Affichage des articles triés par date pour la requête aline. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête aline. Trier par pertinence Afficher tous les articles

jeudi 26 décembre 2024

Bilan 2024 : Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »


Jeudi 26 décembre oblige, et pour respecter la tradition de ce blog de près de vingt ans, il est temps de passer au bilan de cette année 2024. Un travail sans doute un peu vain pour beaucoup mais une habitude chez moi à laquelle j’apprécie toujours autant répondre, un quart de siècle après ma première fois, tant tout cela permet, ne serait-ce qu'à moi, de trier le bon grain de l’ivraie et d’en ressortir le meilleur. Un bilan qui se déroulera comme à chaque fois en quatre temps : aujourd’hui, tout ce qui à trait aux formats courts, aux rééditions et autres compilations. Samedi, la première partie du top album (avec les disques classés de 21 à 40). Lundi, la suite de ce top album (avec les disques classés de 1 à 20). Et enfin, le 1er janvier, les 50 chansons qui auront fait mon année, à écouter au réveil d'un jour de l’an que l'on imagine plein d'excès.

Mais avant d’aller plus loin, regardons un peu (là aussi, comme le veut la tradition) quels bilans ont tiré les sites amis (ou non) de cette année 2024 :
- Les meilleures rééditions de 2024 selon Treble
- Le bilan vraiment annuel de Sun Burns Out
- Les 10 Ep de l’année de Sound of Violence
- Les rééditions de 2024 selon Raven Sings The Blues
- Le top 2024 des contributeurs du Gospel

Ouvrons donc le bal avec les meilleurs singles, Ep et autres rééditions de l’année 2024. Avec une nouvelle fois beaucoup de 45-tours, un artiste habitué de ces pages (que voulez-vous, on est fan ou on ne l’est pas), la réédition d’un disque plus qu’immense et deux compilations à vous mouiller les yeux. C’est à lire ci-dessous. Et comme lire sans écouter quand on parle de musique est un peu dommage, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) proposant chacun une chanson des seize disques proposés ici. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !


Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)



7" / Single numérique

Moreish Idols - Pale Blue Dot 7" [Speedy Wunderground]
Difficile de ne pas célébrer le cinquantième 45-tours du label londonien Speedy Wunderground. Et encore plus quand le disque en question compte une de leurs meilleures sorties. Pale Blue Dot, une chanson remarquablement produite, très mélodique, aux belles harmonies vocales, à la rythmique essentielle, et comme construite sur plusieurs strates mais qui s'agencent avec bonheur les unes aux autres. Un morceau de Moreish Idolsqui fait plus qu'honneur à ce label ô combien indispensable.
No Drama - Papershop / A City Within 7" [Hidden Bay Records / Araki Records / Bus Stop Press / Seitan's Hell Bike Punks / Stonehenge Records (FR) - Brainwasher Records (DE) - Anything Bagel (US) - Wood of Heart (JP)]
Nouveau single pour le quatuor toulousain No Drama (qui compte notamment Manon Raupp d'Hidden Bay Records), avec autant de guitares acérées, de gimmick accrocheur, de langueur électrique que d'explosions exquises pour satisfaire tout amateur de rock à la sauce 90s. Très recommandé (et à un prix tout mini).
En savoir plus
Acheter


Chappell Roan – Good Luck, Babe! [Island Records]
En l’espace de quelques mois, l’américaine Chappell Roan est passée des premières parties d’Olivia Rodrigo à remplir des stades et à être la tête d’affiche de nombreux festivals l’été prochain. La faute à Good Luck, Babe!, tube en or massif avec son ambiance rétro eighties, son refrain qui éclate, sa voix qui monte haut et qui emporte son monde avec elle. D’ailleurs, vous en connaissez beaucoup des tubes d’une (désormais) superstar qui sont sortis en 45-tours ? Pour une fois que je ne suis pas à la traîne niveau tubes grand public...
Laetitia Sadier & Storefront Church - La Langue Bleue 7" [Duophonic Super 45s]
Laetitia Sadier n'aura pas arrêté cette année. Et c'est peut-être sur ce duo avec les américains de Storefront Church qu'elle a été à son meilleur. La Langue Bleue, une chanson ample, à l'orchestration imposante mais léchée, à la beauté cinématographique, qui n'est pas sans rappeler quelques esthètes français du genre (Vannier, Legrand). Sublime.
RVG - Don't Take It Badly / Pet Sematary Double-A Single [Fire Records]
Don't Take It Badly dans une veine jangle-pop en face-A, Pet Sematary, une reprise d'une chanson des Ramones, en face-B : si les australiens de RVG ne sont pas revenus avec un nouvel album (après tout, 'Brain Worms' ne date que de 2023), ils ont fait les choses bien avec ce 45-tours malheureusement uniquement numérique. Deux chansons où la voix et la présence de Romy Vager font toute la différence.
Cindy - Swan Lake 12" [Tough Love Records]
Si je leur reconnais beaucoup de qualités, je n'avais jamais été renversé par les albums des californiens de Cindy, que je trouvais un peu trop ronronnant sur la longueur. Mais cette année, en resserrant leur propos sur un 12" de six chansons, toujours comme hors du temps, le groupe de San Francisco, mené et porté par la voix de Karina Gill et ses airs de Nico, emporte totalement l'adhésion.
The Decemberists - Joan In The Garden [Y.A.B.B. Records]
The Decemberists ont une carrière longue comme le bras. Alors pour leur nouvel album, à contre courant de ce qui se fait généralement, ils ont poussé Joan In The Garden comme second « single » de leur album alors à venir. Une chanson de quasi vingt minutes qui imagine Jeanne d’Arc avoir ses visions. Une chanson très longue donc qui voit Colin Meloy et son groupe mener ça de main de maître, passer du folk au rock et même près de cinq minutes d’expérimentations, et clôturer de façon audacieuse et remarquable son dernier album. Mais vous me direz : que vient faire un extrait d’un album dans cette section là ? Tout simplement parce que cette chanson a été pressé en 12" à l’occasion de quelques listening parties lancées par leur propre label. Certes, la production s’est limitée à quatorze (oui, 14) exemplaires et n’a jamais été mis en vente, mais ce pressage existe. Il a donc toute sa place ici.
Antenna - Antenna Ep [Urge Records]
Nouveau projet de l'australien Tim 'Shogun' Wall (ancien chanteur de Royal Headache), Antenna aura publié son premier Ep en 2024. Et si je devais classer tous les disques cités dans ce premier papier « bilan », ce disque serait sans doute tout en haut. Avec cinq chansons pour douze minutes, qui débordent d'énergie, de garage punk frénétique aux reflets power-pop, 'Antenna Ep' est un disque impeccable, catchy où la voix de Tim Wall est incroyable de présence, de justesse et d'émotion.
Bar Italia - The Tw*ts Ep [Matador Records]
Cet Ep n’atteint sans doute pas la classe de 'Tracey Denim' et 'The Twits', leurs deux albums publiés l’an passé et qui les avait vus vraiment éclore à la face du monde. Pour autant, avec cet Ep (malheureusement uniquement numérique) et ses quatre chansons (dont trois inédits), le trio Bar Italia prouve qu’il est décidément au-dessus de la mêlée.
Junior Varsity - My Star Ep [Key Records]
Porté par ce qu'il faut bien appeler un banger qui dit tout en même pas trois minutes (imparable Cross The Street dont on reparlera dans le top singles), ce nouvel Ep de Junior Varsity, entre pop  pourrait enfin permettre au duo californien de voir leur carrière prendre une nouvelle envergure. Disque d'indie-pop très dansante et qui n'est pas sans rappeler le début des années 2000. A suivre de près.
MF Doom – MM..Food (20th Anniversary Edition) [Rhymesayers Entertainment]
On le cite assez peu lorsqu'on évoque la discographie de MF Doom, mais s'il a bien une chose que cette réédition aura permis cette année, c'est de se rendre compte que derrière l'évident (et intouchable) 'Madvillainy', 'MM.. Food' est sans doute le meilleur album de MF Doom (oui, devant 'Operation: Doomsday' ou 'Vaudeville Villain'). Le plus chiadé niveau prod, avec le storytelling le mieux foutu et les samples les plus raccords avec son rap et son discours. Et si l'on ne tombera pas de notre chaise  à l'écoute des bonus (toutefois pas inintéressants), si l'on regrettera que la pochette originale ait été remplacée par une nouvelle plus quelconque, l'essentiel est à chercher ailleurs : le retour sur le devant de la scène d'un album plus que majeur de l'histoire du hip-hop et des années 2000.
Aline - La lune sera bleue (2009-2015) [–]
Compilation de sept inédits et de deux reprises (Tombé pour la France d’Étienne Daho et Moi je joue de Brigitte Bardot) enregistrés entre New-York et Marseille de 2009 à 2015 et financé par crowdfunding, 'La lune sera bleue' aura marqué un premier retour pour Aline, sur scène et dans les bacs, avant peut-être d'autres nouvelles chansons et aventures. Un catalogue d'inédits qui montre à quel point Aline était un groupe au-dessus de la concurrence.
En savoir plus



Broadcast - Distant Call: Collected Demos 2000-2006 [Warp]
Broadcast - Spell Blanket: Collected Demos 2006-2009 [Warp]
Quatorze ans depuis la disparition de Trish Keenan. James Cargill, son compagnon, continue d'essayer de perpétuer sa mémoire. Et il l’aura très bien fait avec ces deux superbes compilations de démos, l'une pour la période 2000-2006 (avec des chansons qui finiront sur leurs albums de l’époque), l'autre pour les trois années suivantes (avec ici des chansons qui auront du finir sur leur cinquième album). C'est évidemment beau, intime mais aussi touchant et prouve à quel point Trish Keenan, sa voix et sa douceur manquent dans le paysage actuel.
En savoir plus
Acheter
En savoir plus
Acheter



 

 


Bob Dylan - The Complete Budokan 1978 [Columbia Records]
Bob Dylan - The 1974 Live Recordings [Columbia Records]
Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, aucune surprise de trouver dans cette sélection les deux nouvelles rééditions de Bob Dylan publiées cette année par Columbia. Surtout qu'une nouvelle fois, tout est passionnant à fouiller, des quatre disques de ses concerts au Japon ou ses vingt-sept disques (27 !) de la tournée de 1974 avec The Band. C'est évidemment beaucoup trop pour quelqu'un qui apprécie tout juste Dylan et donc réservé aux fans hardcore. Et comme j’en suis un, c'est une nouvelle fois (et c'est toujours le cas depuis que les Bootleg Series ont commencé) absolument indispensable.
En savoir plus
Acheter
En savoir plus
Acheter








Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)


Comme promis, deux players (Spotify et Deezer), également disponibles ci-dessous, proposant chacun une chanson de quinze disques évoqués ici, la seizième (No Drama) étant disponible avec son lecteur bandcamp. Bonne écoute !

lundi 9 décembre 2024

Brigitte Calls Me Baby - The Future Is Our Way Out [ATO Records]

Tirant son nom de Brigitte Bardot et d'une correspondance fantasmée que le leader du groupe Wes Leavins aurait eu avec l'égérie française des années 60, Brigitte Calls Me Baby est un tout jeune groupe américain (cinq membres dont deux guitares) venu de Chicago qui a sorti en août dernier son premier album, le mal nommé 'The Future Is Our Way Out'

Mal nommé car si l'avenir est la porte de sortie du quintet, alors ils ne sont pas prêts d'arrêter de tourner en rond tant cet album regarde vers le passé. Surtout vers les années 80. Surtout vers Manchester. Et surtout vers un quatuor mené par un grand chanteur (et parolier), et par un guitariste plus que talentueux. Oui, 'The Future Is Our Way Out' voit les Brigitte Calls Me Baby lorgner de très près les Smiths. Que cela soit pour la voix de Wes Leavins qui fait plus que rappeler, dans son grain autant que dans ses intonations, celle de Morrissey, sa production (qu'on dirait avoir été laissée aux bons soins de Stephen Street) ou de quelques morceaux à l'inspiration évidente (I Wanna Die In The Suburbs est leur There Is a Light That Never Goes Out).

Pourtant, ce qui sonne comme un pastiche assez mal dégrossi à la première écoute devient rapidement entêtant. Premièrement parce que si l'influence Smiths-ienne est claire, elle n'est pas la seule. Très vite, on se rend compte qu'il y a autre chose en plus, comme ces quelques touches sixties (notamment dans la rythmique), ce côté Elvis (You Are Only Made Of Dreams, la chanson de clôture Always Be Fine ou les style crooner de Eddie My Love), ces quelques fulgurances qui pourraient évoquer les Strokes qui auraient fricoté avec New Order (We Were Never Alive) et même un soupçon d'Aline (Pink Palace. A vous ensuite de déterminer qui de l’œuf ou la poule...).

Si vous ajoutez à cela des mélodies belles et chiadées, vous obtenez un 'The Future Is Our Way Out' qui manque sans doute de personnalité mais qu'on ne peut pas simplement résumer à un album des Smiths sans les Smiths comme on a pu le dire ici et là. Certes, c'est l'album le plus influencé de l'année mais il n'en reste pas moins étonnamment charmant, efficace et romantique à souhait. (Sortie : 2 août 2024)

Plus :
'The Future Is Our Way Out' de Brigitte Calls Me Baby est à l'écoute sur le bandcamp du groupe
'The Future Is Our Way Out' de Brigitte Calls Me Baby est à l'achat sur le bandcamp du groupe
'The Future Is Our Way Out' de Brigitte Calls Me Baby est
à l'achat et à l'écoute un peu de partout

Trois chansons de 'The Future Is Our Way Out' de Brigitte Calls Me Baby en écoute aujourd'hui. I Wanna Die In The Suburbs (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis le très 80s We Were Never Alive. Et enfin, Eddie My Love et sa voix de crooner :


Le clip de We Were Never Alive, single évident de 'The Future Is Our Way Out' de Brigitte Calls Me Baby :

 

jeudi 22 février 2024

Aline - La lune sera bleue (2009-2015) [–]

Est-ce pour pouvoir rejouer ensemble sur scène ? Est-ce pour écrire le vrai point final de leur courte discographie ? Ou est-ce plutôt une sorte de galop d'essai pour voir si le public répond présent et si cela peut leur donner des idées pour un vrai troisième album ?

C'est sans doute avec toutes ces hypothèses en tête qu'Aline a décidé de remettre le travail sur l'ouvrage et de revenir du cimetière des groupes disparus bien trop tôt et bien trop vite après deux albums de haute volée ('Regarde Le Ciel' et 'La Vie Électrique') dont le premier reste un classique absolu de la pop à guitare française (que de tubes !).

Pour leur retour, les Aline ont décidé de publier 'La Lune Sera Bleue', compilation de sept inédits et de deux reprises (Tombé pour la France d’Étienne Daho et Moi je joue de Brigitte Bardot) enregistrés entre New-York et Marseille de 2009 à 2015. Un disque financé par crowdfunding, dont la campagne a été un grand succès, prouvant par la même que malgré neuf années d'absence, le quintet n'a jamais été oublié.

Sur les sept inédits, on retrouve La Rivière Est Profonde, chanson déjà chroniquée dans ces pages il y de cela dix ans, à l'occasion d'un Ep 'France 2014', et plus... publié par Hands and Arms et Eyes Minded. Un titre totalement instrumental, à la rythmique tendue et aux guitares eighties, sur lequel une fillette vient réciter un extrait d'un texte de Guy Debord. Sans doute la meilleure des chansons non publiées par Aline à ce jour, à laquelle on adjoindra notamment La lune sera bleue, envoyée en éclaireur au moment du lancement du crowdfunding, l'autre instrumental Acier Géant et le très réussi Marc, qui ouvre le disque.

Une bonne partie de ces inédits, Aline sont venus les défendre sur scène le temps d'une mini-tournée de quelques dates, toutes sold-out. La première avait lieu il y a tout juste deux semaines au Sonic de Lyon, dans une péniche blindée pour l'occasion et prête à danser. Et danser, autant le dire tout de suite, elle le fit. Avec un groupe souriant, content d'être là et un Romain Guerret en forme, venus avec quelques blagues (et pas toutes préparées en amont), le concert a été un moment généreux à souhait, plein de plaisir et de mélodies parfaites. Devant un public totalement acquis, il s'est ouvert par l'évident Avenue des Armées (meilleure chanson de 'La Vie Électrique') avant de prendre une dimension supplémentaire dès Je bois et puis je danse, tube parmi les tubes, pour se finir en rappel sur un décapant et toujours aussi parfait Teen Whistle.

Il fallait voir les visages de la centaine de personnes venue se masser dans la chaleur du Sonic au sortir de ces 1h20 de concert. Des sourires, rien que des sourires. Un feel-good concert comme on en fait finalement assez peu. Je ne sais pas ce qu'Aline recherchaient exactement avec cette tournée et la sortie de ce disque de face-b. Mais s'ils cherchaient à savoir s'ils avaient manqué au public et si celui-ci les aimait toujours autant, la réponse a été claire et limpide. Ne reste plus qu'à espérer que cette collection de face-b ne soit pas le chant du cygne définitif d'Aline : ces (plus si jeunes) gens ont sans doute encore des choses à dire. Et des chansons à composer. (Sortie : 16 février 2024)


Plus :
'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline est à l'achat sur Caramba Records
'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline est en écoute, notamment, sur Deezer et
Spotify

Trois chansons de 'La lune sera bleue (2009-2015)' d'Aline en écoute aujourd'hui. Le superbe instrumental La rivière est profonde pour ouvrir le bal (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis La lune sera bleue. Et enfin Marc :

lundi 30 décembre 2019

Bilan 2019 : Top 15 « 7", Ep, Compilations & Rééditions »



Parce qu'on est le 30 décembre. Parce que le futur est à portée de main (oui, 2020, c'est vraiment le futur. En tout cas pour le moi de 1990 qui n'allait pas tarder à découvrir le collège). Et parce que j'aime ces traditions de « tops annuel » où les classements se bousculent un peu de partout (et dans tous les domaines) et où, quoique peuvent bien en dire les grincheux, on y découvre beaucoup de choses (la preuve ici), il est temps de passer au bilan 2019 de cette année musicale, et une nouvelle fois, en quatre étapes : une première (aujourd'hui) consacrés aux formats courts et aux compilations/rééditions. Une seconde, mercredi au petit matin, avec les 50 chansons de l'année, pile pour se remettre de sa gueule de bois. Et enfin, vendredi et dimanche, avec le classement des 40 meilleurs albums sortis ces 365 derniers jours. Le tout en toute subjectivité, évidemment.

Mais comme le veut la coutume, partageons quelques tops de blogs/sites amis (ou non) qui ont de belles choses à partager ou à découvrir :
Le top albums de la rédaction de Benzine
Le top album de La Musique à Papa
Le top 50 de Benoit, le créateur de Benzine, chez Hop-Blog

Cette année 2019 aura été une grande année pour les Ep, ces extended-play, trop courts pour être des albums, trop longs pour être des singles. J'ai l'impression qu'on revient un peu à ce format, assez parfait à mon sens (mon morceau musical préféré se trouve sur un Ep), et c'est tant mieux. D'ailleurs, comme je l'explique plus bas, si je m'entêtais moins à différencier les formats, nul doute qu'un des disques de la sélection ci-dessous se serait retrouvé quasiment tout en haut de mon top général. Quinze disques se trouvent ci-dessous, quelques beaux singles, des Ep renversants et une triplette de compilations/rééditions à écouter sans jamais s'en lasser. 
Au bas de ce papier se trouve, comme toujours, un lecteur pour écouter une chanson de chacun des disques chroniqués, histoire de se faire une idée de ce dont il est question. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 40 « Albums » (40-21)


7"

Olivier Rocabois - Ship of Women / Somewhere in a Nightmare 7" [-]
Un des 45-tours les plus romantiques de l’année qui soit. Olivier Rocabois, leader de All If, se lance en solo sous son propre nom et balance deux très belles chansons, pleines de cordes et de mélodies pop ouvragées, et Bowie en diable. Ouaté tout plein.


Sufjan Stevens - Love Yourself / With My Whole Heart 7" [Asthmatic Kitty]
Parce qu’on ne se refait pas. Parce qu'un top sans Sufjan Stevens serait surprenant dans ces pages. Parce que les mélodies sont là. Parce que Sufjan Stevens ne sort que rarement des 45-tours. Parce que la bonne cause (les profits sont reversés à la cause LGBTQ+). Parce que Love Yourself (chanson écrite en 1996) est sans doute une des chansons de l’année.


Extended Play (Ep)


Accident - Dernier Voyage Ep [Little John]
Duo composé des cousins de Romain Guerret d’Aline, Accident est un charmant voyage synthétiques, hypnotique et qui a une certaine idée de la pop à la française, avec de belles guitares qui viennent embellir le tout.


Daphni - Sizzling Ep [Jiaolong]
Alors que Caribou devrait revenir avec un nouvel album en 2020, il ne fallait pas passer à côté de 'Sizzlin', nouvel Ep de Daphni (son « moi électro »), remix à l’efficacité folle de Paradise, obscur groupe des Bermudes de 1981. Daphni augmente le rythme et transforme le groove, le funk voire le disco de Paradise en un ensemble dancefloor, presque house, auquel il est difficile de résister

Dry Cleaning - Boundary Road Snacks and Drinks Ep [It’s Ok]
Post-punk un peu arty, qui ne fait pas dans l'épate et qui ne recherche pas le tube à tout prix, porté par une voix qui chante moins qu’elle ne parle, presque détachée, Dry Cleaning est une des révélations anglaises de l’année. Deux Ep à ce jour, l’album ne devrait plus tarder.
Acheter 


Hold Your Horses - Datsusara Ep [-]
Découvrir Hold Your Horses par leur dernier Ep avant fermeture, c’est tout de même ballot. Parce ce 'Datsusara Ep' est en tout point charmant, ambitieux, orchestré, presque orchestral par moments, aux petits détails ravissants, aux mélodies, chœurs et voix attachantes, lorgnant autant vers Silver Mt Zion que Modest Mouse ou le Arcade Fire des débuts. RIP.


Jaune - La Promesse Ep [-]
Il m’aura fallu un état comateux pour rentrer dans ce disque du batteur de Frànçois And The Atlas Mountains. Anodin au premier abord, il s’avère d’une classe folle avec son électronica mélancolique, ses trouvailles mélodiques et ce chant en français rappelant celui d’Albin de la Simone. Un des disques les plus écoutés de l'année par ici.


Papercuts - Kathleen Says Ep [Slumberland Records]
Parce que Kathleen Says était une des chansons les plus réussies de 'Parallel Universe Blues', leur album de 2018. Parce Comb In Your Hair est une nouvelle composition à la classe folle. Parce que la reprise de Blues Run The Game de Jackson C. Frank est un joli tour de force, mettant à jour la version qu'aurait pu sortir le Velvet Underground s'il s'était attelé à la tâche à l'époque. Tous ces « parce que » vous donne un des plus beaux Ep de l’année.


Satellite Jockey - Modern Life Vol. 3 Ep [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records]
Les lyonnais de Satellite Jockey finissent leur triptyque 'Modern Life' (voir ici et ) avec un dernier Ep de haute volée, qui plonge la tête la première dans les années 70, rend hommage à Olivia Tremor Control, amène un soupçon de musique du monde, tout en ne perdant rien de sa musicalité. Une des aventures discographiques les plus parfaites de ces dernières années.


Richard Youngs & Raül Refree - All Hands Around the Moment Ep [Soft Abuse]
Si Richard Youngs a sorti un album solo cette année, c’est vers cet Ep réalisé avec Raül Refree qu’est allé tout mon intérêt. Sans doute parce que plus voluptueux et arrangé, 'All Hands Around The Moment' est un magnifique voyage folk très habillé, où les cordent de chaque instrument vivent comme jamais.


Wych Elm - Rat Blanket Ep [Post Mortem Records]
Si je ne m’entêtais pas à différencier les « formats courts » des « formats longs » dans ces billets de bilan annuel, nul doute que ce premier Ep des anglais de Wych Elm aurait figuré sur mon podium 2019, tant son Pixies meets Breeders meets l’indie/alt rock fin-80s/début-90s est formidable. Alors, à défaut de mieux, on parlera de la plus grande révélation de l’année. Mais quel disque !


COMPILATIONS / REEDITIONS


Bob Dylan - The Rolling Thunder Revue: The 1975 Live Recordings [Columbia/Legacy]
Bob Dylan - Travelin’ Thru, 1967 – 1969: The Bootleg Series Vol. 15 [Sony/Legacy]
Cette année, deux coffrets ont permis de plonger à nouveau dans le passé glorieux de l'américain. Tout d'abord celui consacré à la tournée de 1975. De cette période, Sony avait déjà sorti en 2002 un Bootleg Series, le numéro 5, absolument génial, retranscrivant à merveille cette période où Dylan embarqua avec lui toute une ribambelle de musiciens, de chanteurs, d'amis (Joan Baez, Allen Ginsberg, Joni Mitchell, Mick Ronson, entre beaucoup d'autres) et plus largement tout ceux qui voulaient bien se joindre à lui, pour écumer les scènes des Etats-Unis avec un spectacle moins concert traditionnel que véritable spectacle de music-hall. Dix-sept plus tard, et à l'occasion de la sortie du film de Martin Scorsese sur cette tournée de 1975 ('Rolling Thunder Revue: A Bob Dylan Story'), Sony publie l'ensemble des concerts enregistrés à l'époque, soit 14 disques. C'est faramineux oui, vertigineux aussi, et sans doute réservé aux fans, mais le résultat est très enivrant.
Le second coffret est plus folk/country et moins exhubérant, mais tout aussi intéressant car il s'agit des enregistrements de Dylan à Nashville, entre 1967 et 1969. Et sur trois disques s'étalent des sessions pour 'John Wesley Harding' et 'Nashville Skyline' ainsi que beaucoup de morceaux en duo avec Johnny Cash. Des moments d'histoire, forcément brillants. Ah, qu'il est doux d'être fan de Bob Dylan.



The Springfields - Singles 1986-1991 [Slumberland Records]
Totalement inconnu à mes oreilles, voilà The Springfields, groupe américain dont la courte carrière (de 1986 à 1991 donc) se voit compilée dans son entièreté par Slumberland Records. De l’indie-pop de la fin des années 80, tantôt jangle, tantôt power, toujours mélodique et dont on ne s’étonnera pas qu’elle fut le temps d’un single publiée par Sarah Records. Ca fait un trésor caché de moins et ce n’est pas le plus médiocre, loin de là.



Various Artists - Come On Up to the House: Women Sing Waits [Dualtone]
Evidemment, je ne suis pas le mieux placé pour considérer si cette compilation a du sens ou pas : je ne connais pas l'oeuvre de Tom Waits. Pour autant, porté par la version incroyable de justesse de Georgia Lee par Phoebe Bridgers, ce disque de 12 reprises - exclusivement féminines donc - aura commencé à m'entrouvrir les portes de l'univers de l'américain. Les puristes trouveront peut-être à redire, mais l'ensemble a une sacrée gueule.


Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue des quinze disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 





Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 40 « Albums » (40-21)


vendredi 2 août 2019

[Track of The Day] Accident - Oh Amalia

Si j'avais du écrire cette chronique du nouvel Ep d'Accident 'Dernier Voyage' sans me renseigner outre mesure, j'aurais sûrement commencé par parler de la frénésie créative de Romain Guerret, chanteur d'Aline et qui se produit en solo sous le nom de Donald Pierre (qui avait sorti l'an passé un bien fameux single, Ma Panthère).

Oui mais non. Parce que quand bien même les sonorités très Aline de certaines des chansons (et notamment, forcément, sur les guitares), quand bien même la voix qui font écho à sa voix... Romain Guerret n'est nullement de la partie d'Accident. Mais on ne tombe pas bien loin vu que le groupe est mené par un duo, Jérémy Monteiro et Laurent Maudoux, qui ne sont autres que ses cousins - germains.

Cette erreur évitée, disons donc tout le bien de ce nouvel (Accident avait sorti un album au tout début des années 2010) et excellent Ep, qui a donc de belles guitares « à la Aline » (Dernier Voyage, Oh Amalia) et des titres plus synthétiques (typés 80s) et quelques chansons hypnotiques (Déjà Vu, Déjà Fait et Amour Gloire et Beauté) et d'autres rappelant une certaine idée de la pop française des années 80 (Sur La Route ou Amour 95 qui a un je ne sais quoi de Fade to Grey de Visage). Charmant et efficace.

NB : 'Dernier Voyage Ep' d'Accident est également disponible en CD ou en vinyle en contactant directement Little John sur sa page Facebook

Album : Dernier Voyage Ep
Année : 2019
Label : Little John


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Oh Amalia d'Accident est également en écoute ci-dessous :


Autre tube tiré de cet Ep d'Accident, voilà Dernier Voyage :