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mardi 18 septembre 2012

Max Richter - Recomposed : Vivaldi - The Four Seasons [Deutsche Grammophon]

Hier, dans le cadre de la Biennale de la Danse 2012, j'ai fait mon dépucelage « spectacle de danse ». Au programme: Yo Gee Ti, la nouvelle création de Mourad Merzouki, a priori fameux chorégraphe.
J'espérais - sans trop y croire - entrer dans le trip, apprécier, peut-être un peu vibrer tout en me disant, qu'au pire je n'en avais que pour une heure).

Et j'en suis ressorti sous le choc, totalement subjugué. Dix danseurs (hip-hop et contemporains) dans une mise en scène formidable et un jeu de lumière vraiment impressionnant. Une heure jamais rébarbative, à naviguer entre ombre et lumière.
Et l'ensemble est rythmé par une musique qui m'a semblé être le beau mélange entre le classicisme moderne de Max Richter et les plus beaux moments de cordes de Godspeed (à quelques exceptions près, cela va de soit).

Autre domaine où mon inculture est crasse: le monde de la musique classique. Si je connais quelques grandes œuvres (mais jouées par qui? Conduites comment? Je n'en ai pas la moindre idée), si j'ai écouté quelques symphonies de Beethoven ou de Mahler, quelques opéras de Mozart, j'avoue me perdre assez facilement devant les auteurs majeurs.

Prenons Vivaldi par exemple. Ah ça, pour répondre que l'italien a composé 'Le Quattro Stagioni' au Trivial Pursuit, je suis le premier. Pour savoir exactement comment sonnent ces fameuses 'Quatre Saisons', par contre, c'est une autre histoire.

Max Richter, compositeur et artiste aimé particulièrement dans ces pages, vient de s'offrir une relecture de l’œuvre la plus célèbre de Vivaldi. Livré par la collection Recomposed de Deutsche Grammophon, cet album voit l'allemand reprendre à son compte une partie de l’œuvre, en picorant ici et là mais en gardant la trame principale.

Pour avoir écouté (vous imaginez bien) la partition originale de Vivaldi, celle-ci est très ample, pleine d'emphase, de lyrisme et de rondeur.
'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' est au contraire, très incisive, dure sur l'homme, plus prégnante. Elle emporte l'auditeur dans un déluge de sentiment plus fort les uns que les autres. Les cordes sont ici saillantes, très expressives et complètement délirantes.

Mieux, Max Richter apporte ici et là quelques touches de minimalisme qu'il maîtrise à merveille pour passer de saisons en saisons et donner une touche très personnelle à l'ensemble.

'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' court dans mes oreilles depuis une quinzaine de jours. J'ai du écouter cet album, dix, quinze, vingt fois peut-être.
Il irritera sans doute les puristes, mais il est sans nul doute une des plus belles choses que j'ai entendu, sur l'année 2012 cela va de soit, mais sûrement d'encore plus loin.

Entre cet album de Max Richter et le Yo Gee Ti de Mourad Merkouzi, ce mois de septembre est décidément époustouflant. (sortie: 31 août 2012)

Son :
'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' est en écoute partielle (en gros une cinquantaine de secondes à chaque titre uniquement) sur le site de Deutsche Grammophon.
Site officiel de Max Richter


Le mieux pour apprécier ce 'Recomposed By Max Richter: Vivaldi - The Four Seasons' est quand même d'écouter l'album d'une traite. Mais à défaut de mieux, un titre de chacune des saisons pourraient vous donner envie d'en écouter plus: Spring 2, Summer 1, Autumn 1 et le divin Winter 3 qui termine cet album fabuleux. (malheureusement plus en écoute)

mardi 29 juin 2010

Max Richter - infra [130701]

Il est tard. Pas loin de minuit. Tout autour de vous est sombre. A peine reste t-il quelques braises qui brûlent dans un feu un peu plus loin.
Vous êtes là, assis dans un fauteuil. Dehors. Il y a un vent léger qui vient vous chatouiller le visage. Vous avez un verre de vin blanc bien frais dans la main gauche, une cigarette dans la droite. Et autour de vous, il n'y a que le silence.

Vous lancez alors 'infra' de Max Richter dans la chaine. Vous remplissez votre verre à nouveau, rallumez une nouvelle cigarette. Et vous partez pour un voyage des plus beaux et des plus oniriques, où chaque note de violoncelles vous emmène un peu plus haut, où chaque violon est épanouissant et où entre musique de chambre et grésillements radiophoniques tout n'est que mariage du beau.

Une fois de plus Max Richter envoie nos esprits dans un monde mélancolique, beau à pleurer - ce piano si parfait, ces cordes si légères - avec un touché et une maîtrise dingue. Et sa musique se conjugue dans une infinie justesse avec tout ce qui vous entoure: le ciel nuit, les étoiles, les feuilles qui frémissent.

Alors il faudrait vous dire qu''infra' est la bande son d'un ballet - qui a vu le jour voilà deux ans au Royal Opera House de Londres - créé par le chorégraphe Wayne McGregor et l'artiste Julian Opie, qui se sont entichés du travail de Max Richter; que 'infra' est la première bande originale" jamais sortie chez Fat Cat ou son label «symphonique» 130701; que 'infra' est peut-être l'album le plus touchant de Max Richter depuis 'The Blue Notebooks'; que je porte en très haute estime tout le travail de ce compositeur allemand.

