Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Tony Molina. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Tony Molina. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 31 juillet 2018

Tony Molina - Kill The Lights [Slumberland]

Tony Molina est un artiste fascinant. Et sans doute assez unique quand on y réfléchit un peu. Soyons donc précis : Tony Molina, ce sont deux albums ('Dissed and Dismissed' en 2014 et donc 'Kill The Lights' cette année), deux Ep ('Six Tracks E.P.' en 2013 et 'Confront The Truth E.P.' en 2017), un album live ('West Bay Grease' l’an passé) et une cassette à ses débuts ('Embarrassing Times' en 2009). Soit 58 chansons (seulement deux dépassent les 3 mns, dont une reprise de Metallica) pour un total de musique enregistrée de… 75 minutes et 38 secondes.

Michael Gira ne doit rien y comprendre. Et sans aller jusqu'à Swans, à titre de comparaison, 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, c’est - précisément - 74'15". Un monde.

Car oui, sur son nouvel album 'Kill The Lights', Tony Molina n’a pas changé : il fait dans le court. Le très court. Quatorze minutes et 30 secondes de musiques, pour 10 chansons. On a vu des Ep plus remplis.

Et pour autant disais-je, Tony Molina est fascinant. Car si son disque est à l’image de 'Confront The Truth E.P.' en 2017, totalement enivrant. Difficile de ne pas être complètement séduit si l’on aime la belle pop, des Beatles à Elliott Smith, des Teenage Fanclub aux guitares Gilmourienne de la fin en passant par les Byrds ou Nick Drake.
Les presque 15 mns défilent toutes seules ici, notre homme composant de magnifiques mélodies. Alors oui, toutes ne sont pas des chansons, plus des couplet/refrain ou pont/refrain. Oui, il y a bien une frustration de ne pas le voir développer ses mélodies plus en longueur tant elles sont bien composées. Mais tout ce 'Kill The Lights' déroule sa musique avec une facilité toute pop que ce n'est finalement pas un frein. Et qu'il se permet d'orner d'une magnifique pochette, comme souvent.

Reste une question : pourquoi composer et enregistrer des chansons aussi courtes ? Parce que Tony Molina préfère frustrer son auditoire plutôt que le lasser avec des chansons qui traîneraient en longueur ? Parce qu'il veut s’échapper du sacro-saint « chanson pop de 3'00 » ? Parce qu'il souhaite laisser une trace dans le grand livre de la pop en « inventant » le concept de medley-album (les Beatles avaient rempli une face d''Abbey Road' pour ce qui reste à ce jour leur meilleure composition. Tony Molina lui en fait un album entier) ? Ou tout simplement engranger les écoutes sur les différentes plateformes de streaming et empocher le jackpot ?

Sans doute un peu de tout cela à la fois. Mais l’important est sans doute ailleurs : 'Kill The Lights' est un album superbe. Qu'il soit long ou court importe peu au final. (Sortie : 27 juillet 2018)

Plus :
'Kill The Lights' de Tony Molina est en écoute sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est à l’achat sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est notamment en écoute chez Spotify et Deezer


'Kill The Lights' de Tony Molina est court mais pour ceux qui ne voudraient que picorer quelques mélodies, trois chansons à l'honneur. D'abord Look Inside Your Mind / Losin' Touch (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colone de gauche de ce blog), accessoirement la chanson la plus longue du disque. Ensuite, Jasper's Theme. Et pour finir Before You Go :







Et pour ceux qui veulent l'écouter d'une traite 'Kill The Lights' de Tony Molina, ce lecteur est fait pour vous :



mercredi 2 novembre 2016

Tony Molina - Confront The Truth [Slumberland]

Comme peu d'artistes actuellement, Tony Molina continue de tracer sa voie et ne s’embarrasse pas de détails. Car il est un homme qui n'aime pas tourner autour du pot en suivant le sacro-saint dogme couplet / refrain / couplet / refrain / pont / refrain. Non, Tony Molina fait dans le court. Le très court.

Après un premier album 'Dissed and Dismissed' en 2014 de 12 chansons pour 11 minutes et 26 secondes (à la seconde près !), le voilà de retour avec un nouvel Ep de... 605 secondes tout pile et 8 chansons, 'Confront The Truth'
Et cette fois, après avoir creusé un sillon marqué par une certaine idée du rock des années 90, Tony Molina s’attelle cette fois à la pop et les bluettes qui touchent droit au cœur.

Et si l'on entend ici ou là un peu d'Iron & Wine (Old Enough to Know) ou d'Elliott Smith (No One Told He), ce sont surtout les Beatles qui sont omniprésents sur ce 'Confront the Truth'. D'aucuns parleront de plagiat éhonté et crieront au scandale tant certaines mélodies ou accords sont des copies à peine voilées de l’œuvre des Fab Four. Il suffit d'écouter I Don't Wanna Know ou surtout l'intro de No One Told He (où il est difficile de ne pas entendre celle de A Day in The Life) pour s'en rendre compte.

Pour autant, à l'écouter chanter ses histoires de cœur brisés, à aller droit à l'essentiel (comment résumer les affres d'une rupture en 62 secondes ? Écouter See Me Fall donne une idée), j'ai davantage l'idée que Tony Molina rend ici un très bel hommage à la pop bien faite, bien écrite et bien mise en musique.

Et si 'Confront The Truth' est un disque très court, il devient rapidement obsédant. On n'ira évidemment pas oser comparer cet Ep au medley d''Abbey Road', mais il y cette idée sous-jacente tout de même. Reste à connaitre la raison de cette écriture si brève, si concise. Ne pas savoir écrire une chanson sur plus de quelques mesures ? Cumuler les écoutes Spotify ? Ouvrir une nouvelle fois dans l'histoire de la pop music ? Qu'importe, l'avenir nous le dira - peut-être. Car au final, la pop est très bien honorée ici ; et on n'aurait pas su choisir meilleurs prisme que celui de ses plus fameux et illustres représentants pour le faire. (Sortie : 28 octobre 2016)

Son :
'Confront The Truth' est en écoute sur le bandcamp de Tony Molina
'Confront The Truth' est même à l'achat sur le bandcamp de Tony Molina
Enfin, 'Confront The Truth' de Tony Molina est en écoute également sur Spotify et Deezer

 
Le disque est court mais pour ceux qui ne voudraient que picorer quelques mélodies, trois chansons à l'honneur. No One Told He, entre intro à la Beatles et chanson à la Elliott Smith (en écoute également dans le lecteur Spotify à gauche). Old Enough to Know où l'on imagine la voix de Sam Beam d'Iron & Wine, venir se mêler à celle de Tony Molina. Et enfin See Me Fall, qui dit tout en 1 mn.





Je ne le fais que rarement, parce qu'un album est souvent trop vaste pour titiller la curiosité de l'auditeur qui veut juste découvrir l'artiste en quelques chansons, mais vu que 'Confront The Truth' de Tony Molina dure exactement 605 secondes, il mérite d'être écouté en entier. Ci-dessous donc. (malheureusement plus en écoute)


vendredi 24 octobre 2025

The Telephone Numbers - Scarecrow II [Slumberland Records]

Une fois n'est pas coutume, évoquons un album déjà discuté dans ces pages. Enfin, « album ». Disons plutôt qu'en juillet dernier, le disque en question, 'Scarecrow II' de Telephone Numbers, n'était qu'un album à venir de plus dans une année encore une fois très chargée en nouveautés. Mais l'annonce avait éveillé mon intérêt. Le premier album du groupe de Thomas Rubenstein, Morgan Stanley (The Umbrellas), Phil Lantz (Chime SchoolNeutrals) et Charlie Ertola m'avait charmé en 2021 ; leur Ep de 2023 encore plus. En bonus, les californiens annonçaient avoir signé chez Slumberland Records, gage de qualité s'il en est. Et cerise sur le gâteau, voilà que leur premier single Be Right Down était du genre « wahou », une chanson racée et incroyablement catchy, indie/jangle-pop infernale que quelques cordes venaient embellir sur le refrain. Un morceau parmi les tous meilleurs écoutés cette année - et même au-delà pour ainsi dire.

Début octobre, 'Scarecrow II' est finalement sorti. Dix titres, 37 minutes. Et ce qui est fascinant avec lui, c'est que Be Right Down n'est même pas sa meilleure chanson. Car oui, les titres majeurs se bousculent au portillon de cet album des Telephone Numbers. De Goodbye Rock n Roll en ouverture avec sa mélodie qui nous ferait presque chanter « I want to see my family, My wife and child waiting for me » tant elle a du Love Vigilantes de New Order en elle, à la douce beauté de The Job Is Killing Me, de la mélancolie comme Velvet-ienne de Falling Dream à Ebb Tide et ses arpèges de guitare dans sa conclusion, il y a des concurrents sérieux. Et le principal est Pulling Punchlines. Positionné en cinquième position de 'Scarecrow II', il a tout ce qu'on attend d'un morceau pop. Une basse en intro qu'on dirait piquée aux Cure, un rythme soutenu, une énergie à revendre et à la fin du deuxième refrain, comme si elle sentait que notre journée manquait de cuivres, voilà que la trompette d'Anna Hillburg envoie la chanson dans une autre sphère. Mieux, plutôt que de s'arrêter là, les Telephone Numbers renchérissent avec la guitare de Tony Molina, venu lui aussi prêter main forte au gang californien. Cela ne suffit pas ? Ajoutons un peu d'orgue d'Andy Pastalaniec de Chime School pour finir dans une sorte d'orgie pop qui ne semble pas jamais vouloir s'arrêter (et qui rappelle le REM des débuts), où les chants de Thomas Rubenstein et Morgan Stanley se croisent, se joignent, se répondent et se renvoient des « wouhou » irrésistibles.

Pulling Punchlines est l'apothéose de 'Scarecrow II', disque déjà inoubliable dont les grands moments ne manquent pas. Si l'on voulait motiver le débat, on pourrait dire Telephone Numbers Theme tranche presque avec ses neuf congénères et sonne plus comme The Umbrellas (c'est d'ailleurs Morgan Stanley qui chante ici) que comme The Telephone Numbers. Mais ce serait ergoter pour pas grand chose, tant la chanson est belle et ne dépareille pas avec le reste. 

Ce qui est sûr et certain, c'est qu'on a ici à faire à de la pop de haute volée, si ce n'est de haute-voltige tant elle est maitrisée de bout en bout, nerveuse comme mélancolique, au touché mélodique incomparable et au chant de Thomas Rubenstein qui rappelle celui de Kip Berman de The Pains of Being Pure at Heart. Un disque qui recèle de merveilles, qui n'ont de cesse de se réinventer, comme si elles ne voulaient jamais tomber dans la redite ou l'ennui. Je sais qu'on utilise ce mot à tort et à travers - moi le premier - mais 'Scarecrow II' est un vrai chef d’œuvre. De pop. D'indie-pop. De jangle-pop. De power-pop. De The Telephone Numbers. De musique en général. Et de 2025 en particulier. (Sortie : 10 octobre 2025)

Plus :
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'écoute sur bandcamp
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'achat sur bandcamp
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'achat et à l'écoute un peu de partout

Trois chansons de 'Scarecrow II' de The Telephone Numbers sont en écoute aujourd'hui. Pulling Punchlines, dont j'ai dit au-dessus tout l'amour déjà que j'avais pour elle (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Ensuite Goodbye Rock n Roll, à sa mélodie qui n'est pas sans rappeler Love Vigilantes de New Order. Et enfin, pour le plaisir, Be Right Down, déjà publié dans ces pages en juillet dernier, et toujours aussi imparable :

jeudi 5 septembre 2019

[Track of The Day] Fog Lake - Oh My God

Ouvrant une compilation conçue pour le « Mental Health Awareness Month » (soit le mois, celui de mai, de sensibilisation à la santé mentale, évènement caritatif qui existe depuis la fin des années 40 aux États-Unis), Oh My God est un inédit de Fog Lake, artiste découvert l'an passé grâce à Ninie (à qui on souhaite tout le courage du monde) et dont les chansons m'accompagnent depuis très régulièrement.

Oui, la chanson est courte (1'07"), oui Aaron Powell se prend pour Tony Molina. Mais quand bien même, au-delà de la bonne cause défendue, si l'écoute de ces quelques très courts accords peut donner envie à certains de se plonger dans la discographie de Fog Lake, auteur l'an passé (notamment) du très beau 'Captain', cela sera toujours cela de gagné.

Album : Running From The Dark
Année : 2019
Label : Mental Health Compilation


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Oh My God de Fog Lake est également en écoute ci-dessous :



jeudi 9 août 2018

[Track of The Day] Fort Jams - On & On

Découvert grâce à Said The Gramophone et au top singles 2017 de Sean Michaels, Plastic Jurassic est un bien chouette label. Ainsi, après Lens Mozer, voilà donc Fort Jams, chanteur originaire de Long Beach en Californie.

Sur ce que j'ai pu trouver sur lui, sa dernière sortie remonte à 2013, un 45-tours 'Jacket Inside' plutôt sympathique ma foi (notamment sa face-b). Et sa prochaine est prévue pour le 1er octobre, où il proposera (via Plastic Jurassic donc) 'Far Out', disque que l'on peut qualifier d'EP sans trop se mouiller vu qu'il ne comptera que 5 chansons (mais avec l'exemple d'artiste comme Tony Molina, on n'est jamais trop prudent).

Une jolie balade mélancolique, bluette estivale à écouter de préférence avec une brise fraiche qui vous caresse la nuque, en fin de soirée, un verre de vin frais à la main.

Album : Far Out Ep
Année : 2018
Label : Plastic Jurassic

Acheter

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), On & On de Fort Jams est également en écoute ci-dessous :


Si vous voulez en savoir plus sur Fort Jams, voilà la face-b de son précédent 45-tours, 'Jacket Inside 7"', Fort Jams Dream :



jeudi 17 juillet 2025

[Track of The Day] The Telephone Numbers - Be Right Down

Quatre ans après un premier album joli comme tout et quelques singles ici et là (la beauté Weird Sister au hasard), les californiens de The Telephone Numbers vont enfin donner une suite à leurs aventures jangle-pop. Et quoi de mieux pour se faire que de signer de Slumberland Records ?

Le label d'Oakland sera donc la nouvelle maison du quatuor, qui a pour ce nouvel album 'Scarecrow II' appelé quelques membres de figures actuelles de l'indie-pop de San Francisco à venir les épauler (The Umbrellas, Neutrals, Chime School ou Tony Molina mais sans Glenn 'The Reds, Pinks and Purples' Donaldson, ancien membre du groupe). Et à en croire le premier single extraitcela promet beaucoup ! Car Be Right Down (en écoute aujourd'hui) est de la race de ces singles impeccables de bout en bout, catchy au possible, indie/jangle-pop comme jamais et qu'un violon sur le refrain envoie au royaume des grandes chansons.

Album : Scarecrow II
Année : 2025
Label : Slumberland Records

Acheter


En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Be Right Down de The Telephone Numbers est également en écoute ci-dessous :
 

samedi 5 janvier 2019

Bilan 2018 : « Albums » (20-01)



Après le Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition », après le Top 50 « Chansons » (en écoute ici) et après la partie partie du top albums avec les disques classés de la 40ème à la 21ème place, finissons ce récapitulatif/bilan de l'année 2018 avec les 20 disques qui auront marqué mon année musicale.

Mais avant de se plonger dedans, prenons du temps pour avoir voir ce qu'il se dit du côté des blogs et autres sites amis (ou non) :
Vingt albums donc pour finir l'année. Une excellente année d'ailleurs, rock au possible (qui a dit qu'il était mort ? Parce qu'il avait tort, disons le clairement), particulière car ça doit faire bien longtemps qu'un de mes tops albums ne comporte pas un album de chez Domino.

Une année marquée surtout donc par un album dingue (qui aurait mérité de faire les unes de magazine et qui il y a quelques années auraient enfanté une génération de futurs musiciens), le disque d'un australien qui vit à Berlin auteur d'un album sidérant de beauté, de retrouvailles avec un groupe perdu de vue depuis 15 ans, de l'épitaphe d'un groupe français, brillant comme bruyant, d'un groupe mythique qui se réinvente sans cesse  et autres folk éthérée canadienne. Entre autres, et beaucoup de choses.


Évidemment, lire c'est bien, écouter c'est mieux. Donc au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (un Spotify, un Deezer) proposant - dans l'ordre croissant - une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne(s) écoute(s) et à très vite dans ces pages !

Bilan 2018 : 
Top « Albums » (40-21)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »

20. Dakota Suite, Dag Rosenqvist and Emanuele Errante - What Matters Most [Karaoke Kalk]
De mémoire, la dernière fois que j’ai écouté Dakota Suite ce devait être pour leur 'This River Only Brings Poison' de 2002. Sachez donc que 16 ans plus, au-delà de la surprise de les savoir toujours actifs, leur musique, entre ambiant-pop et drone, est toujours aussi belle et évocatrice. Et rappelle énormément Jesse Poe, l'homme derrière ce fabuleux groupe qu'était Tanakh.


19. Adrian T. Bell - The Navigator [-]
Découvert par le biais de « J’écoute une K7 de la vedette » (dont j’avais parlé ici), ce disque d’un musicien anglais parti vivre à Prague - et accessoirement leader du groupe The Prostitutes - m’aura saisi immédiatement, quand bien même sa production m’a plutôt dérouté. Mais il a pour lui une voix, des mélodies captivantes et de vraies bonnes chansons. Et quand il marie son timbre à une voix féminine (voir ici), ce sont les images de certains des plus beaux duos de l’histoire qui ressurgissent. Pas mal pour un disque aussi confidentiel.


18. The Limiñanas - Shadow People [Because Music]
Après un 'Malamore' décevant, les Limiñanas retrouvent hargne, fougue et une production tout sauf lisse et qui leur va bien - mieux - au teint. Sur ce disque, on trouve plein de superbes chansons, d’invités de marque apportant tous leurs pierres à l’édifice et un tube vénéneux et presque drogué (écouter ici). Plus que jamais, leur psychédélisme sixties (d'aucuns diront yé-yé) est imparable.


17. Soft Kill - Savior [Profound Lore]
Album marqué par le décès prématuré du fils du leader du groupe, il s’en dégage une atmosphère assez mélancolique. Pour autant si l’on est en plein post-punk, shoegaze et tout ce qui peut s’y accrocher, il ressort de ce disque un côté lumineux. Mélancolique certes mais lumineux.


16. Dominique A - La Fragilité [Cinq7]
Grosse année pour Dominique A qui aura sorti deux albums, un « électrique », l’autre plus « acoustique ». Et c’est le second qui nous intéresse, le premier étant un peu décevant. Mais ce 'La Fragilité' rattrape le tout, avec une simplicité et une beauté fascinante. Monsieur Ané à son meilleur.


15. Marissa Nadler - For My Crimes [Bella Union / Sacred Bones]
Huitième album pour la formidable Marissa Nadler. Un disque à la très belle pochette et à la beauté renversante, comme à chaque fois. Mélancolique, blues-folk (ce Blue Vapor !), il confirme que l’américaine est l'incarnation musicale de la beauté.


14. The Innocence Mission - Sun on the Square [Bella Union]
Malgré ses trente années d'activité, et contrairement à pas mal de leurs contemporains, on dirait que les nouveaux disques de The Innocence Mission sont encore plus beaux que les précédents. La preuve avec ce 'Sun on the Square' qui reprend les mêmes recettes, mais en mieux. Toujours la voix de Karen Peris, toujours ces compositions au charme incroyable, toujours ces arrangements soyeux et soignés, toujours ces textes aussi tristes que plein d’espoirs.


13. The Beths - Future Me Hates Me [Carpark Records]
Sans conteste la découverte power-pop de l’année. Un disque pied au plancher de la part de ces néo-zélandais qui tombent l’album le plus efficace de 2018, où derrière l’énergie et les mélodies se cachent parfois des histoires pas si ensoleillées.


12. Iceage - Beyondless [Matador]
Album de rock absolument terrible, 'Beyondless' est d’une justesse et d'une efficacité quasi sans égal cette année : proto-punk, punk-soul, rempli de mélodies marquantes (écouter ici), fortes et évidentes et portées par un chant toujours aussi impressionnant. Le tout sans jamais aucune compromission. On l'oublie souvent, mais Iceage est décidément un des groupes majeurs de la décennie en cours.


11. IDLES - Joy as an Act of Resistance. [Partisan Records]
LA confirmation de l’année, après le très prometteur 'Brutalism'. Que ce soit sur disque ou sur scène, le quintet de Bristol aura plus qu’animé cette année musicale - que ce soit sur disque ou sur scène. Et aura prouvé (avec d’autres) que le rock, dans son assertion la plus large évidemment, est décidément une bien vilaine bête qui ne veut vraiment pas mourir.


10. Thousand - Le Tunnel Végétal [Talitres]
Alors que j'étais totalement passé à côté du premier album de Stéphane Milochevitch, aka Thousand, rattrapage complet avec 'Le Tunnel Végétal', disque de chanson française comme on en fait plus (ou peu). Pop pleine de spleen, parlé plus que chanté, aux textes riches et foisonnants, ce disque s’il évoque aussi Bashung, Murat que La Blanche, est avant tout un disque vraiment unique.


09. The Dead Mantra - Saudade Forever [Cranes Records]
Fin de partie pour les manceaux de Dead Mantra. Mais quelle épitaphe. Un album aussi brillant que bruyant, avec des sonorités maltraités, un shoegaze concassé, une noirceur à tous les étages, pour un résultat puissant, puissant et encore puissant. Incroyable de bout en bout. C'est quand même rageant de tomber fou d'un groupe qui met la clé sous la porte.


08. Fog Lake - Captain [Stack Your Roster]
Découvert grâce à Ninie, derrière Fog Lake, il y a Aaron Powell, canadien de talent (parfois entouré) qui aime la folk éthérée, placer sa voix comme en deuxième rideau et dérouler des chansons poignantes qui rappellent We Are Catchers. Un des plus « beaux » disques de l’année.


07. Tim Hecker - Konoyo [Kranky]
Retour chez Kranky pour Tim Hecker, avec pour une fois une pochette particulièrement laide. Tout le contraire de l’album et ses sonorités cristallines au possible. Un commentaire sur sa page bandcamp résume bien l’affaire : « heartbreaking, mesmerizing, terrifying and beautiful all at once ». Et pour en savoir plus sur ce nouveau très brillant nouvel album, lisez l’excellente chronique ci-dessous.


06. Tony Molina - Kill The Lights [Slumberland]
Quatorze minutes et 30 secondes de musique, 10 chansons. On a vu des Ep plus remplis. Et pour autant, difficile de ne pas tomber sous le charme de ce disque si l’on aime la belle pop, celle des Beatles et d’Elliott Smith, les guitares de Teenage Fanclub et celles de David Gilmour, ou plus simplement si l’on aime les Byrds et Nick Drake. Un medley-album presque frustrant mais passionnant.


05. Smokescreens - Used to Yesterday [Slumberland]
Énième disque de pop à guitares ? Aucunement tant 'Used to Yesterday' s'échappe de la masse du genre par la qualité de son écriture, de ses guitares, de sa basse et de ses mélodies sur lesquelles il serait insultant de ne pas se déhancher.


04. Low - Double Negative [Sub Pop]
Il y a des groupes qui continuent leur carrière dans une indifférence générale, à force de redite et de manque d’inspirations. Et puis il y a Low. Le trio de Duluth au Minnesota n’en finit plus de surprendre. Sur 'Double Negative', ils malmènent leur traditionnel slowcore avec une production lourde et pleine d’aspérités. Un disque étouffant, parfois expérimental. Et absolument brillant.


03. Deafheaven - Ordinary Corrupt Human Love [ANTI-]
Porté par une chanson phénoménale (Canary Yellow, écouter ici), le quatrième album du quatuor de San Francisco est disque remarquable mariant post-rock, black-metal, hard-rock, prog, pop, avec toujours ce « chant » guttural et hurlé. Un album clair-obscur incroyablement mélodieux, à la puissance époustouflante. Jamais guitares et hurlements n’auront été aussi lumineux et mélancoliques.


02. Ned Collette - Old Chestnut [It Records]
Australien vivant à Berlin, Ned Collette est la révélation de cette année. Une révélation qui n'a failli jamais avoir lieu, tant le premier morceau de l'album est déroutant... avant d'enchainer avec un sublime deuxième titre, bouleversant, renversant. De la folk qui démarre de façon basique mais qui prend au fur et à mesure une ampleur insoupçonnée. Soixante-dix minutes pour 14 chansons, notre homme ne fait pas dans la demi-mesure. Mais le voyage musical (et bien plus) qu'il propose est tellement hypnotisant, charmant et vibrant, qu'il est impensable de passer à côté. Et si en plus vous rajoutez qu'il a ce je-ne-sais-quoi de Leonard Cohen, alors là...


01. Car Seat Headrest - Twin Fantasy (Face-to-Face) [Matador]


L’album évident de l’année, c’est lui. Alors oui, on me rétorquera que ce n’est qu’un simple ré-enregistrement de l’album de 2011. Sauf que ces premières versions lo-fi deviennent de simples démos tant les compositions prennent ici une ampleur folle, accompagné qu’est Will Toledo (ils sont six autour de lui). Long (10 chansons, 71 minutes) mais toujours passionnant, 'Twin Fantasy (Face-to-Face)' est un album d’une grande unité, cohérence et homogénéité, qui balaye tout le spectre de l'histoire de la musique rock, pour mieux l’assimiler voire la synthétiser. Alternant balades et purs moments de rock'n'roll, ce disque est absolument brillant et essentiel. Et bien plus qu’un simple album de l’année, il pourrait être l’album d’une vie.  A une autre époque, nul doute qu’il aurait été l’album d’une génération.
En savoir plus
Acheter

Bilan 2018 : 
Top « Albums » (40-21)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »

Comme promis, voilà donc un player Spotify et un player Deezer proposant - dans l'ordre croissant - une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. La chanson de The Dead Mantra n'étant disponible sur aucune des plateformes, elle est en écoute via leur player bandcamp. Bonne(s) écoute(s) !