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jeudi 25 septembre 2025

[Track of The Day] The Fiery Furnaces - Far Away

En 2004, le duo des frère et soeur Friedberger The Fiery Furnaces donnait naissance à 'Blueberry Boat', album gargantuesque de 76 minutes de pop alambiquée et déviante, expérimentale et iconoclaste, aux chansons fragiles comme torturées, souvent à tiroirs, mais aux mélodies incroyable de beauté agitée. Un disque marquant et marqueur du ton d'un groupe à nulle autre pareil, qui va être réédité le 10 octobre prochain, vingt-et-un ans plus tard, après que le duo a recouvert les droits sur ses enregistrement passés.

Une réédition ornée d'une très belle pochette représentant Eleanor et Matthew Friedberger en mode photomaton, bien plus belle que l'originale d'ailleurs, où l'on trouve un inédit, Far Away (en écoute aujourd'hui). Une chanson qui dira peut-être quelque-chose aux fans du groupe (Waiting to Know You sur l'excellent 'Bitter Tea' en 2008 est basé dessus) et qui a surtout une histoire curieuse : c'est une des premières à avoir été composées pour 'Blueberry Boat' - elle aurait même dû en être le single principal. Mais elle avait au final été mise de côté, non pas à cause de sa mélodie ou de ses arrangements, mais de son thème, qui tranchait trop avec les treize autre morceaux. Parce que musicalement, pas de surprise, Far Away c'est du Fiery Furnaces pur jus, qui n'aurait pas eu à rougir une seconde d'être entourée de Mason CityChief Inspector Blancheflower et autre Wolf Notes, grandes chansons du disque.

Un morceau qui complète donc parfaitement cette réédition du meilleur album du groupe (ce qui n'est pas rien tant leur discographie est de haute volée), petit chef d’œuvre et disque majeur s'il en est, qui a eu une influence certaine (je suis persuadé que Sufjan Stevens a beaucoup écouté cet album pour ses compositions post 'Illinoise') et qui, c'est le plus important, vieillit très bien. Par contre, pour tous ceux qui souhaitaient se procurer cette réédition de 'Blueberry Boat', sachez qu'il est d'ores et déjà trop tard : tirée à seulement 500 exemplaires vinyles, numérotés à la main, elle est déjà sold-out.

Album : Blueberry Boat (2025 Reissue)
Année : 2025
Label : Everything Nice

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Far Away de The Fiery Furnaces est également en écoute ci-dessous :

En bonus aujourd'hui, voilà Mason City, extrait de 'Blueberry Boat' :

vendredi 19 juin 2020

[Track of The Day] The Fiery Furnaces - Down at the So and So on Somewhere

S'il y a bien un retour inattendu (et auquel personnellement je ne croyais pas), c'est bien celui de la fratrie Friedberger, aka The Fiery Furnaces.

Il faut dire que depuis leur dernier album en 2009, l'excellent 'I'm Going Away' (même si leur vrai ultime disque est 'Take Me Round Again', sorti quelques mois plus tard, dont il n'était qu'une relecture pas très intéressante) et leur annonce d'un indefinite haitus du groupe deux ans plus tard, Elenaor et Matthew n'ont pas chômé : quatre albums, dont des fameux ('Last Summer' et 'Personal Record') pour elle, onze pour lui.

Les voir reformer The Fiery Furnaces est donc une surprise. Et une belle tant 'I'm Going Away' (donc), 'Bitter Tea' et surtout le gargantuesque, déstabilisant et brillant 'Blueberry Boat' m'ont accompagné tout au long des années 2000.

Down at the So and So on Somewhere est donc la chanson de leur retour. Une chanson qui sortira en 45-tours (un autre inédit, The Fortune Teller’s Revenge, se trouvera en face-B) et un ensemble synthétique mouvant, qui n'oublie jamais en route sa mélodie. Et si aucun nouvel album n'est encore annoncé, l'écoute de Down at the So and So on Somewhere fait vite comprendre que les Fiery Furnaces ne sont clairement pas revenus pour ne rien dire.

Album : Down at the So and So on Somewhere 7"
Année : 2020
Label : Third Man Records


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Down at the So and So on Somewhere de The Fiery Furnaces est également en écoute ci-dessous :



jeudi 3 janvier 2019

Bilan 2018 : « Albums » (40-21)


Après les formats courts et autres compilations et rééditions (voir ici), le Top 50 de mes chansons de l'année (en écoute là), passons aux albums. Et autant le dire de suite, l'année fut belle. Mais avant cela, regardons un peu les choix des sites et autres blogs amis ou voisins :

Quarante disques, répartis en deux parties. Voilà donc la première avec les albums classés de la 40è à la 20è place. Avec de bien jolis disques, du folk français, des popeux lyonnais, des vieilles de la vieille, un retour d'un écossais à la mélancolie intouchable, des confirmations et des espoirs. Ce n'est que le début, mais quelle année, je pense qu'on peut le dire et le redire.

Et comme il vaut mieux mettre quelques notes sur quelques mots, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs, un Spotify, un Deezer, proposant une chanson tirée de chacun des albums présentés ci-dessous (et dans l'ordre croissant). Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2018 : 
Top « Albums » (20-01)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »

40. Malcolm Middleton - Bananas [Triassic Tusk Records]
Après s’être essayé à différentes choses, avec plus ou moins de réussite, Malcolm Middleton retrouve ses premières amours, ses mélodies pop pleines de rock et accouche avec 'Bananas' du petit frère de 'Waxing Gibbous', avec chansons à tiroirs et textes aussi drôles que mélancoliques. Et il n'est jamais aussi parfait que lorsqu'il écrit et chante des chansons tristes.


39. Dr. Octagon - Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation [Bulk]
Totalement déconnecté de la réalité hip-hop du moment, qu’elle soit française ou américaine (il faudra que je me plonge un jour dedans), la sortie d’un nouvel album de Dr. Octagon reste un évènement pour moi, surtout quand il est aussi réussi. Kool Keith, Dan the Automator et DJ QBert pondent là un disque « à l’ancienne », mais diablement efficace. 


38. Julien Ledru - Along The Road I Had Traveled [–]
Fan de Godspeed (entre beaucoup d’autres), graphiste, batteur de The Ready Mades, Julien Ledru passe au projet solo avec un album plein de fingerpicking, et d’un peu de field recording, l'ombre de John Fahey n'étant jamais bien loin. Mieux, sorti uniquement au format numérique, et vu sa qualité, le disque se voit offrir un pressage vinyle (venez participer au crowdfunding !). Précieux.


37. Courtney Barnett -  Tell Me How You Really Feel [Milk! Records]
L’an dernier, l’ennui qu’avait provoqué chez moi le disque de Kurt Vile et Courtney Barnett était assez dingue. Mais qui donc avait plombé au final cet album ? La question trouve sa réponse en 2018, vu que les deux protagonistes ont sorti chacun de leur côté un nouvel album. Résultat, l’un est d’un ennui complet, le second est brillant et confirme tout le bien que je pense de la demoiselle depuis sa découverte.


36. Satellite Jockey - Modern Life vol.2 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records]
Pop chiadée aux belles mélodies montées en épingles à coups de clavecin, cuivres, d'un trio guitare-basse-batterie et autre orgue, ce 'Modern Life Vol.2' reprend là où les lyonnais de Satellite Jockey avaient laissé le volume 1, en ancrant cette fois leur univers dans une pop plus 70s. Cette collection commence à avoir une sacrée gueule.


35. The Breeders - All Nerve [4AD]
Passé une première écoute décevante, le dernier album des Breeders de Kim Deal s’est révélé à moins et s'est avéré être un sacré disque. Indie-rock échappé d’une décennie révolue mais qu’on remet au goût du jour, et que le groupe maitrise mieux que personne.


34. FACS - Negative Houses [Trouble In Mind]
Premier album d’ex-Disappears, ce disque n’est pas à mettre dans les oreilles du premier dépressif venu, tant rien ne vient éclairer ce post-punk aux atours très cold. Minimal sans l'être vraiment, langoureux, noisy, porté par une basse profonde et une guitare aiguisée comme jamais, il est en tout cas brillant. Ce qui est plutôt pas mal pour un disque aussi sombre vous en conviendrez.


33. Parquet Courts - Wide Awake [Rough Trade]
Porté par des paroles aussi drôles qu'engagées, 'Wide Awake!' confirme que Parquet Courts continue d'être un acteur essentiel de la scène indé actuelle. Et prouve s’il en était besoin qu’ils sont capables d’écrire des compositions posées et pop comme beaucoup plus punk, mais toujours foutraques et incroyablement cool.


32. En Attendant Ana - Lost and Found [Montagne Sacrée / Buddy Records]
Pop garage sur production presque agressive, guitares dans tous les sens, formidablement relevées par une trompette qui confirme leurs idées mélodiques, ce 'Lost and Found', en plus d’une qualité indéniable, vient de se voir offrir une carrière internationale avec la distribution de l’album outre-Atlantique chez Trouble In Mind Records. Excusez du peu.


31. Numb.er - Goodbye [Felte]
Projet de David Fribourg entouré de cinq musiciens crédités, Numb.er plonge les deux mains, les bras, et finalement le corps tout entier dans un mélange de post-punk, de shoegaze, de cold-wave et de distorsions sombre mais réjouissant.


30. Advance Base - Animal Companionship [Run For Cover]
Il a beau avoir changé de nom de scène, Owen Ashworth, autrefois derrière Casiotone For The Painfully Alone, ne change pas. Évoluant désormais sous le pseudonyme d'Advance Base, sa voix reste reconnaissable entre mille. Comme ses chansons d'ailleurs, souvent langoureuses quand elles ne sont pas tristes, toujours dans un ensemble synthétique-pop qu’il maitrise à merveille.


29. 王若琳 - 摩登悲劇 (Joanna Wang - Modern Tragedy) [Sony]
Pop déguindée, entièrement chantée en anglais, qui part dans tous les sens, entre cabaret, skits qui voient une Joanna Wang chanter une bluette en faisant la vaisselle, chansons pop-rock à tiroir, douces mélodies mélancoliques et autres titres comme enregistrés avec du matériel des années 20 : ce 'Modern Tragedy' est de la belle ouvrage assurément. Et également la rencontre de beaucoup de choses, notamment des Fiery Furnaces et des Starlight Mints, le tout contant l'amour, la déception, l'espoir, les cœurs-brisés, les ruptures souhaitées ou subies et les sempiternelles erreurs que nous répétons dès qu'il s'agit de sentiments.


28. Shannon & The Clams - Onion [Easy Eye]
Produit par Dan Auerbach, 'Onion' retourne aux sources de la pop musique actuelle. Rappelant aussi bien les Beatles - et assimilés - que les girls group de l'époque, il est une franche réussite, nostalgique mais pas rétrograde tant les titres qui s'y trouvent sont de qualité. 



27. Starcrawler - Starcrawler [Rough Trade]
Court premier album pour ce quatuor californien mené par la voix de la jeune Arrow de Wilde (qui a terminé le lycée il y a un peu plus d’un an) et nouvelle signature Rough Trade. Vingt-sept minutes au compteur pour un disque qui fait dans le rock, qu’il soit hard ou grunge. Prometteur.


26. MGMT - Little Dark Age [Columbia]
Un jour on se retournera sur la discographie de MGMT, et on se dira sans doute « ouais, quand même hein ». Parce qu’à l’exception d’un peu passionnant 'MGMT' en 2013, que lui reprocher ? Rien. La preuve avec ce 'Little Dark Age', inspiré, inspirant, rempli de tubes (mais ces types savent-ils écrire autre chose ?) et de sonorités eighties mélodiquement imparables.


25. jeremy messersmith - Late Stage Capitalism [Glassnote]
Cinquième album de l’américain et sans doute le plus plus arrangé de sa discographie. Mais aussi le plus sombre et sarcastique (lire cet excellent papier à ce propos), malgré ses intentions mélodiques et musicales toutes Burt Bacharach-iennes, sa très belle voix et ses orchestrations pétaradantes (voir ici).


24. Jerry David DeCicca - Time The Teacher [Impossible Ark]
Un piano, quelques cuivres discrets, des chœurs presque soul : voilà comment résumer ce disque. Mais il faudrait ajouter qu'il rappelle aussi bien Leonard Cohen, le premier Chris Garneau qu'Over The Rhine et permet d'imaginer la rencontre entre Bob Dylan et Nick Cave. 'Time The Teacher' ou un bien bel album, apaisant et touchant.


23. Aidan Moffat & RM Hubbert - Here Lies The Body [Rock Action]
Alors qu’un nouvel album d’Arab Strap serait sur les rails (lire ici), Aidan Moffat s’est associé en 2018 avec son collègue de label RM Hubbert. Un disque d’une très grande beauté où les mélodies de RM Hubbert se marient à merveille avec l’accent à couper au couteau d’Aidan Moffat. Et s'il avait enfin trouvé son Malcolm Middleton 2.0 ?


22. Gruff Rhys - Babelsberg [Rough Trade]
Très mélodieux, ambitieux (toute l'orchestration est l'oeuvre du BBC National Orchestra of Wales), 'Babelsberg' est sans doute le plus beau disque de Gruff Rhys à ce jour (c’est dire), le plus seventies de tous et où il sonne plus souvent qu'à son tour comme un Lee Hazlewood gallois.


21. Spiritualized - And Nothing Hurt [Bella Union]
On pourra ergoter que Jason Pierce a ressorti ses vieilles formules et a sorti un album plus que jamais Spiritualized. Oui, certes. Mais vu que les chansons, l’inspiration et les mélodies sont là, que demander de plus ? Rien. Petit-frère de 'Ladies & Gentlemen We Are Floating In Space', duquel ressort, notamment, une sublime Damage (voir ici).


Bilan 2018 : 
Top « Albums » (20-01)


Et comme prévu, voilà donc un lecteur Spotify et un lecteur Deezer avec une chanson extraite de chacun des albums présentés ci-dessus. Et disposées dans l'ordre croissant. Bonne(s) écoute(s) !




mardi 16 octobre 2018

[Track of The Day] 王若琳 (Joanna Wang) - 騎著電動滑行車的葉豆老師 (The Motorized Scooter Edo)

Au commencement existait les chats IRC. Puis les forums internet. Puis apparurent les blogs comme celui-ci. On écrivait des tartines sur un album qui nous avait marqué, on déterrait on ne sait comment un album oublié et pourtant fabuleux,  qu’on venait tout juste de choper sur soulseek, on s’enflammait pour un pont, un refrain ou un nouveau groupe en devenir. Bref, c'était la fête, c'était la vie ; mieux, cette gigantesque base de données permettait aussi et surtout de sortir du sacro-saint agenda des majors qui imposaient leurs sorties au plus grand nombre.

Et puis un jour, au mitan des années 2000, les blogs ont commencé à péricliter (des larmes coulent sur mes joues), la génération suivante préférant la facilité des échanges fournie par Facebook. 

Coolbeans à l’époque était un blogueur hyperactif dont les multiples adresses permettaient de découvrir un nombre incroyable de disques qu’il chroniquait rapidement et auxquels il donnait une note. Les années ont passé mais rien n’a changé pour coolbeans, à part le support.

On peut désormais le suivre sur Facebook sur le groupe (ouvert à tous) « J’écoute une K7 de la vedette » où il propose et note un nombre toujours plus incalculables de disques. Tellement d’ailleurs qu’il est difficile impossible d’écouter la moitié ou même le quart de ce qui y est proposé. Donc on picore, on suit une recommandation ou on est intrigué par une pochette, et on fait souvent de belles découvertes.

Il y a quelques semaines, c’est un album à la pochette affreuse au possible qui a rencontré du succès sur ce groupe. Un disque que je n’aurais pas une seconde pensé écouter, le dernier en date de Joanna Wang, une taïwano-américaine de 30 ans.

Intrigué par de nombreux commentaires élogieux, j’ai écouté. Et je suis tombé des nues. Totalement opposé à l’image que l’on pourrait se faire du disque à la pochette portant le kitsch au pinacle et présentant une Joanna Wang vêtue d’une robe de mariée, surplombée d'un chérubin pointant sa flèche sur elle, le tout accompagné d’une typographie rappelant les heures les plus sombres des sites personnels époque Lycos, 'Modern Tragedy' est un sacré album pop.

Une pop déguindée, entièrement chantée en anglais, qui part dans tous les sens, entre cabaret (The Etiquette of Handing Scissors and Knives), skits qui voient une Joanna Wang chanter une bluette en faisant la vaisselle (I Cannot Wait To Fall In Love (Dish Washer)), chansons pop-rock à tiroir (The Motorized Scooter Edo et ses ouh-ouh-ouh), douces mélodies mélancoliques et autres titres comme enregistrés avec du matériel des années 20. 

Très bien construite, découlant naturellement, la musique émanant de ce 'Modern Tragedy' est en tout cas une sacrée surprise. La rencontre de beaucoup de choses, notamment des Fiery Furnaces et des Starlight Mints, le tout contant l'amour, la déception, l'espoir, les cœurs-brisés, les ruptures souhaitées ou subies et les sempiternelles erreurs que nous répétons dès qu'il s'agit de sentiments. De la belle ouvrage assurément.

Album : Modern Tragedy (摩登悲劇)
Année : 2018
Label : Sony


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), 騎著電動滑行車的葉豆老師 (The Motorized Scooter Edo) de Joanna Wang est également en écoute ci-dessous, via son clip : 



Autre chanson tirée de ce 'Modern Tragedy' de Joanna Wang, voilà 莎賓娜,不要再結婚了! (ou Sabrina Don't Get Married Again! en occidental) et son formidable clip de 16 mns !


lundi 17 octobre 2016

[Track of The Day] Eleanor Friedberger - A Long Walk

Évidemment, ce disque a bientôt un an (il est sorti le 22 janvier dernier). Mais il mérite que l'on s'y intéresse. Oh pas forcément pour sa qualité intrinsèque folle. Car ce troisième effort solo d'Eleanor Friedberger, ex-Fiery Furnaces, est loin de la qualité des deux premiers, 'Last Summer' et 'Personal Record'.

Non, 'New View' est un disque finalement un peu en roue libre, où Eleanor Friedberger aligne des compositions assez banales - pour elle en tout cas -, loin de ses élans passés. 
Mais qu'on ne se méprenne pas : rien ici n'est mauvais ou raté. Ce 'New View' n'a juste pas vraiment d'épaisseur, malgré une production aux atours seventies plutôt seventies.

Alors pourquoi s'y intéresser me direz-vous ? Déjà parce que c'est Eleanor Friedberger et que vu son talent de compositrice, il y a forcément quelques moment à prendre ici ou là (He Didn't Mention His Mother et Two Version of Tomorrow, à la mélodie qui rappelle le Dylan de 'Blood on the Tracks').

Mais surtout pour A Long Walk, qui termine 'New View'. Une - longue - chanson d'amour déchu, naviguant entre amour déchu (« We left my place together, but I wrote this song alone »), dérision (« I forgot how to cross the road, but the drivers still know how to brake »), guitare et solos circa 1972 et piano virevoltant. Emballant.

Album : New View
Année : 2016
Label : Frenchkiss Records

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En plus d'être en écoute dans le lecteur Spotify à gauche de ce papier, A Long Walk est également à découvrir ci-dessous :



Le clip de He Didn't Mention His Mother, premier single de 'New View' d'Eleanor Friedberger :


mercredi 6 mars 2013

[Track of The Day] Eleanor Friedberger - Stare at the Sun

Question : quel duo - mixte - auteur de bien jolis albums pop (excentrique, décalée, avant-gardiste parfois) dans les années 2000 n'est pas revenu aux affaires depuis quelques années déjà ; lui préférant sortir des disques conceptuels et difficiles d'approche, elle se concentrant sur des chansons pop simples et parfaites? Réponse : The Fiery Furnaces.

Les années 2000 auraient du laisser une place bien plus grande au duo familial (frère et sœur) Friedberger, ne serait-ce que pour 'Blueberry Boat', 'I'm Going Away' ou 'Bitter Tea'. Mais on compte bien sur le temps pour faire son œuvre et donner dans quelques années aux Fiery Furnaces la reconnaissance qu'ils méritent (il n'est d'ailleurs pas inutile d'ajouter que le groupe n'est nullement séparé).

Nullement séparés, les Fiery Furnaces continuent donc leurs aventures discographiques chacun de leur coté, Eleanor Friedberger, benjamine du duo, traçant sa route depuis un réussi 'Last Summer' (en 2011), loin des expérimentations de son grand frère.

Son deuxième album pourrait être plus enlevé, avec une guitare et une batterie bien plus présentes. En tout cas, c'est ce que font pressentir ce premier extrait Stare at The Sun. Tout ceci s'annonce bien (même si l'artwork est un peu trop glamour et papier glacé pour Eleanor Friedberger).

Album : Personal Record
Année : 2013
Label : Merge


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En plus d'être en écoute dans le lecteur grooveshark à droite, Stare at The Sun est également en écoute ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)


Et pour finir bien les choses et rentrer dans l'univers d'Eleanor Friedberger, un petit trailer de son 'Personal Record' à venir. Totalement délirant, très drôle et se foutant justement de ce genre de pratiques de communication, c'est à voir, vraiment :

vendredi 6 janvier 2012

Bilan 2011 - Top 50 Albums: 30-11


Deuxième partie de ce top album 2011. Vingt autres disques qui auront marqué mon année de fort belle manière. Vingt albums aux univers divers mais à la qualité que je n'arrive pas à remettre en cause.

Mais avant de dérouler ces disques classés de la 30è à la 11è place, il est une nouvelle fois temps de présenter quelques autres blogs s'étant adonné à l'exercice du top:
Do Not Touch My Crossfader
Pichenettes
Ocean of Noise
I Know You've Come to Take My Music Away (30-21)
Domino Records Staff List
Muzik et Cultures
Dans Ton Culture

Ceci fait, lancer nous donc dans ces 20 nouveaux albums. Dont une chanson de chaque est disponible en écoute dans le lecteur grooveshark situé au bas de ce papier.
Bonne lecture et bonne(s) écoute(s).



30. Son Lux – We Are Rising [Anticon]
Je ne suis peut-être obsédé que par Sufjan Stevens, mais il me semble difficile de ne pas souvent penser à Sufjan Stevens à l’écoute du troisième album de Ryan Lott aka Son Lux. Sons cristallins et/ou électro sur nappes de cordes, mélodies qui divaguent et partent un peu dans tous les sens, pour un voyage en pleine lumière. Deuxième essai, deuxième réussite.
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29. J Mascis – Several Shades of Why [Sub Pop]
Non content d’avoir su reformer avec talent son Dinosaur Jr, non content d’en avoir profité pour sortir deux très bons disques comme si le temps n’avait pas d’emprise sur ce groupe, voilà t-y pas que J Mascis sort un album acoustique et enregistré sans batterie, où viennent à peine sonner quelques riffs dont notre homme est fan. ‘Several Shades of Why’ est une réussite, remplie de belles mélodies où Mascis semble trouver le juste ton à chaque fois. Et dans la course au meilleur disque de «légende de l'indie-rock qui débranche les amplis», J Mascis remporte sans problème devant la décevant dernière livraison de Thurston Moore.
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28. Radical Face – The Family Tree, The Roots [Bear Machine]
Si les pubs Nikon sont aussi réussies, c’est également grâce à Welcome Home de Radical Face. Un artiste qui malgré une notoriété naissante (bien que tardive) se retrouve… sans Morr Music, ces derniers l’ayant lâché pour on ne sait trop quelles raisons. Seul, Ben Cooper revient aux affaires avec tout d’abord le premier Ep de la série ‘The Bastards’ (voir ici) mais surtout un nouvel album ‘The Family Tree, The Roots’, dans la lignée de ce bijou qu’est ‘Ghost’. Peut-être pas aussi brillant que son prédécesseur, mais bien au-dessus de la mêlée d’une pelletée de groupe, où les fulgurances succèdent aux moments de pure grâce.
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27. Fucked Up – David Comes to Life [Matador]
Hardcore-punk jusque là, ces tarés de canadiens de Fucked Up mettent un peu d’eau dans leur vin et rendent leur musique moins radicale que par le passé. Tout cela reste relatif, mais il y a un côté plus classique dans leur son, bien que Damian Abraham continue de beugler comme c’est pas permis. Conçu comme un rock-opéra racontant l’histoire de David, garçon sans intérêt dont la vie change irrémédiablement lorsqu’il rencontre Veronica. Et dont la vie ne sera plus la même quand celle-ci décède dans une explosion. Dix-huit titres hurleurs, à l’efficacité immédiate. Jubilatoire. Et libérateur.
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26. L’Altra – Telepathic [Acuarela]
Moins éthéré que leur chef d’œuvre de 2002 ‘In The Afternoon’, ce quatrième album des chicagoans de L’Altra n’en reste pas moins une bien grande réussite. Remettant les choses dans le bon ordre après 6 ans d’inactivité et un troisième disque médiocre, L’Altra propose avec ‘Telepathic’ un album ouaté dans lequel de belles mélodies n’hésitent pas à venir se lover. De la pop qui vole, qui plane…
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25. Kim Novak – The Golden Mean [Kütu Folk]
Un des regrets de l’année, c’est de ne pas avoir parlé en ces pages de Kütu Folk, label clermontois, aux pochettes « faites main », et aux goûts très surs. La preuve avec la signature de Kim Novak pour leur second album ‘The Golden Mean’, dont l’artwork à ce je ne sais quoi de Manic Street Preachers. Délaissant les waves qui leur allaient bien, les Kim Novak partent dans une direction plus rock, qui prend autant à New-York qu’aux années 60. Un changement de trajectoire qui leur va bien.
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24. Ghostpoet – Peanut Butter Blues & Melancholy Jam [Brownswood Recordings]
Nominé au Mercury Prize (oui, je sais, pour ce que ça vaut), signé chez Gilles Peterson, Ghostpoet, producteur hip-hop/électro aux faux airs de Devonte Hynes, n’est pas forcément des plus abordables. En tout cas pour moi. De premières écoutes pénibles et puis au final, un disque qui sera revenu plus que fréquemment sur ma platine. Electro-hip-hop enregistrée dans le brouillard et entourée d’une voix rappelant furieusement les élans vocaux de Roots Manuva, ‘Peanut Butter Blues & Melancholy Jam’, au-delà de son sacré titre, est un grower comme on dit.
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23. Eleanor Friedberger – Last Summer [Merge]
A l’instar de son frère Matthew, la belle Eleanor Friedberger, chanteuse des Fiery Furnaces, s’est lancée en solo cette année. Et pour quel résultat ! ‘Last Summer’ est un album de pop parfait, comme savent le faire les Fiery Furnaces. Ici, ses chansons sont d’une simplicité folle et d’une efficacité du même acabit, allant droit au but plutôt que de prendre des détours idiots. Et la voix d'Eleanor porte tout cela sur ses frêles épaules. Classe.
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22. Lanterns on the Lake – Gracious Tide, Take Me Home [Bella Union]
Le nom d’un groupe est très important. Lanterns on the Lake n’aura pas pris le sien par défaut. Car il représente exactement ce que le sextet de Newcastle propose: un mélange de douceur et délicatesse, d’univers langoureux. Une pop aérienne, lumineuse, rêveuse, qui fait étalage de beauté, tout simplement. Une des plus belles découvertes de 2011 assurément. Et un album qui restera, à l’image du ‘In The Afternoon’ de L’Altra.
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21. Atmosphere – Family Sign [Rhymesayers]
La pochette est jolie. Et Atmosphere calme le jeu. En intronisant un guitariste et un clavier, le duo de Minneapolis popise son propos et la joue. Ici, pas de beats agressifs ou de flow ravageur. Non. Juste un album, ‘Family Sign’, apaisé, beau, excellemment bien produit, bien posé. Indie hip-hop de haute tenue.
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20. Nicolas Jaar - Space is Only Noise [Circus Company]
Au-delà du fait que le titre de l'album est extrêmement bien trouvé, 'Space is Only Noise' aura été une découverte et une belle surprise de 2011. Pour son premier effort, Nicolas Jaar compose là une musique électronique insaisissable, très organique, aux textures très travaillées, tout en y ajoutant sa voix et quelques samples bienvenus. D'ailleurs, l'introduction, bien que dans un style différent, rappelle énormément l'intro de 'Lift Your Skinny Fists to the Sky Like Antennas to Heaven' de Godspeed You ! Black Emperor. Pas si illogique que cela tant on sent une vraie démarche artistique et sans compromission de cet artiste new-yorkais.
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19. Kurt Vile – Smoke Ring for My Halo [Matador]
Folk aérien et sous substances illicites (insère ici ta préférée), guitare bluesy, chant traînant. Voilà pour la faire courte. Mais au-delà de cela, ce ‘Smoke Ring for My Halo’, nouvel album de Kurt Vile, me fait penser à pleins de choses. Ou d’artistes. Ou les deux. Mais impossible de mettre le doigt dessus. Donc j’écoute. Et j’aime. Sans me poser plus de questions que cela.
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18. Iceage – New Brigade [Escho]
Chercher des informations sur Iceage sur Internet revient à passer en revue pas mal de pages de résultats concernant les films du même nom. Le Iceage (tout accroché. Ice Age est un autre groupe) qui nous intéresse aujourd’hui est danois et n’est en rien affilié à Dreamworks. Mais plutôt au punk teinté d’ambitions waves. ‘New Brigade’ ou le disque de 2011 qui vient vous hurler aux oreilles. Fort. Et en 24 mns.
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17. 13 & God – Own Your Ghost [Alien Transistor]
Si le premier ne m’avait pas touché (les univers de Notwist et de Themselves se croisant plus qu’ils ne se rencontraient), ce deuxième album de la collaboration entre deux sommités dans leur genre m’aura bien plus parlé. Entre flow hip-hop et mélodies électro pop, 13 & God arrive là à sortir un bel album de crossover. Dont les écoutes successives le rendent rapidement quasi-parfait.
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16. Cheveu – 1000 [Born Bad]
Rock, punk, noisy, gueulard, lo-fi, cheap : voilà comment décrire ce second album de Cheveu. Indéniablement un grand disque, où le je m’en foutisme de l’ensemble est un trompe l’œil. Cheveu aligne les compositions solides, fait partir sa musique dans tous les sens, rajoute des violons ici, amène un peu de pop au débotté. Du n’importe quoi jouissif en quelques sortes.
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15. Mates of State – Mountaintops [Barsuk]
Les disques passent et les Mates of State s’éloignent à chaque fois un peu plus du cheap de leurs débuts. Pourtant, difficile de ne pas s’enthousiasmer pour ce ‘Mountaintops’, le septième album du duo Jason Hammel/Kori Gardner (mari et femme, faut il le rappeler). De la pop enflammée voire carrément grandiloquente par moments (Palomino, pour ne citer que cette chanson), quelques balades tuantes… Et si finalement le cheap des débuts leur allait bien au teint, ce virage entamé il y a de cela quelques albums déjà, leur sied presque encore mieux. C’est dire.
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14. dEUS – Keep You Close [PIAS]
Si ‘The Ideal Crash’ avait consacré la bande belge mené par Tom Barman, la suite avait été de mal en pis avec des albums tentant de retrouver une grandeur belle et pourtant bien passée. Surprise : dEUS n’est pas encore mort. La preuve avec ce ‘Keep You Close’ qui voit le groupe retrouver son allant d’antan dans une ambiance pop-rock, où les mélodies et les grands titres se bousculent (au premier rang desquels Ghost, évidemment).
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13. Destroyer – Kaputt [Merge]
A la première écoute, j’ai détesté cet album. Ce saxophone (vous savez l’instrument responsable de tant de chansons massacrées dans les années 80) si vieillot, si froid… Et puis je l’ai réécouté. Et je l’ai peu à peu aimé. Et au final, ‘Kaputt’ doit être un des albums les plus écoutés en 2011.
Premier vrai coup de cœur pour le groupe de Dan Bejar qui ne m’avait jamais vraiment touché, ‘Kaputt’ est un grand disque. Qui a le bon goût de réhabiliter, ne serait-ce qu’un temps, ce satané instrument.
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12. Kangding Ray – Or [Raster-Noton]
Découvert grâce à B2B, cet album a été un choc instantané. Je ne suis pas le plus à même à parler de musique électronique, mais ce ‘Or’ est aussi fascinant qu’entêtant. Entre ambiant, glitch, sons organiques de tous poils, ‘Or’ est l’album électro que j’aurais découvert le plus tardivement. Mais que j’aurais sans doute le plus écouté.
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11. The Pains of Being Pure at Heart – Belong [Slumberland]
The Pains of Being Pure at Heart ou un coup de cœur qui dure depuis maintenant près de 3 ans. Que ce soit par les sorties de 7’’, les concerts (celui qu’ils ont donné au Sonic à Lyon cette année était formidable, confirmant que ce groupe ne sait QUE composer des tubes) ou les albums. ‘Belong’ aura fait débat. Pas pour moi. The Pains of Being Pure at Heart musclent un peu leur jeu, la production, mais continuent de composer des chansons comme personne. C’est bien simple, chacun des 11 titres de ‘Belong’ mériterait de connaître une sortie single. Et puis finir un album par un titre comme Strange, ça vous pose un groupe.
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Et un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des albums du dessus, un!




Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'