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jeudi 26 décembre 2024

Bilan 2024 : Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »


Jeudi 26 décembre oblige, et pour respecter la tradition de ce blog de près de vingt ans, il est temps de passer au bilan de cette année 2024. Un travail sans doute un peu vain pour beaucoup mais une habitude chez moi à laquelle j’apprécie toujours autant répondre, un quart de siècle après ma première fois, tant tout cela permet, ne serait-ce qu'à moi, de trier le bon grain de l’ivraie et d’en ressortir le meilleur. Un bilan qui se déroulera comme à chaque fois en quatre temps : aujourd’hui, tout ce qui à trait aux formats courts, aux rééditions et autres compilations. Samedi, la première partie du top album (avec les disques classés de 21 à 40). Lundi, la suite de ce top album (avec les disques classés de 1 à 20). Et enfin, le 1er janvier, les 50 chansons qui auront fait mon année, à écouter au réveil d'un jour de l’an que l'on imagine plein d'excès.

Mais avant d’aller plus loin, regardons un peu (là aussi, comme le veut la tradition) quels bilans ont tiré les sites amis (ou non) de cette année 2024 :
- Les meilleures rééditions de 2024 selon Treble
- Le bilan vraiment annuel de Sun Burns Out
- Les 10 Ep de l’année de Sound of Violence
- Les rééditions de 2024 selon Raven Sings The Blues
- Le top 2024 des contributeurs du Gospel

Ouvrons donc le bal avec les meilleurs singles, Ep et autres rééditions de l’année 2024. Avec une nouvelle fois beaucoup de 45-tours, un artiste habitué de ces pages (que voulez-vous, on est fan ou on ne l’est pas), la réédition d’un disque plus qu’immense et deux compilations à vous mouiller les yeux. C’est à lire ci-dessous. Et comme lire sans écouter quand on parle de musique est un peu dommage, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) proposant chacun une chanson des seize disques proposés ici. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !


Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)



7" / Single numérique

Moreish Idols - Pale Blue Dot 7" [Speedy Wunderground]
Difficile de ne pas célébrer le cinquantième 45-tours du label londonien Speedy Wunderground. Et encore plus quand le disque en question compte une de leurs meilleures sorties. Pale Blue Dot, une chanson remarquablement produite, très mélodique, aux belles harmonies vocales, à la rythmique essentielle, et comme construite sur plusieurs strates mais qui s'agencent avec bonheur les unes aux autres. Un morceau de Moreish Idolsqui fait plus qu'honneur à ce label ô combien indispensable.
No Drama - Papershop / A City Within 7" [Hidden Bay Records / Araki Records / Bus Stop Press / Seitan's Hell Bike Punks / Stonehenge Records (FR) - Brainwasher Records (DE) - Anything Bagel (US) - Wood of Heart (JP)]
Nouveau single pour le quatuor toulousain No Drama (qui compte notamment Manon Raupp d'Hidden Bay Records), avec autant de guitares acérées, de gimmick accrocheur, de langueur électrique que d'explosions exquises pour satisfaire tout amateur de rock à la sauce 90s. Très recommandé (et à un prix tout mini).
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Chappell Roan – Good Luck, Babe! [Island Records]
En l’espace de quelques mois, l’américaine Chappell Roan est passée des premières parties d’Olivia Rodrigo à remplir des stades et à être la tête d’affiche de nombreux festivals l’été prochain. La faute à Good Luck, Babe!, tube en or massif avec son ambiance rétro eighties, son refrain qui éclate, sa voix qui monte haut et qui emporte son monde avec elle. D’ailleurs, vous en connaissez beaucoup des tubes d’une (désormais) superstar qui sont sortis en 45-tours ? Pour une fois que je ne suis pas à la traîne niveau tubes grand public...
Laetitia Sadier & Storefront Church - La Langue Bleue 7" [Duophonic Super 45s]
Laetitia Sadier n'aura pas arrêté cette année. Et c'est peut-être sur ce duo avec les américains de Storefront Church qu'elle a été à son meilleur. La Langue Bleue, une chanson ample, à l'orchestration imposante mais léchée, à la beauté cinématographique, qui n'est pas sans rappeler quelques esthètes français du genre (Vannier, Legrand). Sublime.
RVG - Don't Take It Badly / Pet Sematary Double-A Single [Fire Records]
Don't Take It Badly dans une veine jangle-pop en face-A, Pet Sematary, une reprise d'une chanson des Ramones, en face-B : si les australiens de RVG ne sont pas revenus avec un nouvel album (après tout, 'Brain Worms' ne date que de 2023), ils ont fait les choses bien avec ce 45-tours malheureusement uniquement numérique. Deux chansons où la voix et la présence de Romy Vager font toute la différence.
Cindy - Swan Lake 12" [Tough Love Records]
Si je leur reconnais beaucoup de qualités, je n'avais jamais été renversé par les albums des californiens de Cindy, que je trouvais un peu trop ronronnant sur la longueur. Mais cette année, en resserrant leur propos sur un 12" de six chansons, toujours comme hors du temps, le groupe de San Francisco, mené et porté par la voix de Karina Gill et ses airs de Nico, emporte totalement l'adhésion.
The Decemberists - Joan In The Garden [Y.A.B.B. Records]
The Decemberists ont une carrière longue comme le bras. Alors pour leur nouvel album, à contre courant de ce qui se fait généralement, ils ont poussé Joan In The Garden comme second « single » de leur album alors à venir. Une chanson de quasi vingt minutes qui imagine Jeanne d’Arc avoir ses visions. Une chanson très longue donc qui voit Colin Meloy et son groupe mener ça de main de maître, passer du folk au rock et même près de cinq minutes d’expérimentations, et clôturer de façon audacieuse et remarquable son dernier album. Mais vous me direz : que vient faire un extrait d’un album dans cette section là ? Tout simplement parce que cette chanson a été pressé en 12" à l’occasion de quelques listening parties lancées par leur propre label. Certes, la production s’est limitée à quatorze (oui, 14) exemplaires et n’a jamais été mis en vente, mais ce pressage existe. Il a donc toute sa place ici.
Antenna - Antenna Ep [Urge Records]
Nouveau projet de l'australien Tim 'Shogun' Wall (ancien chanteur de Royal Headache), Antenna aura publié son premier Ep en 2024. Et si je devais classer tous les disques cités dans ce premier papier « bilan », ce disque serait sans doute tout en haut. Avec cinq chansons pour douze minutes, qui débordent d'énergie, de garage punk frénétique aux reflets power-pop, 'Antenna Ep' est un disque impeccable, catchy où la voix de Tim Wall est incroyable de présence, de justesse et d'émotion.
Bar Italia - The Tw*ts Ep [Matador Records]
Cet Ep n’atteint sans doute pas la classe de 'Tracey Denim' et 'The Twits', leurs deux albums publiés l’an passé et qui les avait vus vraiment éclore à la face du monde. Pour autant, avec cet Ep (malheureusement uniquement numérique) et ses quatre chansons (dont trois inédits), le trio Bar Italia prouve qu’il est décidément au-dessus de la mêlée.
Junior Varsity - My Star Ep [Key Records]
Porté par ce qu'il faut bien appeler un banger qui dit tout en même pas trois minutes (imparable Cross The Street dont on reparlera dans le top singles), ce nouvel Ep de Junior Varsity, entre pop  pourrait enfin permettre au duo californien de voir leur carrière prendre une nouvelle envergure. Disque d'indie-pop très dansante et qui n'est pas sans rappeler le début des années 2000. A suivre de près.
MF Doom – MM..Food (20th Anniversary Edition) [Rhymesayers Entertainment]
On le cite assez peu lorsqu'on évoque la discographie de MF Doom, mais s'il a bien une chose que cette réédition aura permis cette année, c'est de se rendre compte que derrière l'évident (et intouchable) 'Madvillainy', 'MM.. Food' est sans doute le meilleur album de MF Doom (oui, devant 'Operation: Doomsday' ou 'Vaudeville Villain'). Le plus chiadé niveau prod, avec le storytelling le mieux foutu et les samples les plus raccords avec son rap et son discours. Et si l'on ne tombera pas de notre chaise  à l'écoute des bonus (toutefois pas inintéressants), si l'on regrettera que la pochette originale ait été remplacée par une nouvelle plus quelconque, l'essentiel est à chercher ailleurs : le retour sur le devant de la scène d'un album plus que majeur de l'histoire du hip-hop et des années 2000.
Aline - La lune sera bleue (2009-2015) [–]
Compilation de sept inédits et de deux reprises (Tombé pour la France d’Étienne Daho et Moi je joue de Brigitte Bardot) enregistrés entre New-York et Marseille de 2009 à 2015 et financé par crowdfunding, 'La lune sera bleue' aura marqué un premier retour pour Aline, sur scène et dans les bacs, avant peut-être d'autres nouvelles chansons et aventures. Un catalogue d'inédits qui montre à quel point Aline était un groupe au-dessus de la concurrence.
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Broadcast - Distant Call: Collected Demos 2000-2006 [Warp]
Broadcast - Spell Blanket: Collected Demos 2006-2009 [Warp]
Quatorze ans depuis la disparition de Trish Keenan. James Cargill, son compagnon, continue d'essayer de perpétuer sa mémoire. Et il l’aura très bien fait avec ces deux superbes compilations de démos, l'une pour la période 2000-2006 (avec des chansons qui finiront sur leurs albums de l’époque), l'autre pour les trois années suivantes (avec ici des chansons qui auront du finir sur leur cinquième album). C'est évidemment beau, intime mais aussi touchant et prouve à quel point Trish Keenan, sa voix et sa douceur manquent dans le paysage actuel.
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Bob Dylan - The Complete Budokan 1978 [Columbia Records]
Bob Dylan - The 1974 Live Recordings [Columbia Records]
Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, aucune surprise de trouver dans cette sélection les deux nouvelles rééditions de Bob Dylan publiées cette année par Columbia. Surtout qu'une nouvelle fois, tout est passionnant à fouiller, des quatre disques de ses concerts au Japon ou ses vingt-sept disques (27 !) de la tournée de 1974 avec The Band. C'est évidemment beaucoup trop pour quelqu'un qui apprécie tout juste Dylan et donc réservé aux fans hardcore. Et comme j’en suis un, c'est une nouvelle fois (et c'est toujours le cas depuis que les Bootleg Series ont commencé) absolument indispensable.
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Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)


Comme promis, deux players (Spotify et Deezer), également disponibles ci-dessous, proposant chacun une chanson de quinze disques évoqués ici, la seizième (No Drama) étant disponible avec son lecteur bandcamp. Bonne écoute !

lundi 26 décembre 2022

Bilan 2022 : Top « 7", Ep & Rééditions »


Après avoir clôs la saison avec Rosie Thomas et Sufjan Stevens, il est temps de tirer le bilan de l'année 2022, comme le veut la tradition. Et comme ce n'est pas en vieillissant que je vais changer mon fusil d'épaule, ce bilan annuel se déroulera comme les années précédentes : en quatre temps. Il se terminera dimanche matin par mes cinquante chansons préférées de l'année pour ouvrir 2023 comme il se doit. Quelques jours avant sera publié un bilan des quarante albums qui auront fait mon 2022. Mais avant d'en arriver là, ouvrons le bal avec les meilleurs 45-tours, Ep et autres rééditions qui auront rythmés mes 365 derniers jours.

Mais comme je suis un homme de tradition donc, allons tout d'abord jeter un coup d'oeil chez le voisinage pour voir quel bilan ils ont tiré de 2022 :
- Le Top Album de la rédaction précieuse de Section26
- Les 40 meilleurs Ep de l'année selon Indie Rock Mag
- Les 20 meilleurs Ep de 2022 selon l'essentiel For The Rabbit
- Les 20 meilleurs Ep de l'année selon les tout autant essentiels The Revue
- Les 25 Ep de 2022 selon Stereogum

Et donc, sous mon chapeau perdu ? Une très belle année, aux 45-tours plein de grandes chansons, aux Ep remplis de promesses et annonciateurs de jours qui chantent pour leurs auteurs. Et des rééditions, ô que de bien belles rééditions, avec des retrouvailles qui séduisent et nous brisent le coeur à nouveau, une découverte française fameuse et un chef d'oeuvre réédité pour la première fois depuis sa sortie et qui, plus d'un demi siècle après, reste plus que jamais un chef d'oeuvre.
Tout est à lire/découvrir ci-dessous. Et comme lire de la musique c'est bien mais l'écouter c'est mieux, au bas de cette page se trouvent des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter une chanson de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !


Bilan 2022 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21


7"
 
Lucy Dacus - Kissing Lessons 7" [Matador Records]
Et vous, c’était comment votre premier baiser ? Le sien, Lucy Dacus le raconte en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (1'54" au compteur) dans la chanson titre de ce 45-tours, nerveuse à souhait où l’américaine fait montre une nouvelle fois de son talent pour raconter des histoires. Pour bien faire les choses, elle ajoute en face-B le délicat mais aux paroles sombres Thumbs Again
 
 
Lewsberg - Six Hills 7" [Speedy Wunderground]
Ce qui surprend le plus à l’écoute de Six Hills, c’est à quel point la production capitonnée, souvent brumeuse, qui allait bien au teint des Lewsberg a disparu. A la place, on a droit à un son puissant et carré. Et ca marche. One shot pour le label Speedy Wunderground de Dan Carey, faiseur de carrière par excellence, et sans conteste le titre le plus efficace et immédiat des néerlandais, qui ne renient rien de leur passé en changeant de braquet.


Sinaïve - Super 45T [Hidden Bay Records / Hellzapoppin Records / Arvo Disques]
Souvent croisés, rarement écoutés, j’aurais enfin pris le temps en 2022 de me mettre aux Sinaïve. Difficile il faut dire aussi de résister à ce 'Super 45T' du trio strasbourgeois, entre balade simple et belle, noisy-pop aux effluves sixties, shoegaze tendu et même un peu de Noir Désir de fin de carrière. De la belle ouvrage assurément, à la pochette belle comme tout.
 




Sprints - Literary Mind 7" [Nice Swan Recordings]
Grosse année pour les Sprints qui après un dépotant 'A Modern Job Ep' (voir plus bas) auront enfoncé le clou avec 'Literary Mind 7"' et sa chanson titre ambitieuse, qui déborde de guitares et au duel vocal imparable. Un titre qui voit les Sprints faire évoluer leur son, avec l'aide de leur producteur de toujours, le Gilla Band Daniel Fox. Un Literary Mind qui nous rapproche un peu plus du moment où le quatuor irlandais va exploser à la face du monde.


Sufjan Stevens - Fourth of July 7" [Asthmatic Kitty Records]
On l’oublie souvent mais Fourth of July est en train petit à petit de s’imposer comme une des plus grandes chansons de Sufjan Stevens. L’américain a décidé cette année de publier un 45-tours du dit morceau pour honorer les dix ans du décès de sa mère Carrie. Mais non en publiant le morceau original mais en en proposant deux relectures. Les grandes chansons restant magnifiques dans d’autres habits, Fourth of July ne déroge pas à la règle aussi bien dans sa version April Base (qu’on dirait venue d’une session de 'Seven Swans') que DUMBO. « We’re all gonna die » comme il dit. Mais en beauté.
 

The Reds, Pinks & Purples - Slow Torture of an Hourly Wage [-]
A chaque année ses chansons de The Reds, Pinks & Purples. Et parmi la myriade de singles qu’a publiés Glenn Donaldson en 2022, choisissons les trois chansons sorties sous le nom 'Slow Torture of an Hourly Wage'. Pas vraiment un 45-tours au sens strict du terme (les morceaux n’existent jusque là qu’au format digital) mais indéniablement un « disque » remarquable, mélancolique à souhait et à la jangle-pop déprimée.
Jane Weaver - Oblique Fantasy 7" [Speedy Wunderground]
Très gros coup de coeur de l’année, le single de la liverpuldienne Jane Weaver, chez les anglais de Speedy Wunderground, encore eux. Une chanson qui s’intitule Oblique Fantasy, qui occupe les deux faces du 45-tours, et dont la structure dynamique, qui ne relâche jamais son rythme, fait merveille. Cerise sur le gâteau, la voix de Jane Weaver, qui sublime une bien belle mélodie.

The Wedding Present - 24 Songs Project [Scopitones & Clue Records]
Sacré David Gedge, l’homme qui n’aime rien de plus que composer de nouvelles chansons. Au programme de ce projet, vingt-quatre nouvelles compos dispatchées sur douze 45-tours, un pour chaque mois de l’année. Le résultat ? Épatant pour dire le moins. Alors certes, il y a quelques face-b sans grand relief et si tout n’est pas extraordinaire, l’ensemble se tient sacrément. Et un tel projet, fou à une époque comme la nôtre, était à signaler.


EP

Antenn.e - A. Bogoliubsky, Chien Ep [-]
Second Ep pour ce trio lyonnais nommé Antenn.e et dont le titre 'A. Bogoliubsky, Chien' fait référence à un dignitaire « russe » du XIIè siècle. Un disque de six morceaux, aux quelques références Clash-ienne (on ne me fera pas croire que Cheers n’est pas un clin d’oeil), résolument post-punk et de très haute volée. Sacrément prometteur.
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Bambara - Love On My Mind Ep [Wharf Cat Records]
Avec ses allures de mini-album, cet Ep de Bambara est dans la continuité de 'Stray', leur excellent album de 2020. Le disque s’appelle 'Love On My Mind' mais est  loin du positif qu'on serait en droit d'attendre, tant les new-yorkais continuent de fouiller dans les noirceurs de l'âme et de raconter les vies de gens qui ont suivi une autre voie que celle que l'on avait tracé pour eux. Le tout entre deux riffs de guitares ou de langoureuses frappes de batterie. Avec trois chansons de plus de cette qualité, j'en aurais fait un des albums de mon année.


Sprints - A Modern Job Ep [Nice Swan Records]
Encore eux oui. Parce qu'avant de les voir évoluer sur un Literary Mind jouissif, les Sprints ont quelques mois auparavant sorti 'A Modern Job Ep', dans la continuité de leur 'Manifesto Ep'. Un quatre titres urgent et puissant, aux chansons mémorables (Delia Smith tout de même !). Ces jeunes gens vont aller très très loin.
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REEDITIONS


Broadcast - Maida Vale Sessions [Warp Records]
Broadcast - Microtronics Volumes 01 & 02 [Warp Records]
Broadcast - Mother Is the Milky Way [Warp Records]
Jamais vraiment remis de la disparition de Trish Keenan il y a bientôt douze ans, l’année 2022 aura été un petit bonheur pour les amoureux de sa voix et des compositions qu’elle façonnait avec James Cargill. Au programme, pas moins de trois rééditions. A commencer par la compilation ‘Maida Vale Sessions' ou quinze morceaux (dont une reprise de Nico en clôture) enregistrés à la BBC sur quatre sessions différentes (1996, 1997, 2000 et 2003) qui fait montre de la beauté qui irradiait de ce groupe. 'Microtronics Volumes 01 & 02' elle, est une compilation qui date de 2003, vendue uniquement lors des concerts du groupe pour la tournée de 'Haha Sound'. Un disque totalement instrumental, aux morceaux très courts, presque comme des gimmicks, mais où l'âme de Broadcast est bien présente. Enfin, 'Mother Is The Milky Way', un Ep de 2009, très onirique autant que weirdo (le mot anglais est ici le plus adequat), mais que la voix de Trish Keenan apaise toujours. Dieu qu’elle nous manque.
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Gwendoline - Après c'est gobelet! [Mega]
J’ai longtemps cru que ce premier - et jusque-là unique - album des rennais de Gwendoline allait être un de mes albums de l’année. Mais il s’avère que cet excellent disque date de 2020, publié à l’époque sur Dead Wax et que le label Mega a fort opportunément ressorti cette année. Certes, le tracklisting original est ici complètement chamboulé (et c’est peut-être d’ailleurs pour le mieux) mais la puissance de leur cold-wave et de leurs textes desespérés est tout à fait remarquable.
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Nancy & Lee - Nancy & Lee [Light in the Attic]
Il aura fallu 54 ans pour voir ce bijou réédité. Cinquante-quatre longues années pour profiter à nouveau de ce mètre étalon dans tout ce qui touche au duo homme/femme en musique. Dans cet album merveilleux, découvert au hasard à l’époque où pour écouter tout ce que nous voulions Soulseek était la norme, il n’y a quasiment que des tubes (Summer Wine, Greenwich Village Folk Song Salesman), des mélodies pop tuantes un peu de partout et une alchimie incroyable entre les deux personnages qui s’attirent, puis s'éloignent pour mieux se séduire, se regarder par en-dessous et ne plus se lâcher des yeux. Chef d’œuvre en 1968. Chef d’œuvre en 2022.


Bilan 2022 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21


Comme promis, une chanson de chacun des disques présentés se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous:
 
 

lundi 7 novembre 2022

[Track of The Day] Low - In Metal


 
Mimi Parker était une Reine. Une chanteuse à la voix d’ange, une batteuse au jeu «quietly innovative» comme l'a si bien dit Glenn Donaldson ce dimanche. Une artiste merveilleuse et pilier d’un des plus grands groupes au monde qui, depuis 30 ans, ne cessait d’avancer, de créer, d’émouvoir, sans jamais ennuyer. Sa disparition, si rapide après l’annonce de sa maladie, n’est sans doute pas une surprise au fond mais un véritable uppercut et un crève-cœur incroyable.

Quand j’ai commencé à écrire ces quelques mots, j’ai cherché la chanson à mettre en Une. In Metal s’est imposée d’elle même, tant elle fait partie de mes chansons préférées de Low. Il y a tout Mimi dans cette composition : son jeu ciselé, si aérien, et sa voix pleine de lumière amenant sur un plateau une seconde partie ne demandant que ça pour envoyer définitivement 'Things We Lost in the Fire' au panthéon de la musique.

En lançant l’écoute d'In Metal, les larmes sont venues sans crier gare, sans demander leur reste, et ont continué à couler pendant quelques minutes. Il faut dire que sa voix, celle d’Alan, leurs mélodies, leur noirceur et leur beauté m’ont tellement accompagné tout au long de ma vie qu’ils font partie de moi. Et à en croire les torrents d’hommages et de témoignages que le groupe a reçus depuis ce dimanche après-midi, je n’étais pas le seul, loin de là.

Sa disparition est une tristesse immense qui va avoir du mal à se dissiper. Jamais depuis les décès de Trish Keenan et Jason Molina je n’avais été aussi bouleversé par la disparition d’un artiste. Reposez en paix madame. Nous vous avons aimée follement. Et nous continuerons à vous aimer.
 
 
 
 

jeudi 9 octobre 2014

[Track of The Day] Fear of Men - Descent

Quatuor de Brighton, Fear of Men son deuxième album 'Loom'. Groupe à côté duquel j'étais passé l'année dernière. Et que j'aurais aimé découvrir sur scène lors de la première soirée de 'Heart of Glass, Heart of Glass' il y a quelques semaines de cela si un périphérique lyonnais embouteillé comme rarement m'en avait laissé la possibilité.

Fear of Men fait dans l'indie-pop pleine de guitare, mais qui a une chose que les autres n'ont pas : Jessica Weiss ; et surtout sa voix. Sa particularité ? Elle rappelle étrangement celle de Trish Keenan, chanteuse de Broadcast, disparue il y a bientôt quatre ans. D'ailleurs, Fear of Men, et cette similarité dans la voix aidant, me fait penser à un Broadcast pop, avec ce souci évident pour la mélodie, avec une rythmique d'une grande force, une production aux oignons et des guitares ne tombant jamais dans la surenchère. Sur certains passages, on jurerait presque entendre un croisement entre The Magnetic Fields et Broadcast (America).

Mieux, sur Atla, la toute dernière chanson de 'Loom', tout en acoustique, il y a ce côté anti-folk, comme si une version féminine de Jeffrey Lewis avait fricoté avec Kimya Dawson. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.

Album : Loom
Année : 2014
Label : Kanine

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Descent est également en écoute sur le soundcloud des Fear of Men et ci-dessous :




America, la chanson qui me fait penser à une rencontre entre les Magnetic Fields et Broadcast :



Luna, une des chansons de 'Loom', a également sa version française. Objectivement, on ne comprend pas grand chose à ce qu'elle peut raconter, mais c'est très mignon :


Enfin, Fear of Men s'est osé à une reprise de Ty Segall sur la face-b de leur single Tephra :



mardi 15 mars 2011

[Track of The Day] Prefuse 73 - The Only Hand To Hold (feat. Shara Worden)

Cela faisait un moment que j'avais perdu de vue le père Prefuse 73. Pour ainsi dire depuis son 'Security Screenings', bel album de 2006 dénonçant la course à la sécurité dans les aéroports qui a suivi le 11 septembre 2001. Un disque où l'on retrouvait notamment Four Tet responsable (comme souvent) du meilleur morceau de l'album, Creating Cyclical Headaches, qui voyait se confronter le touché mélodique de 'Rounds' et la dureté de 'Everything Ecstatic'.

Bref, depuis, plus rien nada, aussi bien avec Prefuse 73 qu'avec ses autres et multiples projets. Et puis au gré d'une newsletter de Warp, j'apprends que Prefuse 73 sort un nouvel album le 26 avril prochain, 'The Only She Chapters' qui verra certaines voix féminines fameuses se succéder au micro, de Zola Jesus à Shara Worden de My Brightest Diamond en passant par la toujours très regrettée Trish Keenan de Broadcast.

Et si je suis à la base très impatient de voir de quoi l'association Prefuse 73/Trish Keenan va accoucher, je le suis encore plus après l'écoute du premier extrait pour l'instant disponible de ce 'The Only She Chapters', The Only Hand To Hold (featuring Shara Worden), titre très prometteur, atmosphérique, fugace et vaporeux. 

Album: The Only She Chapters 
Année: 2011 
Label: Warp 

The Only Hand To Hold (feat. Shara Worden) est disponible en téléchargement gratuit et légal sur le site officiel de Prefuse 73 en cliquant ici.

mardi 8 février 2011

Ensemble - Excerpts [Fat Cat]

Stupéfiant. Le premier album d'Ensemble avait été une surprise sortie de nulle part, d'une beauté stupéfiante donc, lovant ses compositions dans un univers de folktronica ouaté. Même Chan Marshall/Cat Power, présente en featuring, m'avait emballé, elle qui m'hérisse d'ordinaire le poil; c'est dire.

Surprenant. C'est l'annonce de la suite. Non pas qu'elle soit injustifiée mais dans une industrie musicale où le succès commercial est la seule à avoir voix au chapitre, l'échec du premier album aurait du sonner le glas des aspirations fat-catesque d'Olivier Alary le toulousain, l'homme derrière Ensemble.

Mais il n'en est rien. Car 1) le soit disant échec commercial du premier Ensemble n'en est peut-être pas un (ce n'est qu'une opinion personnelle basée sur de très très faibles retours sur cet opus là). Et 2) Fat Cat n'étant pas un label comme les autres, il lui a évidemment laissé sa chance.

'Excerpts' est donc le second album d'Ensemble. Une suite qui aura mis quatre années à venir… soit le temps de gestation du premier album (on ne se refait pas). Et un disque qui s'éloigne - un peu - de l'ambiance electronica-planante et du minimalisme pour plus se rapprocher d'une pop toujours teintée d'électro, parfois atmosphérique mais surtout virevoltante.

A l'image d'Arandel, Olivier Alary a enregistré cet album sans faire appel au sampling ou aux ordinateurs, préférant tabler sur des instruments plus traditionnels. En y mettant beaucoup de cordes, et en alternant chant anglais et chant français (où sa voix évoque très souvent celle d'un certain Dominique A), Olivier Alary fait prendre à son Ensemble un premier tournant et amène sa musique dans des lieux plus ancrés dans la réalité.

Peut-être moins cohérent que son prédécesseur, sûrement moins bon (faut dire que l'autre était d'une très grande classe), 'Excerpts' reste cependant un album à découvrir et qu'on prendra le soin d'écouter souvent pour en découvrir tous les petits secrets.
Plein d'ambiance, théâtral par moments, enivrants par d'autres, presque shoegazien aussi, susurré le reste du temps, ce disque est aussi enchanté par Darcy Conroy, la voix féminine qui se balade tout au long des sillons de l'album, et qui rappelle étrangement par moment celle de la très regrettée Trish Keenan. (Sortie: 17 janvier 2011)


Son:
Myspace (Deux chansons de 'Excerpts' en écoute)
Site officiel d'Ensemble

Deux chansons en écoute: le classieux Things I Forget et le très ambiant Before Night. (malheureusement plus en ligne)