mercredi 29 septembre 2010

[Track of The Day] Mondrian - Things That Money Can't Buy

J'ai rarement le temps d'écouter tous les albums et toutes les chansons que l'on m'envoie par mail, quotidiennement. Non pas par dédain ou désintérêt mais juste par manque de temps. Comme disait Annie Cordy «j'aim'rais bien mais j'peux point».

Ce premier Ep de Mondrian, 'Pop Shop Ep', aurait du subir le même sort. Mais par je ne sais quelle faille spatio-temporelle, on m'a présenté le groupe un jour où j'avais quelques minutes voire heures à tuer. J'ai donc écouté. Et j'ai sacrément bien fait.

Contrairement à leur homonyme célèbre Piet Mondrian, peintre néerlandais pionnier de l'abstraction, le groupe Mondrian est français et n'a rien de particulièrement abstrait.

Mondrian fait plutôt dans la pop américaine teintée de country et de folk, chantée en anglais (et sans accent particulier). Une pop qu'il secoue à grands renforts de banjos, de clappings et de mélodies pianotées.

Mondrian fait dans la pop disais-je et il le fait bien. A l'instar de groupes comme 1973, Revolver (mais en moins vintage ici) ou Toy Fight, Mondrian est une chouette découverte qui prouve que la pop française va bien, merci pour elle.

Album: Pop Shop Ep
Année: 2010
Label: Non signé


'Pop Shop Ep' est en écoute complète (et à l'achat) sur le bandcamp de Mondrian. Ici même.

mardi 28 septembre 2010

[Track of The Day] Hanni El Khatib - You Rascal You (cover)

Je dois être un peu bas du front. Quand on m'a conseillé d'écouter Hanni El Khatib, j'ai aussitôt pensé à un artiste naviguant dans les eaux du rap et du hip-hop. Sauf que… pas du tout.

Hanni El Khatib est californien, aime les guitares et devrait sortir sous peu son premier album 'Will The Guns Come Out'. Pour l'instant, deux chansons sont disponibles, une face A et une face B d'un 7", sorti durant l'été (et distribué par Stones Throw).

Si le premier morceau, Dead Wrong, est une bonne chanson rock-soul vintage, la reprise par Hanni El Khatib de You Rascal You est une plus grande réussite.
Ce standard américain, version originale du Vieille Canaille de Gainsbourg, composé en 1931 pour le film d'animation 'Betty Boop: I'll Be Glad When You're Dead You Rascal You' (voir plus bas) - joué à cette occasion par Louis Armstrong et son orchestre, (et repris depuis par d'innombrables artistes, de Sammy Davis Jr. à Sly & Robbie) - se voit s'offrir ici un lifting blues-rock riffeur du meilleur effet.

Courte, simple, efficace, la version d'Hanni El Khatib me plait beaucoup. Et me fait dire qu'il est assurément un artiste à suivre.

Album: Dead Wrong 7"
Année: 2010
Label: Innovative Leisure


Vous pouvez acheter ce 'Dead Wrong 7"' d'Hanni El Khatib en allant ici.

Tombé dans le domaine public depuis quelques années, voilà donc en intégralité 'Betty Boop: I'll Be Glad When You're Dead You Rascal You'. Un dessin-animé de plus de 7mns, qui ferait sans doute scandale s'il voyait le jour aujourd'hui vu sa vision très occidentale (et du début du XXè siècle) de l'Afrique:




Et pour finir, le clip de la version de You Rascal You par Hanni El Khatib :


vendredi 24 septembre 2010

[Track of The Day] Joanna Newsom - Baby Birch

Que ceux qui n'ont pas aimé les précédents albums de Joanna Newsom (et notamment à cause de sa voix) passent leur chemin: il ne trouveront rien dans ce 'Have One on Me' qui pourra les convertir à la musique de la belle américaine.

Pour les autres - mais ils le savent déjà vu que ce troisième album de Joanna Newsom a vu le jour officiellement en février dernier - cela ne sera que bonheur, joie, félicité et orgasme auditif. A l'instar de ces deux prédécesseurs, 'Have One on Me' est un album magnifique, mais qui demande du temps.

