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mercredi 2 avril 2025

[Track of The Day] Vundabar - Life Is A Movie

J'ai tout fouillé. Tout. J'ai passé ma collection de disques en revue. Deux fois. J'ai fouillé les archives de ce blog de fond en comble. J'ai lu toutes les chroniques à leur propos que j'ai pu trouver. J'ai demandé à des amis. J'ai ressorti ma vieille collection de CD mp3 qui traine au fond d'un placard et qui n'avait pas vu le jour depuis sans doute une décennie. J'ai même demandé (première fois pour moi) à Chat GPT. Et... rien. Nada. Que tchi. J'ai beau écouter, réécouter, et reréécouter depuis quinze jours Life Is A Movie, la chanson qui ouvre 'Surgery and Pleasure' de Vundabar, je n'arrive pas à mettre l'oreille sur le groupe auquel ce trio américain me fait penser - et pas qu'un peu.

Pourtant, il y a tout dans ce morceau qui devrait sonner comme une évidence : la production comme granuleuse, ces guitares nerveuses et leur façon de sonner, ce chant et surtout ce refrain (ce foutu refrain même !). Mais non, toujours rien. Et le reste de l'album, dans la lignée de cette chanson d'ouverture, ne m'a pas plus aidé. On a beau y entendre du Interpol, du Against Me, du Editors, un rien de Pavement (la longue balade I Need You), de Franz Ferdinand aussi (ce côté dansant qui ressort ici et là) et plus globalement toute une flopée de groupes des années 2000 (et sans doute même plutôt dans sa deuxième moitié), rien n'y fait et surtout, rien de quoi me convaincre totalement. Non, la vérité est ailleurs semble-t-il, mais où ? La question est là.

Vous me direz, est-ce vraiment crucial ? Pour ma santé mentale, sans doute, oui. Mais en vérité, non, Life Is A Movie (en écoute aujourd'hui) étant une sacrée bonne chanson, qui ouvre qui plus est un bel album, plus anglais qu'on pourrait le croire, et qui, s'il ne réinvente pas la roue vous l'aurez compris, le fait bien. Surtout, un morceau qui se suffit à lui-même, aguicheur, riffeur, nerveux et sacrément bien tourné. Mais tout de même, si quelqu'un a une idée, l'illumination ou ne serait-ce qu'un bout de piste, je suis preneur : je suis sur le point de devenir fou.

Album : Surgery and Pleasure
Année : 2025
Label : Loma Vista

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Life Is A Movie de Vundabar est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait recommandable de 'Surgery and Pleasure' de Vundabar, voilà I Got Cracked :

Le clip de Life Is A Movie de Vundabar :

mercredi 11 décembre 2024

[Track of The Day] The Hard Quartet - Killed By Death

Stephen Malkmus, Matt Sweeney, Emmett Kelly et Jim White. Quatre artistes au passé plus ou moins doré, mais qui sont des noms de la musique des trente-cinq dernières années et qui, surtout, se connaissent vu qu'ils ont tous un jour ou l'autre collaboré ensemble. Et ces quatre compères se sont dit que ce serait une belle idée de former un super groupe, le simplement nommé The Hard Quartet.

En général, les super groupes, ça va, ça vient. Ça a son petit buzz à l'annonce, sur le papier, ça promet toujours beaucoup et au final ça ne marche jamais vraiment. Sans doute parce que la plupart du temps, on est sur des artistes qui se mettent ensemble quand le succès qu'ils ont connu plus jeune ou avec leurs formations précédentes s'est étiolé (ce qui est le cas ici). Mais surtout parce que l'alchimie ne prend jamais vraiment et qu'on ressort toujours de ces disques là avec le sentiment d'avoir écouté un disque d'un des membres, qui prend forcément l'ascendant sur ses nouveaux camarades.

S'il n'est pas renversant (ses quinze morceaux pour cinquante-deux minutes n'y sont pas pour rien) et pas attrayant pour un sou (cette pochette banale au possible, pour ne pas dire laide, quelle idée), 'The Hard Quartet' (pourquoi faire compliqué etc) est un album plutôt séduisant. Nos quatre amis s'y partagent le micro, les instruments (Malkmus, Sweeney et Kelly guitares et basse, Jim White restant évidemment dévolu à la batterie) et composent là quelques chansons pas dénuées d'intérêt et même souvent inspirées. Certes, l'ombre de Pavement plane plus que toute autre ici (et la voix de Stephen Malkmus n'y est pas étrangère) mais l'album passe par tellement d'états qu'il est difficile de ne retenir que ça.

Des quinze morceaux de 'The Hard Quartet', on en retiendra deux particulièrement : la superbe balade très Pavement Hey (chantée par un Stephen Malkmus à son meilleur) et Killed By Death (en écoute aujourd'hui), chanson peut-être la moins représentative de l'album mais sans doute celle où l'alchimie entre les quatre artistes est la plus évidente, de cette mélodie mélancolique aux accents country-folk à ses guitares acérées, langoureuses et délicieuses du refrain en passant par la voix tout en retenue de Matt Sweeney.

Album : The Hard Quartet
Année : 2024
Label : Matador

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Killed By Death de The Hard Quartet est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de ce premier album de The Hard Quartet, voilà la très belle balade Hey

vendredi 8 novembre 2024

[Track of The Day] Nightshift - Mellow Baby

Il y a de jolies choses sur le quatrième album des glaswégiens de Nightshift (leur troisième pour les américains de Trouble In Mind Records) dont le 'Zöe' en 2021 avait eu son petit succès - d'estime tout au moins. Un disque plus lent que par le passé, qui s'éloigne de l'étiquette post-punk qu'on leur colle depuis leurs débuts (et que plus globalement, et moi le premier, on colle à à peu près n'importe quel groupe à guitares aujourd'hui) pour mieux continuer d'embrasser à pleine bouche une voie plus art-rock (voire carrément pop par moments).

De 'Homosapien' de Nightshift, en plus du single évident Sure Look, on ressortira notamment Mellow Baby (en écoute aujourd'hui), sorte de rencontre nonchalante entre Pavement et le Velvet Underground. Une chanson belle comme tout, au flegme tout britannique.

Album : Homosapien
Année : 2024
Label : Trouble In Mind Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Mellow Baby de Nightshift est également en écoute ci-dessous :

Single évident de 'Homosapien' de Nighshift, voilà Sure Look :

lundi 2 septembre 2024

[Track of The Day] MJ Lenderman - She's Leaving You

Alors que les années s'accumulent sans qu'on nous ait prévenus au démarrage qu'il en serait ainsi, prenons en cette rentrée « officielle » de 2024-2025 une petite cure de jouvence adolescente (en tout cas la mienne) le temps des 4'38" de She's Leaving You, un des singles du quatrième album solo (à sortir ce vendredi) de MJ Lenderman, le guitariste de Wednesday.

Une chanson nineties à bien des égards, que ce soit dans sa mélodie, ses éclats de voix, le mix autour de celle-ci, ses paroles, la voix de Karly Hartzman, chanteuse de Wednesday, qui joue ici les choeurs de luxe, sa production et évidemment ses guitares qui semblent tout droit venir de 1994.

Un morceau qui a un je ne sais quoi de Pavement et de Jason Molina à la fois, mais qui malgré sa patine n'a rien d'un pastiche. Chanson remarquable, She's Leaving You est surtout incroyablement cool, touchante et dont la mélancolie me rendrait presque nostalgique d'une époque que je ne suis pourtant pas vraiment sûr de regretter.

Album : Manning Fireworks
Année : 2024
Label : ANTI-

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, She's Leaving You de MJ Lenderman est également en écoute ci-dessous :

 Le clip de She's Leaving You de MJ Lenderman :

lundi 19 février 2024

[Track of The Day] Green Day - Bobby Sox

A quoi voit-on qu'on vieillit inexorablement, quand bien même on essaie de faire comme si de rien n'était ? Quand on se lève la nuit pour pisser. Quand il nous faut non pas une journée entière (ça c'est quand on a 35 ans) mais au moins deux pour se remettre d'une cuite. Et quand les disques qui ont fait notre adolescence fêtent leurs 30 ans.

Et autant vous dire que 1994 n'est pas exempte de grands disques. Il y a quelques jours, c'était 'Crooked Rain, Crooked Rain' de Pavement. Dans les prochains mis, on aura droit aux 30 ans 'Definitely Maybe' d'Oasis, 'Grace' de Jeff Buckley, 'Smash' de The Offspring, 'Dummy' de Portishead, j'en passe et certains meilleurs (mais découverts plus tard à l'âge adulte, du genre Low, Johnny Cash et consorts).

Le premier février dernier, nous fêtions l’anniversaire de 'Dookie', l'album iconique de Green Day, avec son nom débile (littéralement « caca ») et son hit ultime Basket Case, une des chansons majeures des années 90. Sans doute le disque de punk-à-roulettes le plus vendu de tous les temps (plus de 20 millions d'exemplaires), genre musical qui leur colle à la peau et dont ils sont à jamais les icônes absolues.

Trente ans ont passé, et Green Day existe toujours, avec toujours le même line-up, avec toujours le même Billy Joe Armstrong au chant. Le trio qui vient même de publier un nouvel album, 'Saviors', quelque part entre 'Nimrod' et 'American Idiot', leur dernier disque marquant à ce jour.

Et la formule n'a pas changé. Du punk-à-roulettes très efficace, que d'aucuns diront pompier, et plutôt engagé (The American Dream Is Killing Me, Coma City entre autres) où ça crie, ça hurle, ça riff, ça tape. Alors certes, c'est sans doute un peu ridicule de voir Billie Joe Armstrong hurler « do you wanna be my girlfriend » à 50 ans bien tapés (sur Bobby Sox, excellent single, Green Day jusqu'au bout des ongles, en écoute aujourd'hui). Mais c'est tout aussi mignon de le voir chanter Father To A Son, preuve que lui et ses deux compères ne jouent pas qu'aux éternels adolescents qui veulent en découdre.

Et puis au final, qui s'en soucie ? Les Green Day ne se sont jamais pris pour d'autres, ont toujours suivi la même formule, faite de chansons rapides, de guitares énervées et de wouhou faciles. Et trente ans après 'Dookie', ils le font toujours aussi bien, avec un son bien à eux, reconnaissable entre mille et une voix qui ne semble pas avoir bougé en presque trente-cinq de carrière. Ils auraient d'ailleurs tort de vouloir faire autrement : c'est sans doute à cause de ça que je (et beaucoup d'autres avec moi) garde pour eux une tendre affection.

Album : Saviors
Année : 2024
Label : Reprise Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bobby Sox de Green Day est également en écoute ci-dessous :

Autre extrait de 'Saviors' de Green Day, le punk-à-roulette par excellence 1981 :

Le clip de Bobby Sox de Green Day :

mercredi 2 mars 2022

[Track of The Day] The Stroppies - The Perfect Crime

Véritable coup de cœur en 2019 ('Whoosh'), confirmé l'année suivante avec 'Look Alive!' (disque que j'ai pris à tort pour leur second album lors du bilan de fin d'année 2019, alors qu'il est considéré comme un Ep), les délicieusement lo-fi-pop et do it yourselft de The Stroppies reviennent de leur Melbourne natal et sont prêts à donner naissance à un nouvel - et deuxième donc - album. Il s'appellera 'Levity' et sortira le 6 mai prochain chez les toujours impeccables Tough Love.

Et à l'écoute de The Perfect Crime, chanson d'ouverture et premier single lancé en éclaireur, il semblerait qu'on ait affaire à une nouvelle mouture de The Stroppies. Pas tant niveau personnel (même si le quatuor accueille en son sein une certaine Zoe Monk) mais plus dans son orientation musicale. Car ce premier morceau est carré, bien produit et évacue le lo-fi qui faisait - notamment - le charme du groupe. La jangle-pop s'éloigne, une veine plus rock qu'on pourrait qualifier de 90s (c'est de saison) la remplace ; mais le résultat reste le même : brillant. Certes, on ne s'emballera pas de trop à la lecture de quelques mots couchés par Rough Trade pour présenter ce 'Levity' à venir (le magasin cite aussi bien Guided by Voices, Pavement, The Clean ou XTC), mais on restera attentif : The Perfect Crime est une chanson très prometteuse.

Album : Levity
Année : 2022
Label : Tough Love

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, The Perfect Crime de The Stroppies est également en écoute ci-dessous :

Le clip de The Perfect Crime, premier extrait de 'Levity', prochain album de The Stroppies :
 

lundi 1 février 2021

[Track of The Day] Kiwi Jr. - Tyler

Révélation de l'an passé (douze mois trop tard) avec 'Football Money', les Kiwi Jr. allaient-ils réussir leurs débuts dans les rangs du prestigieux roster Sub Pop ? La question était légitime tant les groupes auteur d'un premier album épatant et qui se crashent en passant dans une autre dimension sont légions. Mais Kiwi Jr. est un quatuor d'un autre acabit : des branleurs talentueux et qui ne sont pas là par hasard.

Et qui le prouvent avec 'Cooler Returns' - leur second album et leur premier pour l'écurie de Seattle. Et ce dès les premières notes de Tyler, la chanson d'ouverture, où une mélodie accrocheuse, la voix de Jeremy Gaudet si Malkmus-ienne, son piano rétro qu'on dirait sorti d'un cabaret hameçonnent l'auditeur.

A partir de là, tout ne sera que formalité et le reste à l'avenant : de chansons courtes mais maitrisées et allant à l'essentiel ; qui naviguent entre jangle, indie et power-pop ; un trio guitare/basse/batterie qu'ils accompagnent autant de piano, d'harmonica, que d'orgue ou d'accordéon ; des paroles drôles et délirantes, sarcastiques et ubuesques, mais toujours bien trouvées et où la pop culture n'est jamais loin ; et même un clin d’œil appuyé (ceci ne peut être fortuit) à Pavement sur Only For a Haircut, sorte de Cut Your Hair avec la mélodie de Range Life.

Un disque finalement plus sérieux dans son écriture que voudrait le faire croire son côté slacker et surtout immédiat, qui, contrairement à beaucoup dans le même cas, tient la longueur des écoutes tant bon nombre de chansons prennent une nouvelle dimension à chaque fois. Et une nouvelle fois, le disque que Stephen Malkmus rêve d'écrire depuis 20 ans.

Album : Cooler Returns
Année : 2021
Label : Sub Pop

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Tyler de Kiwi Jr. est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson de ce nouvel album de Kiwi Jr., voilà Cooler Returns, la chanson titre :

En plus d'Undecided Voters, trois autres singles ont été tirés de 'Cooler Returns' de Kiwi Jr. : Cooler Returns, Maid Marian's Toast et Waiting In Line, dont les clips sont à découvrir ci-dessous : 


 

mercredi 30 décembre 2020

Bilan 2020 : Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Alors oui, cette année fut a bien des égards détestable. Fatiguante aussi. Et carrément éreintante. Ces deux confinements, ces couvre-feux, cette peur qui s'insinue de toute part, ces gens qu'on ne peut plus prendre dans ses bras, ces apéros qu'il vaut mieux faire virtuellement qu'autour d'une table baignée de bière renversée, ces soirées sans dj, sans musique, sans transpiration et sans danse, ces salles de concerts irrémidablement closes et sans doute pour encore longtemps, ces rassemblements interdits.
Mais parce qu'il faut toujours essayer de tirer quelque-chose de postif d'une situation déprimante, célébrons ce qui m'aura fait tenir tout au long de cette année 2020 et m'aura empêché de sombrer dans la folie ou la dépression. Et tirons donc le bilan de cette année musicale, en quatre étapes comme le veut la tradition.
 
Avant de détailler cette première partie du bilan annuel consacrée aux formats courts (Ep, 7", 12") et autres compilations et rééditions, et comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins ce qui se trame pour voir ce qu'ils tirent eux de cette si particulière année 2020 :
Les 10 albums de l'année chez Benzine
Les 10 albums de l'année chez La Musique à Papa
Les 20 Ep de l'année chez les précieux For The Rabbits
Les choix de la rédaction de Section 26
Les 50 albums de l'année selon la rédaction de Stereogum 
 
Quinze disques au programme donc pour cette première partie du bilan annuel. Quinze disques parmi les meilleurs écoutés cette année, avec quelques futurs grands, un retour et un départ attendus, des classiques qui retrouvent ces pages à chaque fois (on ne se refait pas), un album de 2019 qui à quelques mois près aurait fini sans doute très près du haut de mon top albums et quelques sexagénaires qui accèdent à une reconnaissance méritée mais quarante années trop tard. Tout est détaillé ci-dessous et, pour bien faire les choses, en bas de page, se trouve des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter un morceau de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


7"

Arab Strap - The Turning of Our Bones 7" [Rock Action Records]
Après 15 ans passés loin de l’autre, Malcolm Middleton et Aidan Moffat ont décidé de réveiller la bête Arab Strap et de s’offrir un nouveau tour de chant. Avant un nouvel album prévu pour le printemps 2021, les deux compères ont relancé l’affaire avec un 45-tours qui aura confirmé que malgré les années, le duo n’a rien perdu de son talent mélodique et de son humour. Un disque tout Arab Strapien, porté par sa face-A, The Turning of Our Bones, son ambiance sombre, sa mélodie implacable, la guitare de Malcolm, la voix si écossaise d'Aidan, ses arrangements délicats, ce pont parfait et ses paroles noires, brillantes, pleine d'allusions sexuelles, d'alcool et de retour à la vie. « Back from the dead » comme ils disent !
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Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always 7" [Double Double Whammy / Heavenly Recordings]
Ultime chant du cygne pour The Pains of Being Pure at Heart, un des groupes qui aura le plus marqué mes années 2000. Et il leur est offert par Hatchie. L’australienne a invité la bande à Kip Berman sur la face-A de son dernier single qui la voit reprendre Sometimes Always de The Jesus and Mary Chain. Une belle relecture, sans doute plus nerveuse et fuzzy que l'originale, mais tout aussi délectable. Un point final savoureux. Merci pour tout.
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King Creosote - Susie Mullen 7" [Domino Records]
Retour de King Creosote pour un 45-tours épatant. Si la face-B est une très belle balade mélancolique et totalement dans une veine qu’on connait à l’écossais, Susie Mullen est une chanson sidérante de sa part. Une sorte d'orgie de synthé, de rythmiques et de pop, presque électro, de près de 5 mns, pied au plancher, à la très grande efficacité, où les cris répétés en fond resteront longtemps dans votre tête. Tube, point.
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Caleb Landry Jones - I’m On Top of The World 7" [Sacred Bones]
Absentes de 'The Mother Stone', les deux chansons de ce 45-tours n’y auraient pourtant pas fait tâche. On retrouve toute cette pop-psyché et baroque que Caleb Landry Jones adore. Deux morceaux qui partent dans un sens, sont sur le point de trébucher avant de répartir vers l'avant, plus généreux que jamais. De la pop grandiloquente, aux accents de cabaret, et une nouvelle fois renversante.
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12"

Sufjan Stevens - America 12" [Asthmatic Kitty]
'The Ascension' de Sufjan Stevens aura cette année totalement divisé les fans de l’américain. Une grande partie sera passé à côté. L’autre aura succombé. Mais il y a une chose sur laquelle tous s’accordent : ce 45-tours/12-inch maousse (24 mns). Peut-être pas pour la chanson titre America, qui termine 'The Ascension', mais pour My Rajneesh, sa face-B, chanson issue des sessions de 'Carrie & Lowell' de Sufjan Stevens, et sans conteste un des plus grands morceaux qu’il a écrit jusque là.
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EP

Do Nothing - Zero Dollar Bill Ep [Exact Truth]
Premier Ep pour ce quatuor de Nottingham. Du post-punk-pop-punk aux faux airs de Maximo Park, et au chanteur incroyable, grande force de ce 'Zero Dollar Bill Ep', capable de passe du chant au spoken-word en un vers, d'hurler comme d'être touchant en quelques notes. Un Ep prometteur et preuve d’un très gros potentiel.
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Floating Room - Tired and True Ep [-]
Sur ce 'Tired and True Ep', Floating Room fait parler l'indie-rock tout en ayant quelques airs de slow-core. De belles mélodies, de belles guitares, de beaux cuivres pour mieux relever le tout et une production aux petits oignons qui met autant en valeur les guitares que la voix de Maya Stoner, la femme derrière ce projet.
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Hobby - Hobby Ep [Hidden Bay Records / RDS REC HH]
Anciennement Deaf Parade, Hobby est un quintet venu de partout et installé à Paris. Leur Ep est un quatre titres en anglais d'une très grande qualité, entre rock à la Pavement et jangle pop, aux mélodies qui font mouche à chaque fois et où les guitares se disputent fureur et accords lumineux.
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Hotel Lux - Barstool Preaching Ep [Nice Swan Records]
Originaire de Southampton, voilà un quintet qui ne se prend pas au sérieux : entre rock et post-punk blasé, voix qui oscille entre le chant et un parlé lad plein de charme, cet Ep d’Hotel Lux est une sacrée révélation de 2020, qui se termine par Ballad of You & I, une des meilleures chansons de l’année, pop cette fois, entre orgue, guitares et trompettes.
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Jeanines - Things Change Ep [Where It’s A Is Where You Are]
Auteur d'un joli premier album court et charmant en 2019, le duo new-yorkais Jeanines n’aura pas mis beaucoup de temps à donner de ses nouvelles avec cet Ep sorti à la fin de l’hiver. Un disque moins jangle que son prédécesseur, plus brut mais délicieux à bien des égards, notamment sur Less and Less, chanson où plane l'ombre du Velvet Underground des débuts, quand la bande à Lou Reed s'était entichée de Nico.
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Nightshop - The Fountain Ep [Salinas Records]
Je ne sais pas ce que j'ai, mais plus mon intérêt pour Kevin Morby diminue (il est quasiment inexistant désormais), plus celui pour les membres de son groupe augmente. L'an passé il y eut Hand Habits, le beau projet de Meg Duffy. Et cette année il y a la découverte de Nightshop, ou le projet de Justin Sullivan, qui a officié comme batteur chez l'américain. Difficile d'ailleurs de ne pas croiser dans ce fort bel Ep l'influence certaine de Kevin Morby que ce soit dans le chant ou dans les mélodies. Mais le Kevin Morby, emballant et inspiré de l'époque de 'Singing Saw'.
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Peel Dream Magazine - Moral Panics Ep [Tough Love]
Non content d’avoir sorti un des meilleurs albums de l’année (on y reviendra), les Peel Dream Magazine (quel formidable nom) auront publié dans la foulée ce 'Moral Panics Ep', aux chansons tirées de sessions de 'Agitprop Alterna'. Un disque à la personnalité sensiblement différente, moins rageuse et plus calme mais pas moins mélodique.
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REEDITION

Kiwi Jr. - Football Money [Mint Records / Persona Non Grata]
Si j’avais découvert cet album de Kiwi Jr. plus tôt, nul doute qu’il aurait fini très haut de mon Top Albums 2019. Mais soyons précis : bien qu’arrivé dans nos contrées européenes en janvier 2020, 'Football Money' est en réalité sorti en 2019 chez Mint Records. Et se retrouve donc dans la partie « réédition » de ce bilan annuel.
Il y a sur ce premier album des canadiens de Kiwi Jr. tout ce que l'indie-rock et l'indie-pop, qu'elle soit power ou jangle, ont de meilleur : des hymnes à fredonner, des mélodies qui accrochent l'oreille, de l'énergie à revendre, des couplets épatants, des refrains qui le sont doublement, des arrivées impromptues de gimmick qui font repartir chaque chanson encore plus haut. Et puis il y a ces paroles ubuesques, délirantes et brillantes, cyniques et sarcastiques, avec ses références à la pop culture (sans que cela soit forcé), avec un vers d'ouverture drôle, qui donne le ton de l'album (« When the SS crashed the party, my favorite band was setting up onstage») et qui n'est pas sans rappeler les premiers mots de We Dance sur 'Wowee Zowee'. La suite arrive dans quelques semaines, chez Sub Pop cette fois.
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Jason Molina - Eight Gates [Secretly Canadian]
Sans doute que ce disque aurait mérité d’être dans le top album. Mais il est toujours délicat de savoir si l’oeuvre présentée ici est bien celle qu’aurait souhaité voir publiée Jason Molina s’il avait été encore parmi nous. Donc, insérons la dans cette partie réédition, même si 'Eight Gates' n’en est pas véritablement une non plus.  Ce qui est toutefois sûr, c’est que cet album est le premier posthume. Un disque de neuf chansons, les dernières que Jason Molina a enregistrées, et qui prend ses racines dans un long séjour effectué à Londres dans la deuxième moitié des années 2000. Une période assez hallucinée qui verra l'américain prétendre s'être fait piquer par une araignée très venimeuse et, en plein repos forcé, faire la connaissance de perruches vertes (on les entend sur le disque) qui, dit-on, seraient ni plus ni moins que les descendantes de celles que Jimi Hendrix, un jour d'ennui, relâcha dans le ciel de Londres. Un disque proprement habité.
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COMPILATION

Various Artists - Strum & Thrum: The American Jangle Underground 1983-1987 [Captured Tracks]
Toujours à la pointe, Captured Tracks aura lancé une nouvelle série de compilation cette année, 'Excavations'. La première est consacrée à la scène indie américaine du milieu des années 80. Le label a sélectionné parmi les meilleurs de ces groupes qui n’auront pas passé le cut et seront restés toute leur carrière de simples outsiders. Vingt-huit groupes, vingt-huit morceaux, de la guitare dans tous les sens et quelques groupes qui auraient mérité un autre futur que celui d’attendre 40 ans pour faire vraiment parler d’eux.
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Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


Pour mieux découvrir les 15 disques dont il est question ci-dessus, un morceau de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous :

jeudi 17 décembre 2020

[Track of The Day] Hobby - Omniscientists

Pour certains, les bilans musicaux annuels ont lieu fin octobre. Dans le meilleur des cas début novembre. C'est devenu la norme et la course à l'échalote du site qui sortira son top album le plus rapidement et surtout avant les autres est de plus en plus serrée chaque année. Et somme toute complètement ridicule. Car si je reste très attaché à ce genre de bilans annuels, cette activité n'en reste pas moins un peu vaine, encore plus lorsque l'on décide d'amputer l'année de deux bons mois, considérant de facto les sorties de fin d'année comme mineures ou sans intérêt.

Prenez Hobby, anciennement Deaf Parade mais qui en changeant de braquet et de perspectives a préféré se renommer pour mieux partir vers de nouveaux horizons. Hé bien ces Hobby (présentons les : Erica Ashleson (clavier et chant), Martin Mahieu (basse), Florentin Convert (batterie), Volkan Ergen et Manolo Freitas (tous deux à la guitare et au chant)) viennent de sortir un nouvel Ep, sobrement intitulé 'Hobby Ep'. Un quatre titres en anglais d'une très grande qualité, entre rock à la Pavement et jangle pop, aux mélodies qui font mouche à chaque fois et où les guitares se disputent fureur et accords lumineux.

Et il faudrait faire l'impasse sur ce 'Hobby Ep' ? Le passer sous silence ? L'envoyer valdinguer par pertes et profits ? Simplement parce qu'il ne sort pas à la bonne période selon certains ? Soyons sérieux une minute. Un disque comme celui-ci mérite d'être célébré. Et des chansons comme Omniscientists ou Say Things Better d'être écoutées jusqu'à plus soif.

NB : Disponible en 45-tours sur le label toulousain Hidden Bay Records, 'Hobby Ep' d'Hobby est également disponible en cassette sur le label allemand RDS REC HH.

Album : Hobby Ep
Année : 2020
Label : Hidden Bay Records / RDS REC HH

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Absent des différentes plateformes digitales, Omniscientists d'Hobby est toutefois en écoute ci-dessous :


Autre chanson très réussie de 'Hobby Ep' d'Hobby, voilà Say Things Better :

Pour finir, le clip de The Humblest, le single de 'Hobby Ep' :

jeudi 10 décembre 2020

[Track of The Day] Sports Team - Here's The Thing

Quoiqu'en disent son premier titre, son chant criard, ses riffs de guitare voire sa pochette qui fait penser à la compilation 'Westing (By Musket and Sextant)', Sports Team n'est pas une ex-croissance de Pavement ni même une formation américaine ; mais un groupe anglais venu de Cambridge. Et une des plus belles promesses de la scène rock de la perfide Albion, en plus d'en être une des têtes de gondoles de cette année 2020.

Après une flopée de singles, le sextet a donc sorti son premier album 'Deep Down Happy', attendu, plutôt encensé et ce à juste titre. Concis, bien construit, aussi américain (donc) qu'anglais, et rempli d'une légion de tubes potentiels (Camel Crew, l'évident Here's The Thing, en écoute aujourd'hui, Fishing, Going Soft ou encore Here It Comes Again), cet album est surtout le disque le plus cool de l'année, venu d'un groupe qui parle de tout, de rien et qui n'en a surtout sacrément rien à foutre.

NB : Le papier du Guardian consacré à Sports Team (quelques mois avant la sortie de 'Deep Down Happy') est à lire pour en savoir plus sur le groupe et surtout leur philosophie.

Album : Deep Down Happy
Année : 2020
Label : Big Desert / Island Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Here's The Thing de Sports Team est également en écoute ci-dessous :

Autre excellente chanson de 'Deep Down Happy' de Sports Team, voilà Camel Crew :


Le clip de Here's The Thing qui résume assez bien le j'm'en-foutisme cool de Sports Team :

vendredi 10 avril 2020

Kiwi Jr. - Football Money [Mint Records / Persona Non Grata]

Demain nous serons le samedi 11 avril 2020. Nous fêterons alors les 25 ans de 'Wowee Zowee', troisième chef d’œuvre consécutif de Pavement, chose loin d'être anodine, surtout lorsque l'on vient de publier 'Slanted & Enchanted' et 'Crooked Rain, Crooked Rain'.

Autre évènement : aujourd'hui sort 'The New Abnormal', le sixième album de The Strokes, groupe qui m'a perdu depuis très longtemps mais dont il faut reconnaitre l'aura, toujours aussi intacte 20 ans après.

Pourquoi parler de ces deux groupes en ouverture de ce papier ? Parce qu'autant Pavement que The Strokes (mais aussi Parquet Courts voire REM, entre autres) sont au cœur de 'Football Money', premier album de Kiwi Jr., groupe, comme son nom ne l'indique pas, canadien et au sein duquel figure Brian Murphy d'Alvvays. Un disque sorti l'an passé chez Mint Records et qui connaît un écho plus mondial avec sa ressortie début janvier chez Persona Non Grata. Une bonne chose qui d'une part m'aura permis de découvrir le disque, et qui surtout lui aura donné une nouvelle - et meilleure ? - exposition, qu'il mérite amplement.

Il y a sur 'Football Money', en dix titres et 27 mns, tout ce que l'indie-rock et l'indie-pop, qu'elle soit power ou jangle, ont de meilleur : des hymnes à fredonner, des mélodies qui accrochent l'oreille, de l'énergie à revendre, des couplets épatants, des refrains qui le sont doublement, des arrivées impromptues de gimmick qui font repartir chaque chanson encore plus haut. Et puis il y a ces paroles ubuesques, délirantes et brillantes, cyniques et sarcastiques, avec ses références à la pop culture (sans que cela soit forcé), avec un vers d'ouverture drôle, qui donne le ton de l'album (« When the SS crashed the party, my favorite band was setting up onstage») et qui n'est pas sans rappeler les premiers mots de We Dance sur 'Wowee Zowee' (« There is no castration fear »).

'Football Money' est en tout cas un disque plein de personnalité, aussi concis qu'efficace, échevelé et fun, réussi et marquant, autant par la qualité de ses chansons et de ses mélodies que par le côté branleur qui s'en dégage. Et à son écoute, je ne peux m'empêcher de penser qu'avec lui, Kiwi Jr. vient sortir le disque que rêvait d'écrire Stephen Malkmus à la séparation de Pavement. (Sortie : 29 mars 2019 / 17 janvier 2020)

Plus :
'Football Money' de Kiwi Jr est en écoute sur la page bandcamp du groupe
'Football Money' de Kiwi Jr est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Football Money' de Kiwi Jr est également en écoute sur Spotify et Deezer (notamment)

Trois chansons en écoute de 'Football Money' de Kiwi Jr. Gimme More et son shot de pop culture pour débuter (en écoute dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Murder in the Cathedral (qui ouvre l'album). Et Swimming Pool où les Kiwi Jr. rendent un hommage à Brian Jones :





Trois clips ont été produits pour ce 'Football Money' de Kiwi Jr : Gimme More, Salary Man et Leslie :





dimanche 5 janvier 2020

Bilan 2019 : « Albums » (20-01)


Alors que l'année 2020 démarre sur les chapeaux de roue avec certains qui se la jouent Masters of War, il est décidément plus que temps d'en finir avec 2019. Et donc, après le bilan des formats courts et des rééditions, après le Top 50 des chansons de l'année, après 20 premiers albums qui auront marqué mon année 2019, terminons donc tout ceci avec les 20 meilleurs albums de 2019.

Les meilleurs albums de l'année, vous en trouverez beaucoup ici également :
Le bilan de 2019 de beaucoup de "VIP" chez Popnews
Le top album chez The Quietus
Le bilan en 3 tops et un podcast chez Rock It To The Moon
Le bilan de l'année rap 2019 chez l'abcdr du son
Le bilan d'IndieRockMag par Elnorton

Un classement évidemment subjectif de 20 albums, dont les deux premières places sont occupées par des disques bouleversants. Mais aussi quelques habitués de ces bilans de fin d'année (on ne se refait pas), des vieux pas croisés depuis 15 ans, du rock furieux (ou non), de l'ambiant toujours épatant, du folk lumineux et à deux. Et derrière tout ça, et sans forcément le vouloir - mais c'est ainsi - beaucoup de mélancolie. Que voulez-vous, on ne se refait pas là non plus.
Et pour rappel, au bas de ce papier, vous trouverez un lien vers des « players » pour écouter une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessous. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)
20. Bazooka - Zero Hits [Inner Ear Records]
Dans la lignée de 'Useless Generation', 'Zero Hits' voit les Bazooka rendre leur musique plus touffue voire complexe, mais tout aussi énergique ; et y intégrer cor, saxophone, trombone et trompette en se faisant tantôt proto-punk, ska, garage, pop que psyché, et parfois tout ceci à la fois. Produit avec soin, doté d'un mix délectable, il est gorgé de tubes potentiels (quoiqu'en dise son titre), qui ne demandent qu'à faire bouger les foules.
19. Pan American - A Son [Kranky]
De Pan American, je me souviens de 'Quiet City', sublime album contemplatif et ô combien rêveur. Les retrouver 15 ans après sur 'A Son' est une surprise autant qu’un bonheur élégiaque. Un disque d’une délicatesse folle, merveilleusement produit, où les voix se mêlent à ces ambiances folk/slowcore qui n’hésitent pas à flirter avec le post-rock.
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18. Surf Curse - Heaven Surrounds You [Danger Collective]
Groupe de Reno aux États-Unis, le duo Surf Curse fait dans l'indie-pop, parfois jangle, et compose des morceaux mélancoliques et mélodieux qui, s'ils ne révolutionnent rien, tapent très juste (les chansons Hour of The Wolf et Opera me retournent complètement), avec toujours une tension qui ne cesse de s'immiscer. Superbe découverte.

17. Froth - Duress [Wichita]
Ensemble moins clinquant que claquant, 'Duress' aligne guitares de haute volée, riffs qui ne recherchent jamais la facilité, boucles instrumentales et mélodies implacables. Noisy, shoegaze, post-punk, électronique brinquebalant également, faisant penser parfois à Wilco, Froth apporte au disque une production des plus soignée, qui laisse avant tout à la musique être maîtresse d’œuvre de l'ensemble.
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16. Swans - Leaving Meaning. [Young Gods Records]
Retour de la (nouvelle) bande de cygnes de Michael Gira, pour un album somptueux, entre lumière et langueur, aux quelques atours pop, qui rappelle plus que tout Angels of Light (mais aussi 'The Glowin Man') et est porté par deux chansons incroyables, It’s Coming, It’s Real et What is This?.
15. The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]
Sous ses faux-airs de concept album (un invité différent sur chaque titre), ce disque des Gotobeds garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, tout en s’échappant un peu de partout, pour aller piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting) et Pavement, sous le saint patronage de Sonic Youth et Wire.
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14. Nick Cave & The Bad Seeds - Ghosteen [Bad Seed]
Conclusion d’une trilogie peut-être pas pensée comme ça au départ, voilà le disque le plus douloureux de l’année. Écrit après la disparition de son fils Arthur, 'Ghosteen' est un album où il est plus que jamais question de mort, d’absence, de douleur, le tout sur nappes de synthés, de mélodies évanescentes et de la voix de Nick Cave qu’on n'a sans doute jamais entendue si sincère et bouleversée.
13. Mannequin Pussy - Patience [Epitath]
Et Mannequin Pussy décida d'étirer ses chansons, de s'éloigner du punk et du garage de ses premières amours pour mieux se lover dans un grunge mélodique du plus bel effet, en rappelant aussi bien les Dinosaur Jr. que les Screaming Females. Et vous savez quoi ? Cela leur va très bien au teint.


12. Tim Hecker - Anoyo [Kranky]
Complément acoustique de 'Konoyo' de l’an passé plus que son opposé, ce nouvel album de Tim Hecker est, comme souvent avec le canadien, onirique à souhait et fait la part belle aux mélodies. Et s’il s’échappe parfois vers des contrées plus expérimentales, il le fait sans jamais perdre son auditeur. Artiste chouchou de ces pages depuis quasiment ces débuts. Mais surtout artiste majeur.
11. Guided By Voices - Warp and Woof [Guided By Voices Inc.]
Suite échevelée de chansons très courtes, comme un medley ou un mix haletant et efficace, cet album des Guided By Voices est sans doute le meilleur des trois sortis cette année par la bande à Pollard. Power-rock quand il n'est pas psychédélique, garage quand il n'est pas simplement pop, il regorge de mélodies soignées que le groupe ne fait jamais tourner en rond.
10. Josienne Clarke - In All Weather [Rough Trade Records]
Deuxième album de Josienne Clarke, 'In All Weather' est le diamant caché de l’écurie Rough Trade Records qui aura eu un très beau retour de flamme cette année. Un disque où l’écossaise est très bien entourée (harpiste, batteur, pianiste de jazz notamment) et où chaque mélodie, chaque arrangement semble avoir été délicatement pensé pour mieux mettre en valeur sa voix (elle chante merveilleusement bien) et ses paroles, pleines de remises en questions et de traits à tirer sur le passé. Un disque à écouter souvent. Par tous les temps.
09. The Stroppies - Whoosh [Tough Love]
Sous ses atours anodin, le premier album des australiens de The Stroppies est un disque qui se dévoile lentement. Et rapidement, le mélange slacker/lo-fi couplé à une version pop de Sonic Youth fait son effet. Sans conteste le grower de 2019.
08. Elva - Winter Sun [Tapete Records]
Nouveau projet d'Elizabeth Morris, chanteuse de feu Allo Darlin', Elva est un duo qu’elle partage avec son mari. Balades folk, moments pop, 'Winter Sun' ne révolutionne rien. Mais tout ici est d'une telle justesse, sensibilité et sincérité que cela en devient une des choses indispensables de cette année 2019.
 07. Kishi Bashi - Omoiyari [Joyful Noise]
Avec pour toile de fond ces camps d'internement japonais suite à l’attaque de Pearl Harbor en 1941, 'Omoiyari' est un très beau disque de pop, parfois flamboyant, souvent touchant et surtout empreint d'une douce mélancolie qui ne tombe jamais dans une tristesse surjouée et fabriquée.
06. The Murder Capital - When I Have Fears [Human Season Records]
Nouveau phénomène de la scène rock irlandaise, The Murder Capital aura fait très fort avec ce premier album, en tous points parfait, mariant balades crépusculaires, post-punk furieux et élans post-rock. Le tout avec une musicalité intense et une très grande maturité. Impressionnant premier album, finalement assez loin de l'étiquette post-punk qu'on veut uniquement leur attribuer.

 
05. Mount Eerie with Julie Doiron - Lost Wisdom pt. 2 [P.W. Elverum & Sun]
Suite d’un album de 2008, ces retrouvailles entre Mount Eerie et Julie Doiron est un ravissement folk de chaque instant. D’une élégance simple, le mélange des deux fait merveille, rendant le moindre accord dénudé d’une grâce folle. Sans conteste le plus bel album folk de l’année.
04. Lankum - The Livelong Day [Rough Trade]
Quatuor irlandais, Lankum fait dans le folklore traditionnel. Mais pas du genre plan-plan, à réciter ses gammes et à tomber dans les clichés. Des reprises de traditionnels, quelques chansons originales et surtout un son, une ambiance noisy-parfaite. Comme si un drone menait la barque tout du long, et sur lequel venaient se greffer des instruments plus classiques, pour former un tout très mélodique, très langoureux, très sombre aussi, et assez lancinant.
03. Entracte Twist - Entracte Twist [Requiem Pour Un Twister]
Disque court, entièrement chanté en français et d'une classe à en faire pâlir plus d’un. Du rock et du punk d’obédience new-yorkaise, de la wave aussi dans un coin, du synthé par-ci, des lignes de basses profondes et classieuses par là, beaucoup de riffs diaboliques, des répétitions mélodiques et textuelles pour appuyer le propos et, pour mieux enfoncer le clou, une production chiadée sur laquelle viennent se poser des paroles aussi cryptiques qu’hypnotiques. Avec un côté dandy certain et un certain côté branleur, les Entracte Twist réussissent là un démarrage des plus éclatant, symbiose ambitieuse de visions rock finalement plus que jamais actuelles. Depuis combien de temps n'avions-nous pas eu entre les oreilles un disque de rock « à la française » d'une aussi grande qualité ?
02. Purple Mountains - Purple Mountains [Drag City]
Passé à côté de chacun des disques de Silver Jews, il aura fallu que je rate aussi celui de Purple Mountains, avant que David Berman ne passe de vie à trépas et que je m'y plonge enfin, interloqué par la tristesse infinie qui semblait tomber sur toutes les personnes ayant eu l'occasion d'écouter sa musique. Et j'ai compris pourquoi. Disque indie-pop aux accents country d'une beauté transcendante, 'Purple Mountains' est plein d'histoires de désespoir et de fatalisme. Un disque qui préfigure en quelque sorte les évènements futurs, sans que nous ne nous en rendions vraiment compte sur l'instant. Le genre de révérence sublime, à la 'You Want It Darker' de Leonard Cohen.  Et qui fait de David Berman un artiste pour lequel on ressent rapidement un amour immodéré. Album somptueux et majeur.


01. Joseph Fisher - Chemin Vert [-]
Trente-cinq minutes, neuf chansons, un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles compositions, montées sur des structures qui de temps à autre s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense de l'amour et des relations qui lui ont trait, plein de doutes, d'espoirs, de renonciations, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. On n'a jamais aussi bien décrit et chanté les affres de l'amour. Sans conteste le disque le plus marquant de cette année 2019, et celui auquel je me suis le plus identifié.

Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue de chacun des vingt disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 





Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)