Affichage des articles triés par date pour la requête Stones Throw. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête Stones Throw. Trier par pertinence Afficher tous les articles

jeudi 30 juillet 2026

[Track of The Day] Josh da Costa - Shireen

Pendant très longtemps, un label de musique avait une couleur musicale qui lui était propre. Certes, il lui arrivait épisodiquement d'en dépasser les frontières (difficile de passer à côté d'un artiste marquant) mais fondamentalement, chacun restait dans sa sphère. Ce temps là, je ne vous apprends rien, est désormais révolu - et depuis quelques années déjà. Aujourd'hui, les maisons de disque ne s'embarrassent plus d'étiquettes et vont là où leurs coups de cœur leur disent d'aller.

Dernier exemple en date, Stones Throw Records. Ce n'est pas la première fois que le label de Peanut Butter Wolf, de Madlib, Aloe Blacc et autres de J Dilla quitte les sentiers hip-hop qui l'ont façonné. Vendredi dernier, la maison de disque angelinos a publié le premier album d'un certain Josh da Costa, californien lui aussi. Le  disque s'appelle 'New Wave Graveyard' et navigue entre synth-pop, jangle-pop, post-punk et pointe de shoegaze, le tout avec une patine totalement eighties. Bref, loin de 'Madvillain' ou 'Champion Sound' et plus proche en vérité d'un Benny Sings.

Et ce n'est pas un mal. Car 'New Wave Graveyard' est une grande réussite, sorte de capsule synthétique tout à fait réjouissante dans laquelle les réussites ne manquent pas (Skygirl, Slip By, 96 Year Old Girl). Mais comme il faut bien choisir (après tout, il s'agit de la rubrique "Track of The Day"), partons aujourd'hui sur Shireen, une chanson d'amour qui raconte, comme l'explique Josh da Costa lui-même, « le sentiment de soulagement qui vous envahit après avoir failli rompre avec quelqu'un », sur fond de jangle-pop un peu mutante, aux guitares comme saoules. Un énorme coup de cœur de cet été 2026 et, surtout, un très grand morceau de pop.

Album : New Wave Graveyard
Année : 2026
Label : Stones Throw Records

Acheter

En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Shireen de Josh da Costa est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'New Wave Graveyard' de Josh da Costa, voilà 96 Year Old Girl :

Le clip de Shireen, dernier single extrait de 'New Wave Graveyard' de Josh da Costa :

mardi 26 mars 2024

[Track of The Day] Sofie Royer & Alexander Dexter Jones - Paris is burning

A ma première écoute par hasard de Paris is burning, je n'aurais pas parié un centime que cette chanson de l'irano-autrichienne Sofie Royer et de l'américain Alexander Dexter Jones (dont j'apprends qu'il est le demi-frère de Mark Ronson) venait de sortir chez Stones Throw. Qu'elle annonçait un nouvel album à venir dans les prochains. Et que ce serait même le troisième pour le label de Peanut Butter Wolf et d'Egon - elle qui fut pendant un temps une de leurs stagiaires. Pourtant, c'est bien le cas.

Certes, Stones Throw, bien que centré autour du hip-hop, n'a jamais été un label sectaire et a toujours su ouvrir ses horizons (et, si on peut le regretter, encore plus depuis quelques années où la maison de disque californienne a publié des groupes aussi divers qu'Automatic, Benny Sings ou les français de Pearl & The Oysters pour ne citer que certains que je connais). Mais cela n'en reste pas moins surprenant.

Cette surprise ne remet nullement en doute la qualité de ce duo de Sofie Royer et Alexander Dexter Jones Paris is burning. Avec pour pièce centrale des pianos ornés de guitares très nerveuses et hero qui débordent de riffs langoureux, cette belle balade pop, un rien désabusée et chantée par deux voix qui se suivent et s'évitent pour mieux se retrouver sur le refrain, vaut le détour.

Album : tba
Année : 2024
Label : Stones Throw Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Paris is burning de Sofie Royer et Alexander Dexter Jones est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Paris is burning de Sofie Royer et Alexander Dexter Jones, très parisien évidemment :

samedi 30 décembre 2023

Bilan 2023 : « Albums » (01-20)


Après les 45-tours et tous les disques hors formats, après vingt premiers albums, passons donc aux vingt meilleurs, ceux qui auront plus que squatté mes journées, mes soirées et mes longs trajets en voiture. Mais avant de dévoiler tout cela, allons comme d'habitude voir ce que les voisins, français ou étrangers, ont pensé de cette année 2023 :
- Le top 50 des albums 2023 pour la rédaction de Stars Are Underground
- Les meilleurs albums de 2023 selon Raven Sings The Blues
- Le toujours épatant bilan d’Aquarium Drunkard
- Le Top des rédacteurs de Benzine et de ses lecteurs 
- Les 20 albums de l’année de Sonne Qui Peut
 
Vingt albums donc. La crème de la crème selon mes oreilles. Une année particulièrement faste à mon sens, avec des disques pour certains pas loin d'être prodigieux et notamment un sextet difficile à départager. Au programme donc, du drone hypnotique, du post-punk furieux, des voix merveilleuses, de la pop dépressive ou seventies, de la pop ensoleillée, de la songwriteuse divine, de l'électro-soul de très haut niveau, le retour d'un vieux de la vieille, un disque écrit avec des larmes, un autre disparu depuis 25 ans, une formidable confirmation hip-hop,  le meilleur parolier et le meilleur groupe de rock français, du jazz arabisant, la révélation de l'année, de l'anglais qui a du tube plein sa besace ou le merveilleux hommage de deux légendes à un des plus grands groupes de l'histoire. C'est à peu près tout cela qui aura fait mon année. Dont voici donc le meilleur. Ou en tout cas, mon meilleur.

Et comme le veut la tradition, au bas de ce papier se trouvent des players Spotify et Deezer proposant une chanson ou un morceau de chacun des disques présentés juste après. Bonne lecture. Et bonne écoute !





20. Kali Malone – Does Spring Hide Its Joy [Ideologic Organ]
Je n'aurais pas cru qu'un tel disque pouvait autant me charmer. Pourtant, ce 'Does Spring Hide Its Joy' (qui n'a strictement rien de printanier) et ses 3h de drone est hypnotique au possible. Kali Malone et ses deux invités (Stephen O'Malley de Sunn O))) à la guitare électrique et Lucy Railton au violoncelle) font évoluer leurs notes au travers de textures épaisses. Un disque dont l'écoute est tout à fait fascinante - et encore plus sur un bon matériel hi-fi.
Acheter


19. ANOHNI and the Johnsons – My Back Was A Bridge For You To Cross [Rough Trade Records]

Beaucoup moins soul que veulent bien le dire certains, 'My Back Was A Bridge For You To Cross' est un album splendide à bien des égards de la part d'ANOHNI and the Johnsons. Un disque d'une classe folle qu'ANOHNI porte sur ses épaules, par ses textes touchants et sa voix renversante.
Acheter 
 
 
18. Benny Sings – Young Hearts [Stones Throw Records]

Ce qui n'aurait du être qu'un coup de coeur estival comme il y en a plein s'est avéré au final être un disque refuge. 'Young Hearts' est un album de pop qui se serait accoquiné avec quelques légers beat hip-hop. Un disque fun et sans prétention, aux mélodies chatoyantes quand elles ne sont pas entraînantes.
Acheter


17. Bonnie 'Prince' Billy – Keeping Secrets Will Destroy You [Drag City / Domino Records]

'Keeping Secrets Will Destroy You' est sans doute un de ses plus beaux disques récents de Bonnie 'Prince' Billy. Un album simple, aux atours country-folk, avec sa voix et sa guitare au centre de tout, la voix de Dane Waters en soutien, quelques arrangements légers et léchés (quelques cordes par-ci, un orgue ou un cuivre par-là), qui savent toujours embellir sans jamais alourdir. Un album au dénuement partiel mais délicat, souvent touchant et qui s'ouvre par une chanson tout à fait remarquable, Like It or Not.
Acheter

 
16. Deeper – Careful! [Sub Pop Records]

Plein de guitares racées et qui claquent, de basses profondes, de synthés dansant et d'une voix aux contours eighties, cet album de Deeper navigue dans les eaux troubles d'un post-punk circa-1980 et de waves qui ne veulent pas dire leurs noms. Partant dans beaucoup de sens tout en gardant une unité impeccable, 'Careful!' est une réussite de chaque instant et un des disques du genre les plus réussis de 2023.
Acheter


