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mardi 25 mai 2010

[Track of The Day] Johnny Cash - Redemption Day (Sheryl Crow cover)

Seize ans après avoir débuté ses 'American Recordings' debout entre ses deux chiens, le dos à un champ, puis avoir symbolisé par des pochettes de plus en plus sombres l'arrivée de la grande faucheuse, l'histoire discographique de Johnny Cash se termine donc dans un sourire: le sien, gamin aux grandes oreilles qu'il était, et aux dents proposant du bonheur à tout l'état de l'Arkansas.

Enregistrées durant les sessions d''American V: A Hundred Highways', quelques semaines avant la mort de Johnny Cash, les 10 chansons de ce 'American Recordings VI: Ain't No Grave' sont un bien beau point final à une aventure discographique passionnante - et objectivement sans défaut -, menée par Rick Rubin (qu'il soit sanctifié) et qui aura donné un véritable second souffle à l'homme en noir.

Certains arguent aujourd'hui du fait qu'on fait là les fonds de tiroir, que tels de vulgaires Mary Guibert (la mère de Jeff Buckley qui fait passer les ayant-droits de Jimi Hendrix pour de gentils philanthropes) Rick Rubin et consorts ne font que dépecer encore et encore le corps plus très chaud de Johnny Cash.

Critique assez vaine tant l'univers du maître a été respecté et tant la qualité des enregistrements reste de haute tenue. Car comment ne pas frémir à l'écoute de Ain't No Grave (a priori, la dernière chanson enregistrée par Johnny Cash) et de cette voix, pleine de douleur et arrivée au bout de la route ?
Comment ne pas frissonner à l'écoute de la reprise de Redemption Day de Sheryl Crow, sublimée comme le fut en son temps le One de U2?
Comment ne pas avoir les yeux qui se mouillent et sourire dans le même temps au joli clin d'œil de l'histoire avec Aloha Oe, la chanson qui clôt ce 'American Recordings VI: Ain't No Grave', chant hawaïen enregistré en 1961 par Elvis Presley? Difficile pour ma part.

On dit souvent que les héros ne meurent jamais. Et Johnny Cash, avec la fin de la boucle, ses 6 albums et un coffret essentiel, ne sera pas l'exception qui confirmera la règle. 

Album: American Recordings VI: Ain't No Grave 
Année: 2010 
Label: American Recordings

lundi 3 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 50-31



Après une semaine de noël et de réveillon à bourlinguer d'Ardèche en Bretagne, suite et fin des traditionnels top de fin d'année. Des tops qui ont continué d'affluer pendant la semaine, notamment celui de Dans Le Mur du Son (auquel je n'aurais pas participé, perdu que j'étais au fin fond des Côtes d'Armor), de Feu à Volonté (singles cette fois), de Francky de Muzik&Cultures ou de La tête à Toto. Et pendant ce temps là, Des Chibres et des Lettres nous aura pondu pour sa part un Flop 2010.

Quant à ce blog, après le top Ep et autres 7", après un top 50 singles, place maintenant au top 50 albums, comme chaque année, divisé en trois parties.
Il est à noter qu'au bas de chaque article, vous retrouverez un lecteur grooveshark proposant une chanson de chacun des albums évoqués au-dessus. Et au bas de chaque chronique, un petit plus vous emménera vers une chronique, d'ici ou d'ailleurs, si vous voulez en savoir plus.

La première partie débute maintenant, en tout cas, juste après vous avoir souhaité mes meilleurs vœux pour l'année qui s'ouvre.

