mercredi 30 juillet 2008

Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]

L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de Will Oldham et de Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment Dan Le Sac Vs Scroobius Pip (à savoir Dan Stephens et David Meads), duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants.

Leur histoire démarre l’an dernier chez Lex Records, pourvoyeur de talents s’il en est (Danger Mouse, Subtle, c’est eux), avec un Ep et un premier tube, Thou Shalt Always Kill. Un titre aux paroles bien senties, à en faire souffrir vos zygomatiques. Du genre :

«Thou shalt not think that any male over 30 that plays with a child that is not their own is a paedophile, some people are just nice»
«Thou shalt not stop liking a band just because they have become popular»
«Thou shalt not use poetry, art or music to get into girls pants……use it to get into their heads»
«When I say “hip” thou shalt not say “hop”»
«Thou shalt not put musicians and recording artists on ridiculous pedestals no matter how great they are or were: The Beatles. Were just a band (...) The Clash. Just a band. (...) Nirvana. Just a band. (...) The next big thing. Just a band.»

Du grand art en cinq minutes. Un flow qui rappelle Sage Francis et le phrasé de Mike Skinner de The Streets et un son aux beats cheap au possible

Près d’un an plus tard, le duo revient avec un premier album, ‘Angles’, dans la même veine, aux idées par dizaine et aux influences multiples. Dans ce disque là, il y a forcément du hip-hop (essentiellement par le flow de Scroobius Pip), mais surtout beaucoup d’électro (Dan Le Sac est dj à la base), de pop (on n’est pas anglais pour rien. La preuve avec un Look For The Woman étonnant) et de rock (Fixed).
En apogée de tout cela, un Letter From God to Man, l’histoire d’une missive envoyée par Dieu aux hommes, qui fait un peu le bilan de l’être humain et de la planète terre, des milliers d’années après sa création. Un titre fort et drôle, porté par le sample de Planet Telex de Radiohead, et qui au final, sonne presque comme un remix de la bande à Thom Yorke.

Ce ‘Angles’ est un peu long, le flow peut vraiment fatiguer au bout d’un moment et le disque ne prend vraiment de l’intérêt que lorsqu’on s’intéresse aux paroles. N’empêche, ce premier album du duo Dan Le Sac VS Scroobius Pip n’en reste pas moins un bon à très bon disque de hip-pop-electro. Melting-pot musical de bonne facture, ‘Angles’ a du chien. Et cet accent british y fait beaucoup. (sortie : 12 mai 2008)

Son:
Myspace
Site Officiel

Deux titres comme le veut la tradition, le très pop
Look For The Woman et le Radiohead-ien Letter From God To Man. Sont forts ces anglais (malheureusement, plus en écoute).

Deux clips pour finir cette chronique. Le premier, celui de
Thou Shalt Always Kill puis le tout dernier, Letter From God To Man, titre qui vient tout juste de sortir en single:

Dan Le Sac VS Scroobius Pip - Thou Shalt Always Kill




Dan Le Sac VS Scroobius Pip - Letter From God To Man

lundi 28 juillet 2008

Track of The Day (22-28 juillet 2008)

Une semaine placée une nouvelle fois sous le signe de la nouveauté, à peine troublée par deux "presque" vieilleries magiques. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 28 juillet 2008:
* George Harrison - Horse To The Water [Warner]
Quelques semaines avant sa mort, George Harrison avait écrit et enregistré ce Horse to The Water, pour son ami Jools Holland, musicien émérite et présentateur d'un show live à la télé anglaise comme on n'a jamais su en faire chez nous. Un titre (le dernier de sa carrière) d'une vigueur et d'une classe folle, alors même que le crabe finissait d'aiguiser ses pinces autour du corps du grand George.
(disponible sur Small World, Big Band, 2001)

Dimanche 27 juillet 2008:
* Jeff Buckley - Hallelujah/I Know It's Over [Columbia]
Pire que Jimi Hendrix, le travail de Jeff Buckley a été violé, mis en lambeaux par une mère avide d'argent et de gloire. Et si les premières sorties posthume de Buckley fils ont de la gueule (ce 'Mystery White Boy Tour', le 'Live @ Sin-é'), le reste franchement rire. Ou pleurer. Reste des versions comme celle-ci, un Hallejlujah couplé à quelques strophes de I Know It's Over des Smiths, enregistré en 1995 à Seatlle.
(disponible sur Mystery White Boy Tour, 2000)

Samedi 26 juillet 2008:
* Miossec - La Non-Demande en Mariage [Mercury]
Aujourd'hui, j'ai deux très bons amis qui se passent la bague au doigt. En leur honneur, la plus belle chanson d'amour française qui soit, écrite par Georges Brassens, reprise avec un brio fou par Miossec: La Non-Demande en Mariage. Mes meilleurs vœux!
(disponible sur Les Oiseaux de Passage, 2001)

Vendredi 25 juillet 2008:
* Clinic - The Witch [Domino]
Les Clinic enchaînent les disques depuis quelques années. Et force est de constater que ce sont souvent le même genre de disque. Mais vu qu'ils le font bien, on ne va pas bouder notre plaisir à l'écoute ce 'Do It!'. Qui plus est à l'écouter de ce The Witch, aux faux-airs de Sympathy For The Devil des Rolling Stones.
(disponible sur Do It!, 2008)

Jeudi 24 juillet 2008:
* Calexico - Two Silver Trees [Touch & Go]
Enfin! Après un très bon 'Garden Ruin', qui s'échappait de la routine dans laquelle le groupe s'était (un peu) enfermé, Calexico revient avec un nouvel album, 'Carried to Dust', le 9 septembre prochain. Histoire de patienter, Touch & Go propose en téléchargement gratuit un premier titre, Two Silver Trees (clique droit et enregistre sous l'ami(e)). Un titre tronqué certes (il manque une dizaine de secondes. Pas fou le label!), mais annonciateur d'un grand cru une nouvelle fois. Miam miam miam!
(disponible sur Carried to Dust, 2008)

Mercredi 23 juillet 2008:
* Santogold - You'll Find a Way [Downtown]
Premier album solo pour cette Américaine. Et première réussite. Car son 'Santogold' est un disque bourré de tubes jusqu'à la lie, entre pop, rock, hip-hop et ragga (oui oui, rien que ça). Ça sonne comme du M.I.A, ça a l'air d'être du M.I.A, c'est plus accessible que du M.I.A. Putassier et efficace, cet album est une sucrerie dont on va se délecter longtemps. Et sans crier "Pull Up" pour autant.
(disponible sur Santogold, 2008)

Mardi 22 juillet 2008:
* Against Me! - Borne on the FM Waves of the Heart [Sire]
Ouch! Ce quatrième album des ricains de Against Me! est un "in your face Twist" magistral. Sorti en 2007, réédité cette année par Fargo, ce disque est un concentré qui se veut punk mais qui est résolument rock. Produit par Butch Vig (le mec derrière 'Nevermind' et membre de Garbage) avec ce son si particulier qui est le sien, 'New Wave' est un concentré d'énergie et d'hymnes essentiels. Ce Borne on the FM Waves of the Heart (avec Tegan Quin de Tegan and Sara) est peut-être le titre le plus pop de cet album jouissif comme jamais.
(disponible sur New Wave, 2007)

samedi 26 juillet 2008

[Oldies] The Sound - From The Lion's Mouth (1981)

Quand en 2002, The Music, sortit son premier album éponyme, beaucoup s’était gaussé de ce groupe en stigmatisant son nom. Car oui, de quel droit la bande de Leeds avait osé ce qu’aucun groupe n’avait osé avant eux ? The Music. La musique. S'il fallait y penser, pour qui se prenait-il ?

Les remarques et les critiques (faciles) avaient-elles été les mêmes en 1979 quand, sur les cendres de The Outsiders, Adrian Borland monte un nouveau groupe, The Sound ? Pour être honnête, je n’en sais strictement rien. On peut toutefois penser qu’il n’en a rien été, le groupe restant toujours dans l’ombre de ses partenaires de label de l’époque, Echo and The Bunnymen et The Chameleons (pas moins). A l’affût. Et ne sautant jamais à la gorge d’un public et d’une époque qui n’attendait pourtant que cela.

Et pourtant, The Sound avait tout pour plaire. Séduire. Et connaître un succès mondial. Leur musique était dans l’air du temps (post-punk, cold-wave), d’une qualité irréprochable et soutenu par les plus grands médias du Royaume-Uni (le NME a toujours chroniqué leurs disques de manière très positive, John Peel leur a fait enregistrer des Peel Sessions). Pis : malgré les ventes moyennes de leurs cinq albums (de 1980 à 1987), les maisons de disques (et pas des moindres) ont toujours cru en The Sound.

Alors que s’est-il passé ? Plusieurs choses peuvent expliquer ce manque de succès : un manque de personnalité, un groupe plutôt sain et sans leader charismatique et torturé (tout le monde ne compte pas un Ian Curtis en son sein), une certaine facilité à ne pas vouloir (pouvoir ?) percer ailleurs qu’en Angleterre et au Bénélux, (leur dernier album sortira d’ailleurs sur le label belge Play It Again Sam mais aucun ne verra le jour aux Etats-Unis) et un manque de singles forts, capables de truster les charts. Pourtant, d’excellents titres, The Sound n’en manque pas. Ils sont justes moins immédiat qu’un Love Will Tear Us Apart ou The Cutter, grands succès des deux groupes auxquels Borland et ses amis peuvent être rattachés, Joy Division et Echo and The Bunnymen.

‘From The Lion’s Mouth’ est le second album du groupe. Un disque qui sort en 1981 et qui, 27 ans plus tard, s’il a ce son typique de l’époque, assez froid, ténébreux et désespéré, a très bien vieilli, mieux même que certains des disques, par exemple, de la bande à McCulloch. La «faute» – notamment – à Hugh Jones, le producteur de ‘Heaven Up Here’ des Echo and The Bunnymen, et aux manettes pour ce disque là, et à une qualité mélodique assez forte et qui tranche assez avec leurs compères de cette période là.

Ici, The Sound, en moins de quarante-six minutes qu’il ne faut pour le dire, livre un disque d’une qualité dingue, naviguant entre post-punk, new-wave et cold-wave, rappelant (ou influençant, c’est selon) New Order, Wire ou The Cure, avec un je-ne-sais-quoi de U2 des débuts (si si !). Un melting-pot très maîtrisé, que des groupes comme Interpol ou Bloc Party - l'intro de Skeletons (voir plus bas) fait furieusement penser à celle de Banquet - voire, à un degré moindre, Editors, a du énormément écouter à l’époque.

En 1987, et après un ultime (et de qualité) baroud d’honneur avec ‘Thunder Up’, The Sound met la clé sous la porte, laissant donc, et pour l’éternité, un vrai chef d’œuvre, ‘From The Lion’s Mouth’, leur grand œuvre. Douze ans plus tard, en 1999, Adrian Borland, dépressif, met un terme définitf à l’affaire en se jetant sous un train. Triste fin pour un songwriter de talent et pour un groupe qui n’aura jamais vraiment eu le succès qu’il méritait, malgré des compositions solides et qui, encore aujourd’hui, restent des joyaux d’une époque souvent – à tort – critiquée et démolie mais qui a su engendrer bon nombre de groupes incroyables.

(Nb : la découverte de ce disque, je la dois à l’ami Raoul qui, sur le blog essentiel Ordet Blog, avait déjà pondu une fort belle chronique de ce ‘From The Lion’s Mouth’. On peut la lire en cliquant là).

Première sortie : 1981 (Korova)Dernière réédition : 2002 (Renascent)

Son :

Myspace non-officiel

Trois titres en écoute de ce
‘From The Lion’s Mouth’. Trois morceaux qui montrent toute l’étendue du talent de The Sound, entre cold-wave (Sense of Purpose), post-punk (Skeletons), et cold-wave (splendide New Dark Age) :


 

mercredi 23 juillet 2008

Fuck Buttons – Street Horrrsing [ATP]

Ami lecteur, je me vois dans l'obligation de te mettre en garde. Si tu suis bien tout ce qu'il se passe sur ce blog depuis septembre 2007 (et particulièrement depuis avril 2008), tu te rendras compte que I Left Without My Hat est rentré dans une sphère pop-rock-folk-esque totale, à peine troublée par quelques morceaux electro voire hip-hop chez Tatie Tracks of The Day. Bref, du son plutôt traditionnel et dans l’air du temps.

Aujourd'hui, changeons les bonnes habitudes et parlons d'un groupe que d'aucuns trouveront bruyant : Fuck Buttons. Et qui a choisi comme ligne artistique le noise mâtiné de drone.

Ah, le noise... Ce genre musical qu’il est assez difficile de mettre entre toutes les oreilles mais qui est cependant bien fascinant – une fois qu’on a passé la barrière du «bon il va finir par la régler sa radio là ?». Il existe une scène assez importante (Sunn O))) ou Wolf Eyes en sont deux des têtes de proue) et qui a carrément explosée avec l’arrivée d’Internet (car oui, cela peut sembler bizarre, mais ce n’est pas un genre qui se retrouve souvent en couverture de Télérama).

S’il est aujourd’hui un groupe qui pourrait faire le pont entre une musique plus «classique» (comme celle développée dans ces pages) et une musique plus difficile d’accès, je mettrais bien une pièce sur Fuck Buttons pour y arriver.

Un groupe mené par deux anglais de Bristol qui, en six titres, impressionnent et affolent les compteurs. Leur premier album, ‘Street Horrrsing’, est un mélange de noise, de drone (ces notes qui n’en finissent pas de durer), de nappes, de psychédélisme, de cris tribaux, le tout avec un sens de la mélodie et une subtilité dingue. C’est même là leur point fort

Et Sweet Love For Planet Earth, le titre qui ouvre l’album, en est l’illustration parfaite et une rampe de lancement rêvée. Ce morceau débute par quelques notes de musique et sont une petite mise en bouche délicieuse, avant que le «bruit» s’installe, doucement, insidieusement. Sauf que, quand c’est le cas, et que vous commencez à vous demander ce que vous êtes en train d’écouter, il est déjà trop tard : hypnotisés, scotchés, vous êtes dedans, vous êtes pris et vous ne pouvez vous en détacher.

Cinquante minutes plus tard, vous n’avez plus que deux envies : réenclencher ‘Street Horrrsing’ dans votre lecteur. Et crier «Thank Buttons» au monde entier. Comme quoi, le noise, y a rien de plus beau finalement. (sortie le 11 février 2008)

Son :
Myspace (deux titres de ‘Street Horrrsing’ en écoute)
Site Officiel

Comme à l'accoutumée, deux titres en écoute de ce premier album des Fuck Buttons: Sweet Love For Planet Earth, le titre qui ouvre 'Street Horrrsing' et Race You To My Bedroom/Spirit Rise, hypnotisant jusqu’au bout du drone (malheureusement plus en écoute).

lundi 21 juillet 2008

Track of The Day (15-21 juillet 2008)

Une semaine de juillet placée une nouvelle fois sous le signe de la nouveauté. Avec, en point d'orgue, un titre de hip-hop ravageur, à faire succomber n'importe quel fan de pop. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).

Lundi 21 juillet 2008:
* Dan Le Sac Vs Scroobius Pip - Letter From God to Man [Sunday Best]
Duo barré, très Mike Skinner, talentueux et aux textes puissants, Dan Le Sac et Scroobius Pip, sur ce Letter From God to Man, utilisent un sample de Planet Telex de Radiohead, qui fait furieusement remix quand même. Puissant, énorme, explosif, ce titre là est de la dynamite. On reparle de cet album, 'Angles', début août.
(disponible sur Angles, 2008)

Dimanche 20 juillet 2008:
* Adam Green - Tropical Island [Rough Trade]
Avec son air faussement benêt et ses textes un peu débiles, Adam Green a tout pour plaire. Sauf sur (surtout) son précédent album, un disque en roue libre, limite parodique. Et puis là, son 'Sixes and Sevens' me redonne la fois dans cette moitié de feu les Moldy Peaches. Des titres comme 'Tropical Island' aide bien il faut dire. Plus crooner que jamais (avec des chœurs partout), qu'on se le dise, Adam Green est de retour!
(disponible sur Sixes and Sevens, 2008)

Samedi 19 juillet 2008:
* ¡Forward, Russia! - Spring is a Condition [Cooking Vinyl]
Combo de Leeds, les ¡Forward, Russia! m'avaient enthousiasmés avec leur premier album 'Give Me a Wall' en 2006, concentré de rock à la nervosité punk. Passé depuis chez Cooking Vinyl, leur nouvel album 'Life Processes' perd (un peu) en urgence mais pas en classe. Ce disque est bon, ce disque est grand et son leader s'appelle Spring is a Condition.
(disponible sur Life Processes, 2008)

Vendredi 18 juillet 2008:
* The Gutter Twins - The Stations [Sub Pop]
Greg Dulli et Mark Lanegan (est-il encore besoin de le présenter?) sont amis de longue date. Ce 'Saturnalia' est leur premier disque ensemble. Un disque rock, dark, porté par la voix de Lanegan, buriné à la clope et au whisky. Un délice qui s'ouvre par ce bijou qu'est The Stations. Attention, la consommation excessive de drogues etc, etc.
(disponible sur Saturnalia, 2008)

Jeudi 17 juillet 2008:
* The Helio Sequence - Keep Your Eyes Ahead [Sub Pop]
Ils viennent de Portland, ils se sont formés en 1999 et 'Keep Your Eyes Ahead' est leur cinquième album. Un disque de pop, qui va d'Interpol à Puressence en passant par le Springsteen des années 70 avec un splendide Broken Afternoon, peut-être pas le titre le plus représentatif de l'album (pas de ligne de basse à la Interpol, pas de shoegazing, etc) mais sûrement le plus beau.
(disponible sur Keep Your Eyes Ahead, 2008)

Mercredi 16 juillet 2008:
* El Perro Del Mar - Inner Island [Memphis Industries]
Les premières écoutes de ce second album des El Perro Del Mar (encore des Scandinaves!) n'étaient pas fameuses. Et puis, petit à petit, ce 'From The Valley To The Stars' s'est affirmé comme un bon disque (avec de beaux titres comme Inner Island), même si en deçà du premier.
(disponible sur From The Valley To The Stars, 2008)

Mardi 15 juillet 2008:
* The Dirty Secrets - My Heart is on Fire [Vagabond]
Du rock australien qui n'a pas inventé l'eau chaude, loin s'en faut. Un peu de FM, voire même d'hymne de stade, avec un soupçon de The (International) Noise Conspiracy (période 'Armed Love'). C'est plutôt efficace. Pas dit que ça reste. Mais en ce début de semaine, disons que ça fait du bien par où ça passe.
(disponible sur The Dirty Secrets, 2008)

samedi 19 juillet 2008

[Oldies] Nick Lowe – Jesus of Cool (1978)

Après quelques semaines infernales qui m’ont laissé dans l’incapacité totale d’écrire une chronique (en plus) tous les sept jours pour (re)présenter dans ces pages un album oublié (ou non), je réactive la partie ‘Oldies’ de ce blog, qui justement commençait à se faire un peu vieille.

Histoire de repartir du bon pied, mettons en avant un disque qui 1) fête ses trente ans 2) vient d’être superbement réédité et 3) est une sacré découverte de ce premier semestre 2008 : ‘Jesus of Cool’ de Nick Lowe. Un artiste qui ne connaîtra la «gloire» que très tardivement, au début des années 90, grâce au succès d’un film sirupeux à souhait, Bodyguard, dont le morceau (What’s So Funny ‘bout) Peace, Love and Understanding, composé dans les années 60, fut repris par Curtis Stigers et inséré dans la bande-originale (soit dit en passant la plus vendue de l’histoire).

Mais avant d’être l’ami indirect de Whitney Houston et de Kevin Costner, Nick Lowe est avant tout un artiste pop par excellence, un homme qui se cache derrière certains des grands disques de ces 35 dernières années (dont celui-ci).

Né en 1949 à Walton-on-Thames, fils d’un officier de la British Royal Air Force, l’Anglais développe très vite une passion et un intérêt grandissant pour la musique avec son ami de toujours, le guitariste Brinsley Schwarz. Ces deux là monteront bon nombre de groupes, dont le plus «célèbre» reste Kippington Lodge, un band très pop à guitare, qui dégotera un joli contrat avec Parlophone en 1966, donnant naissance à cinq singles depuis longtemps passés aux oubliettes de l’histoire de la musique.

Trois ans plus tard, en 1969, les Kippington Lodge changent de nom et deviennent les Brinsley Schwarz, pondent une musique mêlant Crosby, Stills & Nash et The Grateful Dead et signent un contrat chez United Artists. Ratant le succès d’un rien, et au lieu de s’appesantir sur cet échec, les Brinsley Schwarz relativisent, retournent aux racines et se mettent à jouer, énormément, dans les pubs, avec une envie et besoin, et sans aucune pression aucune. En initiant ce mouvement, les Brinsley Schwarz ne le savent pas encore mais ils viennent de créer une caisse de résonance incroyable à un mouvement qui frétille en Grande Bretagne : le punk.

En 1976, toujours sous contrat avec United Artists, et alors que l’on vient de prononcer la mort des Brinsley Schwarz, Nick Lowe décide de quitter la massive structure pour rejoindre Stiff Records, un tout nouveau label indépendant. Las, UA lui met rapidement des bâtons dans les roues, ne le libère pas de son contrat et l’oblige à sortir de nouveaux singles. Vu que notre homme n’est pas le dernier des plaisantins, il s’amuse alors à sortir des disques improbables, espérant se faire virer sans ménagement. Mais quand il enregistre, sous le nom de Tartan Horde un single débile, niais et infantilisant au possible (il faut écouter les paroles pour le croire !) Bay City Rollers We Love You, le titre devient un tube au … Japon ! Et ce n’est qu’en sortant Let’s Go To The Disco sous le nom The Disco Brothers, que Nick Lowe se fait jeter d’UA et part signer dans la foulée chez Stiff Records et y enregistrer, pour une poignée de pounds, le premier single punk de l’histoire anglaise : So It Goes couplé avec Heart of the City.

Et c’est paradoxal. Car, bien que très porté vers la pop, Lowe se tourne donc franchement vers ce mouvement naissant. Et en devient un des pères. Il produit ainsi le premier album des Damned, ‘Damned Damned Damned’ (et premier album punk anglais de l’histoire), puis les quatre premiers disques d’Elvis Costello (dont le brillantissime ‘This Year’s Model’). Rien que ça.

Il retourne ensuite vers la pop via ‘The Bowi Ep’, blague potache «en réponse» au ‘Low’ de David Bowie, sorti quelques moins plus tôt. En 1978, alors qu’il vient de signer chez Radar Records, il sort enfin son premier album solo, ‘Jesus of Cool’. Dès la réception du disque, toutes les critiques sont unanimes : c’est un chef d’œuvre. Qui ne trouvera pourtant jamais vraiment son public, aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis (où le disque sortira sous le nom de ‘Pure Pop For Now People’, avec un tracklisting et une pochette différent). Et pourtant, il a tout plaire.

Car dans ce ‘Jesus of Cool’, il y en a pour tous les goûts : du punk (Heart of The City, voir plus bas), du glam (Tonight, où plane l’ombre de David Bowie, voir plus bas-bis), beaucoup de pop (I Love The Sound of Breaking Glass, son premier top 10 hit single, voir plus bas-ter, ou Marie Provost, aux sonorités Beach Boys-ienne), du rock à la manière des pionniers (Shake and Pop), un brin de ska/reggae (No Reason), et même presque du disco sur Nutted by Reality. Bref, un album hétéroclite mais à l’homogénéité surprenante. Car tout se tient et tout s’enchaîne sans choquer. Tout coule. Nick Lowe est un mélodiste de talent, un producteur hors-pair et cela se ressent à l’écoute de ce ‘Jesus of Cool’.

Que deviendra t-il après ce disque là ? Il en sortira d’autres bien sûr, mais ils frapperont beaucoup moins les esprits et auront encore moins de succès. Parallèlement, il en profitera pour produire le premier single des Pretenders, Stop Your Sobbing, épouser Carlene Carter (la belle-fille de Johnny Cash), tomber dans l’alcool, s’en sortir, produire à nouveau Costello, et voir les millions s’accumuler sur son compte en banque grâce à Kevin Costner.

Depuis cette période, il vit tranquillement, sortant des disques quand bon lui semble et dans le style qui lui plaît. De toutes façons, tout ce qu’il pourra enregistrer n’arrivera jamais à la cheville de ce bijou de pop, de rock et de glam qu’est ‘Jesus of Cool’. Un album brillant, trop peu connu pour être honnête, qui fête aujourd’hui ses 30 ans, de la part d’un pop-man génial, à la trajectoire musicale fluctuante et à l’importance indéniable.

Première sortie: Mars 1978 [Radar]
Réédition: Février 2008 [Yep Roc] (à noter que la réédition est accompagnée de 10 titres bonus de grande qualité et qui prolongent bien l'écoute de l'album original)


Son :
Myspace
Myspace bis
Site officiel

Et comme, même après des semaines d’absence, je ne perds pas mes bonnes vieilles habitudes, voilà trois titres en écoutes : le très pop I Love The Sound of Breaking Glass, le glam Tonight et le punk Heart of the City (dans sa version live). Histoire d’apprécier toute la palette (immense) du talent de Nick Lowe :


 

mardi 15 juillet 2008

Envelopes – Here Comes The Wind [Brille]

J’ai souvent dit dans ces pages mon admiration et mon amour pour les pays Nordiques (sans préférence particulière, je suis bonne pâte). Et ce ne sont pas les Envelopes (que j’avais rapidement évoqué ici) qui vont me faire changer d’avis.

Bien au contraire. Sauf que cette fois, loin du folk-pop scintillant des Tobias Fröberg et autres Thomas Dybdahl, c’est un disque d’indie-rock dont il est question ici. Onze titres, 34 minutes, emballé, c’est pesé, et à la p’tite dame, il lui faut quoi ?

‘Here Comes The Wind’ est le second album (officiel) de ce quintet franco-suédois, formé en 2002 sous le nom de The Nicotines avant de changer deux ans plus tard de dénomination à la sortie de leur premier Ep, ‘I Don't Like It Ep’. Un disque qui sent bon le rock de la fin des 80s et du début des années 90s. Un album dont les deux influences majeures (partagées par tous les membres du combo) se nomment Talking Heads et Pixies (leur Heaven rappelle furieusement le Monkey Gone to Heaven de la bande à Franck Black, voir plus bas) et qui fait souvent au final penser à du Alamo Race Track énervé. Rien que du très recommandable donc.

Afin de prendre le contrepied de tout cela, les Envelopes rendent toutefois hommage à une des égéries des années 80s, à la choucroute sur la tête et aux chansons FM dégoulinantes, la bien nommée Bonnie Tyler. Oui oui. Dans The Party (voir plus bas), Henrik Orrling (un des deux leaders vocaux avec Audrey Pic) balance un «Once up a time I was falling in love, now I’m only falling apart», qui n’est ni plus ni moins qu’un copié-collé d’un passage de Total Eclipse From The Heart, LE tube de la blonde peroxydée à la voix bousillée par trop d’hurlements et de cigarettes. Bref, un bien beau clin d’œil qu’il est impossible d’imaginer involontaire.

Au-delà de cette jolie boutade (mais qui confère un charme particulier à ce titre), ‘Here Comes The Wind’ est un vrai disque de rock, joliment foutraque, produit « crassement » et bien construit. Et Envelopes un groupe dont on devrait rapidement entendre reparler. Très rapidement. (sortie : 18 février 2008)


Son :

Myspace (trois titres de ‘Here Comes The Wind’ en écoute)
Site Officiel

Deux titres en écoutes, le Pixies-ien Heaven et le calme Boat (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, le clip de The Party, le titre qui ouvre 'Here Comes The Wind' et qui «rend hommage» à Bonnie Tyler :



lundi 14 juillet 2008

Track of The Day (08-14 juillet 2008)

Une semaine pleine de nouveautés dans le Track of The Day. Et y en pour tous les goûts (pour peu qu'on aime la pop et le rock). (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).

Lundi 14 juillet 2008:
* Pumuckl - Expect The Unexpected
En ce jour de fête nationale, et même si c'est plus pour faire une introduction marronnier qu'autre chose, mettons en avant un artiste français, Pumuckl, que j'ai déjà évoqué dans ces pages. Notre homme vient de sortir une très belle version de Expect The Unexpected des Herman Dune, tiré de leur 'Switzerland Heritage'. Dans la belle tradition de Pumuckl. J'adore. Je suis fan de ce mec.
(indisponible pour le moment)


Dimanche 13 juillet 2008:
* She & Him - This Is a Test [Merge]
L'actrice Zooey Deschanel et le (insère ici tes superlatifs les plus forts) M. Ward sortent un disque tous les deux. Un album doux, léger, jazzy et retro, où la voix de Zooey fait merveille. This Is Not a Test, en écoute aujourd'hui, est le genre de morceaux qui rappellent le fameux duo Lee Hazelwood/Nancy Sinatra. Charmant tout plein. Et même plus tiens.
(disponible sur Volume One, 2008)

Samedi 12 juillet 2008:
* dEUS - Eternal Woman [Polydor]
Sans se mentir, depuis deux albums, dEUS m'ennuie à mourir. Leur dernier 'Vantage Point' est un disque que l'on qualifiera de raté. Dommage. Mais comme à chaque fois, on peut ressortir quelques titres pas dégueus. Notamment ce Eternal Woman, petite douceur aux jolis chœurs féminins, vraiment beau.
(disponible sur Vantage Point, 2008)

Vendredi 11 juillet 2008:
* Stephen Malkmus & The Jicks - Hopscotch Wille [Domino]
Depuis la fin de Pavement, j'attends un grand album du père Malkmus, celui qu'on pourra placer sans honte à coté de 'Slanted & Enchanted' ou 'Crooked Rain, Crooked Rain'. Ça ne sera pas pour cette fois là non plus, même si ce 'Real Emotional Trash' est bien plus réussi (des titres comme Hopscotch Wille explique cela) que son prédécesseur 'Face The Truth', qui ne tenait la route le temps que d'une chanson (No More Shoes).
(disponible sur Real Emotional Trash, 2008)

Jeudi 10 juillet 2008:
* Plants & Animals - Bye Bye Bye [Secret City]
Dans la grande tradition des groupes pop déglingos, je voudrais les Plants & Animals, groupe canadien euphorique, sorte de mix entre The Polyphonic Spree et I'm From Barcelona. Un bon bol d'air frais et d'été dans ce mois de juillet perturbé.
(disponible sur Park Avenue, 2008)

Mercredi 9 juillet 2008:
* What Made Milwaukee Famous - For The Birds [Barsuk]
Groupe extraordinairement sympathique malgré son nom des plus débiles. Rien de bien révolutionnaire certes mais une power-pop/power folk de très très bon aloi. Et quelques titres carrément jouissif. Comme ce For The Birds notamment.
(disponible sur What Doesn't Kill Us, 2008)


Mardi 8 juillet 2008:
* Beach House - Heart of Chambers [Bella Union]
Fermez les yeux. Evadez-vous. Ne pensez plus à rien. Appuyez sur Play et lancez Heart of Chambers. Étonnamment vous flottez. Normal, vous écoutez 'Devotion' de Beach House, un des disques les plus sensuels de l'année.
(disponible sur Devotion, 2008)

mardi 8 juillet 2008

The Dodos – Visiter [French Kiss]

En 2003, quand The Rapture avait explosé avec 'Echoes', je m’étais épris d’un disque, ‘Songs For The Withering’ des Rapture, groupe de métal (avec tous les préfixes que vous voulez devant) assez trippant, pas renversant mais vraiment efficace.

Cinq ans plus tard, rebelote. Alors que la France du rock commence (certes timidement) à parler des Dodoz, groupe toulousain – dont j’avais un stupide a priori négatif, ayant une peur bleue de retomber face à un énième clone des Naasts – plutôt pas mal du tout, je me retrouve à me plonger dans le nouvel album de The Dodos, duo californien formé de Meric Long et Logan Kroeber et adepte d’une folk-pop assez psychédélique.

Un album en forme de coup de foudre. Il y a des jours où vous enchaînez les écoutes de disques et où tout vous parait fade, plat et sans intérêt. Et puis, paf, un groupe au nom pas forcément vendeur et à la pochette qui fait penser à celle du ‘Velvet Underground and Nico’… mais écrasée, vous tombe dans les esgourdes. Et vous retrouvez le sourire et la foi dans une année 2008 en dent de scie.

The Dodos et leur 'Visiter' m’ont fait du bien. Leur folk barré, leurs mélodies aux faux airs de Sufjan Stevens, ces rythmiques – un brin tribale – à la Animal Collective et ce (je ne saurais l’expliquer) côté Beirut, tout cela m’a beaucoup plu, touché. L’album est très cohérent. Tout s’enchaîne d’une façon assez édifiante. Tout coule naturellement (un vrai travail a été fait sur le tracklisting). Notamment le début du disque, avec un enchaînement Walking, Red & Purple (voir plus bas), Eyelids et Fools parfait.

On pourra arguer que le disque est un peu long (une heure pour 14 titres). On n’aura même pas tort lors des premières écoutes avant de vite se rendre compte que le tout est indispensable et qu’il n’y a ici aucun remplissage et que tout à sa place et son importance, des morceaux les plus longs (superbe Joe’s Walz et ses presque 8 mns) aux «interludes» de moins de deux minutes.

Bref, The Dodos, ce disque, sa pochette (dessinée par un des enfants d’une classe pour qui le groupe a joué quelques mois avant la sortie de ‘Visiter’), son ambiance folk/psyché-folk/indie-rock-pop, est un des trucs dont on reparlera dans six mois. 'Happy Hardcore' qu’ils disent sur leur myspace. Tu m’étonnes John. (sortie : 18 mars 2008)

Son :
Myspace (trois titres du nouvel album en écoute)
Site Officiel
Jodie, en mp3, téléchargeable gratuitement sur le site de French Kiss leur label
Fools, téléchargeable chez Pitchfork

Histoire de vous donner une idée encore plus grande de ce que font ces deux gus derrière
The Dodos, deux titres en écoute, l’énergique Red and Purple et le tranquille Park Song (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, le clip de
Fools, un des meilleurs titres de l’album :



lundi 7 juillet 2008

Track of The Day (01-07 juillet 2008)

Mais où est passé le hip-hop bondieu? Ben je sais pas trop. Faut juste que je mette la main dessus. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 7 juillet 2008:
* Tom McRae - Bright Lights [V2]
Tom McRae était triste. Déprimé. Au fond du trou. Pour sauver sa peau, il avait composé 'Tom McRae', un premier disque somptueux de noirceur. Plus tard, Tom McRae est devenu un peu plus - puis totalement - heureux. Et il m'a ennuyé. Profondément. Une des grosses déceptions de ces dernières années. Entre albums sans intérêt et chansons ineptes, il avait perdu "le truc". Reste quelques titres à sauver, comme ce Bright Lights sur son 'King of Cards' de l'an passé, entêtant par son piano, même si super formaté et limite vulgos.
(disponible sur King of Cards, 2007)

Dimanche 6 juillet 2008:
* Max Richter - On the Nature of Daylight [130701/Fat Cat]
En 2004, j'avais fait du 'The Blue Notebooks' de Max Richter mon album de l'année. Pour la simple raison qu'il m'avait fait pleurer lors des premières écoutes. Et qu'il m'avait totalement bouleversé. Je me souviens très bien de la première écoute, couché et me relever d'un coup, les yeux tous mouillés, me demandant ce que c'était que ce disque de musique de chambre. J'avais commencé à craquer sur ce titre là, On the Nature of Daylight. A votre tour...
(disponible sur The Blue Notebooks, 2004)

Samedi 5 juillet 2008:
* Monty Python - Always On The Bright Side of Life [Handmade Films]
En 1979, à la fin de 'Life of Brian' (clairement le film le plus drôle de l'histoire du cinéma), les Monthy Python sortent une bluette hilarante et se mettent tous à siffler, perché sur des croix (une scène à revoir en cliquant là). Trente ans plus tard, ce titre est toujours à se tordre. Et est plus que jamais une philosophie de vie.
(disponible sur Life of Brian, 1979)



Vendredi 4 juillet 2008:
* Mogwaï - The Sun Smells Too Loud [PIAS]
Après une réédition somptueuse (à tous les niveaux. Et le mot est faible) de leur chef d'œuvre 'Young Team' il y a quelques semaines, les écossais de Mogwaï viennent d'annoncer la sortie d'un nouvel album 'The Hawk Is Howling' le 22 septembre prochain. En attendant la livraison, voilà un premier extrait, qui donne l'eau à la bouche, The Sun Smells Too Loud, en téléchargement libre ici, dans l'oeil de l'aigle.
(disponible sur The Hawk Is Howling, 2008)

Jeudi 3 juillet 2008:
* Pellumair - Postcards [Tugboat]
Responsable d'un seul et unique album (le duo splittera la veille de la sortie de ce dernier, 'Summer Storm'), Pellumair a été un groupe complètement évincé de la moindre visibilité promotionnelle en 2005. Et pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur cet album en tous points beau et bon dans lequel j'aime me replonger régulièrement. Postcards restera peut-être leur plus beaux morceaux: deux voix à la douceur incroyable, posées sur un riff discret et répétitif. Ces deux là auraient mérité d'aller plus haut. Dommage. Et snif.
(disponible sur Summer Storm, 2005)

Mercredi 2 juillet 2008:
* Death Cab For Cutie - Bixby Canyon Bridge [Atlantic]
Nouvel album de la bande à Gibbard et première vraie déception de leur discographie. Poussif, sans génie, ce 'Narrow Stairs' n'est pas une franche réussite. Et pourtant, tout démarre bien avec ce titre d'ouverture, Bixby Canyon Bridge, dans l'esprit de leur précédent 'Plans'. Après, l'ennui s'approprie l'écoute. Dommage.
(disponible sur Narrow Stairs, 2008)

Mardi 1er juillet 2008:
* Electric President - It's Like a Heartbeat, Only It Isn't [Morr Music]
Deuxième album d'Electric President (groupe derrière lequel on retrouve Ben Cooper aka Radical Face), grande réussite une fois de plus. Ce It's Like a Heartbeat, Only It Isn't en est la meilleure preuve. Pop-rock, mais dans le bon sens du terme.
(disponible sur Sleep Well, 2008)

samedi 5 juillet 2008

Le retour du 'Oldies'

Après plus de cinq mois d'inactivité, et même si on est en été, la rubrique 'Oldies' devrait reprendre du service dès la semaine prochaine avec une réédition d'un album de... mais chut!, je ne vous en dis pas plus.

Ayant toujours tenu en estime cette partie 'Oldies' et après la fermeture d'un de mes comptes free sur lequel je conservais les sons mis en ligne pour ces albums, la plupart du temps, oubliés, j'ai décidé de laisser constamment trois titres en ligne, le tout grâce à un lecteur deezer.

Concrètement donc, chacune des 17 (jusque là) chronique 'Oldies' possède son propre lecteur deezer et trois titres mis en ligne et écoutables, jusqu'à plus soif. Histoire de.

Ainsi, les chroniques suivantes ont de nouveau du son disponible à écouter:

Minnie RipertonPerfect Angel (1974)

AmnestyFree Your Mind: The 700 West Sessions (1973)

Ike and Tina Turner - River Deep Mountain High (1966)

The HomosexualsThe Homosexuals' Record (1984)

Tim HardinBird on a Wire (1971)

Van MorrisonSaint Dominic's Preview (1972)

The HolliesFor Certain Because... (1966)

David Ackles - American Gothic (1972)

The Left Banke - Walk Away Renee/Pretty Ballerina (1967)

Bob DylanBlood On The Tracks : New-York Sessions (1974)

The Four Seasons - Genuine Imitation Life Gazette (1969)

Erma FranklinSoul Sister (1969)

Evie Sands - Any Way That You Want Me (1969)

Jackson C. FrankBlues Run The Game (1965)

Millie Jackson - Caught Up (1974)

John Phillips - John, The Wolf King Of L.A. (1969)

The Bee Gees - First (1967)

Bonne(s) écout(e)s et (re)découvertes!

jeudi 3 juillet 2008

Borko – Celebrating Life [Morr Music]

Vous allez encore penser que je ne suis pas forcément objectif: me voilà de nouveau, à 8h25 du matin, prêt à m’extasier sur la beauté d’un disque de chez Morr Music, ce label allemand absolument fascinant qui m’emballe à chaque nouvelle sortie. Oui. Mais que voulez-vous : je suis tellement fan de leurs productions qu’ils pourraient sortir un disque de mouches péteuses que ça ne me choquerait pas et que je serais prêt à m’enthousiasmer.

L’objet du désir de ce jeudi 3 juillet est donc signé sur Morr Music. Et vient du même pays des volcans et glaciers que Björk, l’Islande. Il s’appelle Björn Kristiansson mais utilise Borko comme nom de scène. Un ami des Mùm (avec qui il tourne depuis le début de l’année) qui avait sorti un premier et unique Ep en 2001, ‘Trees & Limbo’, déjà chez Morr Music.
Un personnage dont le myspace nous apprend qu’il est le co-auteur de chansons célèbres comme Last Christmas, Knowing Me Knowing You ou Suicide Is Painless, la chanson phare du film Ghostbusters , qu’il aime la mayonnaise, violer les droits des minorités et qu’il est pour la torture des terroristes. Bref, Borko ne se prend pas au sérieux (toujours via son myspace, on apprend qu’il considère sa musique comme similaire à «Lionel Richie and Mark Knopfler trapped in the set for a sci-fi movie» : tout un programme !) et c’est tant mieux.

Pour son premier album, ‘Celebrating Life’, Borko présente une musique assez loin des deux hérauts des années 80, que l’on qualifiera d’electro mélodique, à laquelle on rajoutera tous les adjectifs possibles et imaginables : pop (Spoonstabber), folk (Summer Logic, voir plus bas) ou rock sur Sushi Stakeout (et ses riffs sérieusement similaires à ceux de la fin très Morriconienne de Interstate 5 des Wedding Present) ou Doo Doo Doo. Et à chaque fois, quelle que soit la veine dans laquelle Borko s’engouffre, il fait toujours en sorte que cela soit les cuivres qui remportent la bataille, présents qu’ils sont tout au long du disque. Certes, il en fait parfois un peu trop, se laisse aller à quelques facilités (sur Hondo & Borko notamment) mais, au final, rien de bien scandaleux, au contraire.

‘Celebrating Life’ est un disque qui fait beaucoup penser au Mùm des débuts, les voix des deux sœurs Valtýsdóttir et le côté tristoune en moins. ‘Celebrating Life’ est un premier album réussi, pas foncièrement indispensable mais diablement charmeur, pour peu qu’on aime les ambiances allemandes de Morr Music, tout en touché electro. Bref, 'Celebrating Life' est un disque à écouter. Vite. En plus, il pleut. (Sortie: 29 Février 2008)

Son:
Myspace (Deux titres disponible à l'écoute)

Deux titres ci-dessous, celui d’ouverture, Continental Love et un Summer Logic, très Mùm:

BorkoContinental Love

BorkoSummer Logic

mardi 1 juillet 2008

Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]

En 2002, Dntel sort son premier album, 'Life is Full of Possibilities'. Au neuvième morceau, (This Is) The Dream of Evan and Chan, il invite Ben Gibbard, de Death Cab for Cutie, à venir chanter sur une de ses compositions. Les deux ne le savent pas encore mais The Postal Service est né.
Un an plus tard, leur premier album voit le jour. Grand disque de 2003 (dont on ne dira jamais assez à quel point il est essentiel dans cette première décennie de siècle), 'Give Up' aligne les titres electro-pop cheap aux contours de tubes.

Depuis cette date, et mis à part un Ep censé nous faire patienter ('We Will Become Silhouettes Ep' en 2005), rien. Les deux gus ont repris chacun leurs propres chemins. Et la suite se fait attendre.

Vu qu'il semble désormais acquis qu'un second album ne verra jamais le jour, il faut bien se résoudre à trouver un remplaçant. Au moins un palliatif, histoire de se remettre doucement de cette attente qui semble éternelle. Et, sans crier gare, au détour d'un blog, Styrofoam m'a sauté aux yeux. Aux oreilles. Au cou. Au cerveau.

Styrofoam est en fait le projet solo de Arne Van Petegem, Belge de son état, qui a une discographie longue comme le bras et des amis qui parlent à mes esgourdes: entre autres, et rien que cela, Valerie Trebeljahr (Lali Puna), Andrew Kenny (The American Analog Set), Bent Van Looy (Das Pop), Markus Acher (The Notwist, Lali Puna) ou Alias. Remixeur à ses heures (Giardini di Mirò, Tristeza ou Mùm, entre autres), Styrofoam a tout pour remplir le rôle de remplaçant de Postal Service dans mon petit cœur.
Dès les premières notes de After Sunset, tout est dit : cette voix, cette ambiance électro-cheap aux relents très pop (de la guitare, de la basse); tout sonne comme le duo de Sub Pop. Et à l'écoute de Microscope (voir plus bas), plus de doute possible : la filiation est évidente.

En creusant le sujet, je me suis aperçu qu'en fait, j'avais déjà entendu un morceau de lui : sur 'We Will Become Silhouettes Ep' des Postal Service où il remixait leur Nothing Better. Et que la parenté avec le duo Gibbard/Dntel était plus importante que prévu, les deux «groupes» s'étant souvent retrouvé discographiquement parlant depuis six ans (Styrofoam a sorti un Split Ep avec Dntel en 2002 et a convié Ben Gibbard sur un de ses disques).

Il serait évidemment réducteur de ne présenter Styrofoam que comme une pâle copie du duo américain. Car lui aussi à son univers. Histoire d'enfoncer le clou, Styrofoam se plait même à inviter quelques voix pour embellir ses morceaux. Un Josh Rouse sur Lil' White Boy, Erica Driscoll sur No Happy Endings (où sa voix lancinante fait des merveilles) ou Lili de la Mora sur No Deliveries List (le titre le plus electro de l'album).

Bref, en quelques écoutes, je suis tombé sous le charme de cette musique un brin cheap mais bigrement efficace. Je n'ai rien écouté de ses essais passés et de ses premiers albums. Mais ce 'A Thousand Words' m'a vraiment emballé et il me tarde d'aller poser quelques oreilles sur ses oeuvres passées. D'ici là, je sens que je vais me délecter encore longtemps de ce délice d'electro-pop. Miam miam. (Sortie: 21 avril 2008)

Son :
Myspace
Site Officiel (enfin, kinda)

Et en écoute, deux titres, A Thousand Words et Microscope (un des tous meilleurs titres de l'album), malheureusement plus en écoute.