Mais au final, quel intérêt? A dire vrai, aucun.

Car les 40 mns viennent de passer. Et 'infra' de se terminer. Max Richter a rangé ses cordes et sa radio perdue. Votre verre est vide, votre main droite aussi. Il fait toujours bon dehors. Vous êtes toujours confortablement assis dans votre fauteuil. Et pourtant, vos bras sont sujets à la chaire de poule et votre œil gauche est un peu humide. Et vous êtes bien. C'est beau un disque la nuit. (Sortie: 19 juillet 2010)

A noter que l'album est disponible sur le site de Fat Cat et à des prix peu élevés. Ici.


Son:
Myspace (sûrement quelques morceaux d''infra' en écoute mais le myspace de Max Richter connait des buggs actuellement)
Site officiel

Deux titres en écoute et qui se suivent dans l'album. Infra 5 où les cordent font la loi et Infra 6 où le piano prend le relai (malheureusement plus en écoute).

lundi 13 novembre 2017

[Track of The Day] Max Richter - The Waves: Tuesday

L’autre jour, alors que nous étions quelques-uns sur un forum musical à deviser  de Kamasi Washington, cette réflexion à propos de 'The Epic', le disque gargantuesque du saxophoniste américain en 2015, m’a interpellé : « Ce n'est pas qu'il impressionne, c'est qu'il dure près de trois heures, et qui a le luxe de pouvoir écouter trois heures de musique sans être dérangé/interrompu ? ».

Bonne question effectivement. Car dans cette course effrénée où une nouvelle chasse une autre en 30 mns, où l’on semble toujours vouloir en faire plus alors qu'on n'en a pas les moyens, prend-on encore le temps ? Qui n’a pas perdu une heure un soir, pourtant de fatigue avancée, à faire le tour (une énième) fois d’Internet, à lire ou relire des articles inintéressants au possible, à regarder des vidéos de sites-à-clics totalement débiles plutôt qu’aller se coucher ou de plonger dans un roman ? Comme happé par ces objets sur lesquels nous passons déjà une immense partie de notre journée ?

Pire : sommes-nous encore capable de regarder un film à la télévision sans faire des pauses « smartphone », à vérifier twitter, facebook ou les dernières news d’un autre réseau social comme si notre vie en dépendait ? Peut-on encore passer une soirée avec ses amis, sans participer à une conversation whatsapp de personnes absentes ? Sait-on encore lancer un disque (ou ne serait-ce qu’une chanson) sans rien faire d’autre que l’écouter, sans se laisser distraire par quelques jeux mobiles à la con qui occupent nos pauses ou notre ennui ? Je ne suis pas sûr que la réponse à ces questions soit positive. Ainsi, si on prenait aujourd'hui le temps de prendre le temps ? 

La chanson du jour s’y prête. Extraite de ‘Three Worlds : Music From Woolf Works’, elle vient conclure ce nouvel album de Max Richter (ce n’est pas vraiment le dernier vu que l’allemand semble produire des bande-originales de film ou de séries à la chaîne). Elle dure 21'38" minutes et est l’aboutissement d’un disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf.

The Waves: Tuesday (puisque c’est d’elle dont il s’agit) est un océan de douceur mais surtout de langueur. Donnant d’ailleurs sa pochette à l’album, ce morceau est le point culminant de ce disque magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami). 

The Waves: Tuesday débute doucement, avec la voix de Gillian « Scully » Anderson lisant le dernier texte écrit par Virginia Woolf, juste avant son suicide (et c'est quelque-chose). Derrière, les vagues semblent passer au loin. Quelques notes lumineuses arrivent, discrètes et répétitives. Presque lointaines. Puis la voix s’éteint, la brise musicale commence à se lever et Max Richter amène lentement et délicatement tous les instruments mais aussi cette voix (qui n'est pas sans rappeler son Sarajevo tiré de son premier album en 2002) qui vont permettre à la chanson de décoller de manière magnifique et puissante sur la toute fin. 

The Waves: Tuesday est un morceau qui prend ses aises, qui ne brusque pas les choses, qui laisse le temps suspendre son vol. Beau comme jamais, il s'agit sans doute là d'une des compositions les plus abouties de Max Richter. Et quand les dernières notes s'évanouissent, le choc est tellement fort que la meilleure chose à faire est d'écouter le silence. De ne rien faire. Et de continuer à prendre son temps.

Album :
Three Worlds: Music From Woolf Works
Année : 2017
Label : Deutsche Grammophon

Acheter


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Waves: Tuesday de Max Richter est également en écoute ci-dessous :



 

jeudi 2 octobre 2008

Max Richter – 24 Postcards In Full Colour [Fat Cat]

Vingt-quatre titres. A peine plus de trente-trois minutes. Qu’est-il donc arrivé à Max Richter, guide de mes nuits de décembre 2004, quand j’avais découvert le bougre, un peu par hasard, via son ‘The Blue Notebooks’, album parfait de post-classicisme à la beauté fracassante. Lui qui aimait prendre son temps pour mieux développer ses mélodies encordées et pleines d’un piano délicat ?

Rien. Ou presque. Il a juste voulu écrire une sorte de concept album sur, tenez-vous bien, les sonneries de téléphones. Partant du postulat suivant «Pourquoi une sonnerie de téléphone devrait-elle être nulle?», il a donc composé 24 morceaux, tous de très courtes durées (de 50’’ à 2’51’’), qui pourraient, pour la plupart, faire office de ringtones (écoutez In Louisville At 7, c’est flagrant): ‘24 Postcards In Full Colour’.

Comme d’habitude, violons, violoncelles et piano sont au rendez-vous, avec en guest une guitare. Les ambiances propres à Max Richter, ces atmosphères planantes, vaporeuses et oniriques, elles aussi. Ce sont d’ailleurs elles qui servent de fil conducteur à cet album, dont chaque titre est différent de son prédécesseur et explore des univers parallèles.

Et si le procédé peut paraître assez frustrant parfois, tant on aimerait que l’Écossais développe ses titres et fasse muer quelques secondes de musique en un ensemble plus consistant, on ne peut quand même que s’incliner devant le talent de Max Richter, compositeur post-classique émérite, qui compose des albums comme d’autres font des rêves, et qui, avec ce ‘24 Postcards In Full Colour’ nous invite à un voyage dans le beau, le doux, le planant et l’éphémère. (sortie : 25 août 2008)

Son :
Site Officiel
Myspace

Vu la longueur des morceaux, trois titres en écoute : The Picture of Us, A Song For H/Far Away et Cradle Song For A [Interstate B3] (malheureusement plus en écoute).

mardi 25 septembre 2007

Top 6 "Eastern Europe"

Et de quatre. Une nouvelle rubrique. Oui, je sais, au rythme où ça va, bientôt, on sera à cent. Rassurez-vous, je compte m'arrêter à un moment. Mais bon, l'autre soir, je suis retombé sur ce bouquin dans ma bibliothèque:

Très honnêtement, mon livre de chevet. D'île déserte. D'une vie. Ma vie. En fait, Rob, c'est moi. Ses déboires amoureux, c'est moi. Sa vie un peu ratée, c'est moi. Ses choix, sa passion pour la musique, ses manies insupportables avec ses disques, c'est moi. Son besoin de toujours tout classer, c'est encore moi.

Ah, ces fameux top 5 des meilleures premières chansons d'album, des meilleurs titres d'Elvis Costello, tout ça m'a donné l'envie... de faire la même chose. Oui, je ne suis qu'un plagieur. J'ai un peu honte mais vu que je l'avoue honteusement devant vous, un peu moins quand même. Mais toujours un peu. Donc ça sera un top 6. Pour montrer qu'on a beau avoir oublié notre chapeau (faudrait quand même penser à aller le chercher), on n'en reste pas moins inventif (ou pas en fait).

Donc top 6 disions nous. Histoire de mettre en ligne quelques morceaux oubliés, connus ou non, mais qui ont tous un lien entre eux.

Et pour commencer, et alors que j'écoutais 'Sarajevo' de Max Richter dans ma voiture (oui, Max Richter en voiture, c'est très bien, ça calme les nerfs), je me suis dit qu'un top 6 « des morceaux qui ont pour titre une ville des pays l'est », ça pouvait avoir de la gueule. Et il en a d'ailleurs je trouve.

Six chansons donc. Un vrai tour d'Europe de l'est. On commence par un somptueux voyage à Prague grâce à un Damien Rice nerveux comme il faut ; on enchaîne par le classique arrêt à Varsovie avec Warsaw de Joy Division, puis en route pour Bratislava et c'est Beirut qui conduit. On file ensuite à Odessa pour retrouver Aesop Rock et Dose One en guides VIP, avant de faire 1000 bornes vers l'ouest et découvrir Belgrade selon Jean-Louis Murat. Et on finit sur une voix cristalline en plein coeur de Sarajevo, avec Max Richter à la baguette.

Bien sûr, on trouvera sûrement à redire, des "titres oubliés que t'aurais jamais dû oublier -Twist-, il va t'en cuire", des morceaux plus électro (si vous avez des idées, je suis preneur). Et justement, c'est le but. J'attends vos propositions, vos remarques, nos points d'accords, d'achoppements aussi. Et vos propositions pour les prochains top 6 (qui arrivera de temps à autre, de façon aléatoire). A vos souvenirs et vos jaquettes de cédés donc. 







Tracklisting:
Damien Rice - Prague (O - 2003)
Joy Division - Warsaw (An Ideal for Living Ep - 1978)
Beirut - Bratislava (Gulag Orkestar - 2006)
Aesop Rock feat. Dose One - Odessa (Appleseed - 1999
)
Jean-Louis Murat - Belgrade (Mus
tango - 1999)
Max Richter - Sarajevo (Memoryhouse - 2003)

















mercredi 23 décembre 2009

Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations & Rééditions' 2009


Devenus une véritable institution avec l’explosion d’Internet, les tops de fin d’année ont toujours été chez moi et depuis 2002 un exercice auquel je me prête très volontiers, ayant un côté Rob Gordon exacerbé. Pourquoi ? Je ne sais pas à vrai dire. Peut-être pour faire un bilan concret d’une année écoulée. Plus sûrement (et c’est encore plus vrai depuis la création de ce blog) pour mettre en avant des disques qui m’ont touché toute une année durant et qui n’ont pas forcément toujours voix au chapitre des médias.