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


50. Clogs – The Creatures in the Garden of Lady Walton [Brassland]
'The Creatures in the Garden of Lady Walton' est un disque aussi réussi que les précédents de la part de Clogs mais qui voit le groupe évoluer sans se fourvoyer en invitant un instrument très rare jusque là chez eux : la voix. Résultat très convaincant où les guests n'accaparent pas l'attention mais mettent encore plus en lumière la musique, la chose primordiale chez Clogs.
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49. Canasta – The Fakeout, the Tease and the Breather [-]
Découvert grâce à feu Bopper, Canasta est un groupe de Chicago qui aura sorti en 2010 son deuxième album... toujours à sa façon vu que le groupe n’est incroyablement pas signé. Pourtant leur pop qui sait être aussi épique qu’intimiste a de quoi ravir plus d’une oreille. Car il y a ici plus d’une belle chanson et de refrains à fredonner que sur beaucoup d'albums encensés ici et là.
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48. The Bamboos – 4 [Tru-Throughs]
Originaire de Melbourne, The Bamboos aligne, dans un déluge de cuivres, des titres aussi bien uniquement instrumentaux que chantés par la belle voix de Kylie Auldist. Naviguant entre soul et funk, tirant son inspiration de décennies cultes pour le genre (Like Tears In Rain n’aurait pas fait tâche sur les compilations 'Motown Dance Party', tant son rythme est une euphorique invitation à la danse) est une belle découverte qui ne s'estompe pas malgré les écoutes.
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47. Cabins – Bright Victory [Ivy League]
Quatuor australien, les Cabins auront fait pour leur premier sortie discographique, dans le court mais l’incisif. Un album à la basse bien présente et qui n'hésite pas à aller autant dans le rock que dans le blues pour mieux imposer une ambiance lourde dans ses morceaux. Avec toujours un vrai souci.
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46. Avi Buffalo – st [Sub Pop]
Premier album pour Avi Buffalo, groupe originaire de Long Beach. Un disque alternant entre chansons pop-folk plutôt classique et pop capable d'élans inattendus, presque à tiroirs (notamment sur les deux derniers morceaux). Un groupe qui fait penser, notamment à cause de la voix qui survole l’album, à une version pop-folk de MGMT. Belle découverte.
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45. Allo Darlin’ – st [Fortuna Pop!]
Cette découverte, je la dois à Discobloguons qui aura su se montrer suffisamment persévérant. Et il aura bien eu raison. Pas ébouriffante aux premières écoutes mais rapidement rafraichissante comme tout, leur twee-pop (c’est l’année) est quand même du meilleur effet, portée qu’elle est par une bien jolie voix.
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44. Laura Veirs – July Flame [Bella Union]
C’est qu’on aurait presque oublié que Laura Veirs a publié un album en 2010. Et pourtant, il mérite le détour. Un album simple, globalement acoustique bien que largement arrangé. Alors certes, un album de miss Veirs, c’est peu ou prou la même chose que les précédents. Mais ‘July Flame’ est, justement, un beau retour de flamme de la part de l’américaine. Et puis pouvons nous décemment nous plaindre d’avoir à disposition autant de belles compositions ? Non. Donc on prend. Et plutôt deux fois qu’une.
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43. Erik Arnaud – L'Armure [Matrice]
Copain de cordée de Florent Marchet, Erik Arnaud reprend sa carrière discographique personnelle. Tout au long des 10 chansons de l'album, très sombres, Erik Arnaud rappelle à nos oreilles autant l’univers d’une certaine idée de la chanson/du rock français (Dominique A, Miossec) que la voix de Bertrand Cantat (certaines intonations de Nous Sommes sont saisissantes), tout en gardant une proximité artistique avec Florent Marchet (une mélodie par-ci, un texte par là).
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42. Eluvium – Similes [Temporary Residence]
Après un coffret aussi hors de prix que magnifique, Eluvium, un des maitres des chansons éthérées et ambiantes, revient avec un nouvel album qui marque une rupture avec ses précédentes livraisons. Matthew Cooper se met effectivement à chanter, et il le fait plutôt bien d’ailleurs. Mais loin de s’enorgueillir de cette nouvelle orientation, Eluvium laisse ici la musique au centre de tout, sa voix n’étant qu’un ajout et un atout de plus à apporter aux chansons de ce décidément talentueux bonhomme.
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41. Tom McRae – The Alphabet of Hurricanes [Cooking Vinyl]
Pendant longtemps, le seul album vraiment valable de Tom McRae a été son premier. Depuis, le britannique allait de déception en déception, édulcorant chaque fois un peu plus ce qui faisait le sel de ses compositions. ‘The Alphabet of Hurricanes’ casse la spirale infernale dans laquelle Tom McRae s’était installé et prouve que notre homme a du talent. Sombre et mélancolique, cet album montre un Tom McRae inspiré, triste comme la pluie et qui semble avoir retrouvé son stylo magique.
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40. Black Mountain – Wilderness Heart [Jagjaguwar]
Produit, entre autres, par Randall Dunn (producteur notamment de Sunn o))), Boris ou Earth), 'Wilderness Heart', troisième album des Black Mountain, aura été une bonne surprise tant leur second disque m’avait déçu. Jouant moins la carte de l’exercice de style comme avant, le combo de Vancouver séduit immédiatement avec son rock stoner et psychédélique. Une sorte de rencontre entre les Queens of The Stone Age et les Stooges, les claviers vintage en plus.
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39. Math and Physics Club – I Shouldn't Look As Good As I Do [Matinée]
Coincés et à l’étroit dans leur coccinelle bleue, Math and Physics Club est le type de groupe pour lequel il est très facile de tomber sous le charme : bluettes genre Belle and Sebastian, folk-pop innocente et légère, compositions optimiste et lumineuses. Mais ne croyez pas qu’il s’agit ici d’un disque facile et interchangeable : on ne tombe pas aussi fou d’un album de ce genre là comme ca.
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38. Johnny Cash – American VI: Ain't No Grave [American]
Sixième et dernière sortie des collaborations entre Johnny Cash et Rick Rubin, ‘American VI: Ain't No Grave’ est tout sauf le raclage de fonds de tiroir de trop. Car, bien que très proche de ses dernières heures, Johnny Cash dans son style inimitable, arrive par le biais de nouvelles compositions ou de reprises opportunes, à faire vibrer les cœurs. La mort n’est pas loin et rôde autour de cet album. Et pourtant il semble qu’elle n’arrivera jamais à son but tant la force des interprétations de Cash est inaltérable.
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37. Le Futur Pompiste – st [Shelflife]
Derrière ce nom un peu idiot se cache un groupe finlandais que j’avais découvert un soir de discussion dans un salon plein d’oiseaux bleus en 2003. Depuis cette époque et malgré la qualité de leur premier album, rien. Sept ans plus tard, je retombe sur ce groupe au hasard d’une news quelconque. Le Futur Pompiste n’a rien perdu de sa qualité de compositions, sorte de Stereolab a-like. Bien au contraire.
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36. Florent Marchet – Courchevel [Nodiva]
Allongé sur une peau de bête, affublé d’une fine moustache que n’auraient pas reniés certains footballeurs allemands des années 80, Florent Marchet serait-il tombé du côté obscur de la force, à n’être qu’une caricature de ce qu’il souhaite se moquer ?
Que neni ! Disque court, ‘Courchevel’ est empreint à nouveau de belles chansons aussi touchantes que grinçantes, au-dessus desquelles plane toujours cette vision désabusée (ou presque) de la vie. Et prouve s’il en était besoin que Florent Marchet reste un artiste majeur français.
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35. Ólafur Arnalds – ... And They Have Escaped The Weight Of Darkness [Erased Tapes]
Ólafur Arnalds aura été en 2010 une découverte. Un soir de journée ratée, je suis tombé chez Kris sur une chanson de cet album et j’ai été subjugué : compositions mélancoliques et déchirantes sur lit de cordes, le tout menées par un piano aussi omniprésent que discret. ‘... And They Have Escaped The Weight Of Darkness’ est un album sublime mais triste. Et Ólafur Arnalds le pendant pop de Max Richter.
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34. Laura Marling - I Speak Because I Can [Virgin]
Faisant tourner les têtes de pas mal de groupes (Noah and The Whale il y a quelques années, Mumford and Sons aujourd'hui), Laura Marling n’est en rien une arriviste. Mais une artiste accomplie dont les diverses sorties discographiques de cette année m’auront stupéfié un peu plus. ‘I Speak Because I Can’ a été la première de celles ci. Un album fade de prime abord mais qui se dévoile rapidement, porté par la voix forte de Laura Marling. Et puis quelqu’un qui ose reprendre avec tant de justesse Jackson C. Frank ne peu être que quelqu'un de bien.
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33. Baths - Cerulean [anticon]
Si l’on met de côté Why ?, ca faisait presque un moment que je n’avais pas été touché par un disque de chez anticon. Nouvelle signature d’anticon, Baths est en tout cas le genre de disque qui donne envie de se lover dans une piscine de coton. Et, accessoirement, la rencontre de Daedelus et de The Avalanches, avec un brin d'Animal Collective au-dessus de tout ca.
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32. Villagers - Becoming a Jackal [Domino]
A l'époque, première écoute, je n’avais pas du tout été emballé. Et puis devant des avis dithyrambiques, j’ai ressayé. Et je suis tombé plus que sous le charme. Le premier album de Villagers (Conor O'Brien à la ville, irlandais de son état, aperçu chez The Immediate) est vraiment superbe. Des compositions et des mélodies touchantes qui ne tombent jamais dans le pathos, le tout entouré d’une production bien ronde comme il faut. Sacrés débuts !
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31. Madlib – Madlib Medecine Show [Madlib Invazion]
Producteur émérite et défricheur musical professionnel, Madlib s’est lancé à la fin 2009 dans un projet un peu fou : sortir douze compilations/mix-tapes à sa sauce, traitant à chaque fois d’un thème musical défini : musique brésilienne, africaine, reggae, disco, etc… le tout, à la sauce Madlib, forcément.
S’il ne réussit pas son pari d’en sortir douze (neuf compilations ont «seulement» vu le jour pour le moment), artistiquement c’est de haut niveau. Pas tout le temps certes, mais globalement ces compilations ‘Madlib Medecine Show’ sont ambitieuses, détonantes, rarement ennuyeuses et proposent là un véritable voyage musical. Et dans le genre GO de luxe, on ne pouvait rêver mieux que Madlib.
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Et pour finir donc, un lecteur permettant d'écouter un morceau de chacun des 20 albums présentés ci-dessus :




mardi 11 mai 2010

Roky Erickson with Okkervil River - True Love Cast Out All Evil [ANTI-]

Quand on y réfléchit un peu, on se demande encore souvent comment certains artistes des années 60 sont encore là, aujourd'hui, ne serait-ce que vivants, tant ils ont avalé de drogues, tant ils ont ingurgité de substances hallucinogènes, tant ils sont passés à un cheveu du trépas et y ont échappé par on ne sait quel miracle. Tous les David Bowie, Iggy Pop, Bob Dylan, Keith Richards.

Roky Erickson est de ceux-là. Ancien chanteur et guitariste des 13th Floor Elevators, auteur de leur plus grand tube You're Gonna Miss Me, Roky Erickson aura traversé plusieurs décennies en feintant comme un roi pour s'en sortir et être encore là en 2010.

Car oui, 42 ans après la dissolution des 13th Floor Elevators, Roky Erickson est toujours vivant. Si vivant qu'il a enregistré un nouvel album ('True Love Cast Out all Evil', le premier en 15 ans) et qu'il s'est adjoint pour l'occasion les services d'Okkervil River pour former son backing-band.

Cet album de Roky Erickson est une jolie surprise. Peut-être pas énormément plus, mais certainement pas moins. Car si l'on retrouve, certes, quelques titres dispensables ici et là, au final ses compositions se tiennent et le tout, alternant chansons folk/country-folk et morceaux folk-rock ou carrément rock, emporte assez largement l'adhésion

Alors effectivement, pour aimer ce 'True Love Cast Out all Evil', il faut aimer Okkervil River. Que l'album soit signé sous le nom de Roky Erickson with Okkervil River n'est évidemment pas innocent.
Ainsi si l'on est réfractaire aux mélodies chaloupées, aux cuivres impromptus, ou à l'americana enlevée des américains, il vaudra mieux passer son tour tant la patte d'Okkervil River est omniprésente tout au long de l'album. Sinon, nul doute que l'on tombera sous le charme de 'True Love Cast Out all Evil'.

La voix est belle, même si elle a énormément perdu de sa vigueur, la mélancolie accrochée à chacune de ses cordes vocales et de ses compositions, compositions solides par ailleurs et plus que jamais bien mises en valeur par une production efficace mais jamais clinquante.

A l'écoute de ce 'True Love Cast Out all Evil' et à la vue de la pochette, je ne peux m'empêcher de penser à la collaboration Johnny Cash/Rick Rubin. Et je vois cet album comme une sorte de main tendue de Will Sheff et de ses Okkervil River vers une des icônes américaines du rock des années 60, persuadés qu'ils sont qu'il y a encore de chouettes mélodies et compositions à sortir du cerveau longtemps malade de Roky Erickson.
Il est évident que Roky Erickson n'aura jamais l'aura que possédait - et possède encore - Johnny Cash. Mais au final, la démarche des Okkervil River découle de la même idée, quelle soit consciente ou inconsciente. (sortie: 19 avril 2010)

Le Mmarsu et Christophe parle, en des termes très élogieux, de ce 'True Love Cast Out All Evil'.


Son:
Myspace (Aucune chanson de ce 'True Love Cast Out all Evil' en écoute)
Site officiel

On peut télécharger gratuitement (mais toujours contre une adresse e-mail) Goodbye Sweet Dreams, une des chansons de 'True Love Cast Out all Evil', en allant directement sur le site de l'album, ici.


Deux chansons en écoute. Goodbye Sweet Dreams, premier single et tube potentiel, et Be And Bring Me Home, balade bluesy-folk de haute volée (malheureusement plus en écoute) :

Et pour finir, un entretien sympa entre Roky Erickson et Will Sheff, tête de proue d'Okkervil River :




lundi 15 octobre 2007

Track of The Day (9-15 octobre 2007)

Une semaine entre balade folk, reprise intimiste et rock nerveux. Slurp. (et toujours dans le lecteur deezer, à droite)


Lundi 15 octobre 2007 :
* The Flaming Sideburns - Loose My Soul [Bad Afro]
Dans le genre « très grand album rock des 10 dernières années », je voudrais ce 'Hallelujah Rock 'N' Rollah' qui s'ouvre par ce bonheur de titre qu'est Loose My Soul. Retombé dessus aujourd'hui par le plus grand des hasards, en rangeant mes disques. Quel panard!
(disponible sur Hallelujah Rock 'N' Rollah # 2001)

Dimanche 14 octobre 2007 :
* Sons & Daughters - Johnny Cash [Ba Da Bing]
Avant d'aller se fourvoyer avec un vrai premier album insipide, les Sons & Daughters savaient écrire de bien bons morceaux nerveux et rythmés. Leur « tube » Johnny Cash le prouve.
(disponible sur Love The Cup # 2003)


Samedi 13 octobre 2007 :
* Bracken - Heathens [Anticon]
Échappé de Hood, Bracken (aka Chris Adams) sort son premier album solo chez Anticon, rappelle à notre bon souvenir 'Cold House' et pond un Heathens entêtant.
(disponible sur We Know About The Need # 2007)


