A l'écoute de SWEAT, leur premier single pour Rough Trade Records il y a de cela un an, on aurait pu croire que The Sophs n'était rien de plus qu'une sorte de résurrection de The Strokes (ou d'ersatz pour leurs contempteurs). De bons faiseurs mais sans doute pas bien plus.
A l'écoute cette fois de leur premier album 'GOLDSTAR' (ces jeunes californiens aiment les majuscules), il n'en est finalement rien, tant il est beaucoup plus divers que ne pouvait le laisser croire SWEAT (la seule chanson qu'on peut d'instinct relier à la bande de Casablancas), allant autant chercher des influences chez Queen que les Doors, Pixies ou Muse (pour ne citer qu'eux). Certes, le disque n'a pas une cohérence folle, certes il se perd en cours de route mais ce premier effort de The Sophs mérite d'être salué comme il se doit, tant il se tient et qu'il a quelques singles de haute volée (GOLDSTAR, en écoute aujourd'hui, BLITZED AGAIN, qui débute comme du Muse des débuts et se termine en presque confrérie pop). Preuve une nouvelle fois Geoff Travis et Jeannette Lee ne se sont pas trompés.
Album : GOLDSTAR Année : 2026 Label : Rough Trade Records
En février 1980, alors qu'AC/DC vient de publier Highway to Hell, son plus grand single, et devient un mastodonte du rock'n'roll, Bon Scott s'étouffe dans son vomi et meurt à l'âge de 33 ans. Moins de six mois plus tard, le groupe des frères Young a un nouveau chanteur, Brian Johnson, et publie 'Back In Black', le deuxième album le plus vendu de l'histoire.
En mai 1980, Ian Curtis, jeune homme torturé s'il en est, se pend dans sa cuisine à seulement 23 ans. Incapables de continuer sous le nom Joy Division, Peter Hook, Bernard Sumner et Stephen Morris partent fonder un nouveau groupe, New Order, en se réinventant à coups de new-wave et de synth-pop dansantes, au succès planétaire.
En octobre 1991, un jour seulement après l'avoir annoncé, Freddie Mercury meurt du SIDA. Pendant quelques temps, les rumeurs circulent sur la possibilité pour Brian May, Roger Taylor et John Deacon de continuer l'aventure Queen avec un nouveau chanteur (George Michael et Axl Rose étaient évoqués dans les cours de récréation) mais le trio n'en fera rien, préférant annoncer la fin d'un des plus grands groupes du monde et capitaliser sur leur discographie gargantuesque : une telle voix et une telle personnalité sont irremplaçables.
Trois exemples, parmi beaucoup d'autres, trois façons de rebondir après la mort d'un des membres de son groupe. Trois manières, pas meilleures ou pires qu'une autre, pour savoir quoi faire après. Continuer ? S'arrêter ? Rebooter ?
Les américains d'Injury Reserve ont eu à trancher ce débat en juin 2020. Ce trio établi à Phoenix au début des années 2010, auteur de mixtapes remarquées et d'un album remarquable, a du faire face au décès soudain de Stepa J. Groggs, un des deux MC du groupe. Que faire pour RiTchie et Parker Corey, les deux membres survivants ? D'abord terminer le second album qu'Injury Reserve était en train d'enregistrer à l'époque, puis le publier quelques mois plus tard sous le nom de 'By the Time I Get to Phoenix'. Avant de se mettre en retrait, réfléchir à la meilleure manière de donner une suite à l'aventure et honorer leur ancien compère.
Il aura fallu deux ans à RiTchie et Parker Corey pour trouver la solution. Exit le nom Injury Reserve, trop lié à Stepa J. Groggs, et bonjour à By Storm. Un nom venu de la dernière chanson de 'By the Time I Get to Phoenix', Bye Storm. Pour symboliser cette transition, le désormais duo publie en août 2023 une vidéo de plus de dix minutes, présentant deux clips : celui de Bye Storm, plein d'archives vidéos de Stepa J. Groggs, puis, dans la continuité, celui de Double Trio, le premier vrai single de ce nouveau projet. Et puis plus rien pendant dix-huit mois, jusqu'en février 2025 : By Storm publie alors une nouvelle chanson, Zig Zag, prémices d'un premier album sous cette nouvelle entité, le bien nommé 'My Ghosts Go Ghost'.
Dans ce disque, il est en effet question de fantômes. Celui des productions passées d'Injury Reserve pour commencer. Car si le hip-hop de By Storm est toujours abstrackt et expérimental, le tempo est plus lent, construit sur des arpèges de guitares aux atours folktronica et indus, où glitch et beats se la jouent minimalistes, pendant
que soul et jazz passent une tête de temps à autre.
D'autres fantômes traversent 'My Ghosts Go Ghost'. Ceux de la vie passée de RiTchie, qui raconte qu'il est sur le point de devenir
papa, et tout ce que cela signifie : ces concessions, cette vie moins
contraignante qui lui échappe, voire cette jalousie pour ce
futur enfant à naître (Can I Have You For Myself?) ; ceux d'une industrie musicale qui a totalement périclité et qui ne permet plus aux
artistes talentueux de s'en sortir, de vivre de l'art, obligés qu'ils sont de cumuler
scène et petit boulot pour subvenir aux besoins de leur famille.
