lundi 29 septembre 2008

Track of The Day (23-29 septembre 2008)

Replongée dans les années 2000, 2008 exceptée. (et toujours en écoute dans le deezer).


Lundi 29 septembre 2008:
* Carl Barat and Pete Doherty - A Day in a Life (a The Beatles' cover) [BBC Radio 2]
Les deux anciens acolytes des Libertines se retrouvent en studio pour enregistrer une reprise assez (très?) convenue (mais pas risible) de A Day In The Life, un des titres majeurs des Beatles, à l'occasion des quarante ans de 'Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band' l'an passé. La BBC paye les petits fours. Les autres rendent hommage au Fab Four. Classe. Surtout avec ce titre qui se termine par un hello des quatre fantastiques.
(disponible sur Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 40th Anniversary Album, 2007)

Dimanche 28 septembre 2008:
* Radiohead - I Want None of This [Independiente]
En 2005, pour le charity album 'Help: A Day In The Life', Radiohead enregistre ce I Want None of This, tout au piano, avec quelques choeurs derrière, histoire de. Un titre somptueux, comme ils savent en écrire. Mais pourquoi dieu s'entêtent-ils à sortir des albums chiants comme la pluie depuis bientôt cinq ans?
(disponible sur Help, A Day In The Life, 2005)

Samedi 26 septembre 2008:
* Camera Obscura - Happy New Year [Andmoresound]
En Ecosse, il fait froid. Il pleut. Mais il y a la pop qui respire à chaque coin de rue. Les Camera Obscura ne sont peut-être pas les plus célèbres du lot. Ils laissent ça aux grands frères Belle & Sebastian. Mais s'engouffrent dans la même brèche, de l'indie pop classieuse comme tout, avec corde et tout le toutim. Stuart Murdoch, de Belle & Seb, produit le disque. Et ça se sent. 'Biggest Bluest Hi-fi' est toujours aujourd'hui le chef d'œuvre du groupe. Et il s'ouvre par ce splendide Happy New Year.
(disponible sur Biggest Bluest Hi-fi, 2001)

Vendredi 26 septembre 2008:
* Viktor Vaughn - A Dead Mouse [Sound Ink]
En parallèle avec la chronique du 'Madvillainy 2: The Madlib Remix' de jeudi, réécoutons avec ce plaisir non feint, un morceau 'Vaudeville Villain', l'album de 2003 de Viktor Vaughn (aka MF Doom) et notamment ce tuant A Dead Mouse. Bon, évidemment, perdu au milieu de toute cette pop... mais bon, rien que pour la prod...
(disponible sur Vaudeville Villain, 2003)

Jeudi 25 septembre 2008:
* Cherry Ghost - Thirst For Romance [Heavenly]
L'autre jour, je faisais les bacs à soldes. Et je tombe sur ce disque, d'occasion. La pochette était belle et je croyais me souvenir en avoir lu du bien sur quelques forums internet. Bien m'en a pris, car ce disque est très beau. Entre The Veils et Coldplay. La preuve avec le titre éponyme, Thirst For Romance. Un jeudi pop pop quoi.
(disponible sur Thirst For Romance, 2007)

Mercredi 24 septembre 2008:
* The Dears - Bandwagoneers [Maple Music]
Il y a quelques jours, sur un forum musical, on pouvait lire les diverses réactions des fans au contact du nouveau The Dears, 'Missiles'. Et tout le monde de briser sans grande raison le précédent, 'Gang of Losers'. Un disque qu'il faut réhabiliter. Donc à défaut d'un titre du nouvel album, voilà un des grands morceaux de ce 3è album, Bandwagoneers, injustement critiqué et franchement toujours aussi bon.
(disponible sur Gang of Losers, 2006)

Mardi 23 septembre 2008:
* Florent Marchet - Je M'en Tire Pas Mal (feat. Miossec) [Barclay]
Reprenons un peu de Florent Marchet, le mec qui avait sorti cet album merveilleux qu'est 'Rio Baril' l'an passé. Avec un extrait de son premier disque, 'Gargilesse', ou l'ami Miossec vient poser sa voix. Toujours aussi attachant, beau, parlant.
(disponible Gargilesse, 2004)

jeudi 25 septembre 2008

Madvillain - Madvillainy 2: The Madlib Remix [Stones Throw]

Madlib et MF Doom sont dans un studio. Madlib et MF Doom fument trop de beuh. Qu'est ce qu'il reste? Un album de remix de 'Madvillain', pour patienter jusqu'au vrai 'Madvillainy 2'. Et vous savez quoi? Ça poutre. Et méchamment!

Mais reprenons les choses dans l’ordre. En 2004, Madlib, producteur émérite et poulain d’or de Stones Throw, s’enferme en studio avec le meilleur emcee de cette décennie, MF Doom, l’homme masqué et à l’histoire ambiguë aussi bien que tenue secrète, ainsi qu'avec une bonne dose de weed. Le résultat sera frappé du nom de Madvillain et ‘Madvillainy’ rentre dans l’histoire de la musique du XXIè siècle en «racontant» l’histoire de Madvillain, personnage de comic books (l’ambiance est vraiment basé là-dessus) entre hip-hop, jazz, sons rétro et samples à gogos. Un grand album, alliage réussit entre le flow de Doom et les prods sur mesure de Madlib, magnifié par une pochette qui en impose.

Encensé par tous (ou presque), le combo Madvillain promet de s’atteler rapidement à une suite des aventures de son «héros». Mais MF Doom se disperse, s’atèle à divers projets (le Danger Doom, des collaborations de tous les côtés) et le projet est remis aux calendes grecques.
Histoire de patienter, Stones Throw sort deux 12’’ de remixes, un concocté par Koushik (terriblement funky) et un second par Four Tet, absolument hallucinant de maîtrise (il faut écouter le remix de Great Day pour le croire) - et qui nous fait, soit dit en passant, plus qu’espérer et souhaiter une collaboration dans le futur entre Kieran Hebden et MF Doom.

Mais à part ça, rien. Madvillain semble s’être évanoui dans un nuage de weed. Et puis, au début de l’été, une newsletter de Stones Throw nous apprend, sans crier gare, que finalement Madlib a décidé, comme pour attendre, de sortir un remix de ‘Madvillainy’. Et qu'il appelle simplement 'Madvillainy 2: The Madlib Remix'.

Remixer son propre disque ? Un choix audacieux mais très risqué. Mais qui s’avère vite être une franche réussite. ‘Madvillainy 2: The Madlib Remix’ est un album de remix mais qui passe surtout pour … un nouvel album. Rien que ça. Madlib a récupéré les parties vocales de Doom et a changé toute la prod. Et part dans un délire complètement différent, plus soul, moins sombre, moins «comic», mais avec toujours ce côté jazzy, ces samples à tout va, ce crépitement continu du début à la fin du disque et ces ambiances qui rappellent certains passages de la série de ses 'Beat Kondukta'.

Bref, une totale réussite. Plus que redécouvrir le premier opus, on tombe vite sous le charme de sa suite. Une suite qui n'en est pas une tout en en étant une. Vous me suivez? Non? De toutes façons, tout deviendra plus clair dans quelques mois: Madlib et MF Doom serait actuellement en studio pour donner naissance au petit frère (officiel cette fois) de ‘Madvillainy’. Croisons les doigts certes. Mais il était temps. (sortie: 23 juillet 2008)

Son :
Myspace (deux titres de
‘Madvillainy 2: The Madlib Remix’ en écoute)
Site officiel

Et deux titres en écoute, plutôt court (même pas 5 minutes en cumulés) mais qui prouve toute l'étendue du talent de
Madlib, Can't Reform Em et Running Around with Another (malheureusement plus en écoute).

mardi 23 septembre 2008

James Yorkston and The Athletes – When The Haar Rolls In [Domino]

L'autre après-midi, chez Gibert, alors que je fouillais les bacs à vinyles avec ma frénésie habituelle, apprenant que Radiohead rééditait en LP ses premiers albums ou que le Okkervil River était à un prix des plus raisonnable (13€ seulement!), je suis tombé sous le charme de la nouvelle sortie de James Yorkston and The Athletes, 'When The Haar Rolls In', que le vendeur du rayon indé avait eu la bonne idée de faire profiter à tous les acheteurs potentiels.

Une surprise vraiment. Une belle même. Pas que je m'attendais au pire, vu que j'ai toujours beaucoup apprécié les productions du bonhomme. Mais son dernier 'The Year of The Leopard' m'avait déçu (un artiste en roue libre et qui – presque – s'auto-parodiait) et j'espérais, un peu anxieux, un retour en forme et évitait d'imaginer un naufrage.

Pour être honnête, les doutes sont vite partis. L'écossais folkant et ses Athletes font un retour fracassant. Ils retrouvent ici le lumineux des élans passés, avec ces notes qui s'entrechoquent, cette guitare qui égrène ses accords, ces cuivres magnifiques, ce hautbois qui s'immisce sans rien dire, presque timide, ces mélodies quasi-onirique (le piano de Beryl's Jig), porté par la voix de James Yorkston, si douce et si présente qu'on aurait aimé qu'elle nous lise des histoires quand nous étions petits, juste avant d'aller nous coucher.

Quasi auto-produit, 'When The Haar Rolls In' ne possède peut-être pas la force (mais il l'obtiendra sans doute avec le temps) ni la beauté de 'Just Beyond The River' – il faut dire aussi que le travail de production de Kieran Hebden sur ce disque là est fou, arrivant à rendre beau le moindre des silences, la plus minime des respirations, à donner à chaque instrument et à chaque note, sa place, le tout avec un son presque cristallin et assez surprenant.

Mais il n'empêche : 'When The Haar Rolls In' est le retour par la grande porte de James Yorkston and The Athletes. Leur folk mélodieux n'a peut-être pas d'égal aujourd'hui, tant l'osmose du groupe est totale, tant le beau entraîne le beau. Un album qu'on écoutera plus volontiers à l'aide de bonnes enceintes qu'au casque: ce quatrième album du groupe est comme le bon vin: il a besoin de grands espaces pour s'épanouir. (sortie : 1er septembre 2008)

Son :
Myspace (deux titres de 'When The Haar Rolls In' en écoute)
Site Officiel

En écoute, deux titres. Temptation et When The Haar Rolls In. Écoutez. Frissonnez. Comprenez. Malheureusement, plus en écoute.

lundi 22 septembre 2008

Track of The Day (16-22 septembre 2008)

De beaux titres, de faibles albums. Mais pas que. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 22 septembre 2008:
* Etienne Daho - Le Premier Jour [Virgin]
Samedi soir, j'ai eu l'occasion de voir 'Le premier jour du reste de ta vie', avec Zabou Breitman et Jacques Gamblin (entre autres). Le genre de film qui sur le papier ne paye pas de mine. Mais qui est en fait un vrai trésor. J'ai tout simplement adoré. J'ai été touché, perturbé par ce beau film choral sur une famille de 3 enfants et son évolution sur 15 ans. Un grand moment. Et quand le tube de Daho, qui sert de titre au film, est partie, j'ai failli me mettre à chialer.
(disponible sur Best-of Singles, 1998)

Dimanche 21 septembre 2008:
* Alicia KeysWhen You Really Love Someone [J]
Peut-être pas le meilleur album de la belle Alicia Keys. Trop long, oui, surement. Et pas forcément extraordinairement inspiré sur toutes les plages du disque, tout comme Timbaland d'ailleurs. Mais ce 'The Diary of' contient quand même quelques jolis passages, comme cette balade 'à la sauce Alicia', perdue à la toute fin du disque, When You Really Love Someone.
(disponible sur The Diary of, 2003)

Samedi 20 septembre:
* Autistic Daughters - Hotel Exeter Dining Room [Kranky]
Très bel album que celui-là. Une sorte d'histoire racontée avec en fond musical une musique expérimentale qui ne l'est pas tant que ça, guidée qu'elle est par une idée directrice et quelques belles mélodies. Un album court (36' pour 7 titres), une ambiance sombre et pesante mais un résultat des plus touchant et enivrant et qui rappelle beaucoup Tanakh par moments. Ce Hotel Exeter Dining Room devrait vous inciter à aller plus loin.
(disponible sur Uneasy Flowers, 2008)

Vendredi 19 septembre 2008:
* Parenthetical Girls - Windmills of Your Mind [Tomlab]
Windmills of Your Mind est un splendide morceau tout en opérette. Un grand titre du dernier album Parenthetical Girls qui, hormis ce titre là, tourne vraiment à vide. Musicalement intéressant (beaux arrangements), il manque le principal à ce disque: des chansons. N'est pas David Ackles qui veut.
(disponible sur Entanglements, 2008)

Jeudi 18 septembre 2008:
* The Automatic - Steve McQueen [B-Unique]
Ce nouvel album est un échec sur presque toute la ligne. Pas de mélodies, des morceaux qui tournent en rond malgré des guitares en plus, et une production à faire fuir les plus conciliant. Deux titres sauvent en partie ce 'This is a Fix', dont Steve McQueen, single peut-être pas du niveau d'un Raoul ou d'un Monster, mais qui a sacrément du chien.
(disponible sur This is a Fix, 2008)

Mercredi 17 septembre 2008:
* Late of the Pier - Focker [Parlophone]
Les Late of The Pier commencent à faire parler d'eux, surtout en UK, mais un peu ici aussi. Et pourtant, il n'y a pas de quoi se relever la nuit: un son brouillon et asséné à coups de pelles, comme pour mieux cacher l'indigence des compositions. Deux seuls morceaux s'en tirent bien. Dont l'efficace Focker, en écoute aujourd'hui.
(disponible sur Fantasy Black Channel, 2008)

Mardi 16 septembre 2008:
* The Shins - Such Great Heights (A The Postal Service cover) [Sub Pop]
Tiré d'un bel Ep de 4 titres, sorti quelques semaines avant 'Give Up', la reprise des Shins du tube (enfin d'un DES tubes) des Postal Service We Will Become Silhouettes est toujours un vrai délice. Une belle cover qui s'éloigne bien de l'originale et rend une copie parfaite. Ah, la belle époque où les Shins ne tournaient pas en rond...
(disponible sur Such Great Heights Ep, 2003)

jeudi 18 septembre 2008

Choir of Young Believers – This Is For The White In Your Eyes [Tigerspring]

Reprise du taff après trois mois de chômage. Envie. Impatience. Désir de bien faire. Et paf, une climatisation mal réglée et le –Twist– chope la crève. Un bon gros rhume des familles, avec gorge qui coule et nez qui gratte, ou l’inverse.

Pour mettre à mal la maladie, j’ai décidé de l’attaquer de front, avec larges doses de médocs, bonne épaisseur sous le blouson et une écharpe (mi-septembre !) autour du cou. Et surtout un bon disque dans les oreilles, histoire de me sortir une fois pour toutes mon cerveau du brouillard dans lequel il est rentré.

J’ai souvent conté dans ces pages le talent d’artistes nordiques dont je pense le plus grand bien, et ce depuis des années. C’est sur un des nouveaux venus surlequel je suis tombé : Choir of Young Believers, from Denmark, mené par le danois (mais aussi Grecque et Indonésien) Jannis Noya Makrigiannis.

Un groupe qui sort ici son premier album, 'This Is For The White In Your Eyes', qui fait suite à ‘Burn The Flag’, un Ep daté de 2007 (mais sur lequel je n’ai pas encore eu l’occasion de jeter une oreille). Un premier disque qui rentre en bouche sans que l’on s’en rende compte vraiment. Et qui a surtout la bonne idée d’y rester.

Lors des premières écoutes, je n’ai pas été à ce point bouleversé. Mais il y avait toujours cette envie d’y revenir, de réécouter ces mélodies, ces arrangements, cette voix qui me fait penser à un mélange de Tobias Fröberg et Chris Garneau, cette musique qui hésite entre indie-pop symphonique qui en met pleins les yeux (piano, cordes, chœurs et tout le toutim) et ambiances beaucoup plus intimistes.
Depuis, ce ‘This Is For The White In Your Eyes’ est simplement devenu au fil des écoutes un de ces disques où chaque écoute est une redécouverte: un riff passé inaperçu, un break divin, un touché de cordes qui fait mouche pour la première fois. Et je ne me suis pas encore plongé dans les paroles (qui semblent portées sur la religion), c'est dire s'il me reste beaucoup de choses à creuser.

Choir of Young Believers est une grande, une très grande découverte. Celle d’un songwriter de talent, qui a assimilé une grande partie de l’histoire de la pop music et de ses envolées lyriques pour mieux composer des (ses) morceaux à tomber. Aujourd’hui, ma crève est en train de me lâcher petit à petit. Et mon dolirhume a pour nom Choir of Young Believers. (sortie: 29 août 2008)

Son:
Myspace (6 titres de ‘This Is For The White In Your Eyes’ en écoute)

Comme toujours, deux titres en écoute. Un choix difficile et cornélien. Mais comme il faut bien trancher, Hollow Talk (le titre qui ouvre ‘This Is For The White In Your Eyes’) et She Walks, le titre le plus rock du disque. Malheureusement plus en écoute.

mardi 16 septembre 2008

Okkervil River – The Stand-Ins [Jagjaguwar]

Il y a en gros une année, les Okkervil River, groupe américain donnant largement dans le folk-rock de qualité, sortaient ‘The Stage Names’, un album une nouvelle fois réussi bien que tournant un peu en rond, comme depuis leur ‘Sleep and Wake-Up Songs Ep’ de 2004. Enfantant alors leur quatrième opus, les Okkervil River ont un but avoué : écrire un double album. L’idée tombant rapidement à l’eau, ils enregistrent lors de ces mêmes sessions onze morceaux qui donnent aujourd’hui ‘The Stand-Ins’. Un disque qui est tout sauf une compilation de faces-b ou de chutes de studios. Bien au contraire.

Car quels onze titres ! A peine six minutes, Will Sheff et ses amis retrouvent la foi qu’ils semblaient avoir perdu au profit d’une musique de qualité mais manquant singulièrement de folie. Est-ce le départ définitif du groupe de Jonathan Meiburg, ce dernier préférant se concentrer sur l'aventure Shearwater, qui a remobilisé les troupes ?

Je n’en ai absolument aucune idée. Tout ce que je sais par contre, c’est qu’aux premiers accords de banjo de Lost Coastlines (voir plus bas) – un de leurs meilleurs titres, tous albums confondus –, j’ai retrouvé le groupe qui m’avait fait vibrer comme jamais en 2003 avec un ‘Down The River of Golden Dreams’ renversant. Un groupe enjoué, sûr de ses mélodies, adepte d’un folk-rock qui ne cesse de courir dans tous les sens et d’une pop-folk qui a le bon goût de vous déchirer le cœur.

Okkervil River revient donc par la grande porte avec ce ‘The Stand-Ins’, qui aurait pu (du ?) être le disque 2 de ‘The Stage Names’. La pression du double album en moins, Will Sheff, semble avoir regagné en sérénité et affiche ce calme du génie retrouvé tout au long de cet album, peut-être le meilleur album du groupe. Un disque qui mélange folk, rock, pop et americana et qui en sort le meilleur. La basse sur Lost Coastlines, les cuivres sur Starry Stairs (voir plus bas), le clavier de Pop Lie, rien n’est à jeter ici, tout est à garder. Jonathan Meiburg peut désormais partir l’esprit libre : ses Okkervil River sont de nouveau sur de bons rails. Et leur autre papa, Will Sheff, tient de nouveau bien fermement le volant. (sortie : 9 septembre 2008)

Son :
Myspace ('The Stand-Ins' y est en écoute totale, pour le moment)
Site officiel


Et deux titres en écoute, le futur classique Lost Coastlines et le très cuivré Starry Stairs. Malheureusement Starry Stairs n'est plus en écoute:

Okkervil River - Lost Coastlines


Et voici le clip de ce formidable morceau qu'est Lost Coastlines. Assurément un des plus grands titres de cette année 2008. Voire même plus:


lundi 15 septembre 2008

Track of The Day (09-15 septembre 2008)

Du 2008. Du 2008. Du 2008. (et toujours disponible dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 15 septembre 2008:

* Pumuckl - La Jalousie de la Vierge Marie
Pumuckl (dont j'ai parlé ici, et dans ce coin-ci) me (et vous) fait l'honneur de donner sur ce blog un avant-goût de son album à venir. Un disque qui mêlera les anciens titres et des nouveautés. Selon lui, "Le mixage n'est sans doute pas aller jusqu'au bout de sa maturation... les prises sont définitives mais pas le mix". Ben qu'est-ce que ça va être alors quand ça sera fini? Premier extrait donc, avec la reprise d'un titre de Jérôme Minière, La Jalousie de la Vierge Marie. A la sauce Pumuckl. Et franchement, c'est excellent. N'hésitez pas à donner votre avis et vos critiques (toujours constructives).
(non disponible pour le moment)

Dimanche 14 septembre 2008:
* Black Kids - I Wanna Be Your Limousine [Almost Gold]
Les Américains de Black Kids, après un premier Ep qui avait fait sensation l'an dernier ('Wizard of Ahhhs Ep'), s'entourent de Bernard Butler (ex-Suede), prennent le parti d'une production plus marquée (et un peu plus putassière) et sortent leur premier album, 'Partie Traumatic', efficace résumé des vingt dernières années de la pop music made in Uk. Affolant.
(disponible sur Partie Traumatic, 2008)

Samedi 13 septembre 2008:

* Be Your Own Pet - Bitches Leave [XL]
Clair. Net. Précis. Efficace. Voilà comment définir le second (et dernier) album des Be Your Own Pet, mené aussi bien par leur urgence punk et rock que par la voix et la présence de la belle Jemina Pearl. Depuis quelques semaines, le groupe a splitté. Il ne nous reste donc plus que des titres comme Bitches Leave pour chougner.
(disponible sur Get Awkward, 2008)

Vendredi 12 septembre 2008:
* Dirty Pretty Things - Hippy's Son [Vertigo]
Second opus pour la bande à Carl Barat et Gary Powell (tous de deux de feu The Libertines). Un disque très critiqué, surtout quand on le compare au premier album, 'Waterloo To Anywhere'. Vu que ce dernier ne m'avait pas retourné, je ne suivrai donc pas le feu nourri des attaques en affirmant que ce 'Romance At Short Notice' est une belle réussite, avec de grands titres comme ce Hippy's Son et un Carl Barat, qui n'a jamais été aussi prêt de Joe Strummer, vocalement parlant.
(disponible sur Romance At Short Notice, 2008)

Jeudi 11 septembre 2008:
* The Black Keys - Pyschotic Girl [Nonesuch]
Nouvel album et encore une bien belle réussite de duo guitare/batterie The Black Keys. Cette fois, c'est Danger Mouse qui prend les commandes niveau production. Et qui appose sa touche avec finesse et touché. Psychotic Girl est la meilleure preuve de l'apport de l'homme souris.
(disponible sur Attack & Release, 2008)

Mercredi 10 septembre 2008:
* Animal Collective - Cobwebs [Domino]
Après un 'Strawberry Jam' gigantesque en 2007, les Animal Collective reviennent aux affaires en janvier prochain. D'ici là, pour patienter, ils ont concoté cet Ep, une nouvelle fois divin. Cobwebs, en écoute aujourd'hui, est un titre tout vaporeux et volatile, à la sauce Panda Bear.
(disponible sur Water Curses, 2008)

Mardi 9 septembre 2008:
* Destroyer - Foam Hands [Merge]
Dan Bejar (New Pornographers, Swan Lake, Hello, Blue Roses) revient avec un autre de ses projets parallèles Destroyer. Un disque que je trouve plus réussi au final que son 'Destroyer's Rubies' de 2006. Un 'Trouble in Dreams' dont on ressortira un somptueux Foam Hands.
(disponible sur Trouble In Dreams, 2008)

samedi 13 septembre 2008

[Oldies] The Beach Boys – Sunflower (1970)

A quoi ça tient? A rien finalement. A queudalle. A une dose de LSD trop forte. A un gobage de champignons de fin de soirée. L’histoire est connue : les Beatles et les Beach-Boys, depuis l’arrivée des Fab 4 sur le continent nord-américain, se tirent la bourre. Les Anglais sortent 'Rubber Soul' ? Les garçons de la plage enregistrent ‘Pet Sounds’ ? Les Beatles écrivent ‘Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band’? Brian Wilson veut faire mieux et compose ‘SMiLE’, le projet avorté le plus ambitieux de l’histoire de la musique. Qui tuera les Beach Boys. Un projet fou qui ne verra le jour que près de quarante ans plus tard.

Donc, en 1967, quand Brian Wilson, perdu et malade, abandonne la partie contre les Beatles, les Beach Boys enchaînent les albums (cinq studios et un live) mais déclinent artistiquement parlant. Quand arrive 1970, le groupe vient de quitter Capitol (qu’ils poursuivent pour des royalties non payées) et signe chez Reprise Records, un label tout heureux d’avoir un tel groupe dans son giron. Brian Wilson, toujours là (il signera quelques titres et produira le disque), s’est quand même mis en retrait et a laissé les autres prendre la main sur les compositions, notamment son frère Dennis (dont on reparlera un jour dans ces pages).

Le premier titre qui émerge des divers enregistrements est Add Some Music to Your Day, un – presque – flop total niveau charts mais qui emballe d’emblée les dirigeants de Reprise Records. Confiants, le groupe finalise l’album et le transmet aux grands pontes du label. Résultat ? Refusé. On reproche essentiellement aux Wilson de ne pas avoir assez de titres forts (au final, seuls six titres, sur les douze du tracklisting, seront conservés dans la version qui verra le jour en août 1970).

Le groupe compose et réenregistre alors de nouveaux morceaux, balance le tout à la maison de disques, qui décide de sortir l’album. ‘Sunflower’ sera le plus grand échec commercial (jusqu’alors) du groupe, n’atteignant même pas le top 100 des charts américains, une première!

Et pourtant, il avait tout pour connaître le succès. Car ‘Sunflower’ est un grand disque, un des meilleurs des Beach Boys, avec les deux monuments des années 60 cités plus haut. Si le génie qui transpirait par tous les sillons d’albums comme ‘Pet Sounds’ ou ‘SMiLE’ semble avoir en partie disparu, il n’en reste pas moins quand même de grands moments de pop music, des harmonies comme eux seuls savent en façonner (Forever, Tears In The Morning), des idées lumineuses et une production qui voit Brian Wilson retrouver (ou presque) son lustre d’antan (Cool, Cool Water, du génie à l’état pur, voir plus bas) ainsi que des clins d’œil appuyés aux anciens rivaux anglais, les Beatles (At My Window, et ses paroles niaises en français – «le moineau est venu se poser à ma fenêtre» –, sorte de réponse au Michelle de la bande à Mc Cartney).

Perdu au début de l’album, deux titres sortent du lot (voir plus bas) : Deirdre, chanson pop, à la construction d’une simplicité apparente mais aux contours exquis (chœurs, cuivres, rythmique) et It’s About Time, un morceau renversant, très pop-rock (avec son petit solo de riffs au moment du bridge) qui, s’il sortait aujourd’hui, serait d’une actualité folle. Un titre écrit par le groupe dans son entier, et aux paroles assez fascinantes, comme un bilan de la cassure de la fin des années 60 et un mea-culpa chanté de Brian Wilson :

"I used to be a famous artist //Proud as I could be // Struggling to express myself // For the whole world to see // (...) // Oh the creation yeah // Of a good time doin' my part // With an open-hearted laugh of // realization in my mind // And now I'm but a child who art// Erect in humility // Serving out a love for everyone I meet // In truth who are really me // (...) // It's about time we get together // To be out front and love one another // Brothers sisters everybody // We better start to help each other now // We need it now // When we're sharin' our love brother // That's when we know we can // shape another world"

En 1971, les Beach Boys continuent sur leur lancée du renouveau et sortent le réussi ‘Surf’s Up’ (la dernière réédition, de 2008, compile à nouveau les deux albums sur un seul et même disque) avant de s’enfoncer irrémédiablement dans le médiocre et d’appartenir finalement au passé.
En 1970, à y regarder de plus près, les Beach Boys sont d'ailleurs déjà un groupe du passé (la pochette en est la preuve criante). Mais en écrivant un titre comme It’s About Time, ils prouvent quand même qu’ils ont toujours trente ans d’avance.

Première sortie : 31 Aout 1970 [Reprise]
Réédition : 2008 [EMI].

Son :
Site officiel
Myspace


Trois titres de ce 'Sunflower' en écoute, comme le veut la coutume. Forcément, les deux grands titres de l’album avec Deirdre et It’s About Time, avant de finir par Cool, Cool Water :




jeudi 11 septembre 2008

Get Well Soon – Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon [City Slang]

Vous avez déjà imaginé ce que pourrait donner une réunion, dans un même lieu (disons un studio d’enregistrement pour être original) d’Arcade Fire, Beirut, The National, Venus, Arab Strap et Radiohead, qui n’auraient alors qu’un seul but en tête : enregistrer un disque en commun et qui leur ressemble à tous ? Hormis le fait que cela pourrait tourner rapidement en une guerre de tranchées et d’égos assez délicate à gérer, cette assemblée aurait une chance d’accoucher de quelque chose qui ressemblerait à ‘Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon’, le premier album de Get Well Soon.

Get Well Soon. Le groupe d’un seul homme, Konstantin Gropper, multi instrumentiste de 25 ans, qui suit des études de philosophie (ce qui se ressent beaucoup dans les paroles de l’album) à Berlin. Qui après quatre Eps – passés inaperçus, en tout cas du côté d’I Left Without My Hat – et deux années à travailler dessus, sort enfin son premier disque, et chez City Slang s’il vous plaît!

Un premier opus aux mélodies qui font mouche. ‘Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon’ est une très grande réussite, une de celles qui figureront tout en haut de mon top de fin d’année. Un disque riche. Très riche. D’influences – essentiellement celles citées plus haut – parfaitement digérées et qui n’étouffent pas l’inspiration de son auteur ; d’arrangements délicats ; de cordes et de cuivres divins ; de quatorze titres et d’une heure (pile !) de musique, mais qui s’avèrent tout sauf un tue-le-disque, comme trop souvent avec les albums qui ne veulent jamais finir.

Au fur et à mesure que l’album s’égrène, on retrouve dans cet album taille patron la trompette de Beirut, la folie d’Arcade Fire, la voix de Thom Yorke, la pop belge de Venus, les mélodies de The National, les ambiances contemplatives de certaines musiques de film et un peu de musique classique. Un melting-pot déroutant mais assumé, qui navigue entre pop, rock, musiques d’Europe de l’Est et post-rock. Toujours avec ce souci mélodique et de l’arrangement parfait. A tomber on vous dit. (sortie : 18 janvier 2008)

Son :
Site officiel
Myspace (six titres de ‘Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon’ dont la reprise d’Underworld, Born Slippy)

Deux titres en écoute : Christmas In Adventure Parks et son banjo entêtant, et We Are Safe Inside While They Burn Down Our House, un titre que Radiohead auraient pu écrire s’ils ne s’étaient pas endormis sur leurs lauriers (malheureusement, plus en écoute).


Et pour finir le clip de If This Hat Is Missing I Have Gone Hunting, datant de 2007 (peut-être le morceau au plus grand potentiel de single, titre qui prouve surtout que je ne suis pas le seul à avoir des problèmes de chapeau), ainsi que celui de Witches! Witches! Rest Now In The Fire:

Get Well SoonIf This Hat Is Missing I Have Gone Hunting



Get Well Soon Witches! Witches! Rest Now In The Fire


mardi 9 septembre 2008

Emiliana Torrini – Me and Armini [Rough Trade]

Début 2005, j’avais eu l’occasion de m’occuper une journée (presque) entière d’Emiliana Torrini alors qu’elle faisait à Paris la promo de son second album, ‘Fisherman’s Woman’. J’avais rencontré alors une jeune femme absolument charmante, drôle et au caractère bien trempé qui, avec ses petits yeux rieurs et de son sourire à tomber, m’avait complètement fait fondre.

Je dois avouer que cette rencontre, même si elle n’avait pas été suivie d’effet malgré des clins d’œil appuyés et des sourires ultra-bright de ma part, avait assez influencé mon jugement sur les productions de la miss. Car si j’aimais déjà beaucoup son ‘Fisherman’s Woman’, après coup j’en suis tombé complètement amoureux, frissonnant à chaque note que sa jolie voix d’Islandaise voulait bien envoyer.

Il n’est donc pas anodin que je vous parle ici de son dernier album en date, ‘Me and Armini’. Non pas parce qu’il est fabuleux, renversant et fera date. Non juste parce qu’il est d’Emiliana Torrini. Et qu’il est à mes yeux réussi. Différents de ses deux premières livraisons, loin du trip-hop du début et – un peu moins loin – du folk épuré de 'Fisherman's Woman', ce disque la voit plonger à corps perdu dans des orchestrations plus travaillées, avec une basse aux sonorités reggae plutôt présente et une ambiance générale assez sombre. On se surprend même à lui trouver des similitudes avec Ed Harcourt sur certains titres (Dead Duck notamment, voir plus bas).
Seul un morceau, Gun, fait tâche au milieu des treize titres de ce ‘Me and Armini’, avec sa production lourdingue et sa rythmique qui ne vont pas un instant avec la voix et la douceur d‘Emiliana Torrini. Mais le reste est au diapason, sucré, délicat, beau.

‘Me and Armini’ est ce genre de disque, les galettes qu’on se surprend à écouter plus que de raisons, tout en étant conscient qu’elles n'ont rien d’extraordinaire. Bref, un album cohérent, de la part d'une des personnalités les plus attachantes du monde de la musique d'aujourd'hui. (sortie: 9 septembre 2008)


Son :
Myspace (Trois titres de ‘Me and Armini’)
Site Officiel

Deux titres en écoute. Me and Armini, aux sonorités reggae et un Dead Duck assez ambitieux et proche de certains titres d’Ed Harcourt, malheureusement plus en écoute.

lundi 8 septembre 2008

Track of The Day (02-08 septembre 2008)

Après des semaines de vacance de ce blog, la rentrée est de rigueur. Et placée sous le signe de l'electro qui fait bouger les pieds et mal à la nuque. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 8 septembre 2008:
* Iron and Wine - Arms of a Thief (Transgressive)
Lovesong of the Buzzard n'est pas la moins belle chanson du 'The Shepherds's Dog' des Iron & Wine, sorti en 2007. Elle est ici la tête de proue de cet Ep de trois titres, tiré à 1000 exemplaires chez Transgressive Records, dont est tiré ce Arms of a Thief, un titre de folk-pop hésitant à lorgner vers quelques ambiances plus "actuelles". Et qui prouve une fois de plus que le groupe de Sam Beam prend toujours un soin précieux à composer de beaux Eps avec de grandes chansons.
(disponible sur Lovesong Of The Buzzard Ep, 2008)

Dimanche 7 septembre 2008:
* Monosurround - We [Citizen]
Duo allemand, composé de Ramtin et Erik, fraîchement signé chez Citizen Record (le label de Vitalic), les Monosurround donne dans l'électro entre beat, scratchs, flow et grandiloquence, qui sonne vraiment fin 80s/début 90s. La preuve flagrante avec ce We de leur premier album à venir, fin septembre, 'Hello World'.
(disponible sur Hello World, 2008)

Samedi 6 septembre 2008:
* The Who - Baba O'Riley (SebastiAn Remix)
SebastiAn s'est fait une spécialité depuis quelques temps: remixer de grands tubes de l'histoire de la musique. Cela avait débuté avec celui de Killing In The Name des Rage Against The Machine. Et ça se poursuit avec celui Baba O'Riley des Who sur 'Who's Next'. Un remix pas bouleversant (surtout pour un grand fan de la bande à Pete Townshend comme moi), mais qui fait son petit plaisir.
(indisponible pour le moment)

Vendredi 5 septembre 2008:
* Coldplay - Viva La Vida [Parlophone]
Annoncé comme une daube FM annoncée, le dernier 'Viva La Vida' de Coldplay est tout sauf cela. Chris Martin et ses potos ont toujours ce don inouï de pondre des mélodies entêtantes, comme celle qui domine ce Viva La Vida divin. Grand titre de 2008.
(disponible sur Viva La Vida, 2008)

Jeudi 4 septembre 2008:
* Robin Sparkles - Let's Go To The Mall [Dominant]
Pour ceux qui suivent cette série hilarante qu'est How I Met Your Mother comme moi depuis trois ans déjà, rappelez-vous de cet épisode déjà mythique du 'Slap Bet' avec en point d'orgue cette chanson de Robin Sparkles (alias Robin Scherbatsky), ex-pop stars canadienne qui chantait dans les centre commerciaux à la fin des années 80. Un bonheur de kitsch même pas moqueur. Savoureux. Et parfait pour attendre le retour des aventures de Ted et Barney le 22 septembre 2008, sur CBS. En espérant qu'ils aient les chaînes ricaines là haut...
(indisponible pour le moment)

Mercredi 3 septembre 2008:
* Vitalic - The 30 000 Feet Club [Citizen]
Disponible uniquement sur son 'V-Live' de l'an passé, The 30 000 Feet Club vient de voir le jour en version studio. Et c'est aussi énorme qu'en live. J'imagine qu'on devrait retrouver ce titre sur le futur album du grand Pascal Arbez, à venir prochainement. Sautez, vous êtes en transe!
(indisponible pour le moment)

Mardi 2 septembre 2008:
* Sia - Breathe Me (Four Tet Remix) [Domino]
Avec Bob Dylan et Sufjan Stevens, Four Tet est le troisième de mes dieux, de ces artistes qui me créent une petite boule dans le bide, pleine d'envie et d'admiration. Je suis retombé sur le remix du grand Kieran Hebden du Breathe Me de Sia. Une douceur toute ouatée, toute belle, toute doucereuse. Dont on a beaucoup de mal à se passer.
(disponible sur The Remixes, 2006)

jeudi 4 septembre 2008

Top 6 "R.I.P"

Y a des fois, vous fêtez votre anniversaire. Vous êtes heureux. Vraiment. Et puis, bam, au moment où vous vous y attendez le moins, la vie, cette vieille salope, vous rappelle à l’ordre et vous fait bien comprendre que «non mon p’tit pote, c’est pas pour tout de suite», en vous envoyant en travers de la gueule une nouvelle qui vous mouille les yeux et vous envahie d’une immense tristesse.

Et pourtant, je ne peux pas dire que le Djezon je le connaissais plus que cela. Un mec rencontré sur un forum (de football en plus!) et que je croisais plus souvent qu’à mon tour à la sortie d’une page html ou, plus épisodiquement, à la terrasse d’un café ou sur le ghorre pourri d’un terrain de foot de banlieue.
Et alors que je devrais m’en foutre limite si l’on en croit tous ces spécialistes qui nous expliquent qu’aujourd’hui, la société est devenue totalement individualiste (égoïste même qu’ils disent) et que l’on vit trop dans l’irréalité (Internet, forums, msn) pour créer du lien du social, ben je suis triste. Triste de voir partir un mec aussi doué avec les mots (voir ici) que maladroit avec les pieds, chambreur comme pas deux et à l’humour corrosif (bien trop pour beaucoup). Triste de perdre un compagnon de route, un camarade de vannes. Triste. Tout bêtement.

Donc nous y voilà. Un Top 6 'RIP'. Et dans tous les styles, avec Miss Kittin & The Hacker et leur Frank Sinatra, The Roots et leur hommage vibrant et terrible à J. Dilla (Can’t Stop This) et The Herbaliser, avec Katerine à la voix, qui y vont de leur obole pour Gainsbourg avec un Serge aux faux airs de Melody Nelson.

Vu qu’il fallait bien un peu de mauvais goût dans tout ça (et histoire de lui donner l’occasion de me traiter une fois de plus, de là-haut, d’ «imbécile heureux, mais imbécile quand même»), enchaînons avec No One But You de Brian May, Roger Taylor et John Deacon pour (officiellement en tout cas) réveiller la mémoire de Freddie Mercury (mais plus objectivement pour remplir les caisses).

Pour finir sur une note plus artistique, deux bijoux. Deux merveilles. La première, déjà diffusée dans ces pages à l’occasion d’une chronique de son ‘On Leaving’, Bird of Cuzco de Nina Nastasia en mémoire de John Peel, décédé brutalement il y a bientôt 4 ans, dans la ville de (justement) Cuzco, au Pérou. La seconde est, quant à elle, à pleurer. Ou comment le hip-hop se met à nu pour allumer une lumière acoustique au génie de ce géant que fut Johnny Cash, via la voix de Sage Francis et de ses acolytes, avec un Jah Didn’t Kill Johnny déchirant.

Bref, six titres pour rendre hommage à un pote. Lui dire qu’on pense à lui, à sa famille. Lui dire aussi que sa prose précise, ses vannes pourries, ses posts délicieux sur le forum des cahiers du foots et ses dribbles ratés vont nous manquer. Même qu'ils nous manquent déjà tiens. Et comme dit Sage Francis : «but before I die, please don’t take anymore of my friends». Rest In Peace mecton. Et so long. Bises.
 





Tracklisting:
Miss Kittin and The HackerFrank Sinatra (First Album, 2001) 
The Roots - Can't Stop This (Game Theory, 2006) 
The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) (Take London, 2005) 
Queen - No One But You (Queen Rocks, 1997) 
Nina Nastasia - Bird of Cuzco (On Leaving, 2006) 
Sage Francis - Jah Didn't Kill Johnny (A Healthy Distrust, 2005)


 






mardi 2 septembre 2008

Noah and the Whale – Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]

Il est temps de reprendre les choses en main en ce 2 septembre 2008, à l’orée d’une nouvelle décennie et au crépuscule de pérégrinations estivales des plus agréables. Ce blog aura vécu à mon rythme pendant ces deux derniers mois : celui de farniente.

Mais après avoir pêché la crevette, fait du cormoran, être tombé amoureux du temps breton en même pas dix jours passés dans cette charmante ville qu’est Trebeurden, après avoir arpenté quelques sentiers sinueux des Alpes à croiser bouquetins, marmottes et paysages splendides, après avoir retrouvé une famille déjantée qui aime à se baffrer, à rire et se foutre de tout pendant quelques jours, il est l’heure de remettre le travail sur l’ouvrage et de repartir à la quête de ce chapeau, parce que bon, à la fin, ça suffit de savoir que je suis parti sans, j’aimerais bien le retrouver.

Pour ouvrir cette nouvelle année, commençons par un des disques qui aura bercé une bonne partie de mon mois d’août : ‘Peaceful, The World Lays Me Down’ de Noah and the Whale. Un album d’un groupe anglais, né sur les bords d’un des plus fameux stades de rugby du monde, aux contours folk pop, dans lequel on retrouve des réminiscences de pas mal de groupes actuels, de Beirut à Arcade Fire (oui, c’est léger, mais quand même) en passant par Jens Lekman. La voix de Charlie fait beaucoup penser à un mélange de celle d’Adam Green et de Micah Paul Hinson. D’ailleurs, c’est sûrement avec ce dernier qu’on trouvera le plus de liens, entre la voix, les ruptures des morceaux et les mélodies très travaillées (Peaceful, The World Lays Me Down est un titre somptueux qu’aurait pu composer le songwriter américain).

Ce disque revient constamment ces dernières semaines sur ma platine. Encore et encore. A peine plus de 40 mns, une qualité qui s’affine au fil des écoutes, des titres forts de partout, des touches mélodieuses à tomber dans chaque morceau. Ce premier album de Noah and the Whale est un peu mon Loney, Dear de 2008. Et si les styles ne sont pas vraiment comparables (le Suédois est beaucoup plus enjoué que ses homologues anglais), l’effet est le même : un disque de folk-pop à tomber et qui fait du bien par où il passe, avec ses chœurs, ses clappings, ses cordes qui pleurent et ses ruptures mélodiques. Un vrai bonheur. Rien de mieux pour attaquer une rentrée le plus sereinement possible. (sortie : le 11 août 2008)

Son :
Myspace (six extraits de ‘Peaceful, The World Lays Me Down’)
Site Officiel (très beau site)

Histoire de ne pas perdre les bonnes vieilles habitudes, deux morceaux en écoute. Délectez-vous donc de Give A Little Love et de Peaceful, The World Lays Me Down, deux titres pour se rappeler que cet été, bondieu, c’était bien (malheureusement plus en écoute).

Et la vidéo, toute belle, de 5 Years Time, qui aurait pu être l’hymne de cet été 2008, qui sent bon Wes Anderson (dont le groupe est fan) :