Vendredi 12 octobre 2007 :
* José Gonzales - Teardrop (Massive Attack cover) [Peacefrog]
Le Suédois à guitare revient avec cette reprise de Teardrop de Massive Attack. Plutôt très réussie (quoique, tout dépend de l'humeur) et tranchant franchement avec l'originale.
(disponible sur In Our Nature # 2007)


Jeudi 11 octobre 2007 :
* Julie Doiron - I Left Town [Jagjaguwar]
La délurée Julie Doiron a sorti cette année un album en tous points charmant, comme ses prédécesseurs, déjà délicieux. Sur celui-ci, on trouve ce très joli I Left Town, sur lequel on aurait bien vu passer Jeffrey Lewis.
(disponible sur Woke Myself Up # 2007)


Mercredi 10 octobre 2007 :
* M. Ward - Cosmopolitan Pap [4AD]
Faisant suite à l'excellent 'Post-War' de 2006, ce 'To Go Home Ep' contient un Cosmpolitan Pap bien troussé comme d'habitude par le beau brun américain, qui semble enregistrer tous ses disques dans les années 50.
(disponible sur To Go Home Ep #2007)


Mardi 9 octobre 2007 :

* Grant Lee Phillips - Age Of Consent (New Order cover) [Zoë]
L'an passé, le talentueux Grant Lee Phillips a sorti un album de reprise, tout en acoustique (ou presque). La relecture d'Age of Consent de New Order est un petit délice à écouter le matin au réveil et le soir avant d'aller faire dodo.
(disponible sur Nineteeneighties # 2006)

mercredi 21 octobre 2009

[Track of The Day] Johnny Cash - You'll Never Walk Alone (Christine Johnson cover)

Car le football sait faire vibrer. Parce qu'Anfield Road. Parce que les Reds. Parce qu'un résultat jusqu'au boutiste. Parce que ce chant. Parce que la reprise sublime de Johnny Cash, orgue droit devant.
You'll Never Wall Alone certes. Mais un peu triste quand même du côté de la Mersey ce matin.

When you walk through a storm,

Hold your head up high,
And don't be afraid of the dark ;
At the end of a storm there is a golden sky

And the sweet silver song of a lark.

Walk on through the wind,

Walk on through the rain,
Tho' your dreams be tossed and blown.

Walk on, walk on with hope in your heart,

And you'll never walk alone,
You'll never, ever walk alone.
Walk on, walk on with hope in your heart,
And you'll never walk alone,

You'll never, ever walk alone.

Album: Unearthed
Année: 2003
Label: American Recordings

jeudi 4 septembre 2008

Top 6 "R.I.P"

Y a des fois, vous fêtez votre anniversaire. Vous êtes heureux. Vraiment. Et puis, bam, au moment où vous vous y attendez le moins, la vie, cette vieille salope, vous rappelle à l’ordre et vous fait bien comprendre que «non mon p’tit pote, c’est pas pour tout de suite», en vous envoyant en travers de la gueule une nouvelle qui vous mouille les yeux et vous envahie d’une immense tristesse.

Et pourtant, je ne peux pas dire que le Djezon je le connaissais plus que cela. Un mec rencontré sur un forum (de football en plus!) et que je croisais plus souvent qu’à mon tour à la sortie d’une page html ou, plus épisodiquement, à la terrasse d’un café ou sur le ghorre pourri d’un terrain de foot de banlieue.
Et alors que je devrais m’en foutre limite si l’on en croit tous ces spécialistes qui nous expliquent qu’aujourd’hui, la société est devenue totalement individualiste (égoïste même qu’ils disent) et que l’on vit trop dans l’irréalité (Internet, forums, msn) pour créer du lien du social, ben je suis triste. Triste de voir partir un mec aussi doué avec les mots (voir ici) que maladroit avec les pieds, chambreur comme pas deux et à l’humour corrosif (bien trop pour beaucoup). Triste de perdre un compagnon de route, un camarade de vannes. Triste. Tout bêtement.

Donc nous y voilà. Un Top 6 'RIP'. Et dans tous les styles, avec Miss Kittin & The Hacker et leur Frank Sinatra, The Roots et leur hommage vibrant et terrible à J. Dilla (Can’t Stop This) et The Herbaliser, avec Katerine à la voix, qui y vont de leur obole pour Gainsbourg avec un Serge aux faux airs de Melody Nelson.

Vu qu’il fallait bien un peu de mauvais goût dans tout ça (et histoire de lui donner l’occasion de me traiter une fois de plus, de là-haut, d’ «imbécile heureux, mais imbécile quand même»), enchaînons avec No One But You de Brian May, Roger Taylor et John Deacon pour (officiellement en tout cas) réveiller la mémoire de Freddie Mercury (mais plus objectivement pour remplir les caisses).

