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lundi 28 octobre 2024

The Blue Herons - Go On [Subjangle]

Avant-propos : la chronique qui suit est consacrée à 'Go On' le premier album de The Blue Herons. Et non Blue Heron, groupe presque homonyme venu d’Albuquerque au Nouveau-Mexique qui fait lui dans le stoner. La précision peut sembler futile mais elle est d’importance tant The Blue Herons n’a, mais alors, rien à voir.

The Blue Herons est à la base le side-project de Andy Jossi, suisse de son état, qui faisait jusque-là dans le shoegaze avec son groupe The Churchhill Garden et qui voulait s’offrir une petite respiration indie-pop. Lancé en 2017, le projet va vivoter pendant trois ans au gré de quelques singles publiés de temps à autres, avec l’aide d’autres musiciens et de chanteurs et chanteuses, avant qu’Andy Jossi ne tombe enfin sur la perle rare, Gretchen DeVault, californienne et vétérane de la scène indépendante américaine (The Icicles, Voluptuous Panic).

Ce qui n’était jusque là qu’un projet qui se cherchait (six singles en trois ans) va alors suivre une toute autre trajectoire. Certes, le duo va prendre son temps (deux à trois singles par an seulement) mais l’alchimie entre Jossi et DeVault se fait de plus en plus évidente à chaque nouvelle chanson, qui semblent d'ailleurs gagner à chaque fois en qualité.

Après près de quatre ans de travail, c’est donc tout naturellement que The Blue Herons a publié son premier album, 'Go On'. Un disque qui compile tous les singles déjà sortis (des onze publiés par le duo Jossi/DeVault, seule la reprise de Christmas (Baby Please Don't Go) de Phil Spector a été laissée de côté) et ne compte « que » deux inédits : la merveilleuse Clouds et une version ample et très belle du plutôt déjà charmant Echos in the Dust. Pour l’occasion, et sans doute aussi pour rendre le tout plus harmonieux, The Blue Herons a réenregistré la plupart des morceaux et en a modifié le mix.

Et le résultat est tout à fait épatant. Extrêmement cohérent, superbement composé, aux guitares belles à en frissonner, porté par la voix superbe de Gretchen DeVault (qui a un je ne sais quoi de Beth Arzy), 'Go On' est un disque remarquable d'indie et de jangle-pop circa 80s, qui rappelle les univers C86 et de Sarah Records autant qu'il évoque (et plus souvent qu'à son tour) les merveilleux The Luxembourg Signal.

De la superbe balade Endless Rain au presque poppy Electric, en passant par le mini-tube Go On, la très belle ouverture In The Skies qui pose les bases de l'album, ou la reprise du Disorder de Joy Division lumineuse comme jamais, tout est ici éblouissant, racé et élégant et enthousiasmant, mélancolique et enivrant, avec un duo qui n'hésite pas à faire durer le plaisir (pas une chanson en dessous de 3'30 et seulement quatre de moins de quatre minutes) et marie avec délices des couches de guitares qui se complètent à merveille et la voix de Gretchen DeVault, toujours d'une grande justesse.

De prime abord disque de genre mais qui très vite le transcende, 'Go On' de The Blue Herons est un album impeccable de bout en bout. Un disque solaire, romantique, aux mélodies superbes, inspiré qui, je ne saurais trop l'expliquer, fait du bien. Et un des tous meilleurs, si ce n'est le meilleur, album de l'année. (Sortie : 4 juin 2024)

Plus :
La chronique de 'Go On' de The Blue Herons chez Dans Le Mur du Son (à qui je dois la découverte de ce superbe album. Une de plus)
'Go On' de The Blue Herons est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est à l'achat sur leur page bandcamp
'Go On' de The Blue Herons est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'Go On' de The Blue Herons en écoute aujourd'hui. La superbe reprise de Disorder de Joy Division, qui n'a jamais été aussi lumineuse (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la magnifique balade lancinante Endless Rain. Et enfin Clouds, le très bel inédit de ce 'Go On' de The Blue Herons :

dimanche 3 janvier 2021

Bilan 2020 : « Albums » (40-21)


Alors que la rentrée est à portée de main et qu'il va bien falloir remettre la machine en marche après quelques jours de congés, finissons en définitivement avec 2020 avec la sélection des 40 disques qui auront fait mon année. Ceux qui auont rendu plus supportable ce premier confinement, ces couvre-feux, ces interdictions de se rassembler, d'embrasser ou d'aimer.

Avant d'en dérouler la première partie, allons voir les choix du voisinage :
- Le bilan musical 2020 en bédé par Christophe Schenk
- 2020 par des artistes (A Girl Called Eddy, Stephin Merritt de The Magnetic Fields, etc)
- Les 10 albums de l'année par Mind Riot Music
- Les 50 meilleurs albums selon The Revue
- Les 10 albums de l'année du toujours sûr Jean-Marie Pottier

Mais revenons à nos moutons. Première partie avec les disques classés de la 40è à la 21è place donc. Au programme, de la twee-pop, de l'emo-punk toujours aussi jouissif, le retour de flamme d'un grand groupe, la découverte d'un futur grand compositeur et même un artiste auquel j'ai enfin succombé. Ca et bien d'autres choses. Avec, au bas du billet, des lecteurs streaming pour écouter une chanson de chacun des disques évoqués. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

 

40. The Stroppies - Look Alive! [Tough Love]
Trio australien qui avait été bien plus qu'un simple flirt printanier l'an passé dans ces pages, The Stroppies auront donné à 'Whoosh' un bien charmant petit frère, 'Look Alive!'. Un disque qui ressemble à son aîné avec cette pop-lo-fi et diy très mélodique, avec toujours comme une lassitude dans la voix qui donne un soupçon supplémentaire de charme à l'ensemble. Comme s'il était besoin.
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39. Annabel Lee - Let The Kid Go [Luik Records]
Avec ses guitares tantôt lourdes, tantôt acérées (et qui n'auraient sans doute pas dépareillées dans la scène rock d'il y a 25 ans), la voix d’Audrey Marot et la qualité de ses mélodies accrocheuses, jamais bien loin du tube, les bruxellois d’Annabel Lee font dans le court (9 chansons, 32 mns tout juste), l’énergique et l’efficace.
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38. Holy Fuck - Deleter [Last Gang Records]
Cinquième album pour les canadiens, totalement perdus de vue depuis leur 'LP' de 2007. Entre indietronica et dance-pop, rythmique au cordeau, synthés puissants et quelques invités pas piqués des vers (Alexis Taylor d’Hot Chip, Angus Andrew de Liars et Nick Allbrook de Pond).
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37. Extraa - Baked [Requiem Pour Un Twister]
Les deux pieds enfoncés dans une pop 60s/70s où l’on sent toute l’influence des Beatles que des Kinks (mais pas que), voilà les parisiens d'Extraa et leur premier très joli album. Très anodin de prime abord, il s'avère être une petite parenthèse des plus délicieuses, faites de mélodies accrocheuses et portées par une jolie production.
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36. Son Little - Aloha [ANTI-]
Dans une année qui aura rivalisé de très belles pochettes, celle du 'Aloha' de Son Little est sans doute dans le très haut du panier. Mais comme cela ne suffit pas à en faire un bon disque et encore moins un des disques de l’année, rajoutons que ce mélange de pop, de folk et de blues avec cette vibe soul et r'n'b qui parcourt tout le disque est on ne peut plus conseillé. Amy Winehouse aurait sans doute adoré travailler avec ce mec.
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35. The Apartments - In And Out of the Light [Talitres]
Les années passent et Peter Milton Walsh n’est toujours pas heureux. En tout cas, c’est ce qui ressort de 'In And Out of the Light', le successeur du miraculeux 'No Song No Spell No Madrigal' en 2015. Des chansons d’une douceur belle à frémir, de la mélancolie à tous les étages et des larmes qui ne sont jamais bien loin de couler à chaque nouvelle écoute.
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34. Lunchbox - After School Special [Slumberland Records]
Avec ses chansons courtes et ramassées, enregistrées dans un sous-sol et sans s'embarrasser de circonvolutions, le nouvel album de Lunchbox va à l’essentiel avec son indie-pop pleine de twee (à moins que ce ne soit l'inverse), de soleil, de trompettes euphoriques, de mélodies efficaces. Pas propret pour un sou mais diablement efficace.
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33. Cable Ties - Far Enough [Merge Records]
Disque rageur à bien des égards, ‘Far Enough’ est un énorme coup de savate de la part du trio de Melbourne. Un album puissant de rock, de punk et de garage, politique et féministe, qui tient sa ligne tout du long et contient quelques chansons qui en d'autres temps auraient été des tubes.
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32. Touché Amoré - Lament [Epitath]
Dans leur style, Touché Amoré ne va pas réinventer l’eau chaude. Et ce n’est pas ce qu’on leur demande. Un disque jouissif au possible, post-hardcore et emo au programme, avec toujours le chant rageur et criard de Jérémy Bolm qui surplombe un disque qui ne manque pas de mélodies. Peut-être leur plus immédiat et réussi.
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31. The Little Hands of Asphalt - Half Empty [Fika Recordings]
The Little Hands of Asphalt ou l'alias de Sjur Lyseid, norvégien de son état qui fait dans la pop mélancolique (entre guitares et piano), lisse de prime abord et finalement très entêtante. De superbes balades, quelques moments plus enlevés (comme sur le titre avec Elizabeth Morris de feu Allo Darlin'), et au final un disque beau comme tout que je me surprend à plus que souvent ressortir depuis sa parution.
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30. The Flaming Lips - American Head [Bella Union / Warner]
Perdus à mes oreilles depuis longtemps, les Flaming Lips mettent de côtés leurs élans psyché, retrouvent leurs envies du début des années 2000 (et notamment de 'Yoshimi Battles The Pink Robots') et composent un disque mélodique à souhait, très bien arrangé et à la douceur indéniable
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29. Bad Moves - Untenable [Don Giovanni Records]
S’il ne révolutionnera rien, ce second album du quatuor de Washington Bad Moves aura fait du bien à cette année 2020. Un condensé addictif de power-rock et d’indie-rock pied au plancher qui ne se pose pas de questions et qui est porté par un tube en or massif, Party With The Kids Who Wanna Party With You.
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28. Porridge Radio - Every Bad [Secretly Canadian]
Entre rock, pop et post-punk, calme et brutalité, douceur et acidité, le deuxième album des anglais de Brighton aura marqué son monde en 2020. Un disque souvent habité et porté par la voix et les textes de Dana Margolin, il atteint son apogée sur un Long des plus nerveux et délicieux et qui n’est pas sans rappeler le Not de Big Thief sorti l’année dernière.
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27. The Proper Ornaments - Mission Bells [Tapete Records]
Le quatuor continue discrètement sa carrière avec 'Mission Bells, peut-être son album le plus abouti. Un disque dans la même veine pop à guitares, mais peut-être plus las ou fatigué. Et plus les écoutes ont passé, plus il semble que ces jeunes gens sont les Radio Bros de leur temps. On a vu bien pire compliment.
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26. The Luxembourg Signal - The Long Now [Shelflife Records/Spinout Nuggets]
Un troisième album pour les américains, révélation de 2018, sans doute supérieur au précédent 'Blue Field', pourtant déjà très réussi, mais cette fois sans single aussi puissant que Laura Palmer. Court (34 mns), rempli de superbes mélodies, dream-pop/indie-rock/shoegaze en veux tu en voilà, avec de très belles guitares et toujours les voix de Beth Arzy et Betsy Moyer,  'The Long Now' est un disque lumineux de la part de The Luxembourg Signal.
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25. Pictish Trail - Thumb World [Fire Records]
Et encore des écossais. Enfin un pour le coup : Johnny Lynch, à la barre de ce quatrième album. Un disque qui sent bon la pop trafiquée, synthétique et qui n’est pas sans rappeler Grandaddy voire Sparklehorse.
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24. Cold Beat - Mother [DFA]
Parcouru de fulgurances tout en restant cohérent tout du long, s’inscrivant totalement dans l’ADN de DFA Records, 'Mother' est un remarquable album aux influences digérées et pas bêtement recrachées, plein de synth-pop mélodieuse, de wave à foison, de lap-pop et d’électronique, et d’indie-pop 80s délicieuse.
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23. Taulard - Dans La Plaine [Broderie Records]
Synth-punk froid et bricolé, inspiré, wave aussi à l’affiche de 'Dans La Plaine' des grenoblois de Taulard. Un disque bizarre autant qu’addictif, aux atours cheap, plein d’histoires banales et désabusées mais pour lesquelles le groupe arrive à nous passionner.
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22. Sondre Lerche - Patience [PLZ]
Avec l'amour et ses aléas comme thème principal, 'Patience' est un très bel album de pop sophistiquée, de mélodies lumineuses, d'arrangements léchés et travaillés, où les mélodies font mouche. Il m'aura fallu 19 ans pour apprécier comme il se doit un disque de Sondre Lerche. Ce fut long mais l’attente valait vraiment le coup.
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21. Ethan P. Flynn - B-Sides & Rarities: Volume 1 [Young Turks]
Loin de ce que pourrait laisser croire son titre en forme de blague, 'B-Sides & Rarities: Volume 1' est le véritable premier album d’un jeune anglais de 21 ans, Ethan P. Flynn, qui en 32 mns se révèle être un sacré compositeur/arrangeur/producteur. Un album épatant, superbement produit et arrangé, sorte de melting-pop aux sonorités électroniques et r'n'b, pleines de clappings et de chœurs.
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Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Comme promis, vous trouverez ci joint un lecteur Spotify et Deezer comptant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus (et dans l'ordre du classement, soit de 21 à 40). Bonnes écoutes !



lundi 26 octobre 2020

The Luxembourg Signal - The Long Now [Shelflife Records/Spinout Nuggets]

Immense découverte de 2017 via le single tonitruant Laura Palmer (accessoirement chanson de l'année dans ces pages), les américains de The Luxembourg Signal continuent leurs aventures discographiques avec un troisième album sorti vendredi dernier, 'The Long Now'. Et ne tortillons pas, il est quelques coudées au-dessus de 'Blue Field', pourtant pas le plus mauvais des disques, loin de là.

Ici, pas de single au-dessus de la mêlée et qu'on pourrait extraire pour la bonne bouche. Plutôt un ensemble ultra-cohérent mêlant dream-pop, indie-rock et shoegaze. Les guitares sur 'The Long Now' sont formidables et surtout le fil d'Ariane du disque. Elles apparaissent discrètement sur la fin de la chanson d'ouverture I Never Want To Leave, pour prendre au fur et à mesure une importance toujours plus grande avant de devenir maitresses des horloges sur la fin, soutenant et déchirant les mélodies de riffs puissants, salvateurs et irrésistibles. Des mélodies d'ailleurs toutes plus belles et mémorables que les autres, chaque chanson faisant mouche à chaque fois et sur lesquelles The Luxembourg Signal apportent de temps à autre un je ne sais quoi d'emo, histoire de leur donner une touche mélancolique.

Porté par une production très réussie, ample comme il faut pour permettre aux chansons de prendre la place dont elles ont besoin, 'The Long Now' est un disque où tout est là où il devrait être. Où les voix de Beth Arzy (revenue, un temps, de son escapade avec Jetstream Pony avec qui elle a sorti le premier album en mai dernier) et Betsy Moyer sont d'une beauté planante. Où les guitares de Johnny Joyner et Kelly Davis se superposent pour mieux enflammer les cœurs. Où la batterie de Brian Espinosa gère le tempo avec perfection, tout en sachant se montrer incisive. Où les nappes de claviers de Ginny Pitchford donnent une ambiance encore plus rêveuse. Et où la basse de Daniel Kumiega soutient l'ensemble.

'The Long Now' est un disque lumineux de la part de The Luxembourg Signal, à l'instar de sa pochette et de son halo de néon - dans la continuité de ses devancières. Un album immédiat et qui tient la distance, aux grands espaces, gorgé de mélodies d'où s'échappent souvent une douce mélancolie, pleine de guitare. (Sortie : 23 octobre 2020)

Plus :
'The Long Now' de The Luxembourg Signal est en écoute sur leur page bandcamp
'The Long Now' de The Luxembourg Signal est à l'achat sur leur page bandcamp
'The Long Now' de The Luxembourg Signal est également en écoute sur Deezer et Spotify (notamment)

Trois morceaux de 'The Long Now' de The Luxembourg Signal en écoute aujourd'hui. The Morning After (également en écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Youtube et Qobuz), une chanson qui résume assez bien ce qu'est la musique de The Luxembourg Signal. Puis le pétaradant Ramblin' Rodriguez. Et enfin When All That We Hold Decays, nappée et mélancolique à souhait :





Deux clips de 'The Long Now' de The Luxembourg Signal : Mourning Mourn et 2:22 :

  

 

lundi 31 décembre 2018

Bilan 2018 : Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »


Comme le veut la coutume, il était temps de s'atteler à cet exercice aussi vain que passionnant qu'est le bilan de l'année musicale écoulée. Car on est quand même le 31 décembre et que 2019 est à portée de main. Et comme chaque - presque - année, commençons comme d'habitude par un bilan des disques courts, des singles, des compilations et autres rééditions. 

Mais avant de dérouler tout ceci, allons donc voir ce qu'ont aimé les sites amis (ou non) :

Revenons donc à nos moutons. Quinze disques ici, comme j'en ai pris l'habitude depuis quelques années. Avec un peu de tout : un super groupe de filles aux talents incroyables, un chanteur échappé de ses cœurs purs, un barbu folkeux qui arrive à la toute fin de l'année avec une de ses plus belles chansons, le futur du rock, une compilation au casting XXL et trois géants de la musique coffrés. Enfin notamment. Bref, tout ce qui aura marqué mon année.

Et comme le veut la tradition, au bas de l’article se trouve un lecteur spotify et un lecteur deezer contenant une chanson de chacun des disques présentés. 
Bonne(s) écoute(s) !


Extended Play (EP)

boygenius - boygenius Ep
Le super groupe de l’année (et peut-être des années à venir), c’est elles : Julien Baker, Lucy Dacus et Phoebe Bridgers. Trois personnalités, déjà très intéressantes quand elles officiaient chacune de leur cotés (avec une préférence pour Phoebe Bridgers), et qui le sont encore plus quand elles sont trois. L'effort était très attendu, et il ne déçoit pas tant les qualités de chacune rejaillissent dans les six chansons de cet Ep. Espérons que ce super groupe ne s'arrête pas là.
Label : Matador
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Cold Cave - You & Me & Infinity Ep
Première sortie (hors single) de Cold Cave depuis 2015, cet Ep est autant une surprise qu’une confirmation que Wesley Eisold a quelque-chose de particulier. Quatre titres, quatre sacrées chansons, dark au possible avec en point d’orgue un Glory parfait, aux nappes de synthés imparables.
Label : Heartworm
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Fort Jams - Far Out Ep
Depuis sa découverte, le label Plastic Jurassic (et ses quelques sorties) ne me déçoit jamais. Ce premier Ep de Fort Jams, artiste venu de Portland, plein de pop mélancolique et estivale, est en tout cas enthousiasmant. Tout est ici délicat, mélodiquement travaillé. Nul doute que ses prochaines livraisons seront attentivement suivies (en tout cas dans ces pages).
Label : Plastic Jurassic
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Jetstream Pony - Self-Destruct Reality Ep
Depuis ma découverte l’an passé de The Luxembourg Signal, c’est un des groupes parallèles de Beth Arzy qui attire tout mon intérêt : Jetstream Pony. Après un 45-tours remarqué, les anglais ont sorti en 2018 leur premier Ep, moins noise-pop que précédemment mais où leur indie pop (ou rock parfois) a des guitares épatantes et une rythmique d’une grande efficacité. Un groupe plus que jamais à suivre.
Label : Kleine Untergrund Schallplatten
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The Natvral - Know Me More Ep
Derrière le nom de The Natvral se cache Kip Berman, l’homme derrière un des groupes préférés de ces pages, The Pains of Being Pure at Heart (et ce malgré un dernier album plus qu’en demi-teinte). Ici, pas d’envolées particulières, on fait dans l’intime, dans le feutré parfois, entre folk et rock. Kip Berman est là, avec sa guitare, déroule ses chansons, avec une facilité indéniable et déconcertante. Et il en profite pour reprendre Suzanne de Leonard Cohen. Beau, simple, tout bêtement.
Label : Kanine Records
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The Yearning - Take Me All Over The World Ep
Premier gros coup de cœur de 2018, cet Ep de The Yearning fait dans la pop de chambre légère, joliment mise en musique (piano, trompette, xylophone, haut-bois, …), avec beaucoup de swing, de la bossa, des ambiances jazzy et de comédies musicales. Délicat et mélancolique jusqu’au bout des doigts, il est sans conteste mon Ep de l'année. Avec quelques chansons de plus, il aurait même fait un somptueux album de l'année.
Label : Elefant Records
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7" / 45-tours

Lou Barlow - Love Intervene / Don’t Like Changes 7"
Sorti à l’occasion du Record Store Day, épuisé depuis, ce 45-tours aura permis à l’homme de Dinosaur Jr., Sebadoh ou The Folk Implosion (choisis ton camp camarade) de planter là un des bijoux pop de l’année, où la toujours très belle voix de Lou Barlow fait merveille. Une chanson totalement imparable qu'on retrouvera sans nul doute dans quelques jours, dans un autre classement.
Label : Joyful Noise Recordings


Bonnie 'Prince' Billy & Naked Shortsellers - The Best of Folks / Harbour Men 7"
J’ai lâché depuis longtemps la carrière de Bonnie 'Prince' Billy, mais en écoutant son tout dernier 45-tours sorti le 21 décembre dernier, je me demande pourquoi. « Split 7" » comme on dit, ce disque est la concrétisation d’une amitié de 20 ans entre Will Oldham et Leo Meijer, néerlandais fan de l’anglais qui, à la fin des années 90 et dans un internet balbutiant, avait créé un site consacré à l’homme derrière Palace Brothers. Un site devenu au fil des temps une vraie référence (Will Oldham lui même le qualifiera de « official unofficial website ») et créera une vraie amitié entre les deux personnages. Une amitié qui nous amène à ce 45-tours. Bonnie 'Prince' Billie occupe la face-A d’une chanson sublime, belle et froid, tandis que Leo Meijer, accompagné de quelques acolytes (et du même Bonnie sur le 4è couplet) chante la non moins réussie Harbour Men. La surprise de toute fin d’année. Quand on vous dit qu’il faut toujours attendre pour faire ses tops de fin d’année.
Label : Tiny Room Records


Fontaines D.C. - Chequeless Reckless / Boys in the Better Land 7"
Si 2018 aura été l’année de la confirmation d’IDLES (on y reviendra dans quelques jours), 2019 pourrait/devrait être celle des Fontaines D.C., les petits frères irlandais du combo de Bristol. Auteurs de singles épatants sortis sur pas moins de quatre 45-tours/singles cette année et parmi lesquels il a été difficile de trancher, leur punk/post-punk (ce qui est une facilité d’écriture car ils sont sans doute plus que cela) est d’une efficacité sans borne. En 2005 on aurait parlé de « next big thing ». Et on aurait eu raison.
Label : Trigger Party


Rat Columns - Sometimes We're Friends 7"
Premier 45-tours sorti par Slumberland pour fêter ses 30 ans d’existence en décembre 2019, ce disque de Rat Columns est une sacrée découverte. Mélodies aussi entêtantes que cold, avec une guitare triste à pleurer et suppléée par un violon plaintif, et qui ne cesse de prendre une place toujours plus grande. Grand cru.
Label : Slumberland Records


Sufjan Stevens - Lonely Man of Winter 7"
Que serait une année musicale sans une nouveauté de Sufjan Stevens ? Voilà donc Lonely Man of Winter, chanson composée à l’époque de la sortie du premier coffret de Noël  en 2006 (qui a connu, pour info, une édition vinyle cette année) et destinée uniquement au gagnant du concours « Xmas Song Xchange Contest » en 2007. Onze plus tard, le gagnant (Alec Duffy) publie la chanson (réenregistrée pour l’occasion) sur le label de Sufjan Asthmatic Kitty Records. Et vous savez quoi ? C’est évidemment magnifique.
Label : Asthmatic Kitty Records


COMPILATIONS


Sophie Calle - Souris Calle
Un jour, en 2014, la (entre autre) plasticiennne Sophie Calle a perdu son chat Souris. De la douleur de la perte de cet compagnon de route de 16 ans, est née une compilation. Trente-sept chansons, qui parlent toutes de Souris. Et qui sont signées par un casting XXL, ou plutôt XXXXXL, jugez plutôt : Alex Beaupain, Jarvis Cocker, Christophe, The National, Benjamin Biolay, Pharrell Williams, Florent Marchet, Michael Stipe, j’en passe et pas des moindres. Une compilation assez incroyable quand on y pense.
Label : Perrotin


REEDITIONS


The Beatles - The White Album - 50th Anniversary Edition
Forcément, pour ses 50 ans, nous nous devions d’avoir droit à une réédition du mythique « double-blanc » des Beatles. Sans grand intérêt en ce qui concerne le nouveau mix de l’album original (le coffret Mono fait très bien l'affaire et respecte sans doute bien plus l’œuvre originale), cette édition vaut pour les 3 disques de sessions et surtout pour les 'Esher Demos', soit 27 chansons de l’album en version acoustique (et d'autres qui finiront sur 'Abbey Road') Des démos de travail, absolument remarquables, que je n’avais jamais écouté et qui sont pour la plupart renversantes.
Label : Apple Records


Bob Dylan - More Blood, More Tracks: The Bootleg Series Vol. 14
Depuis que, via sa fameuse collection 'Bootleg Series', Columbia avait publié les 'Basement Tapes' et toutes les sessions de sa trilogie « rock » du milieu des années 60, la prochaine étape très attendue était forcément les sessions de 'Blood on the Tracks', chef d’œuvre des années 70, à l’histoire compliquée (voir ici). Sorti à l’automne dernier, ce coffret de 6 cds est un bonheur de chaque instant, où Dylan essaie, visite et revisite toutes les chansons du disque (et pas que), dans des versions différentes de l’originale, musicalement ou textuellement. Qu’il est bon d’être fan de Bob Dylan décidément…
Label : Columbia


Songs: Ohia - Love & Work - The Lioness Sessions
Depuis le décès de Jason Molina, Secretly Canadian, son label de toujours réédite à intervalles réguliers certaines de ses œuvres les plus marquantes (et c’est peu de le dire). Au tour de 'The Lioness', un de ses albums les plus réussis, sur lequel officient, entre autres, des membres d’Arab Strap. Et si le disque n’a pas pris une ride, c’est surtout pour le disque additionnel que réside l’intérêt de cette réédition, tant il est renversant et dont l’ensemble aurait même mérité de sortir sur un album en bonne et due forme : plus que jamais, avec un rien, Jason Molina fait un tout. Qu'est ce qu'il manque bordel...
Label : Secretly Canadian
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Comme promis, voilà donc les playlists Spotify et Deezer présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus. En espérant que cela vous donne l'envie d'en savoir plus :