Exigeant, composé de trois disques pour un total de plus de 2h de musiques, ce disque ne s'avale pas d'une traite. Il faut savoir repartir pour mieux revenir. 'Have One on Me' se révèle en effet à chaque nouvelle écoute, de bijoux d'orchestrations en merveilles de contre-pieds, de moments de grâce insoupçonnés en instants baroques et mélancoliques, le tout toujours porté par cette harpe céleste.

Samedi soir, à 20h30, perdue entre d'immenses cuves à pétroles et autres raffineries de tous bords, Joanna Newsom viendra présenter cet album sur la scène de L'Épicerie Moderne. Une récompense pour un public lyonnais qui aura su être patient pour pouvoir l'apprécier sur scène. Et, ce qui ne gâche à cette soirée qui promet beaucoup, c'est que c'est Alasdair Roberts qui assurera la première partie - et cet écossais a lui aussi beaucoup de talent.

Dire que j'attends ce concert avec un impatience est un doux euphémisme tant sa voix nasillarde et ses doigts magiques berce joliment mes oreilles depuis la sortie de son premier album 'Milk-Eye Tender', en 2004. Et cette attente est encore plus grande à l'écoute de 'Have One on Me', d'une réussite totale.

Album: Have On on Me
Année: 2010
Label: Drag City



Samedi 25 septembre 2010
L'Épicerie Moderne, Feyzin/Lyon
20h30
Joanna Newsom + Alasdair Roberts
Prix: 20€ (réserver ici même)


Je rappelle à tous les lyonnais et autres rhône-alpins que LE site référence concernant les concerts sur la région, c'est Génération Spontanée, ici.

jeudi 23 septembre 2010

[Track of The Day] Ted Leo and The Pharmacists - Woke Up Near Chelsea

L'artwork de ce 'The Brutalist Bricks' de Ted Leo and The Pharmacists a un côté nineties assez marqué. Je ne saurais pas trop expliquer le pourquoi du comment (sûrement cette couleur, la sobriété aussi). Mais c'est la première chose à laquelle j'ai pensé en découvrant ce disque.

Et l'écoute de ce sixième album du quatuor de Washington D.C - groupe nommé après son chanteur, meneur et créateur et que je découvre aujourd'hui - confirme cette impression. Guitares toutes dehors, Ted Leo and The Pharmacists aligne les riffs et les titres efficaces, alternant entre rock (The Mighty Sparrow, Bartolomeo And The Buzzing Of Bees), punk (The Stick), plus pop-rock (Even Heroes Have to Die), voire même folk-rock névrosé à la Iggy Pop, période 'Avenue B' (Bartolomeo And The Buzzing Of Bees me fait penser au Miss Argentina de l'iguane).

Ted Leo and The Pharmacists - via ce 'The Brutalist Bricks' - est en tout cas un investissement sans risque pour tout ceux qui aiment un tant soit peu le rock à guitares d'il y a 15 ans, un peu pas du front, et perclu de tubes.

Album: The Brutalist Bricks
Année: 2010
Label: Matador



La vidéo du premier single extrait de 'The Brutalist Bricks', Bottled In Cork. Un clip "j'm'en foutiste" et débile à souhait. J'adore!


mardi 21 septembre 2010

Aloe Blacc - Good Things [Stones Throw]

Il y a certains artistes qui ont tellement de classe qu'égoïstement, parfois, on aimerait ne pas trop les voir dépasser le stade du confidentiel. Histoire qu'ils ne restent qu'à nous (et à quelques milliers d'autres seulement), qu'ils ne content leurs chansons qu'à nos oreilles et qu'ils n'aillent pas user leurs morceaux à coups de rotations lourdes en radio.

Garder Aloe Blacc pour soi va quand même être sacrément compliqué tant le buzz autour de son nom devient de plus en plus infernal - I Need a Dollar commence à être utilisé un peu partout en télé et en radio. Et nul doute que la sortie de 'Good Things', son deuxième album, va voir cette effervescence plus que naissante croitre de façon exponentielle.

Car l'heure de l'album est finalement arrivée. Et après avoir alléché le chaland avec un I Need a Dollar tubesque, une reprise divine de Femme Fatale du Velvet Underground ou, pour le fun, une relecture lascive de Billie Jean, Aloe Blacc devait confirmer tous les espoirs placés en lui.

Et c'est avec une classe déconcertante que notre homme y arrive. 'Good Things' est un album de soul pure, dans la grande tradition du genre, chaude, sensuelle, dans laquelle il fait bon se vautrer, et comme on n'en a pas entendu depuis… oula, ouais, au moins!

Ici, Aloe Blacc réussi tout ce qu'il entreprend. Il a su s'entourer d'un groupe merveilleux, Expressions and El Michels Affair, qui est le premier responsable de la qualité de ce 'Good Things'. Tous les musiciens sont au service d'Aloe Blacc et d'une justesse dingue: la basse est ronde, le piano sait être aussi virevoltant que discret (Mama Hold My Hand), les chœurs ne sont pas de simples backing-voices anodines comme on en croise trop souvent et l'orgue apporte un soupçon supplémentaire de vintage à l'affaire.
A chacune des chansons, qu'elle soit soul, lorgne vers le funk (Hey Brother) ou le r'n'b (Miss Fortune), Expressions and El Michels Affair déroule à Aloe Blacc un tapis rouge sur lequel il n'a plus qu'à balancer sans difficulté ses textes de sa délicieuse voix.

Sa voix est justement la seconde force de ce 'Good Things'. Douce, posée et calme, ne recherchant jamais un hypothétique exploit vocal, elle m'apparait ici tout du long comme la synthèse entre celles de Shuggie Otis et Marvin Gaye. Elle n'a peut-être pas - encore - la classe des deux maîtres, mais Aloe Blacc prouve tout au long des 50mns de l'album qu'il possède un bien bel organe.

Enfin, 'Good Things' respire la classe tout simplement. Que ce soit sur le choix de l'artwork (aussi classe que les deux premiers singles), sur celui de la reprise - un des plus beaux titres de l'ex-bande à Lou Reed - ou par l'hommage au It's a Man's Man's Man's World de James Brown (sur If I), Aloe Blacc fait montre d'un goût très sûr.

'Good Things' est une réussite dans les très grandes largeurs pour un disque qui fera date en 2010, à n'en pas douter. Et à l'image de sa pochette, cet album illumine la rentrée. Avec quelle classe! (sortie: 27 septembre 2010)


Son:
Myspace (Une chanson de ce 'Good Things' en écoute)
Site officiel d'Aloe Blacc

Deux titres en écoute. Le très cuivré et engagé Politician et le sublime If I (peut-être la plus belle chanson de ce 'Good Things'), qui voit donc Aloe Blacc s'amuser à piquer quelques notes du It's a Man's Man's Man's World de James Brown:

Aloe Blacc - Politician

Aloe Blacc - If I



Aloe Blacc est également en tournée en France cet automne. A mon avis, c'est immanquable:
11 Oct: Marseille @ Cabaret Aléatoire
12 Oct: Lyon @ L'Épicerie Moderne
13 Oct: Bordeaux @ Barbey Rock School
14 Oct: Paris @ Trabendo
15 Oct: Tourcoing @ Grand Mix

lundi 20 septembre 2010

[Track of The Day] Crocodiles - Mirrors

Fort d'un premier album ('Summer of Hate') décapant, les Crocodiles, toujours chez Fat Possum, reviennent aux affaires avec un 'Sleep Forever' et mettent un peu plus de pop dans leurs compositions - voire un peu plus de soleil, quoiqu'en dise l'artwork.

Tout en gardant une base noisy-pop teintée de shoegaze (ou l'inverse), les Crocodiles y insufflent plus de rock, la joue moins sombre, moins «cheap», plus porté vers l'attaque, avec une production plus efficace et accessible.
Ils en profitent aussi pour placer quelques chansons tonitruantes qui ne feront pas tâche à l'heure d'évoquer les meilleurs titres de l'année (Mirrors, en écoute aujourd'hui déjà, mais également Sleep Forever ou All My Hate And My Hexes Are For You).

Le tout paraîtra peut-être trop propre à certains (la production de James Ford, l'homme derrière les deux derniers albums des Arctic Monkeys, 'The Age of the Understatement' des Last Shadow Puppets ou l'irrésistible 'Schmotime' d'Absentee, y est pour beaucoup) mais les Crocodiles franchissent le Rubicon avec une grande aisance. Et confirment avec ce 'Sleep Forever' tout le talent qui vit dans leurs mains.

Album: Sleep Forever
Année: 2010
Label: Fat Possum


vendredi 17 septembre 2010

[Track of The Day] Ólafur Arnalds - Þau hafa sloppið undan þunga myrkursins

Il y a quelques jours, alors que je flânais au gré de blogs, voguant entre chroniques et chansons, j'arrive chez l'ami Kris et je tombe sous le charme d'une chanson d'Ólafur Arnalds, Tunglið. Une chanson tirée du dernier album en date de l'islandais, '... And They Have Escaped The Weight Of Darkness'.

Découverte de l'artiste mais surtout immense coup de cœur pour une musique de chambre pleine d'ambiance. Tunglið est triste, à fleur de peau, beau à pleurer. Et ce n'est rien à côté de ce que réserve ce splendide album qui mélange morceaux de désespoir et accords à la tristesse insondable, où les cordes se lamentent et le piano déprime.
Une sorte de Max Richter, plus rond, oserais-je plus pop, mais tout aussi délicieux. Rien que pour cela, merci Kris.

Album: ... And They Have Escaped The Weight Of Darkness
Année: 2010
Label: Erased Tapes


jeudi 16 septembre 2010

[Track of The Day] Eluvium - The Motion Makes Me Last (Four Tet Remix)

Je pense que j'ai déjà assez dit dans ces pages le culte que je voue à Kieran Hebden, aka Four Tet - voir notamment ma chronique à propos de son somptueux 'There Is Love In You'.

Je pourrais recommencer. Mais j'ai peur de lasser. Donc je préfère vous laisser être bercé par ce nouveau remix, celui de The Motion Makes Me Last, une des très belles chansons du dernier album d'Eluvium, 'Similes', qui soit dit en passant est une belle réussite. Un remix d'une bien grande pureté. Un délice.

Album: Leaves Eclipse The Light Ep
Année: 2010
Label: Temporary Residence

mardi 14 septembre 2010

Net Emergence 'Septembre 2010': Popper Must (Be), Jon Du, Willy's Big Bang Theory Magic Revue


C'est un de ceux qui n'avaient pas encore fait leur rentrée. Lui, c'est Valery et son Net Emergence, "une utopie musicale" comme il le définit si bien lui-même.
Au programme de cette sélection de septembre 2010 (retrouvez les 16 groupes sélectionnés ici), du rock, du rap, du folk, du dub et des débats presque sans fin qui ont abouti au podium suivant!


Médaille de bronze: Willy's Big Bang Theory Magic Revue
Groupe de rock mais géré par un seul et même artiste, Willy's Big Bang Theory Magic Revue est un groupe belge. Et j'avoue que de prime abord, j'ai failli détester. Ce nom à rallonge me filait des boutons.
Et puis finalement non. Notre homme pousse son rock assez loin des sentiers habituels de ceux qui se réclament du rock et qui commencent à en faire. Plutôt intéressant à défaut d'être renversant.
Site Internet


Médaille d'argent: Jon Du
Voilà mes chouchous de la sélection. Un duo avec de solides compositions, des petits hommages (voulus?) à Pink Floyd (le début des accord de guitare de Months and Years, ce sont les mêmes que Wish You Were Here du Floyd), un son pas révolutionnaire mais qui tient largement la route. Un des trucs les plus emballant à mes yeux écouté ici. Jon Du tient carrément la route.
SoundCloud








Médaille d'or: Popper Must (Be)
C'est Popper Must (Be) qui remporte la palme. Un artiste élevé à la sauce Joan Baez, Dylan, Richie Havens, Suicide ou même Beach House.
Il y a chez Popper Must (Be) une certaine ambition musicale (qui se retrouve dans ses influences citées plus haut). Mais selon moi il en ressort un ennui certain au bout d'un moment. J'avoue que je n'ai pas été convaincu par ses mélodies ou ses chansons. A vous de confirmer ou d'infirmer mes dires en vous faisant votre propre opinion!
Myspace





Cette élection de rentrée aura en tout cas permis de bons débats au sein du jury, chacun défendant son poulain. Et au final, ce n'est pas plus mal: l'unanimité, c'est jamais bon.

vendredi 10 septembre 2010

[Track of The Day] The Hacker - Novovision

Les mois passent et mon intérêt pour la chose électro décroît. Bizarre. Pourtant, il fut un temps où j'écoutais beaucoup de musique électronique, mais aujourd'hui, cela se résume à une peau bien chagrine.

Ceci dit, The Hacker est en train de me remettre le pied à l'étrier. Son 'Black Hole 12"' a en effet ce qu'il faut pour occuper un temps mes oreilles, mes pieds ou les 2 en même temps, en tout cas un morceau - les deux autres sont finalement assez anodins, ce qui pourrait expliquer la sortie de ce 12" dans une indifférence assez polie.

Appelez cela minimal, techno, ce que vous voulez, mais ce Novovision a ce qu'il faut de beats et de progression lascive pour titiller mon envie de musique electro. A quelques heures de la deuxième édition du tournoi des cahiers du football, c'est pile ce qu'il fallait. Merci msieur le Hacker.

Album: Black Hole 12''
Année: 2010
Label: White Noise

jeudi 9 septembre 2010

[Track of The Day] The Tallest Man on Earth - Like The Wheel (original version)

Alors qu'il a déjà sorti, si ce n'est L'album de l'année, au moins un des disques de 2010, avec son 'The Wild Hunt', The Tallest Man On Earth, à la manière de Sufjan Stevens, sort un Ep plein d'inédits, 'Sometimes the Blues Is Just a Passing Bird Ep', le tout à la surprise générale.

Un Ep dans la belle lignée de 'The Wild Hunt', inspiré, touchant, porté par une voix qui me fiche des frissons à chaque mot. Il y a dans ce 'Sometimes the Blues Is Just a Passing Bird Ep' cinq compositions à faire trembler les plus bougons, avec notamment un Little River d'une simplicité et d'une beauté dingue, un The Dreamer qui ouvre des perspectives réjouissantes et Tangle In This Trampled Wheat, dylanien jusqu'au bout des ongles.

Mais aujourd'hui, ce n'est pas une chanson de cet Ep qui est en écoute. Enfin si, à peu de choses près. C'est la version piano (et originale) de Like The Wheel, qu'on retrouve sur 'Sometimes the Blues Is Just a Passing Bird Ep'.
Cette version est la bonus-track de 'The Wild Hunt'. Une chanson que je viens tout juste de découvrir. Et qui me met par terre depuis 3 jours. C'est simple. C'est frissonnant. C'est beau. Je vous laisse, j'ai les yeux qui mouillent.

Album: The Wild Hunt (bonus-track)
Année: 2010
Label: Dead Oceans

Pour vous procurer ce 'Sometimes the Blues Is Just a Passing Bird Ep', qui ne verra le jour en format physique que le 9 novembre prochain, il vous suffit de cliquer là (et de débourser, accessoirement, 5$).

mardi 7 septembre 2010

Sufjan Stevens - All Delighted People Ep [Asthmatic Kitty]

Quand le compère Sufjan Stevens revient aux affaires, il ne fait pas semblant. Ne s'étant pas jeté dans la gueule du loup qui l'attendait au sortir du succès de 'Come On Feel The Illinoise' en 2005 , notre homme avait su se faire discret depuis quatre ans.
Et puis là, au sortir d'un été chaud comme un mois de mars, le sosie de Ted Mosby - de How I Met Your Mother - annonce un nouvel Ep, 'All Delighted People Ep'. Et cinq jours plus tard, un nouvel album, 'The Age of Adz'. Boum, ça, c'est fait: la relève de son chef d'œuvre de 2005 (dernier album chanté jusque là) est donc arrivée.

Vu qu'on ne sait finalement pas grand chose de ce dernier (à un I Walked près, en écoute ici), concentrons donc sur 'All Delighted People Ep', splendide sortie de retour.

Avec ce nouveau disque, Sufjan Stevens fait fort en se permettant de sortir un des Ep les plus longs de l'histoire de la musique avec près de 60mns (pour 8 chansons!).
Et forcément avec une telle longueur, une question se pose: pépère aurait-il fondu un plomb? Et son 'All Delighted People Ep' est-il une vaste fumisterie pleine de grandiloquence ridicule ou simplement un coup de génie?

Même en mettant mon admiration sans borne pour ce bonhomme de côté, je suis obligé de répondre «coup de génie». Et pourtant, il y a bien ici de l'emphase, mais rien de suranné, rien de sur-joué. Non. Sufjan Stevens compose des chansons inspirées et solides, n'hésitant à partir très haut, très fort, pour mieux revenir sur terre en deux accords que lui seul semble détenir.

All Delighted People (sorte de bijou folk à tiroir de près de 12 mns où Sufjan rend hommage au Sound of Silence de Simon & Garfunkel) ou sa version classic rock (plus courte et électrique), Djohariah (immense chanson de 17 mns à l'intro longue et incroyablement fascinante, toute en montée et en pression), Enchanting Ghost ou Arnikaou, toutes ces chansons sont de grandes compositions permettant à Sufjan Stevens de faire un retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres enivrants.

Récemment Matt Berninger, chanteur de The National, déclarait que son groupe avait participé à l'enregistrement du prochain disque de Sufjan Stevens. Et annonçait sans coup férir: «it's sounding incredible». Espérons qu'il parlait de 'The Age of Adz': on sait désormais que 'All Delighted People Ep' est un disque extraordinaire. (sortie: 20 août 2010)


'All Delighted People Ep' est disponible pour le moment en version numérique, pour 5$, en cliquant ici. Heureusement, Sufjan Stevens a anonncé que l'Ep verra le jour physiquement en double-LP (!) en décembre prochain.

Son:
Myspace
Site officiel chez Asthmatic Kitty

Deux chansons de 'All Delighted People Ep' en écoute aujourd'hui: l'intro et la conclusion de ce disque: All Delighted People (Original Version) et Djohariah. Elles ouvrent et ferment l'Ep, sont longues, mais méritent vraiment l'écoute.



lundi 6 septembre 2010

[Track of The Day] Like Horses Do - The Stars

C'est l'histoire d'un trio parisien faisant dans le folktronica-électro-pop. C'est l'histoire d'un groupe aux rôles bien répartis: Yann aux beats et aux scratchs, Pierre aux compos et au chant, et Manon au timbre enchanteur.

Eux, ce sont les Like Horses Do, et ils sont les auteurs d'un premier Ep bien plus que recommandable, qui met aussi bien du Moloko que du Black Strobe ou du pOOr bOy dans ses compositions.

Like Horses Do, c'est un mélange de basses appuyées, riffs destructeurs, swing electro et mélodies pop-rêveuse travaillées.

C'est surtout l'histoire d'une musique dont il est difficile, à son écoute, de réprimer un hochement de tête régulier. Comme des chevaux. Like Horses Do.

Album: Like Horses Do Ep
Année: 2010
Label: -

The Stars, titre qui ouvre ce premier Ep des Like Horses Do, est aussi le premier single du groupe. Et qui dit premier single dit clip. Et quel clip!



jeudi 2 septembre 2010

Arcade Fire - The Suburbs [Merge]

Savez-vous ce qu’est un grower ? Non? Vraiment pas? Mais c'est que vous êtes autant à la rue que moi alors! Car ne pas utiliser grower quand on parle de musique aujourd’hui, c’est comme ne pas citer le mot toque tous les 2 phrases pour évoquer le jeu du FC Barcelone: en gros, c’est être carrément hors du système.

Grower est un mot qui fait depuis quelques semaines – voire quelques mois – une incroyable percée sémantique pour devenir un mot incontournable quand on parle de musique.
Qu'est ce donc qu'un grower ? Un grower désigne un album (mais cela marche aussi pour un Ep) dont les premières écoutes s’avèrent décevantes mais qui se bonifie à chaque nouvelle mise en chaîne. Bref, un disque qui demande à son auditeur un peu de patience pour offrir pleinement sa substantifique moelle.

On aurait pu dire « qui demande du temps » ou « qui ne se laisse pas apprivoiser facilement ». Mais on utilise grower. C'est mieux, c'est plus court et ça a l’avantage d’être anglais. A faire se retourner Jacques Toubon dans son placard d’Hadopi.

Le nouvel album d'Arcade Fire, 'The Suburbs', est donc, si j'ai bien tout compris à la chose, un grower. En tout cas pour moi.
Nullement par dédain mais plus dans l’optique de me faire un avis très neutre sur le sujet, j’ai laissé passer l’orage de la sortie avant de passer à l’écoute. Une première écoute d’ailleurs assez peu marquante, pour ne pas dire décevante.

Mais vu que la bande à Butler a quand même égayé mon univers musical sur la décennie passée (et surtout en 2004), je ne me suis pas fait prier pour lui donner une nouvelle chance. Et dans des conditions optimales : la nuit, pas un bruit autour de moi, concentré sur mon sujet – en tout cas, autant qu'on peut l'être quand on écoute un disque.

Et j’ai trouvé que ce nouvel album d'Arcade Fire avait growé par rapport à la première fois, y découvrant quelques sacrées chansons. Et la fois suivante ce fut encore mieux, ‘The Suburbs’ growant de plus en plus dans mes oreilles, grâce à un début tonitruant (The Suburbs, Ready to Start, Modern Man ou Empty Room) et une fin décapante (Deep Blue, We Used to Wait, Sprawl II).

Soyons bien clair, ‘The Suburbs’ est loin de la magnificence de 'Funeral' (qui arrive encore à me surprendre après tant d’écoutes), ou même du très beau 'Neon Bible'.
C’est à mes yeux un album trop long, qui mériterait une coupe d’une quinzaine de minutes, qui contient quelques chansons ratées (l’insupportable Rococo) ou largement dispensables (Half Light I et II), qui aurait mérité un peu plus de folie (ah, Tunnels...) et qui aurait pu faire une part un peu plus belle à la voix de Regine Chassagne.

Mais Arcade Fire pond là quand même un concept album avec de solides compositions, des hymnes certains, et dépeint avec force et talent ce que c’est que de vivre dans une ville de banlieue, tout ce que cela comporte d'ennui et d'inactivité, le tout si près et si loin en même temps de la ville, la grande, la belle, la rêvée.

Surtout, Arcade Fire avec ‘The Suburbs’ sort là un disque qui growe. Sûrement pas indéfiniment mais suffisamment pour avoir envie de l’écouter régulièrement. En espérant que, dans quelques mois, il ne se mette pas à bêtement lower. (sortie : 2 août 2010)


Son :
Myspace (2 chansons de ‘The Suburbs’ en écoute)
Site officiel

A lire sur le sujet, les chroniques de ce nouvel Arcade Fire par Benjamin, Mmarsu, Cécile, Julien, Axeley ou Papa.

Depuis longtemps, Arcade Fire aime à s’acoquiner avec le web. D’où leur clip méga interactif pour We Used to Wait, nouveau single, qui vous propose d’entrer l’adresse de votre maison d’enfance, et de voir s’intégrer au clip officiel des images (de Google Street View) de votre ancien chez vous. Assez bien foutu au final, même si très lourd (il faut clairement l’ouvrir via Chrome). Ici.

Trois chansons en écoute, forcément dans un lecteur Grooveshark, histoire de ne pas s’attirer les foudres de Pascalou. Avec par ordre d’apparition, Empty Room, Deep Blue et We Used to Wait. Enjoy.




Et pour finir, le clip (on va dire ça) de
Ready to Start :



mercredi 1 septembre 2010

[Track of The Day] Clogs - Last Song (feat. Matt Berninger)

Et Clogs se mit à chanter. A l'instar d'Eluvium, le quatuor mené par Bryce Dessner de The National, invite l'organe vocal sur son nouvel album, 'The Creatures in the Garden of Lady Walton'.

Instrumentaux jusque là, les quatre premiers albums de Clogs proposaient des mélodies recherchées, construites à base de violons, violoncelles, pianos, cuivres et autres guitares. Une sorte de pop-classique, tout dans le feutrée, tout dans la finesse, préférant le beau au clinquant, la délicatesse à la vulgarité et la facilité.

Sur 'The Creatures in the Garden of Lady Walton', Clogs invite donc un nouvel instrument à se joindre à sa musique: la voix. Et le groupe n'invite pas n'importe quoi: Shara Worden de My Brightest Diamond et Matt Berninger - qui me semble être de partout cette année - le chanteur de The National.

Résultat? Il est beau. 'The Creatures in the Garden of Lady Walton' est un disque aussi réussi que les précédents, qui voit le groupe évoluer sans se fourvoyer et dont les guests n'accaparent pas l'attention mais mettent encore plus en lumière la musique, la chose la plus importante chez Clogs.

Album: The Creatures in the Garden of Lady Walton
Année: 2010
Label: Brassland