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mercredi 2 septembre 2009

[Track of The Day] The Black Heart Procession - Rats

Autant vous le dire tout de suite (mais vous le savez sans doute déjà), les deux mois qui viennent vont être absolument dantesque niveau sorties d'albums. Je ne vais pas faire un name dropping aussi vain qu'inutile (et j'en ai évoqué quelques uns dans ces pages ces dernières semaines), mais il va y avoir du lourd, du très lourd, à tous les étages et dans tous les styles. Ça promet beaucoup. Avec, en guise de cerise sur le gâteau, la réédition complète - et très réussie selon les dires des chanceux qui ont eu l'opportunité d'y poser les esgourdes - du catalogue Beatles, aussi bien en mono qu'en stéréo (certes à des prix dépassant presque l'entendement).
Dernière nouvelle en date: un nouvel album (le septième) des Black Heart Procession, groupe de San Diego, à la dark pop irrésistible. Et c'est une bonne nouvelle (on n'oublie pas comme ça une chanson du calibre de Things Go On With Mistakes enregistrée en 2004 avec Solbakken ou un album comme 'Amore Del Tropico'). Pour l'instant, un titre est en écoute (et en téléchargement gratuit sur le myspace du groupe), Rats, chanson extrêmement bien produite et qui sonne vraiment. Ils ont fait mieux certes, mais cela semble annoncer quelque chose de grand, après un 'The Spell' qui m'avait personnellement laissé sur ma faim.
The Black Heart Procession
sont de retour: chouette donc. Des rentrées comme ça, j'en veux tous les ans! 

Album: Six 
Année: 2009 
Label: Temporary Residence

vendredi 3 octobre 2025

Richard Sallis - Felix [-]

Des marches d’escalier aux couleurs arc-en-ciel. Devant se tient une jeune femme, la tête et les épaules baissées, les mains dans les poches. On ne voit pas son visage mais à sa posture, on peut imaginer un sourire qui n’existe pas. Cette image, c’est la pochette de 'Felix' de Richard Sallis, musicien australien de 35 ans, connu pour être le leader de The Cameramen. La femme en question est son épouse. Et quand on sait qu'en anglais, l’expression « rainbow baby » désigne (très joliment) un enfant né après une fausse couche, on comprend que cette pochette résume tout le disque. Sorti le 3 janvier dernier, c'est le premier album de 2025 que j'ai écouté et, ce qui n'est pas banal, mon premier coup de cœur de l'année. Il était temps d'en parler 

'Felix', c'est un voyage musical dans la parentalité de Richard Sallis. Dans le fait de vieillir, de changer. Un disque entre tristesse, questionnement, joie, qui s'ouvre par le désespoir (la perte d'un fœtus et d'un enfant que notre homme n'aura jamais l'occasion de rencontrer, The Kid Has Gone Missing) et qui se termine par la naissance de ce fameux « rainbow baby » (The Kid Has Been Found). Un album qui, musicalement, passe donc par tous les états. The Kid Has Gone Missing ouvre le bal avec sa pop évanescente, ses chœurs comme gospel et sa bouleversante mélancolie ? A Song for the Broadcasters rebranche les guitares et balance des riffs accrocheurs. The Bill and Dean Orchestra présente sept minutes d’une pop sombre aux effluves jazz, aux cuivres ivres et au chant qui se transforme en tout fin en hurlements ? C’est pour mieux toucher au plus profond avec My Old Unexpected Friends, une des deux chansons pivot de 'Felix', qui début comme une balade à la John Lennon, au piano, mélancolique à souhait, avant que Richard Sallis ne lui fasse prendre une ampleur inattendue dans une seconde partie où la beauté éclate comme une bombe, à grands renforts de violons tendus, de guitares sublimes, d'un chant habité qui sonne comme désespéré, et des paroles magnifiques (« I don’t wish it could’ve been forever / Just wish it lasted a few more years / Sometimes you don’t get any warning / The rug is pulled from underneath  Sometimes there’s nothing you can do / Except survive beyond the news / But at the time I wasn’t ready / To say goodbye »). Et à peine remis, des frissons plein les bras, voilà que débarque No Time Like the Present, la seconde chanson pivot, folk-rock à l'efficacité imparable, qu'on a envie d'hurler à tue-tête avec Richard Sallis. Un morceau qui met sur orbite Bouncing Masquerade Ball et ses onze minutes qui résument à elles seules 'Felix', avant qu'un aérien The Kid Has Been Found, aux chœurs féminins presque christiques, clôture notre affaire.

Malheureusement publié sans structure derrière lui (et donc à ce jour uniquement en digital), il y a pourtant dans 'Felix' une sacrée ambition. Et tout du long, Richard Sallis se donne les moyens de cette ambition : de grandes et belles orchestrations, des chœurs divins (ceux de The Kid Has Gone Missing et The Kid Has Been Found sont renversants), une production d'une justesse folle, et une musicalité qui semble traverser toute les strates de la pop, mais aussi du rock (quelques élans post-rock savoureux). Il y a ici autant de Get Well Soon que de Okkervil River, de Black Heart Procession que de Team Me, de The National que du Arcade Fire des débuts ou de Fanfarlo, avec même un rien de Sufjan Stevens. Oui, 'Felix' de Richard Sallis, c'est un peu tout cela à la fois, une sorte de synthèse d'une certaine pop de ce nouveau siècle, qui emporte tout - et avec talent - sur son passage. Un album sublime, souvent bouleversant, habité même, et un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) écoutés cette année. Un disque dont la notoriété ne cesse de monter, doucement mais sûrement. En espérant qu'un label digne de ce nom s'en empare et le présente au plus grand nombre. Il le mérite mille fois. (Sortie : 3 janvier 2025)

 

Plus :
'Felix' de Richard Sallis est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Felix' de Richard Sallis est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Felix' de Richard Sallis est également à l'écoute sur Spotify, Deezer ou Tidal
Pour en savoir plus sur la conception de 'Felix' de Richard Sallis, je vous conseille l'écoute du podcast "Five at the Door" consacré à l'album

 

Trois chansons de 'Felix' de Richard Sallis en écoute aujourd'hui. My Old Unexpected Friends pour débuter, sans doute la plus belle chanson de l'album avec sa seconde partie renversante (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis No Time Like the Present, très Okkervil River dans l'âme, imparable. Et enfin, Bouncing Masquerade Ball et ses onze minutes à tomber : 

lundi 18 mai 2009

[Track of The Day] The Twilight Sad - Reflection Of The Television

Voilà une nouvelle qui devrait faire vibrer le petit cœur de Pitseleh: The Twilight Sad sont de retour. Enfin, pas tout de suite. Car le prochain album des Écossais, 'Forget the Night Ahead' toujours chez Fat Cat, ne verra le jour qu'en septembre prochain.
Cependant, et bien que nous ne soyons que mi-mai, un titre a déjà filtré. Il s'agit de Reflection Of The Television, chanson de 5 mns à la noirceur folle, menée par une batterie qui ne faiblit jamais. Et une fois de plus chez le groupe, la production est juste un petit régal et d'une grande vérité. Il règne une ambiance incroyable dans cette nouvelle composition, qui rappelle par moments la collaboration Black Heart Procession/Soldbaken il y a quelques années pour le onzième volume de la collection 'In The Fishtank'. Vivement septembre! 

Album: Forget the Night Ahead 
Année: 2009 
Label: Fat Cat

mardi 30 août 2011

Mister Heavenly - Out of Love [Sub Pop]

Dans le monde merveilleux des side-projects, il y a deux spécimen intéressants à étudier dans le monde du rock indépendant. Le premier est Spencer Krug, une des têtes pensantes de Wolf Parade qui, après avoir, pendant quelques années, semblé monter un nouveau groupe tous les six mois, s'est un peu calmé.

Et puis il y a Nick Thorburn, un des mecs derrière les géniaux Unicorns et derrière le tout aussi génial 'Return to the Sea' d'Islands.
On lui doit malheureusement aussi les deux albums suivants d'Islands, insupportables galettes remplies de guimauve à tous les étages responsables d'une de mes plus terribles indigestions musicales… en deux écoutes!
Mais Nick Thorburn ne s'arrête pas là. Il a aussi monté Human Highway (groupe sympathique mais déjà oublié), chante désormais sous son surnom Nick Diamonds ('I Am an Attic' est sorti en juin), et vient de monter Mister Heavenly, dont il est question ici.

Mister Heavenly est donc la dernière lubie de Nick Thorburn. Le genre de de super groupe, signé chez Sub Pop, excusez du peu, aux ambitions légères et plus rock que pop.
Au programme de ce trio, Thorburn donc, mais aussi Honus Honus de Man Man et Joe Plummer, batteur de, entres autres, The Shins, Black Heart Procession et surtout Modest Mouse. Histoire de rajouter un poil de glamour à l'affaire, l'acteur Michael Cera (le gentil quoiqu'un peu niais garçon qui met en cloque Ellen Page dans 'Juno') participe, à la basse, à quelques dates de la tournée de Mister Heavenly.

'Out Of Love', premier (et unique?) album des Mister Heavenly est à classer dans le haut du panier des sorties discographiques de Nick Thorburn. Sur une base plus rock que pop et partant titiller un brin de soul (Diddy Eyes) voire de blues bien gras (Doom Wop) par moments, le groupe n'en rajoute pas des tonnes, la joue plutôt simplement, ne fait pas dans l’esbroufe ridicule comme sur 'Arm's Way' d'Islands, cadre et ne fait durer l'aventure plus que de raisons (12 chansons et 36 mns au compteur) et déploie un éventail de mélodies aussi facilement mémorisables que terriblement entêtantes.

Il y a dans ce 'Out of Love' un peu de la folie des Unicorns. De l'ambition des Islands des débuts. Jamais sur la longueur d'une chanson, certes, mais c'est déjà ça. Ce Mister Heavenly, sans être ébouriffant pour autant, vient de me réconcilier avec un artiste que je ne croyais plus capable de sortir quelque-chose de consistant, tout du moins à mes oreilles. Chouette! (sortie: 16 août 2011)

Son:
Myspace
Site officiel de Mister Heavenly

Deux chansons en écoute. Harm You, titre hésitant en rock nerveux et délicatesse pop, et Wise Men, potentiel tube et meilleure chanson de ce premier album des Mister Heavenly. (malheureusement plus en écoute)

 Un autre morceau, Bronx Sniper, qui ouvre 'Out of Love', au format soundcloud cette fois-ci (et à télécharger gratuitement en cliquant sur la petite flèche noire sur la droite). (malheureusement plus en écoute)

Et si vous voulez en savoir plus, vous pouvez écouter l'album des Mister Heavenly dans son entier. Sub Pop a bien fait les choses et propose d'écouter
'Out of Love' ci-dessous, certes en format youtube mais c'est déjà ca.


jeudi 24 février 2011

[Track of The Day] J Mascis - Is It Done

Mon cher J Mascis

J'ai quelque chose à te demander. Oui à toi, tête de lard incroyable et leader (ou plutôt co-leader mais je n'ai pas envie que tu t'énerves) de Dinosaur Jr, capable de sortir des albums mémorables aussi bien à la jonction 80s/90s qu'au milieu des années 2000, toi l'homme à qui aucun riff ne fait peur.

Oui, mon cher J Mascis, j'ai quelque-chose à te demander. Non pas à propos de ton nouvel album solo, 'Several Shades of Why', acoustique et enregistré sans batterie. J'en ai assez écouté (deux chansons dont Is It Done en écoute aujourd'hui) pour savoir qu'il me tarde de l'avoir entre les oreilles.
Tes invités ont plutôt de la gueule (Kurt Vile, Sophie d'A Silver Mount Zion, Kevin Drew de Broken Social Scene, Ben Bridwell de Band of Horses ou Paulo Zappoli des Black Heart Procession, pour ne citer qu'eux), tes mélodies sont remarquables, ta voix ne bouge pas et puis l'arrivée presque impromptue de riffs discrets comme si cette guitare acoustique te démangeait trop me va très bien. Bref, tout baigne.

Non c'est autre chose qui me turlupine. Plus anodine. Plus superficielle: c'est quoi ce nouveau look à la con? Un bouc? Et pourquoi pas une barbichette ou des rouflaquettes pendant qu'on y est? Non parce que vieillir, prendre du poids, voir sa vue baisser, d'accord, on n'y peut rien, c'est la vie. Mais tenter de ressembler à Sean Connery aux cheveux longs quand on a été une icône du rock indé US, ce n'est pas très sérieux non?
Pour un mec né avec une guitare électrique entre les pognes, qui a composé avec Dinosaur Jr des albums magistraux et qui a réussi peut-être LA reformation la plus passionnante des années 2000, ça fait tâche de ressembler à un indie-papy à 45 ans à peine!

Tu me diras, faut bien changer, on n'est plus en 1991. Mais même, tu ne m'empêcheras pas de penser que de te voir là sur les photos presse avec ce bouc, et ayant plutôt la classe il faut bien l'avouer, ben ça me choque. C'est bête mais c'est comme ça.
Allez, Jay, reviens à la raison, rase moi cette barbe, remets un t-shirt dégueulasse et continue de ne ressembler à rien. Sinon Lou Barlow va encore se foutre de ta gueule.

xxx

Ton fan, -Twist-

Album: Several Shades of Why
Année: 2011
Label: Sub Pop


Not Enough, autre extrait de 'Several Shades of Why' est à télécharger gratuitement et légalement sur le site officiel de J Mascis en cliquant ici.

jeudi 26 mars 2026

[Track of The Day] Scout Gillett - Cherry Blossoms

Alors qu'on attend désespérément un nouvel album de la superbe Scout Niblett (treize ans d'attente tout de même and still counting), c'est une autre Scout qui est de retour en ce début 2026 : Scout Gillett. Originaire de Kansas City et désormais établie à New-York, l'américaine vient de publier son deuxième album, 'Tough Touch' chez Slouch Records, après un premier effort chez Captured Tracks.

Un disque pour tous les amoureux de langueur (et de chant un rien affecté) qui se distingue sur deux chansons : Secret Life of Trees, qui retient son explosion finale le plus longtemps possible pour mieux tenir en haleine son auditoire, et Cherry Blossoms (en écoute aujourd'hui), très beau morceau qui prend tout son sens dans sa dernière partie, quand Scout Gillett lâche les chevaux et la joue guitar hero, en duo avec un piano qu'on dirait sorti de chez The Black Heart Procession.

Album : Tough Touch
Année : 2026
Label : Slouch Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Cherry Blossoms de Scout Gillett est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très conseillée de 'Tough Touch' de Scoutt Gillett, Secret Life of Trees :

mercredi 31 décembre 2025

Bilan 2025 : « Albums » (01-20)


Une première partie consacrée aux formats courts, compilations, rééditions et autres disques oubliés les années précédentes, lundi. Une seconde qui présente vingt premiers albums marquants de mon année, hier. Place aujourd'hui, logiquement, aux vingt albums les plus réussis selon mes oreilles en 2025. Et autant vous dire qu'il y a eu du choix et que l'année a été propice aux grands disques et belles découvertes.

Mais avant de détailler tout cela, comme le veut la tradition dans ces pages, allons faire un tour chez les voisins :
- Les meilleurs albums de l’année pour Raven Sings The Blues
- Les tops individuels de la rédaction de Pop News
- Le classement 2025 de la rédaction de Section 26
- Les disques de l'année par la rédaction d’Addict Culture
- Tous les top musique (et il y en a !) de Possible Music, le nouveau blog de Benoit Richard de Benzinemag


Vingt disques donc. Les vingt meilleurs après classement. Avec beaucoup de hip-hop (quatre albums, rien que ça) dont un patron qu'il est difficile de dépasser, du rock nerveux et de la pop vitaminée venus des États-Unis, un piano sombre mais magnifique, une confirmation et deux immenses coups de cœur français, de jeunes anglais qui confirment, du folk/blues électrique, de la country-pop d'une future star in the making, du jazz cosmique, de la power-pop à la belge, et un duo de tête presque évident, avec d'un côté l'indie-pop à son meilleur, de l'autre un disque ambitieux de pop ample et généreuse, touchant au possible. Tout est à découvrir ci-dessous, avec au bas du billet, comme à chaque fois, des liens vers des players Spotify, Deezer et Tidal pour écouter une chanson de chacun des disques évoqués. Bonne lecture et bonne écoute !


Et n'hésitez pas à suivre le blog le reste de l'année, ici mais aussi sur la playlist quotidienne "Track of The Day" de Spotify, Deezer, Tidal et/ou YouTube



Bilan 2025 :
Top « Albums » (40-21)
Top « 50 chansons »
Top « 7", Ep, Compilation, Réédition et Albums oubliés »



20. Legss - Unreal [-]

Mélange de post-rock, art-rock et post-punk, d'élans noise-rock et de quelques touches slowcore, ce premier album, consistant du début à la fin et remarquablement produit, alterne chaud et froid, calme et tempête, murmures et éclats de voix, et confirme tous les espoirs placés en Legss jusque-là.
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19. Kwoon - Odyssey [-]

Malgré vingt ans de carrière, 'Odyssey' n'est que le troisième album des français de Kwoon, le groupe mené par Sandy Lavallart. Et dont l'écoute me rappelle à quel point j'aime leur beauté et leur flamboyance. A l'instar de ses prédécesseurs, c'est un album magnifique, particulièrement cinématographique, parfois insaisissable, toujours délicat, qui sonne comme un voyage onirique, tout en apesanteur, où l'émotion est à fleur de peau.
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18. Preoccupations - Ill at ease [Born Losers Records]

Post-punk à l'inspiration 80s et plus pop que par le passé, porté par des guitares absolument superbes, un clavier profond, une drum-machine adéquate et un mix très soigné, 'Ill at ease' est un formidable nouvel album, sans doute le plus marquant de Preoccupations depuis qu'ils ne s'appellent plus Vietcong.
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17. Preservation & Gabe 'Nandez - Sortilège [Backwoodz Studioz]

Alors qu'on attend toujours le deuxième des trois albums qu'il a prévu de sortir avec CRIMPEAPPLE, Preservation s'est offert cette année un album de collaboration avec l'américain Gabe 'Nandez : 'Sortiège' (en français oui, avec un accent). Un disque d'abstrackt hip-hop, parfois expérimental, souvent conscient, toujours ambitieux, où les productions travaillées et profondes de Preservation font merveille, bien aidé par le flow de Gabe 'Nandez et les nombreux invités (au premier rang desquels Billy Woods, Armand Hammer et Benjamin Booker).
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16. The Tubs - Cotton Crown [Trouble In Mind Records]

Successeur du remarqué (et tout aussi remarquable) 'Dead Meat' en 2023, 'Cotton Crown' est un disque entre ombre et lumière, qui ne transpire pas de bonheur, avec ses chansons où il est question de relations amoureuses qui tournent à vide, de dénigrement de soi, d'interactions sociales compliquées, d'ennui et de lassitude à peine voilés. Pourtant, si la mélancolie est bien là, la jangle-pop énervée des Tubs, aux accents parfois punk, est toujours aussi savoureuses. Un disque à l’efficacité immédiate, qu'on pourrait situer quelque part au croisement des Smiths et de R.E.M.
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15. Jimi Tenor, Cold Diamond & Mink - July Blue Skies [Timmion Records]

Album qui porte bien son nom (il sied très bien à de longues et douces soirées estivales), 'July Blue Skies' est un disque superbe de la part de Jimi Tenor et de ses compatriotes Cold Diamond & Mink. Une soul soul cosmique et synthétique, de jazz dub, de funk céleste, de flûte légère comme une plume et de groove tout en rondeur, le tout aux contours seventies.
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14. Persica 3 - Beauty in the Noise [Hidden Bay Records]

Mélodies chiadées et psychédélisme lumineux sur fond de production lo-fi, tout est absolument délicieux dans ce deuxième album du parisien Arthur Dubois, qui se produit sous le moniker Persica 3. Sorte de rencontre entre le génie de Brian Wilson (ou Panda Bear, choisissez votre camp), le doigté pop des Fab Four et les girls-group des années 60, avec un travail remarquable fait sur les voix et les chœurs, ce disque est du genre grand.
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13. Model/Actriz - Pirouette [Dirty Hit / True Panther Records]

Sorte de rejeton de toute la scène vibrante et effervescente anglaise actuelle, Model/Actriz est en réalité américain. Et 'Pirouette', leur deuxième album, est tout à fait remarquable, sorte de rock-industriel plein d'electro/dance-(post)punk, mais pas avare d'une bonne dose de pop qui permet aux chansons de faire mouche.
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12. McKinley Dixon - Magic, Alive! [City Slang]

Moins jazz-rap qu’on pourrait nous le faire croire, ce disque produit à la perfection (tout est à sa place et a de la place pour s’exprimer) est une réussite de chaque instant, où se mêlent le flow très sûr de McKinley Dixon et les orchestrations ultra-chiadées pleines de cordes, de cuivres etc, jouées par des musiciens et non par des machines. Un disque génial, dont le sujet ne l’est pourtant pas, et une des révélations de mon année (il était temps)
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11. clipping. - Dead Channel Sky Plus [Sub Pop]

Disque massif, foisonnant d'idées, pas évident de prime abord (comme toujours avec eux), mais qui petit à petit s’immisce dans votre esprit pour se révéler un peu plus passionnant à chaque écoute, le nouvel album des californiens de clipping. est une nouvelle grande réussite. Un disque hip-hop expérimental et indus quand il n'est pas abstract ou hardcore, où breakbeat, beat electro et acid-house sont légions mais où la destructuration est maîtresse de l'ensemble. Un disque dont on préfèrera d'ailleurs cette version, l'augmentée 'Dead Channel Sky Plus', qui ajoute quatre morceaux directement dans le tracklisting original. Et pour le meilleur.
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10. Freshberry - Diamond Files [Si Moiré Disques / Indie or Die Records / Hidden Bay Records]

Premier album absolument épatant de la part de ce duo parisiano-sudcoréen (lui de Paris, elle de Corée du Sud), entre krautrock, post-punk, synth-pop, ambiances hantées et sacrées chansons. La France prouve (une nouvelle fois) qu'elle est capable de sortir des albums inspirés, qui s'inventent tout du long, se réinventent même parfois, imposent un son, un style et proposent des compositions d'une qualité folle. Et qui en remontrent à leurs cousins anglo-saxons.
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09. Lùlù - Lùlù [Howlin Banana / Dangerhouse Skylab / Taken by Suprise]

Deux AVIONS, deux Irnini Mons et un Flathead / Pogy Et Les Kéfars aux commandes d'un des immenses coups de cœur de l'année. Leur credo ? Une power-pop à la française terriblement efficace, qui transpire d'insouciance, de fun et de sincérité. Un disque qui a l'urgence chevillée au corps, le cool en bandoulière, qui file à toute vitesse le long de riffs de guitares déchainées et de mélodies accrocheuses, où les tubes se ramassent à la pelle.
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08. Will Johnson - Diamond City [Keeled Scales]

Country/folk parfois contemplative, blues électrique ténébreux, mélodies enchantantes, fussent-elles déprimées, qui ne cessent se développer et de prendre de l'ampleur, ombre de Jason Molina et de ses Songs: Ohia qui plane tout du long : 'Diamond City' est un disque pas loin d'être merveilleux de la part de l'américain Will Johnson.
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07. Fortitude Valley - Part Of The Problem, Baby [Specialist Subject Records]

Entre inspirations 90s mais auxquelles ils apportent leur touche, power-rock et indie-pop à guitares - avec un zeste de jangle-pop, ce deuxième album des anglo-australiens Fortitude Valley est un disque remarquable, plein d'urgence autant que d'élégance pop où les tubes sont nombreux. Très conseillé, notamment à tous les déçus des derniers The Beths.
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06. Willow Avalon - Southern Belle Raisin' Hell [Assemble Sound / Atlantic]
Fille de Jim White, à la jeunesse compliquée, Willow Avalon surprend et séduit son monde avec son premier album. Un disque de country, souvent pop, parfois folk, aux relents rock et mélancoliques, qui ne manque ni de grandes mélodies ni de textes malins, où l'américaine parle d'amour, de ruptures et d'abandon, d'alcool, de conneries de jeunesse, et chante d'une voix belle, lumineuse et un rien kinky. Future star in the making.
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05. James Felice - The Little Ones [Million Stars]

Enregistré presque en secret lors de chaudes nuit de l'été 2024, 'The Little Ones' est un album intime de la part d'un des deux frères Felice. Un disque construit autour d'un piano délicat qui, sous ses airs jazzy et quelques atours soul, se retrouve à la croisée des chemins de Leonard Cohen, Randy Newman, David Gray, Fiona Apple, Tom Waits et Bob Dylan. Un premier album solo saisissant, touchant, désenchanté et d'une beauté rare. Rien de moins qu'un petit chef d’œuvre noir dont l'immensité prend encore plus de sens la nuit.
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04. Billy Woods - Golliwog [Backwoodz Studioz]

En 2023, pour évoquer de 'Maps' qu’il avait sorti avec Kenny Segal, j’avais écrit « j'ai comme dans l'idée que Billy Woods va devenir un habitué de mes bilans de fin d'année ». Et si l’an passé il n’en a rien été (forcément, il n’a rien publié), revoilà Billy Woods. Avec peut-être son meilleur album solo à ce jour, 'Golliwog' - ou en tout cas au coude à coude avec 'Aethiopes'. Un album aussi sombre qu’ambitieux, politique aussi, à l’ambiance pesante, poisseuse, hantée et dérangeante, où les invités de renoms se succèdent tour à tour auprès d’un des (si ce n’est le) meilleurs rappeurs actuels - comprendre « depuis dix ans ».
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03. Marble Sounds - Core Memory [Mayway Records]

Extrêmement bien construit, sombre autant que lumineux, pas avare de grands moments, rappelant plus souvent qu'à son tour les Postal Service autant que Wolf Parade de 'Cry Cry Cry', 'Core Memory' de Marble Sounds fait partie de ces disques immédiats et parfaits, qui placent les mélodies et la mélancolie au-dessus de tout et s'y tiennent. Un coup de cœur immense, à la très belle pochette, et assurément un des très grands albums de 2025.
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02. The Telephone Numbers - Scarecrow II [Slumberland Records]

Deuxième album des californiens de Telephone Numbers, qui recèle de merveilles, qui n'ont de cesse de se réinventer, comme si elles ne voulaient jamais tomber dans la redite ou l'ennui. Un disque porté par des chansons cinq étoiles comme Pulling Punchlines ou Be Right Down, à la beauté et l'efficacité folle. Je sais qu'on utilise ce mot à tort et à travers - moi le premier - mais 'Scarecrow II' est un vrai chef d’œuvre. De pop. D'indie-pop. De jangle-pop. De power-pop. De The Telephone Numbers. De musique en général. Et de 2025 en particulier.
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01. Richard Sallis - Felix [-]


Le premier coup de cœur de l'année aura donc été le plus fort de 2025. 'Felix', c'est un voyage musical dans la parentalité de l'australien Richard Sallis, qui s'ouvre par le désespoir et se termine par la lumière. Un album ambitieux et qui se donne les moyens de son ambitions, entre grandes et belles orchestrations, des chœurs renversants, une production d'une justesse folle, et une musicalité qui semble traverser toute les strates de la pop comme du rock. Il y a ici autant de Get Well Soon que de Okkervil River, de Black Heart Procession que de Team Me, de The National que du Arcade Fire des débuts ou de Fanfarlo, avec même un rien de Sufjan Stevens. Oui, 'Felix' de Richard Sallis, c'est un peu tout cela à la fois, une sorte de synthèse d'une certaine pop de ce nouveau siècle, qui emporte tout - et avec talent - sur son passage. Un album sublime, souvent bouleversant, habité même. Et celui qui m'a le plus touché en 2025.
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Bilan 2025 :
Top « Albums » (40-21)
Top « 50 chansons »
Top « 7", Ep, Compilation, Réédition et Albums oubliés »


Vous trouverez ci-dessous un lecteur Spotify pour écouter une chanson des vingt albums évoqués ci-dessus. Toute cette sélection est également disponible dans des playlists dédiées sur Deezer et Tidal.
 

 

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