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jeudi 22 janvier 2026

[Track of The Day] Mandy, Indiana - Cursive

Mandy, Indiana. Voilà un groupe qui fait tout pour tromper son monde. Son nom déjà, donc la stylistique fait clairement penser à un groupe américain vu qu'il est un détournement de Gary, Indiana, une ville du nord de cet état de l'Est des États-Unis. Pourtant, il n'en est rien, Mandy, Indiana étant aujourd'hui basé à Manchester en Angleterre. Mais vraiment anglais ? Pas tellement en fait, le quatuor comptant dans ses rangs - et au chant - Valentine Caulfield, française de son état. Et niveau musique, difficile de ne pas entendre ici plus de sonorités allemandes que britanniques. En tout cas dans Cursive (en écoute aujourd'hui) le deuxième de leur second à venir le 6 février prochain, 'URGH' - chez Sacred Bones s'il vous plaît.

Une chanson pleine de beats, aux couleurs à la fois indus, electro et noisy, à la rythmique frénétique et obsédante, aux nappes vrombissantes, et sur laquelle Valentine Caulfield vient déclamer des paroles répétitives qui s’ouvrent par la célèbre comptine Am stram gram. Un morceau furieux, bruyant autant que dansant : quoi de mieux pour ouvrir l'année musicale 2026 dans ces pages ?

Album : URGH
Année : 2026
Label : Sacred Bones

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Cursive de Mandy, Indiana est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Cursive, deuxième single extrait de 'URGH' de Mandy, Indiana :

jeudi 7 octobre 2021

[Track of The Day] Constant Smiles - Run To Stay

« C'est comme quand vous êtes en soirée ou en train de parler à quelqu'un et qu'au final, vous prêter assez peu attention à ce que les autres peuvent vous dire parce que vous n'arrêtez pas de penser aux autres choses que vous avez à faire. Ou quand vous évitez de sortir avec des amis parce que vous avez envie de travailler sur vos chansons ou autre chose, et au final, vous n'arrivez à rien et vous passez la journée dans votre canapé ». Voilà comment Ben Jones présente Run to Stay, le nouvel single de Constant Smiles. Ben Jones est la tête pensante de ce groupe vieux de dix ans, et dont 'Paragons' sera le quinzième album (le deuxième seulement sur un label digne de ce nom. Et quel nom pour celui-ci : Sacred Bones, excusez du peu).

L'histoire de Run to Stay, c'est un peu l'histoire de la vie de beaucoup ces dernières années. Celle de vouloir réaliser beaucoup de choses pour au final ne rien faire, ou pas grand chose. De la procrastination qui ne dit pas son nom. Par facilité parfois, souvent par lassitude, ennui et fatalisme. Une situation encore plus accentuée par la crise du Covid évidemment (ces longues semaines passées seul à partager avec les autres uniquement par, au mieux, écrans interposés) mais à laquelle on s'habitue et dans laquelle on finit par se complaire et prendre ses aises.

Mais au-delà de son thème et de son jugement très juste, Run To Stay reste avant tout un morceau de premier ordre qui donne sacrément envie d'en savoir plus sur 'Paragons' à venir. Une très belle chanson d'indie-pop de 2'30", joliment troussée et bien achalandée, à la mélodie et la mélancolie implacable. Et c'est tout de même bien là le principal.

Album : Paragons
Année : 2021
Label : Sacred Bones Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Run To Stay de Constant Smiles est également en écoute ci-dessous :

 

Le clip de Run To Stay de Constant Smiles :

mercredi 6 janvier 2021

Bilan 2020 : « Albums » (20-01)


Chaque année à la fin de la rédaction de mon bilan de l'année, je me demande comment sera l'année qui s'ouvre. Si j'aurais autant de coups de cœur. Si je ne vais pas commencer, comme le voudrait mon âge, à me retourner vers ce qui m'a enthousiasmé par le passé pour moins me projeter vers la scène actuelle. Et jusque-là, je continue à être emballé par ce que de jeunes ou moins jeunes groupes/artistes arrivent à produire. Je continue d'être ému par une mélodie. D'être revigoré par une chanson. De vouloir bouffer le monde par la grâce de quelques accords qui me font fondre. Et si l'année 2020 a été affreuse et éprouvante à bien des égards, tous les artistes de ce bilan annuel (et bien plus encore) mais aussi les labels et leur travail incroyable et formidable (déjà pas facile en temps normal) auront été de véritabels bouées de sauvetage psychologique. Puisse 2021 être du même acabit et continuer à (m') offrir autant de bons disques et de belles chansons à me mettre sous l'oreille.

Ce papier est donc le dernier de ce bilan annuel. Les derniers pelletées de terre sur l'année 2020. Il manquait 20 albums pour arriver à 40, les voilà. Les meilleurs, ou tout au moins ceux qui m'auront le plus chamboulé.

Mais avant, comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins et autres cousins d'Amérique si le top est bon (je peux vous l'assurer, il l'est) :
- La belle sélection des albums de l'année de Marc à lire sur Esprits Critiques
- Le toujours précieux Top 100 de The Quietus
- Le top 10 de la rédaction de Sound of Violence
- Les sorties essentielles de l'année des non moins essentiels Bandcamp
- Le top 10 de l'indispensable Lyle de Dans le Mur du Son
 

Vingt disques disions-nous. Au programme, de la pop orchestrale, baroque et barrée, du shoegaze, du post-punk bricolé, du noise éclatant, des collages par-ci, de la folk-pop par là, des découvertes tardives mais impressionnantes, un live monumental, le disque que Jeff Buckley aurait sans doute pu écrire, des guitaristes sans guitare, de la pop française lettrée et synthétique, du cool pas surjoué, de la jangle-pop étouffée. Et deux premiers de cordée très difficile à départager.  Bref, La crème de ma crème sous mon chapeau, à découvrir ci-dessous (avec, au bas du billet, des lecteurs streaming avec une chanson de chacun des disques évoqués). Bonne lecture et bonne écoute !


Bilan 2020 :
Top 50 « Chansons
»
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


20. Tugboat Captain - Rut [Double-A Side Records]
Quatuor londonien auteurs de nombreux singles, les Tugboat Captain passent la seconde avec leur premier album 'Rut'. Et avec talent. De la belle pop orchestrale et baroque, pleine de soleil, où il n’est pas rare de croiser ce je ne sais quoi de The Polyphonic Spree et de Death Cab For Cutie.
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19. Peel Dream Magazine - Agitprop Alterna [Tough Love Records / Slumberland Records]
Guitares fuzz de sortie, noisy pop en chef de rang et shoegaze en maitre de cérémonie, les new-yorkais de Peel Dream Magazine (quel formidable nom, bis !) auront eu tout juste avec ce deuxième album. Et ce n’est pas la sublime pochette (mise en page élégante, couleur pastel et effet négatif) ou le fait qu’ils auront sorti ce disque sur deux des meilleurs labels actuels qui y changeront quelque-chose. Bien au contraire.
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18. Spirit Fest - Mirage Mirage [Morr Music]
Groupe composé de Markus Acher (The Notwist) et du duo japonais Tenniscoats, Spirit Fest aura enregistré ce 'Mirage Mirage' entre Tokyo et Munich. Un album long mais jamais ennuyeux, d’une belle homogénéité, et une belle invitation à un voyage onirique entre douceur pop, collages, electronica, avant-folk et arrangements délicieux. Un disque qui se laisse vivre et à la douce rêverie.
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17. Dogleg - Melee [Triple Crown Records]
'Melee' ou un des deux albums les plus furieux rencontrés cette année. Celui-ci est l’œuvre de Dogleg, un groupe de Detroit qui fait de le pop-punk-emo-post-hardore. Un disque qui ne se repose jamais, fonce la tête la première, avec autant de brutalité que de mélodie à offrir. Grosse révélation.
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16. San Fermin - The Cormorant I & II [Better Company]
Auteur d’un premier album remarqué en 2014, les San Fermin ont fait moins parler d’eux depuis. Pourtant, 'The Cormorant I & II' a de quoi plaire à tous les fans de Sufjan Stevens déçus par 'The Ascension'. Il y a ici de beaux arrangements, de la folk-pop lumineuse très bien orchestrées et des élans pop magnifiques qui ne se démentent pas tout au long des 16 chansons de cette aventure.
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15. The Twilight Sad -  IT WON/T BE LIKE THIS ALL THE TIME LIVE [-]
Un des disques qui aura sauvé/agrémenté mon confinement aura donc été un live. Dix-huit titres enregistrés lors de leur tournée de 2019, ce 'IT WON/T BE LIKE THIS ALL THE TIME LIVE' voit les Twilight Sad enchainer leurs meilleurs morceaux, pondre des versions incroyables dans un déluge sonore des plus appréciables.
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14. Nothing - The Great Dismal [Relapse Records]
Le disque le plus abouti de Nothing. Rien que les deux morceaux d’ouverture vous en convaincront. Entre shoegaze et goth-pop puissants, 'The Great Dismal' est un album très bien construit, très mélodieux, qui sait ménager la douceur et la fureur, s’octroyant des périodes de calme pour mieux rebondir, relancer la machine et mieux faire vibrer ses guitares et ses compositions. Un disque aussi sombre que brillant.
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13. Young Jesus - Welcome to Conceptual Beach [Saddle Creek]

Maelstrom de haute volée de rock, pop et jazz, 'Welcome to Conceptual Beach' aura été ma découverte des californiens de Young Jesus. Ce disque est leur quatrième et est plein de longues mélopées mélodiques, mélancoliques et qui ne finissent jamais là où elles ont commencé. Nul doute que si Jeff Buckley était encore parmi nous, il aurait écrit un disque comme celui-ci.
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12. Will Butler - Generations [Merge]
« Frère de », Will Butler embarque sur son deuxième disque solo ses racines Arcade Fire-ienne, balance de la bluette pop à chanter à tue-tête, du synthé en pagaille, de l’indie-rock, des nappes profondes,  des morceaux qu’on dirait tout droit sortis des années 70 et même des chansons aux faux-airs de cabaret. Un grand disque pop, efficace comme jamais, et qui respire le plaisir et la sincérité.
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11. Bambara - Stray [Wharf Cat Records]
Cet album de Bambara est un formidable concept-album aux histoires qu'on dirait sorties d'un roman - très - noir, où la mort est la violence est à chaque coin de rue. Du post-punk habité, aux accents gothique et westerns, 'Stray' est la rencontre impromptue entre Nick Cave, Iceage et Swans, qu'Ennio Morricone couverait d'un œil. Tremblez pauvres fous.
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10. Sufjan Stevens - The Ascension [Asthmatic Kitty Records]
Forcément, après 'Carrie & Lowell', pour beaucoup le choc fut rude : Sufjan Stevens avait repris la route vers la musique qui semble le faire vibrer depuis 10 ans maintenant et qui s'éloigne toujours un peu plus de la folk-pop de ses débuts. Pour autant, ce gargantuesque album qui déçut et divisa, n'en reste pas moins incroyable par bien des aspects. Car à l'image de ses prédécesseurs comme 'The Age of Adz', il récèle de bien beaux morceaux derrière la surface électronique et dense de 'The Ascension', sans doute parmi les plus beaux qu'il a écrit. Un disque absolument magistral et qui ne compte même pas une de ses plus belles dernières compositions, qu'il a relégué au rang de - sublime - face-B.
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09. Lee Ranaldo & Raül Refree - Names of North End Women [Mute]
Après la belle découverte du bonhomme sur l’Ep avec Richard Youngs ('All Hands Around the Moment Ep'), retour de Raül Refree dans ces bilans annuels pour un album avec Lee Ranaldo. La suite de leurs premiers échanges après l’album 'Electric Trim' du jeune sonique en 2017. 'Names of North End Women' est un disque pas du tout centré sur la guitare, mais plutôt un disque qui expérimente sans être expérimental (ou en tout cas l’idée que l’on se fait) à coups de marimba, vibraphones et autres mélodies.
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08. Car Seat Headrest -  Making a Door Less Open [Matador]
Forcément, après 'Teens of Denial' et surtout le chef d’œuvre 'Twin Fantasy', je m’attendais à être déçu par ce nouvel de Will Toledo. Résultat ? Pas une seule seconde. Moins monumental que ses prédécesseurs, ce disque de Car Seat Headrest (ou plutôt une collaboration entre CSH et 1 Trait Danger, un projet parallèle de Andrew Katz, le batteur du groupe, et de l'alias masqué et bizarre de Will Toledo, Trait), est pourtant fascinant dans tout ce qu’il propose, d’un rock concassé, électroïdé mais d’où ressortent toujours des mélodies impeccables et des chansons que Toledo arrive à faire muter comme lui seul sait le faire.
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07. Lewsberg - In This House [-]
Il serait réducteur (voire paresseux) de réduire les Lewsberg à des ersatz de The Velvet Underground. Car les néerlandais sont bien plus que ça. Après un premier album éponyme très recommandé, Lewsberg enchaine avec un 'In This House' supérieur, plus cohérent où le fantôme de Lou Reed croise celui de Tom Verlaine et de ses Television, où celui d’un Belle & Sebastian disparu côtoie la morgue des Parquets Courts. Un disque finalement hors du temps. Et déjà indémodable.
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06. The Reds, Pinks and Purples - You Might Be Happy Someday [Tough Love]
Malgré ses allures de mini-album (8 titres, 24 mns), cet album de The Reds, Pinks and Purples de Glenn Donaldson est sans conteste un des plus beaux disques sortis en 2020. Porté par une très belle pochette (qu'on croirait être un dessin tant elle est colorée et calibrée), il déroule derrière des textes qui ne respirent pas le bonheur une jangle-pop mélancolique et torturée qui rend tout chose.
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05. Sports Team - Deep Down Happy [Big Desert / Island Records]
Aussi anglais qu’américain, ce premier album - attendu - des six Sports Team est rempli d’une légion de tubes potentiels (au premier rang desquels Here’s The Thing) de la part d’un groupe qui parle de tout, de rien et qui n’en a surtout pas grand chose à foutre. Sans conteste l’album le plus cool de l’année.
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04. Sweeping Promises - Hunger For a Way Out [Feel It Records]
Court (10 titres, 27 mns), mélange de post-punk bricolé, d'art-rock, de lo-fi, entouré d'une production brute et sans chichi (« written and recorded with a patented "single mic technique" » disent-ils), 'Hunger for a Way Out' est un disque cabossé, qui ne manque pas de groove, de titres forts (le tube en or Cross Me Out) et de chansons catchy à souhait. Un album brillant de la part d’un duo qui s’impose comme une des plus grandes révélations de l’année.
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03. Thousand - Au Paradis [Talitres]
L’homme qui se cache derrière l'alias Thousand fait mieux que 'Le Tunnel Végétal' (découverte formidable de 2018), avec 'Au Paradis', nouvel album somptueux de pop française aux contours synthétiques et eighties, aux textes à nouveau riches, lettrés, poétiques, pleins de subtilités et qui font merveille. Un disque d’où ressort notamment l'évident single Jeune Femme à l'Ibis.
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02. Chronophage - Th'pig'kiss'd Album [Soft Office / Cleta Patra]
Jangle-pop, post-punk débraillé, balades tuantes, doityourself non-feint, jam réjouissantes, balades tuantes, bluesy et torturées et guitares sautillantes au programme du nouvel album des texans de Chronophage. Moins brut que son prédécesseur, d'une efficacité folle, aux chansons regorgeant de détails, plein de petites imperfections savoureuses et porté par un duo vocal tout en un déséquilibre charmant, 'Th'pig'kiss'd Album' un disque aussi épatant qu'addictif, très bien écrit et à l'élégance folle.
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01. Caleb Landry Jones - The Mother Stone [Sacred Bones]


'The Mother Stone' est une œuvre gargantuesque, dérangée, déjantée, mais qui ne lâche jamais son fil d’Ariane mélodique. Si tout est ici extravaguant, rien n’est expérimental. Un disque pop et de folk, de rock, de psychédélisme et de glam, fait de rupture, d’orchestrations travaillées, de refrains alambiqués, de chants extatiques et de cris perturbés. Caleb Landry Jones y conte (et en bon acteur, y joue) des histoires cryptiques, difficiles à suivre, sans doute celles d’un homme seul, faites de souvenirs, de choix regrettés, de digressions impromptues et de désespoirs éternels. Ce disque est une sorte de balade dans le Desolation Row de Bob Dylan : un monde (de) freaks, des histoires banales mais tristes, des peines qu’on arrive pas à dépasser. Et au-dessus de tout cela, une musique baroque, chaotique, qui exagère parfois autant qu’elle prend son temps pour distiller ses mélodies. De la grandeur et beaucoup de décadence en somme.
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Bilan 2020 :
Top 50 « Chansons
»
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

Comme expliqué plus haut, vous trouverez ci joint un lecteur Spotify et Deezer comptant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus (et dans l'ordre du classement, soit de 1 à 20). Bonnes écoutes !

 

  

 

mercredi 30 décembre 2020

Bilan 2020 : Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Alors oui, cette année fut a bien des égards détestable. Fatiguante aussi. Et carrément éreintante. Ces deux confinements, ces couvre-feux, cette peur qui s'insinue de toute part, ces gens qu'on ne peut plus prendre dans ses bras, ces apéros qu'il vaut mieux faire virtuellement qu'autour d'une table baignée de bière renversée, ces soirées sans dj, sans musique, sans transpiration et sans danse, ces salles de concerts irrémidablement closes et sans doute pour encore longtemps, ces rassemblements interdits.
Mais parce qu'il faut toujours essayer de tirer quelque-chose de postif d'une situation déprimante, célébrons ce qui m'aura fait tenir tout au long de cette année 2020 et m'aura empêché de sombrer dans la folie ou la dépression. Et tirons donc le bilan de cette année musicale, en quatre étapes comme le veut la tradition.
 
Avant de détailler cette première partie du bilan annuel consacrée aux formats courts (Ep, 7", 12") et autres compilations et rééditions, et comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins ce qui se trame pour voir ce qu'ils tirent eux de cette si particulière année 2020 :
Les 10 albums de l'année chez Benzine
Les 10 albums de l'année chez La Musique à Papa
Les 20 Ep de l'année chez les précieux For The Rabbits
Les choix de la rédaction de Section 26
Les 50 albums de l'année selon la rédaction de Stereogum 
 
Quinze disques au programme donc pour cette première partie du bilan annuel. Quinze disques parmi les meilleurs écoutés cette année, avec quelques futurs grands, un retour et un départ attendus, des classiques qui retrouvent ces pages à chaque fois (on ne se refait pas), un album de 2019 qui à quelques mois près aurait fini sans doute très près du haut de mon top albums et quelques sexagénaires qui accèdent à une reconnaissance méritée mais quarante années trop tard. Tout est détaillé ci-dessous et, pour bien faire les choses, en bas de page, se trouve des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter un morceau de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


7"

Arab Strap - The Turning of Our Bones 7" [Rock Action Records]
Après 15 ans passés loin de l’autre, Malcolm Middleton et Aidan Moffat ont décidé de réveiller la bête Arab Strap et de s’offrir un nouveau tour de chant. Avant un nouvel album prévu pour le printemps 2021, les deux compères ont relancé l’affaire avec un 45-tours qui aura confirmé que malgré les années, le duo n’a rien perdu de son talent mélodique et de son humour. Un disque tout Arab Strapien, porté par sa face-A, The Turning of Our Bones, son ambiance sombre, sa mélodie implacable, la guitare de Malcolm, la voix si écossaise d'Aidan, ses arrangements délicats, ce pont parfait et ses paroles noires, brillantes, pleine d'allusions sexuelles, d'alcool et de retour à la vie. « Back from the dead » comme ils disent !
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Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always 7" [Double Double Whammy / Heavenly Recordings]
Ultime chant du cygne pour The Pains of Being Pure at Heart, un des groupes qui aura le plus marqué mes années 2000. Et il leur est offert par Hatchie. L’australienne a invité la bande à Kip Berman sur la face-A de son dernier single qui la voit reprendre Sometimes Always de The Jesus and Mary Chain. Une belle relecture, sans doute plus nerveuse et fuzzy que l'originale, mais tout aussi délectable. Un point final savoureux. Merci pour tout.
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King Creosote - Susie Mullen 7" [Domino Records]
Retour de King Creosote pour un 45-tours épatant. Si la face-B est une très belle balade mélancolique et totalement dans une veine qu’on connait à l’écossais, Susie Mullen est une chanson sidérante de sa part. Une sorte d'orgie de synthé, de rythmiques et de pop, presque électro, de près de 5 mns, pied au plancher, à la très grande efficacité, où les cris répétés en fond resteront longtemps dans votre tête. Tube, point.
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Caleb Landry Jones - I’m On Top of The World 7" [Sacred Bones]
Absentes de 'The Mother Stone', les deux chansons de ce 45-tours n’y auraient pourtant pas fait tâche. On retrouve toute cette pop-psyché et baroque que Caleb Landry Jones adore. Deux morceaux qui partent dans un sens, sont sur le point de trébucher avant de répartir vers l'avant, plus généreux que jamais. De la pop grandiloquente, aux accents de cabaret, et une nouvelle fois renversante.
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12"

Sufjan Stevens - America 12" [Asthmatic Kitty]
'The Ascension' de Sufjan Stevens aura cette année totalement divisé les fans de l’américain. Une grande partie sera passé à côté. L’autre aura succombé. Mais il y a une chose sur laquelle tous s’accordent : ce 45-tours/12-inch maousse (24 mns). Peut-être pas pour la chanson titre America, qui termine 'The Ascension', mais pour My Rajneesh, sa face-B, chanson issue des sessions de 'Carrie & Lowell' de Sufjan Stevens, et sans conteste un des plus grands morceaux qu’il a écrit jusque là.
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EP

Do Nothing - Zero Dollar Bill Ep [Exact Truth]
Premier Ep pour ce quatuor de Nottingham. Du post-punk-pop-punk aux faux airs de Maximo Park, et au chanteur incroyable, grande force de ce 'Zero Dollar Bill Ep', capable de passe du chant au spoken-word en un vers, d'hurler comme d'être touchant en quelques notes. Un Ep prometteur et preuve d’un très gros potentiel.
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Floating Room - Tired and True Ep [-]
Sur ce 'Tired and True Ep', Floating Room fait parler l'indie-rock tout en ayant quelques airs de slow-core. De belles mélodies, de belles guitares, de beaux cuivres pour mieux relever le tout et une production aux petits oignons qui met autant en valeur les guitares que la voix de Maya Stoner, la femme derrière ce projet.
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Hobby - Hobby Ep [Hidden Bay Records / RDS REC HH]
Anciennement Deaf Parade, Hobby est un quintet venu de partout et installé à Paris. Leur Ep est un quatre titres en anglais d'une très grande qualité, entre rock à la Pavement et jangle pop, aux mélodies qui font mouche à chaque fois et où les guitares se disputent fureur et accords lumineux.
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Hotel Lux - Barstool Preaching Ep [Nice Swan Records]
Originaire de Southampton, voilà un quintet qui ne se prend pas au sérieux : entre rock et post-punk blasé, voix qui oscille entre le chant et un parlé lad plein de charme, cet Ep d’Hotel Lux est une sacrée révélation de 2020, qui se termine par Ballad of You & I, une des meilleures chansons de l’année, pop cette fois, entre orgue, guitares et trompettes.
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Jeanines - Things Change Ep [Where It’s A Is Where You Are]
Auteur d'un joli premier album court et charmant en 2019, le duo new-yorkais Jeanines n’aura pas mis beaucoup de temps à donner de ses nouvelles avec cet Ep sorti à la fin de l’hiver. Un disque moins jangle que son prédécesseur, plus brut mais délicieux à bien des égards, notamment sur Less and Less, chanson où plane l'ombre du Velvet Underground des débuts, quand la bande à Lou Reed s'était entichée de Nico.
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Nightshop - The Fountain Ep [Salinas Records]
Je ne sais pas ce que j'ai, mais plus mon intérêt pour Kevin Morby diminue (il est quasiment inexistant désormais), plus celui pour les membres de son groupe augmente. L'an passé il y eut Hand Habits, le beau projet de Meg Duffy. Et cette année il y a la découverte de Nightshop, ou le projet de Justin Sullivan, qui a officié comme batteur chez l'américain. Difficile d'ailleurs de ne pas croiser dans ce fort bel Ep l'influence certaine de Kevin Morby que ce soit dans le chant ou dans les mélodies. Mais le Kevin Morby, emballant et inspiré de l'époque de 'Singing Saw'.
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Peel Dream Magazine - Moral Panics Ep [Tough Love]
Non content d’avoir sorti un des meilleurs albums de l’année (on y reviendra), les Peel Dream Magazine (quel formidable nom) auront publié dans la foulée ce 'Moral Panics Ep', aux chansons tirées de sessions de 'Agitprop Alterna'. Un disque à la personnalité sensiblement différente, moins rageuse et plus calme mais pas moins mélodique.
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REEDITION

Kiwi Jr. - Football Money [Mint Records / Persona Non Grata]
Si j’avais découvert cet album de Kiwi Jr. plus tôt, nul doute qu’il aurait fini très haut de mon Top Albums 2019. Mais soyons précis : bien qu’arrivé dans nos contrées européenes en janvier 2020, 'Football Money' est en réalité sorti en 2019 chez Mint Records. Et se retrouve donc dans la partie « réédition » de ce bilan annuel.
Il y a sur ce premier album des canadiens de Kiwi Jr. tout ce que l'indie-rock et l'indie-pop, qu'elle soit power ou jangle, ont de meilleur : des hymnes à fredonner, des mélodies qui accrochent l'oreille, de l'énergie à revendre, des couplets épatants, des refrains qui le sont doublement, des arrivées impromptues de gimmick qui font repartir chaque chanson encore plus haut. Et puis il y a ces paroles ubuesques, délirantes et brillantes, cyniques et sarcastiques, avec ses références à la pop culture (sans que cela soit forcé), avec un vers d'ouverture drôle, qui donne le ton de l'album (« When the SS crashed the party, my favorite band was setting up onstage») et qui n'est pas sans rappeler les premiers mots de We Dance sur 'Wowee Zowee'. La suite arrive dans quelques semaines, chez Sub Pop cette fois.
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Jason Molina - Eight Gates [Secretly Canadian]
Sans doute que ce disque aurait mérité d’être dans le top album. Mais il est toujours délicat de savoir si l’oeuvre présentée ici est bien celle qu’aurait souhaité voir publiée Jason Molina s’il avait été encore parmi nous. Donc, insérons la dans cette partie réédition, même si 'Eight Gates' n’en est pas véritablement une non plus.  Ce qui est toutefois sûr, c’est que cet album est le premier posthume. Un disque de neuf chansons, les dernières que Jason Molina a enregistrées, et qui prend ses racines dans un long séjour effectué à Londres dans la deuxième moitié des années 2000. Une période assez hallucinée qui verra l'américain prétendre s'être fait piquer par une araignée très venimeuse et, en plein repos forcé, faire la connaissance de perruches vertes (on les entend sur le disque) qui, dit-on, seraient ni plus ni moins que les descendantes de celles que Jimi Hendrix, un jour d'ennui, relâcha dans le ciel de Londres. Un disque proprement habité.
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COMPILATION

Various Artists - Strum & Thrum: The American Jangle Underground 1983-1987 [Captured Tracks]
Toujours à la pointe, Captured Tracks aura lancé une nouvelle série de compilation cette année, 'Excavations'. La première est consacrée à la scène indie américaine du milieu des années 80. Le label a sélectionné parmi les meilleurs de ces groupes qui n’auront pas passé le cut et seront restés toute leur carrière de simples outsiders. Vingt-huit groupes, vingt-huit morceaux, de la guitare dans tous les sens et quelques groupes qui auraient mérité un autre futur que celui d’attendre 40 ans pour faire vraiment parler d’eux.
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Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


Pour mieux découvrir les 15 disques dont il est question ci-dessus, un morceau de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous :