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lundi 29 décembre 2025

Bilan 2025 : Top « 7", Ep, Compilation, Réédition et Albums oubliés »


A trois jours de la fin d'année, il était temps, enfin, de tirer dans ces pages le bilan de 2025. Parce que c'est une tradition. Parce que si cela prend du temps (réécouter, choisir, trancher, écrire, mettre en page), c'est un exercice que j'affectionne : il est toujours intéressant de faire un point sur ce qui nous a marqués, emballés, touchés. Avec toujours dans l'idée d'essayer, peut-être, de faire passer le message pour que d'autres, à leur tour, ressentent les mêmes choses.

A tout seigneur tout honneur, commençons ce traditionnel bilan annuel en quatre parties par tous les formats hors albums : les 45-tours, les Ep, les compilations, les rééditions et, nouveauté cette année, les albums oubliés. Tous ces disques récents ou non, à côté desquels je suis passé les années précédentes et que j’ai découvert sur le tard, grâce, le plus souvent, aux top de l’année qui essaiment un peu partout. Et ces disques m’ont tant renversé qu'il fallait que j'en parle.

Mais avant de déflorer cette liste, comme le veut la tradition, quelques petits liens ci-dessous vers des sites amis (ou non) qui eux aussi ont tiré leur bilan annuel :
- Les meilleures rééditions de l’année pour Raven Sings The Blues
- Les meilleures rééditions de l’année pour Treble
- Les Ep de 2025 pour For The Rabbit
- Les 25 meilleurs Ep de l'année pour Rosy Overdrive
- Le top 20 des disques de l’année chez Sonne Qui Peut de Sami

Il y a dans la liste ci-dessous dix-sept disques. Du 45-tours dont les chansons se retrouveront sans doute dans mon top singles, des Ep qui ne payent pas de mine mais qui sont imparables, une compilation d'un groupe essentiel à mes yeux, deux rééditions à tomber et quatre albums « oubliés » donc, qui auraient sans doute fini très haut dans mon classement 2024 si je les avais découverts plus tôt. Je ne sais pas s'il y en a pour TOUS les goûts, mais pour beaucoup de goût tout de même.

Avec, évidemment, des lecteurs Spotify, Deezer et Tidal pour écouter une chanson de chacun des disques chroniqués. Bonne lecture et bonne écoute !

Et n'hésitez pas à suivre le blog le reste de l'année, ici mais aussi sur la playlist quotidienne "Track of The Day" de Spotify, Deezer, Tidal et/ou YouTube


Bilan 2025 :
Top « 50 chansons »
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)


 
7"


King Hannah - This Hotel Room 7" [City Slang Records]

Porté par la chanson This Hotel Room (sublime balade hantée aux accointances mélodiques country mais à la saveur blues-électrique, qui voit Hannah Merrick et Craig Whittle mêler leurs voix tandis que les guitares, tapies dans l'ombre attendent leur heure pour venir finalement vrombir en pleine lumière - noire), ce 7" du duo King Hannah est sans doute mon préféré de l’année. Et leur reprise de Look At Miss Ohio de Gillian Welch en face-B est tout aussi recommandable.
Library Card - Art School 7" [At Ease Records]

Découvert au tout début janvier dernier par leur Ep de l’an passé (voir plus bas), les néerlandais de Library Card confirme tout leur potentiel sur ce 45-tours, à considérer comme une double-face A tant la chanson Days of Clay, fausse balade rock qui joue le froid et le chaud, n'a strictement rien d’une face-A, bien au contraire.
MEMORIALS - In The Weeds 7" [Fire Records]

Alors que le deuxième album serait dans les tuyaux, MEMORIALS, duo composé de Verity Susman d’Electrelane et Matthew Simms de Wire (en tout cas dans sa formation la plus récente), s’offre un 45-tours ultra-limité mais pas piqués des hannetons, sorte de grande messe pop gourmande mais turbulente, pleine de strates, aux claviers comme des orgues et à la batterie motorik.
Chronophage - Musical Attack: Communist + Anarchist Friendship Ep [Post Present Medium]

