jeudi 28 octobre 2010

[Track of The Day] Carl Barât - The Magus

Carl Barât, une des deux têtes pensantes des Libertines, aurait pu la jouer facile et sortir pour son premier album solo, un mélange habile de ce que proposaient les Libertines et les Dirty Pretty Things. Il aurait pu. Il aurait du en fait.

Car si l'idée de départ est belle, si Carl Barât préfère s'affranchir de ses anciens groupes en proposant de la pop très orchestrée, à la limite du cabaret, tout cela se révèle excessivement poussif. Pas de quoi se relever la nuit donc, et même des envies de zapper une grande majorité de cet album tant il tombe avec une facilité désarmante dans le kitsch ridicule (le frenchy Je Regrette Je Regrette, un Run With The Boys de mauvais goût semblant pasticher Wham ou Culture Club).

Bref, à part quelques - rares - moments bien trouvés (on sauvera les charmants The Magus, Carve My Name et Irony of Love), ce 'Carl Barât', pleins de balades, s'avère rapidement très vain. Qu'il s'occupe à relancer Pete Doherty, John Hassall et Gary Powell histoire de donner une suite à la très belle histoire des Libertines, ca vaudra mieux.

Album: Carl Barât
Année: 2010
Label: Arcady

mardi 26 octobre 2010

[Track of The Day] Cabins - The Moon

Ils ont beau avoir sorti Kylie Minogue, AC/DC ou Nick Cave, j'avoue que j'oublie très régulièrement d'aller voir ce qu'il se passe du côté de nos cousins australiens. Et pourtant.

Dernier coup de cœur down-under, le quatuor Cabins qui a sorti au début de l'été dernier un premier album, 'Bright Victory', qui fait dans le court (35 minutes en poussant les murs) mais incisif.

Un disque à la basse bien présente et qui n'hésite pas à aller autant dans le rock que dans le blues, imposer une ambiance lourde dans ses morceaux, avoir toujours un vrai souci mélodique et agrémenter sa musique de saillies de cordes, comme ca, venues de nulle part, semblant par la même rendre à Calexico (la fin de The Moon est à ce propos un exemple et un bonheur).

Chouette voyage - et pas en classe éco - en tout cas.

Album: Bright Victory
Année: 2010
Label: Ivy League


Deux clips pour finir, des deux premiers singles extraits de 'Bright Victory'.
La vidéo de Catcher In The Rye pour commencer donc:



Et celle de Hounds pour finir:

lundi 25 octobre 2010

[Track of The Day] The Hundred In The Hands - Commotion

Après un week-end sans sommeil, fait d'un set putassier mais diablement efficace d'Erol Alkan, de bières bues dans un rade (le Berthom) à éviter absolument à Lyon (rarement été traité autant comme un con que là-bas, et pourtant je suis pas exigeant), et après avoir enfin vu une des plus magistrales bouses cinématographiques de l'histoire du cinéma français (l'histoire de gaulois qui vont aux jeux olympiques, avec de la potion magique, des dialogues ineptes, des blagues pas droles et des décors en carton pâte, ce genre de choses) avant d'aller visite la plus dure des dictatures actuelles, retour aux affaires.

Et avec The Hundred In The Hands, nouvelle signature de chez Warp. Bien plus easy-listening que ce que Warp a toujours pu proposer, et notamment récemment, le duo - de Brooklyn - The Hundred In The Hands n'en reste pas moins un groupe rock-électro-pop intéressant, dans la veine de Ladyhawke, Annie et autres Robyn. Et leur imaginaire (qui rappelle Broadcast) colle bien à l'image du label anglais.

Leur premier album est au final assez moyen et perdant de la force sur la longueur, mais il contient assez de tubes (Lovesick (Once Again), Pigeons, Dressed in Dresden, Commotion que j'aurais bien vu chanté par Kim Wilde, ) pour raisonnablement penser qu'on devrait réentendre parler d'eux sous peu.

Album: The Hundred In The Hands
Année: 2010
Label: Warp


Et pour finir, deux clips. Ceux des deux premiers singles de 'The Hundred In The Hands'.
Celui de Pigeons, qui rappellera - j'imagine à beaucoup - ces moments qu'on a juste envie d'oublier:




Et celui de Commotion, chanson en écoute aujourd'hui:



vendredi 22 octobre 2010

[Track of The Day] British Sea Power - Bear

Vu que la mode est aux Eps long comme le bras, bienvenue à 'Zeus Ep', nouvel essai discographique des passionnants British Sea Power, auteur de deux albums très mémorables de post-punk aussi pop que rock en 2003 et 2005.

