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lundi 13 octobre 2025

[Track of The Day] Ed Kuepper & Jim White - Swing For The Crime (The Saints cover)

Un jour, on écrira un bouquin sur toute la période COVID. On racontera tous les disques qui ont été détruits par la pandémie, ceux qui n'ont pas pu être défendus sur scène. Mais on évoquera aussi tous ces albums qui sont nés de cet enfermement contraint et forcé, de toutes ses collaborations qui ont vu le jour entre visio et échanges WhatsApp. Et alors, on parlera peut-être de 'After The Flood' de Jim White et Ed Kuepper.

Si le premier est un habitué de ces pages (Dirty Three évidemment, plus récemment The Hard Quartet, mais aussi tous les artistes avec lesquels il a travaillé, de Nina Nastasia à Mark Kozelek, des oubliés Tanakh à Jess Ribeiro ou Phosphorescent), Ed Kuepper mérite quelques mots : né en 1955 en Allemagne, sa famille a vite émigré à Brisbane en Australie où il a grandi, s'est mis à la guitare puis fondé The Saints, Laughing Clowns, The Aints, joué avec The Apartments de Peter Milton Walsh et a même remplacé Mick Harvey lors des tournées de Nick Cave et de ses Bad Seeds au début des années 2010.

De base, 'After The Flood' n'aurait jamais dû voir le jour. Ce n'était censé être qu'une collaboration scénique de deux artistes à qui cela tenait à coeur depuis quelques années déjà. Celle-ci ayant donc tourné court mais étant très prometteuse, Ed Kuepper et Jim White ont finalement, quelques années après, décidé de coucher cela sur bandes.

Au sommaire de 'After The Flood', huit morceaux et aucun original, le duo revisitant ici une partie de l’œuvre de Ed Kuepper (que ce soit en groupe ou en solo) plutôt que de composer de nouvelles chansons. Et le résultat est exaltant. Les relectures sont profondes, beaucoup plus bruitistes que les morceaux originaux, où guitare et batterie s'en donnent à cœur joie. Et si Collapse Board (Laughing Clowns) ou The 16 Days (extrait du deuxième album solo de Ed Kuepper) sont remarquables, on partira ici sur Swing For The Crime (en écoute aujourd'hui), petit bijou pop qui ouvrait 'Prehistoric Sounds' le troisième album de The Saints en 1978, que White et Kuepper transforment en bacchanale fuzz et nerveuse tout à fait jouissive.

Album : After The Flood
Année : 2025
Label : Remote Control Records / 12XU Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Swing For The Crime de The Saints par Ed Kuepper et Jim White est également en écoute ci-dessous :

Tiré de 'Rooms of the Magnificent', le second album solo d'Ed Kuepper, voilà The 16 Days dans sa 'After The Flood' :

La version originale 'Swing For The Crime', qui ouvrait 'Prehistoric Sounds' de The Saints en 1978 :

Le clip de la relecture de Swing For The Crime de The Saints par Ed Kuepper et Jim White :

lundi 20 octobre 2025

[Track of The Day] The Gentle Spring - Untouched

Petit retour dans le passé aujourd'hui. Oh, pas très loin, juste au 17 janvier dernier, date de la sortie du premier album de The Gentle Spring, nouvelle itération de Michael Hiscock (The Field Mice) qui s'est adjoint pour se faire les services des français Emilie Guillaumot et Jérémie Orsell (Dorian Pimpernel).

Le disque s'appelle 'Looking Back at the World', a une langueur pop tout à fait délicieuse, un esprit Sarah Records qui le traverse tout du long (la pochette est d'ailleurs un premier indice) et quelques effluves de The Apartments (forcément, beaucoup des chansons de l'album ont été pensées voire écrites lors d'une tournée du groupe de Peter Milton Walsh où Michael Hiscock tenait la basse). De l'indie-pop délicate, mélancolique, presque désuète pour son époque tout en étant à la fois intemporelle, à la basse est ronde et réconfortante, aux mélodies belles et douces, au premier rang desquelles celle d'Untouched (en écoute aujourd'hui), à l'arrivée de cuivres, fussent-ils synthétiques, exquise.
 

