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vendredi 6 septembre 2024

[Track of The Day] Cola - Pulling Quotes

Fondé par la moitié de Ought, quatuor canadien remarquable signé chez Constellation mais muet depuis quasiment dix ans, Cola est quant à lui un trio qui essaie de se faire une place au soleil sur une scène post-punk actuelle particulièrement fournie. Pour l'instant, ils sont très loin de la notoriété de leur groupe précédent. Et pourtant ils ont des qualités à faire valoir.

Car sans pour autant publier des albums mémorables, Tim Darcy (chant, guitare), Ben Stidworthy (basse) et leur acolyte Evan Cartwright (batterie), en plus d'être de sacrés musiciens (il faut voir comment guitare, basse et batterie sonnent juste sur leur nouvel album 'The Gloss'), semblent avoir un truc en plus que beaucoup n'ont pas. Une intransigeance et un refus de la facilité dans leurs compositions, un minimalisme certain aussi (qui pourra en rebuter certains), un talent sûr pour mélanger leur univers post-punk avec celui moins corseté de l'indie-rock et une capacité à composer quelques chansons très mélodiques, rapidement marquantes, du genre de Pulling Quotes (en écoute aujourd'hui). Un morceau brillant, mid-tempo, ample, à la mélodie impeccable, où la guitare pleine d'éclats joue au chat et à la souris avec une basse profonde et une batterie métronomique. Une grande chanson à chercher quelque part entre les Parquet Courts et Car Seat Headrest.

Album : The Gloss
Année : 2024
Label : Fire Talk Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Pulling Quotes de Cola est également en écoute ci-dessous :

 Autre chanson très réussie de cet album de Cola, voilà Bitter Melon qui clôt 'The Gloss' :

Le clip de Pulling Quotes de Cola :

vendredi 14 juillet 2023

[Track of The Day] A. Savage - Thanksgiving Prayer

Alors qu'on espère un nouvel album de Parquet Courts après le très décevant 'Sympathy For Life' il y a presque deux ans, voilà que le chanteur du groupe Andrew Savage relance son projet solo A. Savage, six ans après son premier effort 'Thawing Dawn' à côté duquel j'étais absolument passé.

Pour l'instant, une seule chanson, dont on ne sait pas si elle finira sur un album ou non, mais qui se suffit à elle même. Produite par John Parish et enregistrée pendant le dernier Thanksgiving, Thanksgiving Prayer est une longue balade au tempo lent où un Andrew Savage très poétique disserte sur la vie et l'amour pendant qu'un saxophone joue les entremetteurs dans le fond. Une très jolie réussite qui a sans doute poussé Rough Trade Records à se décider de signer le chanteur d'un de ses groupes phares. On n'aurait pas fait différemment.

Album : -
Année : 2023
Label : Rough Trade Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Thanksgiving Prayer d'A. Savage est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Thanksgiving Prayer d'A. Savage :

vendredi 2 décembre 2022

[Track of The Day] Holiday Ghosts - B. Truck

Découvert il y a quelques mois de cela grâce à leur réussi 'Credit Note Ep' sorti au début de l'été, voilà Holiday Ghosts, quatuor originaire de Falmouth, ville située tout au bout du sud-ouest de l'Angleterre. Un groupe déjà auteur de trois albums (le précédent date de l'an passé) et qui aime l'indie-rock, l'indie-pop, les guitares et qui a le bon goût d'être signé chez Fat Cat Records, label ô combien précieux mais que je n'ai pas vraiment croisé depuis longtemps.

Mais Holiday Ghosts c'est surtout un groupe auteur tout récemment d'un nouveau single nommé B. Truck. Une chanson totalement épatante et qui a une vibe toute Parquet Courts. De la guitare, toujours de la guitare, encore de la guitare. Plutôt très addictif. Et assurément un groupe à suivre.

Album : -
Année : 2022
Label : Fat Cat Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, B. Truck d'Holiday Ghosts est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de B. Truck d'Holiday Ghosts : 

jeudi 17 novembre 2022

[Track of The Day] Send Me Love Letters - Bride

La première rencontre avec Send Me Love Letters, c'était à L'Épicerie Moderne en juin dernier. Ils venaient d'ouvrir pour Parquet Courts et les deux seules chansons que j'avais pu les voir jouer alors m'avaient beaucoup plu.

Cinq mois plus tard, voilà le quatuor formé il y a tout juste deux ans lancé dans une petite tournée pour présenter son premier Ep 'At Least We Tried', avec un arrêt à Lyon, au Périscope, pour une Release Party qui devrait valoir le détour. Car ce premier Ep a de bien beaux atours. Cinq chansons bien produites, entre rock enlevé et balade, mais toujours sombre et surtout mélancolique - et que d'aucuns qualifieront de romantique. Avec l'ombre de Garbage (en tout cas, celui des débuts) qui flotte au-dessus du disque, notamment sur les deux premiers titres (Little Vampires et surtout Bride, en écoute aujourd'hui). Prometteur donc. Et à (re)découvrir sur scène cette semaine.
 
Album : At Least We Tried Ep
Année : 2022
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bride de Send Me Love Letters est également en écoute via son clip :
 

vendredi 23 septembre 2022

[Track of The Day] Bodega - Statuette On The Console

Petite curiosité aujourd'hui avec les américains de Bodega, quintet de Brooklyn signé chez What's Your Rupture?, un temps label des fameux Parquet Courts (et pas sur leurs plus mauvais albums : 'Sunbathing Animal'  et 'Content Nausea' sous le nom de Parkay Quarts). Curiosité car la chanson du jour, Statuette On The Console, est le single de leur quatrième album 'Broken Equipment', sorti au printemps dernier. Mais c'est surtout un single gonflé aux hormones vu que le groupe a publié un Ep (numérique uniquement) du même morceau mais chanté en neuf langues différentes.

Ainsi, si la version originale est évidemment en anglais, les huit autres sont en néerlandais, français, allemand, grec, italien, portugais, espagnol et ukrainien. La même chanson, la même durée (2'13" tout pile au compteur), les mêmes guitares catchy à souhait et le même punk, à gueuler à tue-tête. Mais chanté avec l'accent américain qui va bien, sans doute phonétiquement, et en neuf langues différentes donc. Original et réussi.

Album : Statuette On The Console Ep
Année : 2022
Label : What's Your Rupture?

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Statuette On The Console de Bodega est également en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de Statuette On The Console de Bodega :
 

jeudi 1 septembre 2022

Cheekface - Too Much To Ask [-]

Dix-huit mois après We Need a Bigger Dumpster, single épatant - alors sans album - plein d'indie-rock et d'ironie mordante, bien dans le ton de son époque ; dix-huit mois après avoir égrainé au fil des semaines quelques nouveaux titres, Cheekface vient de décider de passer à la vitesse supérieure en publiant son troisième album, 'Too Much To Ask'.

Si vous ne connaissez pas Cheekface, mais que vous aimez l'indie-rock, un rien slacker, mais aussi l'humour un peu grinçant, nul doute que vous allez être servi. Surtout que ce nouvel album ne voit pas le trio de Los Angeles changer de direction : dans cet album un brin caustique, où le groupe continue de ne pas se prendre au sérieux (sans pour autant jamais se moquer de son auditoire), on y entend beaucoup de guitares, de l'indie-rock de qualité, des compositions de haute volée, du Jeffrey Lewis par ci, du Parquet Courts par là - et plus globalement toute cette clique là - et presque du Lewsberg (si si).
 
Si l'album se tient sacrément, autant par ses compos que par Greg Katz qui chante autant qu'il « joue » ses chansons, on retiendra tout de même quatre titres : We Need a Bigger Dumpster donc, mais aussi When Life Hands You Problems, garage-pop joué à cent à l'heure (et en 1'25" chrono), Next To Me (Yo Guy Version) et sa descente de manche sur le refrain qu'on aimerait revenir plus souvent, et surtout You Always Want to Bomb the Middle East, genre d'indie-pop ensoleillée, aussi politique que drôle (« You always want to bomb the Middle East on the weekend, when we could be cutting grass or eating cheese with your girlfriend, we could learn to read and write in Portuguese or Korean, but you always want to bomb the Middle East ») que se surprendra très vite à chanter à tue-tête - comme souvent chez eux. Décidément, Cheekface est vraiment un groupe à part sur la scène actuelle. On aurait tort de passer à côté. (Sortie : 2 août 2022)
 
Plus :
'Too Much To Ask' est également en écoute, notamment, sur Deezer et Spotify
 
Trois chansons de 'Too Much To Ask' de Cheekface en écoute. Le très pop You Always Want to Bomb the Middle East (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis l'urgent When Life Hands You Problems. Et enfin Next To Me (Yo Guy Version) :
 


 
Pour finir, le clip de We Need a Bigger Dumpster de Cheekface, single découvert l'an passé, mais qui n'a rien perdu de sa classe :
 
 

samedi 1 janvier 2022

Bilan 2021 : Top 50 « Chansons »


Ayé, nous sommes en 2022. Pas dit que l'année prochaine soit formidable, loin de là. Elle a même tout pour être de même nature que sa devancière. Pour autant, on ne pleurera pas la disparition dans les limbes de 2021, année affreuse s'il en est et qui aura réussi à faire pire que 2020, ce qui n'est pas rien.
Musicalement en revanche, quelle année ! Comme déclinée sur les trois premières parties de ce bilan annuel, 2021 fut un grand cru à mes oreilles. Des disques absolument merveilleux. Des claques prises plus souvent qu'à mon tour. Et des chansons, mes aïeux, je ne vous en parle même pas.

Mais avant d'aller plus loin et de détailler ce Top 50 des meilleurs morceaux de l'année, regardons une nouvelle fois ce que les copines, copains et autres voisins ont tiré de cette année 2021 :
- Le bilan de 2021 de Mathieu chez Random Songs, avec le petit mix qui va bien 
- Le traditionnel "Best of Songs" de l'année par l'indispensable Said The Gramophone
- Autre traditionnel, celui de Starsky, avec un mix en deux parties (ici et )
- Les 80 titres essentiels de 2021 selon Stars Are Underground
- La playlist 2021 de la rédaction d'Addict Culture
 
Nous disions donc 50 chansons. Cinquante morceaux qui auront passé leur temps dans mes oreilles, certains en partant pour mieux y revenir encore plus puissant. Le numéro 1 a été évident du moment où j'ai posé mes oreilles dessus (je vous conseille d'ailleurs de regarder le clip, d'une classe et d'une beauté folle). Le numéro 2 est un titre fou, du post-punk qui finit comme en électro. Quant à la troisième marche du podium, c'est la plus belle chanson française de l'année, sans conteste possible (et qui ouvre un album qui a raté le cut d'un rien de mon top album). Le reste ? Des chansons presque du même acabit, avec beaucoup de guitares, de la pop dans tous les sens, des vieux sur le retour qui font dans le cliché mais qui le font bien, quelques petites douceurs dont je n'arrive pas à me lasser et quelques tubes sur lesquels on dansera encore dans vingt ans. Bref, cinquante titres. Cinquante chansons. A découvrir ci-dessous.
Et évidemment, au bas de ce classement, des lecteurs Spotify, Deezer et Youtube pour écouter - et voir - ces 50 chansons. Bonne lecture et surtout, bonne écoute !
 


 
50. Randolph's Leap - Moment Passed
49. Thee More Shallows - Ancient Baby
48. Wallice - 23
47. Flyying Colours - Big Mess
46. Fightmilk - Overbite
 
45. Public Service Broadcasting - Blue Heaven (feat. Andreya Casablanca)
44. Aaron Frazer - Over You
43. Agave Tongue - Yellow Moon
42. The Staves - Best Friend
41. Torres - Thirstier
 
40. Danny George Wilson - Lost Future
39. Rat Columns - I Can't Live On Love
38. Massage - In Gray & Blue
37. Pale Blue Eyes - Motionless
36. Bestfriend - Hannah In The City
 
35. Johanna Samuels - All Is Fine
34. The Felice Brothers - We Shall Live Again
33. Francis Lung - Bad Hair Day
32. Chevalrex - Tant De Fois
31. Pearl Charles - Only For Tonight
 
30. Julien Ribot - Hey You Know Wonderland!
29. Mush - B2BCDA
28. Wet Leg - Chaise Longue
27. Islands - (We Like To) Do It with the Lights On
26. Black Country, New Road - Instrumental
 
25. Afrique Victime - Mdou Moctar
24. The Liminanas & Laurent Garnier - Que Calor!
23. Parquet Courts - Walking at a Downtown Pace
22. Mannequin Pussy - To Lose You
21. Sam Fender - Get You Down
 
20. A Place To Bury Strangers - Playing The Part
19. Maximo Park - Versions of You
18. Elton John and Stevie Wonder - Finish Line
17. Kìzis - Kiss For The Valley
16. Team Me - Song for a Drummer
 
15. David Gray - Dún Laoghaire
14. Sam Forrest - The Best Is Yet to Come
13. Sports Team - Happy (God's Own Country)
12. Amyl and The Sniffers - Hertz
11. The Notwist - Exit Strategy to Myself
 
10. Cub Scout Bowling Pins - Heaven Beats Iowa
09. Cheekface - We Need a Bigger Dumpster
08. Middle Kids - Questions
07. Gang of Youths - The Angel of 8th Ave.
06. Clap Your Hands Say Yeah - Thousand Oaks
 
05. Lucy Dacus - Hot & Heavy
04. Cassandra Jenkins - Hard Drive
03. Pharaon de Winter - L'Habitacle
02. Squid - Narrator (feat. Skye Murphy)
01. Little Simz - Introvert
 

 
Et vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait pas d'intérêt, ci-dessous, non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube (qui permettra notamment de voir le clip aussi formidable que la chanson d'Introvert de Little Simz). Bonnes écoutes !

 

 

vendredi 13 novembre 2020

Lewsberg - In This House [-]

Bon an, mal an, on va finir par arriver à mettre un terme à cette année confuse, irritante, déprimante et plutôt insupportable. Encore sept longues semaines et on y sera. Évidemment, remplacer un « 0 » par un « 1 » ne changera sans doute pas grand chose à notre quotidien, mais au moins psychologiquement, cela sera un - bon - début.

Et en cette fin d'année qui s'annonce, à l'heure où il faudra oublier les malheurs et se souvenir des belles choses, on fera attention de ne pas oublier de mettre dans la colonne « positif » 'In This House', le second album de Lewsberg, quatuor parmi les plus épatants de ces dernières années.

Pourquoi ce rappel ? Car ce disque est sorti au début du printemps dernier et qu'il faut le (re)mettre à l'honneur à l'heure où les bilans annuels vont tomber, tant sa beauté ne se dément pas, huit mois après. Plus équilibré (ou homogène c'est selon) que son prédécesseur 'Lewsberg' (pourtant une formidable mise en bouche), la jangle-pop des néerlandais, leur art-rock, leur post-punk faussement léger ou leurs percées noise langoureuses fonctionnent comme une drogue. Il y a ici une mélancolie capitonnée par une production un peu sourde qui sied parfaitement à l'ensemble - et qui n'empêche pas les guitares de briller -, des mélodies répétitives et une voix qui danse tantôt avec elles, tantôt en faisant un pas de côté.

Si les fantômes - évidents - du Velvet Underground (et de Lou Reed) ou de Television ne sont jamais très loin, si l'on jurerait que Nico est parfois sur le point de débarquer (At Lunch lui aurait été comme un gant), difficile aussi de ne pas entendre dans les chansons des Lewsberg un peu de Belle & Sebastian des débuts ou la morgue de Parquet Courts assagis. Beaucoup de choses d'hier et d'aujourd'hui donc, histoire de prouver qu''In This House' n'est pas un disque du passé. Mais plutôt d'un autre temps. Un pied là-bas, un pied ici et le reste plus loin, comme ailleurs. Finalement inclassable et sans doute indémodable pour un moment. (Sortie : 27 mars 2020)

Plus :
'In This House' de Lewsberg est à l'écoute sur leur page bandcamp
'In This House' de Lewsberg est à l'achat sur leur page bandcamp
'In This House' de Lewsberg est à l'écoute sur, notamment, Deezer et Spotify

 

Trois chansons de 'In This House' de Lewsberg en écoute aujourd'hui. Ouvrons le bal avec Cold Light of Day (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz). Continuons avec Through The Garden (single qui vient de sortir en 45-tours), chanson la plus énergique de 'In This House'. Et fermons le tout avec The Door, et son noise langoureux :



Deux clips tirés de 'In This House' de Lewsberg, At Lunch et From Never to Once :


vendredi 10 avril 2020

Kiwi Jr. - Football Money [Mint Records / Persona Non Grata]

Demain nous serons le samedi 11 avril 2020. Nous fêterons alors les 25 ans de 'Wowee Zowee', troisième chef d’œuvre consécutif de Pavement, chose loin d'être anodine, surtout lorsque l'on vient de publier 'Slanted & Enchanted' et 'Crooked Rain, Crooked Rain'.

Autre évènement : aujourd'hui sort 'The New Abnormal', le sixième album de The Strokes, groupe qui m'a perdu depuis très longtemps mais dont il faut reconnaitre l'aura, toujours aussi intacte 20 ans après.

Pourquoi parler de ces deux groupes en ouverture de ce papier ? Parce qu'autant Pavement que The Strokes (mais aussi Parquet Courts voire REM, entre autres) sont au cœur de 'Football Money', premier album de Kiwi Jr., groupe, comme son nom ne l'indique pas, canadien et au sein duquel figure Brian Murphy d'Alvvays. Un disque sorti l'an passé chez Mint Records et qui connaît un écho plus mondial avec sa ressortie début janvier chez Persona Non Grata. Une bonne chose qui d'une part m'aura permis de découvrir le disque, et qui surtout lui aura donné une nouvelle - et meilleure ? - exposition, qu'il mérite amplement.

Il y a sur 'Football Money', en dix titres et 27 mns, tout ce que l'indie-rock et l'indie-pop, qu'elle soit power ou jangle, ont de meilleur : des hymnes à fredonner, des mélodies qui accrochent l'oreille, de l'énergie à revendre, des couplets épatants, des refrains qui le sont doublement, des arrivées impromptues de gimmick qui font repartir chaque chanson encore plus haut. Et puis il y a ces paroles ubuesques, délirantes et brillantes, cyniques et sarcastiques, avec ses références à la pop culture (sans que cela soit forcé), avec un vers d'ouverture drôle, qui donne le ton de l'album (« When the SS crashed the party, my favorite band was setting up onstage») et qui n'est pas sans rappeler les premiers mots de We Dance sur 'Wowee Zowee' (« There is no castration fear »).

'Football Money' est en tout cas un disque plein de personnalité, aussi concis qu'efficace, échevelé et fun, réussi et marquant, autant par la qualité de ses chansons et de ses mélodies que par le côté branleur qui s'en dégage. Et à son écoute, je ne peux m'empêcher de penser qu'avec lui, Kiwi Jr. vient sortir le disque que rêvait d'écrire Stephen Malkmus à la séparation de Pavement. (Sortie : 29 mars 2019 / 17 janvier 2020)

Plus :
'Football Money' de Kiwi Jr est en écoute sur la page bandcamp du groupe
'Football Money' de Kiwi Jr est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Football Money' de Kiwi Jr est également en écoute sur Spotify et Deezer (notamment)

Trois chansons en écoute de 'Football Money' de Kiwi Jr. Gimme More et son shot de pop culture pour débuter (en écoute dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Murder in the Cathedral (qui ouvre l'album). Et Swimming Pool où les Kiwi Jr. rendent un hommage à Brian Jones :





Trois clips ont été produits pour ce 'Football Money' de Kiwi Jr : Gimme More, Salary Man et Leslie :





dimanche 5 janvier 2020

Bilan 2019 : « Albums » (20-01)


Alors que l'année 2020 démarre sur les chapeaux de roue avec certains qui se la jouent Masters of War, il est décidément plus que temps d'en finir avec 2019. Et donc, après le bilan des formats courts et des rééditions, après le Top 50 des chansons de l'année, après 20 premiers albums qui auront marqué mon année 2019, terminons donc tout ceci avec les 20 meilleurs albums de 2019.

Les meilleurs albums de l'année, vous en trouverez beaucoup ici également :
Le bilan de 2019 de beaucoup de "VIP" chez Popnews
Le top album chez The Quietus
Le bilan en 3 tops et un podcast chez Rock It To The Moon
Le bilan de l'année rap 2019 chez l'abcdr du son
Le bilan d'IndieRockMag par Elnorton

Un classement évidemment subjectif de 20 albums, dont les deux premières places sont occupées par des disques bouleversants. Mais aussi quelques habitués de ces bilans de fin d'année (on ne se refait pas), des vieux pas croisés depuis 15 ans, du rock furieux (ou non), de l'ambiant toujours épatant, du folk lumineux et à deux. Et derrière tout ça, et sans forcément le vouloir - mais c'est ainsi - beaucoup de mélancolie. Que voulez-vous, on ne se refait pas là non plus.
Et pour rappel, au bas de ce papier, vous trouverez un lien vers des « players » pour écouter une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessous. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)
20. Bazooka - Zero Hits [Inner Ear Records]
Dans la lignée de 'Useless Generation', 'Zero Hits' voit les Bazooka rendre leur musique plus touffue voire complexe, mais tout aussi énergique ; et y intégrer cor, saxophone, trombone et trompette en se faisant tantôt proto-punk, ska, garage, pop que psyché, et parfois tout ceci à la fois. Produit avec soin, doté d'un mix délectable, il est gorgé de tubes potentiels (quoiqu'en dise son titre), qui ne demandent qu'à faire bouger les foules.
19. Pan American - A Son [Kranky]
De Pan American, je me souviens de 'Quiet City', sublime album contemplatif et ô combien rêveur. Les retrouver 15 ans après sur 'A Son' est une surprise autant qu’un bonheur élégiaque. Un disque d’une délicatesse folle, merveilleusement produit, où les voix se mêlent à ces ambiances folk/slowcore qui n’hésitent pas à flirter avec le post-rock.
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18. Surf Curse - Heaven Surrounds You [Danger Collective]
Groupe de Reno aux États-Unis, le duo Surf Curse fait dans l'indie-pop, parfois jangle, et compose des morceaux mélancoliques et mélodieux qui, s'ils ne révolutionnent rien, tapent très juste (les chansons Hour of The Wolf et Opera me retournent complètement), avec toujours une tension qui ne cesse de s'immiscer. Superbe découverte.

17. Froth - Duress [Wichita]
Ensemble moins clinquant que claquant, 'Duress' aligne guitares de haute volée, riffs qui ne recherchent jamais la facilité, boucles instrumentales et mélodies implacables. Noisy, shoegaze, post-punk, électronique brinquebalant également, faisant penser parfois à Wilco, Froth apporte au disque une production des plus soignée, qui laisse avant tout à la musique être maîtresse d’œuvre de l'ensemble.
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16. Swans - Leaving Meaning. [Young Gods Records]
Retour de la (nouvelle) bande de cygnes de Michael Gira, pour un album somptueux, entre lumière et langueur, aux quelques atours pop, qui rappelle plus que tout Angels of Light (mais aussi 'The Glowin Man') et est porté par deux chansons incroyables, It’s Coming, It’s Real et What is This?.
15. The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]
Sous ses faux-airs de concept album (un invité différent sur chaque titre), ce disque des Gotobeds garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, tout en s’échappant un peu de partout, pour aller piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting) et Pavement, sous le saint patronage de Sonic Youth et Wire.
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14. Nick Cave & The Bad Seeds - Ghosteen [Bad Seed]
Conclusion d’une trilogie peut-être pas pensée comme ça au départ, voilà le disque le plus douloureux de l’année. Écrit après la disparition de son fils Arthur, 'Ghosteen' est un album où il est plus que jamais question de mort, d’absence, de douleur, le tout sur nappes de synthés, de mélodies évanescentes et de la voix de Nick Cave qu’on n'a sans doute jamais entendue si sincère et bouleversée.
13. Mannequin Pussy - Patience [Epitath]
Et Mannequin Pussy décida d'étirer ses chansons, de s'éloigner du punk et du garage de ses premières amours pour mieux se lover dans un grunge mélodique du plus bel effet, en rappelant aussi bien les Dinosaur Jr. que les Screaming Females. Et vous savez quoi ? Cela leur va très bien au teint.


12. Tim Hecker - Anoyo [Kranky]
Complément acoustique de 'Konoyo' de l’an passé plus que son opposé, ce nouvel album de Tim Hecker est, comme souvent avec le canadien, onirique à souhait et fait la part belle aux mélodies. Et s’il s’échappe parfois vers des contrées plus expérimentales, il le fait sans jamais perdre son auditeur. Artiste chouchou de ces pages depuis quasiment ces débuts. Mais surtout artiste majeur.
11. Guided By Voices - Warp and Woof [Guided By Voices Inc.]
Suite échevelée de chansons très courtes, comme un medley ou un mix haletant et efficace, cet album des Guided By Voices est sans doute le meilleur des trois sortis cette année par la bande à Pollard. Power-rock quand il n'est pas psychédélique, garage quand il n'est pas simplement pop, il regorge de mélodies soignées que le groupe ne fait jamais tourner en rond.
10. Josienne Clarke - In All Weather [Rough Trade Records]
Deuxième album de Josienne Clarke, 'In All Weather' est le diamant caché de l’écurie Rough Trade Records qui aura eu un très beau retour de flamme cette année. Un disque où l’écossaise est très bien entourée (harpiste, batteur, pianiste de jazz notamment) et où chaque mélodie, chaque arrangement semble avoir été délicatement pensé pour mieux mettre en valeur sa voix (elle chante merveilleusement bien) et ses paroles, pleines de remises en questions et de traits à tirer sur le passé. Un disque à écouter souvent. Par tous les temps.
09. The Stroppies - Whoosh [Tough Love]
Sous ses atours anodin, le premier album des australiens de The Stroppies est un disque qui se dévoile lentement. Et rapidement, le mélange slacker/lo-fi couplé à une version pop de Sonic Youth fait son effet. Sans conteste le grower de 2019.
08. Elva - Winter Sun [Tapete Records]
Nouveau projet d'Elizabeth Morris, chanteuse de feu Allo Darlin', Elva est un duo qu’elle partage avec son mari. Balades folk, moments pop, 'Winter Sun' ne révolutionne rien. Mais tout ici est d'une telle justesse, sensibilité et sincérité que cela en devient une des choses indispensables de cette année 2019.
 07. Kishi Bashi - Omoiyari [Joyful Noise]
Avec pour toile de fond ces camps d'internement japonais suite à l’attaque de Pearl Harbor en 1941, 'Omoiyari' est un très beau disque de pop, parfois flamboyant, souvent touchant et surtout empreint d'une douce mélancolie qui ne tombe jamais dans une tristesse surjouée et fabriquée.
06. The Murder Capital - When I Have Fears [Human Season Records]
Nouveau phénomène de la scène rock irlandaise, The Murder Capital aura fait très fort avec ce premier album, en tous points parfait, mariant balades crépusculaires, post-punk furieux et élans post-rock. Le tout avec une musicalité intense et une très grande maturité. Impressionnant premier album, finalement assez loin de l'étiquette post-punk qu'on veut uniquement leur attribuer.

 
05. Mount Eerie with Julie Doiron - Lost Wisdom pt. 2 [P.W. Elverum & Sun]
Suite d’un album de 2008, ces retrouvailles entre Mount Eerie et Julie Doiron est un ravissement folk de chaque instant. D’une élégance simple, le mélange des deux fait merveille, rendant le moindre accord dénudé d’une grâce folle. Sans conteste le plus bel album folk de l’année.
04. Lankum - The Livelong Day [Rough Trade]
Quatuor irlandais, Lankum fait dans le folklore traditionnel. Mais pas du genre plan-plan, à réciter ses gammes et à tomber dans les clichés. Des reprises de traditionnels, quelques chansons originales et surtout un son, une ambiance noisy-parfaite. Comme si un drone menait la barque tout du long, et sur lequel venaient se greffer des instruments plus classiques, pour former un tout très mélodique, très langoureux, très sombre aussi, et assez lancinant.
03. Entracte Twist - Entracte Twist [Requiem Pour Un Twister]
Disque court, entièrement chanté en français et d'une classe à en faire pâlir plus d’un. Du rock et du punk d’obédience new-yorkaise, de la wave aussi dans un coin, du synthé par-ci, des lignes de basses profondes et classieuses par là, beaucoup de riffs diaboliques, des répétitions mélodiques et textuelles pour appuyer le propos et, pour mieux enfoncer le clou, une production chiadée sur laquelle viennent se poser des paroles aussi cryptiques qu’hypnotiques. Avec un côté dandy certain et un certain côté branleur, les Entracte Twist réussissent là un démarrage des plus éclatant, symbiose ambitieuse de visions rock finalement plus que jamais actuelles. Depuis combien de temps n'avions-nous pas eu entre les oreilles un disque de rock « à la française » d'une aussi grande qualité ?
02. Purple Mountains - Purple Mountains [Drag City]
Passé à côté de chacun des disques de Silver Jews, il aura fallu que je rate aussi celui de Purple Mountains, avant que David Berman ne passe de vie à trépas et que je m'y plonge enfin, interloqué par la tristesse infinie qui semblait tomber sur toutes les personnes ayant eu l'occasion d'écouter sa musique. Et j'ai compris pourquoi. Disque indie-pop aux accents country d'une beauté transcendante, 'Purple Mountains' est plein d'histoires de désespoir et de fatalisme. Un disque qui préfigure en quelque sorte les évènements futurs, sans que nous ne nous en rendions vraiment compte sur l'instant. Le genre de révérence sublime, à la 'You Want It Darker' de Leonard Cohen.  Et qui fait de David Berman un artiste pour lequel on ressent rapidement un amour immodéré. Album somptueux et majeur.


01. Joseph Fisher - Chemin Vert [-]
Trente-cinq minutes, neuf chansons, un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles compositions, montées sur des structures qui de temps à autre s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense de l'amour et des relations qui lui ont trait, plein de doutes, d'espoirs, de renonciations, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. On n'a jamais aussi bien décrit et chanté les affres de l'amour. Sans conteste le disque le plus marquant de cette année 2019, et celui auquel je me suis le plus identifié.

Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue de chacun des vingt disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 





Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)