mercredi 20 septembre 2017

[Track of The Day] FM Belfast - All My Power

C’était donc l’heure des adieux. Après trois éditions, le formidable festival Heart of Glass, Heart of Gold a donc décidé de mettre la clé sous la porte avec une quatrième session qui se tenait le week-end dernier.
Le concept de HOG HOG est très simple : un camping de vacances privatisés, des bungalows à louer entre amis et une vingtaine de groupes répartis sur trois jours de fête.

Pour la seconde année consécutive, Hog Hog a pris ses quartiers à Saint-Amans-des-Côts au camping des Tours. Un grand espace, posé à côté d’un lac, perdu dans la campagne aveyronnaise. Sur le papier, cela vend beaucoup de rêve. Et le lieu est très beau effectivement.
Malheureusement, et contrairement à l’année précédente, le soleil et la chaleur ne sont pas au rendez-vous. Pire, c’est l’automne qui a décidé d’y prendre ses quartiers d’hiver. Résultat : pulls et doudoune obligatoires pour résister à l’humidité (la pluie était annoncée) et au froid (8°C un 15 septembre, y a p’us d’saison ma bonne dame). Côté programmation, je ne connais que six groupes sur tous ceux prévus, ma foi en les organisateurs de Hog Hog est inébranlable.

VENDREDI

Ayant raté l’ouverture du festival le jeudi soir, arrivé tardivement sur le site le vendredi, le temps de prendre nos quartiers - à côté de deux autres bungalows amis - et d’entamer joyeusement l’apéro, je rate le set de Petit Fantôme, qui ouvrait le bal. Mais pas question de rater Beach Fossils, dont j’ai pu dire tout le bien que je pensais du dernier album. J’avais peur de la transposition de leurs beaux arrangements sur scène, il n’en a rien été, car tout sonne parfaitement bien et de façon très maligne. Gros coup de cœur. 
Le second ne se fait pas attendre et arrive dans la foulée. Il s’appelle K-X-P et a donné rendez-vous aux hog-hogueurs dans la salle 2, où ils vont asséner une heure durant un gros set électro puissant et dansant. Une seule question se pose : pourquoi les avoir fait jouer si tôt ? C’eut été parfait en fin de soirée…
Poni Hoax enchaîne à la scène 1. Leur dernier album mérite, comme les autres, le détour, pourtant leur set ne sera pas mémorable, la faute à un réglage son moyen et un Nicolas Ker chantant plus à côté que dans le rythme de ses acolytes. Rien d’assez catastrophique pour bouder son plaisir, mais pas franchement mémorable.

Après un passage obligé par le karaoké géant (toujours aussi fun), Agar Agar prend la scène. Leur dernier single m’a bien plu, et j’avoue que sur ce que j’ai pu voir de leur set (la moitié environ), le duo est très efficace et sait faire danser les foules avec une belle débauche d’énergie.

La fin de la soirée sera moins marquante : le live de The Pilotwings puis le set de Zozo, à base d’électro très lascive et pas entraînante (ce qui fera dire à un ami « on est quand même pas venu pour écouter une pub pour les shampoings Ushuaïa, merde ! », élue évidemment phrase du week-end) pour un sou finissent de doucher mes dernières velléités de fête. Une fête qui se continuera en after sur la terrasse glissante de l’un de nos trois bungalows, avec sound-system de qualité et une cinquantaine de noctambules (Clara d’Agar Agar viendra faire un coucou parait-il).

SAMEDI

Le lendemain, en guise de réveil, j’ai droit à un sacré mal de tête. Il est 13h, le temps est couvert, il fait froid et humide. Tout ceci ne me dit rien qui vaille. Et puis, finalement, le soleil s’autorise quelques percées. Pas assez pour aller oser tenter un bain dans la piscine extérieure chauffée, mais parfait pour aller déjeuner en écoutant un mix à la piscine, avant que les Buttertones ouvrent la deuxième journée en plein après-midi. Un concert très efficace avec des californiens aux deux pieds bien ancrés à la fin des 50s et au début des 60s, et qui semblent vraiment être contents d’être là.
Les canadiens de Corridor enchainent au même endroit. Sorti chez Requiem Pour Un Twister, leur dernier album reçoit des éloges de toutes parts. L’ayant peu écouté pour avoir un avis définitif (qui jusque là n’est pas aussi dithyrambique que la rumeur), leur set à Hog Hog est très plaisant. De bien belles choses, un vrai son bien à eux, quelques passages presque math-rock et un groupe rayonnant (qui se permet de compter dans ses rangs un batteur sosie officiel de J. J. Abrams) qui joue devant un public de plus en plus conquis.

Le concert fini, il est temps de partir se réchauffer tant bien que mal au bungalow, de rater Molly Burch, et de revenir pour H-Burns qui va donner un concert épatant. Tout est clair, carré, précis, avec un son très bien réglé, les mélodies font mouches à chaque fois, les envolées électriques donnent envie de passer la nuit à les écouter jouer et H-Burns empoche totalement l’adhésion. Ravi, semble t-il, d’être là, il a d’ailleurs eu quelques mots très sympathiques pour l’équipe d’organisation. Il est vraiment temps que j’écoute son dernier ‘Kid We Own The Summer’ (sorti au printemps dernier). Concert du festival sans nul doute.

Passé les B-Boys (trio punk de chez Capture Tracks dont je me réserve un jugement définitif quand j’aurais écouté leur album sorti il y a peu), faisons place à FM Belfast. Pierre m’avait prévenu que c’était immanquable. « Ça n’invente rien mais on va faire la fête! ». Et il avait raison. Un groupe de cinq islandais, dont le seul but est de faire danser les gens. Cotillons à gogo, froufrous tape à l’œil, les FM Belfast me font penser à une sorte de mélange entre les Scissor Sisters, Gossip, I’m From Barcelona et The Polyphonic Spree. Leur musique n’est pas toujours fine, mais est ultra efficace et dansante. Un vrai show balancé par les FM Belfast, avec en point d’orgue leur tube Underwear (dont le refrain est le suivant «We're running down the street in our underwear»), qui verra 6 hog-hoggeuses et hog-hogueurs, débouler sur scène (malgré le froid) en sous-vêtements, danser avec le groupe avant de retourner dans le public, portés par la foule (et pour certains à finir cul nul). (Et pour ceux qui ne connaissent pas, comme moi, le groupe, All My Power, le tout dernier single en date des FM Belfast, est le titre du jour dans ces pages).

Pleine d’euphorie, la foule se regroupe autour de la télévision pour la partie karaoké du soir, et va enchainer à beugler les New-York New-York de Sinatra et autres Bohemian Rapsody de Queen. Convenu ? Oui, mais tellement simple et efficace que tout le monde joue le jeu à fond.

C’est alors que déboule sur la scène 1 Islam Chipsy & Eek, un trio composé de 2 batteurs à la carrure de rugbyman et d’un mec seul, sur machine. Totalement inconnu de mes oreilles, ce groupe est normalement tout ce que je déteste : que des percus, encore des percus, toujours des percus. D’ailleurs, plus le concert avance, plus la foule se disperse et se clairsème. Et pourtant, chez moi, leur électro-cheap pleins de percus matche à fond, et de façon assez incompréhensible. Je dois être un bon mood, la blonde qui danse à mes côtés avec son pull en laine trop large est bien jolie et surtout, la musique du trio est - très - efficace.

Les oreilles en bouillie (ces gens là jouent tout de même fort), la fin de soirée sera composée de bières et de l’électro de Zaltan puis de Vladimir Ivkovic, diablement énergique, avant que l’organisation ferme le rideau pour permettre à nos corps et nos cerveaux fatigués d'aller se reposer. Il est 5h30, il fait toujours froid, il pleut, mais on est bien.

DIMANCHE

Oui. Sauf que le lendemain matin, on sait que nous avons 4h de route à faire pour rejoindre Lyon. Et le temps n’est pas à la fête : le ciel est très bas, la pluie tombe par intermittence. Et nous sommes gelés. Alors on range, on fait un ménage rapide, on fait notre check-out, on monte dans la voiture et on part retrouver notre Saône et notre Rhône en zappant les djs set de Yonatan Gat et de The Pilotwings. Pourtant, le dimanche est vraiment un des meilleurs moments du festival : tous les festivaliers, regroupés dans la piscine, en maillot de bain, à danser sur des mixes entraînants. Sauf que le temps en a décidé autrement.

Que retenir donc de cette quatrième édition de Heart of Glass, Heart of Gold ? Que malgré le temps désastreux et l'affluence assez faible (mon second étant la conséquence de mon premier), c’était une nouvelle fois parfait. Qu’on vient à ce festival pour l’affiche, évidemment, mais aussi et surtout pour l’ambiance qui y règne.
L’ambiance, parlons-en : des gens adorables, venus d’un peu partout en France, juste là pour faire la fête, tripper devant des artistes dont on connaît ou non le pedigree, mais toujours avec le sourire collé aux lèvres. Le meilleur festival du monde assurément.
Merci donc cher Hog Hog pour ces 4 éditions (même si je n’en ai fait que deux). Merci pour les découvertes, la gentillesse de l'organisation, les idées toutes simples mais géniales et plus globalement le pied que vous m’avez fait prendre. Vous me manquez déjà. N’hésitez pas à revenir sur votre décision. Vraiment.

Album : -
Année : 2017
Label : World Champions Record

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Le clip de All My Power de FM Belfast :


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