15. Billy Woods & Kenny Segal – Maps [Backwoodz Studioz]

Après l'immense 'Aethiopes' l'an passé, revoilà Billy Woods flanqué cette fois de Kenny Segal à la production, pour des retrouvailles. Un disque puissant où il est question de voyages, au tempo lent et pas bégueule en ce qui concerne les invités (Quelle Chris, Aesop Rock, Danny Brown, Armand Hammer et même Sam Herring, le chanteur de Future Islands). Découvert uniquement en 2022 (alors qu'il a vingt ans de carrière derrière lui), j'ai comme dans l'idée que Billy Woods va devenir un habitué de mes bilans de fin d'année.
Acheter
 
 
14. Sufjan Stevens – Javelin [Asthmatic Kitty Records]

Trois ans après le magnifique (mais décrié) 'The Ascension', revoilà Sufjan Stevens, avec 'Javelin' sous le bras. Un disque écrit à l’encre des larmes versées à la perte de l’homme de sa vie quelques mois plus tôt. Et cela se ressent dans cette nouvelle petite merveille, perclue de chansons bouleversantes (Will Anybody Ever Love Me?, la reprise de There's a World de Neil Young), de folk lumineux et d’arrivées bruitistes, étouffantes et délirantes comme pour mieux pouvoir hurler sa douleur discrètement. Un disque qui, a l’instar de sa pochette, est une sorte de condensé de 'All Delighted People Ep' et de quelques bribes de 'The Age of Adz'.
Acheter

 
13. Protomartyr – Formal Growth In The Desert [Domino Records]

'Formal Growth In The Desert' est le sixième album du quatuor de Détroit et sans doute pas le moins réussi. Un disque sombre , aux guitares profondes, aux gimmicks pop et mélancoliques et au post-punk qui préfère plus souvent le tempo lent et la langueur à une furie plus anecdotique. Un album qui prend une encore plus grande ampleur sur scène.
Acheter
 
 
12. The Lemon Twigs – Everything Harmony [Captured Tracks]

Après des années à faire dans la surenchère et à écrire des chansons à l’intérieur de chansons à l’intérieur de chansons, 'Everything Harmony' voit les Lemon Twigs réduire la voilure, faire plus simple, plus sobre, sans pour autant oublier d’où ils viennent. Et le résultat est plutôt saisissant, tant cet album est beau, touchant, bien orchestré et surtout très juste, ne partant jamais dans des excès qui auraient pu gâcher bon nombre de compositions. Sans doute leur meilleur album.
Acheter


11. Fenne Lily – Big Picture [Dead Oceans]

Originaire de Bristol, Fenne Lily a commencé à écrire cet album (son troisième) au moment de sa rencontre avec son petit ami et a en fini l'écriture lors de leur séparation. Il y a un peu tout cela dans ce disque où la jeune femme déroule sa pop teintée de folk, à la vibe qui rappelle Laura Veirs, dans une ambiance duveteuse et d'une voix douce qui ne s'égare jamais dans des éclats superflus.
Acheter


10. Stéphane Milochevitch – La Bonne Aventure [Talitres]

Après trois albums (dont les deux derniers, 'Le Tunnel Végétal' et 'Au Paradis', sont révérés dans ces pages) sous le nom de Thousand, Stéphane Milochevitch a pris cette année son envol sous son propre nom. Mais rassurez-vous, le changement n'est qu'administratif tant les qualités de compositeur et de parolier de notre homme n'ont pas bougé. 'La Bonne Aventure' est un disque merveilleux de pop à la française, où se côtoient mélodies accrocheuses et arrangements fins et léchés (à l'exception de la chanson d'ouverture Le clou dans le bois de la croix, sublime en tous points), sur lesquels vient se poser cette voix presque éraillée et éteinte, qui parle plus qu'elle ne chante des textes toujours riches et lettrés, d'où émane une belle poésie.
Acheter


09. Soft Water – Middle Ground [-]

A l'image de sa pochette aux tournesols brûlés, 'Middle Ground' n'est pas un album qui respire la joie, le bonheur et la félicité ; à l'image de ses deux compositeurs, Family Video et Fog Lake, pas connus pour être les plus rigolos de la bande. Mais leur indie-pop élégiaque et dépressive, lorgnant parfois vers le slowcore, est touchante car elle raconte des histoires que nous tous avons vécues, celles pleines d'amours perdues et de solitude infinie.
Acheter


