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mardi 2 février 2010

The Magnetic Fields - Realism [Nonesuch]

C’est à se demander si Stephin Merritt n’a pas piqué les clés de la Delorean à Marty McFly pour aller faire un tour dans le passé, le temps de quelques albums. Car après avoir rendu un vibrant hommage aux années 80 – et Jesus and Mary Chain en particulier – sur ‘Distortion’ (mon album de l'année 2008), The Magnetic Fields remontent encore plus loin dans le passé et arrivent à la fin des années 60 et au début des années 70, à l’époque où la perfide Albion lançait ses flèches musicales dans le cœur de tous les amoureux de folk orchestré et bien arrangé.

Bien que liés à ‘i’ (dont je n’ai toujours pas écouté la moindre note, honte à moi), premier opus d’une «no-synth trilogy» voulu par le leader des Magnetic Fields, ces deux albums semblent avoir une vraie histoire commune : Stephin Merritt souhaitait créer un diptyque aux parties totalement différentes, représentants deux sentiments opposés. Une sorte de Yin et Yang, avec ‘Distortion’ dans le rôle du Yin (la noirceur, la froideur) et ‘Realism’ dans celui du Yang (la chaleur, l’optimisme).

Un lien que l'on retrouve dans les deux artworks et une opposition qui se situe au niveau de l'enregistrement de l’album, ‘Realism’ ayant été conçu sans une touche d’électricité et même sans batterie. Un album folk donc. Mais pour tous les anti «guitare de bois, quatre accords et chanteur qui couine», n’ayez crainte, Stephin Merritt à la même vision que vous : il ne supporte pas le folk nu, qui n’a pas de beaux atours à proposer.

‘Realism’ est donc plutôt un album de british folk, avec production soignée, cuivres, cordes (dont une harpe), clavecin et mélodies délicieuses. Une nouveauté pour The Magnetic Fields, qui n’avaient qu’à peine touché du doigt ce genre là (quelques souvenirs de compositions du style, notamment sur ‘The Wayward Bus’, et encore). Et un changement de cap réussi, tant tout s’écoute légèrement et simplement.

Rien de révolutionnaire ici – mais les Magnetic Fields n'avaient pas non plus cette ambition sur ‘Distortion’ – mais un ‘Realism’ beau, chiadé, mélodiquement inattaquable, avec quelques grandes compositions au format pop (seules trois sur treize dépassent les trois minutes!) et qui est un joli point final à cette aventure musicale.

Le prochain album sera en tout cas tout autre, le chef spirituel des Magnetic Fields l’a déjà annoncé chez Drowned In Sound (longue interview très intéressante à lire ici) : «the next record will almost exclusively feature synthesizers!». Back to basics en quelques sortes. (sortie : 25 janvier 2010)

L'ami Mmarsup a lui aussi parlé de ce 'Realism' dans ses Little Reviews, ici.

Son :
Myspace (deux chansons de ‘Realism’ en écoute)
Site officiel

Deux chansons en écoute. Le titre d'ouverture You Must Be Out of Your Mind, composition que beaucoup auraient massacrés tant les couches sont nombreuses, mais qui avec Stephin Merritt s'entremêlent avec facilité, et From a Sinking Boat, à la mélodie douce, travaillée et entêtante (malheureusement plus en écoute).

jeudi 5 juin 2008

The Magnetic Fields – Distortion [Nonesuch]

En 1999, un Bostonien du nom de Stephin Merritt sort – avec ses trois acolytes Claudia Gonson, Sam Davol et John Woo – son chef d’œuvre et un de ceux que l’histoire de la pop retiendra : ’69 Songs’ ou soixante-neuf chansons parlant d’amour, de bonheur, de désespoir, le tout sur trois disques. Une grande œuvre, du génie même qui célèbre son auteur (le groupe tient et ne vit que grâce à sa tête de proue) comme un des (le ?) plus grands songwriter vivant (c’est pas de moi mais de l’avis général). Rien que ça.

Neuf ans plus tard. Stephin Merritt est toujours à la tête de ses Magnetic Fields. Ses compères sont toujours les mêmes depuis le départ. Et le groupe a sorti un nouvel album, son neuvième. Et pas des moindres.
Tranchant avec ses productions passées (même si je dois avouer ne pas avoir écouté une note de 'I', leur album de 2004), les Magnetic Fields changent de registre, rappelle à notre bon souvenir les Jesus & Mary Chain (référence indéniable), font sortir Phil Spector de taule, et pondent un 'Distortion'… distordu.

Car jamais peut-être un album n’aura aussi bien porté son nom. Le son y est saturé, des larsens se baladent un peu de partout, la production est étouffante. Et pourtant, on n’arrête pas d’appuyer sur « play » à chaque fin de disque. Donc, pourquoi ? Tout simplement parce que mélodiquement et structurellement, ce disque est une grande réussite, un mariage habile de noisy-pop et de grandes mélodies : des titres comme Zombie Boy (voir plus bas) et California Girl (où Stephin Merritt, via un texte plutôt virulent, mais par la voix de Claudia Gosson, déverse sa bile contre les californiennes) sont des bijoux de songwriting. Une sorte de bataille entre larsen et la mélodie avec le milieu qui l’emporte.

Bref, un disque surprenant mais qui s’inscrit finalement totalement dans la grande discographie des Magnetic Fields, entre belles ritournelles et textes inspirés. ‘Distortion’ est d’ailleurs peut-être une formidable porte d’entrée pour découvrir ce groupe. On commence par un son un peu noisy avant de faire marche arrière et de décliner une à une les merveilles de pop que Stephin Merritt a pondu en près de vingt ans. (sortie : 15 janvier 2008)

Son :
Myspace (trois titres de l’album en écoute)
Site Officiel (site officiel de Stephin Merritt et de ses multiples projets, dont
The Magnetic Fields)

En écoute pour ce disque là, Please Stop Dancing et Zombie Boy, deux titres plutôt représentatif de ce ‘Distortion’ qui n’arrête pas de tourner sur ma platine (malheureusement plus en écoute).

jeudi 24 novembre 2016

[Track of The Day] The Magnetic Fields - Be True to Your Bar

Stephin Merritt n'est décidément pas un compositeur comme les autres. Alors que l'on fête cette année les 20 ans de son chef d’œuvre '69 Love Songs' (la réédition me de l’œil depuis trois semaines chez mon disquaire), le leader de The Magnetic Fields (groupe dont je ne saurais jamais s'il faut lui accoler un « The » ou non, quoiqu'en disent leurs récentes pochettes d'albums) vient d'annoncer la sortie du prochain album - le 11è - du groupe pour le printemps prochain.

Un disque de 50 chansons, dont chacune traitera une année de la vie de Stephin Merritt. Notre homme a eu l'idée de ce concept album lors de ses 50 ans en 2015. Un nouvel opus donc qui s'annonce très autobiographique (et cela lui fait un peu peur d'ailleurs, lire ici ce papier du Boston Globe) :  

« My friends and relatives will hear the album, so I better not misrepresent them. (...) My mother will be in the audience listening to me singing about her. There’s a lot more vulnerability than I’m used to. »

Et un '50 Song Memoir' qui s'annonce extrêmement ambitieux. Mais les Magnetic Fields l'ont toujours été, que ce soit donc avec '69 Love Songs' (69 chansons d'amour, de cœurs brisés ou d'espoirs déchus), 'i' (un disque où toutes les chansons commencent par un « i ») ou les deux autres disques de la no-synth trilogy ('Distortion' qui porte bien son nom et 'Realism' et son british-folk si bien écrit), pour ne parler que des plus récents. 

Jusque là, cinq chansons de '50 Song Memoir' sont connues. Et elles promettent beaucoup. Si ma préférence va à l'emphase de Be True to Your Bar (la chanson consacrée à 2002) et son texte très drôle (« Be true to your bar, And don’t let it down, Or else it may not always be around, Be true to your friends, And let your friends know, Without your bar you’d have no place to go », en écoute aujourd'hui), les quatre autres morceaux ne sont pas à mettre de côté. 
Que ce soit How I Failed Ethics (chanson de l'année 1986) et son histoire d'un examen raté à cause d'un professeur borné, la déclaration d'amour de Big Enough For Both of Us (chanson de l'année 2013), l'évocation de l'enfance sur No (chanson de l'année 1974) ou l'amitié des années fac de Me and Fred and Dave and Ted (chanson de 1993).

Musicalement, ces quatre premiers extraient confirment également que '50 Song Memoir' sera un album très divers, à l'instar de la discographie des Magnetic Fields. Décidément, cette annonce d'un nouvel album du groupe de Stephin Merritt est la meilleure nouvelle de ce mois de novembre qui n'en finit pas.


Album : 50 Song Memoir
Année : 2017
Label : Nonesuch


Acheter

En plus des lecteurs Spotify et Deezer à gauche, Be True to Your Bar de The Magnetic Fields est également en écoute ci-dessous :



Nonesuch a donc mis également 4 autres chansons de '50 Song Memoir' à disposition. Deux sont en écoute ci-dessous : How I Failed Ethics (1986) et Big Enough For Both of Us (2013) :  



mercredi 18 janvier 2012

[Track of The Day] The Magnetic Fields - Andrew in Drag

Dans cette semaine de redémarrage des affaires en 2012, continuons sur notre lancée des albums très attendus de l'année qui vient. 'Love at the Bottom of the Sea', nouvel élan programmé de The Magnetic Fields, est de ceux là.

Le groupe de Stephin Merritt a affolé les compteurs sur ces deux derniers albums. Bon, objectivement, The Magnetic Fields les affole depuis le début de sa carrière, d'accord. Mais les derniers, dans des styles bien différents, m'avaient rendus barge (voir ici et , notamment).

'Love at the Bottom of the Sea' revient à ce qui a fait le son des Magnetic Fields. Sur cet album, il y aura des synthés. Premier titre à émerger, Andrew in Drag est une bluette pop - et courte - de bien bon aloi, au refrain à siffloter, qui promet une nouvelle fois de jolies choses du côté des américains. Suite des affaires le 31 janvier prochain.

Album: Andrew in Drag 7'' 
Année: 2012 
Label: Merge

Andrew in Drag, premier extrait de 'Love at the Bottom of the Sea', est également en écoute sur le soundcloud des Magnetic Fields ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

jeudi 23 avril 2009

Various Artists - Score! 20 Years of Merge Records: The Covers! [Merge]

Il y a plusieurs façons d’aborder une compilation de reprises: soit on se focalise sur les reprises en elle-même et on compare le tout aux versions originales (voir ici). Soit on prend ça comme un album lambda, rempli de nouvelles compositions, en ne s’attardant que sur les versions qui frappe nos tympans, sans jamais se préoccuper du passé.

Pour parler de ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’, j’ai choisi la seconde solution. Pour deux raisons: la première est que je ne connais pas tous les morceaux repris ici et issus du catalogue de Merge.
La seconde est que certaines versions sont tellement belles qu’il serait de mauvais goût de vouloir les comparer aux versions originales.

Merge a donc vingt ans. Et pour célébrer ça, le label de Caroline du Nord – créé en 1989 par Laura Ballance et Mac McCaughan pour sortir les albums de leur groupe, Superchunk – met les petits plats dans les grands en conviant vingt-deux artistes (tous non-signés chez Merge) à reprendre vingt compositions plus ou moins mythiques du label.

Au programme des réjouissances donc, Bright Eyes qui chante un sublime Papa Was a Rodeo (écrit à la base par The Magnetic Fields) dans un mélange de folk, de country et d'airs hawaïens, The Apples In Stereo se permet le luxe de chiper le temps d’à peine 2 mns un titre des Neutral Milk Hotel, Bill Callahan (Smog) - dont on évoquera plus que très prochainement le nouvel album dans ces pages - se prend pour Vic Chesnutt sur Santa Maria, The New Pornographers évoquent presque les Jam sur Don’t Destroy This Night tandis qu’Okkervil River surprend son monde avec All Your Little Suckers et sa boite à rythme. Ajoutez à cela les présences de Death Cab For Cutie, The Mountain Goats ou encore de Broken Social Scene et vous pouvez vous faire une idée du plateau très intéressant réuni autour de ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’.

Cependant, un titre attire en particulier l’attention. Une chanson que Cécile avait déjà évoquée ici. Sauf que contrairement à elle, je trouve ce morceau renversant : The National est encore dans le bon wagon : tout y est, des arrangements à la voix, tout transpire la classe. Mieux, St Vincent, artiste qui ne m’a jamais franchement transcendé, y livre une prestation splendide de tenue, de délicatesse et de discrétion.

Tirée à 7500 exemplaires et aux fonds récoltés reversés à une association caritative, aussi bien rock que pop, folk que country, ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’ est un projet qui tient la route, peut-être pas du niveau de ‘Dark of The Night’ certes, mais qui a quand même sacrément de la gueule sur certains passages. Moi qui avouais ne pas aimer les compilations il y a peu, j’en suis pour mon argent. (sortie: 7 avril 2009)


Tracklisting:
01. Quasi - Beautiful Things [3Ds cover]
02. Les Savy Fav - Precision Auto [Superchunk cover]
03. The Shins - Plenty Is Never Enough [Tenement Halls cover]
04. St. Vincent and the National - Sleep All Summer [Crooked Fingers cover]
05. Broken Social Scene - Complications [The Clean cover]
06. Ryan Adams - Like a Fool [Superchunk cover]
07. Bright Eyes - Papa Was a Rodeo [The Magnetic Fields cover]
08. Lavender Diamond - New Ways of Living [Destroyer cover]
09. The Apples in Stereo - King of Carrot Flowers Pt. 3 [Neutral Milk Hotel cover]
10. Laura Cantrell - Cowboy on the Moon [Lambchop cover]
11. Bill Callahan - Santa Maria [Versus cover]
12. Barbara Manning - Through With People [Portastatic cover]
13. The Mountain Goats - Drug Life [East River Pipe cover]
14. The New Pornographers - Don’t Destroy This Night [The Rock*A*Teens cover]
15. Tracey Thorn and Jens Lekman - Yeah! Oh, Yeah! [The Magnetic Fields cover]
16. The Hive Dwellers - My Noise [Superchunk cover]
17. Ted Leo & the Pharmacists - The Numbered Head [Robert Pollard cover]
18. Okkervil River - All You Little Suckers [East River Pipe cover]
19. Death Cab for Cutie - Kicked In [Superchunk cover]
20. Times New Viking - Neighborhood #1 [Arcade Fire cover]

Nb: Pour commander le disque, c’est ici (site officiel de Merge) ou (entre autres).

Son:
Page officielle (ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers’ y est en écoute intégrale)


Vingt titres au total. Et quatre titres en écoute : le sublime titre de St. Vincent & The National, Sleep All Summer, enchainé avec celui de Broken Social Scene Complications. Puis retour à Conor Oberst et ses Bright Eyes pour Papa Was a Rodéo avant de conclure par la voix majestueuse de Bill Calllahan sur Santa Maria. Enjoy. (malheureusement plus en écoute).

mardi 11 septembre 2012

[Track of The Day] The Pains of Being Pure at Heart - Jeremy (The Magnetic Fields cover)

Si je porte en très haute estime le combo Dylan-Four Tet-Sufjan Stevens, j'ai du mal à me déclarer « fan » d'un groupe ou d'un artiste. Disons que c'est plutôt rare chez moi.

Le seul groupe dont j'attends les nouvelles sorties avec impatience, dont je possède tous les Lp et les 45 tours (à un près), dont je connais toutes les chansons par cœur (c'est mon côté midinette) est The Pains of Being Pure at Heart (je crois avoir évoqué chacune de leur moindre sortie dans ces pages).

Et ce qui tombe bien, c'est qu'ils font parler d'eux pour deux raisons:
- La première est qu'ils viennent nous rendre une nouvelle petite visite en Europe. Et qu'en plus, ils passent par Lyon. Après un concert bruyant et réussi au Sonic, les voilà arriver à L'Epicerie Moderne (dont la programmation jusqu'à décembre est à tomber). Et pour 14€. Oui madame.

- La seconde est qu'ils embarquent dans leur tour-bus un nouveau 7", avec deux reprises au programme: My Life is Wrong de East River Pipe's (groupe inconnu à mon bataillon personnel) en face-B et Jeremy des formidables The Magnetic Fields (qu'un jour on louera plus qu'on ne le fait timidement aujourd'hui) en face-A.

Leur reprise, toutes guitares dehors, est un petit bonheur pop, tranchant fondamentalement avec l’originale de la bande à Stephen Merritt. Fan je vous dis.

Album: Jeremy 7"
Année: 2012
Label: Slumberland



Pour ceux qui voudraient en savoir plus, Peggy Wang (chanteuse de The Pains of Being Pure at Heart) explique les raisons de cette reprise de Jeremy. Très chouette papier à lire ici.

Jeremy est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

Et pour finir, histoire de bien faire les choses, voilà la version originale de Jeremy, version The Magnetic Fields donc :



lundi 16 mars 2026

[Track of The Day] Olivia Rodrigo - The Book of Love (The Magnetic Fields cover)

En 1995, l'ONG War Child avait lancé lancé la compilation 'HELP' pour venir en aide aux population en guerre (c'est la guerre en ex-Yougoslavie qui avait déclenché le mouvement). Un disque de vingt morceaux, devenu mythique avec le temps sans doute plus pour son casting (une bonne partie de la britpop de l'époque, Massive Attack, Sinéad O'Connor, The Chemical Brothers) que pour la qualité de ses chansons (seul le merveilleux Lucky de Radiohead, alors totalement inédit, sortait du lot).

Trente ans plus tard, la période actuelle étant plus que jamais désespérante, War Child relance sa belle initiative avec la petite sœur de 'HELP', la simplement - et forcément - nommée 'HELP(2)'. Au générique, un éventail assez large d'artistes d'aujourd'hui (Young Fathers, Wet Leg, Nilüfer Yanya, Big Thief, The Last Dinner Party, Black Country, New Road, Kae Tempest, English Teacher, Fontaines D.C.) ou presque (Pulp, Depeche Mode, Anna Calvi, Bat For Lashes, Foals), dont une bonne tripotée déjà mentionnés dans ces pages.

A l'instar de sa devancière, 'HELP(2)' est alléchante sur le papier, mais le résultat est le même : il y a peu de choses à sauver dans cette compilation qui n'est pas loin d'être un supplice à écouter - un supplice d'ennui, mais un supplice quand même. Ce n'est pas que c'est laid ou raté, c'est juste que c'est insipide au possible, sans âme, sans intérêt. Un éventail de chansons qui ressemblent plus à des face-B à peine potables qu'autre chose (mention spéciale au morceau de Pulp) quand ce ne sont pas des reprises lénifiantes (Sunday Morning du Velvet Underground par Beth Gibbons, Lilac Wine de Jeff Buckley par Arooj Aftab et Beck), portées par une production lourdingue au possible.

Pas grand chose à sauver donc, à quelques exceptions près (Parasite de English Teacher et Graham Coxon, Sunday Light avec Anna Calvi, Nilüfer Yanya, Dove Ellis et Ellie Rowsell) et notamment la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo (en écoute aujourd'hui). Parce que l'originale est merveilleuse (l'américaine prouve une nouvelle fois son très bon goût), et parce que cette version en apesanteur, tout en délicatesse, qu'Olivia Rodrigo chante très justement, est belle comme tout (bien aidée en cela par Graham Coxon à la guitare et Ed Harcourt au piano). C'est peu mais c'est déjà ça. Ah, qu'on est loin de 'Dark Was The Night' ...

NB : Malgré tous ses défauts, n'oublions pas le but de cette compilation : amasser des fonds pour aider les populations (et surtout les enfants) des pays en guerre. Et c'est plus que louable. On peut aider l'ONG War Child en achetant 'HELP(2)' ou en faisant des dons directement sur le site de War Child.

Album : HELP(2)
Année : 2026
Label : War Child Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo, avec Ed Harcourt et Graham Coxon à la musique, est également en écoute ci-dessous :

jeudi 9 octobre 2014

[Track of The Day] Fear of Men - Descent

Quatuor de Brighton, Fear of Men son deuxième album 'Loom'. Groupe à côté duquel j'étais passé l'année dernière. Et que j'aurais aimé découvrir sur scène lors de la première soirée de 'Heart of Glass, Heart of Glass' il y a quelques semaines de cela si un périphérique lyonnais embouteillé comme rarement m'en avait laissé la possibilité.