Anciens héros de ces pages, les texans d'Austin auront sorti un très bel Ep cet album, comme enregistré pied au plancher, qui partage son temps entre rock à la Guided By Voices, post-punk qui s'ignore, pop - quand elle n'est pas jangle - qui s'illumine d'un coup ou se met à sautiller, le tout enrobé d'une production lo-fi qui leur va bien au teint. Un disque qui transpire de tant de sincérité, ne lésine pas sur les mélodies et est si jouissif qu'il est difficile de ne pas en tomber fou.
doseone & Height Keech - Wood Teeth [Hands Made Records]

Sorti un 4 juillet, jour de l’indépendance américaine (ce qui est loin d’être anodin), court (12 mns) mais puissant Ep que celui de doseone (à la productivité assez dingue dernièrement) et Height Keech. Un disque hargneux où doseone (bien aidé par Height Keech) balance ses textes engagés de sa voix et de son flow si uniques, sur fond de rock et de funk tout droit venus des 70s. 
Living Dream - Absolute Devotion Ep [Inscrutable Records]

Derrière ce nom un peu paresseux se cache un quintet originaire d'Indianapolis dont le dernier Ep en date est une petite merveille de quatre chansons de jangle-pop psychédélique à laquelle on aurait mis quelques gouttes de garage-rock, et qu'on aurait emballée dans une production do-it-yourself aux atours sixties du meilleur effet. Un combo qui a tout pour devenir votre nouveau groupe préféré.
Midding - Nowhere Near Today Ep [Tough Love Records]

Premier Ep qui fait montre de sacrées promesses pour ce quintette gallois, signé Tough Love (gage de qualité). Un disque aux contours psyché, noise-rock et même indus où reverb et disto se taillent la part du lion et qui s'ouvre par le remarquable Clem's Crime, sorte de rencontre entre Joy Division et My Bloody Valentine.
The Orchestra (For Now) - Plan 75 [-]
The Orchestra (For Now) - Plan 76 [-]

Deux Ep pour le prix d’un de la part de The Orchestra (For Now), septet de Cambridge. Et deux disques aux facettes finalement assez différentes : 'Plan 75 Ep' (sorti en mars dernier), romantique et lumineux à bien des égards mais où le feu couvait sous la glace, et sa suite publié le 31 octobre, 'Plan 76 Ep' qui reprend les mêmes éléments mais les triture, les torture et y ajoute une touche post-hardcore, rendant une grande partie du disque beaucoup plus tendue, nerveuse et furieuse. A suivre de très très près, leur premier album ne saurait tarder.
 

COMPILATION


Bob Dylan - The Bootleg Series Vol. 18: Through the Open Window, 1956-1963 [Columbia Records]

Huit CD, 139 chansons dont 48 enregistrements jamais entendus (et le même nombre de versions très rares) : voilà ce qui nous attend dans ce dix-huitième volume des Bootleg Series de Bob Dylan, consacré cette fois à ses tous débuts, quand il arrive à New-York, à Greenwich Village et qu’il joue ici et là, dans des clubs minuscules, dans des appartements ou sur des scènes improvisées. Mieux, le huitième disque de l’édition Deluxe propose le fameux 'Concert at Carnegie Hall' du 26 octobre 1963. Columbia continue sa série d'exhumation avec toujours autant de pertinence et de perfection. Ah qu’il est bon d’être fan de Bob Dylan.
The Pains of Being Pure at Heart - Perfect Right Now: A Slumberland Collection 2008-2010 [Slumberland Records]

Ils n’arrêtent pas de tourner, à tel point qu’on dirait qu’ils sont sur le point d’annoncer un nouvel album. Mais avant cet hypothétique retour, The Pains of Being Pure at Heart se seront rappelés à notre (ou en tout cas au mien) bon souvenir avec 'Perfect Right Now: A Slumberland Collection 2008-2010', disque qui compile les face-B des singles extraits de leur premier album ainsi que l’EP qui a suivi ('Higher Than The Stars'). Un disque évidemment parfait qui montre à quel point la bande à Kip Berman était essentielle dans les années 2000.
Bill Fay - From the Bottom of an Old Grandfather Clock (A Collection of Demos and Outtakes 1966-70) [Dead Oceans]

