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mardi 29 octobre 2019

Kishi Bashi - Omoiyari [Joyful Noise]

Dans la foulée de l'attaque par les japonais de la base-navale de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le gouvernement américain, bien aidé par le sentiment anti-japonais qui explosa alors aux Etats-Unis, décida de créer des camps d'internement pour les ressortissants nippons ou les américains d'origine japonaise.

Ce fait assez peu connu de la deuxième guerre mondiale, et pour lequel les États-Unis mirent 46 ans à s'excuser, est la toile de fond de 'Omoiyari', quatrième album de Kaoru Ishibashi, artiste sino-américain qui officie depuis 2012 sous le nom de Kishi Bashi.

Un des disques les plus bien mis en musique de l'année et sans doute l'album « pop » de 2019. Car la plupart des chansons d''Omoiyari' sont emballées avec brillance, touché et délicatesse. Penny Rabbit and Summer Bear, qui ouvre l'ensemble, pose le décor avec brio : une magnifique mélodie, enrobée délicatement de cordes et d'une voix belle, douce, jamais dans l'excès. Tout 'Omoiyari' sera de la même veine. 

Rappelant aussi bien Sufjan Stevens qu'Amandine (formidable groupe suédois dont les deux premiers disques continuent de subjuguer les oreilles de votre serviteur), lorgnant souvent vers une pop de chambre, presque néo-classique, et finissant même par une chanson entre country et traditionnel américain, Kishi Bashi navigue tout au long des 10 titres de 'Omoiyari' dans les eaux d'une pop-folk comme lettrée, où chaque instrument est à une place juste et apporte son écot à la réalisation de mélodies qui ne s’essoufflent jamais.

Avec pour toile de fond ces camps d'internement japonais (les oiseaux en bois peint de la pochette viennent de là-bas), Kishi Bashi déroule ses histoires, souvent d'amour, évoque Franklin Delano Roosevelt ou le Convict Leasing (système pénal du sud des États-Unis, sorte d'esclavage déguisé, qui voulait que chaque condamné soit mis à la disposition d'exploitations ou de plantations privées) ; et met cela en musique à grand renfort de banjo, violoncelle, piano (classique ou électrique), orgue, flute, batterie (plus caressée que frappée), guitare et autre basse, piquant parfois les cordes de son violon comme pour mieux illuminer ses compositions.

Complété début 2020 par un documentaire (réalisé par Kishi Bashi lui-même) racontant le processus créatif qui a amené cet album, 'Omoiyari' (qu'on pourrait traduire par « empathie ») est un très beau disque, parfois flamboyant, souvent touchant et surtout empreint d'une douce mélancolie qui ne tombe jamais dans une tristesse surjouée et fabriquée. (Sortie : 31 mai 2019)

Plus :
'Omoiyari' de Kishi Bashi est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Omoiyari' de Kishi Bashi est à l'achat sur leur page bandcamp
'Omoiyari' de Kishi Bashi est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois titres de ce magnifique 'Omoiyari' de Kishi Bashi en écoute. A Song For You pour commencer (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer, et dans la colonne de gauche de ce blog), single évident. Puis Summer of '42 et ses cordes qui vous prennent par le col dès les premières secondes. Enfin, Penny Rabbit and Summer Bear, la chanson qui ouvre l'album de manière merveilleuse :





Voilà les deux très beaux clips tirés de 'Omoiyari' de Kishi Bashi. D'abord celui Marigolds. Puis celui de Violin Tsunami :




Pour finir, un teaser pour le film de Kishi Bashi, qui raconte le processus créatif ayant mené à 'Omoiyari' :


vendredi 12 juillet 2024

[Track of The Day] Kishi Bashi - Make Believe (feat. Linqua Franqa)

De l'américain Kishi Bashi, je ne connais qu'un album (son sublime 'Omoiyari' de 2019) et un Ep ('Emigrant EP' en 2021). Deux disques d'une beauté dingue et d'un doigté fou, où tout est juste, et qui déploient une pop-folk comme lettrée, parfois flamboyante mais toujours délicate.

Pourtant, il semblerait que notre homme soit passé à autre chose sur son nouvel album 'Kantos' à venir le 23 août prochain. Déjà, il y a la pochette, clinquante à souhait. Et puis il y a les trois premiers extraits. Sur les deux premiers (Colorful State et Icarus IV), la production se fait - beaucoup - plus excessive, les guitares balourdes, les ambiances plus en toc. Une sorte de mix entre atmosphères eighties et le disque que Coldplay aurait composé entre 'Viva la vida or Death and All His Friends' et 'Mylo Xyloto'. Et s'il faut admettre que c'est plutôt efficace (surtout Colorful State), on est ici plus dans le pêché mignon qu'autre chose.

Make Believe, le troisième extrait (en écoute aujourd'hui), change la donne. Une vibe plutôt seventies cette fois, un chant typé années 80 (genre rap, sans l'être évidemment) et surtout une mélodie marquante et immédiate, bien arrangée, sur laquelle Kishi Bashi invite la rappeuse et activiste américaine Linqua Franqa - qui fait d'ailleurs montre d'un flow impeccable sur le dernier couplet. Un Make Believe remarquable donc, qui laisse donc encore espérer sur ce nouvel album et qui, entre vous et moi, a tout d'un tube estival.

Album : Kantos
Année : 2024
Label : Joyful Noise Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Make Believe de Kishi Bashi, avec la participation de Linqua Franqa, est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Make Believe de Kishi Bashi et Linqua Franqa :

vendredi 2 avril 2021

[Track of The Day] Kishi Bashi - Wait For Springtime

S'il fallait une chanson pour finir parfaitement cette semaine, s'il fallait un titre pour commencer au mieux ce week-end de trois jours, dut-il se passer avec de la pluie, des températures hivernales et enfermé dans un appartement, ce serait sans aucun doute Wait For Springtime de Kishi Bashi.

C'est une des quatre nouvelles chansons du dernier Ep de l'américain, 'Emigrant Ep', qu'il vient compléter de deux reprises de Dolly Parton (Early Morning Breeze) et Regina Spektor (Laughing With). Un disque qui sortira physiquement à la sortie du confinement prochain mais qui est disponible en digital depuis ce matin.

Mais revenons-en à Wait For Springtime. Une chanson qui aurait eu toute sa place sur 'Omoiyari', une des très belles surprises de 2019. Quelques notes de banjo pour débuter, installer l'ambiance avant que la mélodie ne décolle, au gré de cordes grattées qui prennent et délaissent la lumière, de la belle voix de Kishi Bashi et de quelques chœurs effacés, le tout sous l’œil avisé d'un violoncelle discret. Une chanson splendide, mélancolique mais pleine d'espoir, et surtout diablement efficace. Une petite merveille.

Album : Emigrant EP
Année : 2021
Label : Joyful Noise Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Wait for Springtime de Kishi Bashi est également en écoute ci-dessous :

dimanche 26 décembre 2021

Bilan 2021 : Top 15 « 7", Ep, Réédition & Compilation »


Nous sommes le 26 décembre, 2021 est sur le point de tirer sa révérence et
si je suis ravi de la voir disparaitre, je ne suis pas pour autant sûr d'avoir hâte de découvrir 2022 tant celle-ci devrait être, vu les dernières nouvelles assommantes qui se répètent, un copié-collé pas forcément enviable.
Pour autant, si 2021 vu à bien des égards détestables, elle n’en reste pas moins une bien formidable année musicale. On le verra dans ce premier papier et les trois qui suivront, elle aura même été de très haute volée, avec des albums mémorables, des découvertes incroyables, des confirmations implacables et des disques que je sais d’ores et déjà entrés dans mon panthéon personnel.

Mais avant d’aller plus loin et de détailler ces quinze premiers disques, entre 45-tours, Ep, compilations et autres rééditions, quelques liens vers les sites amis et/ou voisins qui eux aussi ont tiré le meilleur de l’année écoulée :
- Les 10 albums de l’année selon la rédaction de Benzine
- Les meilleurs Ep de 2021 des précieux For The Rabbits
- Les 20 meilleurs Ep de l’année selon The Revue
- Le bilan 2021 d’Addict Culture
- Les choix de la rédaction de Section 26

Mais revenons en à nos moutons et démarrons donc ce bilan musical 2021 par, comme le veut la tradition, les formats courts, les rééditions et autres compilations. Un sacré cru comme je le disais plus haut, avec son lot d’Ep épatants, ces compilations qu’on poncera jusqu’à plus soif et ces rééditions d’albums incroyables et jusque là passés sous mon radar. Tout est à lire, brièvement, ci-dessous. Et pour bien faire les choses, en bas de page se trouve des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter un morceau de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !


Bilan 2021 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)

Top 40 « Albums » (40-21)


7"

Pale Blue Eyes - Motionless / Chelsea 7" [-]
Il n’aura suffit que d’un 45-tours pour que le trio Pale Blue Eyes séduise son monde - et surtout ses compatriotes de Full Time Hobby chez qui ils vont poursuivre leurs aventures discographiques. Et ce deux titres en dit beaucoup sur le talent de ces anglais de Totnes : une envie de dream-pop aux guitares shoegaze sur Chelsea et un Motionless en face-A, indie-pop aérienne, catchy au possible, aux touches synthétiques et qui ne cesse de monter en puissance pour mieux éclater sur un refrain qu'on dirait robotique.
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Emma Tricca - It Don't Bother Me / Good Morning Diner 7" [Dell'Orso Records]

Italienne désormais domiciliée à Londres, Emma Tricca aura été un de ces immenses coup de cœur qui arrivent sans crier gare. La faute à une composition magnifique en face-B et à une reprise splendide de It Don't Bother Me de Bert Jansch, à la relecture ample et à la belle orchestration (et où, pour info, Steve Shelley officie derrière les fûts).
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EP

A Place to Bury Strangers - Hologram Ep [Dedstrange]

Si les new-yorkais d’A Place to Bury Strangers ont perdu de leur jusqu'au boutisme des débuts, s'ils ont mis un peu de pop dans leur moteur, leur intransigeance et leur talent restent intacts. Preuve en est avec ce 'Hologram Ep', qui ne manque ni shoegaze, de noise ou de disto et encore moins de tube (Playing The Part, où A Place to Bury Strangers sonneraient presque comme Blonde Redhead).
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Bestfriend - Places I’ve Lived Ep [-]

Premier Ep du duo canadien Bestfriend, composé à distance, à la bedroom pop synthétique, touchante et nostalgique, comme une rencontre entre A Weather et The Postal Service. Très prometteur. Et heureusement, la suite serait déjà dans les tuyaux (et le titre tout trouvé : 'Places I've Left').
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Cub Scout Bowling Pins - Heaven Beats Iowa Ep [Guided By Voices Inc. / Rockathon Records]

Si à l’écoute de ce premier Ep de Cub Scout Bowling Pins vous entendez beaucoup de Guided By Voices, pas d’inquiétude, c’est tout à fait normal : c’est bien la bande à Robert Pollard qui est derrière. Nouvelle itération pour ce groupe plus que prolifique, et une sacrée réussite pour une première sortie, courte, nerveuse, aux relents 70s et qui se conclue par la chanson titre, le genre de chansons qui vous font une année.
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Kishi Bashi - Emigrant Ep [Joyful Noise Recordings]

Deux reprises (une de Dolly Parton, une des Regina Spektor) et quatre nouvelles compositions, qui n’auraient pas dépareillées sur son 'Omoiyari' de 2019 : Kishi Bashi ne se sera pas foutu de nous pour faire patienter pour son prochain album. Un artiste qui prouve qu’il semble savoir mieux que beaucoup comment composer des chansons pop mélancoliques et aux arrangements délicats.
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Lumer - Disappearing Act Ep [Beast Records / Bleakhaus Records]

Quartet originaire de Leeds, aux quelques Ep disséminés ici et là, aura sorti sans doute - jusque là - son coup de maitre avec 'Disappearing Act Ep', disque à la grande efficacité et au post-punk certes, mais qui ne se départit pas d’un certain côté pop. Et au-dessus plane un chant so british et que l’on aura du mal à ne pas aimer.
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Mannequin Pussy - Perfect Ep [Epitath]

Après un épatant 'Patience' en 2019, les américains de Mannequin Pussy n’auront pas fait de détail avec ce 'Perfect Ep', indie-rock marqué du sceau des nineties jusqu’au bout des ongles et portés par deux chansons qui en d’autres temps auraient connu un bien autre succès : Control et To Lose You.
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Sprints - Manifesto Ep [Nice Swan Recordings]

Daniel Fox, le bassiste des furieux ex-Girl Band et nouveau Gilla Band, ce premier Ep des irlandais de Sprints est une grosse claque, punk en diable et à l'urgence revigorante. Le genre de disque qui ne pouvait que sortir chez les toujours aussi parfaits Nice Swan Recordings.
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REEDITION


Karate - Karate [Numero Group]

Au début des années 2000, à l'époque où je passais mes journées sur les forums Internet, j'étais arrivé sur le forum de La Caverne, une formidable communauté amoureuse des Arts en général et de musique en particulier. Là, grâce à un des membres éminents des lieux (Piezo pour ne pas le nommer), j'avais découvert Karate, groupe alors inconnu à mes oreilles, dont le dernier effort 'Some Boots' avait eu plus que ses faveurs. De là, j'avais plongé dans la discographie des bostoniens et j'étais tombé amoureux de 'Karate', leur premier album, réédité par Numero Group cette année, vingt-six après sa sortie. Et sachez le, l'effet n'a pas changé : leur slowcore matiné de post-hardcore reste toujours aussi irresistible. Le rock indé à son sommet.
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L’Altra - In The Afternoon [Talitres]

A l’époque des balbutiements d’Internet, l’album d''In The Afternoon' de L’Atra a sans doute été un des premiers albums que j’ai téléchargé sur Soulseek. En moins d’une écoute, je savais que j’allais chérir ce disque pendant des années. Et vingt ans plus tard, cet album des chicagoans continue régulièrement de tourner sur ma platine CD. Et sans doute bientôt sur ma platine vinyle, vu que Talitres a eu l’excellente idée de le rééditer en LP, et en ajoutant quatre très belles chansons au tracklisting d’origine. Pour les amoureux de 2002, rassurez-vous : ce chef d’oeuvre est toujours un chef d’oeuvre.
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My Own - Non Wake Up Clocks [Greed Recordings / Zéro Egal Petit Intérieur / Araki / Pied de biche / Day Off]

Ils se seront mis à cinq labels pour rééditer 'Non Wake Up Clocks' de My Own, rien que ça. Et la pépite oubliée (vendue comme telle par Michel Malégeant de Greed Recordings) méritait bien ça. Car quelle découverte ! Groupe français à la carrière courte ('Non Wake Up Clocks' sera son unique album), My Own aime le noise, les ruptures, les élans presque post-rock et autant Sonic Youth que le Blonde Redhead des débuts. Un disque fracassant et en tous points passionntants.
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Martin Newell - The Off White Album [Captured Tracks]

Sorti en 1995 chez Humbug, il aura fallu une réédition de Captured Tracks vingt-six ans plus tard pour découvrir, totalement par hasard, 'The Off White Album'. Lors d’une première écoute à l’aveugle, pensant qu'il s'agissait d'un album de 2021, et sans connaître ni l’auteur, ses accointances avec la poésie ou avant d’apprendre qu’il avait été formidablement produit par Louis Philippe, je m’étais dit au bout de quelques chansons que si le niveau de la deuxième partie de l’album était du même acabit de la première, alors je tenais indubitablement mon album de l’année. Il n’en est rien donc, mais avec ses chansons pop, romantiques, psyché, lettrées et très Beatles-ienne, 'The Off White Album' est autant la réédition que la découverte de l’année

The Beach Boys - Feel Flows: The Sunflower & Surf's Up Sessions 1969–1971 [Capitol]
A l’instar de Bob Dylan et de son 'Springtime In New-York' (voir plus bas), cette réédition ne plonge pas dans la période faste des Beach Boys, celle dans laquelle ils assommaient le monde de leur voix et du talent de leur génie de meneur, Brian Wilson. Pour autant, la période 'Sunflower' et 'Surf’s Up' est tout sauf anodine et mérite vraiment qu’on s’y attache. Ne serait-ce que pour 'Sunflower', disque diablement aimé par l’auteur de ces lignes. Ce coffret a le bon gout de plonger la tête la première dans les sessions d’époque et de prouver, à qui en doutait encore, que même dédaigné par tout le monde à l’époque, les Beach Boys étaient quand même un groupe hors du commun.
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Bob Dylan - Springtime In New York: The Bootleg Series, Vol.16 (1980-1985) [Columbia]
A chaque année son Bob Dylan. Alors oui, entre 1980 et 1985, nous ne sommes pourtant plus dans l’âge d’or de Dylan qui l’a vu enchainer les chef d’oeuvres comme d’autres enchainent les chansons oubliables. Pourtant, cette compilation, si elle n’est - peut-être - pas aussi passionnante que ses devancières ('The Bootleg Series Vol. 12: The Cutting Edge 1965-1966', 'The Bootleg Series Vol. 14: More Blood, More Tracks' ou 'The Bootleg Series Vol. 5: Live 1975 - The Rolling Thunder Revue', pour n’en citer que trois), ce 'Springtime In New York' n’est pas avare de grands moments, de chansons oubliées. Un coffret qui prouve que même dans sa décennie maudite, il était encore un sacré songwriter. Et qu’on a eu à l’époque un peu trop tendance à l’oublier.
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Bilan 2021 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 40 « Albums » (40-21)

Pour mieux découvrir les 15 disques dont il est question ci-dessus, une chanson de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous :


mercredi 1 janvier 2025

Bilan 2024 : Top 50 « Chansons »


2024 est donc terminé. Sans doute pas la meilleure des années mais vraiment pas la pire quand on pense à certaines de ses devancières. En tout cas, musicalement parlant, il y a une nouvelle fois eu de quoi faire. J'en veux pour preuve le bilan des formats courts, les quarante albums qui ont habillé mon année (partie 1 et partie 2). Et niveau chansons, 2024 n'est pas en reste, tant il y en a eu beaucoup qui m'ont marqué, pour plein de raisons et dans tous les styles. Car oui, c'est leur du traditionnel top 50 de mes chansons de l'année, à découvrir le 1er janvier, avec une petite balle qui passe doucement mais sûrement de gauche à droite dans votre crâne (en tout cas, je vous le souhaite).

Mais avant tout, et comme le veut la tradition, un petit tour dans le voisinage pour voir ce qui a fait l'année de sites amis, ou non :
- Les 100 chansons de l’année de Small Albums
- Les 100 chansons 2024 de Stars Are Underground
- Les 100 chansons de l’année de l’indispensable (et à soutenir) The Quietus
- La playlist 2024 d’Addict Culture
- Les 100 meilleures chansons de 2024 de Sean de Said The Gramophone
- Les deux mixes traditionnels de fin d’année de Starsky : ruelles ici, avenues
- Le mix 2024 de Matthieu Gandin de Random Songs
- Les 30 albums "Pop, Rock, Folk" de l'indispensable Hop Blog

Cinquante chansons. Et deux en bonus. Il faut dire que Céline Dion qui reprend L'Hymne à L'Amour en haut de la Tour Eiffel et le Parade de Victor Le Masne ne sont pas des morceaux qui m'auront laissé insensibles, l'un m'ayant totalement bouleversé un soir pluvieux de fin juillet en était l'apothéose d'une cérémonie d'ouverture incomparable, l'autre ayant habité mon imaginaire pendant les quinze jours suivants. Comme elles ont définitivement marqué mon année à leur manière, difficile de ne pas les inclure.
Quand au reste, ce fut une sélection bien difficile tant il y avait beaucoup de candidats à cette liste dans une année prolifique en très beaux morceaux. Et il y en a beaucoup qui sont restés sur le carreau. Ici, vous trouverez tout ce qui m'a fait vibrer : de l'électro à danser et à chanter à tue-tête, des chansons langoureuses et pleines de riffs, du rock nerveux mais souvent ciselé, de la balade à tomber, quelques vieux de la vieille, de l'arrangement chiadé, de la belle ouvrage et un duo de tête très difficile à départager, qui se tient dans un mouchoir de poche. Évidemment, lire le nom de cinquante chansons aurait peu d'intérêt, donc au bas du billet se trouvent trois lecteurs Spotify, Deezer et YouTube pour écouter chacune d'entre elles. Bonne(s) écoute(s) et bonne année !


Bilan 2024 :
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)
Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »



50 +2. Victor Le Masne - Parade
50 + 1. Céline Dion - Hymne à l'Amour (Edith Piaf cover - Live aux Jeux Olympiques de Paris 2024)

50. Cola - Pulling Quotes
49. Savage Mansion - Total Colombia
48. Kishi Bashi - Make Believe (feat. Linqua Franqa)
47. The Libertines - Night Of The Hunter
46. OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine, Alxndrbrwn - Master Cleanse

45. Antenna - Antenna State
44. Monobloc - Where Is My Garden
43. The Decemberists - Oh No!
42. Ella Thompson - Let There Be Nothing
41. Oneida - Reason to Hide

40. Edna Million - Barking Dogs (feat. Ernst Molden)
39. Lily Seabird - Waste
38. Nap Eyes - Feline Wave Race
37. Bashy - How Black Men Lose Their Smile
36. Beak> - Hungry Are We

35. Phosphorescent - Impossible House
34. Kid Loco - The Crown (feat. Louise Quinn)
33. Adrianne Lenker - Ruined
32. Mercury Rev - There's Always Been A Bird In Me
31. Middle Kids - Highlands

30. Laura Marling - Patterns
29. Sam Lee - Bushes and Briars
28. Metz - Entwined (Street Light Buzz)
27. The Lemon Twigs - My Golden Years
26. Green Day - Bobby Sox

25. Snowy Band - Weeks & Months
24. Moreish Idols - Pale Blue Dot
23. Flower Face - Biblical Love
22. The Vaccines - Another Nightmare
21. The Miserable Rich - Crows

20. Jess Ribeiro - The Trees and Me
19. Chappell Roan - Good Luck, Babe!
18. MGMT - Loss of Life
17. Bill Ryder-Jones - This Can't Go On
16. Joe Goddard - Ghosts (feat. Tom McFarland)

15. King Hannah - Somewhere Near El Paso
14. Omega Violet - Island N°2
13. Mannequin Pussy - I Got Heaven
12. Jamie xx - All You Children (feat. The Avalanches)
11. Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce - Meilleur (feat. Jeanne Added)

10. Mammoth Penguins - Here
09. Geordie Greep - Holy, Holy
08. Maxwell Farrington & Le SuperHomard - Begging’s Not My Business
07. The Rhythm Method - I Love My Television
06. Corridor - Mourir Demain

05. Junior Varsity - Cross The Street
04. EggS - At The End Of The Road
03. MJ Lenderman - She's Leaving You
02. Lady Blackbird - Like a Woman
01. Father John Misty - I Guess Time Just Makes Fools of Us All



Bilan 2024 :
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)
Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »



Et comme promis, ci dessous, trois players (Spotify, Deezer et YouTube) avec chacune des cinquante chansons listées ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !

mercredi 1 janvier 2020

Bilan 2019 : Top 50 « Chansons »


Après avoir mis en avant les Ep et autres rééditions qui m'auront marqué en 2019 (lire Bilan 2019 : Top 15 « 7", Ep, Compilations & Rééditions »), passons donc aux chansons/morceaux qui auront fait mon année 2019.

Mais avant cela, faisons un petit tour du côté des voisins qui ont de belles choses à partager :
Le top 100 chansons « en vrac » de Serge Le Rezza
Le toujours essentiel « Best of Songs » de Sean de Said The Gramophone
Les meilleurs singles de l'année de Sami de Hot Fidélité

Cinquante chansons disions-nous. Cinquante titres qui auront rythmé mon année, qui l'auront rendu plus belle (quand bien même les thèmes abordés dans beaucoup de ces 50 chansons ne sont pas les plus joyeux) et qui m'auront beaucoup touché pour certains d'entre eux. Des confirmations, des artistes à côté desquels je ne peux pas passer, des révélations ; et énormément de titres dans lesquels je pourrais me noyer pour l'éternité. Bref, 50 chansons et comme le veut la tradition, le 1er janvier. En espérant que cela vous aide à vous remettre de la soirée d'hier. D'ailleurs, bonne année. Et donc bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :

50. Olivier Rocabois - Ship of Women
49. Jeffrey Lewis & The Voltage - LPs
48. Beabadoobee - I Wish I Was Stephen Malkmus
47. Iorigun - Wasting My Time
46. Surf Curse - Hour of the Wolf

45. Royal Chant - Shutdown Corner
44. The Chats - Pub Feed
43. Hand Habits - What’s The Use
42. Johnnie Carwash - Lazy
41. Sufjan Stevens - Love Yourself

40. Velvet Negroni - Feel Let
39. Fontaines D.C. - Too Real
38. Guided By Voices - Mumbling Amens
37. James Yorkston - Shallow
36. Lala Lala & Why - Siren 042

35. Exhauster - Denim
34. Orouni - Son of Mystery
33. The Get Up Kids - Lou Barlow
32. The Leisure Society - Leave Me To Sleep
31. Entracte Twist - Les Esses

30. Josienne Clarke - If I Didn’t Mind
29. Swans - What is This?
28. Four Tet - Teenage Birdsong
27. Girlpool - Hire
26. The Stroppies - My Style, My Substance

25. Business of Dreams - Ripe for Anarchy
24. Bastien Lallemant - Danser Les Filles
23. Phoebe Bridgers - Georgia Lee (Tom Waits cover)
22. Papercuts - Blues Run The Game (Jackson C. Frank cover)

21. Weyes Blood - Everyday
20. Kishi Bashi - A Song For You
19. Over The Rhine - Let You Down
18. Froth - Department Head
17. The Murder Capital - For Everything

16. Nick Cave & The Bad Seeds - Hollywood
15. Mannequin Pussy - Drunk II
14. The Love Coffin - Nothing at All
13. Fews - More Than Ever
12. Accident - Oh Amalia
11. Jenny Lewis - Wasted Youth

10. Coldplay - Arabesque (feat. Stromae)
09. Daphni - Just
08. Girl in Red - Bad Idea!
07. Big Thief - Not

06. Lankum - The Wild Rover
05. Julia Jacklin - Body
04. Joseph Fisher - Chemin Vert
03. Wych Elm - Susan Smith
02. Purple Mountains - Margaritas at the Mall
01. Crack Cloud - The Next Fix






Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter les 50 chansons présentées ci-dessus sur la plateforme : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 




Bilan 2019 :



dimanche 5 janvier 2020

Bilan 2019 : « Albums » (20-01)


Alors que l'année 2020 démarre sur les chapeaux de roue avec certains qui se la jouent Masters of War, il est décidément plus que temps d'en finir avec 2019. Et donc, après le bilan des formats courts et des rééditions, après le Top 50 des chansons de l'année, après 20 premiers albums qui auront marqué mon année 2019, terminons donc tout ceci avec les 20 meilleurs albums de 2019.

Les meilleurs albums de l'année, vous en trouverez beaucoup ici également :
Le bilan de 2019 de beaucoup de "VIP" chez Popnews
Le top album chez The Quietus
Le bilan en 3 tops et un podcast chez Rock It To The Moon
Le bilan de l'année rap 2019 chez l'abcdr du son
Le bilan d'IndieRockMag par Elnorton

Un classement évidemment subjectif de 20 albums, dont les deux premières places sont occupées par des disques bouleversants. Mais aussi quelques habitués de ces bilans de fin d'année (on ne se refait pas), des vieux pas croisés depuis 15 ans, du rock furieux (ou non), de l'ambiant toujours épatant, du folk lumineux et à deux. Et derrière tout ça, et sans forcément le vouloir - mais c'est ainsi - beaucoup de mélancolie. Que voulez-vous, on ne se refait pas là non plus.
Et pour rappel, au bas de ce papier, vous trouverez un lien vers des « players » pour écouter une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessous. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)
20. Bazooka - Zero Hits [Inner Ear Records]
Dans la lignée de 'Useless Generation', 'Zero Hits' voit les Bazooka rendre leur musique plus touffue voire complexe, mais tout aussi énergique ; et y intégrer cor, saxophone, trombone et trompette en se faisant tantôt proto-punk, ska, garage, pop que psyché, et parfois tout ceci à la fois. Produit avec soin, doté d'un mix délectable, il est gorgé de tubes potentiels (quoiqu'en dise son titre), qui ne demandent qu'à faire bouger les foules.
19. Pan American - A Son [Kranky]
De Pan American, je me souviens de 'Quiet City', sublime album contemplatif et ô combien rêveur. Les retrouver 15 ans après sur 'A Son' est une surprise autant qu’un bonheur élégiaque. Un disque d’une délicatesse folle, merveilleusement produit, où les voix se mêlent à ces ambiances folk/slowcore qui n’hésitent pas à flirter avec le post-rock.
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18. Surf Curse - Heaven Surrounds You [Danger Collective]
Groupe de Reno aux États-Unis, le duo Surf Curse fait dans l'indie-pop, parfois jangle, et compose des morceaux mélancoliques et mélodieux qui, s'ils ne révolutionnent rien, tapent très juste (les chansons Hour of The Wolf et Opera me retournent complètement), avec toujours une tension qui ne cesse de s'immiscer. Superbe découverte.

17. Froth - Duress [Wichita]
Ensemble moins clinquant que claquant, 'Duress' aligne guitares de haute volée, riffs qui ne recherchent jamais la facilité, boucles instrumentales et mélodies implacables. Noisy, shoegaze, post-punk, électronique brinquebalant également, faisant penser parfois à Wilco, Froth apporte au disque une production des plus soignée, qui laisse avant tout à la musique être maîtresse d’œuvre de l'ensemble.
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16. Swans - Leaving Meaning. [Young Gods Records]
Retour de la (nouvelle) bande de cygnes de Michael Gira, pour un album somptueux, entre lumière et langueur, aux quelques atours pop, qui rappelle plus que tout Angels of Light (mais aussi 'The Glowin Man') et est porté par deux chansons incroyables, It’s Coming, It’s Real et What is This?.
15. The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]
Sous ses faux-airs de concept album (un invité différent sur chaque titre), ce disque des Gotobeds garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, tout en s’échappant un peu de partout, pour aller piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting) et Pavement, sous le saint patronage de Sonic Youth et Wire.
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14. Nick Cave & The Bad Seeds - Ghosteen [Bad Seed]
Conclusion d’une trilogie peut-être pas pensée comme ça au départ, voilà le disque le plus douloureux de l’année. Écrit après la disparition de son fils Arthur, 'Ghosteen' est un album où il est plus que jamais question de mort, d’absence, de douleur, le tout sur nappes de synthés, de mélodies évanescentes et de la voix de Nick Cave qu’on n'a sans doute jamais entendue si sincère et bouleversée.
13. Mannequin Pussy - Patience [Epitath]
Et Mannequin Pussy décida d'étirer ses chansons, de s'éloigner du punk et du garage de ses premières amours pour mieux se lover dans un grunge mélodique du plus bel effet, en rappelant aussi bien les Dinosaur Jr. que les Screaming Females. Et vous savez quoi ? Cela leur va très bien au teint.


12. Tim Hecker - Anoyo [Kranky]
Complément acoustique de 'Konoyo' de l’an passé plus que son opposé, ce nouvel album de Tim Hecker est, comme souvent avec le canadien, onirique à souhait et fait la part belle aux mélodies. Et s’il s’échappe parfois vers des contrées plus expérimentales, il le fait sans jamais perdre son auditeur. Artiste chouchou de ces pages depuis quasiment ces débuts. Mais surtout artiste majeur.
11. Guided By Voices - Warp and Woof [Guided By Voices Inc.]
Suite échevelée de chansons très courtes, comme un medley ou un mix haletant et efficace, cet album des Guided By Voices est sans doute le meilleur des trois sortis cette année par la bande à Pollard. Power-rock quand il n'est pas psychédélique, garage quand il n'est pas simplement pop, il regorge de mélodies soignées que le groupe ne fait jamais tourner en rond.
10. Josienne Clarke - In All Weather [Rough Trade Records]
Deuxième album de Josienne Clarke, 'In All Weather' est le diamant caché de l’écurie Rough Trade Records qui aura eu un très beau retour de flamme cette année. Un disque où l’écossaise est très bien entourée (harpiste, batteur, pianiste de jazz notamment) et où chaque mélodie, chaque arrangement semble avoir été délicatement pensé pour mieux mettre en valeur sa voix (elle chante merveilleusement bien) et ses paroles, pleines de remises en questions et de traits à tirer sur le passé. Un disque à écouter souvent. Par tous les temps.
09. The Stroppies - Whoosh [Tough Love]
Sous ses atours anodin, le premier album des australiens de The Stroppies est un disque qui se dévoile lentement. Et rapidement, le mélange slacker/lo-fi couplé à une version pop de Sonic Youth fait son effet. Sans conteste le grower de 2019.
08. Elva - Winter Sun [Tapete Records]
Nouveau projet d'Elizabeth Morris, chanteuse de feu Allo Darlin', Elva est un duo qu’elle partage avec son mari. Balades folk, moments pop, 'Winter Sun' ne révolutionne rien. Mais tout ici est d'une telle justesse, sensibilité et sincérité que cela en devient une des choses indispensables de cette année 2019.
 07. Kishi Bashi - Omoiyari [Joyful Noise]
Avec pour toile de fond ces camps d'internement japonais suite à l’attaque de Pearl Harbor en 1941, 'Omoiyari' est un très beau disque de pop, parfois flamboyant, souvent touchant et surtout empreint d'une douce mélancolie qui ne tombe jamais dans une tristesse surjouée et fabriquée.
06. The Murder Capital - When I Have Fears [Human Season Records]
Nouveau phénomène de la scène rock irlandaise, The Murder Capital aura fait très fort avec ce premier album, en tous points parfait, mariant balades crépusculaires, post-punk furieux et élans post-rock. Le tout avec une musicalité intense et une très grande maturité. Impressionnant premier album, finalement assez loin de l'étiquette post-punk qu'on veut uniquement leur attribuer.

 
05. Mount Eerie with Julie Doiron - Lost Wisdom pt. 2 [P.W. Elverum & Sun]
Suite d’un album de 2008, ces retrouvailles entre Mount Eerie et Julie Doiron est un ravissement folk de chaque instant. D’une élégance simple, le mélange des deux fait merveille, rendant le moindre accord dénudé d’une grâce folle. Sans conteste le plus bel album folk de l’année.
04. Lankum - The Livelong Day [Rough Trade]
Quatuor irlandais, Lankum fait dans le folklore traditionnel. Mais pas du genre plan-plan, à réciter ses gammes et à tomber dans les clichés. Des reprises de traditionnels, quelques chansons originales et surtout un son, une ambiance noisy-parfaite. Comme si un drone menait la barque tout du long, et sur lequel venaient se greffer des instruments plus classiques, pour former un tout très mélodique, très langoureux, très sombre aussi, et assez lancinant.
03. Entracte Twist - Entracte Twist [Requiem Pour Un Twister]
Disque court, entièrement chanté en français et d'une classe à en faire pâlir plus d’un. Du rock et du punk d’obédience new-yorkaise, de la wave aussi dans un coin, du synthé par-ci, des lignes de basses profondes et classieuses par là, beaucoup de riffs diaboliques, des répétitions mélodiques et textuelles pour appuyer le propos et, pour mieux enfoncer le clou, une production chiadée sur laquelle viennent se poser des paroles aussi cryptiques qu’hypnotiques. Avec un côté dandy certain et un certain côté branleur, les Entracte Twist réussissent là un démarrage des plus éclatant, symbiose ambitieuse de visions rock finalement plus que jamais actuelles. Depuis combien de temps n'avions-nous pas eu entre les oreilles un disque de rock « à la française » d'une aussi grande qualité ?
02. Purple Mountains - Purple Mountains [Drag City]
Passé à côté de chacun des disques de Silver Jews, il aura fallu que je rate aussi celui de Purple Mountains, avant que David Berman ne passe de vie à trépas et que je m'y plonge enfin, interloqué par la tristesse infinie qui semblait tomber sur toutes les personnes ayant eu l'occasion d'écouter sa musique. Et j'ai compris pourquoi. Disque indie-pop aux accents country d'une beauté transcendante, 'Purple Mountains' est plein d'histoires de désespoir et de fatalisme. Un disque qui préfigure en quelque sorte les évènements futurs, sans que nous ne nous en rendions vraiment compte sur l'instant. Le genre de révérence sublime, à la 'You Want It Darker' de Leonard Cohen.  Et qui fait de David Berman un artiste pour lequel on ressent rapidement un amour immodéré. Album somptueux et majeur.


01. Joseph Fisher - Chemin Vert [-]
Trente-cinq minutes, neuf chansons, un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles compositions, montées sur des structures qui de temps à autre s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense de l'amour et des relations qui lui ont trait, plein de doutes, d'espoirs, de renonciations, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. On n'a jamais aussi bien décrit et chanté les affres de l'amour. Sans conteste le disque le plus marquant de cette année 2019, et celui auquel je me suis le plus identifié.

Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue de chacun des vingt disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 





Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (40-21)