Fear of Men fait dans l'indie-pop pleine de guitare, mais qui a une chose que les autres n'ont pas : Jessica Weiss ; et surtout sa voix. Sa particularité ? Elle rappelle étrangement celle de Trish Keenan, chanteuse de Broadcast, disparue il y a bientôt quatre ans. D'ailleurs, Fear of Men, et cette similarité dans la voix aidant, me fait penser à un Broadcast pop, avec ce souci évident pour la mélodie, avec une rythmique d'une grande force, une production aux oignons et des guitares ne tombant jamais dans la surenchère. Sur certains passages, on jurerait presque entendre un croisement entre The Magnetic Fields et Broadcast (America).

Mieux, sur Atla, la toute dernière chanson de 'Loom', tout en acoustique, il y a ce côté anti-folk, comme si une version féminine de Jeffrey Lewis avait fricoté avec Kimya Dawson. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.

Album : Loom
Année : 2014
Label : Kanine

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Descent est également en écoute sur le soundcloud des Fear of Men et ci-dessous :




America, la chanson qui me fait penser à une rencontre entre les Magnetic Fields et Broadcast :



Luna, une des chansons de 'Loom', a également sa version française. Objectivement, on ne comprend pas grand chose à ce qu'elle peut raconter, mais c'est très mignon :


Enfin, Fear of Men s'est osé à une reprise de Ty Segall sur la face-b de leur single Tephra :



jeudi 15 janvier 2009

Top 6 "London Baby, London"

Si je devais donner les villes dans lesquelles je souhaiterais vivre, je dirais sans hésiter Barcelone, New-York (allez savoir pourquoi, cette ville m’attire énormément alors que je n’y ai jamais mis les pieds) et Londres.

London. Peut-être ma ville préférée. Une ville gigantesque, d’une diversité folle et où j’aime retourner de temps à autres . J’y ai fait mon voyage annuel en décembre dernier, accompagné d’une Turtle qui n’avait jamais mis les pieds dans la capitale britannique.

Bien m’en a pris. Pour une fois, j’ai pu découvrir un Londres que je ne connaissais pas. Car pour moi, Londres se résumait jusque là surtout à quelques salles de concerts, beaucoup de pubs et à sa vie nocturne.

Cette fois, j'ai connu un Londres sans métro, fait de journée à braver le froid et la pluie, à arpenter chaque rue, chaque quartier, à redécouvrir Soho, à embrasser Notting Hill, à être déçu – chaque fois un peu plus – par Camden, à fuir Piccadilly et à tomber amoureux de Mayfair.

Un top 6 Londres s’imposait donc. J’aurais bien évidemment pu reprendre les classiques, du Waterloo Sunset des Kinks au London Calling des Clash. J’ai préféré sélectionner quelques morceaux moins célèbres (quoique) et plus obscurs.
Ainsi, je vous invite à un rapide voyage musical dans une des plus belles villes du monde. The Smiths sont à l’arrivée à l’aéroport mais laisse rapidement la place aux Magnetic Fields qui viennent nous conter une histoire déchirante que tous les parapluies de Londres ne pourraient soulager. C’est ensuite Nick Drake qui vient nous chanter son Mayfair à lui (pas la meilleure de ses compositions, j’en conviens aisément, mais ça reste Nick Drake, donc de haute volée tout de même) avant qu'un autre Nick, Cave cette fois, accompagné de ses Bad Seeds, se prenne l’envie de reprendre les Pogues pour nous parler de la pluie qui tombe sur Soho.
The Jam nous prennent par l'encolure direction Carnaby Street, pleins de colère dans le riff avant que Piano Magic, dans son style si reconnaissable nous rappelle qu’il est l’heure de partir et de quitter Londres.

Certes, il manque énormément de titres, mais il fallait faire un choix. Mais au final, voilà donc une petit balade musicale rapide dans les rues de Londres, à pied. A écouter en lisant ceci et cela.




Tracklisting:
The Smiths London (Louder Than Bombs, 1987)
The Magnetic Fields - All the Umbrellas in London (Get Lost, 1995) 
Nick DrakeMayfair (Time of No Reply, 1987) 
Nick Cave and The Bad Seeds - A Rainy Night in Soho [The Pogues cover] (B-Side and Rarities, 2005) 
The Jam - Carnaby Street (All Around The World 7”, 1977) 
Piano Magic - I Must Leave London (Disaffected, 2005)








jeudi 25 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 10-01


Et les 10 premiers. Un top 10 qui m'aura accompagné tout au long de mon année, et trois premiers absolument immenses, dans des genres bien différents.
A vous de balancer vos tops 10/20/50/100 dans les commentaires. Ne vous gênez pas!

D'ici là, passez de joyeuses fêtes, mangez bien, buvez bien, faites la fête plus de raisons et ne soyez pas sages.
Rendez vous début janvier!

Au bas de ce papier, comme à chaque fois, vous trouverez un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.



10. The Tallest Man On Earth - Shallow Grave [Gravitation]
Entre cette voix nasillarde, des textes un brin surréalistes et ces chansons folk, livrées brutes, enregistrées en une prise, dénudées de productions, The Tallest Man On Earth fait plus que rappeler l'esprit du Dylan du début des années 60: il l'incarne.
Son 'Shallow Grave' est même un hommage à cette période là: quand les sillons craquaient, quand les disques ne dépassaient pas 30/35 minutes (celui ci en fait trente) et que de jeunes hippies, une guitare en bandoulière, voulaient dominer le monde.
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09. Fuck Buttons – Street Horrrsing [ATP]
Deux anglais de Bristol sortent un disque de noise, drapé dans des nappes de drone, de psychédélisme, de cris tribaux, avec à chaque morceau une subtilité mélodique stupéfiante. Grand cru du genre. Thank Buttons!
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08. The Duke Spirit – Neptune [You Are Here]
Un peu garage, très rock, bluesy mais soul aussi, rappelant les Pixies et tout le rock indé des années 90, ‘Neptune’, dernier né des Duke Spirit, est un coup de pied bien senti dans les noix de la fourmilière rock qui a tendance depuis quelques années à se regarder jouer plutôt qu’à être inspirée. Énergique, énergisant, euphorisant, cohérent et vivifiant, c’est même un vrai petit régal.
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07. Alain Bashung - Bleu Pétrole [Barclay]
Nouvel album du grand Alain Bashung. Après les détours de l'ovni 'L'Imprudence', le voilà revenu à une chanson française des plus accessibles et des plus belles, avec Gaëtan Roussel, Joseph d’Anvers, Armand Méliès et Gérard Manset comme compagnons de route. Ce 'Bleu Pétrole' est peut-être son plus grand disque. Il n'a peut-être jamais aussi bien chanté alors qu'il est sur le point de passer de l'autre côté, la faute à un fichu crabe qui ne veut pas lâcher l'affaire. Écouter Comme Un Lego ou Tant de Nuits et mourir...
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06. MGMT – Oracular Spectacular [Columbia]
Alors oui, ils ont été l’année musicale à eux deux. Et dès le début de l’année les salopiauds. Deuxième chronique de l’année sur ce blog, en janvier dernier, avec la mauvaise pochette. Depuis, la hype a pris ce ‘Oracular Spectacular’ et a fait du groupe ce qui se fait de mieux dans le monde de la musique en 2008. Les classements de fin d’année de nombreux magazines ou webzines le prouvent. Et donc ? Ben rien. Ils ont bien raison.
Un disque pop j'm'enfoutiste, qui aligne les tubes et les références, entre groove, funk et electro, sur fond de kitsch absolu. Et puis surtout, ils pondent Time To Pretend, qui, quinze ans plus tôt, serait devenu un tube ultime pour toute une génération, à la manière de Smells Like Teen Spirit. Rien de moins.
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05. The Sleeping Years - We're Becoming Islands One By One [Talitres]
L'ancien leader de The Catchers a décidé de faire pleurer votre cœur et votre âme. Et c'est Talitres qui s'y atèle. Disque splendide, en tous points, avec pourtant une formation des plus banale: guitare + batterie + piano + violoncelle. Un album de folk-pop lumineux, acoustique, qui sonne merveilleusement et qui fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre être, souvent enfouies au plus profond de nous. Bordel, c'est beau.
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04. Madvillain - Madvillainy 2: The Madlib Remix [Stones Throw]
Madlib et MF Doom sont dans un studio. Madlib et MF Doom fument trop de beuh. Qu'est ce qu'il reste? Un album de remix de 'Madvillainy', pour patienter jusqu'au vrai 'Madvillainy 2'. Et vous savez quoi? C'est excellent. Plus qu’un album de remix, voilà une nouvelle version de ‘Madvillain’, presque aussi parfaite que l’originale.
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03. Arnaud Cathrine et Florent Marchet – Frère Animal [Editions Verticales]
Florent Marchet ou les concept-albums. Avec son compère Arnaud Cathrine, ils remettent le couvert. Cette fois, bienvenue chez SINOC, Société Industrielle Nautique d’Objets Culbuto. Une mère pour toute la ville, qui pourvoie emploi, salaire et raison de vivre. Le roman-musical (puisque c'est de cela qu'il s'agit) égrène en 19 titres, une vision d'un cynisme absolu en racontant l'histoire Thibaut, de son frère Renaud, de sa petite-amie Julie, de son père ou de son pote du lycée Benjamin. Un grand moment de chanson française, piquante, noire, étalant à la face du lecteur ou aux oreilles de l'auditeur la violence et l'aliénation dont est responsable l'économie industrielle aujourd'hui. Chef d'œuvre? Oui. Chef d'œuvre.
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02. Wolf Parade – At Mount Zoomer [Sub Pop]
Sub Pop parle de «this generation’s ‘Marquee Moon’» quand il parle de 'At Mount Zoomer'. Je n'irais peut-être pas jusqu'à mettre cet album au niveau du chef d’œuvre de Tom Verlaine (en tout cas pas maintenant). Mais quand même. Ce disque est une des merveilles de 2008. Un disque essentiel, assez court, incisif, frappant fort, gommant les imperfections du premier album, et balançant, à coups de claviers, un rock qui ne se regarde pas le nombril. Toujours en constante évolution, les morceaux de Spencer Krug (Frog Eyes, Swan Lake) et Dan Boeckner d’Handsome Furs se fraient un chemin mais ne se perdent jamais. Grand disque. Et numéro 1 bis de mon année 2008.
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01. The Magnetic Fields – Distortion [Nonesuch]
The Magnetic Fields, toujours mené par ce Stephin Merritt de génie, changent de registre pour ce nouvel album, rappelle à notre bon souvenir les Jesus & Mary Chain (référence indéniable tout au long du disque), font sortir Phil Spector de taule, et pondent un 'Distortion'… distordu. Une production étouffante, un son saturé, des larsens à droite mais aussi à gauche; tout ça mêlée à une structure et des mélodies affolantes. Bref mariage habile de noisy-pop, de grandes mélodies et de textes inspirés. Et forcément l'album de l'année de la part d'un groupe qui tout au long de sa carrière n'aura jamais déçu.
+

Et voilà une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées là aussi de 10 à 01. Bonne(s) écoute(s)!


mercredi 10 janvier 2018

Bilan 2017 : « Albums » (20-01)



Avant de mettre un point final à mon année musicale 2017, finissons notre petit tour d'horizon (partiel, j'en ai bien conscience) des « bilans de l'année » des blogs amis et voisins :

Voilà donc les 20 albums qui m'auront le plus marqué en 2017. De superbes révélations françaises (et lyonnaises), des disques beaux, souvent à en pleurer, une découverte essentielle pour mes oreilles, du melting-pot absolument brillant et un album aussi court que fabuleux, produit par un duo d'américains que rien ne semble arrêter. 
Et comme d'habitude, une chanson de chaque disque présenté ci-dessous est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer plus bas. Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21



20. H-Burns - Kid We Own The Summer [Vietnam]
Rock lumineux et ambiances mélancoliques (la chanson titre qui ouvre l’album en est la meilleure preuve) au programme de ce nouvel album du romanais. Montant encore d’un cran dans la qualité, H-Burns s’impose (s’il était besoin) comme un des mètres étalon du genre américain, en vo certes, mais à la française.


19. Julien Baker - Turn Out The Lighs [Matador]
Acheté sans écoute préalable sur les bons conseils de Walleum, ce premier album de Julien Baker (rien à voir avec « Les Frères Scott ») est en tout cas d’une beauté sidérante, où l’urgence perce derrière son chant et ses mélodies. Une douceur punk très personnelle et aux accents émo.


18. Raoul Vignal - The Silver Veil [Talitres]
Premier album folk élégant et lumineux de la part du lyonnais Raoul Vignal, et c'est Talitres, toujours à l'affût, qui sort le tout. Entre Kings of Convenience, Stranded Horse, sous le haut patronage de Nick Drake, voilà un bien beau disque, à l'ambiance impeccable.


17. Beach Fossils - Somersault [Bayonet]
Rarement emballé par le trio de Brooklyn, 'Somersault' est une révélation. Leur ambition, leur son plus pop, plus rond et leurs belles orchestrations m’auront beaucoup séduit. Dépourvu de fautes de goûts, ce quatrième album des Beach Fossils a même de faux-airs de réponse new-yorkaise au 'Hang' des californiens de Foxygen.
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16. ENTRANCE - Book of Changes [Thrill Jockey]
Hors du temps, anachronique, 'Book of Changes' est le premier album en 13 ans de Guy Blakeskee qui officie sous le nom d’ENTRANCE. Folk, pop, subtilement arrangé, avec de beaux chœurs, des violons aussi efficaces que discrets, portés par une belle guitare, voilà un des disques les plus beaux écoutés cette année.


15. Percolator - Sestra [Penske]
Kraut-rock, shoegaze, noise-pop, noise-rock, drones, guitares fuzz, reverb', rythmiques martiales, mélodies lumineuses : voilà tout ce qui est au programme de ce premier album de Percolator, trio irlandais auteur d’un disque tonitruant.

14. State Broadcasters - A Different Past [Olive Grove Records]
Sur leur troisième album en 8 ans, les State Broadcasters alternent entre chansons lentes et mélancoliques, pop-songs à la I'm From Barcelona, rappellent tantôt leurs cousins de Dancing Mice, le Spinto Band ou le grand ordonnateur qu'est Sufjan Stevens. Mieux, ils convient à leur festin pop, en plus des traditionnels piano, guitares et basses, de la harpe, de l'accordéon, du trombone et du violoncelle. Parfait.


13. Valparaiso - Broken Homeland [Zamora Label] 
Mené par d’anciens Jack The Ripper, ce premier album de Valparaiso aura invité sur son album sans doute le plus beau casting de 2017 : Howe Gelb, Shannon Wright, Marc Huyghens (Venus), Josh Haden (Spain), Dominique A et autres John Parish (par ailleurs producteur du disque). Très beau voyage musical qui dévoile peu à peu son americana tantôt langoureuse, tantôt électrique.


12. Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris - Noplace [Gizeh Records] 
Composé avec Thor Harris (batteur de Swans) et Simon Goff (violoniste anglais), ce nouvel album d’Aidan Baker (le cinquième de l’année !) est un disque langoureux, uniquement instrumental, rempli de longues mélopées lancinantes, extatiques. Un ticket pour un voyage ambient en apesanteur, avec pour seules armes guitare, violon et batterie.

 

11. St. Vincent - MASSEDUCTION [Loma Vista]
L'ex de Polyphonic Spree et du groupe de Sufjan Stevens ne m'a jamais vraiment touché avec ses albums solo. Pourtant, son dernier en date 'MASSEDUCTION' m'aura happé avec sa pop-électronique aux accents mainstream, où les tubes sont nombreux (Los Ageless, New York) et derrière lesquels se cachent des textes personnels et sombres.


10. The Luxembourg Signal - Blue Field [Shelflife]
J'ai beau tourner ça dans tous les sens, The Luxembourg Signal est sans conteste MA révélation de 2017. Renversé par leur superbe 'Laura Palmer' (un de mes 7" de l'année, mais surtout mon single 2017), 'Blue Field', leur second album, ne saurait pas être résumé à cette chanson imparable. Septet, le groupe sait produire une pop aussi rêveuse que nerveuse et endiablée, pleine de guitares. Brillant.
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09. AVIONS - Loner [Bad Health Records / Les Briques du Néant / Ligature / Napalm Trees / Teenage Hate Records]
Dans une année lyonnaise plus que réjouissante, AVIONS est sans doute le disque le plus rentre dedans de l’année (avec celui des Decibelles évidemment). Punk à roulettes mâtiné de grunge et lorgnant vers une power-pop racée (à moins que ce ne soit l’inverse), chanté dans un anglais très convaincant, et puisant leur inspirations dans les années 90, ce 'Loner' a un sacré chien (oui, elle est facile).


08. The Magnetic Fields - 50 Song Memoir [Nonesuch]
Pour ses 50 ans, Stephin Merritt, pas avare de compositions, s'est dit qu'il allait sortir un album retraçant les 50 années de sa vie. Ce qui nous donne donc un coffret de 5 disques de 10 chansons et 2h30 de musique. On passe ici par tous les états. Et le résultat est magnifique, comme souvent. Textes profonds ou anecdotiques, sérieux ou plein de dérisions, chansons travaillées ou presque ivres, le meneur des Magnetic Fields accompagne l'ensemble de belles mélodies et de sa voix reconnaissable entre mille. Un disque qui, à l'instar de '69 Love Songs' devrait être une source de découverte intarissable. Happy Birthday Stephin.


07. Phoebe Bridgers - Stranger in the Alps [Dead Oceans]
S'il fallait élire le disque le plus touchant de l'année, sans nul doute que ce serait le 1er album de Phoebe Bridgers. Un disque mélancolique à souhait, où elle dévoile des compositions simples mais toujours belles, sur fond de guitares et piano grave. Et quand elle prend ses aises, elle n'en est que plus convaincante.


06. Max Richter - Three Worlds: Music From Woolf Works [Deutsche Grammophon] 
Disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf, il est à la base la bande-originale d'une création théâtrale. Album magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami), 'Three Worlds: Music From Woolf Works' se termine par une chanson de plus de 20 mns absolument superbe et qui sait prendre son temps.


05. Richard Dawson - Peasant [Domino]
Se posant en véritable conteur, l'anglais Richard Dawson plonge sa folk (avant, progressive ou orchestrale, c'est selon) dans le moyen-âge et une contrée du nord de l'Angleterre actuelle, désormais disparue. Chaotique, pleine de clappings, de chœurs, de guitares sur le fil de la justesse, parfois effleurées, souvent maltraitées, la musique de Richard Dawson et de ses compagnons est ensorcelante à souhait. Sans aucun doute, le plus beau disque de l'écurie Domino sorti en 2017


04. Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]
Là où le côté calculé du retour des LCD Soundsystem m'a empêché d'apprécier le 'American Dream' de la bande à Murphy, le retour des Wolf Parade respire la sincérité ; et est particulièrement imparable. S'ouvrant sur une chanson divine et synthétisant à merveille les appétences musicales de Spencer Krug et de Dan Boeckner, 'Cry Cry Cry' réussit à marier avec une grande subtilité des textes désabusés à des mélodies dansantes et enivrantes.


03. Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]
Joliment produit, très bien mis en musique, ce nouvel album des Satellite Jockey est l'album pop de mon année 2017. Disséminant clin d’œils sixties ici et là, chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey auront sorti un disque de pop classieuse, de grande qualité, et qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée à sa bio.


02. James Holden & The Animal Spirits - st [Border Community]
Véritable découverte, cet album de James Holden & The Animal Spirits est un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points. Melting-pot de sonorités et d'influences (musique orientale, (free) jazz, expérimental, électro, folk sous-acide, des saxophones ivres, etc), enregistré en une prise live pour chaque morceau, il est surtout d'une consistance et à la fois d'une facilité d'écoute autant sidérante que déconcertante.


01. Foxygen - Hang [Jagjaguwar]


Sans hésitation, le disque le plus brillant de 2017 est le nouvel album des Foxygen, duo américain habitué de ces pages. 'Hang' est un album prodigieux, qui contraste totalement avec leur gargantuesque '... And Star Power', leur précédent disque. Ici, 8 chansons en 32 mns. Mais quelles chansons !
Parlant aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, les Foxygen auront su soigner l'habillage de leurs chansons : un orchestre complet les entoure, auquel viennent se joindre les Lemon Twigs, Matthew E. White et autres Steven Gregory Drozd des Flaming Lips.
Surtout, en plongeant la tête la première dans une pop racée, qui tient autant de l'americana, du glam que des comédies musicales à l'ancienne, le duo aura sorti en 2017 un disque aussi ambitieux que réussi, aux mélodies impeccables et à la mise en musique parfaite.


Comme de coutume, une chanson de chaque disque présenté ci-dessus est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer. Sauf pour AVIONS, indisponible sur ces deux plateformes. Bonne(s) écoute(s) ! 






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