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dimanche 30 mars 2008

Track of The Day (25-31 mars 2008)

Une semaine musicale avec des géants et quelques nouveaux groupes charmants. Ainsi que la suppression des pages persos où j'entreposais de la musique pour la mettre en écoute ici, et ce uniquement en streaming. Ce qui explique donc le fort ralentissement dans l'écriture et la publication de nouvelles chroniques (et c'est pas l'envie qui manque). Merci Free! Mais heureusement, il reste deezer! (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 31 mars 2008:

* Leonard Cohen - Boogie Street [Sony]
Le grand Leonard Cohen sera de passage en France cet été. Auteur-compositeur-interprète mythique, il distille ses albums au compte-gouttes (le dernier, 'Book of Longing' composé avec Philip Glass, est sorti en 2007. Et je viens de l'apprendre). Ses dernières productions ont un son particulièrement froid: une boite à rythme, sa voix burinée au whisky et ses textes, toujours aussi bons. Il faut aimer. Et j'avais bizarrement beaucoup apprécié son 'Ten New Songs' de 2001, malgré cette production chaude comme du marbre en hiver. La présence de deux voix féminines sur cet album aidant surement à l'affaire. Comme sur ce Boogie Street, renversant...
(disponible sur Ten New Songs, 2001)

Dimanche 30 mars 2008:
* Young Republic - Girl From The Northern States [End Of The Road]
Entre Belle and Sebastian, Adam Green voire Herman Düne, ce disque pop est un vrai bonheur. On ressortira quand même ce Girl From The Northern States, qui évoque un des plus grands titres de Bob Dylan et qui semble avoir pris la bande de Stuart Murdoch en backing band.
(disponible sur 12 Tales From Winter City, 2008)

Samedi 29 mars 2008:
* Lee Hazlewood - It's Nothing to Me [Four Music]
Dans quelques semaines, quand j'aurais plus de temps, quand mon hébergeur ne me fera pas de coups dans le dos, je reprendrai les chroniques de disques Oldies. J'en consacrerai une chronique au grand Lee Hazlewood qui nous a quitté l'an passé et à un de ses albums majeurs. Avant cela, retournons en 2006 et écoutons un It's Nothing to Me qui me donne à chaque fois les larmes aux yeux. Putain de vie.
(disponible sur Cake or Death, 2006)

Vendredi 28 mars 2008:
* Bon Iver - For Emma, Forever Ago [Jagjaguwar]
Je reparlerais de ce disque splendide dans quelques temps (comprendre: quand j'aurais trouvé un nouvel hébergeur de son). Mais avant, voilà For Emma, Forever Ago, titre qui clôt l'album du même nom de Bon Iver. De la pop matinée de folk, avec des cuivres et des voix douces et hauts perchées. Merci Jagjaguwar!
(disponible sur For Emma, Forever Ago, 2008)

Jeudi 27 mars 2008:
* Scenario Rock - Histrionics [Jive]
Deuxième et nouvel album pour ces français, plus célèbres par les remix de Justice de leurs tubes (Skitzo Dancer pour ne pas le nommer) qu'autre chose. Un second opus plutôt frais et réussi d'où on ressortira le titre éponyme, Histrionics, long titre baroque de plus de dix minutes et vrai grand morceau de bravoure pop.
(disponible sur Histrionics, 2008)

Mercredi 26 mars 2008:
* The Hold Steady - Chips Ahoy! [Vagrant]
Du rock pompier? Du hard-rock Fm? Bof, à dire vrai, je ne sais pas trop. Un album pas forcément parfait mais quelques passages réjouissants, comme ce Chips Ahoy!, aux riffs gros comme une maison. Ou quand Springsteen rencontre Blue Öyster Cult. En gros.
(disponible sur Boys and Girls in America, 2006)

Mardi 25 mars 2008:
* Alain Bashung - La Nuit Je Mens [Barclay]
Son nouvel album, 'Bleu Pétrole' vient de sortir et il est encensé de partout. Avant de revenir dessus dès que j'aurais pu y mettre une oreille dessus, retour sur 'Fantaisie Militaire', peut-être le plus bel album d'Alain Bashung, géant parmi les géants. Un disque porté par ce poppy La Nuit Je Mens, sublimé par le talent des Valentins.
(disponible sur Fantaisie Militaire, 1998)

lundi 8 mars 2021

Tele Novella - Merlynn Belle [Kill Rock Stars]

« Merlynn Belle, was the music they wanted to be making all along but didn't know until it happened accidentally ». Voilà comment les Tele Novella décrivent leur nouvel album et expliquent, en creux, les raisons de leur disparition totale des radars - si ce n'est médiatiques, au moins indie.

Né à Lockhart au Texas, repositionné à Austin depuis, Tele Novella est en effet un groupe qui aime prendre son temps. Qui se cherche. Ou réléchissait tout simplement à son nouveau départ. Quatuor devenu duo (Natalie Ribbons au chant, Jason Chronis à la musique), il aura laissé s’écouler cinq longues années entre son premier album, 'House of Souls', et le deuxième, 'Merlynn Belle'. Mais qui pourra y trouver à redire ?