Évidemment, le fantôme le plus marquant de 'My Ghosts Go Ghost' est bien celui de Stepa J. Groggs. Mais n'attendez pas que By Storm fasse dans l'évocation pompière ou vienne étaler son chagrin à la face de son auditoire. Non, le duo rend hommage à son ami avec touché et pudeur, évoquant lui ou sa disparition au détour d'allusions sibyllines, métaphoriques voire cryptiques. Et son absence se cristallise merveilleusement sur le morceau In My Town. Une chanson de sept minutes, faite d'une ambiance assez ténébreuse, où RiTchie rappe, percutant et ciselé, son texte fustigeant
l'industrie musicale, Live
Nation et la difficulté de joindre
les deux bouts ; en contrechamp une voix aérienne, comme
évanescente, répète et psalmodie quelques uns de ses vers. Et alors que le refrain vient de se terminer, alors que le deuxième
couplet devrait prendre la suite... rien. Personne au micro. La voix en arrière-plan se
tait, la chanson laisse dérouler sa mélodie, sans qu'une rime ne
vienne la perturber. Comme si By Storm avait conscience que cette
seconde partie aurait du appartenir à Stepa J. Groggs et qu'en son
absence, il valait mieux laisser la musique continuer seule, sans ses mots.
'In My Town' est l'apogée de 'My Ghosts Go Ghost', qui pourtant ne manque pas de grandes chansons : And I Dance, qui transpire de mélancolie mais a tout d'un tube, le lumineux GGG en conclusion, le curieux mais si addictif Zig Zag, Dead Weight et ses boucles hypnotiques, la formidable ouverture Can I Have You For Myself?, Grapefruit et son beat répétitif et obsédant, le taiseux et embrumé Best Interest sur lequel vient rapper sur un couplet Billy Woods, seul invité de l'album, ou Double Trio 2, suite de leur tout premier single, presque grandiloquent.
'My Ghosts Go Ghost' est un disque impressionnant de la part de By Storm, comme construit sur plusieurs niveaux musicaux, plein de strates qui se
superposent ou s'emboitent, le tout produit avec une justesse
folle par Parker Corey. Un album de hip-hop d'avant-garde, d'une écriture, d'une beauté et d'une finesse renversantes. Un disque de catharsis aussi. Et un merveilleux
hommage à leur meilleur ami. La mort, c'est de la merde. Mais ça
débouche parfois sur des miracles. (Sortie : 30 janvier 2026)
Trois chansons de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm en écoute aujourd'hui. A tout seigneur, tout honneur, In My Town pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis And I Dance, à la mélancolie superbe et à ses atours de tube. Et enfin, GGG, la chanson de conclusion, presque pop :
A ce jour, quatre clips ont été tirés de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm. En voilà deux, l'immense In My Town et And I Dance. En bonus, la vidéo qui a fait la transition entre Injury Reserve et By Storm. Un clip de dix minutes avec une première partie consacrée à Bye Storm, la dernière chanson de 'By The Time I Get To Phoenix', dont la vidéo rend hommage à Stepa J. Groggs, et une seconde, enchainée avec Double Trio, le premier morceau composé par By Storm :
A l'instar de 'Something in the Making' de Team Me dont nous parlions mardi, le premier album de CMAT (pour Ciara Mary-Alice Thompson, ses nom et prénoms) 'If My Wife New I'd Be Dead' n'a pas eu le succès escompté l'an passé. Et pourtant, il avait tout pour séduire les foules (en tout cas, bien plus que son Irlande natale où elle a reçu les éloges qu'elle méritait) : des textes bien sentis, à l'humour souvent grinçant où pointaient pas mal de noirceur, contre point évident de mélodies emballantes, bien orchestrées et très souvent enjouées.
Est-ce que 'Crazymad, for Me' sera la véritable éclosion médiatique de CMAT ? C'est à voir et espérer. Et pour l'instant, cette ancienne fan-hardcore de Bombay Bicycle Club (voir ici) s'y emploie. Preuve en est Where Are You Kids Tonight?, un des premiers extraits de l'album à venir où elle a invité John Grant, ex-Czars, qui continue de tracer sa route en solo après de jolis débuts et un 'Queen Of Denmark' remarqué en 2010. Remarquable chanson que le duo ne se partage pas mais, c'est assez peu courant pour être noté, chante ensemble, tout du long, du premier au dernier vers. Un titre où il est autant question de nostalgie que d’amertume, à la mélodie eighties que leurs voix (CMAT en avant, John Grant en contrepoint) illuminent de mélancolie.
Album : Crazymad, for Me Année : 2023 Label : AWAL
N’y allons pas par des chemins détournés et autres tournures de styles désuètes : le film « Bohemian Rhapsody » contant l’histoire de Freddie Mercury au sein et en dehors de Queen est raté. Un ensemble monté à la hache, une histoire très mal racontée en une suite de saynètes qui s’enchainent sans quelconque rythme (le début est catastrophique), des seconds rôles peu convaincants (la palme à Gwilym Lee qui joue le rôle de Brian May) et pas aidé par une direction d’acteurs suspecte. Mélangez à tout ça des bons sentiments un peu de partout, des erreurs grossières, une histoire très romancée et très aseptisée (la vie dissolue de Freddy Mercury (pourtant assez légendaire) est évoquée du bout des lèvres) et la très timide évocation du sida et vous obtenez un ensemble cinématographique franchement pas terrible. Bref, un biopic en somme.
Oui, c’est raté. Et pourtant, on passe un très bon moment. Parce que c’est un vrai kiff d’entendre dans les conditions du cinéma les chansons de Queen, fut-ce uniquement leurs gros tubes. Parce que la longue séquence du 'Live Aid' est quand même incroyable. Parce que l'imaginaire visuel est plutôt bien rendu. Parce que Rami Malek en Freddie Mercury est très crédible (Lucy Boynton dans le rôle de Mary Austin et Joseph Mazzello dans celui de John Deacon également). Et parce que Queen merde ! Des tubes en pagailles, des performances scéniques mémorabmes et puis ce 'Live at Wembley 1986' dont je parlais ici il y a quelques années. Bref, un sentiment très paradoxal à la sortie de la salle de cinéma. Mais une envie irrésistible d'écouter du Queen toute la nuit.
Alors comme il fallait bien trouver une excuse pour parler de ce film, mettons donc à la une cette version très « rapide » de We Will Rock You, que Queen jouait à ce rythme lors de leurs tournées de l’époque. Épatante version, extrêmement rock, qu’on peut trouver sur un coffret sorti en 2016 et compilant des versions tirées de BBC Sessions.
En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), cette version rapide de We Will Rock You, tirée de sessions à la BBC en octobre 1977, est également en écoute ci-dessous :
J’aurais bien mis en « une » la sublime (non, le mot n’est pas trop fort) de All Dead, All Dead, la chanson de (et chantée par) Brian May au chat - décédé - de son enfance, avec Freddie Mercury au chant (disponible sur la réédition l'an passé de 'News Of The World'), mais elle n'était pas disponible sur Spotify/Deezer, mais tout de même disponible ci-dessous :
Enfin, pour les nostalgiques comme moi, la prestation de Queen au 'Live Aid' de 1985, à revoir, revoir et encore revoir :
Slumberland a une ligne de conduite musicale et s’y tient. Prenez Smokescreens, quatuor de Los Angeles, composé notamment de Corey Cunningham de Terry Malts, groupe dont il avait été question il y a quelques mois ici. Il est exactement un groupe que sans le savoir on peut estampillé Slumberland.
Est-ce une critique ? Bien au contraire, qui plus est quand on est capable de sortir un second album aussi solide que ce 'Used to Yesterday'. Un disque de pop à guitares qui s'échappe de la masse du genre par la qualité de son écriture, de ses guitares, sa basse et de ses mélodies sur lesquelles il serait insultant de ne pas se déhancher.
Court (27 mns), ne cédant jamais à la facilité,merveilleusement produit (laissée aux bons soins de Kyle Mullarky des Allah-lahs), la production est franchement remarquable), 'Used to Yesterday' (orné d'une pochette en forme de négatif du 'The Queen is Dead' des Smiths) est de très haute tenue et fera sans nul doute parti du haut de mon panier de cette cuvée 2018. Le genre de disque, en cette époque où les albums disparaissent des mémoires aussi vite qu'ils y sont arrivés avec une production toujours plus grande (et j'ai bien conscience de participer à cela dans ces pages en multipliant les posts), qu'on ressortira de notre discothèque tout en se demandant à
chaque fois pourquoi on ne l'écoute pas plus souvent.
Il était temps qu’il arrive ! Trois ans après avoir lancé le groupe et deux ans après un ‘Blood Cells Ep’ pas piqués des vers, The Sapphics sortent enfin leur premier album ‘Camel Toes’.
Formé de moitié par Guillaume et Clément de Nine o’Nine (sortie WHM005 pour ceux qui s’en souviennent), The Sapphics est un quintette limougeaud qui ne fait pas vraiment dans la porcelaine.
Au programme de ‘Camel Toes’, 11 titres et 30 mns de rock/punk pied au plancher, avec trois premiers titres qui savent parfaitement installer le décor : des guitares Nirvana-esque pour lancer les hostilités avant d’enchaîner avec deux des titres fort de l’album, Stay High, Get Loaded et surtout Split My Blood Cells et son excellent clip (voir plus bas).
Stoner-psyché sur Lay Down..., capable de disséminer une respiration au bon moment (la très jolie bluette pop Stay Up All Night) ou de punkiser les Franz Ferdinand (Little Blondie), ’Camel Toes’ est un disque très bien produit (le travail sur les voix est vraiment réussi, que ce soit le chant principal ou les chœurs, puissants et imposants), qui a un vrai caractère, une belle unité et une sincérité qui transpire par tous ses sillons.
Orné d’une pochette sorte de pendant féminin de ‘Sticky Fingers’ des Rolling Stones, The Sapphics continuent également de cultiver un vrai imaginaire visuel (les clips de Boredom Queen et Split My Blood Cells sont vraiment à voir !) et un univers en décalage avec ce que peut représenter un groupe de rock de 5 mecs dans l'esprit collectif (Sapphic signifie lesbienne en argot et, comme le dit Guillaume, « tout notre projet repose sur mythe de l’androgynie »).
Mais surtout, The Sapphics, qui définissent leur musique comme de la « sauvagerie pop », viennent de sortir un premier album des plus solides. Car oui, concis, inspiré et rempli de vraies bonnes chansons, 'Camel Toes' tape juste et bien. A confirmer sur scène, notamment lors de leur Release Party le 6 janvier prochain à l'Olympic Café (Paris) ou le 26 janvier au Trokson à Lyon. (Sortie : 1er décembre 2017)
‘Camel Toes’ de The Sapphics est également en écoute (notamment) sur Spotify et Deezer
Trois titres de ‘Camel Toes’ de The Sapphics en écoute aujourd’hui. Boredom Queen (en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne gauche de ce blog), Little Blondie et son côté Franz Ferdinand punk et Stay Up All Night, la balade pop légère du disque :
Pour finir, deux clips de The Sapphics, à voir vraiment : celui de Boredom Queen (premier single de 'Camel Toes') et celui de Split My Blood Cells et toutes ses références à la pop culture (mais pas que) :
C’était donc l’heure des adieux. Après trois éditions, le formidable festival Heart of Glass, Heart of Gold a donc décidé de mettre la clé sous la porte avec une quatrième session qui se tenait le week-end dernier.
Le concept de HOG HOG est très simple : un camping de vacances privatisés, des bungalows à louer entre amis et une vingtaine de groupes répartis sur trois jours de fête.
Pour la seconde année consécutive, Hog Hog a pris ses quartiers à Saint-Amans-des-Côts au camping des Tours. Un grand espace, posé à côté d’un lac, perdu dans la campagne aveyronnaise. Sur le papier, cela vend beaucoup de rêve. Et le lieu est très beau effectivement.
Malheureusement, et contrairement à l’année précédente, le soleil et la chaleur ne sont pas au rendez-vous. Pire, c’est l’automne qui a décidé d’y prendre ses quartiers d’hiver. Résultat : pulls et doudoune obligatoires pour résister à l’humidité (la pluie était annoncée) et au froid (8°C un 15 septembre, y a p’us d’saison ma bonne dame). Côté programmation, je ne connais que six groupes sur tous ceux prévus, ma foi en les organisateurs de Hog Hog est inébranlable.
VENDREDI
Ayant raté l’ouverture du festival le jeudi soir, arrivé tardivement sur le site le vendredi, le temps de prendre nos quartiers - à côté de deux autres bungalows amis - et d’entamer joyeusement l’apéro, je rate le set de Petit Fantôme, qui ouvrait le bal. Mais pas question de rater Beach Fossils, dont j’ai pu dire tout le bien que je pensais du dernier album. J’avais peur de la transposition de leurs beaux arrangements sur scène, il n’en a rien été, car tout sonne parfaitement bien et de façon très maligne. Gros coup de cœur.
Le second ne se fait pas attendre et arrive dans la foulée. Il s’appelle K-X-P et a donné rendez-vous aux hog-hogueurs dans la salle 2, où ils vont asséner une heure durant un gros set électro puissant et dansant. Une seule question se pose : pourquoi les avoir fait jouer si tôt ? C’eut été parfait en fin de soirée… Poni Hoax enchaîne à la scène 1. Leur dernier album mérite, comme les autres, le détour, pourtant leur set ne sera pas mémorable, la faute à un réglage son moyen et un Nicolas Ker chantant plus à côté que dans le rythme de ses acolytes. Rien d’assez catastrophique pour bouder son plaisir, mais pas franchement mémorable.
Après un passage obligé par le karaoké géant (toujours aussi fun), Agar Agar prend la scène. Leur dernier single m’a bien plu, et j’avoue que sur ce que j’ai pu voir de leur set (la moitié environ), le duo est très efficace et sait faire danser les foules avec une belle débauche d’énergie.
La fin de la soirée sera moins marquante : le live de The Pilotwings puis le set de Zozo, à base d’électro très lascive et pas entraînante (ce qui fera dire à un ami « on est quand même pas venu pour écouter une pub pour les shampoings Ushuaïa, merde ! », élue évidemment phrase du week-end) pour un sou finissent de doucher mes dernières velléités de fête. Une fête qui se continuera en after sur la terrasse glissante de l’un de nos trois bungalows, avec sound-system de qualité et une cinquantaine de noctambules (Clara d’Agar Agar viendra faire un coucou parait-il).
SAMEDI
Le lendemain, en guise de réveil, j’ai droit à un sacré mal de tête. Il est 13h, le temps est couvert, il fait froid et humide. Tout ceci ne me dit rien qui vaille. Et puis, finalement, le soleil s’autorise quelques percées. Pas assez pour aller oser tenter un bain dans la piscine extérieure chauffée, mais parfait pour aller déjeuner en écoutant un mix à la piscine, avant que les Buttertones ouvrent la deuxième journée en plein après-midi. Un concert très efficace avec des californiens aux deux pieds bien ancrés à la fin des 50s et au début des 60s, et qui semblent vraiment être contents d’être là.
Les canadiens de Corridor enchainent au même endroit. Sorti chez Requiem Pour Un Twister, leur dernier album reçoit des éloges de toutes parts. L’ayant peu écouté pour avoir un avis définitif (qui jusque là n’est pas aussi dithyrambique que la rumeur), leur set à Hog Hog est très plaisant. De bien belles choses, un vrai son bien à eux, quelques passages presque math-rock et un groupe rayonnant (qui se permet de compter dans ses rangs un batteur sosie officiel de J. J. Abrams) qui joue devant un public de plus en plus conquis.
Le concert fini, il est temps de partir se réchauffer tant bien que mal au bungalow, de rater Molly Burch, et de revenir pour H-Burns qui va donner un concert épatant. Tout est clair, carré, précis, avec un son très bien réglé, les mélodies font mouches à chaque fois, les envolées électriques donnent envie de passer la nuit à les écouter jouer et H-Burns empoche totalement l’adhésion. Ravi, semble t-il, d’être là, il a d’ailleurs eu quelques mots très sympathiques pour l’équipe d’organisation. Il est vraiment temps que j’écoute son dernier ‘Kid We Own The Summer’ (sorti au printemps dernier). Concert du festival sans nul doute.
Passé les B-Boys (trio punk de chez Capture Tracks dont je me réserve un jugement définitif quand j’aurais écouté leur album sorti il y a peu), faisons place à FM Belfast. Pierre m’avait prévenu que c’était immanquable. « Ça n’invente rien mais on va faire la fête! ». Et il avait raison. Un groupe de cinq islandais, dont le seul but est de faire danser les gens. Cotillons à gogo, froufrous tape à l’œil, les FM Belfast me font penser à une sorte de mélange entre les Scissor Sisters, Gossip, I’m From Barcelona et The Polyphonic Spree. Leur musique n’est pas toujours fine, mais est ultra efficace et dansante. Un vrai show balancé par les FM Belfast, avec en point d’orgue leur tube Underwear (dont le refrain est le suivant «We're running down the street in our underwear»), qui verra 6 hog-hoggeuses et hog-hogueurs, débouler sur scène (malgré le froid) en sous-vêtements, danser avec le groupe avant de retourner dans le public, portés par la foule (et pour certains à finir cul nul). (Et pour ceux qui ne connaissent pas, comme moi, le groupe, All My Power, le tout dernier single en date des FM Belfast, est le titre du jour dans ces pages).
Pleine d’euphorie, la foule se regroupe autour de la télévision pour la partie karaoké du soir, et va enchainer à beugler les New-York New-York de Sinatra et autres Bohemian Rapsody de Queen. Convenu ? Oui, mais tellement simple et efficace que tout le monde joue le jeu à fond.
C’est alors que déboule sur la scène 1 Islam Chipsy & Eek, un trio composé de 2 batteurs à la carrure de rugbyman et d’un mec seul, sur machine. Totalement inconnu de mes oreilles, ce groupe est normalement tout ce que je déteste : que des percus, encore des percus, toujours des percus. D’ailleurs, plus le concert avance, plus la foule se disperse et se clairsème. Et pourtant, chez moi, leur électro-cheap pleins de percus matche à fond, et de façon assez incompréhensible. Je dois être un bon mood, la blonde qui danse à mes côtés avec son pull en laine trop large est bien jolie et surtout, la musique du trio est - très - efficace.
Les oreilles en bouillie (ces gens là jouent tout de même fort), la fin de soirée sera composée de bières et de l’électro de Zaltan puis de Vladimir Ivkovic, diablement énergique, avant que l’organisation ferme le rideau pour permettre à nos corps et nos cerveaux fatigués d'aller se reposer. Il est 5h30, il fait toujours froid, il pleut, mais on est bien.
DIMANCHE
Oui. Sauf que le lendemain matin, on sait que nous avons 4h de route à faire pour rejoindre Lyon. Et le temps n’est pas à la fête : le ciel est très bas, la pluie tombe par intermittence. Et nous sommes gelés. Alors on range, on fait un ménage rapide, on fait notre check-out, on monte dans la voiture et on part retrouver notre Saône et notre Rhône en zappant les djs set de Yonatan Gat et de The Pilotwings. Pourtant, le dimanche est vraiment un des meilleurs moments du festival : tous les festivaliers, regroupés dans la piscine, en maillot de bain, à danser sur des mixes entraînants. Sauf que le temps en a décidé autrement.
Que retenir donc de cette quatrième édition de Heart of Glass, Heart of Gold ? Que malgré le temps désastreux et l'affluence assez faible (mon second étant la conséquence de mon premier), c’était une nouvelle fois parfait. Qu’on vient à ce festival pour l’affiche, évidemment, mais aussi et surtout pour l’ambiance qui y règne.
L’ambiance, parlons-en : des gens adorables, venus d’un peu partout en France, juste là pour faire la fête, tripper devant des artistes dont on connaît ou non le pedigree, mais toujours avec le sourire collé aux lèvres. Le meilleur festival du monde assurément.
Merci donc cher Hog Hog pour ces 4 éditions (même si je n’en ai fait que deux). Merci pour les découvertes, la gentillesse de l'organisation, les idées toutes simples mais géniales et plus globalement le pied que vous m’avez fait prendre. Vous me manquez déjà. N’hésitez pas à revenir sur votre décision. Vraiment.
On ne dirait pas comme ca, mais ce blog vient de fêter ses 7 ans. Sept ans déjà... Histoire de célébrer ça de belles manières, plongeons nous dans le magnifique dernier album de Spoon, 'They Want My Soul'.
Les américains ont décidé de changer de braquet et de s'aventurer (un peu) dans des eaux différentes de celles dans lesquelles ils avaient l'habitude de voguer.
La présence d'un nouveau membre (Alex Fischel) au clavier et à la guitare change les choses. Mais surtout, la production de Dave Fridmann fait des merveilles.
Les chansons de 'They Want My Soul' ressortent toutes ici avec une puissance étonnante et sont pour beaucoup des tubes en puissance. On notera l'évident New-York Kiss (en écoute ce jour), mais aussi l'implacable Rainy Taxi, Let Me Be Mine (et son intro à la Crazy Little Thing Called Love de Queen) et sa capacité à toujours mieux redémarrer après chaque refrain, ou le sifflotant Knock Knock Knock.
Les guitares sont toujours aussi présentes, mais avec ces touches analogiques/electroniques, l'ensemble prend une belle ampleur, le tout dans une cohérence impeccable.
Difficile de se passer de ce nouvel album de Spoon en cette rentrée. Qui me pousse à poser cette question (rhétorique) : et si 'They Want My Soul' était tout simplement le meilleur album de Spoon ?
Album : They Want My Soul Année : 2014 Label : ANTI-
Le groupe qu'il était bon d'aimer quand on était au collège au début des années 90, histoire de montrer que « oui, j'écoute Nirvana, les Pixies et Rage Against The Machine mais pas que ». Et évidemment un grand groupe, régulièrement éreinté à la fin de la même décennie pour je ne sais trop quelle raison.
Le quatuor était devenu trio en 1971. Il n'est plus que duo depuis hier et le décès de Ray Manzarek, dont l'orgue aura donné ce son si reconnaissable aux Doors et à leurs chansons.
On n'oubliera pas qu'il est le responsable de la pseudo reformation débile du groupe au début des années 2000 (du genre inexcusable dont l'idiotie n'a d'égal que celle de Queen avec Paul Rodgers). Certains ajoutent déjà qu'on oubliera vite ses albums solos (sur lesquels je n'ai jamais posé la moindre oreille). Certes.
Mais avant ça, on se replongera avec plaisir dans la discographie très solide, quoiqu'on en dise, des Doors, dont Manzarek aura été un des principaux artisans, et au sommet de laquelle se trouve ce L.A. Woman qui ne vieillit toujours pas.
C'était vendredi dernier. Pris d'une frénétique envie de Queen après un débat sans fin et inutile sur l'intérêt discographique de la bande à Freddy, voilà que je vais de 'A Day at The Races' en 'The Works' en passant par 'A Kind of Magic' et autres 'Sheer Heart Attack'. Et je tombe sur 'Innuendo', dernier vrai album du groupe pour lequel j'ai une vraie affection. Bref, retour à l'adolescence.
Et dans un moment de partage, je lance sur twitter quelques paroles de la chanson Innuendo. Et le premier à réagir se trouve être St. Augustine, artiste folk de la fratrie clermontoise Kütü Folk.
Quoi? St Augustine? Fan de Queen? Capable d'écrire le solo de guitare d'Innuendo à coups de «tam tagada tamtam tamtamtamtam tagada tamtam tamtamtamtam tagada tamtam tamtamtamtam»? Oui oui. Lui même. Comme il le dit lui-même: «Je suis un fan assumé de Queen depuis mes dix ans! Tu parles à un connaisseur».
A y regarder de plus près, nous sommes donc St Augustine et moi les mêmes. Bon, comme des millions d'autres, mais on s'en fiche des autres là. Par contre, je ne sais pas où personnellement j'ai merdé. Mais c'est une autre histoire.
Parce que lui a plutôt réussi. Deuxième album chez Kütü Folk et deuxième réussite. Plus diversifié, 'Soldiers' voit un St. Augustine ne pas s’appesantir sur son talent et mélanger allégrement rock, folk moderne et synthés le tout avec une production qui hésite presque à devenir lo-fi par moments.
Histoire de bien faire les choses, il termine 'Soldiers' par une balade sombre, nerveuse et électrique My Father, My Son, bijou brut au fade-out vocal qui lui sied à merveille.
St. Augustine a sorti cette année et sans nul doute un très bel album. Et il est sans nul doute aussi un grand fan de Queen. Comme quoi, tous les chemins mènent à Kütü Folk.
Album: Soldiers Année: 2012 Label: Kütü Folk
Vous pouvez écouter et vous procurer 'Soldiers' de St. Augustine en cliquant ici-même.
En plus de My Father, My Son en écoute ci-contre dans le lecteur Grooveshark tout rouge et ci-dessous via le soundcloud de St. Augustine, Ten Arms, la chanson qui ouvre ce bien beau disque. (malheureusement plus en écoute)
Quand on parle d'un concert qu'on a aimé ou adoré, on utilise souvent des superlatifs à n'en plus finir. Et je suis le premier à le faire. Hier soir, c'est dans une Épicerie Moderne bien remplie mais pas pleine que Low est venu jouer, la première fois pour eux à Lyon. On pourrait utiliser tous les adjectifs du monde pour définir leur prestation, mais un seul, le plus simple de tous, suffira: beau.
Car ce concert était beau. Magique, ennivrant, merveilleux, classe aussi. Mais beau avant tout.Mimi "The Queen of Soul" Parker (comme l'a définie Alan Sparhawk), Alan Sparhawk et Steve Garrington ont livré un set parfait, piochant allègrement dans leur splendide dernier album 'C'Mon' aussi bien que dans quelques classiques. Assurant chaque partie avec précision, le tout avec un son des mieux réglés, cette 1h20 de concert a été belle.
A tel point que quand Alan Sparhawk, en revenant des loges pour le rappel, balance de sa voix grave qu'il est extrêmement touché de voir des gens aimer leur musique et les pousser à revenir sur scène pour jouer quelques morceaux supplémentaires, on a beau se dire qu'il doit dire ça à chaque fois, on a juste envie de le croire.
Low est un groupe immense, à la discographie sans faille.
Low était hier à L’Épicerie Moderne.
Et c'était beau.
Album: C'Mon
Année: 2011
Label: Sub Pop Le clip de Especially Me, également bien classe :
Le premier émoi musical de la fin de mon enfance et du début de mon adolescence, devant Nirvana, a été Queen. Queen, le groupe qui se faisait démonter (j'imagine que c'est encore le cas) par Nicolas Ungemuth dans la partie Rééditions de Rock'n'Folk. Queen le groupe honni par beaucoup.
Mais Queen, le plus grand groupe du monde dans les années 80. Queen et son quatuor hétéroclite, entre sa grande diva à moustache, son guitar-hero aux cheveux longs, son batteur sans génie et son bassiste que l'on a trop souvent tendance à mésestimer.
J'avais dix ans et la musique alors se résumait pour moi aux artistes préférés de mes parents. Et puis, un jour en ouvrant la radio, je suis tombé sur Bohemian Rhapsody, la chanson à tiroir totalement intemporelle du groupe (la seule chanson à avoir été numéro 1 du hit parade à près de 20 ans d'intervalles: en 1975 et en 1992 à l'occasion de la sortie du film Wayne's World), et qui m'avait totalement scotchée.
Peu après, on m'avait offert le premier de leur 'Greatest Hits' en K7 (il était écrit que mon premier disque ne serait pas un best-of). J'ai usé cette cassette comme rarement un autre album depuis. Tout comme j'ai pu user le 'Greatest Hits II' peu de temps plus tard.
Depuis cette époque, j'ai remonté toute la discographie de Queen, je l'ai écouté. J'y ai trouvé de vraies horreurs (les deux premiers albums passables du groupe, les abominables 'Hot Space' - qui contient pourtant une des plus belles chansons de Queen, le single pop par excellence, Under Pressure, et 'Flash Gordon', bande originale du film du même nom) mais aussi des albums d'une qualité indéniable (le triptyque 'Sheer Heart Attack', 'A Night at The Opera', 'A Day at the Races' notamment).
Le groupe a composé des chansons aussi vaines que formidables (vraiment!), au premier rang desquelles on retrouve évidemment Bohemian Rhapsody, Under Pressure mais aussi The Show Must Go On, le titre qui termine le dernier album du groupe, 'Innuendo' sorti quelques mois avant la mort de Freddy Mercury où ce dernier, rongé par la maladie, n'a pourtant peut-être jamais aussi bien chanté.
J'ai acquis une partie de la discographie de Queen en cd. J'ai acheté 'Made in Heaven' à sa sortie (je lui trouve même un certain charme) ainsi que le seul album solo de Freddy Mercury. J'ai consenti à donner pour des best-of contenant de vraies-fausses nouveautés, confectionnés par un Brian May sûrement en manque de liquidités.
Et quand je retombe sur le 'Freddy Mercury Tribute' de 1992, où toute la plèbe du rock - FM ou non - vient rendre hommage à Freddy, je ne peux m'empêcher d'aller au bout, malgré la qualité discutable de l'ensemble. De frissonner devant cette foule immense reprenant d'une seule voix toutes ces chansons que je connais par cœur, de chanter à tue-tête la très belle reprise de Somebody to Love par George Michael (le seul qui aurait pu prétendre à prendre la place de Freddy Mercury après sa mort) ou de m'émouvoir devant David Bowie, éteignant en quelques gestes et quelques mots une foule bouillante pour une prière, à genoux, sur le scène de Wembley.
Depuis, Queen reste comme une madeleine de Proust que je ne ressors que très épisodiquement. J'ai préféré m'en éloigner finalement, pour ne pas subir les choix désastreux de Brian May et Roger Taylor, envieux de retrouver une gloire passée et qui ne reviendra pas.
C'est pour cela que j'ai suivi de très loin la reformation et la tournée des stades avec Paul Rodgers du groupe Free.
L'autre jour, en naviguant de site en site, je suis retombé sur leur 'Live at Wembley' de 1986. Encore une cassette que j'ai abîmé tant je l'ai écoutée. Et bien que cela fasse 15 ans - au bas mot - que je n'avais pas mis les oreilles sur ce double album live, j'en connaissais encore toutes les paroles, toutes les réactions du public, tout le blabla de Freddy, par cœur.
Lorsque Freddie Mercury est mort, j'avais 12 ans. J'avais été perturbé, étant partagé entre l'envie de chialer pour un type que je vénérais et la difficulté à comprendre comment je pouvais être triste de la mort d'un mec que je n'avais jamais connu.
Quand j'étais en 4è, Fun Radio et Skyrock avaient annoncé qu'Axl Rose allait reprendre la place laissée vacante par Freddie Mercury et que Queen allait continuer à faire des disques. Effroi. Heureusement, il n'en a rien été.
Car on ne remplace pas Freddie Mercury qui malgré son côté diva et sa passion pour quelques arrangements pompeux avait un sacré organe vocal et était un de ces entertainers comme on n'en fait plus.
Queen de toutes façons est mort un jour froid de novembre 1991. C'était il y a 20 ans. Vingt ans et un jour.
Deuxième étape de cette french week débutée hier avec 'Hum' des Cornflakes Heroes, avec Kwoon.
Kwoon. Voilà un groupe bien mystérieux et auteur d'un grand émoi musical chez moi avec leur 'Tales and Dreams' qui portait bien son nom. Mystérieux quant à la personnalité de Sandy, le chef de file de l'histoire, qui met en avant sa musique plutôt que lui même ou des membres de son groupe.
Mystérieux aussi quant au fait que le groupe malgré de bien beaux efforts ('Tales and Dreams' donc mais aussi le tout aussi sublime'When The Flowers Were Singing…') continue d'auto-produire ses albums. Choix personnel? Incapacité d'un label digne de ce nom d'offrir à ce groupe une visibilité plus forte? Nul ne le sait.
Deux ans après son dernier album, Kwoon revient avec 'The Guillotine Show Ep', un Ep qui voit Kwoon continuer à tracer sa route, surement mais simplement. S'éloignant peu à peu du post-rock/ambiant qui les a fait connaitre. alternant chanson qui est leur marque de fabrique (The Last Trip Of A Drunken Man est à ce titre là un régal) et chansons plus nerveuses (Emily Was a Queen, The Guillotine Show), Kwoon confirme une nouvelle fois tout le talent qui vit dans ses mains.
Cerise sur le gâteau, le groupe propose une relecture acoustique de son «tube» I Lived On The Moon. Et prouve par la même qu'elle est une grande chanson (en plus d'avoir un clip délicieux)
Kwoon reste encore aujourd'hui le secret le mieux gardé de France. Il serait temps que l'on s'en rende compte et que le public lui tresse les lauriers du succès qu'il mérite. Car cet Ep est une nouvelle fois divin.
Album: The Guillotine Show Ep Année: 2011 Label: -
En plus de The Last Trip Of A Drunken Man, deux chansons à déguster. Emily Was a Queen et Bird, à la construction Kwoon-ienne mais au résultat toujours aussi brillant. (malheureusement plus en écoute)
Le premier album des Dum Dum Girls, bien qu'orné d'une belle pochette, avait été une grande déception. Un groupe qui s'auto-parodiait et qui reprenait les recettes de son 'Yours Alone Ep', pourtant prometteur, dans un ensemble très poussif et vraiment peu inspiré.
Un an plus tard, les Dum Dum Girls remettent le couvert, discrètement mais sûrement, avec une nouvelle sortie, 'He Gets Me High Ep'. Beaucoup moins lo-fi que leurs élans précédents, cet Ep voit les Dum Dum Girls composer trois franches réussites, très rentre dedans avec la guitare comme base de travail. Simple et très efficace.
Mieux, le quatuor féminin s'autorise à une relecture de There is a light that never goes out des Smiths. Sortie sur 'The Queen is Dead', l'album qui m'a presque fait aimer Alain Delon, cette chanson est peut-être la plus belle de l'album mythique de Morrissey et de ses copains.
Mais pas effrayées pour un sou, les Dum Dum Girls osent et donnent leur vision de l'affaire avec une version très nerveuse et noisy où Dee Dee chante avec un détachement délicieux. Une des meilleures reprises des Smiths que j'ai eu l'occasion d'entendre; et un régal sans fin. Comme ce 'He Gets Me High Ep' qu'il faut définitivement mettre entre toutes les oreilles.
Album: He Gets Me High Ep Année: 2011 Label: Sub Pop
Je n'aime pas les compilations. J’ai toujours trouvé ça d'une inutilité crasse. Elle représente tout ce que je peux détester : l'éloge du single, l’apologie du marketing et toute l’opposé de la création. Oh bien sûr, j’en ai bien quelques unes dans la discothèque. Un 'Greatest Hits' de Queen datant de quand je partais fortement dans les aigus, un 'Best-Of' de Chris Rea offert par une connaissance pas forcément très avisée sur mes goûts musicaux (ceci dit, je dois avouer avoir toujours eu un faible pour Road to Hell et son solo de guitare final) et quelques autres. Mais peu à dire vrai.
D’ailleurs, je me suis toujours promis qu'il fallait que j'arrête d'en acheter. Sauf que ‘Dark Was The Night’ vient tout remettre en cause.
Qu’est ce donc que ‘Dark Was The Night’? Rien de moins que la 20è compilation de Red Hot Organisation, une association de lutte contre le SIDA. Fêtant malheureusement ses 20 ans, Red Hot Organisation a mis les petits plats dans les grands pour sortir un disque le plus attractif possible, afin d’amasser le maximum d’argent.
Au programme donc un double album et surtout une liste ahurissante d’artistes plus talentueux les uns que les autres proposant, chacun, des titres inédits. Jugez plutôt : Andrew Bird, Blonde Redhead et Devastations, Bon Iver, Yeasayer, Feist en duo avec Ben Gibbard de Death Cab For Cutie (pour une reprise de Vashti Bunyan), Iron & Wine (pour un titre d’à peine une minute mais d’une beauté à couper le souffle), The Decemberists (et une balade déchirante d’émotion), Grizzly Bear (seul sur un titre et en compagnie de Feist sur un autre), My Brightest Diamond (reprenant le Feeling Good de Nina Simone), Beirut, Arcade Fire (le seul vrai raté de la compilation avec un Lenin très fadasse), Kronos Quartet (qui reprend la chanson de Blind Willie Johnson qui donne son nom à la compilation) j’en passe et pas des moindres (le tracklisting complet se trouve au bas de ce papier).
Cinq titres se détachent légèrement des 31 qui composent ce ‘Dark Was The Night’ (ils sont tous les cinq en écoute plus bas) : La reprise de Cello Song – chanson composée et chantée par le grand Nick Drake sur 'Five Leaves Left’ en 1969 – par The Books et Jose Gonzales, ou la rencontre entre cordes délicates et légère electronica ; un nouveau titre de The National, So Far Around The Bend, dans la plus pure tradition du groupe et pour une de ses plus belles compositions; Sharon Jones and The Dap Kings qui reprend Shuggie Otis et son Inspiration Information, tout de soul vêtu ; et Sufjan Stevens qui s’amuse sur You Are The Blood des Castanets, en deux parties. Une première de dix minutes, tout simplement ahurissante, où le grand timonier de la pop des années 2000 mêle pop et touches électronique pour finir dans un feu d’artifice de frissons ; puis une seconde où il n’apparaît qu’en featuring du flow de Buck 65.
Au début de ce papier, je disais donc que j’avais décidé il y a quelques années de ne plus acheter ce genre de disque. Quand ce double album est tombé dans les griffes de l’Internet, je me suis résolu à briser mon serment après avoir écouté six titres (ici, et pour même pas 15€). L’objet est beau, le but final sert une bonne cause (tous les bénéfices seront reversés à Red Hot Organisation) et la qualité et la diversité des artistes présents est terrifiante (à noter que la grande majorité de ces titres là ne seront disponible qu'ici). Best compilation ever? (sortie : 16 février 2009)
Exceptionnellement et vu la durée de ce double album (plus de 2h de musique), cinq titres en écoute. Les cinq cités plus haut, tous divers et variés (et dans l'ordre du tracklisting) (malheureusement plus en écoute).The Books et Jose Gonzales – Cello Song (Nick Drake cover) The National – So Far Around The Bend Sufjan Stevens – You Are The Blood (Castanets cover) Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover) Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)
Tracklisting: Disc 1 01. Dirty Projectors et David Byrne - Knotty Pine 02. The Books et José González - Cello Song (Nick Drake cover) 03. Feist and Ben Gibbard - Train Song (Vashti Bunyan cover) 04. Bon Iver - Brackett, WI 05. Grizzly Bear - Deep Blue Sea 06. The National et Nico Muhly - So Far Around the Bend 07. Yeasayer - Tightrope 08. My Brightest Diamond - Feeling Good (Nina Simone cover) 09. Kronos Quartet - Dark Was the Night (Blind Willie Johnson cover) 10. Antony Hegarty et Bryce Dessner - I Was Young When I Left Home (Bob Dylan cover) 11. Justin Vernon et Aaron Dessner - Big Red Machine 12. The Decemberists - Sleepless 13. Iron & Wine - Stolen Houses (Die cover) 14. Grizzly Bear et Feist - Service Bell 15. Sufjan Stevens - You Are the Blood (Castanets cover)
Disc 2 01. Spoon - Well-Alright 02. Arcade Fire - Lenin 03. Beirut - Mimizan 04. My Morning Jacket - El Caporal 05. Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover) 06. David Andrew Sitek - With a Girl Like You (The Troggs cover) 07. Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover) 08. The New Pornographers - Hey, Snow White (Destroyer cover) 09. Yo La Tengo - Gentle Hour (Snapper cover) 10. Stuart Murdoch - Another Saturday 11. Riceboy Sleeps - Happiness 12. Cat Power et Dirty Delta Blues - Amazing Grace 13. Andrew Bird - The Giant of Illinois (The Handsome Family cover) 14. Conor Oberst et Gillian Welch - Lua 15. Blonde Redhead et The Devastations - When the Road Runs Out 16. Kevin Drew - Love Vs. Porn