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lundi 5 octobre 2026

[Track of The Day] James Yorkston - Hard Times Of Old Edinburgh

Quoiqu'en dise sa si belle voix que le temps n'a pas altéré, James Yorkston fête cette année ses vingt-cinq ans de carrière chez Domino Records, label de toujours, qui avait publié en 2002 'Moving Up Country' et qui était encore là l'an passé pour le joli 'Songs for Nina and Johanna'. Domino qui a publié toutes les itérations de James Yorkston : sous son nom seul, avec ses Athletes ('Just Beyond the River' forever), avec le contrebassiste anglais de jazz Jon Thorne et l’indien Suhail Yusuf Khan (Yorkston/Thorne/Khan) et plus récemment sa renaissance avec The Second Hand Orchestra (sublime 'The Wide, Wide River') et sa prolongation avec Nina Persson et Johanna Söderberg.

Cette compilation, joliment nommée 'La Magnifica' est prévue pour le 27 novembre prochain. Double, elle comptera dix-neuf morceaux, qui traversent toute la discographie de notre homme, et se conclura par deux inédits, The Time Was Short, But I Was Happy et Hard Times Of Old Edinburgh (en écoute aujourd'hui), chanson lumineuse, comme souvent avec James Yorkston, enregistrée une nuit lors des sessions pour 'Songs for Nina and Johanna' et qui évoque son adolescence et son arrivée à Édimbourg, il y a désormais bien longtemps... 

Album : La Magnifica
Année : 2026
Label : Domino Records

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, l'inédit Hard Times Of Old Edinburgh de James Yorkston est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Hard Times Of Old Edinburgh, un des deux inédits présents sur la compilation 'La Magnifica' célébrant les 25 ans chez Domino Records de James Yorkston :

jeudi 23 avril 2026

[Track of The Day] Bonnie "Prince" Billy - Bride of the Lion

En ouverture de 'We Are Together Again', le trente-et-unième album de Bonnie "Prince" Billy sous ce moniker (seul ou avec d'autres), on trouve Why is the Lion?, chanson de folk très orchestrée, mélancolique, lumineuse et aérienne. Trente-six minutes plus tard, et alors que le disque est sur le point de tirer sa révérence, c'est sa sœur jumelle qui prend la main. Mais une sœur, si ce n'est plus austère, sans doute plus sèche, quoique diablement belle.
 
Bride of the Lion (en écoute aujourd'hui) reprend les mêmes paroles (ou quasiment) que Why is the Lion?, en garde globalement la structure (seuls quelques couplets sont inversés) mais l'ambiance est plus dépouillée, plus à l'os. Plus courte de deux minutes, elle ne laisse pas de place à la gloriole, à une orchestration ample et remise au rancart la flûte qui baguenaudait précédemment. Tenue par la guitare de Bonnie "Prince" Billy et ses quelques accords, Bride of the Lion est plus sobre, plus introspective aussi, mais n'oublie pas une seconde la beauté, que ce soit par sa mélodie simple mais rayonnante, ses chœurs resserrés qui la parsèment tout du long, et cette guitare électrique aux riffs nerveux qui, sur la dernière partie, la voit totalement s'épanouir. Une beauté pure.

Album : We Are Together Again
Année : 2026
Label : Domino Records / No Quarter Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bride of the Lion de Bonnie "Prince" Billy est également en écoute ci-dessous :
 

vendredi 13 février 2026

[Track of The Day] Sorry - Alone in Cologne

Alors que leur dernier album en date vient tout juste de fêter ses trois mois (le très conseillé 'Cosplay'), les anglais de Sorry offrent déjà la suite avec un nouveau double-single composé de Billy Elliot et Alone In Cologne, sans doute mises de côté lors de l'enregistrement de 'Cosplay' l'an passé. Et on comprend pourquoi. Car si la - belle - pochette de cette sorte de 45-tours digital reprend les codes de leur troisième album, les deux chansons sont elles plus torturées, moins évidentes et immédiates que les dernières en date. Pourtant elles ne manquent pas de cachet, surtout la face-B (appelons là comme ça) Alone In Cologne (en écoute aujourd'hui), morceau remarquablement produit, lancinant et presque de guingois, qui essaie de s'écarter de la ligne mélodique générale, pour mieux se recentrer sur chaque refrain et emballer son monde.

Album : Billy Elliot / Alone In Cologne
Année : 2026
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Alone in Cologne de Sorry est également en écoute ci-dessous :

mardi 30 décembre 2025

Bilan 2025 : « Albums » (40-21)


Après la première partie consacrée aux formats courts (7", Ep), compilation, réédition et albums oubliés des années précédentes, place au top albums de l'année. Toujours un classement (ça ne sert sans doute à rien, mais que voulez-vous ma bonne dame, on ne se refait pas), toujours quarante disques, toujours en deux fois. Et donc, pour ouvrir le bal, aujourd'hui, un premier jet de 20 albums.

Mais avant cela, petit point "bilan de l'année" chez les voisins, d'ici ou d'ailleurs :
- Les 10 albums de l'année pour Mind Riot Music  
- Le top 10 des albums de 2025 selon la rédaction de Sound of Violence
- Les meilleurs albums de l’année pour l’indispensable Bandcamp Daily
- Les 50 meilleurs albums de 2025 pour Treble
- Les 100 albums de l’année selon l'essentiel The Quietus

Vingt albums disais-je. Avec quelques anciens de retour en très grande forme, des confirmations, une découverte d'un vieux monsieur à la voix incroyable, de la pop souvent lo-fi, des albums lumineux, d'autres plus hantés, du post-punk racé et de la folk à tomber. Je ne sais pas si ce sont les disques de l'année, mais en tout cas ce sont parmi ceux qui m'ont le plus enthousiasmé en 2025.
Et histoire de bien faire les choses, des playlists Spotify, Deezer et Tidal sont à disposition pour écouter une chanson de chacun des vingt albums présentés ci-dessous. Bonne lecture et bonne écoute !

Et n'hésitez pas à suivre le blog le reste de l'année, ici mais aussi sur la playlist quotidienne "Track of The Day" de Spotify, Deezer, Tidal et/ou YouTube

40. Baths - Gut [Basement's Basement]
Derrière sa longueur (onze morceaux, cinquante-trois minutes), 'Gut' est un disque de haute volée pour ce vétéran de l’indietronica où, justement, indietronica et folktronica se partagent la plus grosse part du gâteau et rivalisent de belles mélodies souvent mélancoliques, construit autour de Eyewall et The Sound of a Blooming Flower, respectivement chansons d'ouverture et de fermeture.
39. Greg Brady and The Anchors - I'd Rather Walk [Subjangle]
Un disque estampillé jangle-pop (il est d'ailleurs publié par Subjangle Records) mais qui ne l'est pas vraiment en réalité, tant le disque est traversé de diverses tonalité et influences : des guitares fuzz par là, des ambiances très 80s ici, des balades rock aux belles guitares, un rien de post-punk dans un coin. Le tout sans pour autant perdre en unité et en cohésion - ce qui n'est pas le moindre de ses qualités.
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38. The Gentle Spring - Looking Back at the World [Skep Wax Records / Too Good To Be True Records]
The Gentle Spring ou la nouvelle itération de Michael Hiscock (The Field Mice) qui s'est adjoint pour se faire les services des français Emilie Guillaumot et Jérémie Orsell (Dorian Pimpernel). Un disque qui a un esprit Sarah Records qui le traverse tout du long, quelques effluves de The Apartments et surtout, de l'indie-pop délicate, mélancolique, presque désuète pour son époque tout en étant à la fois intemporelle.
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37. Pynch - Beautiful Noise [-]
Pynch est une anomalie incompréhensible : comment se fait-il qu’on ne parle pas plus de ces londoniens ? Comment se fait-il qu’après 'Howling At A Concrete Moon', 'Beautiful Noise' n’ait pas fait plus parler de lui, avec sa power-pop nerveuses, plus noise, plus bordélique aussi (mais cela leur va bien) et une certaine excentricité assez eighties qui se dégagent de ses compositions ? C’est à n’y rien comprendre.
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36. Tugboat Captain - Dog Tale [-]
Retour des Tugboat Captain, grande confrérie pop (ils sont 6 désormais) venue de Londres, avec un album en forme de petit bonbon, consacré au meilleur ami de l'homme. C'est joliment orchestré tout du long, c'est souvent mélancolique, les mélodies sont marquantes, beaucoup de chansons sont superbes (Thank God, grand morceau sur la crise de la quarantaine). Bref, c'est beau, tout simplement. Et très conseillé.
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35. Jim Putnam - st [We Are Unique Records]
Un des albums les plus attendus de l'année. Et qui n'a pas déçu. Premier album solo pour Jim Putnam, un des deux Radio Bros. Un disque de slowcore, empreint de nostalgie et de mélancolie, à la production ample, où la voix de Jim Putnam est invariablement superbe, et qui n'est pas sans rappeler, évidemment, son groupe de toujours.
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34. Nina Nastasia - Songs for a World of Trouble [-]
Après des années de silence pour des raisons tout sauf réjouissantes, brisées par un merveilleux et dépouillé 'Riderless Horse', Nina Nastasia enchaine avec un nouvel album, 'Songs for a World of Trouble'. Plus orchestré que le précédent, cet album, uniquement disponible sur bandcamp et en digital, est, quelle surprise !, superbe. Un disque dédié à Steve Albini, compagnon de longue route, avec qui elle avait enregistré tous ses albums.
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33. Humour - Learning Greek [So Young Records]
Quintette écossais qui après deux Ep passe au long format. Un disque à la recherche des racines grecques du frontman, qui fait dans le post-punk nerveux qui file à toute vitesse, saupoudré de post-hardcore, qui crie plus souvent qu'à son tour et mélange mélodies presque mélancoliques, sonorités plus radicales où les deux guitares ne sont pas loin de faire merveille.
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32. Julii Sharp - Burning Line [Only Lovers Records / Modulor]
Premier album pour la toulousaine Julii Sharp, très bien entourée ici. Un disque d'indie-rock, à la langueur certaine, où si l'électrique règne en maitre, le folk, autant dans les ambiances que dans l'écriture, n'est jamais très loin. Un album très réussi, chanté dans un anglais impeccable et sans accent, où on entend Nina Nastasia et surtout Laura Veirs.
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31. Damien Jurado - Private Hospital [Maraqopa Records / This Is A Test]
'Private Hospital' est un album presque déroutant de la part de Damien Jurado, et sans doute un de ses meilleurs d'ailleurs. Un disque court, empreint de sincérité et de beauté, qui s'éloigne de son folk (rock, psyché, indie, traditionnel) habituel pour embrasser une synth-pop aux nappes profondes, aux contours folktronica et indietronica, un rien arty-pop, qui lorgne parfois vers une sorte de r'n'b léger, pour un ensemble plein de mélancolie.
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30. Sorry - Cosplay [Domino Records]
Si j’en crois ce que je lis, 'Cosplay' n’est pas le disque préféré des fans de Sorry. Pourtant, c’est le premier qui chez moi fait mouche. La faute peut-être à cette majestueuse chanson d’ouverture Echoes, aux effluves Blonde Redhead, qui transpire d'élégance et de superbes guitares. A moins que ce soit son côté plus pop que par le passé et, surtout, qui va droit au but. Quoiqu’il en soit, ce troisième album de Sorry a tout bon. Et de sacrées chansons.
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29. Haley Heynderickx & Max García Conover - What of Our Nature [Fat Possum Records]
Sur ce deuxième album commun, Haley Heynderickx et Max Garcia Conover rendent hommage à la matrice de tout - ou presque - de la musique folk Woodie Guthrie en composant dix chansons « à la manière » de la légende, morte en 1967. Un disque engagé, évidemment, beau, au folk, sans fioritures, aérien et lumineux, où en plus de Woodie Guthrie, on entend à travers leurs deux voix une version 2025 de Bob Dylan et Joan Baez.
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28. Destroyer - Dan's Boogie [Merge Records]
Sans conteste le meilleur album de Destroyer depuis 'Kaputt' en 2011, 'Dan's Boogie' est une œuvre majeure de Dan Bejar. Un disque qui fait dans l'excès mais maitrisé, aux mélodies chiadées et où la voix du canadien est au diapason de celles-ci, qu'il n'en est rien distancié mais qu'il y vogue avec un flegme charmeur. De la grandiloquence oui. Mais qui nous veut du bien.
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27. Julien Baker & TORRES - Send A Prayer My Way [Matador Records]
Premier album commun pour les deux américaines Julien Baker et Torres, entre americana, country et folk-rock, dont les chansons prises individuellement ne sont pas marquantes, mais où toutes ensembles, elles font sens. Un disque câlin, attachant, parfois désuet et beau comme tout.
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26. Jim White and Trey Blake - Precious Bane [Fluff and Gravy Records]
Ténébreux à bien des égards, et rappelant autant Nick Cave que Tom Waits, 'Precious Bane' est un album de country-folk hanté et pas loin d’être sublime de la part de Jim White (le père de Willow Avalon) et Trey Blake, artiste anglaise que White décrit comme la « UK's undiscovered Patti Smith », à la voix si belle, si particulière, si habitée, si unique plus simplement, comme toutes ces voix qui n'avaient pas envisagé un jour de chanter.
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25. DITZ - Never Exhale [-]
Disque de haute tenue, sans doute plus solide mais pas moins retors que son prédécesseur, 'Never Exhale' est une déflagration qui mélange habilement post-punk, noise-rock, touches métal et rock-indus de la part de DITZ. Mieux, cet album prend une ampleur qu'on n'imaginait pas sur scène, où leur réputation n'est pas du tout usurpée.
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24. Robert Finley - Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya [Easy Eye Sound]
Arrivé sans musique ni texte en studio, Robert Finley a pourtant enregistré 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' en une journée. Un album de soul/blues-rock pas loin d'être magistral de la part cet américain de 71 ans à la voix rocailleuse, découvert sur le tard, et qui est accompagné d'un groupe de studio absolument époustouflant.
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23. Horsegirl - Phonetics On and On [Matador Records]
Après un premier album remarqué, voilà que le trio Horsegirl, change son fusil d’épaule, et appelle Cate Le Bon derrière la console. Et si celle-ci m’ennuie à chaque nouvel album avec son art-rock qui ne veut pas dire grand chose, elle est tout à fait épatante derrière ce disque brillant, où guitares fuzz et reverb ont été remisées au placard pour mieux embrasser une indie-pop, avec plein d’élans électriques certes, mais pop avant tout. Un disque sorti le jour de la Saint-Valentin qui m’a accompagné toute l’année.
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22. The Radio Field - Air and Sunlight [Subjangle / Less Records]
Deuxième album pour la formation de Düsseldorf, et qui va à l'essentiel. Basé sur un socle de jangle-pop, tout en flirtant souvent avec power-rock et shoegaze, 'Air and Sunlight' est un - très - bel album, catchy à souhait et qui a le goût d'un petit bonbon sucré et délicieux.
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21. Daily Toll - A Profound Non-Event [Tough Love Records]
Pop lo-fi aux accents folk, de jangle-pop brute et de post-punk léthargique, ce premier album des australiens de Daily Toll, peu avenant de prime abord, regorge de petites pépites désabusées, mené par une rythmique métronomique qui lui donne un côté diablement hypnotique.
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Comme promis, vous trouverez ci-dessous un lecteur Spotify pour écouter une chanson de dix-neuf des albums évoqués ci-dessus. Le vingtième, celui de Nina Nastasia, étant indisponible sur les différentes plateformes de streaming, j'ai mis une chanson extraite de bandcamp.

Toute cette sélection est également disponible dans des playlists dédiées sur Deezer et Tidal (voir en haut de ce billet si les liens ne sont pas cliquables ici) :

 

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jeudi 14 août 2025

[Track of The Day] Sorry - Echoes

Je ne vais pas vous jouer la complainte du « c'était mieux avant », parce que l'industrie a changé, que les disques ne se vendent plus, que le concept d'album est de plus en plus contesté ou boudé (alors que c'est ce qui permet souvent de distinguer les artistes médiocres capables d'un one shot de ceux qui ont une vision un peu plus claire et leur art) et qu'il faut bien aiguiser l'appétit du chaland, sollicité comme jamais dans l'histoire par une farandole de nouveautés qui font le buzz deux heures avant d'être remplacées par d'autres.

Mais tout de même, la promotion musicale est de plus en plus déceptive. Prenez les anglais Sorry, un exemple parmi des centaines, des milliers d'autres. Leur nouvel album 'Cosplay' est annoncé pour le 7 novembre prochain. Au programme, onze nouvelles chansons pour ce groupe qui monte, qui monte, qui monte. A ce jour, à trois mois de la sortie officielle, plus du tiers a déjà été dévoilé. Quatre singles sont déjà sur les plateformes, à l'écoute ! Et c'est vraiment une logique qui m'échappe : comment le label et/ou le groupe espère-t-il pouvoir créer un quelconque engouement le 7 novembre prochain alors que, comme on peut l'imaginer, deux-tiers de 'Cosplay' sera sans doute déjà connu ? Qui, hormis les fans, va vouloir passer du temps à découvrir un disque dont il a déjà entendu la majorité des chansons ?

Imaginons maintenant une seconde que Sorry ne publie qu'un (voire deux singles) en amont de la sortie de 'Cosplay'. Et que cette chanson soit Echoes (en écoute aujourd'hui), leur toute dernière en date publiée avant hier. Imaginez l'impatience ! Imaginez l'attente pour écouter tout ce qui se trouverait autour de ce fantastique morceau aux effluves Blonde Redhead, qui transpire d'élégance et de superbes guitares ! Une chanson du genre « wahou » comme Echoes, ce n'est pas tous les matins qu'on s'en met une sous l'oreille. Elle mériterait qu'on la cajole, qu'on la câline, pour mieux la mettre en lumière et en avant, seule (ou à peine accompagnée) et pas perdue au milieu de cinq autres chansons poussées en amont.

Ce billet n'a aucunement pour idée de révolutionner la promotion musicale, les labels et les artistes savent bien mieux que moi ce qu'il faut faire. Mais je ne peux m'empêcher de penser que souvent, ceux-ci (et plus généralement l'industrie musicale) scient la branche sur laquelle ils sont assis. Et qu'ils ne sont plus capables de susciter le désir chez l'auditeur à trop vouloir gagner une course toujours plus effrénée, que l'immense majorité perdra de toutes façons.

Album : Cosplay
Année : 2025
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Echoes de Sorry est également en écoute ci-dessous :
  

Le clip de Echoes, dernier extrait en date de 'Cosplay', le nouvel album de Sorry :

jeudi 26 juin 2025

[Track of The Day] Cass McCombs - Peace

Né en 1977, Cass McCombs a toujours eu un rythme d'un album tous les deux/trois ans environ depuis ses débuts en 2023. Pourtant, depuis 2020, il semble ne jamais avoir été productif ; à croire que la crise de la quarantaine n'a pas eu prise sur lui. 'Interior Live Oak' (à paraitre le 15 août prochain) sera son quatrième disque en quatre ans tout simplement, un an après 'Seed Cake on Leap Year', une collection de chansons enregistrées il y a bientôt trente ans avec Jason Quever de Papercuts (qu'on retrouvera d'ailleurs ce ce nouvel album, à l'instar de Chris Cohen et Matt Sweeney notamment).

Sur 'Interior Live Oak', on trouvera Peace (en écoute aujourd'hui), chanson qui n'est pas une supplique désespérée aux fous furieux qui nous dirigent actuellement mais une belle ode aux adieux, parfois définitifs, auxquels nous devons tous faire face un jour ou l'autre (« Peace is what we say when we say goodbye, when we say goodbye we say peace »). Surtout une très belle chanson folk-pop, superbement produite, aux cymbales qui bourdonnent, aux guitares électriques qui s'y noient (à moins que ce ne soit l'inverse), le tout relevé d'un petit gimmick lumineux et emballant.

Album : Interior Live Oak
Année : 2025
Label : Domino Records

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Peace de Cass McCombs est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de Peace, deuxième extrait de 'Interior Live Oak', le nouvel album de Cass McCombs :

mercredi 11 juin 2025

[Track of The Day] James Yorkston - Love / Luck (feat. Johanna Söderberg)

Il semblerait que James Yorkston ait trouvé son nouvel idéal. Il y a quatre ans, l’Écossais s'était retrouvé en Suède, avait rencontré The Second Hand Orchestra (quel superbe nom), grande confrérie musicale menée par Karl-Jonas Winqvist, au sein de laquelle évoluent de très bons faiseurs pop (le Peter de Peter Bjorn and John par exemple), et avait enregistré avec eux 'The Wide, Wide River', album magistral et généreux au possible, pas cornaqué pour un sou et d'une liberté folle.

Deux ans plus tard, James Yorkston et ses nouveaux amis avaient remis cela avec 'The Great White Sea Eagle' en invitant Nina Persson de The Cardigans à se joindre à eux. Si le disque était joli comme tout, il manquait de fraîcheur, comme plus cadré, où les inspirations inattendues qui donnaient tant de charme au précédent avaient disparu.

Sur 'Songs for Nina and Johanna', son nouvel album à venir le 22 août prochain (le seizième solo, rien que ça), James Yorkston reprend la même bande avec lui, convie à nouveau Nina Persson mais aussi Johanna Söderberg, une des deux sœurs de First Aid Kit. Deux femmes à qui il dédie le disque ('Songs for Nina and Johanna') et écrit dix chansons, cinq chantées avec l'une, cinq avec l'autre. Pour l'instant, deux sont disponibles et laissent à croire que le zeste de magie qui habitait 'The Wide, Wide River' est bien de retour. Il suffit d'écouter Love / Luck pour s'en convaincre (en écoute aujourd'hui). Une chanson à la mélodie toute Yorkston-ienne, chantée en duo avec Johanna Söderberg (et leur mélange de voix est merveilleux), avec pour base une guitare folk drivée par un piano beau et lumineux, et des orchestrations qui viennent peu à peu participer à la fête. Un morceau remarquable, ample et qui, comme souvent avec James Yorkston, emballe autant qu'il émeut.

Album : Songs for Nina and Johanna
Année : 2025
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Love / Luck de James Yorkston et Johanna Söderberg est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Love / Luck de James Yorkston et Johanna Söderberg, premier extrait du nouvel album de l'écossais, 'Songs for Nina and Johanna' :

lundi 3 février 2025

[Track of The Day] Fat Dog - Peace Song

Pour beaucoup sensation de 2024, j'avoue ne pas avoir accroché au dance-punk-electro-survitaminé et aux chansons ultra boostées de Fat Dog, quintet anglais originaire de Londres, et à leur premier album 'WOOF.'. Un disque court mais épuisant, sans grande nuance, qui faisait tout dans l'excès en mettant tous les potards dans le rouge.

Pourtant, leur dernier single en date, Peace Song, sorti en novembre dernier, m'incite fortement à ne pas cataloguer ce groupe d'emblée et à lui coller une étiquette trop rapidement. Et bien que rien ne soit annoncé à ce jour, j'ai du mal à croire qu'une telle chanson ne se retrouve pas sur le deuxième album de Fat Dog que j'imagine à venir très rapidement (j'ai comme dans l'idée que ces jeunes gens vont essayer de battre le fer tant qu'il est chaud et de surfer sur la vague de hype qui les porte depuis des mois, notamment pour leurs prestations live qu'on dit dantesques). Car si elle porte mal son nom tant elle est échevelée et ne sonne pas comme une chanson pour la paix, Peace Song montre un petit virage de la part des anglais. Un morceau synth-pop en forme de tube (et un sacré d'ailleurs), endiablé et intense comme jamais, qui a le bon goût de laisser la surenchère et les outrances au vestiaire pour mieux mettre la mélodie au centre de tout. Et ça change tout.

Album : -
Année : 2024
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Peace Song de Fat Dog est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Peace Song de Fat Dog :

jeudi 25 juillet 2024

[Track of The Day] Joe Goddard - Ghosts (feat. Tom McFarland)

A trop écouter de disques, à trop balayer d'un revers de la main quelques chansons qui ne nous marquent pas de prime abord, il est assez facile de passer à côté d''Harmonics', le troisième album de Joe Goddard. C'est ce qui a failli m'arriver. Une première écoute assez quelconque, mais avec cette sensation bizarre au final de devoir y retourner.

A l'évidence, 'Harmonics' est du genre à s'imposer dans votre subconscient. Ses mélodies electro-pop, quand elles ne sont pas dance-pop, au vernis house ne payent pas de mine, les très nombreux featuring (quasiment un à chaque piste, de Ibibio Sound Machine à ses copains de Hot Chip Alexis Taylor et Al Doyle) ne bouleversent pas immédiatement, mais tout cela s'immisce, imprègne votre oreille, votre cerveau, votre mémoire. Et très vite, on se rend compte qu'on est à dix écoutes, que Moments Die avec Barrie est une formidable chanson d'ouverture, que Revery (avec le saxophoniste Alabaster DePlume) l'est tout autant en clôture, qu'il y a du Four Tet dans On My Mind ou que le synthétique Summon avec Hayden Thorpe est un bonheur eighties à lui tout seul.

Certes, Joe Goddard perd un peu la main en chemin (une heure, c'est beaucoup trop), s'oublie le temps de quelques longueurs au milieu de l'album, mais c'est toujours pour mieux se reprendre et repartir de plus belle, avant de finir sur un triptyque épatant, qui s'ouvre par la balade electro-soul Ghosts (en écoute aujourd'hui), chantée par Tom McFarland de Jungle et qui s'envole vers une ampleur qu'on ne soupçonnait pas.

Album : Harmonics
Année : 2024
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Ghosts de Joe Goddard, avec Tom McFarland de Jungle au chant est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Harmonics' de Joe Goddard, voilà Moments Die, avec Barrie en featuring, qui ouvre l'album : 

mercredi 29 mai 2024

[Track of The Day] Beth Gibbons - Reaching Out

Dans mon billet sur le dernier album de Chelsea Wolfe, j'évoquais le fait que cette semaine, j'avais rendez-vous avec deux immenses dames. Et après la gothique américaine ce mercredi, c'est avec l'anglaise Beth Gibbons que j'ai pris date, vendredi soir, jour où elle viendra présenter sur la scène de la Bourse du Travail son premier album solo, 'Lives Outgrown'. Premier album oui, car à ma grande surprise, son 'Out of Season' de 2002, co-écrit et enregistré avec Paul Webb, bassiste du Talk Talk de Mark Hollis, n'est pas considéré comme tel.

Il aura donc fallu du temps à Beth Gibbons pour enfin se mettre en selle et en scène seule, vingt-deux après 'Out of Season' et seize ans après 'Third', dernier album en date de Portishead, dont elle est l'éminente voix. Mais l'attente valait n'était pas veine tant ce disque est d'une grande beauté ; et qui a le bon goût de ne pas se dévoiler à la première écoute. Car si les orchestrations chiadées vous agrippent l'oreille immédiatement, si ces violons ivres vous renversent d'un coup d'un seul (sublime Burden of Life), si la voix de Beth Gibbons est caressante et d'une justesse évidente, il y a dans ce 'Lives Outgrown' un ensemble de petits détails qui restent à découvrir, qui se révèlent un à un (notamment l'épatant travail sur la rythmique), à la grâce d'une production très sûre de James Ford et Lee Harris (l'ancien batteur de... Talk Talk, décidément), qui met la voix et les compositions de l'anglaise dans une très belle lumière, un rien tamisée mais à l'effet irrémédiablement doucereux et faussement cotonneux.

Plus : Beth Gibbons était en concert ce lundi 27 mai à la Salle Pleyel, à Paris. Un live à découvrir et écouter sur le site de France Inter.

Edit : Review du concert de Beth Gibbons à la Bourse du Travail de Lyon le vendredi 31 mai 2024

Beth Gibbons était donc hier soir à la Bourse du Travail à Lyon. Salle pleine, public hétéroclite (mais pas très jeune) et à l’écoute de la reine. Pour profiter au maximum, j’avais essayé d’en savoir le moins possible sur son début de tournée, en zappant notamment tout ce qui avait été dit et écrit sur son concert à Pleyel quelques jours avant à Paris (les setlist, évidemment la diffusion du concert sur Inter, etc). Hé bien quelle claque. Mais quelle claque.
Un concert d’une beauté invraisemblable. Elle, réservée, concentrée sur son chant. Et le groupe autour d’elle, absolument merveilleux de justesse et de talent, tout à fait à son service. Tout 'Lives Outgrown' y est passé (quel disque), deux chansons de 'Out of Season' (et évidemment pas les plus laides : Mysteries et Tom The Model). Et en rappel Roads. On me dit dans l’oreillete que le concert diffusé par France Inter ne contient pas Roads car Beth Gibbons et son équipe ne trouvaient pas que la version était satisfaisante. Je ne sais pas ce qu’ils ont pensé de la version d’hier soir, mais ca a été l’apothéose pour moi. Le point de bascule qui fait passer un concert merveilleux en concert exceptionnel.

Au final, ma seule déception c’est de n’avoir payé que « 38.5€
». J’étais placé dans les balcons à droite de la scène et pour la première fois de ma vie, je regrette de ne pas avoir mis les 25€ supplémentaires pour me retrouver au premier rang et pouvoir l’admirer (et son groupe) encore plus.

Certains ergoteront que soixante-dix minutes, c’est court. Mais c’était si intense, si beau, si renversant, que c’était justement parfait. Quel concert. Quel moment. Dieu que les artistes rares sont si précieux.
 

Album : Lives Outgrown
Année : 2024
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Reaching Out de Beth Gibbons est également en écoute ci-dessous :
 

Autre chanson très (la plus ?) belle de 'Lives Outgrown' de Beth Gibbons, voilà Burden of Life :

 

Le clip de Reaching Out de Beth Gibbons :