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jeudi 30 décembre 2021

Bilan 2021 : « Albums » (20-01)


Après vingt premiers albums, et avant le top 50 des meilleurs chansons de l’année, comme le veut la tradition le premier jour de l’année, finissons donc d’établir la liste de quarante albums qui auront animé mon année avec, comme disent les anglais, la crème de la crème, en tout cas selon mes oreilles.

Mais avant ça, allons faire un tour du voisinage :
- Pop News a demandé à quelques artistes de marque (Julien Ribot, Pascal Bouaziz, Olivier Rocabois, Maxwell Farrington & Le SuperHomard, Raoul Vignal et d’autres) de venir faire un bilan de l’année écoulée
- Les 100 albums de l'année des indispensables The Quietus
- "The Year's Essential Releases" de Bandcamp Daily
- Les 50 albums de 2021 pour The Revue
- Les 10 meilleurs albums de 2021 chez La Musique à Papa
 
Revenons donc à nos moutons. Vingt nouveaux albums. Et assurément les meilleurs que j'ai pu écouter tout au long de cette année très riche. Une année pleine de coups de cœur, de disques mémorables et qui vont m'accompagner longtemps. Vingt disques avec un artiste de plus en plus habitué de ces tops, de belles découvertes pop, un disque merveilleux où l'ombre d'Elliott Smith plane tout du long, du jazz qui s’acoquine à la pop, des disques enregistrés au débotté, des vieux de la vieille de retour et pas pour faire semblant, et l'album de l'année dantesque et foisonnant. Entre autres. C'est tout cela qu'il y aura eu au programme de mon année 2021.
Et pour mieux découvrir ces vingt albums, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) vous proposant un morceau de chacun des disques chroniqués. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !



20. Dummy - Mandatory Enjoyment [Trouble In Mind Records]

Premier album du quatuor californien Dummy, 'Mandatory Enjoyment' est un disque épatant, dans lequel on décèlera du Stereolab, mais pas que. Trop Trouble In Mind pour être résumé à cela, il fait aussi la part belle à la noise-pop, à l’indie-pop et au psyché, tout en laissant planer l’ombre de Broadcast. Avec toujours ces guitares qui ne semblent jamais en avoir marre.


19. Clap Your Hands Say Yeah - New Fragility [CYHSY, Inc]

Les années passent et Alec Ounsworth continue d’emballer son monde. Désormais seul à la tête du groupe dont tout le monde parlait il y a quinze ans, il aura sorti un des tous meilleurs albums de Clap Your Hands Say Yeah (si ce n’est le meilleur). 'New Fragility' est un disque ambitieux, au chant toujours aussi affecté (mais qui est une des forces et signatures du groupe) très bien arrangé, à la production parfaite, où l’émotion affleure sur chaque chanson.
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18. Torres - Thirstier [Merge]

Entre tubes pop et rock, bluette irrésistible et balade rock tuante, 'Thirstier' est le genre d’album brillant qui n’aurait pas dépareillé dans la production d’il y a 25 ans. Chansons aux élans mainstream et rock estampillé nineties, le tout saupoudré de pop, la floridienne rend une copie parfaite avec ce disque séduisant de bout en bout.


17. Danny George Wilson - Another Place [Loose Music]

Avec un timbre et un chant où l'on jurerait entendre Bob Dylan, Jonathan Donahue de Mercury Rev et surtout le regretté Vic Chesnutt, Danny George Wilson aura réussi son retour pour son deuxième album solo, le premier en seize ans. Pop où country et folk ne s'en laissent jamais compter, 'Another Place' est un vrai beau voyage où les mélodies volettent au bras tantôt de guitares électriques nerveuses, tantôt de guitares acoustiques et délicates, où violoncelle, piano et bruits en tous genres sont de la partie.


16. The Notwist - Vertigo Days [Morr Music]

Quatrième album en vingt ans (et le premier pour Morr Music), 'Vertigo Days' voit The Notwist continuer son quasi sans-faute. Un vrai beau voyage, à la diversité certaine et à l'unité impeccable, où les chansons entrelacées s'enchaînent avec une classe folle tout en oubliant ni la mélancolie, ni les mélodies accrocheuses. Un disque mis en orbite par un trio d’ouverture parfait, sans doute le meilleur de 2021.


15. Amyl and the Sniffers - Comfort To Me [Rough Trade Records]

Il y aura eu peu de disques aussi immédiats que celui d’Amyl and the Sniffers en 2021. Démarrant pied au plancher, sans jamais ralentir le tempo. A fond tout le temps, du punk dans l'esprit, du garage dans l'exécution, du gabba gabba hey aussi et surtout, des guitares qui n'aiment rien de plus que riffer dans tous les sens, descendre des manches et festoyer avec rage en déballant des tubes par poignées.


14. Middle Kids - Today We’re The Greatest [Lucky Number]

Sans doute la face-A la plus réussie de l’année. Tout dans les six premiers titres de cet album des australiens de Middle Kids confine à la perfection avec notamment, deux des chansons de mon 2021, Questions et R U 4 Me. De la pop ultra-efficace à prendre en intraveineuse, avec des cuivres à faire fondre en bandoulière et un rythme souvent échevelé.


13. Painted Shrines - Heaven and Holy [Woodsist]

Premier album de Painted Shrines (duo composé de Jeremy Earl de Woods et Glenn Donaldson de The Reds, Pinks And Purples), 'Heaven and Holy' fait dans le folk-rock pysché lové dans les bras d'une indie-pop de belle facture, où les guitares s'en donnent à cœur joie sur un tempo lent et où les élans de voix sont saisissants de beauté. Une sorte de parenthèse enchantée. Un petit délice d'indie-pop. Et un des disques les plus écoutés cette année.


12. Rien Virgule - La Consolation des Violettes [La République Des Granges / Murailles Music / Permafrost / Zamzam Records]
Ce troisième album de Rien Virgule (et le premier sur mes oreilles) est un voyage dans un monde brinquebalant, inquiétant, où ça craque, ça crispe, ça martèle et où ça part ici pour mieux finir là. Mais le (désormais) trio ne laisse jamais les mélodies en chemin ou en retrait, fussent-elles concassées. Pour ainsi dire, celles-ci sont même fascinantes de beauté.
 
11. Arab Strap - As Days Get Dark [Chemikal Underground]

Il y a des groupes qui se reforment parce qu’ils sont en manque de liquidités, et préfèrent tabler sur leur passé pour vendre de nouvelles chansons pas abouties mais qui feront mouche en usant de la carte nostalgie jusqu'à la lie. Et puis il y a Arab Strap. Malcolm Middleton avait annoncé que s’ils refaisaient un album, c’est qu’ils auraient les chansons pour. Spoiler alert : ils ont tenu parole. Préparé à être déçu de voir deux idoles se brûler les ailes dans une reformation convenue, j’en suis pour mon argent tant Arab Strap avec 'As Days Get Dark' aura publié un de ses tous meilleurs albums (ce qui n’est pas rien vu leur discographie), influencé par leurs diverses collaborations (Aidan Moffat) et expériences solos (Malcolm Middleton). Quels hommes !


10. Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall - The Marfa Tapes [Vanner Records]

Trois acteurs phares de la country music américaine actuelle se sont donnés rendez-vous dans un vieux ranch perdu dans le désert, autour d’un feu de camp ou l’arrière d’un pickup pour enregistrer un des albums les plus simples de l’année. Deux guitares, trois voix, des chansons belle à pleurer, et une ambiance incroyable qui s’en dégage. Un disque au temps suspendu et touché par la grâce.


09. Airelle Besson - Try! [Papillon Jaune]

Avec la trompette d'Airelle Besson en maîtresse du temps et du tempo, 'Try!' fait partie de ces albums dont la beauté vous explose à l'oreille instantanément. Jazz dans sa couleur et sa conception, il respire la pop par tous les pores. Un voyage gracile et élégant, aérien et sensuel, ardent et allègre. Le genre de disque qui vous fait vous demander pourquoi vous ne mettez pas plus de jazz dans votre vie.


08. Richard Dawson & Circle - Henki [Domino Records]
Richard Dawson est fan de Circle, groupe finlandais de trente ans d’âge, depuis longtemps. C’est donc sans doute un rêve d’adolescent qu’il a réalisé en publiant 'Henki' avec eux. Et quel album ! Baroque, rock et folk, métal dans l'inspiration, très habillé et porté par des choeurs et la voix qui part dans tous les sens de Richard Dawson. Un Dawson qui confirme album après album qu'il est un des artistes les plus passionnants de ces dernières années.
07. Julien Ribot - Do You Feel 9? [December Square]
Entièrement chanté en anglais, composé autour de la personnalité et de l'histoire d'un certain Neon Juju, 'Do You Feel 9?' est un disque qui va puiser son inspiration chez David Bowie, Air, MGMT ou Foxygen. De la pop orchestrale, léchée et lettrée, du glam-rock, pour un résultat ambitieux et grandiose. Un album majuscule de la part d’un compositeur génial.
 
06. James Yorkston and The Second Hand Orchestra - The Wide, Wide River [Domino Records]

'The Wide, Wide River' est un disque absolument majestueux. Du genre de ceux qui respirent le talent, évidemment, le plaisir aussi. Et surtout la liberté. Un album incroyablement généreux et vivant, genre de miracle inattendu, enregistré sans idée préconçue, live et au débotté (en trois jours, l’affaire était pliée). Et qui est plein de superbes chansons que The Second Hand Orchestra habille avec un doigté rare. Comme le dit James Yorkston : « this fast-footed, free-wheeling album ». En roue libre. Mais quelle belle roue libre.


05. Tele Novella - Merlynn Belle [Kill Rock Stars]

Vintage sans être en rien daté, pas vraiment d'aujourd'hui sans être totalement d'hier, 'Merlynn Belle' du duo Tele Novella est un des disques que j’aurais le plus écouté en 2021. Mélodies pop soignées qui se baladent au bras d’une country-folk de cent ans d’âge quand ce n’est pas à celui de Stephin Merritt des Magnetic Fields ; chant divin de Natalie Ribbons, conteuse et pleine d’harmonies dans la voix ; tout est réuni pour en faire un des disques les plus beaux de l’année. Un album hors du temps et pour autant incroyablement moderne.


04. Floating Points, Pharoah Sanders & The London Symphony Orchestra - Promises [Luaka Bop]

Avec pour canevas sept notes de piano jouées et répétées tout du long, comme un mantra, cet album et ses neuf titres n’en formant qu’un est le disque le plus cohérent de tous ceux que j’ai pu écouter cette année. L’alchimie entre le « trio » Floating Points, Pharoah Sanders et The London Symphony Orchestra est évidente et le résultat totalement envoûtant. Une petite merveille onirique et quasiment instrumentale de quarante-six minutes.


03. Sam Forrest - Aeroplane Days [Hidden Bay Records]
Une âme toute Elliott Smith-ienne se promène de par en par de ce 'Aeroplane Days' de l'anglais Sam Forrest. Un album qui aligne les chansons soyeuses, mélancoliques, élancées. En un mot comme en cent merveilleuses. Et même lorsqu'il s’échappe vers des horizons plus synthétiques, Sam Forrest séduit son monde. Sans doute un des plus beaux disques de l’année 2021 et un très grand album.
02. Little Simz - Sometimes I Might Be Introvert [Age 101]

Alors qu’il aurait du être écrasé par Introvert, sa chanson d’ouverture, 'Sometimes I Might Be Introvert' arrive à se départir de ce titre majuscule pour mieux s’en servir comme rampe de lancement. Car la suite ne va pas baisser la garde et laisser filer. Entre hip-hop, jazz, soul/neo-soul, r'n'b, pop, rap et afrobeat, le tout sous couvert d’orchestrations chiadées et ambitieuses, et d'un flow puissant, Little Simz tape fort et juste avec cet album grandiose. Pour ainsi dire, même la pochette est splendide ici. Masterpiece, ni plus ni moins.


01. Kìzis - Tidibàbide / Turn [Tin Angel Records]
 

Sans conteste possible, l’album monstre de l’année. 3h23 de musique au programme. 'Tidibàbide / Turn' s’ouvre et se referme par un chant traditionnel. Au milieu, 34 autres morceaux protéiformes qui balaient tout un pan de la musique (actuelle ou non), du folk shamanique à la pop, du trip-hop à la techno, du spoken-word au jazz, du r'n'b aux chants traditionnels (donc) en passant par l'electro-pop ou d’ambiance plus techno, que Kìzis mêle de voix célestes, de violons qui volettent comme du néo-classique, et d'arrangements soyeux - quand ils ne sont pas bricolés.
Alors oui, tenir la longueur sur 3h23 n’est pas que difficile, c’est impossible. Et il faut reconnaître que le cœur de l’album est un peu moins emballant. Pour autant, Kìzis n’en a cure, tient son cap et arrive au final à faire passer les titres plus faibles pour des respirations pour mieux continuer d’embarquer son monde.
Et de toutes façons, cela ne change rien à notre affaire. S'il n'est pas sans défauts, 'Tidibàbide / Turn' est assurément l'album le plus passionnant de l’année, lui qui arrive à ne pas s’écrouler sous le poids de son ambition démesurée. Un disque monde, rien de moins.
En savoir plus


Et comme promis, ci-dessous (ou sur les liens ci-contre), vous trouverez dans les lecteurs Spotify et Deezer une chanson de dix-neuf albums chroniqués ci-contre. Le vingtième extrait, celui de 'La Consolation des Violettes' de Rien Virgule (absent des plateformes de streaming), il est disponible via bandcamp :

lundi 1 novembre 2021

Danny George Wilson - Another Place [Loose Music]

D
ans le film de Cameron Crowe 'Jerry Maguire', alors que Tom Cruise est en train de déclarer sa flamme à la femme qu'il aime et qu'il essaie de reconquérir, Renée Zellweger le coupe, amoureuse et séduite, et à cette réplique devenue célèbre : « You had me at "Hello" ».

Hé bien pour 'Another Place', Danny George Wilson had me at "Lost Future". En quinze secondes, l'affaire était pliée, entendue. Il a suffi de quelques notes, de cette guitare qui vibre et qui a ce je ne sais quoi de Heroes de David Bowie, pour que j'embarque dans ce bien beau voyage de 40 minutes tout pile, bras dessus bras dessous avec cet anglais à la carrière longue de vingt ans avec les groupes Grand Drive, Bennett Wilson Poole et Danny & The Champions Of The World.

Pour autant, il n'est nullement question des groupes sus-mentionnés. Car 'Another Place' est un album solo de Danny George Wilson - le second de sa carrière et le premier depuis seize ans. Mais avant tout une révélation. Celle d'un sacré songwriter (le mot anglais est très approprié ici) et à la voix belle et stupéfiante. Un timbre et un chant où l'on jurerait entendre Bob Dylan (Heaven For Hiding), Jonathan Donahue de Mercury Rev (I Wanna Tell You) et surtout le regretté Vic Chesnutt - dont l'ombre plane quasiment tout du long.

Naviguant dans un univers pop où divers effets sur la voix l'empêchent d'être lisse et gentillet, où country et folk ne s'en laissent jamais compter, où les mélodies volettent au bras tantôt de guitares électriques nerveuses et de pedal steel chatoyantes, tantôt de guitares acoustiques et délicates, où violoncelle, bruits en tous genres et tout ce qui se rattache de près ou de loin à un piano (piano, piano et clavecin électrique, orgue, mellotron et autre celesta, excusez du peu) sont de la partie, 'Another Place' est un vrai beau voyage qui respire une classe toute anglaise et aux textes à la mélancolie comme sereine.

