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mercredi 10 juin 2026

[Track of The Day] Death Cab for Cutie - Trap Door

S'il y a bien quelque chose qu'on ne pourra jamais reprocher à Death Cab for Cutie, c'est cette faculté à composer des mélodies tuantes, mélancoliques et qui vous arrachent le cœur. Et même si le groupe mené par Ben Gibbard est depuis très longtemps rentré dans le rang (depuis 2005 pour ainsi dire et un 'Plans' merveilleux, leur chef d'œuvre à mes oreilles), à coups de disques sans intérêt et qui tendaient même vers l'auto-parodie, ils restent capables de quelques fulgurances foudroyantes.

Il y avait déjà eu en 2023 la reprise de The Plan de Low, en hommage à Mimi Parker décédée quelques mois plus tôt. Une version d'une beauté à couper le souffle et absolument bouleversante. Et il y a aujourd'hui Trap Door, la plus belle chanson de 'I Built You A Tower', le nouvel album du groupe - qui sans renverser la pop ni même leur discographie, est sans doute un de ses meilleurs depuis (très) longtemps. Une histoire d'amour qui n'en est une qu'à moitié et un morceau très synthétique, sublime, dans la plus pure tradition de Death Cab for Cutie : mélancolique et nostalgique, un peu désespéré et à la fois poignant, étouffante quelque part aussi, mais à la mélodie superbe, relevée de la voix toujours aussi belle de Ben Gibbard (ce monsieur vieillira-t-il jamais ?) et d'un piano éclatant venu de nulle part et qui prend toute la place qui lui revenait.

Album : I Built You A Tower 
Année : 2026
Label : ANTI-

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Trap Door de Death Cab for Cutie est également en écoute ci-dessous :
 
 
 

lundi 2 mars 2015

[Track of The Day] Death Cab For Cutie - No Room in Frame

Après deux albums plutôt ratés ('Codes and Keys' mais surtout 'Narrow Stairs'), les Death Cab For Cutie vont ils enfin remettre la belle machine à mélodies en route ? Dix ans pile après leur meilleur album à ce jour ('Plans'), il serait en effet temps.

Les deux premiers extraits de 'Kintsugi' laisse présager ou au moins entrevoir de belles ambitions. Notamment No Room in Frame, dernier single dévoilé il y a quelques jours. Rien de révolutionnaire ici mais du Death Cab For Cutie pur jus, avec une mélodie principale accrocheuse derrière laquelle viennent s'agréger d'autres mélodies tout aussi bien pensées.

Et puis il y a le chant de Ben Gibbard, que j'aime toujours autant, que ce soit sa voix ou sa façon de chanter.

Certes, deux titres c'est peu, et il faudra voir sur la longueur d'un album. Mais on a vu pire teaser. Réponse le 30 mars prochain.

Album : Kintsugi
Année : 2015
Label : Atlantic Records

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No Room in Frame, second extrait de 'Kintsugi' de Death Cab For Cutie, est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous.




Premier single extrait de 'Kintsugi', Black Sun, derrière une passivité de façade, est plutôt réussie dans son genre également :



Black Sun a également droit à son clip :

vendredi 8 avril 2011

[Track of The Day] Death Cab For Cutie - You Are a Tourist

A l'heure actuelle, on connait deux chansons de 'Codes and Keys' de Death Cab For Cutie: You Are a Tourist et Home is a Fire. Deux morceaux assez différents et qui ont pour tâche d'annoncer le successeur du presque navrant 'Narrow Stairs'.

You Are a Tourist est plutôt classique dans sa construction Death Cab For Cutie-ienne mais efficace, mélodique et qui aurait presque un côté hymne s'ils l'avaient voulu. Une chanson immédiate et qui marque assez facilement.
Home is a Fire voit quant à lui Ben Gibbard et ses acolytes prendre une voie différente, plus longue en bouche, à la rythmique et au phrasé rappelant Radiohead des années 2000 et par moment The Postal Service (groupe superbe à cause duquel j'aurais espéré dans le vide en attendant un hypothétique nouvel album qui ne viendra jamais).

Bref, à l'heure du choix, vers quelle chanson se tourner? L'efficace ou la plus tourmentée? Vu qu'on est vendredi matin, que la semaine a été très longue, j'opte pour la plus directe, celle qui rentre directement dans le cerveau. Qui n'y restera peut-être pas certes, mais elle aura fait le job le moment venu. Va donc pour You Are a Tourist!

Album: Codes and Keys
Année: 2011
Label: Atlantic


Vu que je ne suis pas chien, vous pouvez retrouver ces deux premières chansons du nouvel album de Death Cab For Cutie ci-dessous, dans leur format soundcloud. Hop. (malheureusement plus en ligne)

jeudi 2 février 2023

[Track of The Day] Death Cab For Cutie - The Plan (Low cover)

Ben Gibbard raconte que lui et ses Death Cab For Cutie sont devenus amis avec Low et le couple Mimi Parker - Alan Sparhawk en 2012 lors d'une tournée commune. Et que très attristés par le décès de Mimi en novembre dernier, ils ont décidé pour lui rendre hommage de reprendre The Plan, une chanson de Low tirée de 'The Curtain Hits The Cast', sorti en 1996.

Et quel hommage. Cette reprise est d'une beauté à couper le souffle, à vous faire monter les larmes aux yeux. Le genre de choses qui déchirent le cœur. La douceur et la justesse habitent cette chanson, au chant tout en délicatesse de Ben Gibbard, au tempo un peu plus rapide que l'originale et où un piano mélancolique vient remplacer la guitare d'Alan Sparhawk.

Alors oui, il est toujours d'une tristesse insondable de savoir qu'on ne reverra jamais Mimi Parker sur scène, à caresser ses futs, à chanter de cette voix d'ange, ni qu'on ne l'entendra plus jamais jouer de nouvelles chansons. Mais il nous reste l'incroyable discographie de Low et cette reprise divine, au-dessus de laquelle il est d'ailleurs difficile de ne pas percevoir l'âme de Mimi Parker voler.

Album : Asphalt Meadows (Acoustic)
Année : 2023
Label : Atlantic

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, la reprise de The Plan de Low par Death Cab For Cutie est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 23 avril 2009

Various Artists - Score! 20 Years of Merge Records: The Covers! [Merge]

Il y a plusieurs façons d’aborder une compilation de reprises: soit on se focalise sur les reprises en elle-même et on compare le tout aux versions originales (voir ici). Soit on prend ça comme un album lambda, rempli de nouvelles compositions, en ne s’attardant que sur les versions qui frappe nos tympans, sans jamais se préoccuper du passé.

Pour parler de ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’, j’ai choisi la seconde solution. Pour deux raisons: la première est que je ne connais pas tous les morceaux repris ici et issus du catalogue de Merge.
La seconde est que certaines versions sont tellement belles qu’il serait de mauvais goût de vouloir les comparer aux versions originales.

Merge a donc vingt ans. Et pour célébrer ça, le label de Caroline du Nord – créé en 1989 par Laura Ballance et Mac McCaughan pour sortir les albums de leur groupe, Superchunk – met les petits plats dans les grands en conviant vingt-deux artistes (tous non-signés chez Merge) à reprendre vingt compositions plus ou moins mythiques du label.

Au programme des réjouissances donc, Bright Eyes qui chante un sublime Papa Was a Rodeo (écrit à la base par The Magnetic Fields) dans un mélange de folk, de country et d'airs hawaïens, The Apples In Stereo se permet le luxe de chiper le temps d’à peine 2 mns un titre des Neutral Milk Hotel, Bill Callahan (Smog) - dont on évoquera plus que très prochainement le nouvel album dans ces pages - se prend pour Vic Chesnutt sur Santa Maria, The New Pornographers évoquent presque les Jam sur Don’t Destroy This Night tandis qu’Okkervil River surprend son monde avec All Your Little Suckers et sa boite à rythme. Ajoutez à cela les présences de Death Cab For Cutie, The Mountain Goats ou encore de Broken Social Scene et vous pouvez vous faire une idée du plateau très intéressant réuni autour de ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’.

Cependant, un titre attire en particulier l’attention. Une chanson que Cécile avait déjà évoquée ici. Sauf que contrairement à elle, je trouve ce morceau renversant : The National est encore dans le bon wagon : tout y est, des arrangements à la voix, tout transpire la classe. Mieux, St Vincent, artiste qui ne m’a jamais franchement transcendé, y livre une prestation splendide de tenue, de délicatesse et de discrétion.

Tirée à 7500 exemplaires et aux fonds récoltés reversés à une association caritative, aussi bien rock que pop, folk que country, ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’ est un projet qui tient la route, peut-être pas du niveau de ‘Dark of The Night’ certes, mais qui a quand même sacrément de la gueule sur certains passages. Moi qui avouais ne pas aimer les compilations il y a peu, j’en suis pour mon argent. (sortie: 7 avril 2009)


Tracklisting:
01. Quasi - Beautiful Things [3Ds cover]
02. Les Savy Fav - Precision Auto [Superchunk cover]
03. The Shins - Plenty Is Never Enough [Tenement Halls cover]
04. St. Vincent and the National - Sleep All Summer [Crooked Fingers cover]
05. Broken Social Scene - Complications [The Clean cover]
06. Ryan Adams - Like a Fool [Superchunk cover]
07. Bright Eyes - Papa Was a Rodeo [The Magnetic Fields cover]
08. Lavender Diamond - New Ways of Living [Destroyer cover]
09. The Apples in Stereo - King of Carrot Flowers Pt. 3 [Neutral Milk Hotel cover]
10. Laura Cantrell - Cowboy on the Moon [Lambchop cover]
11. Bill Callahan - Santa Maria [Versus cover]
12. Barbara Manning - Through With People [Portastatic cover]
13. The Mountain Goats - Drug Life [East River Pipe cover]
14. The New Pornographers - Don’t Destroy This Night [The Rock*A*Teens cover]
15. Tracey Thorn and Jens Lekman - Yeah! Oh, Yeah! [The Magnetic Fields cover]
16. The Hive Dwellers - My Noise [Superchunk cover]
17. Ted Leo & the Pharmacists - The Numbered Head [Robert Pollard cover]
18. Okkervil River - All You Little Suckers [East River Pipe cover]
19. Death Cab for Cutie - Kicked In [Superchunk cover]
20. Times New Viking - Neighborhood #1 [Arcade Fire cover]

Nb: Pour commander le disque, c’est ici (site officiel de Merge) ou (entre autres).

Son:
Page officielle (ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers’ y est en écoute intégrale)


Vingt titres au total. Et quatre titres en écoute : le sublime titre de St. Vincent & The National, Sleep All Summer, enchainé avec celui de Broken Social Scene Complications. Puis retour à Conor Oberst et ses Bright Eyes pour Papa Was a Rodéo avant de conclure par la voix majestueuse de Bill Calllahan sur Santa Maria. Enjoy. (malheureusement plus en écoute).

mercredi 5 août 2009

[Track of The Day] Death Cab For Cutie - A Diamond and a Tether

Jusque là composé d'albums honnêtes à quasi indispensables, les Death Cab For Cutie était revenu l'an passé avec un 'Narrow Stairs' déroutant, aux mélodies absentes et à l'inspiration en berne.
La sortie de ce 'The Open Door Ep' sonne comme une sorte d'aveu: «bon on s'est planté avec le dernier. On va se remettre sérieusement au travail. Pour patienter, écoutez ça!».
Et force est de constater que si les chansons présentes sur cet Ep ne sont en rien renversantes, elles proposent enfin quelque chose: des mélodies qui tiennent la route et un tout qui se rapproche assez de 'Plans' (de mon point de vue leur meilleur album). Bref, tout espoir est permis pour le retour de Ben Gibbard et de ses copains en pleine forme. Comme quoi, les sessions de 'Narrow Stairs' n'auront pas toutes été inutiles. 

Album: The Open Door Ep 
Année: 2009 
Label: Atlantic

mercredi 25 octobre 2023

[Track of The Day] Car Seat Headrest - Bodys (Live at Brooklyn Steel)

Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu ni pris de nouvelles de Will Toledo et de ses furieux Car Seat Headrest. Il est revenu dans mes radars par la petite porte dernièrement tout d'abord avec la - excellente - reprise de We Looked Like Giants de Death Cab For Cutie, reprise qu'on retrouve en face-B du 45-tours sorti récemment par Sub Pop, et sur lequel The Beths faisaient des merveilles de Brand New Colony de Postal Service.

Et dans la foulée, voilà-t'y pas que Matador Records annonce la sortie pour le 8 décembre prochain de 'Faces From the Masquerade', album live de la tournée 2022 de Car Seat Headrest enregistré au Brooklyn Steel de New-York. Une tournée qui avait du être écourtée, Will Toledo ayant connu quelques complications post-Covid. Un disque de treize morceaux (quatorze si vous prenez le vinyle) qui va piocher essentiellement dans les trois derniers albums du groupe : 'Making a Door Less Open' (cinq titres, dont Deadlines (Hostile)), 'Twin Fantasy' (« seulement » trois titres de cet immense chef d'oeuvre) et 'Teens of Denial' (trois titres également).

Pour le moment, un seul extrait est disponible, celui de Bodys (un des mastodontes de 'Twin Fantasy'), à l'énergie encore plus contagieuse que sur disque. Une version très nerveuse, aux « whouhou » remplacés par quelques notes de synthés, et avec une foule qui n'en finit plus de sauter sur place. Difficile de ne pas être très enthousiaste à son écoute, quand bien même les albums live ne sont pas forcément ma tasse de thé. Tout ceci promet sacrément.

Album : Faces From the Masquerade
Année : 2023
Label : Matador Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bodys (Live at Brooklyn Steel) de Car Seat Headrest est également en écoute ci-dessous :

Profitons en pour partager la reprise We Looked Like Giants de Death Cab For Cutie par Car Seat Headrest :

La vidéo de Bodys (Live at Brooklyn Steel) de Car Seat Headrest : 

mercredi 23 septembre 2020

[Track of The Day] Tugboat Captain - Day to Day

Ce papier sera court. Non pas que je n'ai pas envie de parler de Tugboat Captain ou que ce Day to Day n'est pas une bonne chanson. Bien au contraire, elle est franchement formidable. Le genre de morceaux qui vous donnent envie d'écouter encore plus et plus de musique, qui plus est après une période estivale où les coups de cœur n'ont pas été nombreux.

C'est juste que l'album des Tugboat Captain sort le 16 octobre prochain. Et vu les deux premiers extraits dévoilés jusque-là (Day to Day donc mais aussi No Plans (For This Year)) me font espérer un grand et bel album. Et que j'y reviendrai sans doute plus en longueur fin octobre.

Sachez tout de même donc que Tugboat Captain est un quatuor londonien, que 'Rut' sera leur premier album ('The Tugboat Captain' (2016) et 'Everybody Seems To Think That I'm A Raincloud' (2017) sont sans doute des compilations de divers singles) ; et que donc, Day to Day, qui terminera le disque, est une chanson des plus belles, une sorte de symbiose entre Death Cab For Cutie (notamment pour la voix qui a beaucoup d'accointance avec celle de Ben Gibbard) et The Polyphonic Spree. Un grand morceau de pop ambitieux et plein d'allant, aux accents baroques sur la fin.

Album : Rut
Année : 2020
Label : Double-A Side Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Day to Day de Tugboat Captain est également en écoute ci-dessous :

 

Second extrait de l'album 'Rut' à venir de Tugboat Captain, voilà No Plans (For This Year) :

lundi 19 mars 2018

[Track of The Day] Ruler - Petrified

Continuons dans les découvertes avec Ruler, nom de scène solo de Matt Batey, qui se lance dans une aventure solo après avoir été (ou toujours être) membre de différents groupes. Âgé de 30 ans et originaire de Seattle, son premier album s'appelle 'Winning Star Champion' et sortira fin mai prochain chez Barsuk, le label de Nada Surf.

Mais nous sommes en 2018, et l'album commence déjà à dévoiler quelques titres, comme ce Petrified, qui ouvrira le tout. Une chanson très Barsuk pour le coup, années 90 en ligne d'horizon, et une voix qui n'est pas sans rappeler celle de Ben Gibbard de Death Cab For Cutie.
De façon surprenante également, ce 'Winning Star Champion' ne contiendra pas Not Your Friend, chanson pourtant mise en ligne tout début janvier (et en écoute plus bas). Et si cela signifie qu'elle a été écartée au dernier moment, vu sa qualité (et son tempo plus langoureux que Petrified), on peut se dire que le premier album de Ruler, homme qui à 20 ans ne comptait pas s'éterniser dans le monde de la musique, vaudra quelques écoutes.

Album : Winning Star Champion
Année : 2018
Label : Barsuk

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Petrified de Ruler est également en écoute ci-dessous :



Not Your Friends, chanson donc qui ne se trouvera pas sur 'Winning Star Champion' de Ruler, est cependant en écoute ci-dessous :



lundi 29 septembre 2014

[Track of The Day] Avi Buffalo - Think It's Gonna Happen Again

Quatre ans après un premier album remarqué, retour d'Avi Buffalo, le groupe mené par Avi Zahner-Isenberg. 'At Best Cuckold' ou un disque d'une belle tenue et réussi.

En 10 chansons (et 36 mns), Avi Buffalo fait une revue de la pop actuelle ou tout au moins récente : du Death Cab for Cutie (une voix qui se rapproche de celle de Ben Gibbard sur So What notamment), des fulgurances qui font - plus que - penser à la grande Elenaor Friedberger (évident Think It's Gonna Happen Again, en écoute aujourd'hui), et d'autres qui rappellent indéniablement Sufjan Stevens (la mélodie de Overwhelmed with Pride a quand même plus que quelque-chose de John Wayne Gacy Jr). Le tout avec quelques élans hero-rock (Oxygen Tank, Memories of You) pas désagréables, mais surtout piano, cordes et cette belle voix, très haute et qui caresse les compositions.

Un ensemble donc très consistant, malgré des références appuyées, et qui fait de ce 'At Best Cuckold' le mètre étalon d'Avi Buffalo (vous me direz, avec 2 albums...). Et un joli classique de cette année 2014.

Album : At Best Cuckold
Année : 2014
Label : Sub Pop

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En plus de Think It's Gonna Happen Again, So What, chanson qui ouvre 'At Best Cuckold' est en écoute ici :


Memories of You est la seconde chanson de l'album d'Avi Buffalo. Et en écoute ci-dessous :



Enfin pour finir, le clip de So What, le premier single de 'At Best Cuckold' :


mardi 7 mars 2017

[Track of The Day] Menace Beach - Darlatoid

Après une longue période pop dans ces pages, revenons à des choses un peu plus bruyantes. Enfin, continuons à revenir serait plus juste. Après Cloud Nothings hier, voilà donc Menace Beach, quintette de Leeds mené par Ryan Needham et Liza Violet qui vient de faire paraître 'Lemon Memory', son deuxième album.

Un album et au final assez inconsistant : un début échevelé où les titres de très bonne facture s'enchaînent (Give Blood, Maybe We'll Drown, Lemon Memory) et une fin plus quelconque, manquant de corps et d'imagination.
Pour autant ce disque de Menace Beach  ne manque pas de charme. Sorte de mariage (vocal mais pas que) réussi entre les versions rock de Death Cab For Cutie et Starlight Mints qui aurait eu lieu en 1993, n'hésitant pas à sortir les claviers, et pourvu d'une production bien sentie, ce 'Lemon Memory' donne envie d'en savoir plus sur les prochaines aventures discographiques du groupe.

Album : Lemon Memory
Année : 2017
Label : Memphis Industries

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify, Darlatoid de Menace Beach est également en écoute ci-dessous : 


Deux autres chansons au programme de ce post : Give Blood et Lemon Memory, qui donne donc son nom au deuxième album des Menace Beach :




Enfin, pour finir, le clip de Maybe We'll Drown :



lundi 30 novembre 2009

[Track of The Day] Jay Farrar and Benjamin Gibbard - California Zephyr

Je suis tombé sur cet album un peu par hasard. A dire vrai, si je n'avais pas vu le nom de Benjamin Gibbard, je ne m'y serais même pas arrêté. Oui mais voilà: Ben Gibbard, c'est un peu Death Cab For Cutie et The Postal Service. Et en plus, sa femme c'est Zooey Deschanel (ca ne change pas grand-chose mais il faut avouer que ça ne gâche rien). Bref, Ben Gibbard est un homme de gout, dont chaque nouvelle sortie attire toujours mon oreille.

En 2007, les deux avaient (semble t-il) écrit quelques chansons pour un documentaire consacré à Jack Kerouac. Ce 'One Fast Move Or I'm Gone' continue l'œuvre entamée en se basant sur la nouvelle 'Big Sur', la dernière de l'auteur de 'Sur La Route'.

Et très franchement, ce n'est… pas terrible cette americana/blues sans grande imagination (peut-être au niveau des paroles, sur lesquelles je ne me suis pas appesanti). Enfin, disons plutôt que c'est un album à deux facettes: la première est celle des chansons chantées par Jay Raffar (de Son Volt, inconnu au bataillon), ennuyeuses et bien trop lancinantes pour être honnête (avec cette voix de country boy qui en fait trop).

La seconde concerne les chansons chantées par Ben Gibbard. Il pourrait chanter "fait moi du couscous Simone" en polonais que j'aimerais encore son joli grain de voix. C'est d'ailleurs ce qui relève largement des chansons qui, chantées par d'autres, auraient déjà été oubliées. California Zephyr, qui ouvre ce One Fast Move or I'm Gone, est un petit plaisir mélodique tout doux, de 2'30, assez imparable, j'avoue. Le reste, à quelques fulgurances près (toutes chantées par Ben Gibbard), est à oublier. 

Album: One Fast Move Or I'm Gone: Kerouac's Big Sur 
Année: 2009 
Label: Atlantic

NB: Pour info, la chanson jeudi dernier, Rider. Shadow. Wolf de Magnolia Electric Co. ne passe pas dans Grooveshark mais est écoutable dans le lecteur wormee, inséré il y a quelques minutes dans le papier à lire ici.

mardi 1 juillet 2008

Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]

En 2002, Dntel sort son premier album, 'Life is Full of Possibilities'. Au neuvième morceau, (This Is) The Dream of Evan and Chan, il invite Ben Gibbard, de Death Cab for Cutie, à venir chanter sur une de ses compositions. Les deux ne le savent pas encore mais The Postal Service est né.
Un an plus tard, leur premier album voit le jour. Grand disque de 2003 (dont on ne dira jamais assez à quel point il est essentiel dans cette première décennie de siècle), 'Give Up' aligne les titres electro-pop cheap aux contours de tubes.

Depuis cette date, et mis à part un Ep censé nous faire patienter ('We Will Become Silhouettes Ep' en 2005), rien. Les deux gus ont repris chacun leurs propres chemins. Et la suite se fait attendre.

Vu qu'il semble désormais acquis qu'un second album ne verra jamais le jour, il faut bien se résoudre à trouver un remplaçant. Au moins un palliatif, histoire de se remettre doucement de cette attente qui semble éternelle. Et, sans crier gare, au détour d'un blog, Styrofoam m'a sauté aux yeux. Aux oreilles. Au cou. Au cerveau.

Styrofoam est en fait le projet solo de Arne Van Petegem, Belge de son état, qui a une discographie longue comme le bras et des amis qui parlent à mes esgourdes: entre autres, et rien que cela, Valerie Trebeljahr (Lali Puna), Andrew Kenny (The American Analog Set), Bent Van Looy (Das Pop), Markus Acher (The Notwist, Lali Puna) ou Alias. Remixeur à ses heures (Giardini di Mirò, Tristeza ou Mùm, entre autres), Styrofoam a tout pour remplir le rôle de remplaçant de Postal Service dans mon petit cœur.
Dès les premières notes de After Sunset, tout est dit : cette voix, cette ambiance électro-cheap aux relents très pop (de la guitare, de la basse); tout sonne comme le duo de Sub Pop. Et à l'écoute de Microscope (voir plus bas), plus de doute possible : la filiation est évidente.

En creusant le sujet, je me suis aperçu qu'en fait, j'avais déjà entendu un morceau de lui : sur 'We Will Become Silhouettes Ep' des Postal Service où il remixait leur Nothing Better. Et que la parenté avec le duo Gibbard/Dntel était plus importante que prévu, les deux «groupes» s'étant souvent retrouvé discographiquement parlant depuis six ans (Styrofoam a sorti un Split Ep avec Dntel en 2002 et a convié Ben Gibbard sur un de ses disques).

Il serait évidemment réducteur de ne présenter Styrofoam que comme une pâle copie du duo américain. Car lui aussi à son univers. Histoire d'enfoncer le clou, Styrofoam se plait même à inviter quelques voix pour embellir ses morceaux. Un Josh Rouse sur Lil' White Boy, Erica Driscoll sur No Happy Endings (où sa voix lancinante fait des merveilles) ou Lili de la Mora sur No Deliveries List (le titre le plus electro de l'album).

Bref, en quelques écoutes, je suis tombé sous le charme de cette musique un brin cheap mais bigrement efficace. Je n'ai rien écouté de ses essais passés et de ses premiers albums. Mais ce 'A Thousand Words' m'a vraiment emballé et il me tarde d'aller poser quelques oreilles sur ses oeuvres passées. D'ici là, je sens que je vais me délecter encore longtemps de ce délice d'electro-pop. Miam miam. (Sortie: 21 avril 2008)

Son :
Myspace
Site Officiel (enfin, kinda)

Et en écoute, deux titres, A Thousand Words et Microscope (un des tous meilleurs titres de l'album), malheureusement plus en écoute.

jeudi 19 février 2009

A Red Hot Compilation – Dark Was The Night [4AD]

Je n'aime pas les compilations. J’ai toujours trouvé ça d'une inutilité crasse. Elle représente tout ce que je peux détester : l'éloge du single, l’apologie du marketing et toute l’opposé de la création. Oh bien sûr, j’en ai bien quelques unes dans la discothèque. Un 'Greatest Hits' de Queen datant de quand je partais fortement dans les aigus, un 'Best-Of' de Chris Rea offert par une connaissance pas forcément très avisée sur mes goûts musicaux (ceci dit, je dois avouer avoir toujours eu un faible pour Road to Hell et son solo de guitare final) et quelques autres. Mais peu à dire vrai.
D’ailleurs, je me suis toujours promis qu'il fallait que j'arrête d'en acheter. Sauf que ‘Dark Was The Night’ vient tout remettre en cause.

Qu’est ce donc que ‘Dark Was The Night’? Rien de moins que la 20è compilation de Red Hot Organisation, une association de lutte contre le SIDA. Fêtant malheureusement ses 20 ans, Red Hot Organisation a mis les petits plats dans les grands pour sortir un disque le plus attractif possible, afin d’amasser le maximum d’argent.

Au programme donc un double album et surtout une liste ahurissante d’artistes plus talentueux les uns que les autres proposant, chacun, des titres inédits. Jugez plutôt : Andrew Bird, Blonde Redhead et Devastations, Bon Iver, Yeasayer, Feist en duo avec Ben Gibbard de Death Cab For Cutie (pour une reprise de Vashti Bunyan), Iron & Wine (pour un titre d’à peine une minute mais d’une beauté à couper le souffle), The Decemberists (et une balade déchirante d’émotion), Grizzly Bear (seul sur un titre et en compagnie de Feist sur un autre), My Brightest Diamond (reprenant le Feeling Good de Nina Simone), Beirut, Arcade Fire (le seul vrai raté de la compilation avec un Lenin très fadasse), Kronos Quartet (qui reprend la chanson de Blind Willie Johnson qui donne son nom à la compilation) j’en passe et pas des moindres (le tracklisting complet se trouve au bas de ce papier).

Cinq titres se détachent légèrement des 31 qui composent ce ‘Dark Was The Night’ (ils sont tous les cinq en écoute plus bas) : La reprise de Cello Song – chanson composée et chantée par le grand Nick Drake sur 'Five Leaves Left’ en 1969 – par The Books et Jose Gonzales, ou la rencontre entre cordes délicates et légère electronica ; un nouveau titre de The National, So Far Around The Bend, dans la plus pure tradition du groupe et pour une de ses plus belles compositions; Sharon Jones and The Dap Kings qui reprend Shuggie Otis et son Inspiration Information, tout de soul vêtu ; et Sufjan Stevens qui s’amuse sur You Are The Blood des Castanets, en deux parties. Une première de dix minutes, tout simplement ahurissante, où le grand timonier de la pop des années 2000 mêle pop et touches électronique pour finir dans un feu d’artifice de frissons ; puis une seconde où il n’apparaît qu’en featuring du flow de Buck 65.

Au début de ce papier, je disais donc que j’avais décidé il y a quelques années de ne plus acheter ce genre de disque. Quand ce double album est tombé dans les griffes de l’Internet, je me suis résolu à briser mon serment après avoir écouté six titres (ici, et pour même pas 15€). L’objet est beau, le but final sert une bonne cause (tous les bénéfices seront reversés à Red Hot Organisation) et la qualité et la diversité des artistes présents est terrifiante (à noter que la grande majorité de ces titres là ne seront disponible qu'ici). Best compilation ever? (sortie : 16 février 2009)

Son :
Site officiel
Myspace (Un titre de ce ‘Dark Was The Night’ en écoute)

Acheter le disque ici


Exceptionnellement et vu la durée de ce double album (plus de 2h de musique), cinq titres en écoute. Les cinq cités plus haut, tous divers et variés (et dans l'ordre du tracklisting) (malheureusement plus en écoute).The Books et Jose GonzalesCello Song (Nick Drake cover)
The NationalSo Far Around The Bend
Sufjan StevensYou Are The Blood (Castanets cover)
Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)


Tracklisting:
Disc 1
01. Dirty Projectors et David Byrne - Knotty Pine
02. The Books et José González - Cello Song (Nick Drake cover)
03. Feist and Ben Gibbard - Train Song (Vashti Bunyan cover)
04. Bon Iver - Brackett, WI
05. Grizzly Bear - Deep Blue Sea
06. The National et Nico Muhly - So Far Around the Bend
07. Yeasayer - Tightrope
08. My Brightest Diamond - Feeling Good (Nina Simone cover)
09. Kronos Quartet - Dark Was the Night (Blind Willie Johnson cover)
10. Antony Hegarty et Bryce Dessner - I Was Young When I Left Home (Bob Dylan cover)
11. Justin Vernon et Aaron Dessner - Big Red Machine
12. The Decemberists - Sleepless
13. Iron & Wine - Stolen Houses (Die cover)
14. Grizzly Bear et Feist - Service Bell
15. Sufjan Stevens - You Are the Blood (Castanets cover)

Disc 2
01. Spoon - Well-Alright
02. Arcade Fire - Lenin
03. Beirut - Mimizan
04. My Morning Jacket - El Caporal
05. Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
06. David Andrew Sitek - With a Girl Like You (The Troggs cover)
07. Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)
08. The New Pornographers - Hey, Snow White (Destroyer cover)
09. Yo La Tengo - Gentle Hour (Snapper cover)
10. Stuart Murdoch - Another Saturday
11. Riceboy Sleeps - Happiness
12. Cat Power et Dirty Delta Blues - Amazing Grace
13. Andrew Bird - The Giant of Illinois (The Handsome Family cover)
14. Conor Oberst et Gillian Welch - Lua
15. Blonde Redhead et The Devastations - When the Road Runs Out
16. Kevin Drew - Love Vs. Porn

lundi 18 avril 2011

[Track of The Day] Campfire OK - Not Young Not Old

Une des prochaines sensations pop pourrait bien être Campfire Ok. Un sextet de Seattle qui commence à pointer le bout de son nez ici ou là avec un premier album 'Strange Like We Are' plutôt réussi.

Capables de trousser des mélodies malines à base d'un piano mélancolique, d'un banjo disert et de cuivres savamment cachés et distillés, mélange de The Veils, Coldplay voire Death Cab For Cutie, les Campfire OK ont en effet tout pour plaire. Surtout que 'Strange Like We Are' est vraiment bien construit, étouffant les quelques chansons à oublier entre deux morceaux de qualité.

Alors peut-être que les Campfire OK ne finiront que comme des pourvoyeurs de chansons pour séries télévisées à succès. Peut-être oui. Mais j'avoue que j'opterais bien là pour le peut-être pas.

Album: Strange Like We Are 
Année: 2011
Label: Ana-Them


NB: Pour en savoir plus, jetez-vous sur la chronique de Thibaud en dit bien plus de bien que moi ici.

lundi 1 juin 2020

[Track of The Day] Benjamin Gibbard - Proxima B

Après nos parents qui s'étaient levés une nuit de juillet 1969 pour voir l'Homme marcher sur la Lune, notre génération aura t-elle à son tour la chance de voir ça ? Il y a fort à parier vu que les américains viennent de se relancer à la conquête de l'espace - de la Lune dans un futur proche et de Mars (dans un futur lointain pour le coup) - avec le lancement ce week-end de la fusée Dragon Crew de Space X. Et tout ceci est fort excitant, et y retourner (2024 disent-ils) avec 60 ans d'avancées technologiques supplémentaires dans les bagages promet une redécouverte incroyable.

De l'espace il en est question dans le dernier single de Benjamin Gibbard, chanteur et leader de Death Cab For Cutie. La chanson s'appelle Proxima B et parle autant de partir découvrir un autre monde que de quitter le nôtre, gentiment en train de péricliter.

Quel autre monde ? « Proxima Centauri B », l'exoplanète la plus proche du Système solaire jamais découverte à ce jour (mais tout de même située à 4,2 années lumières de la Terre, soit 40 billions de km, une paille) et qui aurait potentiellement quelques caractéristiques communes avec la nôtre, dont celle d'avoir de l'eau liquide en surface. Alors oui, tout ceci est très théorique. Et il faudrait pas moins de 20 ans aux sondes (nouvelle génération et pas encore au point) pour l'atteindre. Mais diable, tout ceci est passionnant.

Le plus drôle dans tout cette histoire, c'est que Proxima B est sorti jeudi dernier en single. Quasiment au même moment arrivait la confirmation (car oui, on attendait une confirmation des relevés de 2016) de l'existence de « Proxima Centauri B ». Benjamin Gibbard ou le sens du timing.

Album : Proxima B / Filler 7"
Année : 2020
Label : Bedside Recordings / Barsuk Records


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Proxima B de Benjamin Gibbard est également en écoute ci-dessous :


Face-B de ce nouveau single de Benjamin Gibbard, voilà Filler, belle reprise piano/voix du morceau de 1981 de Minor Threat :




mardi 26 décembre 2023

Bilan 2023 : Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »

 
Mardi 26 décembre. Je crois qu'il est plus que l'heure de mettre un terme à cette année 2023 qui, si je ne l'effacerai pas totalement de mon esprit comme 2022 et 2021, ne restera pas dans mes annales. Musicalement par contre, il y a des choses à dire. Beaucoup même. Alors tirons-en le bilan, en quatre temps comme le veut la tradition dans ses pages. Tout d'abord en listant les 45-tours, 12", Ep et autres rééditions ou compilations qui auront rythmé mes oreillles. Puis en classant les quarante albums qui auront animé mon année (en deux papiers, histoire que ce ne soit pas trop indigeste). Avant de finir, le jour de l'an, par les cinquante chansons 2023, toujours selon mes oreilles.

Toutefois, avant de s'épancher et de lancer la machine, allons jeter un oeil, là aussi comme le veut la tradition, chez les voisins pour voir ce qu'ils ont pensé eux de l'année musicale 2023 :
- Les meilleurs albums selon la rédaction d’Addict Culture
- Les Bilans individuels 2023 de Pop News
- Les 10 meilleurs albums de l’année selon Mind Riot Music
- La cuvée 2023 de Pinkushion
- La playlist de l’année de Sound of Violence
 

Première partie donc, consacrée aux formats hors-albums. Avec cette année de l'Ep, tu en veux tu en as, du 45-tours racés, des singles qui aurait mérité de connaître une version physique (mais qui sont tout de même comptabilisés dans la discographie des groupes concernés), des inédits de Sufjan Stevens, une réédition qui prouve à quel point Daniel Johnston était un sacré songwriter et enfin une compilation de chutes de studios d'un chef d'oeuvre.
Les treize disques dont il est question ici sont à découvrir ci-dessous. Mais comme lire de la musique c'est bien mais que l'écouter c'est encore mieux, au bas de ce billet se trouvent des lecteurs Spotify et Deezer compilant une chanson de chacun des disques présentés (ainsi qu'un lecteur pour une chanson de Sufjan Stevens, introuvable ailleurs). Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2023 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21


7" / Single numérique

The Beths / Pickle Darling / Car Seat Headrest - Brand New Colony / We Looked Like Giants 7" [Sub Pop]
En 2003, Ben Gibbard sortait avec ses Death Cab For Cutie 'Transatlanticism', formait avec Dntel l'éphémère The Postal Service et publiait 'Give Up', chef d’œuvre absolu (et accessoirement un des disques de ma vie). Vingt-ans plus tard, Sub Pop célèbre ces deux albums avec un 45-tours qui voit The Beths et Car Seat Headrest (accessoirement deux de mes groupes préférés actuels) reprendre une chanson de chacun de ces disques. Et c’est évidemment parfait.
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Nina Nastasia - This Is Love b/w You Were So Mad [Temporary Residence Limited]

N'ayant pas eu le succès qu’elle méritait avec l’album de son retour, Nina Nastasia continue de faire vivre 'Riderless Horse' et ses chansons. La preuve avec ce 45-tours numérique où elle reprend This Is Love et You Were So Mad avec Marissa Paternoster, guitariste et chanteuse des désormais feu Screaming Females. En s’éloignant de la version d'origine et en l'agrémentant d'une guitare électrique, de quelques légers larsen, d'un piano et donc de leur deux voix, le résultat est sincèrement sublime et pourrait toucher ceux que l'austérité de 'Riderless Horse' pouvait rebuter.
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The Telephone Numbers - Weird Sisters 7" [Meritorio Records / Prefect Records]
Deux chansons absolument parfaites, où la mélancolie se dispute avec une indie-pop et une jangle-pop d’excellente facture : ce 45-tours de The Telephone Numbers est impeccable de bout en bout. Il va falloir qu’on commence à parler beaucoup plus de ces jeunes gens.
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Weird Nightmare - She’s The One [Sub Pop]
Les mois passent et Alex Edkins (via son moniker de Weird Nightmare) continue son sans faute. Après un premier album très réussi, il enchaine les singles, dont cette reprise de She's The One de The Ramones à laquelle il donne un verni très sixties avec une prodcution comme d’époque et un piano clinquant. Une formidable reprise, qu’on dirait sortie du catalogue des Beatles. Son seul défaut ? N’exister qu’en digital.
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12"

Animal Collective - Defeat 12" [Domino Records]
En amont de la sortie de 'Isn’t It Fun?', Animal Collective a publié Defeat en single. Enfin, « single » plutôt. Vingt-deux minutes (beaucoup de groupes sortent des Ep moins longs) de folk psychédélique et expérimental, absolument prenant et qui résume toutes les facettes de ce groupe incroyable. Et comme si cela ne suffisait pas, en face-B, nos quatre amis déposent The Challenge, un morceau improvisé qui ouvrait les concerts de la tournée de 'Time Skiffs'. Dément lui aussi. Décidément, ces gens là ne feront jamais rien comme les autres.
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Sufjan Stevens - 5 Unreleased Songs 12" [Asthmatic Kitty Records]
En marge de 'Javelin' (on y reviendra), Sufjan Stevens et Asthmatic Kitty Records ont publié (en exclusivité pour « Rough Trade ») un disque de cinq chansons inédites en bonus, dont le magasin anglais vient de sortir la version vinyle (en édition limitée évidemment). Sans doute tirées des sessions de l’album, ces cinq morceaux, folk, acoustiques et moins travaillés sont d’une grande beauté, qui se termine par le sublime The Kiss of Niobe (en écoute exceptionnellement plus bas).
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EP
 
A7PHA - Many Headed Ep [Handsmade Records]
2023 aura signé le retour dans mes oreilles de toute la clique d’Anticon que j’avais délaissée depuis des années. Premier exemple, cet Ep de A7PHA, acronyme curieux derrière lequel on retrouve Mestizo et doseone. Pour bien faire, les deux ont invité sur les deux premiers titres d’anciens comparses Buck 65, Aesop Rock et WHY. Le résultat est aussi puissant que détonnant pour une sorte de grande messe abstract. Histoire de bien faire les choses, A7PHA finit ce 'Many Headed Ep' par un nouveau morceau, lui aussi parfait.
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FIDLAR - That's Life Ep [-]
A la sortie de 'Too' et surtout du formidable single 40oz on Repeat (dont le clip, s’il était sorti vingt ans plus tôt, serait resté dans toutes les mémoires), tous les feux étaient au vert pour FIDLAR. Le trio aurait du devenir énorme. Et puis non. Alors le groupe a continué, avec quelques Ep par ci, beaucoup de singles par là et quelques albums. Rien de bien transcendant à dire vrai, mais 'That's Life Ep' est un inattendu retour de flammes, punk (à roulettes aussi) et crétin à souhait, plein d’éclats de voix et de guitares.
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Le collage de France - Rue des Boulets Ep [Les Disques Pavillon]
Nouvelle itération de Rémi Nation, l’homme derrière Orouni : Le collage de France. Un groupe fourni, des chansons pop classieuses et léchées où cordes, claviers et autre flûte virevoltent sur quelques volutes synth-pop. Un ensemble jamais dans le clinquant, toujours beau et extrèmement prometteur (l’album est déjà dans les tuyaux).
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Dominique A - Reflets du monde lointain Ep [Cinq7 / Wagram]
Ecartées du tracklisting de 'Le Monde Réel', son album de l’an passé, les chansons de 'Reflets du monde lointain' ne sont pourtant pas de simples face-B. Des morceaux comme Les vagues et les regrets ou Chaque enfant dans son monde sont des chansons que n’importe quel auteur-compositeur rêverait d’écrire. Plus consistant que 'Le Monde Réel', cet Ep prouve comme s'il était besoin que Dominique A est un artiste incroyable, que nous prenons trop pour acquis.
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Legss - Fester Ep [The state51 Conspiracy]
Post-punk empreint de post-rock, pas exempt de balade mélancolique et de rage noise-rock/grunge, 'Fester' est un Ep (le troisième) plus que recommandable de la part Legss, encore un groupe londonnien qui est une énième preuve de la vivacité de la scène anglaise actuelle.
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REEDITION
 
Various Artists - I Killed the Monster: The Songs of Daniel Johnston [Shimmy]
Publiée en 2006 et rééditée cette année, cette compilation hommage à Daniel Johnston est bien plus qu’une très belle curiosité. Vingt-une chansons de l’américain sont au programme, de certaines de ses plus célèbres à d’autres plus obscures - comme une bonne partie du roster ici, même si on notera tout de même les présences d’un certain Sufjan Stevens ainsi que de Kimya Dawson, Jeffrey Lewis et Jad Fair d’Half Japanese). Dans une grande majorité, rien de lo-fi mais plutôt des versions amples, orchestrées et travaillées des chansons originales. Un disque de reprise tout à fait délicieux et qui prouve à quel point Daniel Johnston était un songwriter incroyable.
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COMPILATION


Bob Dylan - The Bootleg Series Vol. 17: Fragments – Time Out of Mind Sessions (1996–1997) [Columbia Records]
Bob Dylan a eu plusieurs vies. Et en a profité pour parsemer sa carrière d'innombrables chefs d'oeuvre. Le dernier en date est sans doute 'Time Out of Mind', disque noir sorti en 1997. Il était temps que les Bootleg Series que son label de toujours Columbia s'occupe de son cas. Le résultat est à la hauteur du disque en lui-même. Et à la hauteur des tous meilleurs Bootleg Series publiés jusque là (notamment 'The Bootleg Series Vol. 12: The Cutting Edge 1965-1966', 'The Bootleg Series Vol. 14: More Blood, More Tracks' ou 'The Bootleg Series Vol. 5: Live 1975 - The Rolling Thunder Revue'). Cinq disques, dont un premier qui propose un nouveau mix de l'album original. Et ensuite - et surtout !- quatre autres qui proposent des versions démos, des chutes de studio et d'autres versions alternatives. C'est absolument passionnant, ébouriffant la plupart du temps même, avec des versions délaissées que d'aucuns rêveraient avoir pu enregistrer. Décidément, cette collection "Bootleg Series" est un sans faute jusque là.
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