Une sortie qui, disons le tout de go, est une immense déception à mes oreilles. J'ai énormément d'affection pour ce groupe, et leur retour - inattendu - n'est pas convaincant.

Oh, tout n'est pas à jeter: Bear, en écoute aujourd'hui, est une belle balade à la British Sea Power, Cleaning Out The Rooms se la joue post-rock et Retreat, malgré ses 9 mns est plutôt bien menée. Mais pour le reste, ce 'Zeus Ep' est extrêmement brouillon, comme s'il avait été enregistré parce qu'il fallait bien sortir quelque chose de nouveau.

Le single Zeus est bien trop long, sans aucune cohérence, Can We Do It? est assez ridicule. Quant à kW-h et son délire electro-rock c'est sans aucun doute (et de loin) le plus mauvais titre de toute leur discographie et il oblige à lui seul d'être sévère avec ce 'Zeus Ep' qui ressemble plus à un raclage de fonds de tiroirs qu'à une vraie démarche artistique.

Album: Zeus Ep
Année: 2010
Label: Rough Trade

jeudi 21 octobre 2010

[Track of The Day] I Like Trains - Progress is a Snake

A l'époque de leurs premiers Eps et albums, I Like Trains s'écrivait en un seul mot: iLiKETRAiNS. Aujourd'hui, le groupe la joue «détaché». Pourquoi? Comment? J'ai raté trop d'épisodes pour le savoir.

D'ailleurs, pour être tout à fait honnête, je n'ai pas un souvenir impérissable de leur premier album, 'Elegies to Lessons Learnt'. Non pas que ca soit mauvais - bien au contraire, je me souviens avoir beaucoup aimé cet album - mais juste que je n'en ai pas un souvenir immédiat.

'He Who Saw the Deep' est le second album des anglais de Leeds, toujours entre rock et post-rock percutant. Et il est immédiatement accrocheur. Un son carré mais pas agressif et une production plus voluptueuse que volubile.

Les I Like Trains aiment faire danser la mélancolie avec des guitares acérées et faire valser une noirceur délicate (toujours appuyée par cette voix bien sombre) avec des cordes toujours sorties à bon escient (et qui sont aussi un des atouts de cet album).

'He Who Saw the Deep' est un album qui ne paye pas de mine de prime abordmais qui est des plus agréables tant il est prenant et joliment tourné. Une jolie escapade en terrain onirique.
Ceci dit, je vous laisse, j'ai un 'Elegies to Lessons Learnt' à réécouter.

Album: He Who Saw the Deep
Année: 2010
Label: Pledge Music


Le clip de A Father's Son, premier single de 'He Who Saw the Deep' :


mardi 19 octobre 2010

Belle and Sebastian - Write about Love [Rough Trade]

A la sortie de 'The Life Pursuit', je me faisais la réflexion suivante: Belle and Sebastian ressemble de plus en plus à un sportif en fin de carrière qui ne sait pas s'arrêter à temps; ou pire, qui revient s'entêter à revenir sur les terrains chercher une gloire malheureusement bien derrière lui.
Bref, Belle and Sebastian depuis presque une dizaine d'années, c'est Michael Jordan qui sort de sa retraite pour aller jouer aux Washington Wizards ou Michael Schumacher qui reprend le volant quatre ans après avoir arrêté et à 40 ans.

Et tout cela est dommage tant leur discographie jusqu'à une moitié de 'Dear Catastrophe Waitress' est quasiment parfaite; Belle and Sebastian se permettant par la même de créer (ou de relancer) un courant musical folk-pop qui trouvera son apogée au cœur des années 2000.

Après un 'The Life Pursuit' catastrophique (groupe en roue libre s'autoparodiant à souhait), j'étais donc prêt à sortir mess plus belles saillies de mon chapeau, prêt à en appeler au split avec la sortie de leur nouvel album 'Write about Love', qui plus est après l'écoute du premier single du même nom.