Première étape aujourd’hui, avec, comme l’an passé, une sélection – non-classée – des meilleurs formats courts (Ep, 7’’, 10’’, 12’’), des rééditions et des compilations de l’année 2009.

EP/MINI-ALBUM

Une sélection qui débute par les Extended Play ou Ep. Car ils ont été nombreux à rythmer mon année. Comme le premier des 1973, groupe français faisant de la pop ouvragée un véritable sacerdoce, qui est un petit bonheur sans fin et annonce un premier album pour le printemps prochain que l’on espère de haute tenue. A suivre l’enregistrement sur leur blog, on peut espérer sereinement (1973 ‘Ep’ Blonde Music +).

Sereins, ce n’est pas forcément le mot qui viendrait à l’esprit pour parler de l’énième petite merveille de ces tarés d’Animal Collective, ‘Fall Be Kind Ep’. Certains trouvent que l’on en fait trop sur eux ? Je préfère passer plutôt que m’entêter à expliquer pourquoi ce groupe est le plus important des années 2000, de par sa discographie album et sa discographie Ep. Et je préfère souligner qu’une fois de plus, ils font évoluer leur musique après un ‘Merriweather Post Pavilion’ détonnant, tendant vers une comédie musicale hallucinée plutôt que vers une pop-electroïsée et psychédélique (Animal Collective ‘Fall Be Kind Ep’ Domino +).

Broadcast, quant à eux, sont revenus sur le devant de la scène, via un album avec The Focus Group (Julian House), 'Investigate Witch Cults Of The Radio Age'. Un mini-album (selon leurs propres termes) de plus de 50 mns, qui tranche avec l'univers Broadcast. Peu de chants et au contraire beaucoup de collages expérimentaux. Un voyage assez initiatique, comme celui d'Alice au Pays des Merveilles: tout est surprenant et incongru ici. Et à chaque fois on a envie d'aller plus loin. Suite de leurs aventures durant le premier semestre 2010 (Broadcast and The Focus Group 'Investigate Witch Cults Of The Radio Age' Warp).

L’ami Clark, quant à lui, continue de suivre son chemin, plein d’électro. Non content d’avoir sorti un très beau ‘Totem Flares’, il avait eu la bonne idée de mettre dans nos oreilles quelques mois auparavant un ‘Growls Garden Ep’ de très haut niveau, annonçant la couleur, forcément organique et analogique (Clark ‘Growls Garden’ Warp +).



Les barcelonais de Delorean la joue moins sérieuse. Leur ‘Ayrton Senna Ep’, hormis le fait d’avoir le titre le plus classe de l’année, est un recueil d’electro-pop totalement dans l’air d’un temps qui aime et veut de la synth-pop (Kris en parle très bien chez lui ici: cherchez les papiers du 2 au 8 novembre). Un Ep qui ne paye pas de mine de prime abord mais qui vaut rapidement son pesant de rayons de soleil ! (Delorean ‘Ayrton Senna Ep’ BCore +).


Et puis il y a la révélation de l’année, LE groupe de 2010. Ne cherchez pas plus loin, c’est lui. Un quatuor de new-yorkais qui aime les clappings et qui lorgne tantôt (c’est à la mode) du côté 80s et d’un son très anglais – new-wave et cold-punk, il y a du Joy Division et plus généralement de Factory chez ces garçons là – et tantôt vers une sunshine pop plus américaine. Leur ‘Summertime! Ep’ est un grand mini-album. Confirmation de leur potentiel que l’on peut imaginer très grand dans les mois qui viennent (The Drums ‘Summertime! Ep’ Moshi Moshi +).


Dans une veine bien plus noisy-pop, mais allant chercher son inspiration aux mêmes endroits que The Drums, voilà Dum Dum Girls, groupe dont on ne sait pas grand chose (Dee Dee, la leader, est-elle vraiment tout seule ?) mais qui aime le lo-fi et les distorsions. Quand on sait que les Crocodiles ou Blank Dogs font partie de ses amis, on comprend mieux. Une jeune femme à suivre de près (Dum Dum Girls ‘Yours Alone Ep’ Captured Tracks).


Hauschka ne connaitra surement pas une consécration comme celle qui attend The Drums. Pourtant, le compositeur allemand, continue d’écrire de bien beaux morceaux, tout au piano, en y insérant ici et là des petites touches électro. Son ‘Snowflakes and Carwrecks Ep’ (40 mns quand même !) est une grande œuvre une fois de plus, auprès de laquelle peu de gens, malheureusement, se seront arrêtés (Hauschka ‘Snowflakes and Carwrecks Ep’ Fat Cat +).


Enfin, finissons cette catégorie EP par The Pains of Being Pure at Heart, qui non content d’avoir surfé tout en haut de la vague d’un shoegaze en plein retour avec un premier album très réussi (on y reviendra), sortent un ‘Higher Than The Stars Ep’ du même acabit, le côté plus «joyeux ». Sarah Records semble plus que jamais vivant! (The Pains of Being Pure at Heart 'Higher Than The Stars Ep' Slumberland +).



7"











Du côté des 7’’ impossible de tout citer. J’en ai sélectionné dont quatre : le 7" de ce rasta-boy de Gonjasufi, grande découverte de soul organique et électronique (Gonjasufi Holidays-Candylane 7’’’ Warp +); le 'Split 7’’' de Grouper et le Pumice qui aura eu la bonne idée de me faire découvrir Grouper et de confirmer tout le talent de ce diable de Pumice (Grouper/Pumice ‘Split 7’’’ Soft Abuse); le 7" de Jason Molina et de ses Magnolia Electric Co avec sa mélodie pleine de sang de cowboy (Magnolia Electric Co Rider. Shadow. Wolf 7’’’ Secretly Canadian +) ; Et enfin le ‘Mirando 7’’’ de Ratatat où les Animal Collective (encore eux !) s’offrent un délire vaporeux de 10 mns (Ratatat ‘Mirando 7’’’ XL +).











12"


C’est Four Tet qui aura fait l’actualité marquante du format 12’’, tantôt avec Burial pour un travail collaboratif remarquable et que l’on espère se renouveler dans le futur entre le petit génie de l’électro et le pape du dub-step (Burial & Four Tet ‘Moth/Wolf Cub 12"’ Text +), tantôt seul avec un ‘Love Cry 12’’’ plein de swing et qui annonce de bien belles choses pour les mois qui viennent (Four Tet ‘Love Cry 12’’’ Domino +).









COMPILATIONS
Au niveau des compilations, impossible de ne pas citer ‘Dark Was The Night’, un double album – pour la bonne cause – de 31 chansons (compositions originales ou reprises) et qui accueille pour l’occasion la fine fleur de l’indie-pop/rock/folk du moment, de Yeasayer à Iron & Wine, de Sufjan Stevens à The Books, de Blonde Redhead à The Decemberists. Un tout totalement hallucinant. Jamais entendu une compilation aussi éclectique et en même temps aussi réussie (A Red Hot Compilation ‘Dark Was The Night’ 4AD +).


RÉÉDITIONS
Finissons ce petit round-up par quatre rééditions qui me tiennent à cœur. A tout seigneur tout honneur, commençons par celle de la discographie des Beatles. Un énorme travail pour un résultat au-delà des attentes mais pour un prix totalement indécent. On pourrait en écrire dix pages, alors le mieux à faire, c’est d’aller voir le papier le plus abouti et le plus complet écrit sur le sujet, chez Kill Me Sarah, forcément (The Beatles ‘Remastered’ Apple).


Dans le genre imposant, le coffret – limité – concocté par Matthew Cooper (aka Eluvium) se pose là. ‘Life Through Bombardment’ regroupe 7 LPs, plus de 3h30 et 41 morceaux d’ambient, d’électronica et de minimalisme: en gros toute la discographie du bonhomme plus quelques raretés. Un coffret imposant dont l’enchainement d’une traite est un voyage de l’esprit fabuleux (Eluvium ‘Life Through Bombardment’ Temporary Residence).

A leur niveau, The Miracles ont sorti une sacrée réédition avec un ‘Depend on Me : The Early Albums’. Pas de boxset à 100€ ici. Non, juste un double album rempli à ras bord (53 chansons) compilant les cinq premiers albums du groupe. Moi qui ne connaissais que vaguement le groupe (comprendre «deux chansons à tout péter») et embrigadé par un français presque allemand jamrékien à l’éclectisme assez fou, j’en ai eu pour mon argent (même pas 15€). Savoureux, délicieux, chaleureux. Rajoutez tous les en «-eux» que vous voulez, cela n’y changera rien : cette réédition est un bonheur sans fin (The Miracles ‘Depend on Me : The Early Albums’ Hip-O Select).

‘Memoryhouse’ de Max Richter est un bonheur dans son genre aussi. Car le premier album du compositeur écossais était introuvable depuis des années ! Fat Cat, maison hôte de Max Richter depuis son deuxième album, a récupéré les droits et après quelques reports a ENFIN réédité (sur son sous-label 130701) la splendeur. Cet album est un véritable bijou : symphonique mais sans en faire trop, légèrement électronique, ‘Memoryhouse’ est la première pierre philosophale d’une carrière presque sans accroc (Max Richter ‘Memoryhouse’ 130701).



Vous trouverez ci-dessous un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des disques évoqués ci-dessus:



Tracklist:
01. 1973 - We Are Nowhere
02. Animal Collective - What Would I Want? Sky
03. Broadcast - I See, So I See So
04. Clark - Growls Garden
05. Delorean - Moonson
06. The Drums - Don't Be a Jerk Johnny
07. Dum Dum Girls - Catholicked
08. Hauschka - Ginsterweg
09. The Pains of Being Pure at Heart - Falling Over
10. Gonjasufi - Candylane
11. Magnolia Electric Co. - Rider.Shadow.Wolf
12. Grouper - Rising Height
13. Ratatat - Mirando (Animal Collective remix)
14. Burial & Four Tet - Wolf Cub
15. Four Tet - Love Cry
16. The National - So Far Around The Bend
17. The Beatles - While My Guitar Gently Weeps (mono remastered)
18. Eluvium - Everything to Come
19. The Miracles - Broken Hearted
20. Max Richter - Sarajevo

lundi 7 juillet 2008

Track of The Day (01-07 juillet 2008)

Mais où est passé le hip-hop bondieu? Ben je sais pas trop. Faut juste que je mette la main dessus. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 7 juillet 2008:
* Tom McRae - Bright Lights [V2]
Tom McRae était triste. Déprimé. Au fond du trou. Pour sauver sa peau, il avait composé 'Tom McRae', un premier disque somptueux de noirceur. Plus tard, Tom McRae est devenu un peu plus - puis totalement - heureux. Et il m'a ennuyé. Profondément. Une des grosses déceptions de ces dernières années. Entre albums sans intérêt et chansons ineptes, il avait perdu "le truc". Reste quelques titres à sauver, comme ce Bright Lights sur son 'King of Cards' de l'an passé, entêtant par son piano, même si super formaté et limite vulgos.
(disponible sur King of Cards, 2007)

Dimanche 6 juillet 2008:
* Max Richter - On the Nature of Daylight [130701]
En 2004, j'avais fait du 'The Blue Notebooks' de Max Richter mon album de l'année. Pour la simple raison qu'il m'avait fait pleurer lors des premières écoutes. Et qu'il m'avait totalement bouleversé. Je me souviens très bien de la première écoute, couché et me relever d'un coup, les yeux tous mouillés, me demandant ce que c'était que ce disque de musique de chambre. J'avais commencé à craquer sur ce titre là, On the Nature of Daylight. A votre tour...
(disponible sur The Blue Notebooks, 2004)

Samedi 5 juillet 2008:
* Monty Python - Always On The Bright Side of Life [Handmade Films]
En 1979, à la fin de 'Life of Brian' (clairement le film le plus drôle de l'histoire du cinéma), les Monthy Python sortent une bluette hilarante et se mettent tous à siffler, perché sur des croix (une scène à revoir en cliquant là). Trente ans plus tard, ce titre est toujours à se tordre. Et est plus que jamais une philosophie de vie.
(disponible sur Life of Brian, 1979)



Vendredi 4 juillet 2008:
* Mogwaï - The Sun Smells Too Loud [PIAS]
Après une réédition somptueuse (à tous les niveaux. Et le mot est faible) de leur chef d'œuvre 'Young Team' il y a quelques semaines, les écossais de Mogwaï viennent d'annoncer la sortie d'un nouvel album 'The Hawk Is Howling' le 22 septembre prochain. En attendant la livraison, voilà un premier extrait, qui donne l'eau à la bouche, The Sun Smells Too Loud, en téléchargement libre ici, dans l'oeil de l'aigle.
(disponible sur The Hawk Is Howling, 2008)

Jeudi 3 juillet 2008:
* Pellumair - Postcards [Tugboat]
Responsable d'un seul et unique album (le duo splittera la veille de la sortie de ce dernier, 'Summer Storm'), Pellumair a été un groupe complètement évincé de la moindre visibilité promotionnelle en 2005. Et pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur cet album en tous points beau et bon dans lequel j'aime me replonger régulièrement. Postcards restera peut-être leur plus beaux morceaux: deux voix à la douceur incroyable, posées sur un riff discret et répétitif. Ces deux là auraient mérité d'aller plus haut. Dommage. Et snif.
(disponible sur Summer Storm, 2005)

Mercredi 2 juillet 2008:
* Death Cab For Cutie - Bixby Canyon Bridge [Atlantic]
Nouvel album de la bande à Gibbard et première vraie déception de leur discographie. Poussif, sans génie, ce 'Narrow Stairs' n'est pas une franche réussite. Et pourtant, tout démarre bien avec ce titre d'ouverture, Bixby Canyon Bridge, dans l'esprit de leur précédent 'Plans'. Après, l'ennui s'approprie l'écoute. Dommage.
(disponible sur Narrow Stairs, 2008)

Mardi 1er juillet 2008:
* Electric President - It's Like a Heartbeat, Only It Isn't [Morr Music]
Deuxième album d'Electric President (groupe derrière lequel on retrouve Ben Cooper aka Radical Face), grande réussite une fois de plus. Ce It's Like a Heartbeat, Only It Isn't en est la meilleure preuve. Pop-rock, mais dans le bon sens du terme.
(disponible sur Sleep Well, 2008)

mercredi 5 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 30-11


La blogosphère n'en finit plus de présenter ses tops. Et elle a bien raison! Arbobo a donc sorti son top, en 3 parties (les disques cools, les disques plus que cools, le gros 4 des disques top top cools), Lyle aussi avec notamment un numéro 1 qui a vraiment de la gueule, tout comme Benoit de Hop-Blog (forcément classe avec un surprenant numéro 2) tandis que Matador propose de revenir sur l'année 2010 en un clin d'œil!

En ce qui concerne ce blog, deuxième partie de mon top albums de l'année, avec les albums classés de 11 à 30. Avec comme à chaque fois, un lecteur tout en bas de l'article présentant une chanson de chacun des albums listés.

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010



30. Frightened Rabbit – The Winter of Mixed Drinks [Fat Cat]
Parent pauvre médiatique d’Écosse, Frightened Rabbit n’en est pas moins un des groupes les plus intéressants du pays d'Arab Strap. Plus que jamais folk-rock, ‘The Winter of Mixed Drinks’ est un album très efficace, concentré d’hymnes indie qu’il est difficile de ne pas chanter à tue-tête.
+



29. Caribou – Swim [Merge]
Pop psychédélique pleine d'électro, le dernier album de Caribou est un euphorisant de taille. Porté par 9 chansons, 'Swim' va piocher aussi bien du coté de Four Tet (et de son folktronica) que de Junior Boys voire par instants d'Animal Collective. Grand album, ouvert et fermé par deux chansons absolument sublimes.
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28. Jim O'Rourke – All Kinds of People Love Burt Bacharach [AWDR]
Jim O’Rourke a raison : tout le monde aime Burt Bacharach. Et il le prouve en rendant un vibrant hommage à l’œuvre du maître. Ainsi, Jim O’Rourke convie quelques amis (Thurston Moore notamment) et quelques artistes nippons (dont la très grande majorité sont d’intéressantes découvertes) pour mieux reprendre quelques standards de Bacharach. Des relectures fidèles et respectueuses mais ne manquant pas de sève. Le grand Burt en aura été touché pour sur.
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27. The Magnetic Fields – Realism [Nonesuch]
Troisième et dernière étape d'une «no-synth trilogy», 'Realism' est un disque qui s'échappe des contours tortueux de 'Distortion' pour mieux se jeter dans une british-folk de la fin des années 60 des plus délicates. Production soignée, cuivres, cordes (dont une harpe), clavecin et mélodies délicieuses, ce 'Realism' respire la classe et aurait eu son mot à dire à l’époque où ce mouvement était à son apogée. C’est dire.
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26. Janelle Monáe – The ArchAndroid [Atlantic]
Elle aurait pu être une chanteuse de plus, capable de sortir des tubes incroyables et des albums décevants (entrez ici Gwen Stefani, Rihanna et autres Nelly Furtado version 2). Si Tightrope était plus qu’un tube, Janelle Monáe n’en a elle pour autant pas oublier de tenir la longueur sur album. ‘The ArchAndroid’ est un disque qui évite les écueils des artistes susnommées, ne lésinant pas sur les mélodies et les arrangements malins ; et ne se limitant pas au seul Tightrope pour renverser les têtes.
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25. Joanna Newsom – Have One On Me [Drag City]
Qui aurait prédit qu’une harpiste serait une des plus grandes stars de la scène indie actuelle? Je ne suis même pas sur que Joanna Newom elle-même y aurait pensé.
Et pourtant, la grande prêtresse de la folk, c’est elle. Une musique lumineuse sur lesquels viennent se poser des textes de plus en plus chantés et de moins en moins couinés. ‘Have One On Me’ est un album très long (triple album) mais dont l’écoute (en plusieurs fois) s’avère être un enchantement répété.
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24. Ted Leo and the Pharmacists – The Brutalist Bricks [Matador]
Avec sa pochette, avec un label comme Matador, difficile de s’imaginer ‘The Brutalist Bricks’ autrement que marqué par les années 90. Ted Leo and the Pharmacists aura été une sacrée découverte en 2010 pour votre serviteur, surtout pour un groupe officiant depuis de nombreuses années déjà. Rock à guitares enjouées et qui aiment riffer, cet album est une sorte d’hommage à une décennie dont Matador fut longtemps un des portes paroles.
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23. The Roots - How I Got Over [Def Jam]
Ce 'How I Got Over' est d'une délicatesse et d'un touché surprenant qu'on ne connaissait pas chez les partenaires des ?uestlove. Naviguant entre soul, ambiance jazzy et titres r'n'b, invitant du beau monde, de John Legend à Monsters of Folk en passant par Joanna Newsom (la voix nasillarde de la belle dans un monde de beats vaut le détour), The Roots ralentissent le tempo et proposent un nouvel album apaisé et d'une grande cohérence. La régalade en somme.
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22. The Ex - Catch My Shoe [Ex]
Pour un 30è anniversaire, quoi de mieux qu’un nouvel album ? Et un grand disque s’il vous plaît? The Ex, six ans après son dernier album en date (et qui était déjà bon comme c’est pas permis), remet le couvert avec un ‘Catch My Shoe’ qui voit notamment la rencontre de leur post-punk avec des cuivres hispanisants. Moins rendre dedans de prime abord que leurs derniers essais (en tout cas en général) mais pas moins bon.
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21. John Roberts - Glass Eights [Dial]
Electro ? House? Deep-house ? Je n’en sais trop rien au final. Sûrement les trois à la fois. En tout cas, ‘Glass Eights’ (découvert grâce à B2B de Chroniques Électroniques, dont la critique de l’album se trouve en cliquant sur le « + » en dessous de ce texte), par ses beats, la subtilité de ses changements de rythmes, sa production impeccable et ses mélodies, m’aura éminemment touché cette année.
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20. Aberfeldy – Somewhere to Jump From [Tenement]
Petit frère de ‘Young Forever’ et ‘Do Whatever Turns You On’, ‘Somewhere to Jump From’ aura mis quatre années pour sortir des doigts et du cerveau des Aberfeldy. Malgré cette période bien trop longue, le résultat est à la hauteur des espérances. Les écossais reprennent leurs ingrédients favoris (bluettes pop ensoleillées) et font de ce troisième album un disque charmant à tous niveaux, qui replace les Aberfeldy successeurs désignés des Belle and Sebastian qui n’en finissent plus de tourner en rond.
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19. Crocodiles – Sleep Forever [Fat Possum]
Tout en gardant une base noisy-pop teintée de shoegaze (ou l'inverse) qui faisait le charme de leur premier effort (salué ici), les Crocodiles pour leur deuxième album ‘Sleep Forever’ insufflent plus de pop (voire de soleil), de rock, la joue moins sombre, moins «cheap», plus porté vers l'attaque, avec une production plus efficace et accessible. Le tout paraîtra peut-être trop propre à certains (la production de James Ford y est pour beaucoup) mais les Crocodiles franchissent le Rubicon avec une grande aisance.
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18. Max Richter – infra [130701]
Prince de la musique de chambre électronisée, Max Richter aura sorti en 2010 son meilleur album depuis son chef d’œuvre de 2004, ‘The Blue Notebooks’. Il s’appelle ‘infra’ et est une suite de variations léchées de cordes et de pianos sur lesquelles vient se poser des distorsions radiophoniques. Exact opposé musical au final, mais complémentarité intelligente qui ne fait que ressortir un peu plus le beau de ses mouvements. Un, deux, trois ? Frissonnez.
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17. General Bye Bye – Girouette [Greed Recordings]
A chaque année son très bel album Greed Recordings. En 2010, ce sont les parisiens de General Bye Bye qui remportent la palme avec un premier effort à saluer. Un disque de rock nerveux, aux constructions alambiquées, où une influence toute Blonde Redhead-ienne (bien que Philippe, chef de cette tribu, s’en défende) plane au-dessus des compositions. Une preuve de plus que le rock en France, c’est possible.
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16. GonjaSufi - A Sufi and a Killer [Warp]
Album de l’année pour soixante blogueurs réunis, ‘A Sufi and a Killer’ est sans nul doute le disque le plus ouvert que j’aurais écouté en 2010. Pop psychédélique, rock débraillé, soul sous acides, funk organique, tout ici se succède pour former pourtant un ensemble on ne peut plus cohérent. Rajoutez à cela une voix presque caméléon, capable de s’adapter à chaque rythme offert sur un plateau par Flying Lotus, Gaslamp Killer et Mainframe, et vous tenez un des albums de l’année. Évidemment.
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15. Jeremy Messersmith – The Reluctant Graveyard [-]
‘The Reluctant Graveyard’ et sa pochette tragi-comique aurait été écrit par Elliott Smith qu’il aurait déjà reçu un succès critique et commercial. Car il y a beaucoup de choses qui rappelle l’auteur de ‘Either/Or’. Capable d’une finesse et d’un touché pop irréfutable, Jeremy Messersmith confirme – et de quelle manière ! – tout le talent qui vit dans ses mains.
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14. Arnaud Fleurent-Didier – La Reproduction [Columbia]
Il y eut l’aventure Notre Dame. Puis l’aventure French Touche, petit label parisien qui aura eu du nez pour sortir ‘Portrait du Jeune Homme en Artiste’, un des chefs d’œuvre (à mes yeux) des années 2000, le genre d’albums de pop à la française comme on en fait trop rarement.
Il y a aujourd’hui l’aventure major avec ‘La Reproduction’, un disque annoncé par l’inoxydable France Culture et qui est une réussite. Délaissant les aventures d’un jeune trentenaire en mal d’amour et d’affection pour mieux recentrer son propos sur la famille, Arnaud Fleurent-Didier parvient à force de textes finement écrits et d’orchestrations pop de grandes tenues à sortir un album d’une grande maturité. Et, c’est le plus important, d’une grande beauté.
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13. The Idyllists – st [Talking Bird]
Un de mes coups de cœur de l’année. Non signés, les américains de The Idyllists prouvent avec ce deuxième album toute l’incohérence de leur situation. Car ces gens là ont une vraie capacité à composer de bonnes chansons pop voire rock, un brin matinées de folk, et à créer plus souvent qu’à leur tour de véritables hymnes à découvrir (Empire State, Let’s Fly Away). Une sorte de Libertines pop et américain.
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12. Future Islands – In Evening Air [Thrill Jockey]
Il y a d’abord ce son marqué 80s. Il y a ensuite cette voix qui rappelle celle de Kurt Wagner de Lambchop. Il y a enfin ces compositions qui se valent presque toutes tant elles sont de très haut niveau. Car bien que porté par le splendide Swept Inside, ‘In Evening Air’ compte bien plus de tubes (Walking Through That Door, Vireo’s Eye, Long Flight) en son sein que bons nombres d’albums sortis cette année.
Un disque magnifique qui rend un vibrant hommage à une bien belle décennie en sortant un album qui n’aurait vraiment pas dépareillé à l’époque.
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11. Aloe Blacc – Good Things [Stones Throw]
Entouré par un groupe cinq étoiles, alternant les chansons pop-soul et soul-pop venues d’une autre époque, et n’hésitant pas à s’engager via ses textes, Aloe Blacc avec son deuxième album ‘Good Things’ n’aura pas déçu tout ceux qui attendaient, comme moi, ce disque de pied ferme après quelques singles de très haute tenue (I Need a Dollar, Femme Fatale). Mieux : il aura confirmé sur scène cette année tout le talent qui vit dans son corps.
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Et comme prévu, vu qu'il est quand même plus simple de (re)découvrir un album avec du son, un lecteur compilant une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessus: