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mardi 15 juillet 2008

Envelopes – Here Comes The Wind [Brille]

J’ai souvent dit dans ces pages mon admiration et mon amour pour les pays Nordiques (sans préférence particulière, je suis bonne pâte). Et ce ne sont pas les Envelopes (que j’avais rapidement évoqué ici) qui vont me faire changer d’avis.

Bien au contraire. Sauf que cette fois, loin du folk-pop scintillant des Tobias Fröberg et autres Thomas Dybdahl, c’est un disque d’indie-rock dont il est question ici. Onze titres, 34 minutes, emballé, c’est pesé, et à la p’tite dame, il lui faut quoi ?

‘Here Comes The Wind’ est le second album (officiel) de ce quintette franco-suédois, formé en 2002 sous le nom de The Nicotines avant de changer deux ans plus tard de dénomination à la sortie de leur premier Ep, ‘I Don't Like It Ep’. Un disque qui sent bon le rock de la fin des 80s et du début des années 90s. Un album dont les deux influences majeures (partagées par tous les membres du combo) se nomment Talking Heads et Pixies (leur Heaven rappelle furieusement le Monkey Gone to Heaven de la bande à Franck Black, voir plus bas) et qui fait souvent au final penser à du Alamo Race Track énervé. Rien que du très recommandable donc.

Afin de prendre le contrepied de tout cela, les Envelopes rendent toutefois hommage à une des égéries des années 80s, à la choucroute sur la tête et aux chansons FM dégoulinantes, la bien nommée Bonnie Tyler. Oui oui. Dans The Party (voir plus bas), Henrik Orrling (un des deux leaders vocaux avec Audrey Pic) balance un «Once up a time I was falling in love, now I’m only falling apart», qui n’est ni plus ni moins qu’un copié-collé d’un passage de Total Eclipse From The Heart, LE tube de la blonde peroxydée à la voix bousillée par trop d’hurlements et de cigarettes. Bref, un bien beau clin d’œil qu’il est impossible d’imaginer involontaire.

Au-delà de cette jolie boutade (mais qui confère un charme particulier à ce titre), ‘Here Comes The Wind’ est un vrai disque de rock, joliment foutraque, produit « crassement » et bien construit. Et Envelopes un groupe dont on devrait rapidement entendre reparler. Très rapidement. (sortie : 18 février 2008)


Son :

Myspace (trois titres de ‘Here Comes The Wind’ en écoute)
Site Officiel

Deux titres en écoutes, le Pixies-ien Heaven et le calme Boat (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, le clip de The Party, le titre qui ouvre 'Here Comes The Wind' et qui « rend hommage » à Bonnie Tyler (malheureusement plus disponible).

mardi 23 avril 2019

Wych Elm - Rat Blanket Ep [Post Mortem Records]

Il y a quelques jours de ça, nous fêtions les 30 ans de 'Doolitle', chef d’œuvre absolu des Pixies qui ouvrait avant l'heure les années 90 et en posait les bases.

Trois décennies plus tard, difficile de ne pas voir l'ombre de la bande à Black Francis et Kim Deal flotter au-dessus de 'Rat Blanket', premier Ep de Wych Elm, groupe de Bristol. Un quatuor (3 garçons et une fille, au chant) assez peu disert à son sujet et qui renvoie à chaque fois vers les mêmes informations :  « Wych Elm, after the folktale namesake, birth a macabre string of stories with their ear shredding fragile guitar parts and rattling drums ». Tout un programme.

Ceci dit, cette courte présentation ne ment pas sur le produit. Le nom du groupe vient de l'histoire de cette femme retrouvée morte en 1943 dans le comté de Worcestershire en Angleterre, la main coupée et le corps enfoncé dans le tronc d'un orme blanc (« wych elm » en anglais donc) ; mort que certains attribuent à un rituel de sorcières. Les paroles ne font pas dans le détails elles non plus, tant il est souvent question de douleur - quand il n'est pas question de mort. Enfin, l'adresse du bandcamp du groupe comporte le nombre 666. Bref, autant le dire tout de suite, les Wych Elm ne sont pas venus pour nous conter fleurette.

Et d'un point de vue purement musical ce 'Rat Blanket Ep' ? Indie/alt rock fin 80s/début 90s au programme mais surtout Pixies donc - et Breeders, forcément - pour l'essentiel. Et dès la chanson d'ouverture, Monkey Jaw (tiens, un  « monkey » là aussi), les références sont évidentes ; que ce soit sur le rythme, la façon de construire leurs morceaux, de faire sonner leurs guitares, de faire durer leurs chansons (7 titres en 14 mns, you do the maths) ou ses nombreuses allusions à la religion, tel Black Francis sur 'Doolittle'.

Composé de sept chansons (quatre singles déjà publiés, tous ré-enregistrés, et trois nouveautés, laissant juste de côté un Bag of Worms qui aurait peut-être mérité d'y être), 'Rat Blanket Ep' est une longue montée vers de beaux - et macabres - sommets où l'on retrouve les deux meilleurs titres aux toutes dernières positions : School Shooter, leur excellent premier single sorti en 2017 et qui avait eu son petit succès (c'est triste à dire mais on en est là : plus de 100 000 écoutes sur Spotify) et Susan Smith, ses paroles terrifiantes, sa mélodie et son chant désespéré (« Why'd you do this to me, as your baby, you made me, you made me »), climax et clôture d'un Ep de très haute volée.

Car puissant, cohérent, homogène, inspiré, court, incisif et à la belle mélancolie sauvage, 'Rat Blanket Ep' frappe fort. Et place les Wych Elm en très bonne position de la course à la prochaine révélation - si tant est que cela ait un quelconque intérêt. (Sortie : 22 mars 2019)

Plus :
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'écoute sur leur bandcamp
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'achat sur leur bandcamp
'Rat Blanket Ep' de Wych Elm est à l'écoute, notamment, chez Spotify et Deezer


Trois chansons de 'Rat Blanket Ep' de Wych Elm en écoute ce jour. Susan Smith pour commencer (également en écoute dans les playlists Spotify / Deezer et dans la colonne de gauche de ce blog), Puis School Shooter, autre single évident (je vous laisse imaginer de quoi il est question). Et enfin Woman :





Pour finir, deux chansons en un clip avec le diptyque qui ouvre 'Rat Blanket Ep' de Wych Elm, Monkey Jaw et Help Me :




vendredi 23 août 2019

The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]

Si 'Debt Begins at 30' était leur premier album, sans nul doute qu'on aurait fait de The Gotobeds (malgré son absence sur la pochette, c'est bien un groupe en « The ») de « next big thing » de la scène rock actuelle. Sauf que ce n'est - donc - pas leur premier disque, mais leur quatrième (et puis on va laisser cette place à The Murder Capital).
Pour autant, le quatuor originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie a tout ce qu'il faut pour éclater enfin à la face du monde - ou tout au moins à la face des gens qui aiment l’indie-rock (ce qui réduit le panel et ce chaque année un peu plus). Car 'Debt Begins at 30' a une gueule et de sacrées chansons à revendre.

Sans en être un, ce disque des Gotobeds est presque un concept album. Pas forcément dans les thématiques abordées ou pour la cohérence de l’ensemble, mais plus parce qu’il invite pléthore d’artistes à venir chanter et jouer avec eux, et ce sur chaque chanson - ce qui n'est quand même pas commun dans cette sphère musicale. Et la liste a plutôt un joli relief : il y a bien des membres de groupes inconnus à mon bataillon personnel (Silkworm, Positive No ou Downtown Boys), mais on compte également Joe Casey et Greg Ahee de Protomartyr (et pas sur les mêmes titres), Bob Weston de Shellac et Bob Nastanovich de Pavement (qui, pour toute participation, gueule « Dross » sur la chanson du même nom et a rédigé le texte de promotion de l'album).

D’où un 'Debt Begins at 30' particulièrement divers, qui garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, mais qui s’échappe un peu de partout, allant piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting), Pavement et avec tout du long un côté Sonic Youth et Wire du meilleur effet. 

Pour autant, cet album de The Gotobeds n'a rien d'une « compilation ». Très bien produit, sans titre faible (même la version alternative, en espagnol, de la chanson Debt Begins at 30 n'est en rien une redite), n'oubliant jamais les mélodies, doublant souvent les voix pour donner encore plus de corps aux chansons, 'Debt Begins at 30' est avant tout un putain de disque rock, dans toutes ses acceptions, plein de guitares acérées et de morceaux qui ne demandent qu'à être des tubes. Il ne reste plus qu'à souhaiter à ces presque trentenaires d'avoir, plutôt que des dettes, la reconnaissance qu'ils méritent. (Sortie : 31 mai 2019)

Plus : 
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est également à l'achat sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
A noter que The Gotobeds viendront présenter 'Debt Begins at 30' en novembre prochain en France, à La Boule Noire le 18 et au Sonic de Lyon le 19.

Trois chansons de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds en écoute aujourd'hui. Calquer The Hound (qui ouvre l'album) pour commencer (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer, ainsi que dans la colonne de gauche de ce blog). Puis On Loan. Et enfin Bleached Midnight :






Pour finir, voilà deux clips des deux singles extraits de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds : Twin Cities et le très Pixies 2:15




mercredi 29 septembre 2021

[Track of The Day] Wych Elm - Executioner

Plus de deux ans et demi après un 'Rat Blanket Ep' des plus épatant, les Wych Elm sont enfin de retour, avec une formation différente : toujours mené par la voix de Caitlin Elliman, le groupe a remplacé deux de ses membres masculins pour être désormais aux trois-quart féminin. La question étant : est-ce que cela change quelque-chose aux influences et ambitions musicales du groupe ? Pas le moins du monde.

Wych Elm tient à son ADN et à ses premières amours. Et cela s'entend sur 'Rabbit Wench' (femme lapin en français), son nouvel Ep. Un disque un rien morbide à nouveau et qui sent bon le grunge estampillé 90s, les Pixies, les Breeders et toute la clique. Là aussi, Wych Elm fait dans le court et le concis (sept titres et 14 minutes, exactement comme sur 'Rat Blanquet Ep'), et s'il manque une chanson aussi forte que Susan Smith, l'ensemble tient sacrément la route. On attend maintenant que le groupe de Bristol, dont la notoriété outre-manche grandit doucement mais sûrement (ils ouvriront pour IDLES en janvier) sorte un album en bonne et due forme. Il serait temps.

Album : Rabbit Wench Ep
Année : 2021
Label : Black Dog Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Executioner de Wych Elm est également en écoute ci-dessous:

Le clip du single extrait de 'Rabbit Wench Ep' de Wych Elm, Scolds Bridle

mardi 21 mai 2013

[Track of The Day] The Doors - L.A. Woman


Le groupe qu'il était bon d'aimer quand on était au collège au début des années 90, histoire de montrer que « oui, j'écoute Nirvana, les Pixies et Rage Against The Machine mais pas que ». Et évidemment un grand groupe, régulièrement éreinté à la fin de la même décennie pour je ne sais trop quelle raison.

Le quatuor était devenu trio en 1971. Il n'est plus que duo depuis hier et le décès de Ray Manzarek, dont l'orgue aura donné ce son si reconnaissable aux Doors et à leurs chansons.

On n'oubliera pas qu'il est le responsable de la pseudo reformation débile du groupe au début des années 2000 (du genre inexcusable dont l'idiotie n'a d'égal que celle de Queen avec Paul Rodgers). Certains ajoutent déjà qu'on oubliera vite ses albums solos (sur lesquels je n'ai jamais posé la moindre oreille). Certes. 

Mais avant ça, on se replongera avec plaisir dans la discographie très solide, quoiqu'on en dise, des Doors, dont Manzarek aura été un des principaux artisans, et au sommet de laquelle se trouve ce L.A. Woman qui ne vieillit toujours pas.


mercredi 4 décembre 2024

[Track of The Day] Tramhaus - Worthwhile

Si les anglo-saxons n'ont pas l'apanage du post-punk, il faut quand même avouer qu'il reste les tauliers du genre. En tout cas dans ces pages. Car après une rapide recherche dans l'historique de ce blog à la vie déjà bien (trop ?) longue, les groupes qui font dans le post-punk mais qui ne sont pas nord-américains, britanniques ou océaniens ne sont pas légions. Tout juste ai-je pu lister les (feu) Action Dead Mouse, les ex Sloy de 69, les belges de Guernica ou les russes de Motorama. J'en oublie sans doute certains mais il faut admettre que ce n'est pas bezef.

Essayons de commencer à rétablir l'équilibre en ajoutant un groupe à la liste : Tramhaus. Un quintet originaire de Rotterdam qui a publié à la fin de l'été 'The Next Exit', un premier album du genre super avec sa vibe Frank Black (plus que Pixies), son côté de Iceage/Bambara par-ci voire Swans (le pont de The Cause, le très grand morceau d'ouverture). Puissant, inspiré, carré, ce disque court (neuf chansons pour trente-trois minutes), extrêmement cohérent, enchaine les grandes chansons (le faussement langoureux Worthwhile, électrique et furieux, en écoute aujourd'hui, Past Me ou A Necessity) avec toujours cette férocité sous-jacente qui semble pouvoir éclater à tout moment. Un très grand cru, venu de l'autre pays du fromage. C'est bien, ça (me) change.

Album : The First Exit
Année : 2024
Label : Subroutine Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Worthwhile de Tramhaus est également en écoute ci-dessous :

Autre grande chanson de 'The First Exit', voilà The Cause, le morceau de ce premier album de Tramhaus :

jeudi 27 juillet 2017

[Track of The Day] Bleached - Can You Deal?

Quatuor de Los Angeles mené par les sœurs Clavin (Jennifer et Jessica), Bleached est une découverte. Passé à côté de leurs deux albums précédents (aux artworks de qualité soit dit en passant), l’erreur devrait être réparée assez rapidement tant leur dernier Ep en date, ‘Can You Deal?’ donne envie d'en savoir plus.

Ni jamais vraiment punk, ni jamais vraiment rock, Bleached navigue entre les deux, se rapprochant tantôt des Pixies (Can You Deal?), tantôt des années 90 (Flipside, Dear Trouble) ou des années 2000 (Turn to Rage). Ce qui est cependant sûr, c’est qu’au-delà du message engagé et délivré par les 4 chansons - qui demandent à ce qu’on arrête de parler de « girl band » à leur propos, mais juste de « rock band » (« Yeah, I'm a girl and I play in a band, can you deal? I listen to Sabbath, with all of my friends, yeah it's real ») - les Bleached sortent là un disque de grande tenue, à la production équilibrée et aux quelques contre-pieds intéressants. 
Mieux, le groupe se permet de mettre sa chanson la plus efficace et directe (Dear Trouble) en dernier. Si ce n’est pas un gage de qualité ça.

Album : Can You Deal ? Ep
Année : 2017
Label : Dead Oceans

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En plus des lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne de gauche, Can You Deal?, chanson qui ouvre cet Ep (du même nom donc) de Bleached est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson, voilà Flipside, la chanson la plus « calme » de ce 'Can You Deal? Ep' de Bleached :


Enfin, pour finir, le clip de Can You Deal?. Vrai tube indie en puissance :


vendredi 6 mars 2009

[Track of The Day] Grand Duchy - Black Suit

Je n'ai jamais été un grand fan de l'œuvre solo de sieur Frank Black (Catholics ou non) ou Black Francis. Dans le même temps, je dois avouer ne pas avoir poussé plus que cela les écoute. Ce 'Petits Fours' change singulièrement la donne.
Car c'est bien l'ancien leader des Pixies qui est derrière ce projet Grand Duchy. Lui et sa femme, Violet Clark. Un disque indie-rock circa 89/90, excellemment produit, qui sonne comme jamais (cette guitare, cette ambiance!). Un disque dont le Black Suit en écoute aujourd'hui est le point central, la clé de voute, et pas seulement parce qu'il est situé en plage 5 (sur un total de 9 titres). Sombre, torturé, il me rappelle d'ailleurs par certains côtés le Watching Me Fall de The Cure, sur 'Bloodflowers'. En deux mots: un régal. 

Album: Petits Fours 
Année: 2009 
Label: Cooking Vinyl

jeudi 25 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 10-01


Et les 10 premiers. Un top 10 qui m'aura accompagné tout au long de mon année, et trois premiers absolument immenses, dans des genres bien différents.
A vous de balancer vos tops 10/20/50/100 dans les commentaires. Ne vous gênez pas!

D'ici là, passez de joyeuses fêtes, mangez bien, buvez bien, faites la fête plus de raisons et ne soyez pas sages.
Rendez vous début janvier!

Au bas de ce papier, comme à chaque fois, vous trouverez un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.



10. The Tallest Man On Earth - Shallow Grave [Gravitation]
Entre cette voix nasillarde, des textes un brin surréalistes et ces chansons folk, livrées brutes, enregistrées en une prise, dénudées de productions, The Tallest Man On Earth fait plus que rappeler l'esprit du Dylan du début des années 60: il l'incarne.
Son 'Shallow Grave' est même un hommage à cette période là: quand les sillons craquaient, quand les disques ne dépassaient pas 30/35 minutes (celui ci en fait trente) et que de jeunes hippies, une guitare en bandoulière, voulaient dominer le monde.
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09. Fuck Buttons – Street Horrrsing [ATP]
Deux anglais de Bristol sortent un disque de noise, drapé dans des nappes de drone, de psychédélisme, de cris tribaux, avec à chaque morceau une subtilité mélodique stupéfiante. Grand cru du genre. Thank Buttons!
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08. The Duke Spirit – Neptune [You Are Here]
Un peu garage, très rock, bluesy mais soul aussi, rappelant les Pixies et tout le rock indé des années 90, ‘Neptune’, dernier né des Duke Spirit, est un coup de pied bien senti dans les noix de la fourmilière rock qui a tendance depuis quelques années à se regarder jouer plutôt qu’à être inspirée. Énergique, énergisant, euphorisant, cohérent et vivifiant, c’est même un vrai petit régal.
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07. Alain Bashung - Bleu Pétrole [Barclay]
Nouvel album du grand Alain Bashung. Après les détours de l'ovni 'L'Imprudence', le voilà revenu à une chanson française des plus accessibles et des plus belles, avec Gaëtan Roussel, Joseph d’Anvers, Armand Méliès et Gérard Manset comme compagnons de route. Ce 'Bleu Pétrole' est peut-être son plus grand disque. Il n'a peut-être jamais aussi bien chanté alors qu'il est sur le point de passer de l'autre côté, la faute à un fichu crabe qui ne veut pas lâcher l'affaire. Écouter Comme Un Lego ou Tant de Nuits et mourir...
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06. MGMT – Oracular Spectacular [Columbia]
Alors oui, ils ont été l’année musicale à eux deux. Et dès le début de l’année les salopiauds. Deuxième chronique de l’année sur ce blog, en janvier dernier, avec la mauvaise pochette. Depuis, la hype a pris ce ‘Oracular Spectacular’ et a fait du groupe ce qui se fait de mieux dans le monde de la musique en 2008. Les classements de fin d’année de nombreux magazines ou webzines le prouvent. Et donc ? Ben rien. Ils ont bien raison.
Un disque pop j'm'enfoutiste, qui aligne les tubes et les références, entre groove, funk et electro, sur fond de kitsch absolu. Et puis surtout, ils pondent Time To Pretend, qui, quinze ans plus tôt, serait devenu un tube ultime pour toute une génération, à la manière de Smells Like Teen Spirit. Rien de moins.
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05. The Sleeping Years - We're Becoming Islands One By One [Talitres]
L'ancien leader de The Catchers a décidé de faire pleurer votre cœur et votre âme. Et c'est Talitres qui s'y atèle. Disque splendide, en tous points, avec pourtant une formation des plus banale: guitare + batterie + piano + violoncelle. Un album de folk-pop lumineux, acoustique, qui sonne merveilleusement et qui fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre être, souvent enfouies au plus profond de nous. Bordel, c'est beau.
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04. Madvillain - Madvillainy 2: The Madlib Remix [Stones Throw]
Madlib et MF Doom sont dans un studio. Madlib et MF Doom fument trop de beuh. Qu'est ce qu'il reste? Un album de remix de 'Madvillainy', pour patienter jusqu'au vrai 'Madvillainy 2'. Et vous savez quoi? C'est excellent. Plus qu’un album de remix, voilà une nouvelle version de ‘Madvillain’, presque aussi parfaite que l’originale.
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03. Arnaud Cathrine et Florent Marchet – Frère Animal [Editions Verticales]
Florent Marchet ou les concept-albums. Avec son compère Arnaud Cathrine, ils remettent le couvert. Cette fois, bienvenue chez SINOC, Société Industrielle Nautique d’Objets Culbuto. Une mère pour toute la ville, qui pourvoie emploi, salaire et raison de vivre. Le roman-musical (puisque c'est de cela qu'il s'agit) égrène en 19 titres, une vision d'un cynisme absolu en racontant l'histoire Thibaut, de son frère Renaud, de sa petite-amie Julie, de son père ou de son pote du lycée Benjamin. Un grand moment de chanson française, piquante, noire, étalant à la face du lecteur ou aux oreilles de l'auditeur la violence et l'aliénation dont est responsable l'économie industrielle aujourd'hui. Chef d'œuvre? Oui. Chef d'œuvre.
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02. Wolf Parade – At Mount Zoomer [Sub Pop]
Sub Pop parle de «this generation’s ‘Marquee Moon’» quand il parle de 'At Mount Zoomer'. Je n'irais peut-être pas jusqu'à mettre cet album au niveau du chef d’œuvre de Tom Verlaine (en tout cas pas maintenant). Mais quand même. Ce disque est une des merveilles de 2008. Un disque essentiel, assez court, incisif, frappant fort, gommant les imperfections du premier album, et balançant, à coups de claviers, un rock qui ne se regarde pas le nombril. Toujours en constante évolution, les morceaux de Spencer Krug (Frog Eyes, Swan Lake) et Dan Boeckner d’Handsome Furs se fraient un chemin mais ne se perdent jamais. Grand disque. Et numéro 1 bis de mon année 2008.
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01. The Magnetic Fields – Distortion [Nonesuch]
The Magnetic Fields, toujours mené par ce Stephin Merritt de génie, changent de registre pour ce nouvel album, rappelle à notre bon souvenir les Jesus & Mary Chain (référence indéniable tout au long du disque), font sortir Phil Spector de taule, et pondent un 'Distortion'… distordu. Une production étouffante, un son saturé, des larsens à droite mais aussi à gauche; tout ça mêlée à une structure et des mélodies affolantes. Bref mariage habile de noisy-pop, de grandes mélodies et de textes inspirés. Et forcément l'album de l'année de la part d'un groupe qui tout au long de sa carrière n'aura jamais déçu.
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Et voilà une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées là aussi de 10 à 01. Bonne(s) écoute(s)!


jeudi 21 février 2008

The Duke Spirit – Neptune [You Are Here]

Quatre jeunes brundinet sont dans un bateau. A la barre, une belle blonde aux allures de Nico, l’égérie d’Andy Warhol et d’Alain Delon. Personne ne tombe à l’eau. Qui est-ce qui reste ? Les Duke Spirit mon capitaine. Un combo anglais rock. Et, si j’osais, le meilleur – actuellement – de la perfide Albion. Oui oui, rien que ça.

Un groupe qui vient de donner officiellement naissance au petit frère du nerveux ‘Cuts Across The Land’ de 2005 et de la ribambelle de singles et autres Ep disséminés ici et là depuis la création du groupe, à la sortie d’une école d’art au début des années 2000.

Nouvel album donc, ‘Neptune’ le bien nommé. Trois-quarts d’heure de rock, moins garage que par le passé mais tout aussi efficace. Passé le titre d’introduction, les Duke Spirit envoient le bois : si Send a Little Love Token (voir plus bas) ne fait pas danser la planète entière dans les soirées indie des mois qui viennent, ce n’est à n’y rien comprendre. Et je pèse mes mots.
Dans la même catégorie, on placera aussi Into The Fold, inspiré et porté comme jamais par la voix de Liela Moss, la blondinette du début. Cette rage, cette fougue, cette envie, c’est juste un appel à la folie. On retrouve d’ailleurs (clin d’œil de la part de Chris Goss qui produit le disque, ancien comparse de route des Queens of The Stone Age ?) un passage qui rappelle énormément le break de No One Knows des potes de Josh Homme.

D’ailleurs, ces derniers ne sont pas les seuls à revenir toquer à la porte des souvenirs à l’écoute de ce ‘Neptune’. Un autre grand groupe s’invite : Sonic Youth, période Goo, sur You Really Wake Up The Love In Me (l’intro du morceau est plus qu’hommage). Rien que ça.

Mais ce qui est bien avec les Duke Spirit, c’est qu’ils ne se contentent pas d’enquiller les titres rock et les références. Car avant tout, ils ont un son bien à eux. Et comme ce sont des gens de goût et bien élevés qui aiment les plages de respirations pour faire retomber la folie, ils parsèment ce ‘Neptune’ – et comme sur leur premier disque - de balades, tantôt sombres, langoureuses et soul (The Step and The Walk, This Ship Was Built to Last) tantôt très pop (My Sunken Treasure avec un piano très en avant, Sovereign), mais toujours acérées par des riffs bien tendus et des paroles bien senties.

Un peu garage, très rock, bluesy mais soul aussi, rappelant les Pixies et tout le rock indé des années 90, ‘Neptune’ est un coup de pied bien senti dans les noix de la fourmilière rock qui a tendance depuis quelques années à se regarder jouer plutôt qu’à être inspirée. Énergique, énergisant, euphorisant, cohérent et vivifiant, c’est même un vrai petit régal et une des grandes œuvres de 2008. (sortie : 4 février 2008)

Son :
Myspace (Six morceaux en écoute)
Officiel
 

Deux titres en écoute, deux facettes de cet album. L’explosif Send a Little Love Token et le lascif Wooden Heart (malheureusement plus en écoute).


Et pour finir, le clip de Lassoo avec ses trompettes tonitruantes (malheureusement plus disponible).

mercredi 3 octobre 2007

Dinosaur Jr. – Beyond [Fat Possum]

Résumé des épisodes précédents :
1994 : après une mainmise sur les quatre dernières décennies, le rock cède de la place, se fait bouffer sa marge, perd ses dividendes. Tenu à bout de bras par Kurt Cobain, l’industrie du rock s’écroule comme un château de cartes dès le suicide du leader de Nirvana. 2Pac, Notorious B.I.G, Dr. Dre, à l’affût depuis quelques années, s'engouffrent dans la brèche, prennent la place et trustent les playlist radio.

2001 : quatre branleurs BCBG New-Yorkais et un duo de Détroit aux États-Unis, un combo de lads géniaux en Angleterre, ravivent la flamme et ramènent le rock en haut des hit-parades.

Depuis ce retour en flamme, les reformations se multiplient, vieux groupes tentant de manger un peu sur le dos de ce renouveau rock. The Who, The New York Dolls, les Smashing Pumpkins, les Stooges, Queen (sans Freddie Mercury !). Même Europe (Europe quoi !) y est allé de son nouvel album ! Mais à quelques exceptions près (Gang of Four notamment, voire les Pixies), les résultats finaux ont été aussi désastreux qu’inutiles, tout au moins d’un point de vue artistique.

Alors, quand on a vu Jay Mascis et Lou Barlow se rabibocher et Dinosaur Jr. se reformer, on a pris peur. Qu’est ce qu’un des groupes les plus cultes des années 80 pouvait bien encore avoir à dire ? Qu’est ce qu’ils pouvaient ajouter à 'You're Living All Over Me' ou 'Green Mind' dont on a tous épuisé les sillons au maximum ? Et bien tout mon général !

Car, si l’on fait un rapide tour de toutes les reformations depuis le début des années 2000 et les disques qui en ont découlés, 'Beyond' des Dinosaur Jr est tout simplement le meilleur. De tous. Un très grand album de cette année 2007, et dans le top 3 de leur discographie, ni plus ni moins.

On les retrouve comme si on ne les avait jamais vraiment perdus de vue. Comme si on était encore en 1990. Mascis est dans une forme olympique, Barlow assure comme un diable, notamment sur les deux morceaux où il prend le micro et plante des parties de basses absolument énormes (oh mon dieu, ce Lightning Bulb). Et Murph fait le boulot derrière ses fûts.

'Beyond' est un grand album, un euphorisant de première classe. Vraiment. Un délice constant. Ça riffouille a mort (le solo de trois minutes absolument jouissif de Pick Me Up, voir plus bas), les trois compères envoient du lourd dans tous les sens. Par pur plaisir, ils font durer leurs morceaux plus que de raison (trois seulement de moins de 4 minutes) et ce qui aurait pu être une grande faiblesse s’avère être au final un atout majeur.

Bref, Dinosaur Jr. est de retour. Comme à l’époque. Avec la même envie. Le même besoin de faire du rock. Du vrai. Un come-back plus que réussi. Qui redonne foi dans les solos de guitare qui ont de la gueule. Et qui mettent tout le monde d’accord. (Sortie : 30 avril 2007)

Son :
Myspace
Site Officiel

Et en écoute, deux titres, parmi les meilleurs de l'album qui contient donc, vous l'aurez compris, bon nombre de pépites (malheureusement plus en écoute).

mercredi 24 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 50-31


Et pour finir cette série de posts sur les tops, voilà donc mon top album 2008. Une belle année que celle-ci, portée par moi par deux immenses disques qui resteront. Beaucoup d'écoutes, de découvertes, de déceptions (le Islands à la première place de celles-ci), d'emballements médiatiques incompréhensibles (Vampire Weekend, je n'ai toujours pas saisi) mais surtout de grands disques. Bref, une année musicale de haute tenue qui tire sa révérence.

Voilà donc ce top 50, en trois parties. La première aujourd'hui (les albums classés de 31 à 50) , la suite demain et vendredi.
Et toujours, au bas de chaque papier, un lecteur avec un titre de chaque disque nommé.




50. Jeremy Messersmith - The Silver City [Princess Records]
Des fois, on tombe sur un disque, comme ça, parce qu'on aime la pochette. Jeremy Messersmith donc. Songwriter qui fait dans la pop bien habillée de cordes et de quelques cuivres pour l'hiver, nourrie de pas mal d'influences, de Jude à Elliott Smith en passant par les Beatles. Court mais bel album, porté par une jolie voix.
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49. The Last Shadow Puppets – The Age of Understatement [Domino]
La mode est au super groupe, notamment chez nos amis d'outre-atlantique. Les britanniques s'y sont donc mis. Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kane (The Rascals) s'apprécient et, pour le fun, sortent un disque sixties à la sauce Western, avec des cordes et des cuivres t'en veux t'en as. Un exercice de style certes, mais couplé à un vrai don de songwriting. Le tout est sacrément efficace.
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48. Choir of Young Believers – This Is For The White In Your Eyes [Tigerspring]
De la pop qui vient du Danemark, qui hésite entre pop symphonique et moments plus intimistes. C'est magnifique, c'est fou! Un disque long en bouche en plus, qui mérite plusieurs écoutes pour en déceler tous les contours. Plus les écoutes passent plus on découvre un riff, un arrangement passé inaperçu.
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47. Willard Grant Conspiracy – Pilgrim Road [Loose]
‘Pilgrim Road’ est un album qui vit et qui marque une rupture dans la discographie des Willard Grant Conspiracy . Avec ces compositions et ce travail d’écriture, le groupe crée une sorte d’opéra pop, où l'on imagine Robert Fischer et sa voix profonde raconter des histoires, au milieu d’une scène, un piano à queue dans un coin, son orchestre à ses pieds. Un très bel album donc (peut-être leur meilleur), ambitieux, et qui rappelle par moment l’œuvre de David Ackles. On a vu pire compliment.
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46. The Dodos – Visiter [French Kiss]
The Dodos. Son album 'Visiter'. Sa pochette dessinée par un des enfants d’une classe pour qui le groupe a joué quelques mois avant la sortie du disque. Son ambiance folk/psyché-folk/indie-rock-pop. Un beau voyage plein de rythmiques et de mélodies.
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45. Bon Iver – For Emma, Forever Ago [Jagjaguwar]
Un disque parfait pour rentrer dans l'hiver. Ou en sortir. Un disque de folk mélancolique et doux. Une voix prévenante (mais qui peut agacer), des ambiances travaillées, un album habité. Bref, de la belle ouvrage, grand cru, qui se termine, par une merveille de titre, For Emma, Forever Ago, comme un symbole de toutes leurs ambitions.
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44. Envelopes – Here Comes The Wind [Brille]
Envelopes est un quintet franco-suédois qui sorte là un vrai disque de rock bien construit, qui rappelle les fantômes des Talking Heads, des Pixies, avec un peu d'Alamo Race Track, sans pour autant négliger de rendre un hommage ironique à la plus grande égérie de la FM des années 80, Bonnie Tyler.
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43. Micah P. Hison – and the Red Empire Orchestra [Full-Time Hobby]
Troisième album pour le grand Micah P. Hinson. Et troisième fois que je le mets dans un de mes tops de fin d’année. Je ne peux pas faire autrement. L’américain, avec son songwriting à l’ancienne, arrive toujours à sortir des compositions d’une qualité incroyable, soit d’une simplicité folle (une guitare et sa voix singulière), soit pleines de cordes qui aiment venir tutoyer les sommets. Assez peu reconnu malgré son incroyable talent, son ‘And The Red Empire Orchestra’ est à savourer plus que de raisons.
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42. Jenny Lewis – Acid Tongue [Rough Trade]
On l’avait laissé sur une participation très réussie sur ‘Dumb Luck’, l’album de Dntel l’an passé. Quant à son premier album, il s’écoutait comme du petit lait : une farandole de douceurs pop, bien écrites sans être essentielles. De retour pour un deuxième album, la multicarte Jenny Lewis surprend son monde et pond un vrai second album. Entourée d’Elvis Costello et pourvue d'un talent certains pour les arrangements mêlant cordes et guitare sombre), ce 'Acid Tongue' est une réussite et un délice sans fin.
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41. James Yorkston and The Athletes – When The Haar Rolls In [Domino]
Enchaînant un troisième disque décevant et une compilation de raretés vraiment intéressante, revoilà James Yorkston and The Athletes avec un nouvel album qui renoue avec la splendeur de 'Just Beyond The River', magnifié par une production de Four Tet parfaite de bout en bout. Un disque lumineux de la part de l'écossais folkant et de ses acolytes, où les mélodies sont toutes plus à tomber les unes que les autres. Pour info, 'When The Haar Rolls In' est un disque qui ne libère vraiment tout ce qu'il a dans le ventre que sur des enceintes de qualité et pas du tout au casque.
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40. Born Ruffians - Red, Yellow and Blue [Warp]
Dans le monde merveilleux de la pop-folk débridée et tourmentée, voilà un groupe qui est bien plus qu'une curiosité et qui pourrait devenir (est devenu?) une des têtes de proue de ce mouvement. Signés sur Warp, largement influencé par les Animal Collective (essentiellement au niveau rythmique), les Born Ruffians sortent de leur schéma guitare/basse/batterie un disque nerveux, tendu, mélodiquement imparable.
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39. British Sea Power – Do You Like Rock Music? [Rough Trade]
Troisième album pour le combo originaire de Brighton. Ce 'Do You Like Rock Music?' est une sorte de synthèse entre leurs deux disques précédents. Du post-punk et de la pop. Des hymnes dans tous les coins, et toujours cette voix à deux doigts de défaillir. Un grand cru. Un très grand cru. Ce groupe semble plus inspiré que jamais.
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38. Enablers – Tundra [Lancashire and Somerset]
Si la musique des Enablers était une rêverie, celle-ci tournerait vite au cauchemar. Car elle est très sombre, comme habitée. Du rock, du blues, un brin de noise, mais qui semblent venir des ténèbres. Comme si la fin du monde allait venir. Pete Simonelli ne chante pas, il raconte. Et avec une voix de crooner. Tremblez, les démons ne sont pas bien loin.
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37. Adrian Crowley – Long Distance Swimmer [Tin Angel]
Disque d’une homogénéité pleine de diversité, ‘Long Distance Swimmer’ rappelle l'œuvre de James Yorkston and The Athletes, mais avec un côté plus sombre. Le genre d’album aux contours habités mais doux. Concis, précis, chaque titre fait mouche, emportés qu’ils sont par la voix, les arrangements et les mélodies d’Adrian Crowley. Irlande of folk.
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36. Cornflakes Heroes - Dear Mr Painkillers [Greed Recordings]
Deuxième album pour les Cornflakes Heroes. Passage difficile, surtout après un premier si réussi. Eh bien, quelle très belle surprise! Encore meilleur que le premier. Un putain de disque de rock indé anglo-saxon fait en France. Rock, punk, pop, moog, trompette, saturations, tout y passe, dans une cohérence et une homogénéité dingue. Grand disque. Et avec un très grand titre, Is Mother Right?.
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35. Madrugada – st [Malabar]
Sixième album – le cinquième studio – des Norvégiens de Madrugada qui fait suite au décès du guitariste Robert Burås, mort en juillet 2007 à 31 ans. Le résultat est jouissif. Un disque rock, assez bluesy, avec toujours cette voix à la Nick Cave-a-like. D'ailleurs cet album éponyme rappelle énormément 'Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus' de l'Australien et son opposition rock/pop, noir/blanc, ying/yang. Le pied est grand à l'écoute de ce sixième disque.
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34. Pale Young Gentlemen – Black Forest (Tra La La) [Science Of Sound]
Avec une voix (celle Michael Reseinauer) qui aime être haut-perchée, les Pale Young Gentlemen sortent un second album où mélancolie (bien aidé par la présence de violons et violoncelles) se dispute la plus grosse part du gâteau avec un côté dansant surprenant. Tantôt folk mais toujours pop, les compositions du groupe originaire du Wisconsin ont un cachet vraiment délicieux. Et des passages qui rappellent Midlake.
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33. Coldplay - Viva la Vida or Death and All His Friends [Parlophone]
J'ai beau vouloir, je n'arrive pas à ne pas aimer les sorties discographiques de Coldplay. Celle-ci ne fait pas exception. Excellemment bien produit par Brian Eno, la bande à Chris Martin change de registre et s’éloigne un peu du classicisme pop dans lequel il puisait son inspiration depuis le début. Malgré cela, rien ne change, Coldplay enchaîne les tubes, de Viva La Vida à Violet Hill et son intro longue de 40 secondes en passant par 42. Et une nouvelle fois, Coldplay prouve qu'il est bien plus qu'un groupe FM et de midinettes.
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32. Eugene McGuiness – st [Domino]
Entre rock, pop, glam, rockabilly, balades touchantes et belles orchestrations, Eugene McGuiness sort un premier album d’une grande maturité. Il me fait penser à une sorte d’Elliott Smith version 2010 (toutes proportions et tous styles gardés bien sûr): un même don pour la composition, une même voix pas anodine et un touché mélodique assez imparable. Bref, une des grandes découvertes de l’année. Ce mec là ira très loin.
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31. Adem – Takes [Domino]
Adem, ancien de Fridge, pour son troisième album, s'entiche de titres composés et chantés par d'autres. Et les reprend. Exercice délicat comme chacun sait mais dont il se sort magistralement. Que ce soit les œuvres de PJ Harvey, Yo La Tengo, Aphex Twin, Lisa Germano ou Björk (période 'Homogenic'), notre homme sublime ces compositions à coups de folk contemporain et lumineux. Splendide.
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Et voilà le lecteur proposant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées de 50 à 31. Bonne(s) écoute(s)!