Pas grand monde sans doute à l’écoute de cette seconde fournée tardive. Car il s'agit là d'un sublime album pop et surtout un disque hors du temps. Du genre qui se balade au bras d’une country-folk de cent ans d’âge pour mieux la quitter et retrouver le sillon creusé par la pop de Stephin Merritt et de ses Magnetic Fields ; non sans avoir auparavant fait un crochet par les années 20, les plaines désertiques et les cabarets de l'époque du far-west, le salon d’un noble du XVIIè siècle amateur de musique de chambre ; ou plus simplement fricoté avec les fantômes de Lee Hazlewood et du Brian Wilson de 'Pet Sounds'.

Vous rêviez de synthétiseur ? Désolé mais Tele Novella les a bradés contre un harmonium. Vous vouliez du psyché ? Oubliez cette idée, prenez à bras le corps ces saynètes pop qui résonnent autant de guitare que d’autoharpe et de vibraphone, et plongez dans ces chansons d’un autre âge mais sacrément actuelles.

Car oui, si 'Merlynn Belle' est un disque que l’on pourrait qualifier de vintage, il n’est en rien daté. Porté par les mélodies soignées de Jason Chronis, et chanté divinement par Natalie Ribbons, merveilleusement conteuse tout du long, pleine d’harmonies dans la voix, s'il puise certes son inspiration dans de nombreux passés, la production do it yourself, la qualité des arrangements, des textes et de l’agencement de l’ensemble rendent 'Merlynn Belle' incroyablement moderne. Un disque magnifique de pop de la part de Tele Novella, pas vraiment d'aujourd'hui sans être totalement d'hier. Hors du temps en somme. (Sortie : 5 février 2021 )

Plus :
'Merlynn Belle' de Tele Novella est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Merlynn Belle' de Tele Novella est à l'achat sur leur page bandcamp
'Merlynn Belle' de Tele Novella est en écoute, notamment, sur Deezer et Spotify


Trois chansons de 'Merlynn Belle' de Tele Novella en écoute aujourd'hui. Le single évident Paper Crown (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube), le délicat Desiree et It Won't Be Long, qui aurait été comme un gant à Stephin Merritt :

Plusieurs clips ont été réalisés pour ce 'Merlynn Belle' de Tele Novella. En voici trois : Technicolor Town, Paper Crown, Words That Stay

 

lundi 22 octobre 2018

[Track of The Day] Gruff Rhys - Frontier Man

Sur son dernier album en 2014, Gruff Rhys, ex-tête pensante des Super Furry Animals, contait l'histoire fantasmée de John Evans, parti à la recherche du Prince Madoc, prince gallois qui aurait découvert 300 ans avec Christophe Collomb l'Amérique. L'album s'appelait 'American Interior' et il était très réussi. Tout comme le fut sa tournée où le père Rhys proposait un spectacle proche d'un music-hall lo-fi.

Quatre ans plus tard, Gruff Rhys continue d'agrémenter sa discographie avec la sortie de 'Babelsberg', son cinquième album solo. Très mélodieux, ambitieux (toute l'orchestration est du fait du BBC National Orchestra of Wales), c'est sans doute son plus beau disque, le plus seventies de tous et où il sonne plus souvent qu'à son tour comme un Lee Hazlewood gallois (Frontier Man ou Selfies in the Sunset, en duo avec l'actrice Lily Cole). Il y a dans ce disque des tubes indie évident (si les Last Shadow Puppets l'ont fait sur leur premier album, cela devrait être le cas pour lui), de Frontier Man à The Club en passant par Oh Dear!, des paroles très imagées et poétiques qui décrivent nos sociétés occidentales actuelles, des mélodies belles à pleurer. Bref, tout pour faire de ce 'Babelsberg' un des grands indispensables de 2018.

Album : Babelsberg
Année : 2018
Label : Rough Trade

Acheter 


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Frontier Man de Gruff Rhys est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson très réussie de ce 'Babelsberg' de Gruff Rhys, voilà Selfies in the Sunset en duo avec Lily Cole :



Et pour finir, le clip de Frontier Man de Gruff Rhys :



mardi 7 décembre 2010

Net Emergence 'Décembre 2010': Death & Vanilla, You Call it a Name, Killtronik


Dernière session pour Net-Émergence avec l'élection du groupe de décembre. Seize groupes sur la ligne de départ (toute la sélection ici), seulement trois à l'arrivée et, forcément, un unique vainqueur. Présentation du trio de tête.


Médaille de bronze : Killtronik


Electro-rock française originaire de Cannes, la musique des Killtronik s'inscrit dans une veine à la Phoenix. Produite pour faire bouger les têtes et quelques parties du corps, leur musique sans être fondamentalement dingue, reste toutefois plutôt efficace. Seul hic à mes yeux: une seule chanson en écoute sur le myspace, et tout le reste en extraits de moins d'une minute. Dommage dommage.
Myspace


Médaille d'argent : You Call it a Name
Les You Call it a Name sont parisiens. Et la chose que l'on peut dire, c'est que leur chanteur a été influencé par Paul Banks le chanteur d'Interpol (soit il a le même grain de voix, soit il fait tout pour faire coller la sienne à celle de Banks).
En tout cas, leurs chansons, orientées post-punk-nowave, même s'il n'y a rien de nouveau sous le soleil (Bloc Party et autres Franz Ferdinand, ça remonte presque), tiennent franchement la route.
Myspace



Médaille d'or : Death & Vanilla
Les grands vainqueurs de l'édition de Décembre 2010, ce sont eux, les suédois de Malmö, Death & Vanilla. Pop sombre et synthétique sur laquelle Lee Hazlewood semble avoir une vraie influence.
J'avoue que sur les premières écoutes (et même pour le vote), je n'ai pas accroché. Bien fait, mais pas franchement passionnant pour un sou. A la réécoute, bizarrement cela passe tout seul: la nuit, le froid, la fatigue, tout cela aide peut-être. Bref, sensation bizarre. Mais un groupe à écouter certainement.
Myspace



L'année 2010 se termine donc sur la victoire pas imméritée d'un groupe suédois pour Net Emergence. Rendez-vous désormais en janvier prochain pour la suite de « l'utopie musicale » imaginée par Valery.

mercredi 20 mars 2013

[Track of The Day] Adam Green & Binki Shapiro - Pity Love

Après un envol sur et serein de The Modly Peaches au travers de deux premiers album épatants ('Garfield' et 'Friends of Mine' auxquels on pourrait ajouter une partie de 'Gemstones') et de quelques reprises très réussies (le formidable Kokomo avec Ben Kweller), Adam Green s'est perdu dans un registre de crooner d'épicerie qui ne lui allait pas du tout.

Complètement rayé de la carte, à peine sauvé par quelques singles qui valaient le détour, Adam Green vient d'avoir une belle idée : s'associer avec Binki Shapiro, chanteuse anglaise totalement inconnue à mes oreilles.

Un premier album où il est difficile de ne pas penser à Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Peut-être trop d'ailleurs. Beaucoup crieront au pastiche, certains préféreront She & Him dans le genre mais il faut dire que l'album tient la route et qu'il mérite d'être écouté.
Adam Green n'en fait pas des caisses et à ce grain de voix si profond qui va bien aux compositions et aux belles mélodies qui se dégagent de chacune des 10 chansons de l'album ; et, ce qui ne gâche rien, se marie bien avec la voix de Binki Shapiro.

Adam Green a donc peut-être vu la lumière au bout du tunnel. Car 'Adam Green & Binki Shapiro' est un disque court mais coquin pour un duo en forme de rédemption pour le new-yorkais. Et qui a de l'avenir.

Album : Adam Green & Binki Shapiro
Année : 2013
Label : Rounder


Achat

Pour en savoir plus, un intéressant article/interview du Guardian.



En plus de Pity Love, Just to Make Me Feel Good, premier single de l'album d'Adam Green & Binki Shapiro (et qui a son clip) :


mercredi 15 juillet 2026

[Track of The Day] Willow Avalon - Pink Pocket Pistol

Dix-huit mois après 'Southern Belle Raisin' Hell', premier album étonnant autant que brillant qui révélait une compositrice talentueuse et qui a des choses à dire, Willow Avalon est de retour avec la suite, 'Pink Pocket Pistol'. Un disque beaucoup plus ancré dans une country traditionnel et sixties, presque rétro, et bien moins country-pop et enlevé que son prédécesseur.

Cela étant, cela ne l'empêche pas d'être un bel album et qui confirme que la fille de Jim White (à l'enfance compliquée que je racontais ici) a de vrais talents de composition. Car s'il est sans doute trop classique pour emballer totalement, il y a toujours ces jolies mélodies et surtout ces textes piquants et grinçants, plein de morgue et d'ironie, parlant d'amour raté, de relations foirées à cause de mecs inconséquents et qui semblent toujours se comporter comme des gens d'une époque heureusement révolue - avec en point d'orgue Hypothetically Speaking (en duo avec Kaitlin Butts) où l'histoire d'une femme qui assassine son mari violent et qui demande à son amie comment faire disparaitre le corps sans laisser de traces (« Hypothetically speaking, You'll cut him into little pieces, I'm talking real little pieces, And then you feed 'em to the gators »). Pourtant, on partira aujourd'hui sur la chanson titre, Pink Pocket Pistol, où Willow Avalon raconte l'histoire d'une femme qui, là aussi, assassine son mari violent avec son pistolet de poche rose. Le tout, sur une ambiance western-country que n'aurait sans doute pas reniée Lee Hazlewood.