Sans doute ma réédition de l’année, couplée à ma compilation de l’année. Originellement sorti en 2004, à une époque où le monde n’avait pas encore redécouvert Bill Fay, publié sur le petit label anglais Wooden Hill, et indisponible depuis bien quinze ans, 'From the Bottom of an Old Grandfather Clock (A Collection of Demos and Outtakes 1966-70)' est une compilation absolument renversante de face-B, d’outtakes et de démos de futures chansons du compositeur anglais. Il y a ici, et quasiment à toutes les plages, des chansons imparables, d’une beauté folle. Vingt-cinq morceaux mémorables d’un homme qui se cherche encore et qui, à l’écoute, semble déjà s’être trouvé. Dead Oceans ne pouvait faire mieux que rééditer cette compilation majuscule pour rendre hommage à Bill Fay, mort en février dernier. 
Sufjan Stevens - Carrie & Lowell (10th Anniversary Edition) [Asthmatic Kitty Records]

Étonnamment, on n’a pas trop parlé de cette réédition d’un des (si ce n’est le) meilleurs albums des années 2010, et autre chef d’œuvre de Sufjan Stevens. Pourtant, qu’elle est merveilleuse, du packaging aux démos offertes en bonus. Elles sont au nombre de sept (dont une de Mystery of Love du film 'Call Me By Your Name' et une de Wallowa Lake Monster, une des chansons qui n’avaient pas passé le cut du tracklisting final et qu’on avait pu retrouver sur 'The Greatest Mix' deux ans plus tard) et sont toutes plus sublimes les unes que les autres, avec notamment une version incroyable de 4th of July de près de 14 minutes - qui préfigure 'The Ascension'. A pleurer tout du long et qui prouvent que les chansons de 'Carrie & Lowell' sont faites du bois des immenses chansons.
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LES OUBLIES
Nouvelle rubrique dans ces bilans annuels, avec tous les disques, récents ou non, à côté desquels je suis passé les années précédentes et que j’ai découvert sur le tard, grâce, le plus souvent, aux top de l’année qui essaiment un peu partout. Et ces disques m’ont tant renversé que je me devais d'en parler.


Julie Christmas - Ridiculous and Full of Blood [Red Creek Recordings] - 2024
Si j’avais découvert 'Ridiculous and Full of Blood' de Julie Christmas dans le courant de l’année 2024, nul doute qu’il aurait terminé très haut dans mon top de l’année passée. Il fallait donc réparer cette injustice. Car ce disque, enregistré (notamment) avec Johannes Persson de Cult of Luna, est absolument renversant. Post-metal, post-hardcore, soupçons de grunge comme de rock, chant hurlé, doucereux parfois, écorché souvent, il y a tout cela dans cet album cinq étoiles.
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Library Card - Nothing, Interesting Ep [At Ease Records] - 2024
Sorti en 2024, ce premier Ep des néerlandais de Library Card était totalement passé sous mon radar, qui ne l'a détecté qu’en janvier dernier. Et quelle claque ! Ouvert par un Well, Actually, superbe chanson rock, pertinente autant qu'incroyablement addictive, pleine de rage et de morgue, l’Ep fait montre d’un sacré talent de composition chez ce quatuor de Rotterdam qui, s’il était anglais, serait déjà tout en haut des listes « Next Big Thing ».
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Prostitute - Attempted Martyr [-] - 2024
Derrière ce nom provocateur et cette pochette trompeuse se cache un quintette du Michigan, auteur d’un premier album dingue, mélange de noise-rock, de post-hardcore, de post-punk, aux ambiances arabisantes, enragé mais plein de nuances. Un disque intense de bout en bout, sorti sans label et qui va connaitre une deuxième vie au printemps prochain, Prostitute venant de signer chez Mute Records. Mérité, cent fois mérité. Quel premier album !
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Puts Marie - Pigeons, Politicians & Pinups During the End Time of Mankind [YagwudsRecords] - 2024
Découvert à la toute fin d’année, 'Pigeons, Politicians & Pinups During the End Time of Mankind' faisait une entrée fracassante dans mon top 2025, bousculant le classement que j’avais commencé à travailler. Mais patatras, après de nombreuses écoutes et quelques recherches, l’album a en fait été publié en octobre 2024. Il a donc toute sa place ici. Post-rock apocalyptique, crépusculaire et habité, ce nouvel album des Suisses est un disque absolument envoûtant, plein de mélancolie noire. Et indéniablement remarquable.
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Bilan 2025 :
Top « 50 chansons »
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)



Comme le veut la tradition, vous trouverez ci-dessous un lecteur Spotify pour écouter une chanson de chacun des dix-sept disques évoqués ci-dessus. Pour les non-abonnés Spotify, cette sélection est également disponible sur Deezer et Tidal dans des lecteurs dédiés !
 