Sauf que cet album est une chouette surprise. Une production très rondouillarde, un brin synthétique, mais qui leur va bien et un Stuart Murdoch qui partage plus volontiers le micro.
Il y a sur 'Write about Love' de ravissants moments, de très belles compositions (I Didn't See It Coming, The Ghost of Rockschool), d'autres plus dispensables (le premier single donc, mais aussi I'm Not Living In The Real World ou Read The Blessed Pages) ou bizarrement maîtrisés (Little Lou, Ugly Jack, Prophet John, en duo avec Norah Jones est une jolie chanson mais qui est trop ancrée dans l'univers de l'américaine pour être vraiment passionnante).

Ce 'Write about Love' n'a donc rien d'exceptionnel, mais contient assez de bonnes chansons pour être écouté régulièrement - il est d'ailleurs à noter que le plaisir augmente à chaque écoute, où les chansons se dévoilent les unes après les autres.

Alors me direz-vous, pourquoi lui consacrer une si longue chronique? Tout simplement parce que si musicalement, les Belle and Sebastian ne sont passionnants que par intermittence, ils n'en restent pas moins toujours exigeants esthétiquement parlant.
Et l'artwork de ce 'Write about Love' est dans la lignée de tous ses prédécesseurs (Eps inclus): une réussite. En ces temps où l'on dématérialise à tout va, continuer à travailler ses artworks est un acte militant. Qui mérite d'être souligné. (sortie: 11 octobre 2010)

D'autres avis chez le Panda ou chez Gangan.

Son:
Myspace (Une chanson de 'Write about Love' en écoute)
Site officiel

Deux chansons en écoute. I Didn't See It Coming, qui ouvre 'Write about Love', et The Ghost ofRockschool qui rappelle le Belle and Sebastian d'antan :

Belle and Sebastian - I Didn't See It Coming

Belle and Sebastian - The Ghost of Rockschool

lundi 18 octobre 2010

[Track of The Day] Florent Marchet - Courchevel

Son ami et collaborateur préféré Erik Arnaud la joue no future à poser nu sur un matelas défoncé, dans une chambre délabrée, sous le regard bienveillant de Neil Young sur la pochette de son dernier album en date, 'L'Armure'?
Florent Marchet lui préfère la jouer kitsch à s'asseoir dos à une cheminée, sa guitare à la main, la main sur une peau d'ours polaire, ambiance tartiflette dans les rocheuses.

Pour autant, 'Courchevel' est tout sauf une blague. Et ne prête une nouvelle fois pas à sourire.
'Rio Baril' et 'Frère Animal' ne faisaient pas dans la drôlerie, alignant les douleurs d'un jeune homme, tentant désespérément de se faire une place dans le monde, aussi bien au niveau personnel que professionnel. 'Courchevel' garde la même trame.
Florent Marchet est un artiste qui aime (se?) raconter des chansons sombres - d'aucuns diront en contact direct avec la société actuelle - où cynisme et désabusement sont les maitres mots.

Si 'Courchevel' garde la même optique, plus que sur 'Rio Baril', il propose des chansons vraiment enjouées, où le lyrisme et la musicalité de ses arrangements (où se côtoient cordes, cuivres, boites à rythmes et même… castagnettes!) tranchent franchement avec le propos.
Et c'est ca qui rend 'Courchevel' si réussi, si charmant et désarmant à la fois: une mélancolie souriante dont se dégage une réalité bien plus cruelle.

Album: Courchevel
Année: 2010
Label: Nodiva


En bonus, le clip de Benjamin, premier extrait de 'Courchevel', dans le ton comme on dit :


vendredi 15 octobre 2010

[Track of The Day] The Innocence Mission - Spring

Déjà il y a cette voix, celle de Karen Peris, enfantine et tout en douceur, responsable en partie du charme qu'exerce The Innocence Mission sur mes oreilles (et sur celles de Pitseleh).
Et puis il y a ces chansons, comme susurrées, alliage délicat de cordes légères, d'une batterie feutrée et d'un piano effleuré.

The Innocence Mission a commencé son aventure discographique en 1989. Nous sommes 21 ans plus tard et il semble qu'ils n'ont pas bougé d'un iota, continuant à suivre le chemin qu'ils se sont ouverts et à faire ce qu'ils savent faire de mieux: des chansons aussi désespérées que belles.

'My Room in The Trees' n'a rien de spécialement renversant. Rien de révolutionnaire. C'est un nouvel album de The Innocence Mission, touchant comme à (presque) chaque fois. Et, très franchement, je ne leur en demande pas plus.

Album: My Room in the Trees
Année: 2010
Label: Badman

mercredi 13 octobre 2010

[Track of The Day] Unkle Bob - Satellite

Découvert à la fin d'un épisode d'une série américaine à succès et multi-diffusée, Unkle Bob et son premier album 'Sugar & Spite' avait été il y a deux ans un beau coup de cœur, mélodique, sorte de Damien Rice en plus enlevé, avec de belles compositions

Quatre ans après ce premier essai, les écossais - de Glasgow - d'Unkle Bob sont de retour; et leurs ritournelles ne sont pas restées coincées au fond de leur besace écossaise. Car 'Shockwaves' contient ce qu'il faut de mélodies à fredonner et de rythmes entrainants, alternant assez judicieusement entre bluettes déchirantes et chansons plus enlevées.

Moins marquant et pas toujours aussi pertinent que son prédécesseur, 'Shockwaves' confirme toutefois que les Unkle Bob savent écrire de belles chansons et que leur pop, aux élans romantiques exacerbés que d'aucuns trouveront sirupeux, reste avant tout sans prétention et pleine de plaisir.

Album: Shockwaves
Année: 2010
Label: Friendly Sounds

Deux choses pour finir. Premièrement le clip de In My Head, premier single de 'Shockwaves' :


Et enfin l'EPK de ce nouvel album des Unkle Bob, qui revient aussi bien sur le succès de 'Sugar & Spite' que sur ce 'Shockwaves' :



mardi 12 octobre 2010

Net Emergence 'Octobre 2010': Bumpkin Island, Mondrian, Livin' in a Treehouse, Wonderflu


Après une édition de rentrée qui m'avait laissé sur ma faim, l'édition d'octobre 2010 de Net Émergence aura remis les choses points: du bon du bon et encore du bon. Un podium intéressant auquel il manque juste un groupe qui a titillé bien agréablement les oreilles. Présentation.


Médaille en chocolat: Wonderflu
Coup de cœur pour ce groupe français dont le rock va piocher ses influences dans celui des années 90 et essentiellement dans Pavement (Realize, Travel). Leur dernier Ep en date (le premier?) 'Lota Schwager' est une chouette découverte, rempli de belles compositions. Seul bémol sur l'artwork que je ne trouve pas particulièrement adéquat.
Site officiel et 'Lota Schwager Ep' en écoute



Médaille de bronze: Livin' in a Treehouse


Voix profonde et énervée, la chanteuse de Livin' in a Treehouse pose le décor d'emblée, se rapprochant un peu de Leila Moss, la chanteuse de The Duke Spirit. Sa voix française en anglais passe toute seule.
Il y a d'ailleurs du travail, ca se sent, aussi bien au niveau des compositions que de l'enregistrement. Sur certains morceaux, on sent comme un début de filiation avec les Duke Spirit, précités. Mieux: même dans les moments de calme, le charme opère. Pas transcendant mais sympathique.
Myspace


Médaille d'argent: Mondrian
J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de leur premier 'Pop Shop Ep'. J'ai déjà dit à quel point leur pop entre banjots, piano et clappings avait rythmé mes dernières semaines musicales. Je n'ai pas changé d'avis.
Site officiel et 'Pop Shop Ep' en écoute






Médaille d'or: Bumpkin Island
Les grands vainqueurs se sont eux, les Bumpkin Island. Originaire de Bretagne, le groupe se compose de sept membres. Surtout, les Bumpkin Island respirent les belles mélodies, les jolies constructions de chansons (Perfect Life), et savent relever par de légères touches - le plus souvent éclatantes - leur musique quand celle ci perd un peu de force (notamment par le clavier). Beau collectif qui ira assurément loin. Plus qu'un bon vainqueur de ce mois d'octobre en tout cas.
Myspace

lundi 11 octobre 2010

[Track of The Day] The Duke Spirit - Everybody's Under Your Spell

On ne dirait pas comme ca, mais 'Neptune' a presque trois ans. 'Neptune'? C'est le deuxième album parfait de The Duke Spirit, combo anglais mené par la belle et fougueuse Liela Moss. Depuis, plus rien.

Il y a quelques jours, les Duke Spirit ont refait parler d'eux en annonçant la sortie imminente d'un nouvel Ep - 'Kusama Ep' - et un nouvel album qui devrait suivre dans la foulée. Et vu qu'ils sont partageurs, ils proposent de télécharger un premier titre, histoire de se mettre l'eau à la bouche: Everybody's Under Your Spell.

