vendredi 17 novembre 2017

[Track of The Day] Oneida - Town Crier

S’il est le nom d’une des cinq tribus fondatrices de la nation iroquoise (c’était le court instant wikipédia du jour), Oneida est aussi le nom d’un groupe originaire de Brooklyn et qui vient de fêter ses 20 ans.

Un groupe qui aura touché à beaucoup de choses en 20 ans : au psychédélisme, au noise, au rock simple et efficace mais aussi à l'expérimental. Entre autres choses.

Oneida aura joué toute sa carrière en deuxième division, alors que certains de ses disques aurait mérité clairement une qualification en Ligue des Champions. Foutues voies du succès sont décidément impénétrables.
Après cinq ans de silence, revoilà Oneida de retour aux affaires. Et ils nous font ça à l’ancienne : tout d’abord un 45-tours chez Joyful Noise (la face-A est en écoute ce jour) avant de sortir un double album au printemps prochain (qu’on peut raisonnablement imaginer voir sortir chez Jagjaguwar, leur label de - presque - toujours), qui ne contiendra pas ces deux chansons.

Parmi ces deux chansons, il y a la face-A donc, Town Crier, 2’50 mns pied au plancher, avec un gimmick des plus entêtant. Un retour un peu aux sources pour Oneida, rappelant assez 'Secret Wars'. Et ce n’est pas pour me déplaire, ce dernier faisant partie des tous meilleurs sortis dans les années 2000.

Album : Town Crier / Golden Age of the New Pariah 7"
Année : 2017
Label : Joyful Noise


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Town Crier d’Oneida est également en écoute ci-dessous :


jeudi 16 novembre 2017

[Track of The Day] Algiers - The Underside of Power

Algiers ne s’est pas embêté pour son deuxième disque : la meilleure chanson a le même titre que l’album. Placée en troisième position, The Underside of Power est effectivement une grosse réussite. Une chanson qui fait s’imaginer la rencontre entre Tamla Motown et Tv On The Radio sous le haut patronage de Xiu Xiu. Bien que produite avec tous les boutons poussés dans le rouge, le résultat est explosif, extrêmement festif et dansant.

Ce qui est un peu plus dommage, c’est le reste de l’album qui, porté par cette production agressive, lasse plus qu’il ne convainc totalement. A confirmer sur scène, Algiers étant en tournée en France actuellement.

Album : The Underside of Power
Année : 2017
Label : Matador

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Underside of Power d'Algiers est également en écoute via son clip ci-dessous :




mardi 14 novembre 2017

[Track of The Day] James Holden & The Animal Spirits - Thunder Moon Gathering

On ne peut pas dire que je fais dans le court en ce moment. Après les 13'30" de Kamasi Washington, les 20 minutes de Max Richter hier, place aux près de 8 minutes de James Holden & The Animal Spirits.

Repéré par Nathan F de Playlist Society, voilà un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points.
James Holden m'étant inconnu, je suis rentré dans ce 'The Animal Spirits' à l'aveugle.

Et j'ai été happé dès les premières secondes par cette ambiance si particulière et ce melting-pot de sonorités et d'influences. Il y a ici de la musique orientale, du (free) jazz, de l'expérimental, de l'électro, des beats, du folk sous-acide, des saxophones ivres...

Enregistré en une prise live pour chaque morceau, laissant place à l'improvisation sans pour autant que cela parte dans tous les sens et n'ait ni queue ni-tête, 'The Animal Spirits' rappelle aussi bien le premier album de Pivot quand ils ne s'appelaient pas encore PVT ('O Soundtrack My Heart') que le 'Live at the South Bank' de Kieran Hebden, Steve Reid et Mats Gustafsson (accessoirement mon album de l'année en 2011).
Mais surtout, en construisant brillamment leur propos (tout ici découle très simplement), James Holden & The Animal Spirits rendent cet album d'une consistance et d'une facilité d'écoute sidérante. Avec en point d'orgue ce Thunder Moon Gathering.

NB : Si vous voulez en savoir plus sur ‘The Animal Spirits’ de James Holden & The Animal Spirits, la chronique de The Quietus est faite pour vous.


Album : The Animal Spirits
Année : 2017
Label : Border Community

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

Une fois n'est pas coutume, Thunder Moon Gathering de James Holden & The Animal Spirits est uniquement disponible dans les playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog). Mais d'autres extraits de 'The Animal Spirits' sont en écoute. Deux pour être exact : Each Moment Like The First et Pass Through The Fire. 




lundi 13 novembre 2017

[Track of The Day] Max Richter - The Waves: Tuesday

L’autre jour, alors que nous étions quelques-uns sur un forum musical à deviser  de Kamasi Washington, cette réflexion à propos de 'The Epic', le disque gargantuesque du saxophoniste américain en 2015, m’a interpellé : « Ce n'est pas qu'il impressionne, c'est qu'il dure près de trois heures, et qui a le luxe de pouvoir écouter trois heures de musique sans être dérangé/interrompu ? ».

Bonne question effectivement. Car dans cette course effrénée où une nouvelle chasse une autre en 30 mns, où l’on semble toujours vouloir en faire plus alors qu'on n'en a pas les moyens, prend-on encore le temps ? Qui n’a pas perdu une heure un soir, pourtant de fatigue avancée, à faire le tour (une énième) fois d’Internet, à lire ou relire des articles inintéressants au possible, à regarder des vidéos de sites-à-clics totalement débiles plutôt qu’aller se coucher ou de plonger dans un roman ? Comme happé par ces objets sur lesquels nous passons déjà une immense partie de notre journée ?

Pire : sommes-nous encore capable de regarder un film à la télévision sans faire des pauses « smartphone », à vérifier twitter, facebook ou les dernières news d’un autre réseau social comme si notre vie en dépendait ? Peut-on encore passer une soirée avec ses amis, sans participer à une conversation whatsapp de personnes absentes ? Sait-on encore lancer un disque (ou ne serait-ce qu’une chanson) sans rien faire d’autre que l’écouter, sans se laisser distraire par quelques jeux mobiles à la con qui occupent nos pauses ou notre ennui ? Je ne suis pas sûr que la réponse à ces questions soit positive. Ainsi, si on prenait aujourd'hui le temps de prendre le temps ? 

La chanson du jour s’y prête. Extraite de ‘Three Worlds : Music From Woolf Works’, elle vient conclure ce nouvel album de Max Richter (ce n’est pas vraiment le dernier vu que l’allemand semble produire des bande-originales de film ou de séries à la chaîne). Elle dure 21'38" minutes et est l’aboutissement d’un disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf.

The Waves: Tuesday (puisque c’est d’elle dont il s’agit) est un océan de douceur mais surtout de langueur. Donnant d’ailleurs sa pochette à l’album, ce morceau est le point culminant de ce disque magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami). 

The Waves: Tuesday débute doucement, avec la voix de Gillian « Scully » Anderson lisant le dernier texte écrit par Virginia Woolf, juste avant son suicide (et c'est quelque-chose). Derrière, les vagues semblent passer au loin. Quelques notes lumineuses arrivent, discrètes et répétitives. Presque lointaines. Puis la voix s’éteint, la brise musicale commence à se lever et Max Richter amène lentement et délicatement tous les instruments mais aussi cette voix (qui n'est pas sans rappeler son Sarajevo tiré de son premier album en 2002) qui vont permettre à la chanson de décoller de manière magnifique et puissante sur la toute fin. 

The Waves: Tuesday est un morceau qui prend ses aises, qui ne brusque pas les choses, qui laisse le temps suspendre son vol. Beau comme jamais, il s'agit sans doute là d'une des compositions les plus abouties de Max Richter. Et quand les dernières notes s'évanouissent, le choc est tellement fort que la meilleure chose à faire est d'écouter le silence. De ne rien faire. Et de continuer à prendre son temps.

Album :
Three Worlds: Music From Woolf Works
Année : 2017
Label : Deutsche Grammophon

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Waves: Tuesday de Max Richter est également en écoute ci-dessous :



 

vendredi 10 novembre 2017

[Track of The Day] Kamasi Washington - Truth

Finissons la semaine en beauté avec un titre fabuleux et du niveau de l’Ep sur lequel il sort.

Kamasi Washington, saxophoniste de son état (la Californie pour le coup), 34 ans et déjà des collaborations pas les plus dégueulasses (il a été le saxophoniste de scène de Snoop Dogg, Lauryn Hill ou Raphael Saadiq, et a joué sur 'To Pimp A Butterfly' de Kendrick Lamar, excusez du peu).

Mais Kamasi Washington c'est aussi et surtout une carrière solo depuis 2007 avec trois albums à la clé, dont le dernier en date, 'The Epic' (2015), portait bien son nom (17 titres, 3 disques, 3h de musique).

Découvrant notre homme avec 'Harmony of Difference Ep', je serais bien incapable de vous dire quoi que ce soit sur ce gargantuesque album, sauf qu'il m'est très recommandé par tous ceux qui y ont posé leur oreille.

Mais revenons à nos moutons : 'Harmony of Difference Ep'. Pour le coup, Kamasi Washington fait court, avec six morceaux et 32 mns de musique. Qui ne forme qu'un seul et même tout. Et le résultat est époustouflant. Sur une base jazz, on sent toute une kyrielle d'influence qui viennent danser derrière le saxophone de l'auteur.

Mais mieux, 'Harmony of Difference Ep' se termine par un Truth. Et que dire à part que c'est somptueux ? Morceau sidérant de près de 14mns, il fait la synthèse des cinq précédents, le tout en deux temps. Construisant sa chanson par strates, sachant calmer le tempo pour mieux le raviver, apportant des chœurs splendides, permettant aux cordes de répondre aux guitares ou à un piano virevoltant, Kamasi Washington crée un jazz soulful au possible, où son saxophone gère le tempo tout du long.

Surtout, Truth, malgré mes écoutes déjà nombreuses, semblent receler d'une foultitudes de détails qui se dévoilent les uns après les autres. Le genre de morceau qui pourrait ne jamais arrêter de nous surprendre.

Album : Harmony of Difference Ep
Année : 2017
Label : Young Turks

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En plus des playlist Spotify et Deezer, Truth de Kamasi Washington est également en écoute ci-dessous via ce court-métrage de A.G. Rojas :



jeudi 9 novembre 2017

[Track of The Day] Luje - Cover Me

Dans la série « les groupes entre rhône et saône » ont du talent, après Decibelles et autres Satellite Jockey, voilà Luje. Découvert lors de leur remplacement au pied levé de Bøbine en première partie de Mountain Bike, Luje est quatuor monté par quatre étudiants en musicologie.

Et cela s'entend. Très inspiré par les années 90 (et la fin des années 80), tout est carré et très bien produit. Au-delà des mélodies, au-delà de l’énergie qui se dégage de leurs compositions, c'est ce qui frappe à l'écoute de leur premier Ep, 'You'll Never Go', compilation de leurs six premiers titres.
La chanson Cover Me en est la meilleure preuve. Luje y fait sonner ses guitares comme si James Ford étaient aux manettes. Autre preuve ? Écoutez donc Afternoon et son ambiance qui semble toute droit sortie de l'esprit tortueux de Kevin Shields. Quant au reste ? Il est à l'avenant.

Devenu quintet depuis quelques semaines avec l’arrivée d’un clavier, on n'a pas fini d'entendre parler de Luje. Mieux, à en croire leur page facebook, il va se passer des choses du côté de Luje ces prochains mois. Sans doute qu'un album est sur le feu. Et ils semblent avoir trouvé un label. Heureusement, sans ça, je relançais Without My Hat Records derechef.

Album : You'll Never Go Ep
Année : 2017
Label : -

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Cover Me de Luje est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson sortie cette année par Luje, The Bouncing Man :



mercredi 8 novembre 2017

[Track of The Day] METZ - Drained Lake

‘Strange Peace’. Oui, une paix étrange. Car il n’y a toujours rien de paisible dans la musique de METZ ; ce n’est pas ce troisième album qui changera la donne.

Pour autant, si METZ reste METZ, reste dans un noise-rock qu’il ne laisse jamais reposer, si les guitares sont toujours aussi aiguisées et martyrisées, si le chant est toujours aussi punk, et si la virulence du trio de Toronto est toujours aussi forte, il semble y avoir quelque-chose qui a changé. Un je ne sais quoi dans la production peut-être, cette fois confiée à Steve Albini.

Comme si METZ changeait de braquet. Pour autant, la mise en lumière plus forte de leurs mélodies et un ensemble sans doute plus accessible que les deux premiers disques, sans pour autant que le groupe se fourvoie d’une quelconque manière, rend l’ensemble euphorisant.

De toutes les chansons de ‘Strange Peace’, Drained Lake (en écoute aujourd'hui) est sans doute la plus percutante. Rappelant mélodiquement Wasted (sortie sur leur premier album), elle débaroule en force portée par une basse étouffante et une batterie millimétrée, rendant l’ensemble quasi-martial. METZ que de roca !

Album : Strange Peace
Année : 2017
Label : Sub Pop

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En plus des playlists Spotify et Deezer, Drained Lake de METZ est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson tirée de ce ‘Strange Peace’ de METZ, voilà Raw Materials, qui clôt l'album par ailleurs :



lundi 6 novembre 2017

Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]

Dans la série « nos lyonnais ont du talent », laissez-moi présenter pour ceux qui ne les connaîtraient pas Satellite Jockey, sextet pop originaire d'Annecy mais depuis installé à Lyon.

Moins influencé par Blur que ce que pourrait faire croire son titre, 'Modern Life vol. 1' joue plutôt dans la cour d'une pop ouvragée des années 60. Mais pas que. Car les Satellite Jockey ne se limitent pas à une relecture de quelques inspirations classiques de cette époque là. Il y a de tout dans ce ‘Modern Life vol.1’ : du Beatles évidemment, du Love d'Arthur Lee assurément, du Elliott Smith forcément, mais aussi The Thrills et pas mal de Sleepy Jackson (Copernicus la chanson qui ouvre l’album aurait très bien pu trouver sa place sur 'Lovers', le premier des deux albums des australiens).

Composé de 11 titres, 'Modern Life vol.' est construit en deux parties. Une première très enlevée, qui s'achève sur un Long is the Road aux guitares volontiers solistes, avant un Opacity à tiroir, s'ouvrant sur un folk racé et lumineux, avant qu'une fin en forme de reggae futuriste prenne le relai ; pour mieux le passer à des chansons plus calmes et pas moins belles, où le mélange des voix qui se répondent fait merveille.

Très joliment produit, 'Modern Life vol.' des Satellite Jockey se distingue surtout par sa capacité à faire intervenir beaucoup d'instruments, avec une si grande justesse. Au-delà des classiques guitare/basse/batterie, le groupe amène avec lui trombone, contrebasse, sitar, clavecin et autre erhu (instrument traditionnel chinois), pour ne citer qu'eux. Et le résultat sonne merveilleusement bien : il suffit d'écouter l'arrivée de la trompette sur Long is the Road ou le clavecin en maître d’œuvre sur Modern Life (qui n'est pas sans rappeler le 'First' des Bee Gees) pour s'en convaincre.