Sorti chez les toujours délicieux Loose Music - label précieux dont on oublie trop souvent (et moi le premier) de célébrer les sorties -, aidé dans son œuvre par, entre autres, l'australienne Emma Swift (avec qui Danny George Wilson reprend en duo I Would Be in Love (Anyway) de Frank Sinatra), Gerard Love de Teenage Fanclub et Jeff Tweedy de Wilco (tous deux sur We've Got a Lot to Learn), 'Another Place' est le genre de disque franchement impeccable, aux mélodies soignées, dont les écoutes confirment chaque fois un peu plus la beauté. Et qui donc s'ouvre merveilleusement bien. (Sortie : 15 octobre 2021)


Plus :
'Another Place' de Danny George Wilson est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Another Place' de Danny George Wilson est à l'achat sur sa page bandcamp
'Another Place' de Danny George Wilson est notamment en écoute sur Deezer et Spotify

Trois chansons de 'Another Place' de Danny George Wilson en écoute. A tout seigneur tout honneur, débutons par Lost Future, qui ouvre donc parfaitement l'album (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Right Place, qu'on jurerait chantée par Vic Chesnutt. Et enfin le poppy Heaven for Hiding :

Trois clips de 'Another Place' de Danny George Wilson : We've Got a Lot to Learn (la chanson où viennent dire bonjour Gerry Love et Jeff Tweedy), Heaven For Hiding et I Wanna Tell You et ses faux-airs de Mercury Rev :

 

mardi 26 mars 2019

[Track of The Day] Scott Walker - The Seventh Seal


Adulé à ses débuts avec son groupe par des années 60 en pleine explosion pop, auteur en solo d'une tétralogie de disque très habillée sur laquelle plane une voix presque de crooner, et qui lui verront donner une dimension internationale à Jacques Brel, héros de Bowie, influence majeure de beaucoup (de David Sylvian à Neil Hannon, en passant dernièrement par les Foxgyen) et artiste toujours en mouvement, faisant évoluer son art et développant des envies jusqu'au-boutistes ('The Drift' dans lequel je n'ai jamais su rentrer), Scott Walker est sans doute un des artistes les plus influents de la musique contemporaine et celui à la notoriété publique la plus faible.

Il y a presque dix ans, en quelques semaines nous perdions Vic Chesnutt et Mark Linkous. Neuf ans plus tard, après Mark Hollis il y a un mois tout juste (avec qui il partageait une certaine idée de la discrétion), c'est donc au tour de Scott Walker de disparaître. A croire que les génies s'en vont toujours par deux.



lundi 18 février 2013

MiNORS - Night Birds Lurking 7" [WMH004]


Depuis quelques mois, la couleur est annoncée : 2013 sera française ou ne sera pas. Mondrian, Aline, Baden Baden, Lescop, Fauve, Gulcher, tous ont sorti ou s'apprêtent à sortir des disques qui vont faire parler.
Un nom pourtant n'a pas encore été vraiment évoqué et pourtant, il devrait faire parler de lui. MiNORS.
MiNORS est parisien. MiNORS n'est pas seul. MiNORS est un groupe. MiNORS est même un sextet.

Leur premier album 'Ways/Times' avait eu les faveurs de la presse aussi bien papier que numérique :
"Une impressionnante impression de jubilation, d’exorcisme des chorales à tue-tête" (JD Beauvallet, Les Inrocks)
"Six parisiens sortent dans un quasi-anonymat un album de folk orchestral qui pourrait être l’un des sommets de l’année. Emballement du mois" (Tsugi)
"Fragile et beau... et surement mieux qu'Arcade Fire" (Obsküre Magazine). 

J'en passe et pas des moindres.




Leur retour est donc attendu et espéré. Avant la sortie d'un Ep dans quelques mois, MiNORS propose de découvrir deux nouvelles chansons, entre post-rock et folk-songs, entre Arcade Fire et Thee Silver Mount Zion.

Night Birds Lurking, qui donne son nom au single, est longue mélopée à tiroirs, un ravissement au départ frappant, aux chœurs emballants et à la fin légère et aux faux airs de Vic Chesnutt, époque Constellation.
La face-b In Daylight est du même acabit, mais à la légèreté plus marquée et aux accords de guitare métronomes de l'ensemble.
L'objet ? Il est magnifique, comme souvent, avec cette pochette promettant une écoute plongée dans les étoiles.

Dans la lignée de leur premier album, MiNORS remet le couvert avec sa pop-folk orchestrale de très haute volée et aux ambitions mélodiques certaines. 
Si la vie est bien faite, MiNORS en 2013 deviendra majeur.

