurait pu sortir le Velvet Underground s'il s'était attelé à la tâche à l'époque. Et lui confère une autre grande et belle dimension.

NB : Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l'unique album de Jackson C. Frank, chef d'oeuvre absolu des sixties, je vous propose de venir lire son histoire ici.

Album : Kathleen Says Ep
Année : 2019
Label : Slumberland Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), la reprise de Blues Run The Game de Jackson C. Frank par Papercuts est également en écoute ci-dessous :


Autre très belle chanson de 'Kathleen Says Ep', voilà donc l'inédit Comb In Your Hair :



Enfin, pour ceux qui ne connaitraient pas la chanson originale, voilà donc Blues Run The Game par Jackson C. Frank :



mercredi 16 octobre 2019

[Track of The Day] Trumpets of Consciousness - Astral

Entouré de cinq musiciens, le projet de Thibauld Labey, Trumpets of Consciousness, est on ne peut plus consistant. Et à l'écoute d''Approximate', le deuxième album du groupe lyonnais, le choix est justifié.
Sorti au début du printemps dernier (chez Le Pop Club, Echo Orange et Urgence Disk mais il n'aurait pas dépareillé chez Elefant Records), ce disque regorge de mélodies à la belle ampleur, que le sextet développe et fait grandir à chaque fois. Centré autour des femmes (Stéphanie Saturday, Annie Anytime, Josie Called Again, A Word From Isabelle), essentiellement chanté en anglais (seules l’ouverture et la fermeture sont dans notre langue), il est un maelstrom pop réjouissant, convoquant aussi bien les Beach Boys, Stereolab, qu'une pop racée aux beaux atours romantiques et baroques. Grande chanson, Astral (en écoute aujourd'hui), sa montée, sa tension et sa mélodie qui vous prend et vous happe, n'en est que l'illustration la plus flagrante.

Album : Approximate
Année : 2019
Label : Le Pop Club / Echo Orange / Urgence Disk Records


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Astral de Trumpets of Consciousness est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson de tirée de ce nouvel album 'Approximate' de Trumpets of Consciousness, voilà Annie Anytime :




lundi 14 octobre 2019

[Track of The Day] Mind Traveler - All The Things

A l'époque où nous travaillions l'un en face de l'autre comme stagiaires, tout d'abord au service promotion de l'entité française d'un gros label/distributeur belge, avant de monter au service marketing et défendre chaque jour des disques qui non seulement nous plaisaient mais nous tenaient à cœur, je savais que Yann Le Tennier avait des envies de passer le pas et d'aller produire sa propre musique - et l'ambiance générale de la boite, les labels que nous côtoyions (Stone Throw, Lex Records, Warp, Rough Trade, Domino, j'en passe et pas des moindres) ou les artistes rencontrés y étaient aussi pour beaucoup.

Après quelques titres travaillés ici et là, un trio à la durée de vie écourtée (Like Horses Do), voilà donc Mind Traveler, son premier projet solo. Et si son ancien compère Pierre Naffah vient bien donner un coup de mains sur deux titres, c'est Yann qui compose et produit toutes les pistes de ce 'Mind Traveler Ep'. Un disque placé sous le sceau de synthés, de beats, de breaks, où l'électro et le hip-hop affleurent tout du long. Presque exclusivement instrumental, 'Mind Traveler Ep' montre même vers quoi pourrait tendre le projet dans le futur, avec le très prenant All The Things (en écoute ce jour), où se côtoient des synthés profonds et une voix qu'on croirait elfique et qui ne prête pas à sourire.

Je me souviens qu'un jour de 2004, Ramble John Krohn, l'homme derrière RJD2, était venu passer deux jours dans nos locaux pour promouvoir son deuxième album, 'Since We Last Spoke'. Yann était fan du bonhomme depuis son épatant 'Deadringer' deux ans plus tôt. Il fallait le voir tout aussi enthousiaste qu'ému de pouvoir échanger avec l'américain, si gentil et si classe dans son beau costume trois pièces. Puisse-t-il un jour avoir devant lui un fan tout tremblant : sa musique et ce disque le méritent.

Album : Mind Traveler Ep
Année : 2019
Label : Artyfew


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), All The Things de Mind Traveler est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson tirée de l'Ep de Mind Traveler, voilà Bright Shadows :



vendredi 11 octobre 2019

[Track of The Day] Velvet Negroni - Feel Let

Originaire de Minneapolis (comme Prince), copain de Kanye West et Kevin Parker (Tame Impala), repéré par Bon Iver qui l'a également fait venir sur son dernier album 'i,i', Jeremy Nutzman alias Velvet Negroni ne sort donc pas de nulle part.

Bien que signé chez 4AD (ce qui n'est quand même pas rien), je ne pense pas être la cible privilégiée de ce premier album, ma connaissance de l'actualité des genres r'n'b, new-soul, trap et/ou dub étant des plus limitée. Pour autant, si l'ensemble ne me convainc pas sur la longueur, difficile de ne pas résister à quelques chansons de ce 'Neon Brown', et notamment Feel Let, avant-dernier titre du disque (et en écoute ce jour). Une chanson r'n'b/soul avec un soupçon de dub donc (ces percus qui partent dans l'espace), d'une beauté lascive renversante, où Velvet Negroni chante à la perfection et où la production léchée fourmille de détails et donnent un grain et un corps imparable au titre.

Album : Neon Brown
Année : 2019
Label : 4AD


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

Disponible dans les playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), le magnifique Feel Let de Velvet Negroni n'est malheureusement pas disponible en écoute ailleurs (en tout cas sans abonnement). Donc à la place, voici Kurt Cobain, autre très bonne chanson de 'Neon Brown' :




jeudi 10 octobre 2019

[Track of The Day] Lophiile - No Bus (feat. Col3trane & Amber Mark)

« So baby, don't trust me, we both know that you don't love me. But you said that you need honesty, so be straight up, tell me what you want from me » : voilà résumée par son refrain l'histoire de No Bus, dernier single en date de Lophiile, producteur californien que je découvre.

Pour l'occasion, il s'est adjoint les services de Col3trane et Amber Mark, tous deux naviguant (pour ce que j'en connais) dans une sphère r'n'b, hip-hop et/ou soul.

Le résultat est, ô surprise, un titre r'n'b sensuel, porté par quelques accords bouclés à l'accent comme hispanique, une ambiance un brin soulful et deux voix qui complètent joliment l'ensemble.


Album : -
Année : 2019
Label : No Tricks/Blue Note Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), No Bus de Lophiile, bien aidé par Col3trane et Amber Mark, est également en écoute ici :


Et pour ceux qui aiment voir un vélo brûler, il y a cette vidéo officielle :



mardi 8 octobre 2019

[Track of The Day] clipping. - Nothing is Safe

Dans cette semaine qui va tourner - plus ou moins - autour du hip-hop et du r'n'b, balançons ce Nothing is Safe gros coup de cœur pour ce trio californien nommé clipping. (tout en minuscule et avec un point, oui).

Une obsédante note de piano jouée à l'infinie, sur laquelle viennent se poser différentes strates sonores créant une mélodie qui ne cesse de grandir. Et au-dessus de tout cela, il y a le flow de Daveed Diggs, qui alterne entre un rap posé et fulgurances qu'il semble toujours accélérer. 

Inspiré par les bandes originales des films de John Carpenter (c'est en tout cas ce qu'il se dit, mais vu ma méconnaissance du sujet, je vais être obligé de les croire sur paroles), Nothing is Safe est en tout cas un grand et beau morceau, à l'écriture sombre et glauque (« Bullets are for anybody caught running up in the spot Da-pop-da-pop, drop, the lights are dropped low, something shot from the trees Went straight through the front door, homie dropped to his knees Blood seeping from his neck, as he struggle to breathe »). Un titre qui ouvrira (hors intro) 'There Existed an Addiction to Blood', leur quatrième album à venir chez Sub Pop.

Album : There Existed an Addiction to Blood
Année : 2019
Label : Sub Pop


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Nothing Is Safe de clipping. est également en écoute ci-dessous : 


Autre extrait de 'There Existed an Addiction to Blood' de clipping., voilà Blood of the Fang :


Le clip/paroles de Nothing Is Safe de clipping. est à voir ci-dessous :




lundi 7 octobre 2019

[Track of The Day] Crack Cloud - The Next Fix

A la lecture de quelques reports de la dernière édition de la Route du Rock, il semble qu'un groupe ait notamment fait sensation : Crack Cloud.

Passé par Lyon il y a quelques semaines dans la salle du Périscope (et que j'ai évidemment raté), Crack Cloud est un collectif canadien de Vancouver qui a une prédisposition pour le post-punk arty autant que dégingandé, presque rêche et minimaliste. C'est en tout cas ce que laisse à penser la compilation de leurs premiers Ep qu'ils ont sorti l'an passé, sobrement intitulée 'Crack Cloud'.

L'écoute de The Next Flix, un de leurs derniers singles en date, est assez surprenante. Écrite en l'hommage de tous leurs amis suicidés ou morts d'overdose, cette chanson s'éloigne du post-punk et plonge dans une sorte de funk, où l'on trouve samples, ambiance à la cLOUDDEAD (ou plus généralement toute la clique d'anticon du début des années 2000), trompette déchirante et chœurs pop. Sans conteste une des chansons de l'année, The Next Fix impose même quelque part Crack Cloud comme une version 2019 - et canadienne - de The Avalanches. A suivre de près.

Album : -
Année : 2019
Label : Meat Machine Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Next Fix de Crack Cloud est également en écoute via son clip ci-dessous :


Second extrait de leur série 'Pain Olympics' (qu'est-ce donc ? Toute la question est là), voilà Crackin Up de Crack Cloud :



vendredi 4 octobre 2019

[Track of The Day] Lispector - Nothing To Believe

Samedi soir, preuve que Lyon regorge plus que jamais de lieux de concerts (et d'associations pour les animer, ici Asphalte Chaud), se produisait Lispector au Bimbo, salle située dans le 7è arrondissement de Lyon - qui soit dit en passant est à l'honneur depuis hier dans le cadre d'un festival de soutien qui se déroule dans les nouveaux locaux enfin inaugurés de Grrrnd Zero.

Comme un idiot qui ne se respecte pas, je n'ai pas pu me rendre à ce concert. Et je le regrette déjà tant la découverte toute récente de Lispector est belle. Active depuis bientôt un quart de siècle, Julie Margat (son nom dans le civil), sa bedroom-pop un peu chancelante, sa basse gérant le tempo, ses claviers puissants et sa voix légère ont un côté plus qu'attachant. En tout cas sur Nothing to Believe, premier extrait de son nouvel album, 'Small Town Graffiti', à venir le 11 octobre prochain.

Album : Small Town Graffiti
Année : 2019
Label : Teenage Menopause


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Nothing To Believe de Lispector est également en écoute ci-dessous :



jeudi 3 octobre 2019

[Track of The Day] Hand Habits - What's The Use

Replongeons dans le début de l'année 2019 (ce disque est sorti le 1er mars) en évoquant le très joli 'Placeholder' de Meg Duffy, qui officie sous le nom de Hand Habits.

Croisée il y a deux ans lors de son premier album ('Wildly Idle (Humble Before The Void)'), ce nouvel album est beaucoup plus consistant. Une pop déprimée, langoureuse, un chant presque désabusé, le tout mis en lumière par une guitare du même acabit et quelques solos électriques à la longueur calibrée.

Peut-être un peu long, avec un titre qui sort du cadre et a un intérêt nul (Heat), 'Placeholder' de Hand Habits n'en reste pas moins un bel album ; et - ceci étant totalement gratuit - bien plus intéressant que les derniers de Kevin Morby (qu'elle accompagne régulièrement sur scène) qui n'en finit plus de tourner en rond.

Album : Placeholder
Année : 2019
Label : Saddle Creek


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), What's The Use de Hand Habits est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson tirée de ce nouvel album de Hand Habits, voilà Placeholder, la chanson titre :




mardi 1 octobre 2019

[Track of The Day] Josienne Clarke - If I Didn't Mind

Il semblerait que Rough Trade Records reprenne de sacrées couleurs en cette année 2019. Le label londonien a sorti cette année sans doute le groupe le plus marquant de 2019 (Black Midi), l'attendu par beaucoup nouvel album de Girl Band, et va publier le prochain Starcrawler.

Plus confidentiels, le label anglais (et cher à l'auteur de ces lignes) va aussi lancer le nouvel album de Lankum (j'insiste : leur The Wild Rover est une chanson sublime) et 'In All Weather', le deuxième album solo de Josienne Clarke, anglaise qui fricotait avec un certain Ben Walker dans un duo dont je ne sais rien.

Un premier extrait est déjà disponible, s'appelle If I Didn't Mind et est très prometteur, que ce soit par la justesse de sa mélodie, de cette guitare qui se retient presque de ne pas plus riffer sans toutefois prendre un ascendant trop marqué, sa belle voix ou les paroles qu'elle égrène, pleine de colère contenue (« It would all be fine if I didn’t mind… Everything would be alright if I didn’t mind, if I just didn’t mind »). Mais c'est aussi tout l'ensemble qui donne envie : aussi bien ceux qui sont venus entourer Josienne Clarke (une harpiste, un batteur et un pianiste de jazz notamment) que les promesses qu'elle formule à propos de ce nouvel album : « These are not love songs, these are life songs ». Réponse le 8 novembre.

Album : In All Weather
Année : 2019
Label : Rough Trade


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), If I Didn't Mind de Josienne Clarke est également en écoute ci-dessous, via son clip :


Josienne Clarke a sorti également Things I Didn't Need au printemps dernier, face-A d'un 45-tours qui ne figurera pas sur 'In All Weather' :