 

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vendredi 24 octobre 2025

The Telephone Numbers - Scarecrow II [Slumberland Records]

Une fois n'est pas coutume, évoquons un album déjà discuté dans ces pages. Enfin, « album ». Disons plutôt qu'en juillet dernier, le disque en question, 'Scarecrow II' de Telephone Numbers, n'était qu'un album à venir de plus dans une année encore une fois très chargée en nouveautés. Mais l'annonce avait éveillé mon intérêt. Le premier album du groupe de Thomas Rubenstein, Morgan Stanley (The Umbrellas), Phil Lantz (Chime SchoolNeutrals) et Charlie Ertola m'avait charmé en 2021 ; leur Ep de 2023 encore plus. En bonus, les californiens annonçaient avoir signé chez Slumberland Records, gage de qualité s'il en est. Et cerise sur le gâteau, voilà que leur premier single Be Right Down était du genre « wahou », une chanson racée et incroyablement catchy, indie/jangle-pop infernale que quelques cordes venaient embellir sur le refrain. Un morceau parmi les tous meilleurs écoutés cette année - et même au-delà pour ainsi dire.

Début octobre, 'Scarecrow II' est finalement sorti. Dix titres, 37 minutes. Et ce qui est fascinant avec lui, c'est que Be Right Down n'est même pas sa meilleure chanson. Car oui, les titres majeurs se bousculent au portillon de cet album des Telephone Numbers. De Goodbye Rock n Roll en ouverture avec sa mélodie qui nous ferait presque chanter « I want to see my family, My wife and child waiting for me » tant elle a du Love Vigilantes de New Order en elle, à la douce beauté de The Job Is Killing Me, de la mélancolie comme Velvet-ienne de Falling Dream à Ebb Tide et ses arpèges de guitare dans sa conclusion, il y a des concurrents sérieux. Et le principal est Pulling Punchlines. Positionné en cinquième position de 'Scarecrow II', il a tout ce qu'on attend d'un morceau pop. Une basse en intro qu'on dirait piquée aux Cure, un rythme soutenu, une énergie à revendre et à la fin du deuxième refrain, comme si elle sentait que notre journée manquait de cuivres, voilà que la trompette d'Anna Hillburg envoie la chanson dans une autre sphère. Mieux, plutôt que de s'arrêter là, les Telephone Numbers renchérissent avec la guitare de Tony Molina, venu lui aussi prêter main forte au gang californien. Cela ne suffit pas ? Ajoutons un peu d'orgue d'Andy Pastalaniec de Chime School pour finir dans une sorte d'orgie pop qui ne semble pas jamais vouloir s'arrêter (et qui rappelle le REM des débuts), où les chants de Thomas Rubenstein et Morgan Stanley se croisent, se joignent, se répondent et se renvoient des « wouhou » irrésistibles.

Pulling Punchlines est l'apothéose de 'Scarecrow II', disque déjà inoubliable dont les grands moments ne manquent pas. Si l'on voulait motiver le débat, on pourrait dire Telephone Numbers Theme tranche presque avec ses neuf congénères et sonne plus comme The Umbrellas (c'est d'ailleurs Morgan Stanley qui chante ici) que comme The Telephone Numbers. Mais ce serait ergoter pour pas grand chose, tant la chanson est belle et ne dépareille pas avec le reste. 

