Album : Julia With Blue Jeans On
Année : 2013
Label : Jagjaguwar
Acheter
S’ils sont les leaders de Wolf Parade, un des groupes les plus passionnants qui soit (et auteur l’an passé d’un album épatant, ‘At Mount Zoomer’), Dan Boeckner et Spencer Krug sont, à l'instar de leur ami Dan Bejar, du genre hyperactifs. Des auteurs qui ne savent pas rester en place et dont le manque d’activité semble être pour eux quelque chose auquel ils n’ont pas envie de se frotter. En tout cas pas pour le moment.
Mercredi, il était question dans ces pages de The National avec The Angel of 8th Ave. de Gang of Youths. Il va en être question également avec la chanson du jour, What a World, et plus globalement avec l'album 'Cut The Light' de Husband, groupe anglais (découvert ici grâce à Michel Malégeant), dont on ne sait pas bizarrement grand chose (rien chez Discogs ou Rate Your Music). «Bizarrement» parce que ce premier album mérite plus que l'anonymat dans lequel il se débat depuis juin dernier.Husband présente sa musique comme inspirée de The National, Radiohead, Nick Cave ou PJ Harvey. Il y a de cela, notamment pour les premiers donc. Mais on citera aussi The Twilight Sad, Spencer Krug (pour quelques élans vocaux), ou encore Puressence ou Get Well Soon pour que le tableau soit plus juste.
Sorti en catimini (version digitale uniquement et sans label), 'Cut The Light' est un album de pop (ou de rock, mettez le curseur où vous le souhaitez) très anglais, aux vraies belles chansons et aux mélodies corsetées dans des ambiances sombres et lourdes que viennent éclaircir quelques guitares lumineuses et un piano des plus justes. Alternant morceaux de bravoure (Mirrors) et balades noires, porté par une voix qui flirte régulièrement avec un chant crooner, le tout tient sacrément la route.
Un ensemble dont finalement le seul défaut est sans doute sa production, pas vraiment flamboyante et qui manque autant de relief que de finesse. Mais ne retenir que cela serait très réducteur tant Husband ici fait montre d'un sacré talent de composition et d'écriture (What a World) et a pour lui les chansons qui devraient lui permettre de trouver la lumière qu'il mérite.
Autre chanson très réussie de 'Cut The Light' de Husband, voilà Mirrors :
Dans le monde merveilleux des side-projects, il y a deux spécimen intéressants à étudier dans le monde du rock indépendant. Le premier est Spencer Krug, une des têtes pensantes de Wolf Parade qui, après avoir, pendant quelques années, semblé monter un nouveau groupe tous les six mois, s'est un peu calmé.
Vingt-cinq ans après ses débuts et une palanquée d'albums avec Wolf Parade (évidemment), Handsome Furs (groupe qu'on a tendance à trop oublier), Divine Fits et autres Atlas Strategic ou Operators, Dan Boeckner suit enfin la trajectoire de son - lui aussi - prolifique compère Spencer Krug et passe enfin par la case solo.Sobrement intitulé 'Boeckner!', ce disque court (huit titres pour tout juste trente-deux minutes au compteur) est une sorte de synthèse réussie de Wolf Parade et de Handsome Furs. Entouré du producteur Randall Dunn (qui a travaillé sur quelques albums aimés dans ces pages, de Black Mountain à Marissa Nadler en passant par Tim Hecker ou le dernier Oneohtrix Point Never, et dont la production de deux des plus célèbres albums de Sunn O))) a poussé le canadien à lui demander son aide) et de Matt Chamberlain, batteur de renom à qui le sublime 'When The Pawn...' de Fiona Apple doit beaucoup, Dan Boeckner enchaîne les mélodies soignées et efficaces, qu'il chante à merveille (une des forces du disque et le mixage de sa voix n'y est pas pour rien) sur un tourbillon de guitares et de synthés.
Autre chanson très réussie de 'Boeckner!', voilà Euphoria :
Le clip de Lose, l'excellent morceau qui ouvre ce premier album solo de Dan Boeckner :
Finalement, on y arrive. Après plus de deux mois d’inactivité sur ce blog (en matière de chronique s’entend), retour aux nouveautés, aux disques qui tripotent l’imagination, aux albums qui feront, à leur niveau en tout cas, date, et qu’on tirera joyeusement de leurs pochettes – aussi hideuses soient-elles – dans cinq ans avec un plaisir non-feint pour les poser à nouveau sur notre platine et se laisser bercer par ce sentiment qui finira bien par nous avoir nous aussi : «bondieu, c’était mieux avant».
10. The Tallest Man On Earth - Shallow Grave [Gravitation]
09. Fuck Buttons – Street Horrrsing [ATP]
08. The Duke Spirit – Neptune [You Are Here]
07. Alain Bashung - Bleu Pétrole [Barclay]
06. MGMT – Oracular Spectacular [Columbia]
05. The Sleeping Years - We're Becoming Islands One By One [Talitres]
04. Madvillain - Madvillainy 2: The Madlib Remix [Stones Throw]
03. Arnaud Cathrine et Florent Marchet – Frère Animal [Editions Verticales]
02. Wolf Parade – At Mount Zoomer [Sub Pop]
The Magnetic Fields, toujours mené par ce Stephin Merritt de génie, changent de registre pour ce nouvel album, rappelle à notre bon souvenir les Jesus & Mary Chain (référence indéniable tout au long du disque), font sortir Phil Spector de taule, et pondent un 'Distortion'… distordu. Une production étouffante, un son saturé, des larsens à droite mais aussi à gauche; tout ça mêlée à une structure et des mélodies affolantes. Bref mariage habile de noisy-pop, de grandes mélodies et de textes inspirés. Et forcément l'album de l'année de la part d'un groupe qui tout au long de sa carrière n'aura jamais déçu.
26. Natti - Still Motion [APOS Music]
22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]