Album : Pink Pocket Pistol
Année : 2026
Label : Assemble Sound / Atlantic

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Pink Pocket Pistol de Willow Avalon est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip d'une des autres chansons marquantes de 'Pink Pocket Pistol' de Willow Avalon, Hypothetically Speaking, que Willow Avalon chante en duo avec Kaitlin Butts :

jeudi 27 mai 2021

[Track of The Day] Maxwell Farrington & Le SuperHomard - Free Again

Orchestrations soyeuses pour crooner délicat, musique pleine de grands espaces à perte de vue, le beau est au programme de 'Once', une des belles surprises de ce printemps 2021. Derrière l'album, Christophe Vaillant et son alias Le SuperHomard à la production, Maxwell Farrington, australien devenu briochin, à la voix.

Un disque beau donc, ample aussi, moins Lee Hazlewood que le Scott Walker des débuts ou le Adam Green d'avec Binki Shapiro, mais tout à fait savoureux. Et si l'album se perd un peu dans sa face-B après une face-A totalement impeccable, la pop orchestrée et orchestrale chantée de cette voix de crooner qui s'ignorait jusque là, est une réussite franchement immédiate.

Album : Once
Année : 2021
Label : Talitres

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Free Again de Maxwell Farrington & Le SuperHomard est également en écoute ci-dessous :

 Le clip de We, Us the Pharaohs de Maxwell Farrington & Le SuperHomard :

mardi 24 octobre 2017

Micah P. Hinson - Presents The Holy Strangers [Full Time Hobby]

Comme tout le monde, je me souviens exactement ce que je faisais le 11 septembre 2001. Comme tout le monde, je sais exactement où j’étais et avec qui lors des attentats contre Charlie Hebdo ou au Bataclan. 
Moins comme tout le monde, je sais exactement où je me trouvais lorsque j’ai appris la mort d’Yves Montand (je ne sais pas par contre pourquoi son décès m’a autant marqué) ou celle de Bérégovoy (ça, c’est parce qu’un épisode de Beverly Hills 90210 avait été coupé par un flash spécial de TF1 pour annoncer la nouvelle).

Encore moins comme tout le monde, je sais exactement où j’étais le soir où j’ai découvert Micah P. Hinson. C’était un soir de septembre 2004, rue de Dunkerque à Paris. J'étais dans ma chambre et grâce à saint Souleek, j’avais récupéré ‘The Gospel of Progress’, le premier album du texan. Et aussi ‘Funeral’ d’Arcade Fire. Les deux le même soir. Et deux artistes dont je n'avais jamais entendu parler. J’avais enchainé l’écoute de ces disques, qui venaient de sortir à une semaine d’intervalle. Une soirée comme on peut en connaitre parfois où la foudre s’abat sur vous alors que vous n’avez rien demandé. Je me souviens m’être dit que les deux groupes allaient forcément connaitre le succès - oui, même Micah P. Hinson. Il se dégageait tellement de choses de ses compositions qu'il ne pouvait en aller autrement.

Treize ans plus tard, Arcade Fire est une des têtes de proue de l’industrie musicale actuelle, rempli des salles toujours plus grandes en moins de temps qu’il faut pour le dire. Et ‘Funeral’ est considéré (à juste titre) comme un des disques marquant des années 2000 (et plus largement encore).
De l'autre côté, ‘The Gospel of Progress’ ne fera parler de lui que lorsque l'on s'amusera à réviser les années 2000. Et Micah P. Hinson, s’il sort des albums à un rythme régulier, est très loin des têtes d’affiches des festivals et unes des magazines.

Pour autant, l’homme à lunettes qu’il est continue de jouer sur scène. Il passait d’ailleurs par Lyon samedi soir au Groom, nouvelle petite salle lyonnaise (confirmant par la même la folle vitalité actuelle de l’offre musicale entre Rhône et Saône), pour venir défendre son dernier album, le neuvième, ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’.

Il arrive sur scène, devant une salle très remplie. Il commence à parler avec elle, d’une voix trainante, raconte quelques anecdotes tout en s’accordant, puis lance le concert. Il déroule ses chansons à la guitare, qu’il porte de sa belle voix, et n’en est que très touchant. Entre chaque morceau, il s’adresse à l’audience, raconte d’autres histoires. On sent que notre homme n’est pas en très grande forme, qu’il a sûrement un peu bu, sans doute trop, et qu’il ne respire pas la joie de vivre.

Et rapidement, le côté touchant des débuts se transforme en vrai malaise. Parlant autant qu’il joue, devisant sur June Carter, enchaînant sur, littéralement, l’arrivée au monde de son enfant, avant d’évoquer Trump ou encore les armes à feu, Micah P. Hinson semble en avoir gros sur la patate et en vouloir à la terre entière. Pire, pas épatant musicalement, le texan n'arrive pas à noyer cette psychanalyse improvisée en quelque-chose d’autre que gênant.