Plus : En bonus, deux interviews à lire pour en savoir plus sur 'Looking Back at the World' de The Gentle Spring. Une de Michael Hiscock pour Benzine Mag, une autre de Michael Hiscock et Emilie Guillaumot chez Section 26.

Album : Looking Back at the World
Année : 2025
Label : Skep Wax Records / Too Good To Be True Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Untouched de The Gentle Spring est également en écoute ci-dessous :
  

dimanche 3 janvier 2021

Bilan 2020 : « Albums » (40-21)


Alors que la rentrée est à portée de main et qu'il va bien falloir remettre la machine en marche après quelques jours de congés, finissons en définitivement avec 2020 avec la sélection des 40 disques qui auront fait mon année. Ceux qui auont rendu plus supportable ce premier confinement, ces couvre-feux, ces interdictions de se rassembler, d'embrasser ou d'aimer.

Avant d'en dérouler la première partie, allons voir les choix du voisinage :
- Le bilan musical 2020 en bédé par Christophe Schenk
- 2020 par des artistes (A Girl Called Eddy, Stephin Merritt de The Magnetic Fields, etc)
- Les 10 albums de l'année par Mind Riot Music
- Les 50 meilleurs albums selon The Revue
- Les 10 albums de l'année du toujours sûr Jean-Marie Pottier

Mais revenons à nos moutons. Première partie avec les disques classés de la 40è à la 21è place donc. Au programme, de la twee-pop, de l'emo-punk toujours aussi jouissif, le retour de flamme d'un grand groupe, la découverte d'un futur grand compositeur et même un artiste auquel j'ai enfin succombé. Ca et bien d'autres choses. Avec, au bas du billet, des lecteurs streaming pour écouter une chanson de chacun des disques évoqués. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

 

40. The Stroppies - Look Alive! [Tough Love]
Trio australien qui avait été bien plus qu'un simple flirt printanier l'an passé dans ces pages, The Stroppies auront donné à 'Whoosh' un bien charmant petit frère, 'Look Alive!'. Un disque qui ressemble à son aîné avec cette pop-lo-fi et diy très mélodique, avec toujours comme une lassitude dans la voix qui donne un soupçon supplémentaire de charme à l'ensemble. Comme s'il était besoin.
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39. Annabel Lee - Let The Kid Go [Luik Records]
Avec ses guitares tantôt lourdes, tantôt acérées (et qui n'auraient sans doute pas dépareillées dans la scène rock d'il y a 25 ans), la voix d’Audrey Marot et la qualité de ses mélodies accrocheuses, jamais bien loin du tube, les bruxellois d’Annabel Lee font dans le court (9 chansons, 32 mns tout juste), l’énergique et l’efficace.
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38. Holy Fuck - Deleter [Last Gang Records]
Cinquième album pour les canadiens, totalement perdus de vue depuis leur 'LP' de 2007. Entre indietronica et dance-pop, rythmique au cordeau, synthés puissants et quelques invités pas piqués des vers (Alexis Taylor d’Hot Chip, Angus Andrew de Liars et Nick Allbrook de Pond).
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37. Extraa - Baked [Requiem Pour Un Twister]
Les deux pieds enfoncés dans une pop 60s/70s où l’on sent toute l’influence des Beatles que des Kinks (mais pas que), voilà les parisiens d'Extraa et leur premier très joli album. Très anodin de prime abord, il s'avère être une petite parenthèse des plus délicieuses, faites de mélodies accrocheuses et portées par une jolie production.
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36. Son Little - Aloha [ANTI-]
Dans une année qui aura rivalisé de très belles pochettes, celle du 'Aloha' de Son Little est sans doute dans le très haut du panier. Mais comme cela ne suffit pas à en faire un bon disque et encore moins un des disques de l’année, rajoutons que ce mélange de pop, de folk et de blues avec cette vibe soul et r'n'b qui parcourt tout le disque est on ne peut plus conseillé. Amy Winehouse aurait sans doute adoré travailler avec ce mec.
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35. The Apartments - In And Out of the Light [Talitres]
Les années passent et Peter Milton Walsh n’est toujours pas heureux. En tout cas, c’est ce qui ressort de 'In And Out of the Light', le successeur du miraculeux 'No Song No Spell No Madrigal' en 2015. Des chansons d’une douceur belle à frémir, de la mélancolie à tous les étages et des larmes qui ne sont jamais bien loin de couler à chaque nouvelle écoute.
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34. Lunchbox - After School Special [Slumberland Records]
Avec ses chansons courtes et ramassées, enregistrées dans un sous-sol et sans s'embarrasser de circonvolutions, le nouvel album de Lunchbox va à l’essentiel avec son indie-pop pleine de twee (à moins que ce ne soit l'inverse), de soleil, de trompettes euphoriques, de mélodies efficaces. Pas propret pour un sou mais diablement efficace.
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33. Cable Ties - Far Enough [Merge Records]
Disque rageur à bien des égards, ‘Far Enough’ est un énorme coup de savate de la part du trio de Melbourne. Un album puissant de rock, de punk et de garage, politique et féministe, qui tient sa ligne tout du long et contient quelques chansons qui en d'autres temps auraient été des tubes.
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32. Touché Amoré - Lament [Epitath]
Dans leur style, Touché Amoré ne va pas réinventer l’eau chaude. Et ce n’est pas ce qu’on leur demande. Un disque jouissif au possible, post-hardcore et emo au programme, avec toujours le chant rageur et criard de Jérémy Bolm qui surplombe un disque qui ne manque pas de mélodies. Peut-être leur plus immédiat et réussi.
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31. The Little Hands of Asphalt - Half Empty [Fika Recordings]
The Little Hands of Asphalt ou l'alias de Sjur Lyseid, norvégien de son état qui fait dans la pop mélancolique (entre guitares et piano), lisse de prime abord et finalement très entêtante. De superbes balades, quelques moments plus enlevés (comme sur le titre avec Elizabeth Morris de feu Allo Darlin'), et au final un disque beau comme tout que je me surprend à plus que souvent ressortir depuis sa parution.
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30. The Flaming Lips - American Head [Bella Union / Warner]
Perdus à mes oreilles depuis longtemps, les Flaming Lips mettent de côtés leurs élans psyché, retrouvent leurs envies du début des années 2000 (et notamment de 'Yoshimi Battles The Pink Robots') et composent un disque mélodique à souhait, très bien arrangé et à la douceur indéniable
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29. Bad Moves - Untenable [Don Giovanni Records]
S’il ne révolutionnera rien, ce second album du quatuor de Washington Bad Moves aura fait du bien à cette année 2020. Un condensé addictif de power-rock et d’indie-rock pied au plancher qui ne se pose pas de questions et qui est porté par un tube en or massif, Party With The Kids Who Wanna Party With You.
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28. Porridge Radio - Every Bad [Secretly Canadian]
Entre rock, pop et post-punk, calme et brutalité, douceur et acidité, le deuxième album des anglais de Brighton aura marqué son monde en 2020. Un disque souvent habité et porté par la voix et les textes de Dana Margolin, il atteint son apogée sur un Long des plus nerveux et délicieux et qui n’est pas sans rappeler le Not de Big Thief sorti l’année dernière.
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27. The Proper Ornaments - Mission Bells [Tapete Records]
Le quatuor continue discrètement sa carrière avec 'Mission Bells, peut-être son album le plus abouti. Un disque dans la même veine pop à guitares, mais peut-être plus las ou fatigué. Et plus les écoutes ont passé, plus il semble que ces jeunes gens sont les Radio Bros de leur temps. On a vu bien pire compliment.
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26. The Luxembourg Signal - The Long Now [Shelflife Records/Spinout Nuggets]
Un troisième album pour les américains, révélation de 2018, sans doute supérieur au précédent 'Blue Field', pourtant déjà très réussi, mais cette fois sans single aussi puissant que Laura Palmer. Court (34 mns), rempli de superbes mélodies, dream-pop/indie-rock/shoegaze en veux tu en voilà, avec de très belles guitares et toujours les voix de Beth Arzy et Betsy Moyer,  'The Long Now' est un disque lumineux de la part de The Luxembourg Signal.
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25. Pictish Trail - Thumb World [Fire Records]
Et encore des écossais. Enfin un pour le coup : Johnny Lynch, à la barre de ce quatrième album. Un disque qui sent bon la pop trafiquée, synthétique et qui n’est pas sans rappeler Grandaddy voire Sparklehorse.
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24. Cold Beat - Mother [DFA]
Parcouru de fulgurances tout en restant cohérent tout du long, s’inscrivant totalement dans l’ADN de DFA Records, 'Mother' est un remarquable album aux influences digérées et pas bêtement recrachées, plein de synth-pop mélodieuse, de wave à foison, de lap-pop et d’électronique, et d’indie-pop 80s délicieuse.
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23. Taulard - Dans La Plaine [Broderie Records]
Synth-punk froid et bricolé, inspiré, wave aussi à l’affiche de 'Dans La Plaine' des grenoblois de Taulard. Un disque bizarre autant qu’addictif, aux atours cheap, plein d’histoires banales et désabusées mais pour lesquelles le groupe arrive à nous passionner.
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22. Sondre Lerche - Patience [PLZ]
Avec l'amour et ses aléas comme thème principal, 'Patience' est un très bel album de pop sophistiquée, de mélodies lumineuses, d'arrangements léchés et travaillés, où les mélodies font mouche. Il m'aura fallu 19 ans pour apprécier comme il se doit un disque de Sondre Lerche. Ce fut long mais l’attente valait vraiment le coup.
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21. Ethan P. Flynn - B-Sides & Rarities: Volume 1 [Young Turks]
Loin de ce que pourrait laisser croire son titre en forme de blague, 'B-Sides & Rarities: Volume 1' est le véritable premier album d’un jeune anglais de 21 ans, Ethan P. Flynn, qui en 32 mns se révèle être un sacré compositeur/arrangeur/producteur. Un album épatant, superbement produit et arrangé, sorte de melting-pop aux sonorités électroniques et r'n'b, pleines de clappings et de chœurs.
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Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Comme promis, vous trouverez ci joint un lecteur Spotify et Deezer comptant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus (et dans l'ordre du classement, soit de 21 à 40). Bonnes écoutes !



mardi 7 février 2017

[Track of The Day] Piano Magic - I Left You Twice, Not Once

Piano Magic ou un groupe qui aura accompagné la création de ce blog il y a bientôt 10 ans, leur Halfway Through étant la quatrième chanson mise en ligne dans ces pages.
Piano Magic et la fin d'une aventure discographique de 21 ans vu que 'Closure', leur dixième album, sera leur dernier - son nom n'ayant évidemment pas été choisi au hasard. Cependant et pour être tout à fait honnête, je pensais que le groupe de Glen Johnson avait déjà mis la clé sous la porte depuis leur réussi 'Ovations' en 2009. Mais il s'avère que les londoniens ont continué. Jusqu'à aujourd'hui.

Piano Magic ferme donc le ban sur ce 'Closure' qui est une bien belle façon de tirer sa révérence. Mélancolique comme jamais, très bien orchestré et pouvant compter sur la présence notable de Peter Milton Walsh de The Apartments (magnifique Attention to Life), l'album égrène ses 8 chansons pop tristes et remarquablement mises musique comme souvent. Délicat, écrit comme un message aux auditeurs que nous sommes, Piano Magic termine l'aventure sur I Left You Twice, Not Once sublime (en écoute aujourd'hui) et qui veut dire beaucoup.

Ce n'est peut-être pas leur meilleur album (entrez ici 'Low Birth Weight' et autres 'The Troubled Sleep of Piano Magic'), mais on n'en est quand même pas très loin. On a vu des mises en bière bien moins belles.

Album : Closure
Année : 2017
Label : Second Language

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En plus des lecteurs Spotify et Deezer à gauche, I Left You Twice, Not Once qui clôt cet ultime album de Piano Magic est également en écoute ci-dessous :


Autre titre de 'Closure', Living for Other People :


Ci-dessous, voilà les clips des deux premiers singles, Exile et Attention to Life, avec Peter Milton Walsh de The Apartments au chant :




mardi 30 décembre 2025

Bilan 2025 : « Albums » (40-21)


Après la première partie consacrée aux formats courts (7", Ep), compilation, réédition et albums oubliés des années précédentes, place au top albums de l'année. Toujours un classement (ça ne sert sans doute à rien, mais que voulez-vous ma bonne dame, on ne se refait pas), toujours quarante disques, toujours en deux fois. Et donc, pour ouvrir le bal, aujourd'hui, un premier jet de 20 albums.

Mais avant cela, petit point "bilan de l'année" chez les voisins, d'ici ou d'ailleurs :
- Les 10 albums de l'année pour Mind Riot Music  
- Le top 10 des albums de 2025 selon la rédaction de Sound of Violence
- Les meilleurs albums de l’année pour l’indispensable Bandcamp Daily
- Les 50 meilleurs albums de 2025 pour Treble
- Les 100 albums de l’année selon l'essentiel The Quietus

Vingt albums disais-je. Avec quelques anciens de retour en très grande forme, des confirmations, une découverte d'un vieux monsieur à la voix incroyable, de la pop souvent lo-fi, des albums lumineux, d'autres plus hantés, du post-punk racé et de la folk à tomber. Je ne sais pas si ce sont les disques de l'année, mais en tout cas ce sont parmi ceux qui m'ont le plus enthousiasmé en 2025.
Et histoire de bien faire les choses, des playlists Spotify, Deezer et Tidal sont à disposition pour écouter une chanson de chacun des vingt albums présentés ci-dessous. Bonne lecture et bonne écoute !

Et n'hésitez pas à suivre le blog le reste de l'année, ici mais aussi sur la playlist quotidienne "Track of The Day" de Spotify, Deezer, Tidal et/ou YouTube

40. Baths - Gut [Basement's Basement]
Derrière sa longueur (onze morceaux, cinquante-trois minutes), 'Gut' est un disque de haute volée pour ce vétéran de l’indietronica où, justement, indietronica et folktronica se partagent la plus grosse part du gâteau et rivalisent de belles mélodies souvent mélancoliques, construit autour de Eyewall et The Sound of a Blooming Flower, respectivement chansons d'ouverture et de fermeture.
39. Greg Brady and The Anchors - I'd Rather Walk [Subjangle]
Un disque estampillé jangle-pop (il est d'ailleurs publié par Subjangle Records) mais qui ne l'est pas vraiment en réalité, tant le disque est traversé de diverses tonalité et influences : des guitares fuzz par là, des ambiances très 80s ici, des balades rock aux belles guitares, un rien de post-punk dans un coin. Le tout sans pour autant perdre en unité et en cohésion - ce qui n'est pas le moindre de ses qualités.
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38. The Gentle Spring - Looking Back at the World [Skep Wax Records / Too Good To Be True Records]
The Gentle Spring ou la nouvelle itération de Michael Hiscock (The Field Mice) qui s'est adjoint pour se faire les services des français Emilie Guillaumot et Jérémie Orsell (Dorian Pimpernel). Un disque qui a un esprit Sarah Records qui le traverse tout du long, quelques effluves de The Apartments et surtout, de l'indie-pop délicate, mélancolique, presque désuète pour son époque tout en étant à la fois intemporelle.
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37. Pynch - Beautiful Noise [-]
Pynch est une anomalie incompréhensible : comment se fait-il qu’on ne parle pas plus de ces londoniens ? Comment se fait-il qu’après 'Howling At A Concrete Moon', 'Beautiful Noise' n’ait pas fait plus parler de lui, avec sa power-pop nerveuses, plus noise, plus bordélique aussi (mais cela leur va bien) et une certaine excentricité assez eighties qui se dégagent de ses compositions ? C’est à n’y rien comprendre.
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36. Tugboat Captain - Dog Tale [-]
Retour des Tugboat Captain, grande confrérie pop (ils sont 6 désormais) venue de Londres, avec un album en forme de petit bonbon, consacré au meilleur ami de l'homme. C'est joliment orchestré tout du long, c'est souvent mélancolique, les mélodies sont marquantes, beaucoup de chansons sont superbes (Thank God, grand morceau sur la crise de la quarantaine). Bref, c'est beau, tout simplement. Et très conseillé.
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35. Jim Putnam - st [We Are Unique Records]
Un des albums les plus attendus de l'année. Et qui n'a pas déçu. Premier album solo pour Jim Putnam, un des deux Radio Bros. Un disque de slowcore, empreint de nostalgie et de mélancolie, à la production ample, où la voix de Jim Putnam est invariablement superbe, et qui n'est pas sans rappeler, évidemment, son groupe de toujours.
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34. Nina Nastasia - Songs for a World of Trouble [-]
Après des années de silence pour des raisons tout sauf réjouissantes, brisées par un merveilleux et dépouillé 'Riderless Horse', Nina Nastasia enchaine avec un nouvel album, 'Songs for a World of Trouble'. Plus orchestré que le précédent, cet album, uniquement disponible sur bandcamp et en digital, est, quelle surprise !, superbe. Un disque dédié à Steve Albini, compagnon de longue route, avec qui elle avait enregistré tous ses albums.
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33. Humour - Learning Greek [So Young Records]
Quintette écossais qui après deux Ep passe au long format. Un disque à la recherche des racines grecques du frontman, qui fait dans le post-punk nerveux qui file à toute vitesse, saupoudré de post-hardcore, qui crie plus souvent qu'à son tour et mélange mélodies presque mélancoliques, sonorités plus radicales où les deux guitares ne sont pas loin de faire merveille.
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32. Julii Sharp - Burning Line [Only Lovers Records / Modulor]
Premier album pour la toulousaine Julii Sharp, très bien entourée ici. Un disque d'indie-rock, à la langueur certaine, où si l'électrique règne en maitre, le folk, autant dans les ambiances que dans l'écriture, n'est jamais très loin. Un album très réussi, chanté dans un anglais impeccable et sans accent, où on entend Nina Nastasia et surtout Laura Veirs.
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31. Damien Jurado - Private Hospital [Maraqopa Records / This Is A Test]
'Private Hospital' est un album presque déroutant de la part de Damien Jurado, et sans doute un de ses meilleurs d'ailleurs. Un disque court, empreint de sincérité et de beauté, qui s'éloigne de son folk (rock, psyché, indie, traditionnel) habituel pour embrasser une synth-pop aux nappes profondes, aux contours folktronica et indietronica, un rien arty-pop, qui lorgne parfois vers une sorte de r'n'b léger, pour un ensemble plein de mélancolie.
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30. Sorry - Cosplay [Domino Records]
Si j’en crois ce que je lis, 'Cosplay' n’est pas le disque préféré des fans de Sorry. Pourtant, c’est le premier qui chez moi fait mouche. La faute peut-être à cette majestueuse chanson d’ouverture Echoes, aux effluves Blonde Redhead, qui transpire d'élégance et de superbes guitares. A moins que ce soit son côté plus pop que par le passé et, surtout, qui va droit au but. Quoiqu’il en soit, ce troisième album de Sorry a tout bon. Et de sacrées chansons.
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29. Haley Heynderickx & Max García Conover - What of Our Nature [Fat Possum Records]
Sur ce deuxième album commun, Haley Heynderickx et Max Garcia Conover rendent hommage à la matrice de tout - ou presque - de la musique folk Woodie Guthrie en composant dix chansons « à la manière » de la légende, morte en 1967. Un disque engagé, évidemment, beau, au folk, sans fioritures, aérien et lumineux, où en plus de Woodie Guthrie, on entend à travers leurs deux voix une version 2025 de Bob Dylan et Joan Baez.
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28. Destroyer - Dan's Boogie [Merge Records]
Sans conteste le meilleur album de Destroyer depuis 'Kaputt' en 2011, 'Dan's Boogie' est une œuvre majeure de Dan Bejar. Un disque qui fait dans l'excès mais maitrisé, aux mélodies chiadées et où la voix du canadien est au diapason de celles-ci, qu'il n'en est rien distancié mais qu'il y vogue avec un flegme charmeur. De la grandiloquence oui. Mais qui nous veut du bien.
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27. Julien Baker & TORRES - Send A Prayer My Way [Matador Records]
Premier album commun pour les deux américaines Julien Baker et Torres, entre americana, country et folk-rock, dont les chansons prises individuellement ne sont pas marquantes, mais où toutes ensembles, elles font sens. Un disque câlin, attachant, parfois désuet et beau comme tout.
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26. Jim White and Trey Blake - Precious Bane [Fluff and Gravy Records]
Ténébreux à bien des égards, et rappelant autant Nick Cave que Tom Waits, 'Precious Bane' est un album de country-folk hanté et pas loin d’être sublime de la part de Jim White (le père de Willow Avalon) et Trey Blake, artiste anglaise que White décrit comme la « UK's undiscovered Patti Smith », à la voix si belle, si particulière, si habitée, si unique plus simplement, comme toutes ces voix qui n'avaient pas envisagé un jour de chanter.
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25. DITZ - Never Exhale [-]
Disque de haute tenue, sans doute plus solide mais pas moins retors que son prédécesseur, 'Never Exhale' est une déflagration qui mélange habilement post-punk, noise-rock, touches métal et rock-indus de la part de DITZ. Mieux, cet album prend une ampleur qu'on n'imaginait pas sur scène, où leur réputation n'est pas du tout usurpée.
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24. Robert Finley - Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya [Easy Eye Sound]
Arrivé sans musique ni texte en studio, Robert Finley a pourtant enregistré 'Hallelujah! Don't Let The Devil Fool Ya' en une journée. Un album de soul/blues-rock pas loin d'être magistral de la part cet américain de 71 ans à la voix rocailleuse, découvert sur le tard, et qui est accompagné d'un groupe de studio absolument époustouflant.
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23. Horsegirl - Phonetics On and On [Matador Records]
Après un premier album remarqué, voilà que le trio Horsegirl, change son fusil d’épaule, et appelle Cate Le Bon derrière la console. Et si celle-ci m’ennuie à chaque nouvel album avec son art-rock qui ne veut pas dire grand chose, elle est tout à fait épatante derrière ce disque brillant, où guitares fuzz et reverb ont été remisées au placard pour mieux embrasser une indie-pop, avec plein d’élans électriques certes, mais pop avant tout. Un disque sorti le jour de la Saint-Valentin qui m’a accompagné toute l’année.
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22. The Radio Field - Air and Sunlight [Subjangle / Less Records]
Deuxième album pour la formation de Düsseldorf, et qui va à l'essentiel. Basé sur un socle de jangle-pop, tout en flirtant souvent avec power-rock et shoegaze, 'Air and Sunlight' est un - très - bel album, catchy à souhait et qui a le goût d'un petit bonbon sucré et délicieux.
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21. Daily Toll - A Profound Non-Event [Tough Love Records]
Pop lo-fi aux accents folk, de jangle-pop brute et de post-punk léthargique, ce premier album des australiens de Daily Toll, peu avenant de prime abord, regorge de petites pépites désabusées, mené par une rythmique métronomique qui lui donne un côté diablement hypnotique.
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Comme promis, vous trouverez ci-dessous un lecteur Spotify pour écouter une chanson de dix-neuf des albums évoqués ci-dessus. Le vingtième, celui de Nina Nastasia, étant indisponible sur les différentes plateformes de streaming, j'ai mis une chanson extraite de bandcamp.

Toute cette sélection est également disponible dans des playlists dédiées sur Deezer et Tidal (voir en haut de ce billet si les liens ne sont pas cliquables ici) :

 

Et n'hésitez pas à suivre le blog le reste de l'année, ici mais aussi sur la playlist quotidienne "Track of The Day" de Spotify, Deezer, Tidal et/ou YouTube