08. Buck 65, doseone, Jel – North American Adonis [A Purple 100 / Handsmade Records]

Vu son histoire folle (album enregistré en 1998 et perdu suite à un crash), voir débarquer 'North American Adonis' dans les bacs vingt-cinq ans plus tard est en soi un petit miracle. Réenregistré en se basant sur le peu qu'il restait des sessions originelles, ce disque est immense autant que captivant. Et s'il n'est pas passéiste pour un sou, il est comme une capsule temporelle qui nous ramène au tournant des années 2000, au meilleur d'Anticon, quand ce label était une référence et que ses membres étaient les meilleurs agents hip-hop de l'époque.
Acheter


07. Pynch – Howling At A Concrete Moon [Chillburn Recordings]

Enfants de toute une scène rock anglaise des années 2000, les Pynch ne sont pour autant pas des rejetons qui font dans la redite fadasse et réchauffée. Leur premier album 'Howling At A Concrete Moon' est un disque très attachant et sacrément emballant, porté qu'il est par des mélodies qui font mouche, des tubes un peu de partout, des riffs longs en bouche mais classieux, et des textes plein de spleen et de nostalgie autant que de sarcasme ou de cynisme.
Acheter


06. Special Friend – Wait Until the Flames Come Rushing In [Hidden Bay Records / Howlin Banana Records / Skep Wax]

Minimal sans l’être, moins bruitiste que son prédécesseur tout en étant plus affirmé et ambitieux, ce deuxième album de Special Friend est un disque plein de certitudes, où les mélodies rock langoureuses et mélancoliques, le noise-pop et ce parfum de slowcore qui flotte un peu partout se tiennent dans un équilibre tout sauf instable tant on sent une vraie certitude émaner des chansons du duo. Formidable album.
Acheter


05. Le Cri du Caire – Le Cri du Caire [Les Disques du Festival Permanent / Airfono / L'Onde & Cybèle / Big Wax Distribution]

Porté par la voix de Abdullah Miniawy, le violoncelle de Karsten Hochapfel, le saxo ténor de Peter Corser et la trompette d'Erik Truffaz, 'Le Cri du Caire' est le genre du disque où les univers se confondent, où l'alchimie est évidente, où la symbiose est totale entre ces six mains et cette voix, et surtout où la beauté l'emporte toujours, même quand elle n'est pas bouleversante.
Acheter


04. Bar Italia – Tracy Denim [Matador Records]

Moins post-punk qu'indie-rock, aux lignes de guitares absolument superbes - sans doute les plus belles entendues cette année - et qui trouvent en la basse et la batterie (pas là pour jouer les faire valoir et à la vraie plus-value) de bien adéquats compagnons de jeu, rappelant plus souvent qu'à son tour le Blonde Redhead des débuts voire un Sonic Youth apaisé, 'Tracey Denim' est un disque époustouflant et qui fait déjà figure d'instant classic (avec en bonus une pochette qui va bien à ce qualificatif). Sans conteste la révélation rock de 2023.
Acheter


03. Pascal Comelade / Ramon Prats / Lee Ranaldo – Velvet Serenade [Staubgold / Cougouyou Music]
 
'Velvet Serenade' n'est rien d'autre qu'un des plus grands disques hommage à l’œuvre du Velvet Underground jamais sortis. Mais attention : il n'est pas ici de reprises banales ou « à la manière de ». Non. En 35 minutes, le trio Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo réinvente les chansons du Velvet, les fait passer par d'autres états et montre à quel point elles sont intemporelles et d'immenses compositions. Avec une pochette splendide, 'Velvet Serenade' est un album immense, merveilleux, qui déborde d'idées et de beauté.
Acheter


02. Róisín Murphy – Hit Parade [Ninja Tune]

Il faut peu d'écoutes pour se rendre compte à quel point 'Hit Parade' est un disque absolument époustouflant, symbiose si parfaite entre Róisín Murphy et DJ Koze que leurs deux noms auraient mérité de figurer à son fronton ; elle chantant divinement bien, jouant avec les productions de son acolyte, tantôt taquine, tantôt profonde. Soulful et funk à souhait, house ou simplement électro, cet album plein de tubes potentiels est sans doute l'album que j'ai le plus écouté de l'année.
Acheter

01. Juni Habel – Carvings [Basin Rock]


Avec cette voix doublée, ces chœurs feutrés, ces petits bruissements d'instruments ou de plancher en fond, il y a tout au long de 'Carvings' cette sensation que des fantômes bienveillants volettent de partout, lui apportant une aura presque mystique. Enregistré dans la maison familiale, accompagnée de son mari, de son frère et de son oncle et où il est souvent question de la jeune sœur de la norvégienne, disparue tragiquement dans un accident de la route, ce magnifique album folk de Juni Habel transpire de sincérité.

Évoquant Nick Drake et surtout Vashti Bunyan, 'Carvings' est un petit miracle poétique, mélancolique autant que lumineux, où les accompagnements léchés mais discrets ne tirent jamais la couverture à eux, préférant être au service de la mélodie et des textes de Juni Habel. Un disque apaisé, à l'image de sa pochette, aux chansons d'une beauté rare, qui aura accompagné beaucoup de mes fins de soirée.
Surtout, mon tout premier coup de coeur de 2023. En mars dernier je finissais d'ailleurs ma chronique de l'album par ces mots : « Je ne sais pas ce que nous réserve cette année 2023, mais il va falloir faire très fort pour supplanter la majesté de cet album ». Personne n'a été aussi fort justement. 'Carvings' ne m'a pas quitté de toute l'année. Un chef d'oeuvre. Un grand.


Comme à chaque fois, ci-dessous deux lecteurs (Spotify ou Deezer, choisissez votre camp) présentant une chanson de chacun des vingt disques ci-dessus. Dans l'ordre croissant. Bonne écoute !

lundi 21 août 2023

[Track of The Day] Benny Sings - Pyjamas (feat. Remi Wolf)

Il y a trois chansons marquantes sur le nouvel album de Benny Sings, artiste néerlandais de son état dont j'avais évoqué l'anecdotique 'City Pop' en 2019 (avec quelques jolis moments néanmoins, soyons honnêtes)  : The Only One, petit tube sautillant d'électro-pop, la courte et sublime balade Love Will Find a Way qu'on jurerait avoir été composée par Daniel Johnston, et Pyjamas, chanson solaire et légère que Benny Sings chante avec l'américaine Remi Wolf.

Difficile de trancher tant ces trois chansons ont toutes un charme différent. Mais à l'orée d'une semaine écrasante de chaleur entre Rhône et Saône et qui promet d'être encore plus insupportable que les cinq derniers jours, partons donc sur Pyjamas pour rafraîchir nos oreilles. Quand bien même on dort à poil depuis un bail.

Album : Young Hearts
Année : 2023
Label : Stones Throw Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Pyjamas de Benny Sings et Remi Wolf est également en écoute ci-dessous :

Magnifique chanson de 'Young Hearts' de Benny Sings, voilà Love Will Find a Way :

Le clip de Pyjamas de Benny Sings et Remi Wolf :

vendredi 17 décembre 2021

[Track of The Day] Hymie's Basement - Phantom Throb

A l'époque où je stageais chez le label PIAS au catalogue alors impressionnant (Stones Throw, Warp, Lex, Domino, Rough Trade, Echo, Definitive Jux, Epitath, ce genre de choses), nous recevions régulièrement des plannings de sorties des prochains mois ou, tout au moins, des disques dans les tuyaux. Tous ne voyaient pas forcément le jour, mais ces listes étaient des moments d'excitation particuliers, autant de savoir que tel artiste ou tel groupe allait donner une suite à sa discographie que d'être dans la confidence avant tout le monde.

Inscris dans ces listings, deux disques n'ont, à ma grande déception, jamais vu le jour : le Madvillain 2 et le deuxième album de Hymie's Basement. Si le premier ne sortira certainement jamais (la mort de MF Doom l'an passé a clôt le dossier), il se pourrait que le second finisse par devenir réalité. 

2021, le retour des idoles ? Car après le retour inattendu de Thee More Shallows au printemps dernier, c'est au tour de Hymie's Basement de donner des nouvelles, 18 ans après la sortie de leur seul et unique album. Le groupe formé de Fog et Why? a publié le 3 décembre dernier, à la surprise de tous (et dans l'indifférence générale disons le clairement), un nouveau morceau intitulé Phantom Throb (en écoute ce jour). Une chanson habillée d'une pochette qui comporte des éléments de leur album éponyme (mais en couleur cette fois) mais qui ne reprend pas vraiment les choses là où Hymie's Basement les avaient laissées ; sans pour autant s'en éloigner. Ce qui est cependant certain, c'est que si leurs inspirations ont changé, la complémentarité des deux bougres est intacte et saute aux oreilles.

Alors oui, 18 ans ont passé. Oui, la clique anticon des Fog, Why?, Odd Nosdam, Dose One et de tous leurs groupes parallèles (cLOUDDEAD, Themselves, ce genre de belles choses) ne dominent plus la scène indé de l'abstract hip-hop, le pop-rap ou l'indie hip-hop (nommez le comme vous le voulez). Et il n'est pas dit que ce Phantom Throb soit précurseur de quoi que ce soit, et encore moins d'un nouvel album - le duo n'ayant jusque là rien annoncé de tel. Mais 'Hymie's Basement' faisant partie de ces albums d'une vie, sur lesquels les années n'ont aucune prise, je ne vais pas bouder une seconde mon plaisir et ma joie de voir ce groupe relancer une machine que je croyais à l'arrêt pour toujours. Et je vais espérer très fort que ce Phantom Throb ne soit pas qu'un one-shot.

Album : -
Année : 2021
Label : -

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Phantom Throb d'Hymie's Basement est également en écoute ci-dessous :

Pour se faire plaisir (ou, sait-on jamais pour faire découvrir le Hymie's Basement de 2003 à ceux qui ne connaitraient pas), écoutons donc 21st Century Pop Song, accessoirement une des meilleures chansons des années 2000 :

vendredi 1 janvier 2021

Bilan 2020 : Top 50 « Chansons »


Jusqu'au bout cette année aura été pitoyable et impitoyable. J'étais en train de mettre en page ce billet de blog quand la nouvelle de la disparition de MF DOOM est tombée. Le choc. Sans doute l'artiste avec Madlib qui m'aura poussé à plonger la tête la première dans ce genre musical que je connaissais à peine, à explorer les catalogues des Def Jux, Lex Records, Anticon et de bien d'autres et de développer un amour immodéré pour la bande à Stones Throw. Quelle tristesse. Et quelle légende putain.

Mais pour revenir à des choses plus terre et avant de dérouler les 50 chansons qui auront animé mon année, voilà quelques liens pour aller découvrir d'autres sélections :
- Le bilan de l'année de Mathieu Gandin chez Random Songs, avec son petit mix qui va bien
- Le top 100 « songs » de Sean de Said The Gramophone
- La playlist de l'équipe de Pop News
- Le traditionnel Rewind de Starsky, en deux faces, la A et la B
- Les chansons de l'année chez Five Minutes

Cinquante morceaux donc. Cinquante chansons qui auront fait mon année 2020. Une année placée, plus que toute autre, sous le signe de la guitare. Il y en a à foison, même si pas que évidemment. Beaucoup de français aussi, de la pop habillée comme jamais, des hymnes à fredonner et des paroles à chanter à tue-tête. Et alors que mes yeux sont encore humides de la nouvelle, je ne peux m'empêcher de me dire que Daniel Dumile a pris les paroles de Thousand pour argent comptant : « Tu conduisais, moi j’apprenais à fumer. J’te jure on fum’ra après la mort tu disais ». Espérons ce soit le cas. ALL CAPS. RIP. Et merci pour tout.

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


50. The Little Hands of Asphalt - No Reception
49. Girl in Red - Midnight Love
48. Cold Beat - Pearls
47. STRKFR - Budapest (feat. Shy Boys)
46. Camille Bénâtre - Vieux Loup

45.
Fiona Apple - Cosmonauts
44. Floating Room - Held Open Door
43. Double Françoise - Tu N’es Pas Toi (feat. Benjamin Schoos)
42. Courtney Marie Andrews - If I Told
41. Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always (The Jesus and Mary Chain cover)

40. FEWS - Heaven
39. Sløtface - Telepathetic
38. Arab Strap - The Turning of Our Bones
37. Bicep - Atlas
36. The Luxembourg Signal - The Morning After

35. Surfer Blood - Karen
34. Be Afraid - Crawling Now
33. The Dears - I Know What You’re Thinking And It’s Awful
32. The Strokes - The Adults Are Talking
31. Violent Soho - Slow Down Sonic

30. Caleb Landry Jones - I Dig Your Dog
29. The Hop - La Prochaine Fois (feat. Jok’Air & Jazzy Bazz)
28. Chronophage - Siren Faraway
27. Car Seat Headrest - Deadlines (Hostile)
26. Brooke Bentham - All My Friends Are Drunk

25. Michael Stipe & Big Red Machine - No Time For Love Like Now
24. Smokescreens - I Love Only You
23. Ethan P. Flynn - Are You Doing This to Hurt Me
22. Sondre Lerche - Why Would I Let You Go
21. The Avalanches - Running Red Lights (feat. Pink Siifu & Rivers Cuomo)

20. Porridge Radio - Long
19. Bambara - Serafina
18. Mint Field - Contingencia
17. Sufjan Stevens - My Rajneesh
16. King Creosote - Susie Mullen

15. The Districts - 4th of July
14. Will Butler - Surrender
13. Tugboat Captain - Day to Day
12. Les Marquises - Head As A Scree
11. Nada Surf - So Much Love

10. Police Control - Noyé
09. Arandel - Bluette (feat. Barbara Carlotti)
08. Benjamin Biolay - Comme Une Voiture Volée
07. Sports Team - Here’s The Thing
06. Hotel Lux - Ballad of You & I

05. Bad Moves - Party With The Kids Who Wanna Party With You
04. Sweeping Promises - Cross Me Out
03. Gorillaz - Désolé (feat. Fatoumata Diawara)
02. Thousand - Jeune Femme à l’Ibis
01. Rolling Blackouts Coastal Fever - Cars In Space

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

Et parce qu'il vaut mieux écouter que lire une liste, toutes les chansons de ce top sont disponibles en écoute dans les players Spotify et Deezer ci-dessous, et également YouTube en cliquant ici. Bonne(s) écoute(s) !


mercredi 27 mars 2019

[Track of The Day] Benny Sings - So Far So Good

Avec sa pochette sobre qu'on aurait plus vu habiller un album inspiré par les années 30, 'City Pop' du néerlandais (et chevelu) Benny Sings ne ment pas sur la marchandise : l'ensemble est assez minimal.

Premier album pour Stones Throw, il fait dans le funk « froid » et les beats métronomiques. Après quelques écoutes, difficile d'imaginer qu'on se souviendra de cet album dans un an, un mois ou même une semaine. Pour autant, il serait dommage de passer à côté de So Far So Good (en écoute aujourd'hui) et Not Enough, premier single de 'City Pop' ; les deux chansons un tant soit peu ambitieuses du disque, où Benny Sings se révèle attachant.

Album : City Pop
Année : 2019
Label : Stones Throw


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), So Far So Good de Benny Sings est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de 'City Pop' de Benny Sings, voilà Not Enough via son clip :



mardi 11 avril 2017

[Track of The Day] Cohenbeats - Nuwav

Nouveau venu dans l’écurie Stones Throw, voilà Michael Cohen , dit Cohenbeats. Un producteur israélien, originaire de Tel Aviv, dont ‘Daily Affirmations’ est le deuxième album. Un disque de 22 titres mais pour « seulement » 37 mns et qui a plus les allures d’une mixtape que d’un véritable album.

Pour autant, l’ensemble déroule avec une grande facilité ses instrumentaux et ses samples entre hip-hop classique, musique sud-américaine et ambiance jazzy, où quelques rares invités viennent poser leurs voix (pour tous les citer : Quelle Chris, Olivier the 2nd, Jeremiah Jae, Denmark Vessey et Nanna. B) et beats légers. 
Et à l'écoute on comprend pourquoi ce 'Daily Affirmations' de Cohenbeats est signé sur Stones Throw, fameux label chez lequel je n'avais pas posé - et c'est un tort - mes oreilles depuis bien trop longtemps, tant les ombres de Madlib et J. Dilla ne sont jamais bien loin.

Album : Daily Affirmations
Année : 2017
Label : Stones Throw

Acheter


En plus des lecteurs Spotify et Deezer sur la gauche, Nuwav de Cohenbeats est en écoute ci-dessous :



Deux autres titres épatant de ce 'Daily Affirmations' de Cohenbeats : le morceau du même nom (avec Quelle Chris) et Liga :



mercredi 8 octobre 2014

[Track of The Day] NehruvianDoom - Great Things

Depuis combien de temps n'avais-je pas écouté un album sorti des usines de Lex Records ? Je ne me souviens même plus. Pourtant, Lex était un des labels de hip-hop les plus enthousiasmants qui soit à sa création, tout accroché qu'il était (au départ) à Warp Records.
Des albums remarquables (le 'Hope' des Non Prophets, le 'Sleep No More' de Dj Signify), essentiels (le 'Ghetto Pop Life' de Danger Mouse and Gemini, le Hymie's Basement) en passant par quelques singles épatant (ne serait ce que le New New York de Tes). Et puis... plus rien. Pour ainsi dire que je ne sais même plus pourquoi j'ai arrêté de les suivre (peut-être pour la même raison que j'ai considérablement réduit mes découvertes hip-hop) alors que j'ai gardé mon amour pour Stones Throw.

Bref, tout cela pour dire qu'en plus d'avoir lâché Lex Records, j'ai également un peu délaissé MF Doom, devenu avec le temps peu emballant dans des collaborations pas forcément dingues. Mais je continue à avoir toujours de l'affection pour ce gars, parce qu'il a du talent, parce que ses premiers albums sont toujours aussi formidables. Et parce que je ne désespère pas un jour de voir enfin paraitre un Madvillain II (à ce propos, il faut lire absolument l'excellent reportage de pitchfork sur l'album qui vient de fêter ses 10 ans "Searching for Tomorrow: The Story of Madlib and DOOM's Madvillainy").

D'ailleurs, celui-ci pourrait (notez le conditionnel) ne plus être très loin. La preuve avec son nouveau projet qu'il vient de sortir avec un jeune rappeur pas encore majeur, Bishop Nehru, sous le nom de NehruvianDoom (un grand classique chez lui : DOOMStarks, DangerDOOM, JJ DOOM, MaDOOM, et j'en oublie sûrement).

Pourquoi donc un peu d'espoir ? Parce que Madlib est impliqué sur au moins un morceau de cet album, même si l'ensemble est produit par MF Doom lui-même. Mieux, on parle d'une production de Madvillain. C'est peu mais déjà ça.

Quant à l'album 'NehruvianDoom' (à la pochette plus gentillette que ce à quoi nous a habitué MF Doom), il est très court (31 mns, 9 morceaux dont 1 intro), où Doom enchaîne les productions comme à la belle époque des 'Special Herbs' (d'aucuns parleront de sonorités resucées), avec des sons soignés (très jazzy et soul) et des samples de voix d'un autre âge qu'il a toujours affectionnés. C'est Bishop Nehru qui tient le micro quasiment tout du long et il est d'ailleurs plutôt convaincant avec une voix loin de celle d'un adolescent et un flow sûr de lui. Mais les meilleurs passages restent tout de même quand les deux rappent ensemble.

Aucune chance que ce disque vienne titiller la Sainte Trinité - solo - de MF Doom ('Operation: Doomsday', 'Vaudeville Villain' et 'Take Me to Your Leader') mais si l'ensemble est un peu trop bavard (les samples évoqués sont presque le troisième emcee de l'album) pour un disque de cette durée là, le tout tient la route, est plus que plaisant et s'avère finalement de meilleure facture à chaque nouvelle écoute grâce notamment à une très belle partie finale (dont ce Great Things en écoute aujourd'hui).

Album : NehruvianDOOM
Année : 2014
Label : Lex Records

Acheter



En plus de Great Things, trois autres morceaux en écoute. Attention, ces trois morceaux sont amputés des parties samples de la fin, d'où une durée bien moindre que sur l'album 'NehruvianDOOM'.

Commençons par Caskets où MF Doom contrôle la situation avant que Bishop Nehru finisse le travail sur une production dans une grande tradition Doom-ienne :




Puis Disastrous, produit par Madlib et fignolé par MF Doom :



Pour finir, OM où les voix se répondent plus qu'ailleurs sur l'album :