Dommage, car ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’ est une des très jolies choses écoutées en 2017. Un vrai bel album, qu’il porte de sa voix profonde et reconnaissable entre mille, entre chant, (quelques) parties parlées et plages instrumentales. Un « modern folk opera » (l’expression est de lui) qui raconte les histoires d’une famille, entre vie, mort, moments de bonheur et tragédies. Mais surtout un disque délicatement mis en musique (cordes et piano surtout), produit avec une finesse impeccable ; un bonheur de mélodies tristes en somme.
Et surtout, un album qui méritait mieux que cette prestation. Ceci dit, vu le talent qu’il a dans les mains, les mélodies simples mais belles qu’il sait créer et un chef d’œuvre à son crédit, Micah P. Hinson lui aussi aurait sans aucun doute mérité mieux. Foutue destinée. (Sortie : 8 septembre 2017)

Plus :
'Presents The Holy Strangers' est en écoute sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' est à l'achat sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons en écoute tirées de ce 'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson. The Darling, bijou de chanson folk presque susurrée (également en écoute dans les lecteurs Deezer et Spotify de la colonne gauche de ce blog). Puis Lover's Lane, entre Johnny Cash et Lee Hazlewood. Puis le bel instrumental qu'est The Years Tire On :





mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 30-11


Deuxième et avant dernière partie de ce bilan de l'année 2013. Après les « Compilations, 45 tours et autres Ep » (à découvrir et écouter là), après le Top 50 « Chansons » (à découvrir et écouter là) et les albums classés de 50 à 31 (à découvrir et écouter là), voilà donc la suite : les albums classés de la 30è à la 1ère place.

Mais comme le veut la tradition, quelques autres liens pour aller fureter ici et là quelques belles découvertes :
Le Rewind 2013 chez Starsky

Et maintenant, plongeons nous donc dans cette 2è partie des « Albums qui ont fait mon année 2013, 2è partie ». Avec du joli monde à mes yeux, de ces anglais fans de vieux films à cette française qui devrait faire la une des magazines en passant par de vieux routiers qui font toujours le même album mais avec quelle classe, un échappé des CunninLynguists, un groupe mythique et des français psychédélique. Tout est donc ci-dessous et tout en bas du papier, comme à chaque fois, un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés.

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



30. Public Service Broadcasting - Inform - Educate - Entertain [Public Service Broadcasting] 
Album fourre-tout (la pop y cotoie le math-rock, le krautrock le post punk, le bango ou les synthés les guitares les plus précises) mais d'une très grande unité, plein de samples aux charmes aussi immédiats que désuets (tirés des archives du British Film Institute) et bourrés de mélodies, 'Inform - Educate - Entertain' de Public Service Broadcasting est sans conteste la très belle découverte de 2013.

29. Deafheaven - Sunbather [Deathwish Inc.]
Entre post-rock, guitares shoegaze et black metal, 'Sunbather' de Deafheaven (tout un programme !) aura été le groupe le plus bruyant de mon année 2013. Solide et très bien pensé, n'oubliant jamais les mélodies dans ses morceaux (The Pecan Tree), 'Sunbather' est un disque à l'énergie implacable.

28. Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat]
Forcément, il fallait que celui-ci y soit. Parce que c'est le premier LP de la jeune histoire de Without My Hat Records. Parce l'objet est splendide (4 faces imprimées, avec un volet). Mais surtout parce que Mondrian pond là une collection de chansons pop intemporelles, dont il est difficile de faire sortir un titre en particulier (They Don't Dance Much in Idaho quand même). 

27. Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]
A quoi bon changer une formule quand celle-ci est efficace ? Les italiens d'Action Dead Mouse, déjà encensés en fin d'année dans ces pages, continuent leur math-rock de chemin avec un 'ä' avec plein de guitares, de ruptures de rythmes et de changements de directions impromptus. Brillant.



26. Natti - Still Motion [APOS Music]
Dernier des trois CunninLynguists à se lancer en solo, Natti en impose avec ce premier album, 'Still Motion'. Alternant morceaux lascifs et titres percutants aux punchlines bien senties, aussi bien influencé par la black music que le jazz ou la pop, Natti n'oublie jamais de mettre au centre de tout les mélodies. 


25. Grant Hart - The Argument [Domino]
Copieux album (20 chansons pour 1h15 de musique), 'The Argument' est le 4è album de Grant Hart en 25 ans ! Découvert pour ma part cette année, cet ancien Hüsker Dü (je n'en savais rien) a composé là un disque de rock et de pop totalement habité. Un disque qui s'écoute d'une traite avec un plaisir non-feint. Et cette voix qui rappelle le David Bowie des 70s n'y est pas étrangère.

24. The Men - New Moon [Sacred Bones]
S'éloignant du rock bruitiste et noisy de ses premiers essais, The Men sur 'New Moon' partent dans un mode entre blues et psychédélique, même s'ils retrouvent l'urgence et la nervosité des chansons qui ont fait leur reconnaissance sur la deuxième partie de l'album. Prêt à mettre quelques billets sur une trajectoire à la Black Keys qui leur irait bien au teint. 


23. Boards of Canada - Tomorrow's Harvest [Warp]
Un des évènements musicaux de l'année a sans conteste été le retour des patrons de la musique électronique, Boards of Canada. 'Tomorrow's Harvest' (leur premier album depuis 2006) est d'une beauté incroyable, plein de couches, de textures et de lumières dont les écoutes successives s'avèrent plus riches à chaque fois.


22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
Disque court mais coquin en forme de rédemption pour Adam Green qui s'auto-parodiait depuis de trop nombreux albums. Le duo entre le new-yorkais et l'anglaise Binki Shapiro marche totalement, dans une sorte de version revisitée des célèbres Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Version qui a de l'avenir.


21. Califone - Stitches [Dead Ocean]
Depuis leur magnifique 'Quicksand/Cradlesnakes' en 2003, j'ai bizarrement suivi de très loin les aventures discographiques des américains de Califone. Retomber nez à nez avec eux m'aura fait comprendre : 1) mon erreur 2) que les mélodies tuantes, ils connaissent toujours 3) que l'americana (mais pas que) qui traverse tout 'Stitches' est à tomber. 


20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
Moins sous le feu des projecteurs de leurs compatriotes Aline, Granville et autres La Femme, The Limiñanas est pourtant un groupe plus qu'à suivre. Originaire de Perpignan, chantant en français, The Limiñanas est signé chez Trouble In Mind, rien que ça ! Leur nouvel album 'Costa Blanc' est la rencontre du psychédélisme et une inspiration toute gainsbourienne. Petit bijou.

19. Moonface - Julia With Blue Jeans On [Jagjaguwar]
Spencer Krug doit être l'artiste le plus prolifique sur les 10 dernières années. Dernier album en date, 'Julia With Blue Jeans On', deuxième sortie sous le nom Moonface. Piano/voix tout du long, chant sublime, piano très en avant et mélodie à tomber.



18. Nick Cave and the Bad Seeds - Push The Sky Away [Bad Seed]
Les années passent et elles ne semblent pas avoir d'emprise ni sur Nick Cave, ni sur ses Bad Seeds. 'Push The Sky Away', dernier album (studio) en date va titiller les meilleurs disques de sa discographie. La faute à des chansons sublimes, une cohérence tout du long et deux titres majestueux : Mermaids et Jubilee Street.


17. Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]
Au contraire de groupes dans la même veine (The Decemberists, Iron & Wine), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. Fort d'un début d'album parfait, 'The Silver Gymnasium'  déroule un folk-rock aussi épique que délicat, comme à leurs plus grandes heures.


16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]
Sortie du giron de son frangin plus enclin aux expérimentations en tout genre, Eleanor Friedberger aura donné en 2013 au petit frère du déjà très réussi 'Last Summer' en 2011. Un disque qui prouve une fois de plus qu'elle a la pop dans le sens, des mélodies incroyables dans tous les doigts, et qu'elle est capable des tubes qu'il serait bon de fredonner à tue tête plus souvent qu'à notre tour. 

15. Poni Hoax - A State of War [Pan European Recording]
En continuant de puiser ses principales influences dans les années 80, les Poni Hoax auront sorti en 2013 leur troisième album, celui où les guitares sont les plus dansantes, les claviers les plus mélodiques, assez loin finalement des sonorités froides (mais pas désagréables pour autant) de leur précédents livraison. Jouissif.


14. Shannon Wright - In Film Sound [Vicious Circle]
Shannon Wright continue sa belle discographie avec 'In Film Sound', très bel album nerveux où les guitares sont plus que présentes et la furia sombre de l'américaine font merveille. Un jour, on se rendra compte de son talent incroyable. Un jour...



13. San Fermin - st [Downtown]
Groupe new-yorkais dont le leader est un grand fan du 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, San Fermin fait dans la pop à la ... Sufjan Stevens. Cet album n'a évidemment pas la consistance du chef d’œuvre des années 2000, mais est d'une grande beauté, avec arrangements aux petits oignons, plages de respirations et voix profonde, mix entre celle de Matt Berninger (The National) et Dan Michaelson (Absentee). Ces jeunes gens iront loin.

12. Mélanie Pain - Bye Bye Manchester [Yotanka]
De façon très surprenante, Mélanie Pain ne connait pas les unes des magazines. Et pourtant, le talent de cet ex-Nouvelle Vague. Son premier album était 'My Name' en 2009 était déjà une très belle réussite. Et son 'Bye Bye Manchester' est du même acabit, pop aux atours rétro, alternant français et anglais, avec sa voix coquine et conviant pour l'occasion des artistes aimés de ces pages (Florent Marchet, Ed Harcourt). Belle confirmation. 

11. Radar Brothers - Eight [Merge]
Guitares langoureuses, pop, slowcore, alternative rock : ce n'est pas avec leur 7è album (quoiqu'en dise son titre) que les Radar Brothers vont changer leur fusil d'épaule. La seule différence est peut-être un piano plus présent et une ampleur plus grande de l'ensemble. Sinon ? Leur meilleur album depuis 'And The Surrounding Mountains', autre chef d'oeuvre.


Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'


Comme promis, voilà donc un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus. Du numéro 30 au numéro 11. Bonne(s) écoute(s) !



jeudi 3 janvier 2019

Bilan 2018 : « Albums » (40-21)


Après les formats courts et autres compilations et rééditions (voir ici), le Top 50 de mes chansons de l'année (en écoute là), passons aux albums. Et autant le dire de suite, l'année fut belle. Mais avant cela, regardons un peu les choix des sites et autres blogs amis ou voisins :

Quarante disques, répartis en deux parties. Voilà donc la première avec les albums classés de la 40è à la 20è place. Avec de bien jolis disques, du folk français, des popeux lyonnais, des vieilles de la vieille, un retour d'un écossais à la mélancolie intouchable, des confirmations et des espoirs. Ce n'est que le début, mais quelle année, je pense qu'on peut le dire et le redire.

Et comme il vaut mieux mettre quelques notes sur quelques mots, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs, un Spotify, un Deezer, proposant une chanson tirée de chacun des albums présentés ci-dessous (et dans l'ordre croissant). Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2018 : 
Top « Albums » (20-01)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »

40. Malcolm Middleton - Bananas [Triassic Tusk Records]
Après s’être essayé à différentes choses, avec plus ou moins de réussite, Malcolm Middleton retrouve ses premières amours, ses mélodies pop pleines de rock et accouche avec 'Bananas' du petit frère de 'Waxing Gibbous', avec chansons à tiroirs et textes aussi drôles que mélancoliques. Et il n'est jamais aussi parfait que lorsqu'il écrit et chante des chansons tristes.


39. Dr. Octagon - Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation [Bulk]
Totalement déconnecté de la réalité hip-hop du moment, qu’elle soit française ou américaine (il faudra que je me plonge un jour dedans), la sortie d’un nouvel album de Dr. Octagon reste un évènement pour moi, surtout quand il est aussi réussi. Kool Keith, Dan the Automator et DJ QBert pondent là un disque « à l’ancienne », mais diablement efficace. 


38. Julien Ledru - Along The Road I Had Traveled [–]
Fan de Godspeed (entre beaucoup d’autres), graphiste, batteur de The Ready Mades, Julien Ledru passe au projet solo avec un album plein de fingerpicking, et d’un peu de field recording, l'ombre de John Fahey n'étant jamais bien loin. Mieux, sorti uniquement au format numérique, et vu sa qualité, le disque se voit offrir un pressage vinyle (venez participer au crowdfunding !). Précieux.


37. Courtney Barnett -  Tell Me How You Really Feel [Milk! Records]
L’an dernier, l’ennui qu’avait provoqué chez moi le disque de Kurt Vile et Courtney Barnett était assez dingue. Mais qui donc avait plombé au final cet album ? La question trouve sa réponse en 2018, vu que les deux protagonistes ont sorti chacun de leur côté un nouvel album. Résultat, l’un est d’un ennui complet, le second est brillant et confirme tout le bien que je pense de la demoiselle depuis sa découverte.


36. Satellite Jockey - Modern Life vol.2 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records]
Pop chiadée aux belles mélodies montées en épingles à coups de clavecin, cuivres, d'un trio guitare-basse-batterie et autre orgue, ce 'Modern Life Vol.2' reprend là où les lyonnais de Satellite Jockey avaient laissé le volume 1, en ancrant cette fois leur univers dans une pop plus 70s. Cette collection commence à avoir une sacrée gueule.


35. The Breeders - All Nerve [4AD]
Passé une première écoute décevante, le dernier album des Breeders de Kim Deal s’est révélé à moins et s'est avéré être un sacré disque. Indie-rock échappé d’une décennie révolue mais qu’on remet au goût du jour, et que le groupe maitrise mieux que personne.


34. FACS - Negative Houses [Trouble In Mind]
Premier album d’ex-Disappears, ce disque n’est pas à mettre dans les oreilles du premier dépressif venu, tant rien ne vient éclairer ce post-punk aux atours très cold. Minimal sans l'être vraiment, langoureux, noisy, porté par une basse profonde et une guitare aiguisée comme jamais, il est en tout cas brillant. Ce qui est plutôt pas mal pour un disque aussi sombre vous en conviendrez.


33. Parquet Courts - Wide Awake [Rough Trade]
Porté par des paroles aussi drôles qu'engagées, 'Wide Awake!' confirme que Parquet Courts continue d'être un acteur essentiel de la scène indé actuelle. Et prouve s’il en était besoin qu’ils sont capables d’écrire des compositions posées et pop comme beaucoup plus punk, mais toujours foutraques et incroyablement cool.


32. En Attendant Ana - Lost and Found [Montagne Sacrée / Buddy Records]
Pop garage sur production presque agressive, guitares dans tous les sens, formidablement relevées par une trompette qui confirme leurs idées mélodiques, ce 'Lost and Found', en plus d’une qualité indéniable, vient de se voir offrir une carrière internationale avec la distribution de l’album outre-Atlantique chez Trouble In Mind Records. Excusez du peu.


31. Numb.er - Goodbye [Felte]
Projet de David Fribourg entouré de cinq musiciens crédités, Numb.er plonge les deux mains, les bras, et finalement le corps tout entier dans un mélange de post-punk, de shoegaze, de cold-wave et de distorsions sombre mais réjouissant.


30. Advance Base - Animal Companionship [Run For Cover]
Il a beau avoir changé de nom de scène, Owen Ashworth, autrefois derrière Casiotone For The Painfully Alone, ne change pas. Évoluant désormais sous le pseudonyme d'Advance Base, sa voix reste reconnaissable entre mille. Comme ses chansons d'ailleurs, souvent langoureuses quand elles ne sont pas tristes, toujours dans un ensemble synthétique-pop qu’il maitrise à merveille.


29. 王若琳 - 摩登悲劇 (Joanna Wang - Modern Tragedy) [Sony]
Pop déguindée, entièrement chantée en anglais, qui part dans tous les sens, entre cabaret, skits qui voient une Joanna Wang chanter une bluette en faisant la vaisselle, chansons pop-rock à tiroir, douces mélodies mélancoliques et autres titres comme enregistrés avec du matériel des années 20 : ce 'Modern Tragedy' est de la belle ouvrage assurément. Et également la rencontre de beaucoup de choses, notamment des Fiery Furnaces et des Starlight Mints, le tout contant l'amour, la déception, l'espoir, les cœurs-brisés, les ruptures souhaitées ou subies et les sempiternelles erreurs que nous répétons dès qu'il s'agit de sentiments.


28. Shannon & The Clams - Onion [Easy Eye]
Produit par Dan Auerbach, 'Onion' retourne aux sources de la pop musique actuelle. Rappelant aussi bien les Beatles - et assimilés - que les girls group de l'époque, il est une franche réussite, nostalgique mais pas rétrograde tant les titres qui s'y trouvent sont de qualité. 



27. Starcrawler - Starcrawler [Rough Trade]
Court premier album pour ce quatuor californien mené par la voix de la jeune Arrow de Wilde (qui a terminé le lycée il y a un peu plus d’un an) et nouvelle signature Rough Trade. Vingt-sept minutes au compteur pour un disque qui fait dans le rock, qu’il soit hard ou grunge. Prometteur.


26. MGMT - Little Dark Age [Columbia]
Un jour on se retournera sur la discographie de MGMT, et on se dira sans doute « ouais, quand même hein ». Parce qu’à l’exception d’un peu passionnant 'MGMT' en 2013, que lui reprocher ? Rien. La preuve avec ce 'Little Dark Age', inspiré, inspirant, rempli de tubes (mais ces types savent-ils écrire autre chose ?) et de sonorités eighties mélodiquement imparables.


25. jeremy messersmith - Late Stage Capitalism [Glassnote]
Cinquième album de l’américain et sans doute le plus plus arrangé de sa discographie. Mais aussi le plus sombre et sarcastique (lire cet excellent papier à ce propos), malgré ses intentions mélodiques et musicales toutes Burt Bacharach-iennes, sa très belle voix et ses orchestrations pétaradantes (voir ici).


24. Jerry David DeCicca - Time The Teacher [Impossible Ark]
Un piano, quelques cuivres discrets, des chœurs presque soul : voilà comment résumer ce disque. Mais il faudrait ajouter qu'il rappelle aussi bien Leonard Cohen, le premier Chris Garneau qu'Over The Rhine et permet d'imaginer la rencontre entre Bob Dylan et Nick Cave. 'Time The Teacher' ou un bien bel album, apaisant et touchant.


23. Aidan Moffat & RM Hubbert - Here Lies The Body [Rock Action]
Alors qu’un nouvel album d’Arab Strap serait sur les rails (lire ici), Aidan Moffat s’est associé en 2018 avec son collègue de label RM Hubbert. Un disque d’une très grande beauté où les mélodies de RM Hubbert se marient à merveille avec l’accent à couper au couteau d’Aidan Moffat. Et s'il avait enfin trouvé son Malcolm Middleton 2.0 ?


22. Gruff Rhys - Babelsberg [Rough Trade]
Très mélodieux, ambitieux (toute l'orchestration est l'oeuvre du BBC National Orchestra of Wales), 'Babelsberg' est sans doute le plus beau disque de Gruff Rhys à ce jour (c’est dire), le plus seventies de tous et où il sonne plus souvent qu'à son tour comme un Lee Hazlewood gallois.


21. Spiritualized - And Nothing Hurt [Bella Union]
On pourra ergoter que Jason Pierce a ressorti ses vieilles formules et a sorti un album plus que jamais Spiritualized. Oui, certes. Mais vu que les chansons, l’inspiration et les mélodies sont là, que demander de plus ? Rien. Petit-frère de 'Ladies & Gentlemen We Are Floating In Space', duquel ressort, notamment, une sublime Damage (voir ici).


Bilan 2018 : 
Top « Albums » (20-01)


Et comme prévu, voilà donc un lecteur Spotify et un lecteur Deezer avec une chanson extraite de chacun des albums présentés ci-dessus. Et disposées dans l'ordre croissant. Bonne(s) écoute(s) !