Pour finir sur une note plus artistique, deux bijoux. Deux merveilles. La première, déjà diffusée dans ces pages à l’occasion d’une chronique de son ‘On Leaving’, Bird of Cuzco de Nina Nastasia en mémoire de John Peel, décédé brutalement il y a bientôt 4 ans, dans la ville de (justement) Cuzco, au Pérou. La seconde est, quant à elle, à pleurer. Ou comment le hip-hop se met à nu pour allumer une lumière acoustique au génie de ce géant que fut Johnny Cash, via la voix de Sage Francis et de ses acolytes, avec un Jah Didn’t Kill Johnny déchirant.

Bref, six titres pour rendre hommage à un pote. Lui dire qu’on pense à lui, à sa famille. Lui dire aussi que sa prose précise, ses vannes pourries, ses posts délicieux sur le forum des cahiers du foots et ses dribbles ratés vont nous manquer. Même qu'ils nous manquent déjà tiens. Et comme dit Sage Francis : «but before I die, please don’t take anymore of my friends». Rest In Peace mecton. Et so long. Bises.
 





Tracklisting:
Miss Kittin and The HackerFrank Sinatra (First Album, 2001) 
The Roots - Can't Stop This (Game Theory, 2006) 
The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) (Take London, 2005) 
Queen - No One But You (Queen Rocks, 1997) 
Nina Nastasia - Bird of Cuzco (On Leaving, 2006) 
Sage Francis - Jah Didn't Kill Johnny (A Healthy Distrust, 2005)


 






lundi 2 juin 2025

[Track of The Day] Edwyn Collins - Knowledge

Il y a des noms comme ça, croisés tout au long de notre vie de passionné de musique, sur lesquels on ne s'est jamais trop appesanti, et le plus souvent à cause d'une image négative construite sur du vent. Chez moi, Edwyn Collins fait partie de ces artistes là. J'ai beau connaitre le CV indie du monsieur, pour moi l'écossais ne se résume qu'à son tube phénoménal A Girl Like You (qui a bercé toute une génération et surtout saoulé toute mon adolescence), un look que je trouvais aussi m'as-tu-vu que ringard et une antipathie qui me semblait émerger de tout son être. En somme, tout un ramassis de ressentis idiots d'adolescents qui m'ont empêché de m'intéresser à son cas, même à ses Orange Juice des débuts dont on m'a souvent loué les qualités.

Alors la sortie d'un nouvel album du même Edwyn Collins en 2025 ne devrait pas m'émouvoir une seconde. Je ne vais quand même pas m'intéresser à un artiste de 65 ans sur le retour, qui ne m'a jamais plu quand il était à son top ? Hé bien figurez-vous que si. Tout cela à cause de Johan, ex chanteur et compositeur du Gulcher 2.0 (dont Without My Hat Records avait publié le 45-tours 'Johnny's Square' et l'unique album 'Cocktails'), critique régulier pour  Rock & Folk et qui a publié il y a quelques semaines une chronique très enthousiaste de 'Nation Shall Speak Unto Nation', le dixième album solo de l'écossais. 

Et il a bien raison. Car ce disque est de qualité, à la production tantôt ronde, tantôt plus sèche, aux effluves soul (superbe chanson d'ouverture Knowledge) où alternent chansons enlevées et balades plus intimistes superbes (The Bridge Hotel) qu'Edwyn Collins chante d'une voix plutôt fatiguée (mais laquelle ne le serait pas après deux AVC ?) aux intonations et au phrasé qui rappellent parfois le Johnny Cash période Rick Rubin (The Mountains Are My Home notamment). Une belle surprise en sommequi renvoie à la face de l'adolescent que je fus toutes ses certitudes idiotes et totalement fausses sur un artiste qu'il va me falloir commencer à découvrir. 

Album : Nation Shall Speak Unto Nation
Année : 2025
Label : Analogue Enhanced Digital

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Knowledge d'Edwyn Collins est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Nation Shall Speak Unto Nation' d'Edwyn Collins, voilà A Little Sign :

Le clip de Knowledge d'Edwyn Collins, chanson d'ouverture de 'Nation Shall Speak Unto Nation' :

lundi 9 février 2026

[Track of The Day] Buck Meek - Ring Of Fire (feat. Adrianne Lenker)

Si elle est évidemment la tête de proue du projet Big Thief, Adrianne Lenker n'est pas la seule à s'offrir des escapades solo : les deux compères (car oui, ils ne sont plus que trois) de l'auteure de ce chef d’œuvre qu'est 'Bright Future' ne sont pas en reste. Aussi bien le batteur James Krivchenia que le guitariste Buck Meek, dont il avait déjà été question dans ces pages il y a six ans de cela (Roll Back Your Clocks, balade automnale de belle tenue).

C'est ce dernier qui nous intéresse aujourd'hui, lui qui s'apprête à publier le 27 février prochain 'The Mirror', son quatrième album (et son deuxième pour 4AD). Un disque qui s'annonce par deux premiers singles, Gasoline et surtout, Ring Of Fire (en écoute aujourd'hui). Une chanson qui n'est pas, précisons le tout de suite, une reprise du standard de Johnny Cash, mais qui elle aussi a une belle aura. D'où vient-elle ? Peut-être de sa rythmique qui vous embarque tout de go. Du chant de Buck Meek, très bien mis en avant, qui ne perd pas son temps en s'élevant dès la première seconde et qui capte d'emblée l'attention. A moins que ce soit les chœurs discrets mais bien présents d'Adrianne Lenker (qui sera sur tous les morceaux de 'The Mirror') ; cette production envoûtante autant que chaleureuse, confiée aux bons soins de James Krivchenia ; ces petites touches synthétiques/électroniques parsemées ici et là ; ou le fait que les trois Big Thief soient de la partie. C'est sans doute un peu tout cela à la fois qui rend ce Ring Of Fire si beau, si touchant.

Album : The Mirror
Année : 2026
Label : 4AD

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Ring Of Fire de Buck Meek, avec Adrianne Lenker aux chœurs, est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 12 mai 2022

[Track of The Day] Anna Calvi - Ain't No Grave

Perdue de vue depuis un premier album sympathique, revoilà l'anglaise Anna Calvi dans ces pages avec un nouvel Ep, le simplement nommé 'Tommy'. Tommy pour Tommy Shelby, un des héros de la série britannique Peaky Blinders, autour de laquelle ce disque est construit.

Quatre chansons au programme : une composition originale (Burning Down) et trois reprises : Red Right Hand, vieille chanson de Nick Cave & The Bad Seeds, devenue depuis le générique de la série anglaise citée plus haut, dont Anna Calvi s'acquitte honorablement mais sans faire oublier la version de l'Australien ; All The Tired Horses, morceau tiré du 'Self Portrait' de Bob Dylan en 1970, bien plus crépusculaire que l'originale aux cordes qui virevoltaient ; et Ain't No Grave, gospel traditionnel américain des années 30, qui a connu d'innombrables reprises dont celle de Johnny Cash, quelques mois avant sa mort. Et c'est cette relecture, qui ouvre d'ailleurs ce 'Tommy Ep', qui retient l'attention et qui est en écoute aujourd'hui tant Anna Calvi y est parfaite, pleine d'énergie et d'électricité.
 
Album : Tommy Ep
Année : 2022
Label : Domino Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Ain't No Grave d'Anna Calvi est également en écoute ci-dessous :
 

Autre chanson extraite de ce 'Tommy Ep' d'Anna Calvi, voilà Burning Down :

jeudi 11 décembre 2008

Top 6 "Drug"

Comme je l’expliquais dans un billet du 14 février dernier, à l’occasion de la Saint Valentin, «l’artiste musical écrit principalement sur trois thèmes : l’amour (le plus largement répandu, le léger aussi), la drogue (on y reviendra un jour dans ces pages) et la peine, la douleur ou la déception amoureuse». Après avoir traité de la déception amoureuse (voir ici), il est temps de passer à un sujet tout sauf tabou dans la musique, la drogue. En plus, j'avais promis.

Car oui, le sujet est vaste et regorge de chansons traitant de toutes sortes de stupéfiants. Bien sûr, il y a tous les classiques des artistes des années 60/70, traitant aussi bien de la cocaïne (J.J. Cale, Clapton, Johnny Cash), que de l’héroïne (The Velvet Underground, Brown Sugar des Rolling Stones), sans oublier le LSD (Lucy in the Sky with Diamond des Beatles évidemment, Purple Haze de Jimi Hendrix) ou les champignons et toute la clique de drogue hallucinogènes (White Rabbit des Jefferson Airplane). Il aurait été facile de reprendre ces titres là, d’en choisir les six meilleurs et d’en faire un top. Car ce sont toutes des grandes chansons.

Mais il existe bien d’autres morceaux traitant du sujet (et pas que des drogues douces), et dans tous les styles, du hip-hop au folk, de l’electro au rock. Et comme j'ai plutôt envie de vous proposer des titres moins connus mais d'aussi bonne qualité.
Prenons par exemple Jack The Ripper et son I Was Born a Cancer qui nous raconte son «divine holocauste» en parlant de la fumée de sa camel qui vient chatouiller quelques notes de guitare et de violons. Ou Baxter Dury qui «wear friendly smiles» sur Cocaine Man et sa guitare lancinante ; The Who et leur histoire triste à pleurer de cet homme dépendant au whisky qu’ils racontent avec leur touché si reconnaissable.

Et puis il y a les autres : Madlib et MF Doom qui évoquent, pleins d’images dans la bouche, un de leurs sujets préférés, la weed ; les !!! qui reprennent une bien belle chanson des Magnetic Fields, au titre très explicite (Take Ecstasy With Me) et la font durer deux fois plus longtemps par rapport à l’originale, comme une seconde invitation à gober avec eux ; et enfin Vitalic et un de ses premiers titres, You Prefer Cocaine, exubérant et efficace, comme toujours.

Bref, un tour rapide du monde de la drogue, entre fumée de cigarettes, alcool à gogo, roulage de joints, ligne de coke et gobage d’ecstasy. A quelques heures de noël, ce n’est pas forcément trop dans l’esprit. But who cares vu qu’on plane à 10 000 ?



Tracklisting:
Jack The Ripper - I Was Born a Cancer (Ladies First, 2005)
Baxter Dury - The cocaine man (FloorShow, 2004)
The Who - Whiskey Man (A Quick One, 1966)
Madvillain - America's Most Blunted (Madvillainy, 2004)
!!! - Take Ecstasy With Me [Magnectic Fields cover] (Take Ecstasy With Me 12")
Vitalic - You Prefer Cocaine (Poney Ep, 2004)
















Et pour finir, exceptionnellement dans un Top 6, un clip qui résume bien le sujet: celui de E-Talking des Soulwax (le côté rock des 2 Many Dj's). Une de mes vidéos préférées. Un clip fascinant, très drôle et bien évidemment interdit de diffusion télé :


lundi 28 avril 2014

[Track of The Day] Sage Francis - Vonnegut Busy

Quatre années sans nouvelle et le voilà qui débarque à nouveau pour embellir l'été qui s'annonce. "Le", c'est Sage Francis, rappeur barbu au débit dingue, aux paroles prouvant un engagement politique sans faille et aux productions lorgnant allégrement vers le rock et la pop plutôt que vers un hip-hop classique (notre homme ne vient pas de chez Anticon pour rien) : pas pour rien que le meilleur hommage musical rendu à feu Johnny Cash vient de sa plume (en écoute ici).

Son dernier disque en date 'Li(f)e' voyait Sage Francis s'acoquiner avec bons nombre de belles plumes pop, de Califone à Calexico en passant par Yann Tiersen (sublime The Best of Times) et encore Jason Lytle. Emballant sur le papier, le résultat n'était finalement pas à la hauteur, loin de ses précédents albums, dont son chef d’œuvre 'Healthy Distrust' (dont la classe ne se dément pas, même dix ans plus tard).

C'est donc de pied ferme que j'attendais son retour. Et comment vous dire à quel point celui-ci est percutant et me parle énormément. Déjà parce que Sage Francis ouvre Vonnegut Busy, le premier single de 'Copper Gone' (le nouvel album donc qui comprendra notamment des productions d'Alias, de Buck 65 ou Reanimator)  par les mots suivants : « Of all the words of Mice and Men, the saddest are "It might have been" ». Vu que John Steinbeck est mon écrivain préféré et 'Des Souris et des Hommes' un de mes livres de chevet, je ne peux qu'adhérer.

Ensuite parce qu'une fois de plus, son texte est très engagé et parle beaucoup en ces temps de crises infinies où l'on recommence décennie après décennie les mêmes erreurs du passé.

Enfin parce que comme souvent avec Sage Francis, on n'écoute pas une chanson pour rien. Et j'aurais donc appris des choses après quelques recherches (d'avance mes excuses pour le paragraphe suivant à ceux qui connaissent la référence).
Prenons donc le titre, Vonnegut, Busy. Kurt Vonnegut est un écrivain américain contemporain (1922-2007) et pacifiste convaincu. Dans son roman 'Cat's Cradle' (1963), en plus d'écrire la phrase d’ouverture de ce nouveau single de Sage Francis, Kurt Vonnegut crée une religion fictive, le Bokonisme dont le principal précepte est de (je vous le mets en anglais, je n'arrive pas à traduire ça de façon adéquate) « Live by the foma that make you brave and kind and healthy and happy ».
Et « Busy, busy busy » sont des mots que murmurent les bokonistes quand ceux-ci réfléchissent à la complexité et au côté imprévisible de nos vies.

Tout cela pour dire que d'ici juin, il me reste donc à lire 'Cat's Cradle' de Kurt Vonegut, me replonger une nouvelle fois 'Des Souris et des Hommes' de Steinbeck. Pour finalement écouter ce 'Copper Gone' qui promet, mais alors beaucoup.

Album : Copper Gone
Année : 2014
Label : Strange Famous Records

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Vonnegut Busy de Sage Francis est en écoute également sur le soundcloud de Strange Famous Records :



Ce même Vonnegut Busy, mais cette fois avec les paroles. Et vu que Sage Francis a un débit très difficile à suivre et des références dans tous les sens, c'est plutôt pratique :



Pour finir, un deuxième extrait de 'Copper Gone'. Une version live enregistrée chez Daytrotter. Ce disque est définitivement sur de bons rails :