Disséminant clin d’œils sixties ici et là (on ne me fera pas croire que l’aboiement du chien sur You Hide From Love, que faire sonner la sitar comme sur The Ones You Dares ou balancer un « hare krishna » sur Inside est totalement fortuit), chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou, intégrant un peu de bossa sur ~~~~~ (oui, elle s'appelle comme cela) et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey sortent là un disque pop classieuse, de grande qualité, qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée sur sa bio.

Si l'on s'attache au titre 'Modern Life vol.1', ce nouvel album des Satellite Jockey est donc appelé à avoir une suite. Et vu comme ce disque m'obsède depuis 6 mois, c'est plutôt une excellente nouvelle. (Sortie : 21 avril 2017)

Plus :
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est en écoute intégrale sur leur bandcamp
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est à l’achat sur leur bandcamp
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est également en écoute sur Deezer et sur Spotify (notamment)
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est enfin à l'achat sur chacun des quatre labels impliqués dans cet album : Another Record, ABRecords, Montagne Sacrée Records et Le Pop Club Records.

Trois titres de ce 'Modern Life vol.1' de Satellite Jockey. Commençons par Long is the Road (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Enchaînons par Modern Life, magnifique conclusion de l'album. Et finissons avec United Nations et son côté Love :





Pour conclure, soyons fous, voilà les trois clips de 'Modern Life vol.1' de Satellite Jockey : celui de Copernicus (qui ouvre le disque), Opacity (la chanson pivot) et le tout dernier en date, Misery :





vendredi 3 novembre 2017

Man at War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care [-]

Comme quoi les belles découvertes ne tiennent pas à grand-chose. Alors que j’étais il y a quelques mois à la recherche d’informations sur Gregory and The Hawk, beau projet de Meredith Godreau dont j’avais apprécié les quelques albums qui étaient arrivés jusqu’à mes oreilles, j’étais tombé sur Fabric of Time, une chanson qu’elle partageait avec un certain Man at War. D’ailleurs, la chanson était de lui.

Le temps de remonter rapidement le fil, je découvre l’Ep dont est tiré cette chanson : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’. Un disque de six titres, dont la beauté m'aura, en moins d'une écoute, donné envie d'en savoir plus.

Man at War n’est pas un groupe mais un projet solo, celui de Ryan Rebo, un jeune homme né à Seattle, qui a vécu une partie de sa vie dans le Montana et qui est désormais installé à Portland. Après avoir passé quelques années à sortir quelques disques sous son vrai nom, (un Ep par ci, un album par là, quelques singles au milieu), Ryan Rebo a décidé il y a deux ans de se lancer dans un nouveau projet : Man at War donc.

Et si au départ, son premier Ep 'Número Uno' (2015) est enregistré à plusieurs (et notamment avec l’aide de Meredith Godreau de Gregory and The Hawk), Man at War devient vite un vrai projet solo, où Ryan Rebo joue de tout et se produit tout seul. Et donne naissance à ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', un vrai disque Do It Yourself, mais qui n’en connaît pas les écueils, et donc auto-produit.

N'y allons pas par quatre chemins : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ est un disque beau, tout simplement. La musique de Man at War navigue entre pop et folk (avec prédominance de la guitare et du piano), fourmille d’idées et de détails, de mélodies simples mais justes, de jolies productions (celle de Fabric of Time notamment, avec ce piano aussi aérien que plein de reverb) et d'instruments qui se répondent sans cesse. Mieux, Ryan Rebo rend l’ensemble si cohérent qu’on croirait entendre un groupe aguerri et plein d’envie au-dessus duquel planerait sa voix et ses compositions.

Quant aux paroles ? Bien que contenant le mot « God » dans son titre, et bien que porté par une pochette le représentant enfant lors d’un évènement religieux intitulé « Rainbows », les textes de de cet Ep de Man at War n’ont rien de sacré. Ou en tout cas, rien d’explicite.
Ryan Rebo dépeint tout au long des 6 chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ un personnage plein de question, à la recherche de l’amour, un peu désabusé (« Sometimes it gets so hard to believe in anything »I Guess I Showed You), qui s’interroge sur son pays (« “Proud to be an American” No not really, I’m just a citizen », Digital Mind), sur la société actuelle (« I can't say why we run around in little machines surrounded by material things that we don't need », Low Times), qui est avant tout perdu (« All alone and I don’t need to be but now I kinda wanna be alone » sur  On An Empty Street At Night, qui n’est pas sans rappeler le « I was afraid to be alone Now I'm scared that's how id like to be » d’Azure Ray) mais qui n'en oublie pas de distiller quelques références indie du meilleur effet (‘Crooked Rain, Crooked Rain’ de Pavement, ‘Goats Head Soup’ des Stones), le rendant encore plus attachant.

Tirant son nom, non pas de la très belle chanson longtemps restée inédite de Radiohead mais de celle de Daniel Johnston (« Daniel is a major hero of mine » dit-il), publiée sur ‘More Songs of Pain’ en 1983, Man at War est une véritable révélation. Une superbe découverte. Et 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep' un disque d'une douceur, d'une subtilité et d'une mélodicité à tomber par terre. Sans conteste une des plus belles choses entendues cette année.

Les américains ne semble pas s’intéresser (encore ?) à son cas (seriously America ?). Et alors qu'il prévoit de sortir son prochain disque au printemps prochain (« I am almost always working on something new », précise-t-il), puisse la France, terre d’asile des artistes américains talentueux et ignorés (entrez ici Jeff Buckley et autres Jude), lui ouvrir ses oreilles et ses bras : Man at War le mérite 1000 fois. (Sortie : 18 avril 2017)

Plus :
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est en écoute sur sa page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est à l’achat (en name your price) sur sa même page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est également en écoute sur Spotify mais malheureusement pas encore sur Deezer

Trois chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ de Man at War en écoute. Le sublime Fabric of Time, en duo avec Gregory and the Hawk (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Digital Mind, chanson qui ouvre l'Ep. Et le très beau Low Times pour finir : 





Non présente sur 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', voilà pour finir la reprise de Man at War de Daniel Johnston par Ryan Rebo, enregistrée en 2013. Évidemment, bien moins bancale et plus pop que l'originale, mais très réussie :


jeudi 2 novembre 2017

[Track of The Day] Iron & Wine - Call It Dreaming

Qu’il semble loin le temps où Iron & Wine me faisait vibrer. D'ailleurs, il est loin. La dernière fois, c'était il y a 10 ans pour la sortie de 'The Shepherd's Dog', le troisième de l'aventure de Sam Beam.

Depuis, on sent qu'il a perdu soit le mojo, soit sa besace à mélodies. Il est rentré dans le rang et 'Beast Epic' ne change pas grand chose à la donne.

Un joli disque, mais sans réel coup d'éclats, un peu trop chargé, qui s'étire en longueur (un comble pour un album de 35 mns). Parfois, une fulgurance voit revenir Sam Beam au meilleur de sa forme (Call It Dreaming, en écoute ce jour ou Bitter Truth) avant de retomber dans une sorte de routine ronronnante. Lui qui avait cette vraie marque, ces mélodies qui n'appartenaient qu'à lui, il est devenu avec le temps un chanteur folk sans grande personnalité. Dommage, quand on se souvient des débuts d'Iron & Wine. Ceci dit, le deuil est fait depuis des années déjà, donc...

Album : Beast Epic
Année : 2017
Label : Sub Pop

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (voir la colonne de gauche de ce blog), Call It Dreaming d’Iron & Wine est également en écoute ci-dessous :


Ne soyons pas chien : autre réussite de ce 'Beast Epic' d'Iron & Wine, voilà Bitter Truth :



Le clip de Call It Dreaming d'Iron & Wine :


mercredi 1 novembre 2017

[Track of The Day] Barbarie Boxon - Ciel Bleu

Découvert il y a quelques semaines de cela via ‘Profession Chanteur’, best-of de Benjamin Schoos, Freaksville est décidément un label épatant. Dernière découverte en date, Barbarie Boxon, un duo à l’activité discographique très réduite.

Créé en 2011 par Barbara Malter-Terrada et Thierry Bodson, désormais groupe (Didier Van Uytvanck et Guillaume Magne ont rejoint le duo), Barbarie Boxon vient de sortir ‘Ciel Bleu Ep’, son deuxième disque… en près de 7 ans d’activité.

Ces jeunes gens prennent leur temps. Leur pop en prend moins pour accrocher l’oreille, dodeliner de la tête et ensorceler l’auditeur de ses rythmes lascifs, pas toujours réguliers, de ses guitares grincantes ((Baiser) la mort) ou de cette basse vraiment belle tout du long.
Piochant ses influences aussi près de Gainsbourg que de Tricatel et Burgalat, Barbarie Boxon est un groupe qui n'aurait pas dépareillé sur le 'Broken Homeland' de Valparaiso ((Baiser) la mort y avait sa place). Et dont Ciel Bleu, en écoute ce jour, a un sacré potentiel.

Album : Ciel Bleu Ep
Année : 2017
Label : Freaksville Records

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche, Ciel Bleu de Barbarie Boxon est également en écoute ci-dessous.



Autre réussite du ‘Ciel Bleu Ep’ de Barbarie Boxon, voilà (Baiser) la mort :


Pour finir, le clip de Ciel Bleu de Barbarie Boxon :



lundi 30 octobre 2017

Chad VanGaalen - Light Information [Sub Pop]

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Ou qui ne prennent pas le temps d'écouter. Imbécile je l’ai été un long moment avec Chad VanGaalen. La faute à un ‘Skelliconnection’ en 2006 qui ne m’avait vraiment pas plu. Et pourtant, l’étiquette Sub Pop était déjà là. Et comme un imbécile, j’avais laissé là le canadien aller jouer avec ses mélodies lo-fi qui ne me touchait pas le moins du monde.

Sa venue à Lyon pour défendre son nouvel album aura donc eu raison de mon entêtement. Car avant d’aller le voir jouer sur scène, j’ai écouté ‘Light Information’, son dernier (et sixième) album en date. Je ne parlerai peut-être pas de révélation mais pour le coup, ce disque est un sacré coup de tête bien placé dans mon entêtement à ne pas m’intéresser à cet artiste.

Brinquebalant, pleins de guitares, de mélodies accrocheuses et même de tubes potentiels (évident Old Heads, vrai tube indie en puissance, avec une mélodie catchy au possible qui débarque au moment du refrain, mais aussi Mind Hikacker’s Curse, qui ouvre l'album), le tout porté par une production (qui me rappelle par moment celle de George Martin pour les Beatles) qui donne un corps à toutes ses chansons, ‘Light Information’ est un disque épatant. Pop (il y a du Fab 4 dans cet album et un je ne sais quoi qui me fait dire qu’Elliott Smith aurait très bien pu écrire ce genre d’album s’il était encore parmi nous), wave par moments mais noisy-lo-fi à la fois, il rabat mon caquet.

Et sur scène, c'est sans doute encore mieux. Accompagné d'un batteur aux faux airs de Newman de Seinfeld, d'un bassiste et d'un guitariste en version cheap de Jay Mascis/Lou Barlow, Chad VanGaalen, calé sur un côté de la scène, balance ses chansons comme s'il était dans les années 90. Et rappelle furieusement Pavement (et pas parce que sa voix sonne comme celle de Malkmus).

Je ne sais pas si le reste de la discographie de Chad VanGaalen sur laquelle je ne me suis jamais penchée vaut le coup, mais ce ‘Light Information’, depuis sa découverte, est un album épatant. Et qui grow, qui grow, qui grow… (Sortie : 8 septembre 2017)

Plus :
'Light Information' de Chad VanGaalen est en écoute sur son bandcamp
'Light Information' de Chad VanGaalen est à l'achat sur son bandcamp
'Light Information' de Chad VanGaalen est en écoute (notamment) sur Deezer et Spotify

Trois titres de ce 'Light Information' de Chad VanGaalen. A tout seigneur tout honneur, Old Heads, le tube certifié de ce disque (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis, Mind Hikacker’s Curse, la chanson qui ouvre l'album. Et pour finir, Static Shape, la chanson qui clôt 'Light Information' de Chad VanGaalen :





Enfin, le clip de Pine and Clover, le premier single de ce 'Light Information' de Chad VanGaalen :


mardi 24 octobre 2017

Micah P. Hinson - Presents The Holy Strangers [Full Time Hobby]

Comme tout le monde, je me souviens exactement ce que je faisais le 11 septembre 2001. Comme tout le monde, je sais exactement où j’étais et avec qui lors des attentats contre Charlie Hebdo ou au Bataclan. 
Moins comme tout le monde, je sais exactement où je me trouvais lorsque j’ai appris la mort d’Yves Montand (je ne sais pas par contre pourquoi son décès m’a autant marqué) ou celle de Bérégovoy (ça, c’est parce qu’un épisode de Beverly Hills 90210 avait été coupé par un flash spécial de TF1 pour annoncer la nouvelle).

Encore moins comme tout le monde, je sais exactement où j’étais le soir où j’ai découvert Micah P. Hinson. C’était un soir de septembre 2004, rue de Dunkerque à Paris. J'étais dans ma chambre et grâce à saint Souleek, j’avais récupéré ‘The Gospel of Progress’, le premier album du texan. Et aussi ‘Funeral’ d’Arcade Fire. Les deux le même soir. Et deux artistes dont je n'avais jamais entendu parler. J’avais enchainé l’écoute de ces disques, qui venaient de sortir à une semaine d’intervalle. Une soirée comme on peut en connaitre parfois où la foudre s’abat sur vous alors que vous n’avez rien demandé. Je me souviens m’être dit que les deux groupes allaient forcément connaitre le succès - oui, même Micah P. Hinson. Il se dégageait tellement de choses de ses compositions qu'il ne pouvait en aller autrement.

Treize ans plus tard, Arcade Fire est une des têtes de proue de l’industrie musicale actuelle, rempli des salles toujours plus grandes en moins de temps qu’il faut pour le dire. Et ‘Funeral’ est considéré (à juste titre) comme un des disques marquant des années 2000 (et plus largement encore).
De l'autre côté, ‘The Gospel of Progress’ ne fera parler de lui que lorsque l'on s'amusera à réviser les années 2000. Et Micah P. Hinson, s’il sort des albums à un rythme régulier, est très loin des têtes d’affiches des festivals et unes des magazines.

Pour autant, l’homme à lunettes qu’il est continue de jouer sur scène. Il passait d’ailleurs par Lyon samedi soir au Groom, nouvelle petite salle lyonnaise (confirmant par la même la folle vitalité actuelle de l’offre musicale entre Rhône et Saône), pour venir défendre son dernier album, le neuvième, ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’.

Il arrive sur scène, devant une salle très remplie. Il commence à parler avec elle, d’une voix trainante, raconte quelques anecdotes tout en s’accordant, puis lance le concert. Il déroule ses chansons à la guitare, qu’il porte de sa belle voix, et n’en est que très touchant. Entre chaque morceau, il s’adresse à l’audience, raconte d’autres histoires. On sent que notre homme n’est pas en très grande forme, qu’il a sûrement un peu bu, sans doute trop, et qu’il ne respire pas la joie de vivre.

Et rapidement, le côté touchant des débuts se transforme en vrai malaise. Parlant autant qu’il joue, devisant sur June Carter, enchaînant sur, littéralement, l’arrivée au monde de son enfant, avant d’évoquer Trump ou encore les armes à feu, Micah P. Hinson semble en avoir gros sur la patate et en vouloir à la terre entière. Pire, pas épatant musicalement, le texan n'arrive pas à noyer cette psychanalyse improvisée en quelque-chose d’autre que gênant.

Dommage, car ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’ est une des très jolies choses écoutées en 2017. Un vrai bel album, qu’il porte de sa voix profonde et reconnaissable entre mille, entre chant, (quelques) parties parlées et plages instrumentales. Un « modern folk opera » (l’expression est de lui) qui raconte les histoires d’une famille, entre vie, mort, moments de bonheur et tragédies. Mais surtout un disque délicatement mis en musique (cordes et piano surtout), produit avec une finesse impeccable ; un bonheur de mélodies tristes en somme.
Et surtout, un album qui méritait mieux que cette prestation. Ceci dit, vu le talent qu’il a dans les mains, les mélodies simples mais belles qu’il sait créer et un chef d’œuvre à son crédit, Micah P. Hinson lui aussi aurait sans aucun doute mérité mieux. Foutue destinée. (Sortie : 8 septembre 2017)

Plus :
'Presents The Holy Strangers' est en écoute sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' est à l'achat sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons en écoute tirées de ce 'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson. The Darling, bijou de chanson folk presque susurrée (également en écoute dans les lecteurs Deezer et Spotify de la colonne gauche de ce blog). Puis Lover's Lane, entre Johnny Cash et Lee Hazlewood. Puis le bel instrumental qu'est The Years Tire On :





mardi 17 octobre 2017

[Track of The Day] Fai Baba - Why Do I Feel So Alone

Et si l’on continuait sur les belles chansons passées à côté de mon radar il y a quelques mois de ça et qui méritent qu’on s’y arrêtent quelques minutes ? Après Mélanie Pain lundi place à Fai Baba groupe suisse découvert à l’occasion d’une soirée au Marché Gare de Lyon pour fêter les 10 ans de Casbah Records, label valentinois sur lequel ils sont signés.

Une prestation pas vraiment renversante, avouons le. Et leur album de novembre 2016 'Sad and Horny' ne m'a pas non plus convaincu outre mesure. 
Pour autant, pile au milieu de l'album, à la plage 5, se trouve une chanson qui retient vraiment l'attention
Elle s'appelle Why Do I Feel So Alone et n'est rien d'autre qu'une petite douceur, mélancolique à souhait, au sifflement et au xylophone divins. Une très belle chanson triste en somme. Parfaite pour un mardi en plein été indien.

Album : Sad and Horny 
Année : 2016 
Label : Casbah Records / A Tree in a Field

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En écoute dans le lecteur Spotify et Deezer à gauche

En plus des lecteurs Spotify et Deezer, Why Do I Feel So Alone de Fai Baba est en écoute ci-dessous :



Why Do I Feel So Alone de Fai Baba a également son clip, particulièrement réussi d'ailleurs :



lundi 16 octobre 2017

[Track of The Day] Mélanie Pain - Le Mot

J’ai un an de retard sur la sortie de cet album de Mélanie Pain, mais une question me taraude : la caennaise a fait quelque-chose de précis pour être boudée par les médias ?

C’est dingue d’être à ce point ignorée. Quand même, ‘My Name’ et ‘Bye Bye Manchester’ n'étaient-ils deux disques d’une finesse exquise, aux mélodies élégantes et où elle savait, plus qu’aucune autre de ses congénères françaises, marier sa voix à d'autres (la magie qui s'opérait entre elle et Ed Harcourt sur Black Widow, c'était quelque-chose) ? Oui, ils l'étaient. Et pourtant, rien ou pas grand chose.

Et je n'ai pas l'impression que son dernier album 'Parachute', sorti l’an passé, ait changé quoi que ce soit à l'affaire. On y retrouve une Mélanie Pain qui continue de changer de direction : exit les guitares afin de mieux se concentrer sur le piano et une production plus synthétique.
Mais sa voix, à moitié enfantine, ses histoires, ses mélodies, tout y est une nouvelle fois. Sans doute moins immédiat que ses prédécesseurs, plus épuré, mais pas moins réussi ‘Parachute’ prouve une nouvelle fois qu’il serait temps qu’on s’intéresse vraiment à Mélanie Pain. Et un an après, il n'est jamais trop tard pour (re)découvrir cet album : des artistes comme elle en France, on n’en a pas cinquante.

Album : Parachute
Année : 2016
Label : Kwaidan Records

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En écoute dans le lecteur Spotify et Deezer à gauche

Le Mot de Mélanie Pain, en plus des lecteurs Spotify et Deezer, est également en écoute ci-dessous :


Autre très belle chanson tirée de ce ‘Parachute’ de Mélanie Pain, Dans Une Boîte :


Pour finir, le clip de Comme Une Balle :



vendredi 13 octobre 2017

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Wallowa Lake Monster

Sorti il y a déjà deux ans, 'Carrie & Lowell' n'en finit plus de continuer d'exister. Depuis, celui-ci aura en effet eu droit à une version live (lire ici) à laquelle viendra s'ajouter dans quelques semaines 'The Greatest Gift' (malheureusement uniquement disponible au format digital), une mixtape compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites et exclues du tracklisting final : The Hidden River of My Life, City of Roses, The Greatest Gift et Wallowa Lake Monster, en écoute ce jour.

Seul 'Come on Feel The Illinoise' avait eu droit à ce traitement de faveur, avec la sortie en 2006 de 'The Avalanche', une compilation de chutes de studio. Ce qui en dit beaucoup sur l'importance que porte Sufjan Stevens à 'Carrie & Lowell'.

Wallowa Lake Monster donc. Une chanson de plus de 6 mns, très belle (évidemment), dans l'esprit de 'Carrie & Lowell', mais avec plus d'emphase ; et qui explique pourquoi ce titre ne s'est pas retrouvé sur l'album original. Une chanson où il toujours question de la mère de Sufjan Stevens, mais de façon plus poétique et métaphorique. La chanson se termine d'ailleurs par ces mots :  « As we wait for the waters to reside, her remarkable stoicism and her pride, when the dragon submerged we knew she had died ».

Notons aussi que Sufjan Stevens vient de s'essayer à la musique de film vu qu'il a composé trois chansons pour 'Call Me By Your Name', un long métrage de Luca Guadagnino, à sortir ces prochaines semaines (au moins aux États-Unis). Fin d'année chargée pour l'homme de Detroit.

Album : The Greatest Mix
Année : 2017
Label : Asthmatic Kitty

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En écoute dans le lecteur Spotify ou Deezer à gauche

En plus des lecteurs Deezer et Spotify dans la colonne de gauche, Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est en écoute ci-dessous :


Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est aussi disponible ici :



La bande-annonce de 'Call Me By Your Name', où l'on peut donc entendre une partie d'une des trois chansons composées par Sufjan Stevens :



jeudi 12 octobre 2017

[Track of The Day] Will Stratton - Manzanita

Quand on a 25 ans, s’il y a bien une chose à laquelle on ne pense pas, c’est bien avoir un cancer. Et pourtant, ce foutu crabe n’est jamais très loin. Demandez à Will Stratton ce qu’il en pense lui qui après un ‘Post-Empire’ de toute beauté s’est vu diagnostiquer un cancer des testicules ; et pas du genre mignon et bénin mais plutôt sur le mode de celui qui vous a déjà empoisonné le foie, les poumons et l’abdomen quand vous découvrez que vous êtes malades.

Remis et guéri (en tout cas à ce jour), Will Stratton a su reprendre sa carrière prometteuse de compositeur folk. Et de quelle manière. D’abord par un ‘Gray Lodge Wisdom’ (chez Talitres, toujours à l’affût des beaux disques) puis cette année via ‘Rosewood Almanac’.

Un disque très anglais pour un américain comme Will Stratton (même si l’on sent parfois planer ici et là quelques inspirations toutes Sufjanienne et un peu de David Ackles). Mais surtout un disque de folk, à la beauté lumineuse qu’il déploie avec une belle tendresse.

Contrairement aux Wolf Parade pour qui le cap de la quarantaine ne semble pas être une sinécure, Will Stratton lui, malgré la mélancolie qu'il essaime, voit la vie différemment, forcément. L'espoir est là, bien présent.

La touche supplémentaire qu'il fallait à cet album délicat jusqu’au bout des ongles, que ce soit dans ses mélodies, ses arrangements (entrez ici alto, violon, violoncelle et autres clavecins) et dans sa façon de chanter ; une manière bien à lui d'ailleurs, toujours posée, jamais dans l’excès, comme s’il cherchait la douceur plutôt que quelques effets de manches malvenus. Un disque élégant en tous points.

Album : Rosewood Almanac
Année : 2017
Label : Bella Union

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify, Manzanita, troisième chanson de ce 'Rosewood Almanac' de Will Stratton, est en écoute ci-dessous. Et comme il le dit lui-même : « I love the way that we grow old ».


Autre chanson de ce 'Rosewood Almanac' de Will Stratton, voilà I See You :



Pour finir, le single Some Ride via avec son clip :