Ce qui est sûr et certain, c'est qu'on a ici à faire à de la pop de haute volée, si ce n'est de haute-voltige tant elle est maitrisée de bout en bout, nerveuse comme mélancolique, au touché mélodique incomparable et au chant de Thomas Rubenstein qui rappelle celui de Kip Berman de The Pains of Being Pure at Heart. Un disque qui recèle de merveilles, qui n'ont de cesse de se réinventer, comme si elles ne voulaient jamais tomber dans la redite ou l'ennui. Je sais qu'on utilise ce mot à tort et à travers - moi le premier - mais 'Scarecrow II' est un vrai chef d’œuvre. De pop. D'indie-pop. De jangle-pop. De power-pop. De The Telephone Numbers. De musique en général. Et de 2025 en particulier. (Sortie : 10 octobre 2025)

Plus :
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'écoute sur bandcamp
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'achat sur bandcamp
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'achat et à l'écoute un peu de partout

Trois chansons de 'Scarecrow II' de The Telephone Numbers sont en écoute aujourd'hui. Pulling Punchlines, dont j'ai dit au-dessus tout l'amour déjà que j'avais pour elle (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Ensuite Goodbye Rock n Roll, à sa mélodie qui n'est pas sans rappeler Love Vigilantes de New Order. Et enfin, pour le plaisir, Be Right Down, déjà publié dans ces pages en juillet dernier, et toujours aussi imparable :

jeudi 3 mars 2022

[Track of The Day] The Natvral - A Portrait of Sylvie Vartan

Qui aurait bien pu parier qu'une des égéries de la variété française des années 60 se retrouverait dans le titre d'une chanson indie-rock de 2022, portée par la tête de proue de feu The Pains of Being Pure at Heart, un des groupes passionnants des années 2000 ? Mais surtout, qui aurait pu parier que l'égérie en question serait Sylvie Vartan - et non, au hasard, une Françoise Hardy, qui fit battre bien des cœurs anglo-saxons à l'époque ? Et pourtant, Kip Berman et ses The Natvral viennent de sortir un nouveau single (disponible dans quelques semaines au format 45-tours) intitulé 'A Portrait of Sylvie Vartan'
 
La face-A - et chanson titre - semble toute droit sortie des mains du Bob Dylan de 'Highway 61 Revisited' : cet orgue Hammond, cette construction, ce chant, cette façon d'amener le refrain, tout semble d'époque. Mieux, plus les écoutes passent, plus il y a une ambition à la Like a Rolling Stone qui irradie tout au long de ce morceau. La durée de A Portrait of Sylvie Vartan est plus courte certes (3'20" seulement au compteur), pour autant le parallèle semble à chaque fois un peu plus évident. Et si The Natvral venait de sortir son grand œuvre ?

Album : A Portrait of Sylvie Vartan 7"
Année : 2022
Label : Prefect Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, A Portrait of Sylvie Vartan de The Natvral est également en écoute ci-dessous :

Le clip de A Portrait of Sylvie Vartan de The Natvral :

vendredi 28 janvier 2022

[Track of The Day] The Bunbury - Blue Haze

Éloignons nous un instant des États-Unis, de l'Angleterre et des quelques autres contrées qui peuplent habituellement ces pages et continuons ce tour du monde entamé il y a bientôt 15 ans en partant découvrir aujourd'hui un groupe d'Indonésie. Il se nomme The Bunbury, est originaire de la ville de Yogyakarta (Java) et est composé de cinq membres. Un groupe qui après quelques singles l'an passé vient d'ouvrir l'année avec sa première sortie, 'Alius Malicious Ep'.
 
Au programme, moins de musique indonésienne (ou disons plutôt de l'image que je me fais de la musique indonésienne) qu'une indie-pop occidentale où le shoegaze affleure. Car avec avec son chant en anglais, ses guitares jamais fatiguées et l'énergie de ses compositions, il y a autant d'influences anglaises qu'américaines dans les compositions de The Bunbury.

De cet Ep sacrément efficace et réussi, on retiendra notamment Blue Haze (en écoute aujourd'hui), superbe chanson aux allures de tube, où l'on croirait entendre les enfants qu'auraient eu The Pains of Being Pure at Heart et Puressence. Pas surprenant que je sois tombé sous le charme.

Album : Alius Malicious EP
Année : 2022
Label : La Munai Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Blue Haze de The Bunbury est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson de 'Alius Malicious Ep' en écoute, voilà Hide Me From The Sun et son clip : 

mardi 28 décembre 2021

Bilan 2021 : « Albums » (40-21)


Après les quinze Ep, 45-tours et autres compilations/rééditions qui auront rythmé mon 2021, place aux quarante albums qui auront égayé de bien mornes journées tout au long de cette année d’enfer. Une année d’ailleurs très réussie, où j’aurais trouvé mon bonheur plus souvent qu’à mon tour. Quarante disques donc qui m’auront plus qu’emballé et qui me semblent plutôt assurés de devenir des classiques chez moi dans les années qui viennent.
 
Avant de détailler vingt premiers disques de ce classement, alors voir ce qu’il se passe chez nos voisins et amis, car il y a de belles choses à prendre chez eux :
- Le meilleur des Ep et des albums de 2021 pour Marc Mifune chez Esprits Critiques
- Le top albums de Austin Town Hall
- Les top individuels de la rédaction de Pop News
- Le Bilan de l'année chez Mind Riot Music
- Les 20 meilleurs albums selon For The Rabbits

Mais place à cette première sélection de vingt disques. Vingt albums classés de la 40è à la 21è place. Avec au programme la relève de l’indie-pop, deux légendes qui s’unissent pour faire un album aussi psyché qu’entêtant, de la messe noire, du Abba en moins clinquant, du rock noise, des voix belles à pleurer, un habitué de ces bilans de fin d’année, j'en oublie et pas des moindres.
Et comme lire c’est bien mais écouter c’est mieux, en bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) !




40. Pearl Charles - Magic Mirror [Kanine Records]

Pearl Charles, américaine venue de Los Angeles, aime les productions toute en rondeur, les seventies, et les slides guitares délicieuses. Et elle le fait savoir sur 'Magic Mirror', son troisième album, à la pochette dans le ton, qui fait penser à du ABBA, mais sans le clinquant et la grandiloquence des compositions.
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39. The Reds, Pinks & Purples - Uncommon Weather [Tough Love / Slumberland Records]

Le second album de The Reds, Pinks & Purples continue de creuser le sillon de 'You Might Be Happy Someday'. Porté par une pochette aux couleurs pastel aussi belles que celle du premier opus, les chansons sont ici mélancoliques à souhait, habillées de guitares jangle-pop aussi lumineuses que déprimées. Et ce n’est sans doute pas la dernière fois que l’on retrouvera le groupe dans ces bilans de fin d’année, Glenn Donaldson ayant annoncé il y a quelques semaines un troisième album de The Reds, Pinks & Purples pour la fin janvier prochain.
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38. Jay-Jay Johanson - Rorschach Test [29Music]

Treizième album de Jay-Jay Johanson, 'Rorschach Test' est, pour ce que j'en sais, sans doute un de ses plus beaux. Un disque qui hésite et navigue entre ambiance jazzy et trip-hop, tantôt marqué, tantôt évasif et mélancolique, que le suédois porte de sa belle voix pleine de spleen.
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37. Sufjan Stevens & Angelo De Augustine - A Beginner's Mind [Asthmatic Kitty Records]

Voir Sufjan Stevens et Angelo De Augustine sortir un album ensemble n’est en rien surprenant. Ils sont sur le même label et le second est un peu le fils musical du premier. Ce qui est encore moins surprenant, c’est de voir la beauté des compositions qui ressort de cette collaboration en quatorze titres, avec le cinéma comme base principal. Du folk délicat et lumineux, qui voit Sufjan Stevens revenir à nouveau à ses premières amours, que le duo chante de voix diaphanes.
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36. Husband - Cut The Light [-]

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Difficile à dire tant les informations à leur sujet sont parcellaires. Tout juste sait-on qu’ils sont londoniens. Alors contentons nous de musique. Husband présente celle-ci comme inspirée de The National, Radiohead, Nick Cave ou PJ Harvey. On rajouterait bien The Twilight Sad, Puressence et Get Well Soon à la liste. Mais l’idée est là. Au programme donc, de belles chansons aux mélodies corsetées dans des ambiances sombres et lourdes que viennent éclaircir quelques guitares lumineuses et un piano des plus justes. Un disque qui alterne morceaux de bravoure et balades noires, porté par une voix qui flirte régulièrement avec un chant crooner. Et un ensemble qui, s’il manque d’une production à la hauteur du reste, fait montre d’un sacré talent de composition et d'écriture.
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35. Rat Columns - Pacific Kiss [Tough Love]

Jangle, power et indie pop au programme de 'Pacific Kiss', quatrième album des australiens de Rat Columns. Un disque solaire, plein de belles guitares, dont s'échappent de temps à autre le genre de chansons qui vous font une année entière (I Can’t Live On Love).
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34. Naked Days - My Head Hz [-]

Découvert via son ami Will Toledo, Naked Days est le projet Degnan Smith où, de façon peu surprenante, on entend beaucoup de Car Seat Headrest (Toledo est à la production, mais pas que). Folk mais aux quelques éruptions rock, soigné avec de belles constructions sachant faire monter la sauce, 'My Head Hz' fait partie de ces albums anodins de prime abord mais qui finalement vous accompagnent toute une année.


33. Shame - Drunk Tank Pink [Dead Oceans]

Après un premier album lambda et dont il ne reste pas grand chose, les anglais de Shame remettent tout à plat, changent de braquet et d'ambition avec 'Drunk Tank Pink'. A tous les niveaux, cet album est plus fort, plus malin, plus homogène, plus torturé, plus déroutant aussi, avec un post-punk qui se fait cabosser dans tous les sens par du math-rock et des moments hardcore, qui ne laisse pas vraiment l’auditoire respirer mais qui n’oublie son côté pop.  Avec leur premier album ils jouaient le ventre mou de Ligue1. Là, ils sont en quart de Ligue des Champions.


32. Massage - Still Life [Bobo Integral]

Quintet californien, Massage et son deuxième album 'Still Life' est un vrai plaisir indie-pop/jangle-pop, porté par In Gray & Blue, superbe chanson qui contient plus de New Order que tous les albums de New Order depuis 20 ans. Et si vous y entendez un peu de The Pains of Being Pure at Heart, ne soyez pas surpris : un des compositeurs faisait partie de la bande à Kip Berman.


31. Squid - Bright Green Field [Warp Records]

Des trois albums très attendus en 2021 du côté de l’Angleterre, ce sont finalement les Squid qui coupent l’herbe sous le pied de Black Country, New Road et Black Midi. Plus abouti que ceux de leurs confrères, 'Bright Green Field' est un disque qui ne déçoit pas et qui est même impressionnant. Très bien construit, avec des titres forts (Narrator, incroyable fait d’armes post-punk) intelligemment placés pour mieux relancer la machine, et porté par une pochette somptueuse, ce premier album de Squid fera sans doute date.


30. Dry Cleaning - New Long Leg [4AD]

Il était évident que leurs deux premiers excellents Ep allaient attirer du monde. Et il n’est pas étonnant de les voir signer sur une structure telle que 4AD. Car Dry Cleaning le mérite. Car son post-punk arty, son trio guitare/basse/batterie et la voix monocorde de Florence Shaw, qui parle plus qu'elle ne chante, comme complètement détachée de son environnement proche, le mérite. L’album très attendu après d’aussi bons débuts ne déçoit aucunement. Et ils sont finalement vraiment à part sur la scène actuelle.


29. Chime School - Chime School [Slumberland Records]

Pour ceux qui, comme moi, aiment une indie-pop à guitares des années 80, entre jangle et twee-pop, avec une vibe C86, ce premier album de Chime School est fait pour vous. Entre influence américaine et anglaise, il a tout (mélodies, guitares, rythme échevelé) pour plaire. Le meilleur album du genre de 2021.


28. It It Anita - Sauvé [Vicious Circle]

Groupe belge dont 'Sauvé' est le troisième album, It It Anita aura été un méchant coup de poing en 2021. Du rock énervé, à la batterie puissante, qui aime le noise et des envies de destructuration (tout en restant toujours en ligne). Un disque qui vous chope au colbac dès la chanson d’ouverture Ghost pour ne vous relâcher que 45 minutes plus tard.


27. The Limiñanas & Laurent Garnier - De Pelicula [Because]

De prime abord, cet album de The Limiñanas et Laurent Garnier ne m’a pas convaincu. Passé trop vite dessus, je trouvais que les perpignanais se répétaient trop, tombaient dans le cliché, un peu à l’image du 'Diabolique' sorti il y a deux ans sous l’entité L’Épée. Et puis, il y a eu quelques réécoutes et tout s’est installé, enclenché. Le mariage entre les deux est évident et est la rencontre parfaite pour raconter l’histoire de ces deux gamins perdus, partis dans un road trip destructeur. Un disque aussi psychédélique, cinématique qu’enivrant.
 
 
26. JJULIUS - Vol. 1 [Mammas Mysteriska Jukebox]

Album singulier que ce 'Vol. 1' du suédois JJULIUS. Une ambiance minimaliste, dépressive voire lugubre où post-punk désabusé (et dans le même temps langoureux), éléments plus expérimentaux et éclaircies pop et lumineuses se cotoient dans un ensemble hypnothique et qui devient très vite évident.


25. Colleen - The Tunnel and The Clearing [Thrill Jockey]

Nouvel album de la française Colleen. Qui réussit une nouvelle fois son coup. Enregistré à Barcelone et dans les tuyaux depuis un moment, il est de ces albums à l’atmosphère unique: soyeuse, cotonneuse, où virevolte ses mélodies répétitives et sa voix qu’on dirait chuchotante. Un disque qui aura accompagné beaucoup de mes fins de soirée, quand le lit vous appelle mais que vous tentez de résister pour on ne sait quelle raison.
 
 
24. April Magazine - If The Ceiling Were A Kite: Vol. 1 [Tough Love Records]

Ne nous contorsionnons pas : cet album aurait du se retrouver dans le Top 15 « 7", Ep, Réédition & Compilation ». Car s'il accompagne beaucoup de mes fins de soirées, quand j’ai besoin d’une pop langoureuse et ouatée (on appellerait cela même de la « fog pop » dit-on), au-dessus de laquelle flotte comme un vent de Velvet Underground, c'est en écrivant cette bafouille que je me rends compte que 'If The Ceiling Were A Kite: Vol. 1' est en fait une compilation d’enregistrements des deux dernières années de ce quatuor californien, dont j’aurais découvert en 2021 le talent. Alors, va pour une compilation si tel est le cas. Mais va aussi pour album. Car tout de même, il y a une telle cohérence et une telle homogénéité dans ce disque que j’ai du mal à le voir autrement.
 
 
23. Curtis Harding - If Words Were Flowers [Anti-]

Souvent, il faut quelques écoutes pour tomber raide d’un disque. Pour ce troisième album de Curtis Harding, il aura fallu une minute de la chanson titre If Words Were Flowers. Orchestration ample, cuivre emballant, choeurs au diapason. Tout y est, sauf la voix de Curtis Harding, qui arrive dès le second morceau. Et qui ne fait que confirmer cette première impression. Oui, 'If Words Were Flowers', entre passé et présent, soul et hip-hop, avec une production délicieuse de bout en bout, est un régal de chaque instant, au charme immédiat.
 
 
22. Ada Lea - One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden [Saddle Creek]

Entre folk et pop, rock et presque wave avec quelques guitares qui slide doucement, une ambiance soulful par moment et même l'ombre de Jackson C. Frank qui plane ici et là, cet album est autant une belle découverte qu’un vrai coup de coeur pour une artiste à la vraie personnalité et au timbre délicieux.
  
 
21. Lingua Ignota - Sinner Get Ready [Sargent House]

Son précédent 'Caligula' n’avait pas réussi à séduire mes oreilles. Trop puissant, trop habité, trop tout en fait. Rien de tout cela avec 'Sinner Get Ready', qui ne fait pour autant pas dans la facilité. Un disque sombre et sur lequel repose bien des souffrances réelles (Kristin Hayden, qui officie donc sous le nom de Lingua Ignota, les raconte dans ce très long post éprouvant). Une vraie messe noire, terrifiante, où rien n'est feint et où Lingua Ignota habite véritablement ses chansons.


 
Afin de mettre des sons sur les disques présentés ci-dessus, une chanson de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous (de la place 21 à 40) :