Une chanson dans la lignée de 'Neptune', aussi accrocheuse mélodiquement que nerveuse. Et toujours la belle et incroyable Liela dont le chant n'a pas énormément d'égal aujourd'hui.

Album: Kusama Ep
Année: 2010
Label: You Are Here


Everybody's Under Your Spell est à télécharger gratuitement et légalement sur le site officiel de The Duke Spirit (contre l'habituelle adresse mail), ici même.

jeudi 7 octobre 2010

David Sylvian - Sleepwalkers [SamadhiSound]

D'abord l'euphorie. Puis la désillusion. Et finalement le plaisir. La nouvelle de la sortie de 'Sleepwalkers' de David Sylvian a suivi ce schéma dans mon esprit tortueux et torturé.

L'euphorie. Car oui, David Sylvian fait partie de ces artistes qui titillent mon imaginaire et emballent ma joie. Je suis très loin de tout connaitre de sa discographie, mais j'en connais assez - 'Blemish' et 'Snow Born Sorrow' (sous le nom Nine Horses, avec Steve Jansen et Burnt Friedman, pour un des plus beaux disques des années 2000) pour ne citer qu'eux - pour savoir que le britannique reste un artiste capable de renverser mon cœur, entre avant-garde, rock expérimental et ambient, le tout bercé par une voix d'indie-crooner reconnaissable entre mille.

La désillusion. Après un 'Manafon' plus obscur, plus fermé mais toujours fascinant dans sa construction sonore, j'espérais un nouvel album. 'Sleepwalkers' serait celui-là. Sauf que non au final.
Car 'Sleepwalkers' n'est «qu'une» compilation qui recense bon nombre des collaborations que David Sylvian a pu faire durant les années 2000. Ici, certains de ceux qui ont fait la dernière décennie se succèdent: Ryuichi Sakamoto, Christian Fennesz, Arve Henriksen de Supersilent, ce genre d'artistes. Bref, pas de nouveautés ici (à une chanson près, Five Lines, avec Dai Fujikura), mais certaines de ses meilleures compositions des dix dernières années.

Le plaisir. Un grand et fort plaisir. Car si 'Sleepwalkers' est une compilation, elle est avant tout une plongée des plus remarquables dans l'œuvre de ce petit génie de David Sylvian. J'ai beau connaître toute sa récente discographie, voir ces 16 titres se succéder avec autant de facilité - et de malice - me surprend encore.
'Sleepwalkers' est une extraordinaire porte d'entrée, un best-of (et dieu sait que je déteste ce mot) idéal pour rentrer dans l'œuvre de David Sylvian. Mais également une très bonne façon de se rappeler quel artiste essentiel il est.
David Sylvian a retravaillé ici certains titres, changé les mixes pour d'autres, histoire de donner une cohérence à l'ensemble. Et c'est une réussite à tous les niveaux. Bref, un best-of, pensé et travaillé et non pas emballé et pesé en moins de temps qu'il ne faut pour dire «argent facile».

'Sleepwalkers' est un must-have, rien de moins, qui mérite de figurer en bonne place dans toutes bonnes discothèques qui se respectent, que celles-ci possèdent les œuvres précédentes ou pas de David Sylvian. Car au delà de la compilation, ce disque pourrait presque être considéré comme un nouvel album tant il est cohérent, riche et incroyablement divers. Ce qui n'est pas le moindre des compliments. (sortie: 27 septembre 2010)

Son:
Site officiel (des extraits de chacun des 16 titres de 'Sleepwalkers' sont en écoute)

Vous pouvez commander ce 'Sleepwalkers' directement sur le site officiel de David Sylvian, en cliquant ici.

Deux titres en écoute de ce 'Sleepwalkers'. Money For All, une chanson de Nine Horses, superbe (et 9è de mon top singles 2007), dont la mélodie et les paroles viennent se greffer dans votre cerveau sans demander leur reste. Et World Citizen - I Won't Be Disappointed again (with Ryuichi Sakamoto), mixé par Chasm, rien d'autre qu'un régal auditif:

David Sylvian (sous le nom de Nine Horses) - Money For All

David Sylvian - World Citizen - I Won't Be Disappointed again (with Ryuichi Sakamoto)


Et pour finir, le joli clip de Sleepwalkers, la chanson qui ouvre et qui donne son nom à cette compilation de David Sylvian:




mardi 5 octobre 2010

[Track of The Day] Shellac - The End of Radio

Hier soir, L'Épicerie Moderne. La meilleure salle de Lyon accueille un groupe mythique, Shellac. Shellac, c'est le trio formé par Todd Trainer, Bob Weston et Steve Albini (le producteur le plus important des 20 dernières, faut il le rappeler). Dont le principal but est de se faire plaisir et de s'évader de leurs vies professionnelles respectives. Une sorte de soupape de décompression en gros - qui explique le peu d'albums sortis à ce jour (cinq en 16 ans, dont au moins deux essentiels).

Hier donc, pas moins de 700 personnes (!!) en ont donc pris pour leurs oreilles en 1h30 de noise, de math, de punk, de post ce-que-vous-voulez. Mais ils en ont pris, et moi le premier. Simple, carré, brutal, allant à l'essentiel, baigné dans un enthousiasme de chaque instant.

Les Shellac ont développé une puissance sonore couplée à une justesse invraisemblable (ça aide d'avoir deux ingénieurs du son dans le groupe), donnant un coup de fouet à tous leurs morceaux, qui pourtant n'en avaient pas franchement besoin. Et au dessus, toujours la même ligne de conduite: l'anti-conformisme qui les caractérise, démarrant un morceau à droite pour mieux s'arrêter à gauche avant de finir au milieu.

Albini est totalement déjanté sur sa guitare, Weston a une sacrée gouaille et Trainer est un batteur fou furieux au jeu absolument parfait (le dernier batteur qui m'avait marqué à ce point en live était le batteur de Oneida à l'époque de leur 'Secret Wars' en 2004).

Quant aux nouveaux titres au nombre de cinq, ils sonnent très bien sur scène, avec des mélodies plus présentes. Mais comme disait Bob Weston pendant le concert «Le nouvel album sortira peut-être dans 10 ans, peut-être dans 1 mois, on n'en sait rien. Mais on vous tiendra au courant». Y a intérêt.

En tout cas, si Shellac était déjà fortement conseillé sur album, il l'est encore plus sur scène. Vraie baffe et grand moment live de 2010 pour ma part.

Album: Excellent Italian Greyhound
Année: 2007
Label: Touch & Go

lundi 4 octobre 2010

[Track of The Day] Aberfeldy - Malcolm

J'ai toujours aimé les artistes qui arrivent à placer, ni - presque - vu ni connu, de discrets petits hommages à d'autres groupes musicaux qui ont fait l'histoire de la musique avant eux.

Attention, il n'est pas question ici de plagiat éhonté ou de reprises dissimulées. Je parle ici de jolies révérences, du genre de celle de Sufjan Stevens pour le Close to Me des Cure sur Come On! Feel the Illinoise! (Part I: The World's Columbian Exposition — Part II: Carl Sandburg Visits Me in a Dream), la troisième chanson de l'album du même nom.

Aberfeldy, sur son troisième album, 'Somewhere to Jump From', s'amuse avec les mots et à rendre hommage, le temps de la chanson Malcolm, au Velvet Underground, à Bob Dylan et aux Beatles. C'est discret, superficiel mais très charmant.

Charmant c'est aussi le mot qui va bien pour définir ce troisième album d'Aberfeldy - et le premier en 4 ans. Compositions qui sentent bon le soleil, bluettes pop chatoyantes et xylophone au garde à vous. Cet album est en tout cas un beau retour d'un groupe qu'on pourrait avoir tendance (comme beaucoup d'autres) à qualifier de « mineur » alors qu'il est finalement bien plus que ca.

Album: Somewhere to Jump From
Année: 2010
Label: Tenement Records


'Somewhere to Jump From' peut-être commandé directement sur la page officielle du groupe sur le site de Tenement Records.

vendredi 1 octobre 2010

[Track of The Day] Jimmy Fallon, Justin Timberlake and The Roots - The History of Rap

(nouveau lien, direct from NBC, avec un peu d'interview au départ).

Pour une fois, un petit clip. Et quel clip! Au menu, Jimmy Fallon (présentateur sur NBC), Justin Timberlake et The Roots qui revisitent l'histoire du rap.
Alors la vidéo ne tiendra peut-être pas toute la journée, mais vu que c'est tellement bon et vu que je viens de le regarder 4 fois de suite, j'en profite.
En tout cas, il faut vraiment que Timberlake arrête d'avoir autant de talent.