L'ensemble du 45-tours est en écoute sur le bandcamp du label ou directement ci-dessous : 




http://withoutmyhatrecords.bandcamp.com/album/night-birds-lurking-7


lundi 11 février 2013

MiNORS - Night Birds Lurking [WMH004]



2013 a commencé depuis même pas 7 semaines que les sorties Without My Hat Records s'enchainent. Et après Pumuckl, Gulcher et Mondrian il y a moins d'un mois, voilà la 4è release du label.




Retour aux fondamentaux avec un nouveau seven-inch/45 tours consacré cette fois-ci à MiNORS. MiNORS ou une troupe pop-folk-orchestrale, aux ambitions mélodiques certaines et aux tiroirs multiples.

Véritablement encensés à l'époque de leur premier album 'Ways/Times' (en écoute et à l'achat ici), c'est un honneur de pouvoir sortir deux de leurs nouvelles compositions sur vinyle. Et croyez moi, elles valent le détour !

Celle qui donne son nom à ce seven-inch est Night Birds Lurking, pépite de 6mns aux nombreuses variations et à l'ambiance évoquant aussi bien Arcade Fire que le Vic Chesnutt, époque Constellation.

'Night Birds Lurking 7"' sera disponible dès le 18 février prochain et est déjà en pre-order. La chanson titre quant à elle est déjà en écoute sur le bandcamp ci-dessous.Allez, vous aussi, partez dans les étoiles...





vendredi 18 novembre 2011

[Track of The Day] Lambchop - If Not I'll Just Die


Vous venez de rentrer. Il est déjà 19h et la nuit est tombée depuis près de 2h. La journée a été longue. Il fait froid. Vous avez froid.



Vous allez dans la cuisine. Vous prenez un verre. Non, pas celui que vous utilisez quotidiennement. Non, le beau verre. Celui pour les belles occasions. Celui que vous n'utilisez que trop rarement.


L'autre placard. Vous prenez cette belle bouteille de whisky que vous ne sortez que pour les belles occasions elle-aussi. Débouchez la bouteille. Hummez le houblon. Prenez deux glaçons. Non pas trois, pas un. Deux. Versez vous un verre.


Tiens, à votre droite, il y a vos cigarettes. Elles n'ont pas encore ces triple anneaux supplémentaires à la con. Vous en prenez une. Vous l'allumez.

Et puis vous lancez If Not I'll Just Die, la première chanson du prochain album du Lambchop de Kurt Wagner, écrit en hommage à Vic Chesnutt. Ambiance d'un autre temps, ouatée, violons frémissants, piano discret, voix sur la corde raide.


Dehors, la foule se presse pour rentrer chez elle ou allez gouter le beaujolais nouveau qui comme chaque année doit avoir un gout de banane.

Vous? Vous êtes debout derrière votre vitre, un verre de whisky dans la main droite, une cigarette dans la main gauche, Lambchop dans les oreilles. Vous êtes en week-end. Et vous êtes bien. 

Album: Mr. M 
Année: 2012 
Label: City Slang 

If Not I'll Just Die est également en écoute dans le player soundcloud ci-dessous (et en téléchargement gratuit et légal en cliquant sur la petite flèche noire). (malheureusement plus en écoute)

dimanche 7 mars 2010

[Track of The Day] Sparklehorse - Little Fat Baby


A l'instar de Vic Chesnutt, il avait flirté avec elle. C'était il y a presque 15 ans. Il avait ingéré on ne sait combien de substances diverses et variées, pour éviter d'un rien la faux qui tournoyait autour de sa tête. Il y a quelques heures, il a décidé de l'appeler lui même, de demander pardon et de la supplier de le prendre avec lui. Et elle ne s'est pas fait prier.

Restera donc un compositeur torturé, à l'image de sa musique, passé maître dans l'art d'écrire des chansons à la beauté dépressive mais aussi capable de composer de vraies chansons rock, énervées et à l'équilibre incertain. En ce triste dimanche, il ne nous reste donc plus que nos 'Vivadixiesubmarinetransmissionplot', 'Good Morning Spider' et autres 'It's a Wonderful Life' pour pleurer Mark Linkous, homme sans âge et artiste au doigté surréaliste et ténébreux.




mardi 29 décembre 2009

Top 50 'Albums 2009': 10-01


Alors qu'on attend toujours que le Naze Journal fasse le sien, Pandaocarré et Mick ont commencé leurs tops albums pendant qu'Arbobo met la dernière touche au sien. The Civil Servant en est quand à lui déjà à la sixième partie de son Ceci n'est pas un classement des albums de 2009. Lyle et sa belle idée (sorte de tournoi pour élire la chanson de l'année) en est au stade des 1/4 de finale, *Kris sort enfin de sa réserve et De La Lune On Entend Tout la joue badge vintage. Et pendant ce temps là, Sonic Eric prouve à son fils que "oui, j'écoute pas que des artistes décédés"!

Et moi me direz-vous? Ben voilà la dernière partie. Après les Eps et autres 7", après le Top chansons, après les 40 premiers disques (ici et ), voilà donc les dix albums qui auront le plus touché mon petit coeur de jeune trentenaire durant cette année 2009. De vraies découvertes, de gros coup de cœur et le disque parfait pour entamer une nouvelle décennie, que l'on passera sans Vic Chesnutt.


En bas du papier, vous trouverez un lecteur grooveshark, comme le veut la tradition.
2009 se referme donc pour I Left Without My Hat. Passez de bonnes fins (déjà!) de fêtes, profitez-bien, portez bien vos masques de grippés A, et rendez-vous en janvier 2010.



10. Jeffrey Lewis & The Junkyard – 'Em Are I [Rough Trade]
Accompagné de The Junkyard (le groupe de son frère Jack), Jeffrey Lewis sort enfin l’album cohérent que l’on attendait depuis 'The Last Time I Did Acid I Went Insane'. S’il ne perd pas de vue l’esprit anti-folk qui est depuis le départ le sien (il est quand même une des pierres angulaires du mouvement), Jeffrey Lewis pond là un '‘Em Are I' qui sent bon le rock bruitiste et les balades country-pop. Cet album, délicieux en tous points, est peut-être d'ailleurs son meilleur.
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09. Dominique A – La Musique [Cinq7]
Dominique A est là et plus que jamais là. Nouvel album et nouvelle réussite. Son ‘La Musique’, plus intimiste et sobre que ses derniers élans, est un vrai manifeste de pop. On retrouve un Dominique A sur le fil, enchainant mélodies travaillées et rythme effréné. Surtout il compose une chanson, refusée par Bashung, peut-être la plus belle de son répertoire, Immortels. Et, en cadeau, il offre un deuxième album, 'La Matière', presque aussi bon, en bonus disque. Ce mec est grandiose.
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08. Fuck Buttons – Tarot Sport [ATP]
Si Surf Solar est indéniablement un des grands hymnes de cette année 2009 (dont il faut écouter la version longue plutôt que la trop courte version single. Voir ), il ne faut pas croire que ce n’est que l’arbre qui cache une forêt. Au contraire, après un ‘Street Horrsing’ redoutable, les Fuck Buttons changent de registre, appellent Andrew Weatherall (un des types derrière Two Lone Swordsmen) à la production, invoquent les claviers hypnotiques et rendent une copie impeccable. Mélange de M83, Animal Collective et Black Dice, ce ‘Tarot Sport’ est un incroyable album festif et exigeant.
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07. Emmy The Great – First Love [Close Harbour]
Guest-vocal du premier album de Lightspeed Champion, Emmy The Great s’est émancipée et sort un premier album doux et beau, qui décrit avec talent un quotidien pas toujours rose. Entre folk, americana et country, la grande Emmy invoque les âmes de Nina Nastasia, Kimya Dawson ou Jenny Lewis. Sacrée parolière, Emmy The Great est une songwriter qui devrait rapidement compter.
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06. Animal Collective – Merriweather Post Pavilion [Domino]
Je vais presque finir par en avoir marre de toujours mettre Animal Collective dans mes tops de fin d’année. Sauf que je ne peux pas faire autrement. La faute à une inventivité sans fin, une certaine idée de la pop et de la musique assez unique. Plus mélodique, fait de beats électro et de toujours autant de psychédélisme, ‘Merriweather Post Pavilion’ propose une nouvelle évolution dans le son du groupe. Une de plus. Avec une grande réussite. Une de plus là aussi.
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05. The Lonely Island - Incredibad [Universal Republic]
L’album le plus crétin de l’année, peut-être même de la décennie. Les tauliers du Saturday Night Live Show, mené par ce taré de Andy Samberg composent un album hip-hop dopé aux lyrics aussi drôles que bien senties. Emmenant dans leur voyage Justin Timberlake (hilarant dans Dick in a Box), Natalie Portman (immense Natalie’s Rap), Julian Casablancas (voir ) T-Pain ou Norah Jones, The Lonely Island réussissent leur pari du comedy-album malin. Hilarant, musicalement béton et complété par quelques clips déjà mythiques, cet album est tout sauf ‘Incredibad’.
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04. Dear Reader – Replace Why With Funny [City Slang]
Dear Reader ou la douceur de l’année venue d’Afrique du Sud. Une vraie révélation qui m’a explosé à la figure un soir où ils ouvraient pour Get Well Soon à la Salle du Kao de Lyon. Ce ‘Replace Why With Funny’ est un magnifique album pop, extrêmement bien arrangé, qui rappelle par moments Fiona Apple. Toutes les chansons respirent ici finesse et délicatesse. Immense coup de cœur.
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03. Mumford & Sons - Sigh No More [Gentlemen of The Road]
Attention gros morceau. Voilà l’album qui peut résumer à lui seul tout un pan de la musique des années 2000. Pop-folk dans la lignée d'Arcade Fire ou de Noah and The Whale, on sent même du Beirut par ci et même du Springsteen là. Il y a tout sur ce ‘Sigh No More’ : des hymnes héroïques et euphoriques, des passages plus touchants. Du banjo, de la mandoline, énergique, efficace, poétique et tout simplement beau, cet album est une collection de perles dont il est très dur de se défaire. Avec Dear Reader, la très grande révélation de l’année.
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02. Vic Chesnutt - At The Cut [Constellation]
Depuis qu’il s’était mis en tête de travailler avec toute la confrérie canadienne du label Constellation, Vic Chesnutt semblait avoir retrouvé une seconde jeunesse. Si ‘North Star Deserter’ était déjà un album sublime, ‘At The Cut’ est d’un autre niveau encore. Plus que jamais post-rock-folk, Vic Chesnutt est ici à son sommet. Les Guy Picciotto, Thierry Amar et autres Efrim sont plus que jamais au service d’un maître à son apogée. Poignant et désespérément beau; 'At The Cut' est une nouvelle bénédiction. Et on pourrait dire la même chose de 'Skitter On Take Off', l'autre album du bonhomme enregistré avec Jonathan Richman.
Bref, un des plus beaux compositeurs qui soit, et qui a préféré tirer sa révérence un soir de noël 2009, nous laissant là, pantois, frissonnant et pleurnichant à chaudes larmes. Heureusement, il nous reste ses 'Is the Actor Happy?', 'Drunk' ou ce 'At The Cut' dont les chansons prennent un sens bien plus terrible qu'il y a encore 1 mois.
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01. Current 93 – Aleph at Hallucinatory Mountain [Durtro Jnana]
Voilà un album terrifiant et incroyablement indispensable en cette année 2009. Current 93 compose ici la bande-son de la fin du monde, de la dévastation, de la destruction, du chaos, du néant. Dronesque, noisy, expérimental, acid-folk, avec guitares taillées en pointe et cordes brillantes mais lugubres, David Tibet et sa grande confrérie (de Rickie Lee Jones à James Blackshaw), pond là un chef d’œuvre dont on ne le pensait plus capable. Œuvre jubilatoire et exigeante, ‘Aleph at Hallucinatory Mountain’ est un bien bel album pour clore la décennie et ouvrir la suivante, sur des bases totalement nouvelles.
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Et comme à chaque fois, un lecteur Grooveshark reprenant un titre de chacun des albums présentés ci-dessus: