Carl Barât, une des deux têtes pensantes des Libertines, aurait pu la jouer facile et sortir pour son premier album solo, un mélange habile de ce que proposaient les Libertines et les Dirty Pretty Things. Il aurait pu. Il aurait du en fait.
Car si l'idée de départ est belle, si Carl Barât préfère s'affranchir de ses anciens groupes en proposant de la pop très orchestrée, à la limite du cabaret, tout cela se révèle excessivement poussif. Pas de quoi se relever la nuit donc, et même des envies de zapper une grande majorité de cet album tant il tombe avec une facilité désarmante dans le kitsch ridicule (le frenchy Je Regrette Je Regrette, un Run With The Boys de mauvais goût semblant pasticher Wham ou Culture Club).
Bref, à part quelques - rares - moments bien trouvés (on sauvera les charmants The Magus, Carve My Name et Irony of Love), ce 'Carl Barât', pleins de balades, s'avère rapidement très vain. Qu'il s'occupe à relancer Pete Doherty, John Hassall et Gary Powell histoire de donner une suite à la très belle histoire des Libertines, ca vaudra mieux.
Une semaine sans nouveautés (merci deezer!), mais avec quelques classiques que mes poils au garde à vous sont assez heureux de pouvoir écouter (et toujours dans le lecteur deezer, à droite).
Lundi 4 février 2008:
* Damien Rice - The Professor & La Fille qui Danse [Vector] Dans la flopée de merveilles que Damien Rice a composé, il y a The Professor & La Fille qui Danse, uniquement disponible (en version studio) sur cet Ep. Une chanson qui se termine par quelques couplets en français. Un titre d'une force prodigieuse. De toutes façons, avec lui... (disponible sur Woman Like a Man Ep, 2003)
Dimanche 3 février 2008:
* Love - A House is Not a Motel [Elektra] En 1967, Arthur Lee pondait un des plus beaux disques pop de l'histoire. Depuis, le même Arthur Lee a bien merdé, a fait de la prison et est même mort. Un peu tout le contraire de ce disque, immortel et qui n'a pas pris une ride en 40 ans. (disponible sur Forever Changes, 1967)
Samedi 2 février 2008:
* Adam Green - What a Waster (The Libertines cover) [Rough Trade] Adam Green, crooner New-Yorkais déjanté, reprend le tube de ses amis les LibertinesPete Doherty et Carl Barat, en sort une jolie version et va finir sa bouteille de vodka. Classe. (disponible sur Jessica Ep, 2003)
Vendredi 1 février 2008:
* Madvillain - Rhinestone Cowboy [Stones Throw] Pas de hip-hop en ce moment. Donc on replonge dans le meilleur des années 2000, la rencontre Madlib/Mf Doom, bijou de prod et de folie. On aimerait bien que les deux gugusses arrêtent de fumer de la weed et se remettent un peu au boulot... histoire qu'on ait droit à un Madvillain II avant 2017. (disponible sur Madvillain, 2004)
Jeudi 31 janvier 2008:
* My Brightest Diamond - Dragonfly [Asthmatic Kitty] Nouvelle égérie du label de Sufjan Stevens, Asthmatic Kitty, Shara Worden (ancienne meneuse de revue Illinoisemakers) mene sa petite troupe de My Brightest Diamond avec grand talent comme le prouve son 'Bring Me the Workhorse' où l'on retrouvait notamment ce très beau Dragonfly. (disponible sur Bring Me the Workhorse, 2006)
Mercredi 30 janvier 2008:
* Islands - Swans (Life After Death) [Rough Trade] Alors que leur second album, 'Arm's Way', sortira le 21 avril prochain chez Rough Trade, retour sur cette splendeur qu'est Swans (Life After Death) qui ouvrait 'Return to the Sea' leur premier opus. Un bonheur, quasiment inégalé en 2006 de tuerie pop. Me remets toujours pas des 3 dernieres minutes moi. (disponible sur Return to the Sea, 2006)
Mardi 29 janvier 2008:
* Neil Young - Cowgirl In The Sand [Reprise] Histoire de bien commencer la semaine, un classique de chez classique est la chose la plus adéquate qui soit. Et donc, prenons le plus grand titre que Neil Young ait jamais écrit? Allez, boum. Cowgirl in The Sand. Parce qu'une vague de riff gigantesque. Et parce que 10 mns valent mieux qu'une. (disponible sur Everybody Knows This Is Nowhere, 1969)
Après une longue période de creux (on ne se remet pas de la dissolution des Libertines comme ça), Rough Trade pourrait bien revenir sur le devant de la scène musicale anglaise et prouver ainsi qu'il n'est pas un label mythique pour rien.
La preuve avec Palma Violets, quatuor londonien dont la première sortie l'an passé a établi le groupe comme the next big thing, le NME faisant même de Best of Friends le single de 2012 (cela vaut ce que ca vaut, nous sommes d'accord).
A l'heure du premier album, '180', les Palma Violets répondent aux attentes de belle façon, avec un '180' solide et qui promet des jours radieux pour le quatuor, avec notamment une première face détonante.
Alors oui, il y a du Libertines dans ce '180', aussi bien dans la désinvolture (et ces intonations) au chant que dans certaines étincelles rageuses de guitares.
Mais limiter les Palma Violets à cela serait faire fausse route. Bien moins punk que leurs glorieux ainés, le groupe mené par le duo Sam Fryer / Chilli Jesson part chercher son inspiration dans les années 60 et fait sonner sa musique comme telle (rock crasseux, reverb par-ci, orgue par là).
La production de Steve Mackey (bassiste de Pulp) n'est pas extraordinaire mais emballe '180' sans extravagance et cela lui va bien.
On ne fera pas (enfin dans ces pages en tout cas) de ce premier album des Palma Violets un des disques de l'année mais '180' est un premier jet intéressant, prometteur et qui remet l'Angleterre sur les bons rails. C'est déjà ça.
2024 est donc terminé. Sans doute pas la meilleure des années mais vraiment pas la pire quand on pense à certaines de ses devancières. En tout cas, musicalement parlant, il y a une nouvelle fois eu de quoi faire. J'en veux pour preuve le bilan des formats courts, les quarante albums qui ont habillé mon année (partie 1 et partie 2). Et niveau chansons, 2024 n'est pas en reste, tant il y en a eu beaucoup qui m'ont marqué, pour plein de raisons et dans tous les styles. Car oui, c'est leur du traditionnel top 50 de mes chansons de l'année, à découvrir le 1er janvier, avec une petite balle qui passe doucement mais sûrement de gauche à droite dans votre crâne (en tout cas, je vous le souhaite).
Cinquante chansons. Et deux en bonus. Il faut dire que Céline Dion qui reprend L'Hymne à L'Amour en haut de la Tour Eiffel et le Parade de Victor Le Masne ne sont pas des morceaux qui m'auront laissé insensibles, l'un m'ayant totalement bouleversé un soir pluvieux de fin juillet en était l'apothéose d'une cérémonie d'ouverture incomparable, l'autre ayant habité mon imaginaire pendant les quinze jours suivants. Comme elles ont définitivement marqué mon année à leur manière, difficile de ne pas les inclure. Quand au reste, ce fut une sélection bien difficile tant il y avait beaucoup de candidats à cette liste dans une année prolifique en très beaux morceaux. Et il y en a beaucoup qui sont restés sur le carreau. Ici, vous trouverez tout ce qui m'a fait vibrer : de l'électro à danser et à chanter à tue-tête, des chansons langoureuses et pleines de riffs, du rock nerveux mais souvent ciselé, de la balade à tomber, quelques vieux de la vieille, de l'arrangement chiadé, de la belle ouvrage et un duo de tête très difficile à départager, qui se tient dans un mouchoir de poche. Évidemment, lire le nom de cinquante chansons aurait peu d'intérêt, donc au bas du billet se trouvent trois lecteurs Spotify, Deezer et YouTube pour écouter chacune d'entre elles. Bonne(s) écoute(s) et bonne année !
50 +2. Victor Le Masne - Parade 50 + 1. Céline Dion - Hymne à l'Amour (Edith Piaf cover - Live aux Jeux Olympiques de Paris 2024)
50. Cola - Pulling Quotes 49. Savage Mansion - Total Colombia 48. Kishi Bashi - Make Believe (feat. Linqua Franqa) 47. The Libertines - Night Of The Hunter 46. OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine, Alxndrbrwn - Master Cleanse
45. Antenna - Antenna State 44. Monobloc - Where Is My Garden 43. The Decemberists - Oh No! 42. Ella Thompson - Let There Be Nothing 41. Oneida - Reason to Hide
40. Edna Million - Barking Dogs (feat. Ernst Molden) 39. Lily Seabird - Waste 38. Nap Eyes - Feline Wave Race 37. Bashy - How Black Men Lose Their Smile 36. Beak> - Hungry Are We
35. Phosphorescent - Impossible House 34. Kid Loco - The Crown (feat. Louise Quinn) 33. Adrianne Lenker - Ruined 32. Mercury Rev - There's Always Been A Bird In Me 31. Middle Kids - Highlands
30. Laura Marling - Patterns 29. Sam Lee - Bushes and Briars 28. Metz - Entwined (Street Light Buzz) 27. The Lemon Twigs - My Golden Years 26. Green Day - Bobby Sox
25. Snowy Band - Weeks & Months 24. Moreish Idols - Pale Blue Dot 23. Flower Face - Biblical Love 22. The Vaccines - Another Nightmare 21. The Miserable Rich - Crows
20. Jess Ribeiro - The Trees and Me 19. Chappell Roan - Good Luck, Babe! 18. MGMT - Loss of Life 17. Bill Ryder-Jones - This Can't Go On 16. Joe Goddard - Ghosts (feat. Tom McFarland)
15. King Hannah - Somewhere Near El Paso 14. Omega Violet - Island N°2 13. Mannequin Pussy - I Got Heaven 12. Jamie xx - All You Children (feat. The Avalanches) 11. Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce - Meilleur (feat. Jeanne Added)
10. Mammoth Penguins - Here 09. Geordie Greep - Holy, Holy 08. Maxwell Farrington & Le SuperHomard - Begging’s Not My Business 07. The Rhythm Method - I Love My Television 06. Corridor - Mourir Demain
05. Junior Varsity - Cross The Street 04. EggS - At The End Of The Road 03. MJ Lenderman - She's Leaving You 02. Lady Blackbird - Like a Woman 01. Father John Misty - I Guess Time Just Makes Fools of Us All
Peut-être vous êtes vous déconnectés du monde réel vendredi soir en sortant du bureau : vous êtes partis à la campagne où portables et encore moins 3G ne sont légions. Vous vous êtes assis sur une peau de bête, vous avez ouvert une bonne bouteille, installé un vieux vinyle aux sillons craquant sur la platine tout en observant le bois brûler dans la cheminée.
Si c'est le cas, vous n'êtes pas au courant que les Strokes ont révélé vendredi en début de soirée une nouvelle chanson de leur cinquième à venir.
Disons le clairement, je n'ai jamais été fan des Strokes. Oh, leur 'Is This It' avait fait plus que son petit effet à sa sortie et je l'écoute encore avec beaucoup de plaisir. Mais la suite ne m'a pas vraiment marqué. Et puis pour tout dire, j'ai toujours été plus Libertines que bande à Casablancas.
C'est pourquoi, n'attendant rien de spécial de ce premier extrait, j'ai apprécié, au contraire d'une immense majorité de fans qui a déversé (en une écoute, c'est aussi ça la magie d'Internet !) des torrents d'injures sur ce One Way Trigger, certes loin de l'univers des Strokes, mais diablement efficace.
Les meilleures analyses que j'ai pu lire sur cette première chanson viennent de chanteurs de deux groupes de Without My Hat Records :
Johan de Gulcher :« Personnellement a 3min10 je suis comme un con à supplier pour que le refrain arrive et BIM. Il imite Justin Timberlake qui imite Michael Jackson qui imite Smokey Robinson, la mélodie est tout à fait divine, c'est mélancolique et désabusé, tout ce que j'aime chez les Strokes ».
Roman de Mondrian :« Vraiment bien ce nouveau titre. On dirait une chute de 'Bad' de Michael qui aurait pu être vulgos si ç'avait été chanté par Muse... ».
Tout est dit : One Way Trigger est un changement de cap réussi.
Album : to be added Année : 2013 Label : Rough Trade
One Way Trigger est en écoute également sur le soundcloud des Strokes ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)
Dans l’absolu, à quoi ressemble un bon groupe – et un bon album – de rock made in France? À des textes forcément en français ? A une bande d’ado qui se veut Libertines mais sonne plus comme les Forbans, sauce années 2000 ? A une suite de paroles débiles posées sur quelques accords on ne peut plus mineurs? A un combat à mort de fourchettes en plastique ?
Malgré ce que peuvent asséner à longueur de unes quelques magazines spécialisés et dits de référence, rien de tout cela finalement. Un peu tout l’opposé même.
Prenons les Cornflakes Heroes, groupe caennais, signé sur le label parisien Greed Recordings (voir ici ou là), petit par la taille mais grand par la qualité de ses sorties, qui sort ces jours-ci son deuxième album, ‘Dear Mr Painkillers’. Malgré leur nom un peu idiot et qui résonne comme celui d’un groupe faiseur de pop échevelée et débridée, les Cornflakes Heroes incarnent totalement la vision que je peux avoir du rock made in France
‘Dear Mr Painkillers’ continue de tracer la voie ouverte avec ‘Off With Your Heads!’. Celle d’un rock chanté en anglais et qui prend ses influences aussi bien outre-manche qu’outre-atlantique. Sur le premier album, on retrouvait facilement celles de Sebadoh, Pavement, Dinosaur Jr, voire même du Velvet Underground ou Nick Drake sur certains passages. Sur ce disque, ces influences sont toujours là, mais encore mieux assimilées et plus discrètes.
Le groupe se les approprie réellement pour en sortir un son qui lui appartient. En y apportant souvent des touches aux couleurs punk, blues ou pop et en agrémentant beaucoup de titres d’un moog, d’une trompette, d’un ukulele, ainsi que d’une bonne dose d’humour (écouter Let Me Be Your Tamagochi) et de saturations, ‘Dear Mr Painkillers’ s’impose rapidement comme une franche réussite, qui n’hésite pas à reprendre l’ouvrage là où il l’avait laissé pour mieux continuer à avancer.
Les Cornflakes Heroes prouvent surtout (et une seconde fois) qu’il est possible de sortir un disque rock en France, sans être petit bras et/ou ridicule, avec de vrais textes, des riffs tendus, une basse qui sonne et des mélodies torturées, chaloupées qui ne cherchent jamais la facilité mais qui tapent juste. Car ‘Dear Mr Painkillers’ est tout cela à la fois. Un très bon disque rock, qui a du coffre et du chien. (sortie: septembre 2008)
Deux titres en écoute. Le nerveusement pop Bloody Valentine et le splendide Is Mother Right?, peut-être le plus grand titre composé par les Cornflakes Heroes, jusque là (malheureusement plus en écoute).
Rajout d'un titre, disponible gratuitement sur le site de Greed Recordings (malheureusement plus en écoute).
Replongée dans les années 2000, 2008 exceptée. (et toujours en écoute dans le deezer).
Lundi 29 septembre 2008:
* Carl Barat and Pete Doherty - A Day in a Life (a The Beatles' cover) [BBC Radio 2] Les deux anciens acolytes des Libertines se retrouvent en studio pour enregistrer une reprise assez (très?) convenue (mais pas risible) de A Day In The Life, un des titres majeurs des Beatles, à l'occasion des quarante ans de 'Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band' l'an passé. La BBC paye les petits fours. Les autres rendent hommage au Fab Four. Classe. Surtout avec ce titre qui se termine par un hello des quatre fantastiques. (disponible sur Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 40th Anniversary Album, 2007)
Dimanche 28 septembre 2008:
* Radiohead - I Want None of This [Independiente] En 2005, pour le charity album 'Help: A Day In The Life', Radiohead enregistre ce I Want None of This, tout au piano, avec quelques choeurs derrière, histoire de. Un titre somptueux, comme ils savent en écrire. Mais pourquoi dieu s'entêtent-ils à sortir des albums chiants comme la pluie depuis bientôt cinq ans? (disponible sur Help, A Day In The Life, 2005)
Samedi 26 septembre 2008:
* Camera Obscura - Happy New Year [Andmoresound] En Ecosse, il fait froid. Il pleut. Mais il y a la pop qui respire à chaque coin de rue. Les Camera Obscura ne sont peut-être pas les plus célèbres du lot. Ils laissent ça aux grands frères Belle & Sebastian. Mais s'engouffrent dans la même brèche, de l'indie pop classieuse comme tout, avec corde et tout le toutim. Stuart Murdoch, de Belle & Seb, produit le disque. Et ça se sent. 'Biggest Bluest Hi-fi' est toujours aujourd'hui le chef d'œuvre du groupe. Et il s'ouvre par ce splendide Happy New Year. (disponible sur Biggest Bluest Hi-fi, 2001)
Vendredi 26 septembre 2008:
* Viktor Vaughn - A Dead Mouse [Sound Ink] En parallèle avec la chronique du 'Madvillainy 2: The Madlib Remix' de jeudi, réécoutons avec ce plaisir non feint, un morceau 'Vaudeville Villain', l'album de 2003 de Viktor Vaughn (aka MF Doom) et notamment ce tuant A Dead Mouse. Bon, évidemment, perdu au milieu de toute cette pop... mais bon, rien que pour la prod... (disponible sur Vaudeville Villain, 2003)
Jeudi 25 septembre 2008:
* Cherry Ghost - Thirst For Romance [Heavenly] L'autre jour, je faisais les bacs à soldes. Et je tombe sur ce disque, d'occasion. La pochette était belle et je croyais me souvenir en avoir lu du bien sur quelques forums internet. Bien m'en a pris, car ce disque est très beau. Entre The Veils et Coldplay. La preuve avec le titre éponyme, Thirst For Romance. Un jeudi pop pop quoi. (disponible sur Thirst For Romance, 2007)
Mercredi 24 septembre 2008:
* The Dears - Bandwagoneers [Maple Music] Il y a quelques jours, sur un forum musical, on pouvait lire les diverses réactions des fans au contact du nouveau The Dears, 'Missiles'. Et tout le monde de briser sans grande raison le précédent, 'Gang of Losers'. Un disque qu'il faut réhabiliter. Donc à défaut d'un titre du nouvel album, voilà un des grands morceaux de ce 3è album, Bandwagoneers, injustement critiqué et franchement toujours aussi bon. (disponible sur Gang of Losers, 2006)
Mardi 23 septembre 2008:
* Florent Marchet - Je M'en Tire Pas Mal (feat. Miossec) [Barclay] Reprenons un peu de Florent Marchet, le mec qui avait sorti cet album merveilleux qu'est 'Rio Baril' l'an passé. Avec un extrait de son premier disque, 'Gargilesse', ou l'ami Miossec vient poser sa voix. Toujours aussi attachant, beau, parlant. (disponible Gargilesse, 2004)
A la première écoute de ce Dance With Somebody des suédois de Mando Diao, je m'étais dit que c'était quand même mauvais; voire même très mauvais. A la seconde, je me suis dit que bon, ça passait plutôt pas mal finalement. A la troisième, je commençais à chanter sur la musique avant de me mettre à dodeliner de la tête frénétiquement.
Pourtant, j'avais mis ce titre de côté, me disant que la chanson partirait aussi vite qu'elle était arrivée. Et puis... non. Des mois plus tard, je retombe dessus. Et rien n'a changé.
Pour ceux qui ont aimé comme moi 'Hurricane Bar' (la réponse scandinave aux Libertines) et qui, comme moi-bis, ont lâché l'affaire Mando Diao depuis lors, il y a de quoi être surpris. Car le style a bien changé: plus pop, avec des synthés, et un tube dancefloor assuré.
Je n'ai pas encore écouté l'album 'Give Me Fire', dont est extrait cette chanson. Mais si, oui, les premières secondes font penser à Vanina de Dave, si oui, la chanson est un peu facile, ce Dance With Somebody est surtout diablement efficace. Un vrai guilty pleasure, un grand plaisir coupable mais totalement assumé. Miam!
Album: Give Me Fire Année: 2009 Label: Vertigo
La Quenelle parle plus en profondeur de ce 'Give Me Fire', chez lui, ici.
La vie d’un label n’est qu’un éternel recommencement. Prenons Rough Trade Records, entité chère à mon cœur et mes oreilles mais surtout mythique structure à l’importance capitale. Née d’une envie de produire des disques à eux suite au succès du magasin londonien lancé en 1976 et qui permis à toute une scène indépendante d’obtenir une visibilité qui lui était refusée jusque là, le label de Geoff Travis ne va en effet pas connaître trajectoire rectiligne.
Rough Trade va passer par tous les états, signer des disques et des groupes majeurs et connaître plusieurs vies. La première s’éteint fin 1991 quand le label couple gestion calamiteuse et virage raté des années 90.
Mort, enterré et nom vendu, Rough Trade revient pourtant à la vie en 2000, quand Geoff Travis et Jeanette Lee décident de relancer l’affaire, et de signer coups sur coups le premier album des Strokes et le premier des Libertines, succès mondiaux s’il en est.
Depuis, et malgré l’incroyable succès de Duffy (seul numéro 1 de l’histoire du label), Rough Trade est retombé dans un anonymat certain, bien que les sorties continuent de s’enchainer à un rythme régulier.
Peut-être que le prochain succès du label de Geoff Travis viendra des Starcrawler, jeune (Arrow de Wilde la chanteuse a terminé le lycée il y a un an tout juste) quatuor californien qui aime aussi bien le rock, qu'il soit hard ou grunge, dont le premier album (court, 27 mns) sobrement intitulé 'Starcrawler' est une réussite.
Certains parlent d'un groupe de poseurs. Peut-être, je ne me suis pas intéressé à autre chose que leur musique les concernant. Et elle est emballante. Et même si l'époque n'est plus au rock, Rough Trade a sans doute tiré un gros lot.
Les années passent et quelques choses ne changent pour les grecs de Bazooka :
- adoré dans ses pages pour son 'Άχρηστη Γενιά' ('Useless Generation') de 2016, il a toujours un nom à la con.
- Il a beau nommer son nouvel album (le troisième) 'Zero Hits', il continue de chanter dans sa langue natale (et c’est tout à son honneur), manquant sans doute une plus grande reconnaissance internationale.
- Il jouera dans la cave du Trokson le 12 avril prochain (ça c'est pour le détail lyonno-lyonnais). D'ailleurs, il semble qu'une bonne tournée française est sur le point d'être bouclée.
Pour autant, le groupe ne stagne pas. Hébergé chez les grecs d'Inner Ear Records depuis un Ep en 2017, les Bazooka ont mis un brin d'eau dans leur ouzo. Oh, pas grand chose, mais juste ce qu'il faut pour rendre leurs compositions encore meilleures et sans conteste plus ambitieuses.
Si le démarrage de 'Zero Hits' est dans la droite lignée de 'Useless Generation' (Έλα (Come) et Φυλακή (Prison), une très belle entrée en matière), le reste voit les Bazooka rendre leur musique plus touffue, presque plus complexe, mais toujours aussi énergique. Intégrant cor, saxophone, trombone et trompette, le groupe se fait tantôt proto-punk, ska, garage, pop, psyché - et parfois un peu tout ça à la fois -, rappelle aussi bien les Libertines, les fameux Flaming Sideburns que tant d'autres ; le tout dans un ensemble particulièrement cohérent.
Car sur un disque aussi long (49 mns), cela aurait pu être un frein. Mais rien de ça ici. Que les guitares soient incisives ou plus longues en bouche (mais sans jamais tomber dans l'effet de manche), que le rythme soit plus calme (notamment sur la fin) ou diablement enlevé, 'Zero Hits' se révèle très vite comme un disquetrès maîtrisé, finement composé, de la part d'un groupe qui semble, derrière une posture de branleurs, savoir où il va. Mieux, produit avec soin (une production moins brute que 'Useless Generation'), et doté d'un mix délectable, il est gorgé de tubes potentiels (quoiqu'en dise son titre), qui ne demande qu'à faire bouger les foules.
Alors évidemment, on ne comprend pas un traître mot à ce qu'ils racontent. Mais qu'importe (cela permet en outre d'avoir quelques hallucinations auditives plutôt drôles), l'essentiel est ailleurs. Car on tient ici un des très bons disques de l'année qui vient de s'ouvrir. Et la confirmation que Bazooka n'était pas un groupe éphémère et coupable d'un one shot réussi. (Sortie : 18 janvier 2019)
Trois chansons de 'Zero Hits' de Bazooka en écoute aujourd'hui. Tout d'abord, Σουλτάνα (Soultana) (également en écoute dans les playlist Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Βραδυνή Βάρδια (Night Shift). Et enfin Τα Σπάω Όλα (I Break Everything).
Et pour finir, le clip de Φυλακή (Prison) de Bazooka, avec sa banlieue grecque où on deale une drogue spéciale et d'une autre époque :
Une playlist très éclectique cette semaine. Parce que l’éclectisme c'est bien. Même si c'est dur à prononcer au réveil. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).
Lundi 29 octobre 2007 :
* Low - Dragonfly [Sub Pop] Le retour des Américains de Low. Et Dave Fridman à la prod. Un album ambitieux et maitrisé, particulièrement réussi, très torturé. Et des titres de la qualité de ce Dragonfly tout du long. (disponible sur Drums and Guns # 2007)
Dimanche 28 octobre 2007 :
* Dj Vadim - Milwaukee [BBE] L'album parfait pour gueule de bois carabinée, entre dub, reggae, hip-hop et electro. Milwaukee en est l'exemple parfait, petite sucrerie à la Vadim, tout ce qu'il y a de plus savoureux. Miam. (disponible sur Sound Catcher # 2007)
Samedi 27 octobre 2007 :
* Teenage Bad Girl - Cocotte [Citizen] La période est Daft Punk-esque, on n'y peut rien. Et c'est même plutôt très sympatoche. Le premier album de Teenage Bad Girl, plutôt très réussi dans son genre, envoie du lourd. Avec en point d'orgue ce Cocotte à faire pâlir plus d'un Justicier. (disponible sur Cocotte # 2007)
Vendredi 26 octobre 2007 :
* Black Strobe - I'm a Man [Playlouder] Nouvel album de Black Strobe. Tout n'est pas à garder. Mais on conservera, entres autres, cet excellent I'm a Man, rock nerveux electroïdé, à la rythmique qui rappelle Baby Did a Bad Bad Thing de Chris Isaak. (disponible sur Burn Your Own Church # 2007)
Jeudi 25 octobre 2007 :
* The Pigeon Detectives - Romantic Type [Dance To The Radio] Ils avaient percé en 2006 avec quelques singles pas piqués des vers. Leur premier album reprend notamment l'excellent Romantic Type. Neo-Libertines certes mais pas pâle-copie pour autant. (disponible sur Wait For Me # 2007)
Mercredi 24 octobre 2007 :
* Dabrye - Air (feat. MF Doom) [Ghostly] L'an passé, Dabrye a donné suite à son 'One-Two' de 2001. Histoire de ne pas faire les choses à moitié, il invite le grand MF Doom à venir poser sa voix sur le second titre. Et tout décolle. Tout ce que touche ce mec se transforme décidément en or. (disponible sur Two-Three # 2006)
Mardi 23 octobre 2007 :
* !!! - Bend Over Beethoven [Warp] Troisième album des new-yorkais avec ce 'Myth Takes' imparable, leur disque le plus abouti. Plus funky. Plus dansant. Et un Bend Over Beethoven des plus bandant. (disponible sur Myth Takes # 2007)
Les Courting sont quatre, sont de Liverpool, ont encore des têtes d'adolescents - indubitablement anglais -, viennent de sortir David Byrne's Badside, leur nouveau et troisième single, publié sur le label d'Hotel Lux Nice Swan Records, et ne sont pas là pour conter fleurette ou parler de l'homme derrière les Talking Heads. Comme l'explique le chanteur Sean Murphy-O’Neill, « David Byrne's Badside fait le portrait de l'électeur UKIP, qui veut fermer les frontières mais vous assure en même temps qu'il n'est pas raciste »).
Une chanson qui me fait énormément penser aux Libertines (des deux premiers albums, quand ils étaient « produits » par Mick Jones, pas leur disque sans intérêt de reformation), un côté pop et un solo de saxophone en plus. Très prometteur tout ça. Django aurait adoré.
Ils sont sept. Sept à regarder un rayon de disques, sûrement dans une grande surface. Sept avec des tronches de premiers de la classe, dont le plus à gauche rappelle, ses lunettes sur le nez, un certain Jarvis Cocker. Une filiation possible ?
Oui. Et pas qu'avec Pulp d'ailleurs. Car force est de constater que The Idyllists, à l’écoute de leur second album – éponyme - aime la pop anglaise, et de tous âges, même si elle est chez eux orientée vintage. Joli pour des américains de Los Angeles.
The Idyllists pourrait (devrait ?) être une des sensations du moment. Oh, pas nécessairement (quoique) le groupe de l’année. Mais peut-être celui du printemps. Et surement de l’été.
Et l’indifférence générale (à part chez Mmarsu) dans laquelle est sorti leur ‘The Idyllists’ est à se taper la tête contre les murs.
Car The Idyllists viennent de sortir un disque sacrément addictif, d’une fraicheur incroyable, sautillant, aux mélodies immédiatement mémorisables et, cherry on the muffin, qui contient quelques tubes marquants.
‘The Idyllists’ est un disque qui appelle à lui les fantômes des Kinks, le Bob Dylan de I Want You (Let’s Fly Away), rajoute un zeste de Smiths (et encore plus de Morrissey), sort quelques accords jaunis d’anciennes gloires du rock(abily) de la période 50s/60s (Pacific Coast Highway Blues) et se prend le temps de quelques chansons pour les héritiers des Libertines (Honey Please (Say Goodbye for Me) est, de ce point de vue là, assez évidente).
Circonspect quand j’ai découvert le disque (les groupes pompant allègrement l’imaginaire brit-pop, il en existe des dizaines et la plupart tombent à plat), je dois succombé immédiatement au charme de The Idyllists, à tel point que depuis 2 semaines, cet album est revenu plus que de raisons dans mon lecteur, supprimant en deux mélodies trois bridges les fourmis que je pouvais avoir dans les jambes.
Car sachez le, l’écoute de ce ‘The Idyllists’ est un euphorisant léger et implacable. Le pied qui tape ? Le bras qui bat la mesure ? Les «And I’ll go straight to the empire state» chantés à tue-tête ? Normal. Vous êtes simplement en train d’écouter l’album de pop le plus réussi de l’année jusque là. Celui d’un groupe dont le nom semble hésiter entre idéalisme et stylisme, sacrément sincère. Et à suivre.(sortie : 9 février 2010)
Son : Myspace (4 chanson de ‘The Idyllists’ en écoute) Site officiel Achat (pour l'instant ce 'The Idyllists' est uniquement disponible en mp3)
Ils viennent de sortir un ‘Les Singles Ep’, composé de 5 chansons (deux de leur premier album ‘The Long Hours Between Sunset and Morning’, trois de celui-ci), et disponible gratuitement et légalement sur leur site officiel (en échange d’une adresse e-mail). Cliquez ici!
Deux chansons en écoute. Et attention, quelles chansons ! Empire State, forcément, LE tube de l’album. Et Hello 4th Street, qui clot de facon magistral ce 'The Idyllists' charmant comme tout (malheureusement plus en écoute).
Et pour finir, la vidéo de Great Love Story, une chanson que l’on retrouve sur le premier album de The Idyllists:
Il n'y a rien de plus frustrant de découvrir un groupe et de se rendre compte que celui-ci se baladait dans les rues de votre ville quelques semaines plus tôt seulement. Énième et dernier exemple en date, les canadiens de Private Lives qui étaient sur la scène du Trokson le 21 mars. Un quatuor originaire de Montréal qui, après un deuxième album publié l'an passé chez les américains de Feel It Records (à qui l'on doit la découverte des Sweeping Promises) s'offre le premier 45-tours de sa carrière, cette fois chez les autrichiens de Bachelor Records - signature qui explique sans doute cette tournée européenne très allemande (douze dates), belge (Bruxelles
comme seul point de chute) et française (Lille, Sorgues étonnamment et
Lyon donc).
Deux chansons au programme, Think I'm Coming Around en face-A, à laquelle il ne manque que « Gabba Gabba Hey », et Television
Faces en face-B (et en écoute aujourd'hui), entre punk et power-rock dont les riffs ne sont pas sans rappeler les Libertines des deux premiers albums. De la belle ouvrage qui fait espérer que ce rapide passage lyonnais des Private Lives n'est pas le dernier.
Album : Think I'm Coming Around 7" Année : 2026 Label : Bachelor Records
Du 2008. Du 2008. Du 2008. (et toujours disponible dans le lecteur deezer à droite)
Lundi 15 septembre 2008:
* Pumuckl - La Jalousie de la Vierge Marie (Jérôme Minière cover) [-]
Pumuckl (dont j'ai parlé ici, là et dans ce coin-ci) me (et vous) fait l'honneur de donner sur ce blog un avant-goût de son album à venir. Un disque qui mêlera les anciens titres et des nouveautés. Selon lui, "Le mixage n'est sans doute pas aller jusqu'au bout de sa maturation... les prises sont définitives mais pas le mix". Ben qu'est-ce que ça va être alors quand ça sera fini? Premier extrait donc, avec la reprise d'un titre de Jérôme Minière, La Jalousie de la Vierge Marie. A la sauce Pumuckl. Et franchement, c'est excellent. N'hésitez pas à donner votre avis et vos critiques (toujours constructives). (non disponible pour le moment, 2008)
Dimanche 14 septembre 2008:
* Black Kids - I Wanna Be Your Limousine [Almost Gold] Les Américains de Black Kids, après un premier Ep qui avait fait sensation l'an dernier ('Wizard of Ahhhs Ep'), s'entourent de Bernard Butler (ex-Suede), prennent le parti d'une production plus marquée (et un peu plus putassière) et sortent leur premier album, 'Partie Traumatic', efficace résumé des vingt dernières années de la pop music made in Uk. Affolant. (disponible sur Partie Traumatic, 2008)
Samedi 13 septembre 2008:
* Be Your Own Pet - Bitches Leave [XL] Clair. Net. Précis. Efficace. Voilà comment définir le second (et dernier) album des Be Your Own Pet, mené aussi bien par leur urgence punk et rock que par la voix et la présence de la belle Jemina Pearl. Depuis quelques semaines, le groupe a splitté. Il ne nous reste donc plus que des titres comme Bitches Leave pour chougner. (disponible sur Get Awkward, 2008)
Vendredi 12 septembre 2008:
* Dirty Pretty Things - Hippy's Son [Vertigo] Second opus pour la bande à Carl Barat et Gary Powell (tous de deux de feu The Libertines). Un disque très critiqué, surtout quand on le compare au premier album, 'Waterloo To Anywhere'. Vu que ce dernier ne m'avait pas retourné, je ne suivrai donc pas le feu nourri des attaques en affirmant que ce 'Romance At Short Notice' est une belle réussite, avec de grands titres comme ce Hippy's Son et un Carl Barat, qui n'a jamais été aussi prêt de JoeStrummer, vocalement parlant. (disponible sur Romance At Short Notice, 2008)
Jeudi 11 septembre 2008:
* The Black Keys - Pyschotic Girl [Nonesuch] Nouvel album et encore une bien belle réussite de duo guitare/batterie The Black Keys. Cette fois, c'est Danger Mouse qui prend les commandes niveau production. Et qui appose sa touche avec finesse et touché. Psychotic Girl est la meilleure preuve de l'apport de l'homme souris. (disponible sur Attack & Release, 2008)
Mercredi 10 septembre 2008:
* Animal Collective - Cobwebs [Domino] Après un'Strawberry Jam' gigantesque en 2007, les Animal Collective reviennent aux affaires en janvier prochain. D'ici là, pour patienter, ils ont concoté cet Ep, une nouvelle fois divin. Cobwebs, en écoute aujourd'hui, est un titre tout vaporeux et volatile, à la sauce Panda Bear. (disponible sur Water Curses, 2008)
Mardi 9 septembre 2008:
* Destroyer - Foam Hands [Merge] Dan Bejar (New Pornographers, Swan Lake, Hello, Blue Roses) revient avec un autre de ses projets parallèles Destroyer. Un disque que je trouve plus réussi au final que son 'Destroyer's Rubies' de 2006. Un 'Trouble in Dreams' dont on ressortira un somptueux Foam Hands. (disponible sur Trouble In Dreams, 2008)