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mardi 23 mars 2010

[Track of The Day] Boys Noize / Erol Alkan - Avalanche

Il y a quelques mois de cela (cet été, évidemment), l'allemand Boys Noize et l'anglais du bosphore Erol Alkan s'amusaient à sortir, sur le label du premier, Boys Noize Records, une collaboration de deux titres, 'Waves/Death Suite 12"'. Comme ca pour le fun, entre deux tueurs derrière les platines. Ce 12", je viens d'apprendre son existence; y a pas 2 heures.

Pourquoi en parler donc? Tout simplement parce que c'est le grand frère du 'Avalanche/Lemonade 12"' dont il est question aujourd'hui.
Les deux ont remis ca, cette fois sur le label d'Erol Alkan, Phantasy Sound. Et c'est en tous points merveilleux.

Deux titres, deux facettes. Et chacun son camp. Vous êtes plutôt d'humeur «rentre dedans» ce matin? Lemonade est fait pour vous. Un titre puissant au s'il en est.
Vous préférez prendre votre temps, être titillés, que l'on se joue gentiment de vous à coups de montées, d'explosions irréversibles mais finalement annihilées au dernier moment (et comme si de rien n'était) afin de finalement donner leur pleines mesures sur les 2 dernières minutes? Alors c'est Avalanche (en écoute aujourd'hui) qu'il vous faut, titre absolument dantesque dont les futures déflagrations nocturnes vont être monstrueuses.

Dans tous les cas, ce 12" est un des must-have de ce début d'année pour moi. Deux titres, deux vraies merveilles. Quand on sait que le 'Waves/Death Suite 12"' était d'un niveau semblable, on se prend à rêver d'une confirmation de la rumeur qui voudrait que Boys Noize et Erol Alkan bossent en ce moment sur un album. Cross your fingers. 

Album: Avalanche/Lemonade 12" 
Année: 2010 
Label: Phantasy Sound

Ce 'Avalanche/Lemonade 12"' est disponible (pour même pas 5€) en cliquant ici.

vendredi 24 décembre 2010

Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


Le top des blogueurs à la grande élégance avait ouvert les hostilités et depuis les tops tombent comme à gravelotte. Chez Requiem pour un Twister, chez Blake ou chez Cecile ou Benjamin. Tandis que La Buze fait son top des concerts qu'il a ... raté en 2010!

Car oui, comme toute fin d'année qui se respecte et comme le veut la tradition, voilà donc le top de fin d'année. En tout cas, le mien. Histoire de faire un bilan de l'année écoulée, de ce que j'ai aimé, adoré et écouté plus que de raisons.


Comme à chaque fois dans ces pages, tout va se passer en trois parties:

1) Une sélection de 20 Eps, 7", Compilations et tout le tralala

2) Une sélection de 50 chansons/singles

3) Une sélection de 50 albums pour finir, les 50 à mes oreilles


Vous trouverez un lecteur grooveshark en bas de chaque top présentant une chanson de chacun des disques présentés. En espérant que chacun y trouve son compte en chouettes ritournelles.


Ainsi, pour débuter, petit retour sur une année riche en formats courts et en compilations. Une sélection qui met de côté les rééditions (j'aurais pu citer celles d'Arab Strap, mais il faut bien faire quelques choix) pour mieux se concentrer sur une flopée d'Ep exquis et autres 7" de haute tenue. Notamment.


Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'


7"










Je pourrais sélectionner bien plus de quatre seven-inch. Mais l’affaire serait un peu longue. Et il faut savoir trancher.
Commençons donc avec un peu de soul et la sublime reprise de Femme Fatale du Velvet Underground par Aloe Blacc, servie dans un très bel écrin (Aloe Blacc – Femme Fatale 7" – Stones Throw – +).

On enchaîne par LE groupe qui fait le plus honneur à ce très beau format qu’est le 45 tours ces dernières années, The Pains of Being Pure at Heart, auteur cette année de deux sorties de très grande qualité, mais dont la plus récente est au-dessus. Deux chansons qui laissent présager du meilleur pour leur nouvel album à venir, plus shoegaze-noisy rock que jamais. (The Pains of Being Pure at Heart – Heart In Your Heartbreak 7" – Slumberland – +)

On continue avec le duo canadien de Japandroids et leur garage-punk-noise (que sais-je encore). Moins bruyant que leur 'Post-Nothing', 'Heavenward Grand Prix 7"' a un côté noise-pop plus prononcé. Et est d'une efficacité qui vous prend aux oreilles pour ne plus vous lâcher. (Japandroids Heavenward Grand Prix 7" Polyvinyl)

Et que dire de la belle Laura Marling et de sa guitare folk qui rend un vibrant hommage à deux monstres de la musique que sont Jackson C. Frank et Neil Young ? Merci, tout bêtement (Laura Marling – Blues Run The Game 7" – Third Man Records – +)











12"

A chaque année son groupe qui fera l’année 2011. Le grand gagnant de 2010 est Wu Lyf (World Unit/Lucifer Youth Foundation), originaire de Manchester et très mystérieux sur son identité, pour qui le net semble avoir pris fait et cause depuis quelques semaines déjà. Auteur d’un premier 12" intriguant avec lo-fi empreint d’ambiance de cathédrale et voix habitée et décharnée, les Wu-Lyf sont quelque part la rencontre entre le Animal Collective des débuts (certes en beaucoup moins expérimental) et Mark E. Smith. Plus que très prometteur. (Wu Lyf – Heavy Pop 12"+)



S'il n'a pas la folie du leader de The Fall, Simmo, chef de troupe des Souvaris, est tout de même fou. Simmo aime aussi les bisous. Et la France. D’ailleurs, c'est tout Souvaris qui aime notre contrée hexagonale. A tel point que le groupe partage l’affiche avec Sincabeza, combo girondin, sur un ‘Clown Jazz 12"’, disque qui voit les anglais de Nottingham s’éloigner du post-rock de leurs débuts pour mieux embrasser une musique aussi rock, math, noise que jazz qui leur va bien. Et vu que Sincabeza via son punk et son atmosphère tendue fait le boulot, vous comprenez pourquoi ‘Clown Jazz 12’’’ se retrouve dans ce top 20. (Souvaris / Sincabeza – Clown Jazz (Split 12") – Gringo – + )


Stupéfiant. ‘Archer on the Beach 12"' de Destroyer est stupéfiant. Un disque qui voit Dan Bejar inviter Tim Hecker et Loscil pour deux chansons d’ambiant splendides où le leader du groupe canadien se met littéralement au service de ses deux invités d’un jour. Deux très longs morceaux dont un Grief Point renversant (Dan Bejar parle, Loscil s’occupe du reste). (Destroyer – Archer on the Beach 12" – Merge – +)




C'est l'électro qui clôt ce quatuor de 12". Vu que leur première collaboration avait été fructueuse, l’allemand Boys Noise et l’anglais du Bosphore Erol Alkan ont remis ça pour un split 12’’ qui mêle aussi bien puissance sonore que longues montées lancinantes s’achevant dans de grandes déflagrations. Et à chaque fois, l'efficacité en point de mire. (Boys Noize / Erol Alkan – Avalanche/Lemonade 12" – Phantasy Sound – + )





Ep












La large sélection des Eps débute par ‘Leaves Eclipse The Light Ep’ d’Eluvium, disque qui fait suite au très bon ‘Similes’ où Eluvium (aka Matthew Cooper) se découvrait un organe vocal sur des compositions toujours éthérées et planantes. Ici, trois chansons, dont une originale (de près de 11 mns) et un remix aussi subtil que divin de Four Tet. (Eluvium – ‘Leaves Eclipse The Night Ep’ – Temporary Residence – +)

Un titre qu'Eluvium peut partager avec Low qui propose de télécharger gratuitement depuis quelques semaines son ‘Live at Eindhoven Ep’, enregistré en janvier 2009 dans une église. Low, un groupe qui à chaque nouvelle sortie semble repousser toute épreuve du temps. Car ces quatre titres live sont un bonheur absolu. Fins, habités, ces versions live sont à l’image de Low : essentielles. (Low – ‘Live at Eindhoven Ep’+)

Vous voulez un autre artiste essentiel ? Prenez Florent Marchet alors. Continuant à alimenter sa belle discographie, albums après albums, Florent Marchet a sorti de sous sa peau de bête six chansons de noël. Souvent comparé à Sufjan Stevens, le berrichon suis la même voie que l’américain. Il aurait eu tort de se priver : son Ep propose des relectures de classiques bien trouvées, avec en point d’orgue une bien belle version instrumentale et électrique de Petit Papa Noël. (Florent Marchet & Le Courchevel Orchestra – Noël's Songs Ep – Nodiva – +)

Mondrian n’est pas aussi confirmé que Florent Marchet. Forcément, ils viennent de sortir leur premier disque. Mais si leurs prochains essais discographique ont le coffre de leur ‘Pop Shop Ep’, nul doute qu'ils perceront très vite. Voilà un disque épatant où se mêle clappings, banjos, piano et chant en anglais ; Bref, le symbole d’une pop française (ou frenchy) qui se porte comme un charme. (Mondrian – Pop Shop Ep+)

Troisième disque français de ce top, ‘3’ de Rien est le premier disque d’un triptyque annonçant la soit-disant fin du groupe en 2014. Rock, qu’il soit post, math ou prog, ‘3’ voit les grenoblois tracer leur route sur fond d’hyper espace, avec toujours ce soin si particulier accordé à la production de leurs compositions. Ces gens là ont définitivement TOUT pour eux. (Rien – 3 – Amicale Underground – +)












L’autre qui a tout pour lui, c’est Sufjan Stevens. Auteur d’un retour aussi fracassant qu’inattendu, un des héros de l’auteur de ces lignes aura commencé par amadouer son auditoire par un des Ep les plus longs de l’histoire (60mns, 8 titres !), véritable retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres. Enivrant. (Sufjan Stevens – All Delighted People Ep – Asthmatic Kitty – +)

Depuis leur premier album, les Mumford and Sons sont devenus de vrais chouchous de ces pages. Leurs mélodies, leur entrain, tout me plait chez eux. Sous le nom de The Wedding Band, le groupe a sorti un 4 titres, disponible uniquement en vinyle (et à leurs concerts), entre folk, country et musique traditionnelle. Qui donne envie d’en écouter bien plus. (The Wedding Band – The First Dance Ep)

Première sortie de Warmest Chord, label formé notamment par des ex-Rough Trade, 'Evertide Ep' a été un coup de foudre eighties instantané. J'ai découvert ce groupe d'un seul homme (Jack Tatum) par ce biais là. Et sur les trois titres, ce voyage sur les terres du shoegaze, d'une pop quelque peu rêveuse et d'ambiances rappelant certaines des Cure, est bien plus qu'agréable. (Wild Nothing - Evertide Ep - Warmest Chord)

Mais s’il ne devait rester qu’un seul Ep sur cette année 2010, cela serait assurément lui : la collaboration entre Mumford and Sons, Laura Marling et le collectif indien Dharohar Project. Un mélange de mélodies anglo-saxonnes avec ambiances indiennes. A moins que cela soit l’inverse. Décapant, très inspiré, efficace comme rarement, cet Ep ne contient que quatre chansons. Mais même après des dizaines et des dizaines d’écoutes, il est toujours aussi difficile de s’en passer. Ah, Meheni Rachi... (Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project – Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project Ep – Island – +)











Compilations


Plongée remarquable dans l’œuvre d’avant-garde de David Sylvian, ‘Sleepwalkers’ est une compilation comme on en fait que trop rarement. Intelligente, foisonnante, passionnante, elle est une formidable porte d’entrée dans l’esprit talentueux de cet indie-crooner auteur de certains de mes plus beaux émois. Histoire de faire les choses bien, la pochette de l’album est en totale adéquation avec la compilation qu’elle orne. Must-have. (David Sylvian – Sleepwalkers – SamadhiSound – +)



Très talentueux eux aussi, les Piano Magic continuent leur petit bonhomme de chemin, alignant les albums comme si de rien n’était. Leur dernière livraison en date est une compilation faites maison où le groupe anglais propose une relecture plus acoustique de certaines de ses plus belles chansons. Aventure qui aurait pu s’avérer vaine et poussive. Il n’en est rien, loin de là. (Piano Magic – Home Recordings – Second Language)



La découverte des Carissa’s Wierd, je la dois à J-P de Next Music qui au détour d’un papier m’avait converti en moins d’une chanson qu'il ne faut pour le dire à ce groupe de Seattle. Il faut dire que leur pop/pop-rock, leurs mélodies tristes mais belles, pleines de cordes et portées par de jolis grains de voix très harmonieux, sont extrêmement touchants. Séparé depuis 2003, Carissa’s Wierd aura sorti cette année ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’, au titre qui reflète bien l’esprit de leurs chansons. Une compilation qui vaut le détour. (Carissa’s Wierd – ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’ – Hardly Art)



Histoire de faire les choses bien, et comme prévu, voilà un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des disques évoqués ci-dessous. Bonne(s) écoute(s)!




lundi 25 octobre 2010

[Track of The Day] The Hundred In The Hands - Commotion

Après un week-end sans sommeil, fait d'un set putassier mais diablement efficace d'Erol Alkan, de bières bues dans un rade (le Berthom) à éviter absolument à Lyon (rarement été traité autant comme un con que là-bas, et pourtant je suis pas exigeant), et après avoir enfin vu une des plus magistrales bouses cinématographiques de l'histoire du cinéma français (l'histoire de gaulois qui vont aux jeux olympiques, avec de la potion magique, des dialogues ineptes, des blagues pas droles et des décors en carton pâte, ce genre de choses) avant d'aller visite la plus dure des dictatures actuelles, retour aux affaires.

Et avec The Hundred In The Hands, nouvelle signature de chez Warp. Bien plus easy-listening que ce que Warp a toujours pu proposer, et notamment récemment, le duo - de Brooklyn - The Hundred In The Hands n'en reste pas moins un groupe rock-électro-pop intéressant, dans la veine de Ladyhawke, Annie et autres Robyn. Et leur imaginaire (qui rappelle Broadcast) colle bien à l'image du label anglais.

Leur premier album est au final assez moyen et perdant de la force sur la longueur, mais il contient assez de tubes (Lovesick (Once Again), Pigeons, Dressed in Dresden, Commotion que j'aurais bien vu chanté par Kim Wilde, ) pour raisonnablement penser qu'on devrait réentendre parler d'eux sous peu. 

Album: The Hundred In The Hands 
Année: 2010 
Label: Warp

Et pour finir, deux clips. Ceux des deux premiers singles de 'The Hundred In The Hands'.
Celui de Pigeons, qui rappellera - j'imagine à beaucoup - ces moments qu'on a juste envie d'oublier:




Et celui de Commotion, chanson en écoute aujourd'hui: