vendredi 20 mai 2022
[Track of The Day] The Reds, Pinks & Purples - Life In The Void
mardi 28 décembre 2021
Bilan 2021 : « Albums » (40-21)
Après les quinze Ep, 45-tours et autres compilations/rééditions qui auront rythmé mon 2021, place aux quarante albums qui auront égayé de bien mornes journées tout au long de cette année d’enfer. Une année d’ailleurs très réussie, où j’aurais trouvé mon bonheur plus souvent qu’à mon tour. Quarante disques donc qui m’auront plus qu’emballé et qui me semblent plutôt assurés de devenir des classiques chez moi dans les années qui viennent.
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Mais place à cette première sélection de vingt disques. Vingt albums classés de la 40è à la 21è place. Avec au programme la relève de l’indie-pop, deux légendes qui s’unissent pour faire un album aussi psyché qu’entêtant, de la messe noire, du Abba en moins clinquant, du rock noise, des voix belles à pleurer, un habitué de ces bilans de fin d’année, j'en oublie et pas des moindres.
Et comme lire c’est bien mais écouter c’est mieux, en bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) !
Pearl Charles, américaine venue de Los Angeles, aime les productions toute en rondeur, les seventies, et les slides guitares délicieuses. Et elle le fait savoir sur 'Magic Mirror', son troisième album, à la pochette dans le ton, qui fait penser à du ABBA, mais sans le clinquant et la grandiloquence des compositions.
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Le second album de The Reds, Pinks & Purples continue de creuser le sillon de 'You Might Be Happy Someday'. Porté par une pochette aux couleurs pastel aussi belles que celle du premier opus, les chansons sont ici mélancoliques à souhait, habillées de guitares jangle-pop aussi lumineuses que déprimées. Et ce n’est sans doute pas la dernière fois que l’on retrouvera le groupe dans ces bilans de fin d’année, Glenn Donaldson ayant annoncé il y a quelques semaines un troisième album de The Reds, Pinks & Purples pour la fin janvier prochain.
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Treizième album de Jay-Jay Johanson, 'Rorschach Test' est, pour ce que j'en sais, sans doute un de ses plus beaux. Un disque qui hésite et navigue entre ambiance jazzy et trip-hop, tantôt marqué, tantôt évasif et mélancolique, que le suédois porte de sa belle voix pleine de spleen.
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Voir Sufjan Stevens et Angelo De Augustine sortir un album ensemble n’est en rien surprenant. Ils sont sur le même label et le second est un peu le fils musical du premier. Ce qui est encore moins surprenant, c’est de voir la beauté des compositions qui ressort de cette collaboration en quatorze titres, avec le cinéma comme base principal. Du folk délicat et lumineux, qui voit Sufjan Stevens revenir à nouveau à ses premières amours, que le duo chante de voix diaphanes.
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Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Difficile à dire tant les informations à leur sujet sont parcellaires. Tout juste sait-on qu’ils sont londoniens. Alors contentons nous de musique. Husband présente celle-ci comme inspirée de The National, Radiohead, Nick Cave ou PJ Harvey. On rajouterait bien The Twilight Sad, Puressence et Get Well Soon à la liste. Mais l’idée est là. Au programme donc, de belles chansons aux mélodies corsetées dans des ambiances sombres et lourdes que viennent éclaircir quelques guitares lumineuses et un piano des plus justes. Un disque qui alterne morceaux de bravoure et balades noires, porté par une voix qui flirte régulièrement avec un chant crooner. Et un ensemble qui, s’il manque d’une production à la hauteur du reste, fait montre d’un sacré talent de composition et d'écriture.
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Découvert via son ami Will Toledo, Naked Days est le projet Degnan Smith où, de façon peu surprenante, on entend beaucoup de Car Seat Headrest (Toledo est à la production, mais pas que). Folk mais aux quelques éruptions rock, soigné avec de belles constructions sachant faire monter la sauce, 'My Head Hz' fait partie de ces albums anodins de prime abord mais qui finalement vous accompagnent toute une année.
Après un premier album lambda et dont il ne reste pas grand chose, les anglais de Shame remettent tout à plat, changent de braquet et d'ambition avec 'Drunk Tank Pink'. A tous les niveaux, cet album est plus fort, plus malin, plus homogène, plus torturé, plus déroutant aussi, avec un post-punk qui se fait cabosser dans tous les sens par du math-rock et des moments hardcore, qui ne laisse pas vraiment l’auditoire respirer mais qui n’oublie son côté pop. Avec leur premier album ils jouaient le ventre mou de Ligue1. Là, ils sont en quart de Ligue des Champions.
Des trois albums très attendus en 2021 du côté de l’Angleterre, ce sont finalement les Squid qui coupent l’herbe sous le pied de Black Country, New Road et Black Midi. Plus abouti que ceux de leurs confrères, 'Bright Green Field' est un disque qui ne déçoit pas et qui est même impressionnant. Très bien construit, avec des titres forts (Narrator, incroyable fait d’armes post-punk) intelligemment placés pour mieux relancer la machine, et porté par une pochette somptueuse, ce premier album de Squid fera sans doute date.
Il était évident que leurs deux premiers excellents Ep allaient attirer du monde. Et il n’est pas étonnant de les voir signer sur une structure telle que 4AD. Car Dry Cleaning le mérite. Car son post-punk arty, son trio guitare/basse/batterie et la voix monocorde de Florence Shaw, qui parle plus qu'elle ne chante, comme complètement détachée de son environnement proche, le mérite. L’album très attendu après d’aussi bons débuts ne déçoit aucunement. Et ils sont finalement vraiment à part sur la scène actuelle.
Pour ceux qui, comme moi, aiment une indie-pop à guitares des années 80, entre jangle et twee-pop, avec une vibe C86, ce premier album de Chime School est fait pour vous. Entre influence américaine et anglaise, il a tout (mélodies, guitares, rythme échevelé) pour plaire. Le meilleur album du genre de 2021.
Groupe belge dont 'Sauvé' est le troisième album, It It Anita aura été un méchant coup de poing en 2021. Du rock énervé, à la batterie puissante, qui aime le noise et des envies de destructuration (tout en restant toujours en ligne). Un disque qui vous chope au colbac dès la chanson d’ouverture Ghost pour ne vous relâcher que 45 minutes plus tard.
De prime abord, cet album de The Limiñanas et Laurent Garnier ne m’a pas convaincu. Passé trop vite dessus, je trouvais que les perpignanais se répétaient trop, tombaient dans le cliché, un peu à l’image du 'Diabolique' sorti il y a deux ans sous l’entité L’Épée. Et puis, il y a eu quelques réécoutes et tout s’est installé, enclenché. Le mariage entre les deux est évident et est la rencontre parfaite pour raconter l’histoire de ces deux gamins perdus, partis dans un road trip destructeur. Un disque aussi psychédélique, cinématique qu’enivrant.
Album singulier que ce 'Vol. 1' du suédois JJULIUS. Une ambiance minimaliste, dépressive voire lugubre où post-punk désabusé (et dans le même temps langoureux), éléments plus expérimentaux et éclaircies pop et lumineuses se cotoient dans un ensemble hypnothique et qui devient très vite évident.
Nouvel album de la française Colleen. Qui réussit une nouvelle fois son coup. Enregistré à Barcelone et dans les tuyaux depuis un moment, il est de ces albums à l’atmosphère unique: soyeuse, cotonneuse, où virevolte ses mélodies répétitives et sa voix qu’on dirait chuchotante. Un disque qui aura accompagné beaucoup de mes fins de soirée, quand le lit vous appelle mais que vous tentez de résister pour on ne sait quelle raison.
Ne nous contorsionnons pas : cet album aurait du se retrouver dans le Top 15 « 7", Ep, Réédition & Compilation ». Car s'il accompagne beaucoup de mes fins de soirées, quand j’ai besoin d’une pop langoureuse et ouatée (on appellerait cela même de la « fog pop » dit-on), au-dessus de laquelle flotte comme un vent de Velvet Underground, c'est en écrivant cette bafouille que je me rends compte que 'If The Ceiling Were A Kite: Vol. 1' est en fait une compilation d’enregistrements des deux dernières années de ce quatuor californien, dont j’aurais découvert en 2021 le talent. Alors, va pour une compilation si tel est le cas. Mais va aussi pour album. Car tout de même, il y a une telle cohérence et une telle homogénéité dans ce disque que j’ai du mal à le voir autrement.
Souvent, il faut quelques écoutes pour tomber raide d’un disque. Pour ce troisième album de Curtis Harding, il aura fallu une minute de la chanson titre If Words Were Flowers. Orchestration ample, cuivre emballant, choeurs au diapason. Tout y est, sauf la voix de Curtis Harding, qui arrive dès le second morceau. Et qui ne fait que confirmer cette première impression. Oui, 'If Words Were Flowers', entre passé et présent, soul et hip-hop, avec une production délicieuse de bout en bout, est un régal de chaque instant, au charme immédiat.
Entre folk et pop, rock et presque wave avec quelques guitares qui slide doucement, une ambiance soulful par moment et même l'ombre de Jackson C. Frank qui plane ici et là, cet album est autant une belle découverte qu’un vrai coup de coeur pour une artiste à la vraie personnalité et au timbre délicieux.
Son précédent 'Caligula' n’avait pas réussi à séduire mes oreilles. Trop puissant, trop habité, trop tout en fait. Rien de tout cela avec 'Sinner Get Ready', qui ne fait pour autant pas dans la facilité. Un disque sombre et sur lequel repose bien des souffrances réelles (Kristin Hayden, qui officie donc sous le nom de Lingua Ignota, les raconte dans ce très long post éprouvant). Une vraie messe noire, terrifiante, où rien n'est feint et où Lingua Ignota habite véritablement ses chansons.
lundi 15 mars 2021
[Track of The Day] The Reds, Pinks & Purples - The Record Player and the Damage Done
Chaque année, il y a les groupes qu'on découvre, les premiers albums
qu'on espère au niveau de singles prometteurs, et les disques qu'on
piaffe d'impatience d'écouter. 'Uncommon Weather' de The Reds, Pinks
& Purples fait partie de la troisième catégorie.Formidable découverte dans une année 2020 qui n'en manquait pourtant pas, le premier album de ce récent projet de Glenn Donaldson fait partie de ces disques dont on sait qu'ils vont nous accompagner un long moment. Mais plutôt que faire patienter leur monde et laisser l'auditeur user 'You Might Be Happy' jusqu'à la corde, les californiens ont préféré remettre l'ouvrage sur le métier pour proposer un deuxième album, à peine six mois après le premier.
Porté par une pochette aux couleurs pastel aussi belles que son prédécesseur, 'Uncommon Weather' promet beaucoup. A en croire les deux premiers extraits, il devrait voir The Reds, Pinks & Purples continuer à creuser le même sillon musical et proposer des chansons mélancoliques à souhait, habillées de guitares jangle-pop aussi lumineuses que déprimées. Réponse le 9 avril.
Autre single extrait de 'Uncommon Weather', voilà le clip de Don't Ever Pray in the Church on My Street de The Reds, Pinks & Purples :
lundi 16 novembre 2020
[Track of The Day] The Reds, Pinks and Purples - Sex, Lies & Therapy
J'aurais pu vous dire que The Reds, Pinks and Purples est le nouveau projet de Glenn Donaldson des Skygreen Leopards. J'aurais pu vous dire que The Reds, Pinks and Purples vient de Los Angeles et que 'You Might Be Happy Someday' est leur deuxième album (et qu'il a d'ailleurs plus les allures de mini-album avec ses 8 chansons et ses 24 minutes). J'aurais pu vous dire aussi que Last Summer in a Rented Room a longtemps eu mes faveurs, démarrage parfait d'album. Mais que depuis, chaque chanson devient peu à peu un coup de cœur, l'une remplaçant l'autre autre au gré des écoutes, avant que celle-ci ne retrouve sa place. J'aurais pu vous dire qu'en ce moment, c'est Sex, Lies & Therapy qui me met par terre, autant par sa musique que par son texte. J'aurais pu vous dire plus simplement que 'You Might Be Happy Someday' de The Reds, Pinks and Purples est sans conteste un des plus beaux disques sortis en 2020. Et que sa très belle pochette, qu'on croirait être un dessin tant elle est colorée et calibrée, n'y est sans doute pas pour rien.
J'aurais pu oui. Mais vu que Xavier Mazure a écrit chez Section 26 un beau papier à propos de cet album, je vais plutôt vous conseiller de le lire. Vous comprendrez vraiment pourquoi ce disque est aussi réussi.
lundi 7 novembre 2022
[Track of The Day] Low - In Metal
Quand j’ai commencé à écrire ces quelques mots, j’ai cherché la chanson à mettre en Une. In Metal s’est imposée d’elle même, tant elle fait partie de mes chansons préférées de Low. Il y a tout Mimi dans cette composition : son jeu ciselé, si aérien, et sa voix pleine de lumière amenant sur un plateau une seconde partie ne demandant que ça pour envoyer définitivement 'Things We Lost in the Fire' au panthéon de la musique.
En lançant l’écoute d'In Metal, les larmes sont venues sans crier gare, sans demander leur reste, et ont continué à couler pendant quelques minutes. Il faut dire que sa voix, celle d’Alan, leurs mélodies, leur noirceur et leur beauté m’ont tellement accompagné tout au long de ma vie qu’ils font partie de moi. Et à en croire les torrents d’hommages et de témoignages que le groupe a reçus depuis ce dimanche après-midi, je n’étais pas le seul, loin de là.
Sa disparition est une tristesse immense qui va avoir du mal à se dissiper. Jamais depuis les décès de Trish Keenan et Jason Molina je n’avais été aussi bouleversé par la disparition d’un artiste. Reposez en paix madame. Nous vous avons aimée follement. Et nous continuerons à vous aimer.
Friends, it’s hard to put the universe into language and into a short message, but
— LOW (@lowtheband) November 6, 2022
She passed away last night, surrounded by family and love, including yours. Keep her name close and sacred. Share this moment with someone who needs you. Love is indeed the most important thing.
lundi 4 octobre 2021
Painted Shrines - Heaven and Holy [Woodsist]
Il y a des disques qui reviennent de loin et dont l'existence ne tient qu'à un fil. Moins légendaire, il y a les disques qui viennent de loin. 'Heaven and Holy' est de ceux-ci. Premier album de Painted Shrines (duo composé de Jeremy Earl et Glenn Donaldson), il a été enregistré en 2018 avant d'être remisé au placard, le temps pour le premier de travailler sur le nouvel opus de Woods (dont il est le chanteur), et au second de lancer la si belle aventure The Reds, Pinks And Purples. Et puis la pandémie, les confinements, ont retardé à nouveau l'affaire.C'est donc trois ans plus tard que ces douze morceaux (sept chansons, cinq instrumentaux) de l'époque voient le jour. Tout juste ont-ils été embellis de la basse de Jeff Moller (Papercuts) a postériori. Et le résultat est bluffant.
En moins de trente minutes, les deux comparses proposent une sorte de folk-rock pysché lové dans les bras d'une indie-pop de belle facture, où les guitares s'en donnent à cœur joie sur un tempo lent et où les élans de voix de Jeremy Earl sont saisissants de beauté. On pense ici beaucoup à la musique de la fin des années 60 et au début des années 70. On pense aussi beaucoup à Love, le groupe de feu-Arthur Lee, sur quelques passages (formidable Fool). Et malgré ces évidences, difficile de dire qu''Heaven and Holy' est anachronique dans le panorama musical actuel tant cet album est avant tout intemporel.
Pugnace autant que touchant, sensible et dans le même temps nerveux, remplis de mélodies merveilleuses à bien des égards (Gone ou Moon Will Rise pour ne citer qu'elles), et à la production ample et dont l'écho donne à l'ensemble une consistance imposante, ce premier album des Painted Shrines est en tout cas une sorte de parenthèse enchantée et un petit délice d'indie-pop. Le monde étant ainsi fait, pas dit que
l'époque s'entiche de ce 'Heaven and Holy'. Mais il y a fort à parier qu'il deviendra un de ces trésors cachés ou oubliés qu'on aime à déterrer des années plus tard, en s'enthousiasmant à raison de ses mélodies et de ses chansons, et en se demandant comment on a bien pu passer à côté. (Sortie : 5 mars 2021)
Plus :
'Heaven and Holy' de Painted Shrines est à l'écoute sur leur bandcamp
'Heaven and Holy' de Painted Shrines est à l'achat sur leur bandcamp
'Heaven and Holy' de Painted Shrines est disponible en vinyle sur le site de Woods
'Heaven and Holy' de Painted Shrines est à l'écoute, notamment, chez Deezer et Spotify
Trois chansons de 'Heaven and Holy' de Painted Shrines en écoute aujourd'hui. Fool pour ouvrir le bal (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Moon Will Rise. Et enfin, Gone :
lundi 26 décembre 2022
Bilan 2022 : Top « 7", Ep & Rééditions »
Après avoir clôs la saison avec Rosie Thomas et Sufjan Stevens, il est temps de tirer le bilan de l'année 2022, comme le veut la tradition. Et comme ce n'est pas en vieillissant que je vais changer mon fusil d'épaule, ce bilan annuel se déroulera comme les années précédentes : en quatre temps. Il se terminera dimanche matin par mes cinquante chansons préférées de l'année pour ouvrir 2023 comme il se doit. Quelques jours avant sera publié un bilan des quarante albums qui auront fait mon 2022. Mais avant d'en arriver là, ouvrons le bal avec les meilleurs 45-tours, Ep et autres rééditions qui auront rythmés mes 365 derniers jours.
- Les 40 meilleurs Ep de l'année selon Indie Rock Mag
Et donc, sous mon chapeau perdu ? Une très belle année, aux 45-tours plein de grandes chansons, aux Ep remplis de promesses et annonciateurs de jours qui chantent pour leurs auteurs. Et des rééditions, ô que de bien belles rééditions, avec des retrouvailles qui séduisent et nous brisent le coeur à nouveau, une découverte française fameuse et un chef d'oeuvre réédité pour la première fois depuis sa sortie et qui, plus d'un demi siècle après, reste plus que jamais un chef d'oeuvre.
Tout est à lire/découvrir ci-dessous. Et comme lire de la musique c'est bien mais l'écouter c'est mieux, au bas de cette page se trouvent des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter une chanson de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !
Bilan 2022 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21
Et vous, c’était comment votre premier baiser ? Le sien, Lucy Dacus le raconte en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (1'54" au compteur) dans la chanson titre de ce 45-tours, nerveuse à souhait où l’américaine fait montre une nouvelle fois de son talent pour raconter des histoires. Pour bien faire les choses, elle ajoute en face-B le délicat mais aux paroles sombres Thumbs Again
Ce qui surprend le plus à l’écoute de Six Hills, c’est à quel point la production capitonnée, souvent brumeuse, qui allait bien au teint des Lewsberg a disparu. A la place, on a droit à un son puissant et carré. Et ca marche. One shot pour le label Speedy Wunderground de Dan Carey, faiseur de carrière par excellence, et sans conteste le titre le plus efficace et immédiat des néerlandais, qui ne renient rien de leur passé en changeant de braquet.
Souvent croisés, rarement écoutés, j’aurais enfin pris le temps en 2022 de me mettre aux Sinaïve. Difficile il faut dire aussi de résister à ce 'Super 45T' du trio strasbourgeois, entre balade simple et belle, noisy-pop aux effluves sixties, shoegaze tendu et même un peu de Noir Désir de fin de carrière. De la belle ouvrage assurément, à la pochette belle comme tout.
Grosse année pour les Sprints qui après un dépotant 'A Modern Job Ep' (voir plus bas) auront enfoncé le clou avec 'Literary Mind 7"' et sa chanson titre ambitieuse, qui déborde de guitares et au duel vocal imparable. Un titre qui voit les Sprints faire évoluer leur son, avec l'aide de leur producteur de toujours, le Gilla Band Daniel Fox. Un Literary Mind qui nous rapproche un peu plus du moment où le quatuor irlandais va exploser à la face du monde.
On l’oublie souvent mais Fourth of July est en train petit à petit de s’imposer comme une des plus grandes chansons de Sufjan Stevens. L’américain a décidé cette année de publier un 45-tours du dit morceau pour honorer les dix ans du décès de sa mère Carrie. Mais non en publiant le morceau original mais en en proposant deux relectures. Les grandes chansons restant magnifiques dans d’autres habits, Fourth of July ne déroge pas à la règle aussi bien dans sa version April Base (qu’on dirait venue d’une session de 'Seven Swans') que DUMBO. « We’re all gonna die » comme il dit. Mais en beauté.
A chaque année ses chansons de The Reds, Pinks & Purples. Et parmi la myriade de singles qu’a publiés Glenn Donaldson en 2022, choisissons les trois chansons sorties sous le nom 'Slow Torture of an Hourly Wage'. Pas vraiment un 45-tours au sens strict du terme (les morceaux n’existent jusque là qu’au format digital) mais indéniablement un « disque » remarquable, mélancolique à souhait et à la jangle-pop déprimée.
Jane Weaver - Oblique Fantasy 7" [Speedy Wunderground]EP
Second Ep pour ce trio lyonnais nommé Antenn.e et dont le titre 'A. Bogoliubsky, Chien' fait référence à un dignitaire « russe » du XIIè siècle. Un disque de six morceaux, aux quelques références Clash-ienne (on ne me fera pas croire que Cheers n’est pas un clin d’oeil), résolument post-punk et de très haute volée. Sacrément prometteur.
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Avec ses allures de mini-album, cet Ep de Bambara est dans la continuité de 'Stray', leur excellent album de 2020. Le disque s’appelle 'Love On My Mind' mais est loin du positif qu'on serait en droit d'attendre, tant les new-yorkais continuent de fouiller dans les noirceurs de l'âme et de raconter les vies de gens qui ont suivi une autre voie que celle que l'on avait tracé pour eux. Le tout entre deux riffs de guitares ou de langoureuses frappes de batterie. Avec trois chansons de plus de cette qualité, j'en aurais fait un des albums de mon année.
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Broadcast - Mother Is the Milky Way [Warp Records]
Jamais vraiment remis de la disparition de Trish Keenan il y a bientôt douze ans, l’année 2022 aura été un petit bonheur pour les amoureux de sa voix et des compositions qu’elle façonnait avec James Cargill. Au programme, pas moins de trois rééditions. A commencer par la compilation ‘Maida Vale Sessions' ou quinze morceaux (dont une reprise de Nico en clôture) enregistrés à la BBC sur quatre sessions différentes (1996, 1997, 2000 et 2003) qui fait montre de la beauté qui irradiait de ce groupe. 'Microtronics Volumes 01 & 02' elle, est une compilation qui date de 2003, vendue uniquement lors des concerts du groupe pour la tournée de 'Haha Sound'. Un disque totalement instrumental, aux morceaux très courts, presque comme des gimmicks, mais où l'âme de Broadcast est bien présente. Enfin, 'Mother Is The Milky Way', un Ep de 2009, très onirique autant que weirdo (le mot anglais est ici le plus adequat), mais que la voix de Trish Keenan apaise toujours. Dieu qu’elle nous manque.
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J’ai longtemps cru que ce premier - et jusque-là unique - album des rennais de Gwendoline allait être un de mes albums de l’année. Mais il s’avère que cet excellent disque date de 2020, publié à l’époque sur Dead Wax et que le label Mega a fort opportunément ressorti cette année. Certes, le tracklisting original est ici complètement chamboulé (et c’est peut-être d’ailleurs pour le mieux) mais la puissance de leur cold-wave et de leurs textes desespérés est tout à fait remarquable.
Il aura fallu 54 ans pour voir ce bijou réédité. Cinquante-quatre longues années pour profiter à nouveau de ce mètre étalon dans tout ce qui touche au duo homme/femme en musique. Dans cet album merveilleux, découvert au hasard à l’époque où pour écouter tout ce que nous voulions Soulseek était la norme, il n’y a quasiment que des tubes (Summer Wine, Greenwich Village Folk Song Salesman), des mélodies pop tuantes un peu de partout et une alchimie incroyable entre les deux personnages qui s’attirent, puis s'éloignent pour mieux se séduire, se regarder par en-dessous et ne plus se lâcher des yeux. Chef d’œuvre en 1968. Chef d’œuvre en 2022.
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21
Comme promis, une chanson de chacun des disques présentés se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous:















